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Accueil du site > Actualités > Technologies > Générer de la matière et de l’antimatière à partir du (...)

Générer de la matière et de l’antimatière à partir du vide

Décidément, la question de savoir si et comment quelque chose pourrait apparaître à partir de rien est à l’ordre du jour. Cette apparition bien sûr ne procéderait pas de l’opération du Saint Esprit, mais de processus physiques reproductibles. Dans un article précédent, qui a suscité ici beaucoup de réactions très intéressantes, dont je remercie les auteurs, nous avions signalé les hypothèses d’un physicien et d’un biologiste pour qui des états extrêmes de la matière, dits de la matière condensée, pourraient faire émerger au sein de l’univers des formes physiques capables de se répliquer (et sans doute aussi de muter) sans faire appel, au moins dans un premier temps, aux composés de la chimie organique développés par la vie biologique terrestre.


Les recherches relatées ci-dessous vont encore plus loin. Elles sont présentées comme une véritable petite révolution théorique (theoretical breakthrough). Un point intéressant, pour nous Européens, est qu'elles impliquent, bien que menées principalement aux Etats-Unis, des physiciens français. De quoi s'agit-il ?

Les auteurs du papier présenté par les Physical Review Letters et référencé ci-dessous n'ont pas réalisé un dispositif expérimental concret qui permettrait de tester leurs idées. Il s'agit seulement d'un modèle théorique. Mais comme on le verra, il pourrait être mis à l'épreuve dans des conditions accessibles. Nous sommes loin des théories mathématiques intestables qui foisonnent dans la physique et la cosmologie théorique, autour notamment de la théorie des cordes.

Selon les auteurs, en utilisant un rayon laser de très forte intensité et un accélérateur linéaire de deux miles de long, il serait possible de créer quelque chose à partir de rien. Leurs équations montrent comment un flux d'électrons hautement énergétiques propulsé par un puissant laser pourrait faire apparaître la matière et l'antimatière inclues dans ce que les physiciens nomment faute d'autre terme plus adéquat le vide. Ce vide est si peu vide que dissocié par le rayon laser mentionné, il peut générer des paires de particules et d'antiparticules, c'est-à-dire de la matière à proprement parler.

Rappelons que les électrons de haute énergie sont ceux émis par une source elle-même très énergique, par exemple une lampe à arc comparée à une lampe de poche. Quant au laser, "Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation" il s'agit d'une source émettant une lumière monochromatique, très directionnelle et dont les faisceaux sont quasi parallèles. On peut la guider sur de longues distances et la concentrer (grâce à des lentilles ou tout autre dispositif analogue) pour obtenir de très grandes puissances.

Un des auteurs de l'article et responsable de la recherche, Igor Sokolov, annonce qu'il est dorénavant possible de calculer comment plusieurs centaines de particules peuvent être produites à partir d'un seul électron. On suppose que c'est ce qui se passe dans l'univers autour des pulsars et des étoiles à neutrons. Pour comprendre cela, écrit Sokoloff, il faut se persuader que le vide, ou le rien, ou le néant, n'est pas vide. Comme l'avait prédit le physicien théoricien Paul Dirac (photo ci-dessus), il résulte d'une combinaison très dense de matière et d'antimatière, de particules et d'antiparticules.

Les particules composant l'antimatière ont des charges opposées à celles des particules jouant le même rôle dans la matière. La matière comprend les protons, positifs, et les électrons, négatifs. L'antimatière comprend donc les antiprotons, négatifs, et les antiélectrons (ou positrons), positifs. On trouve aussi des particules d'antimatières de charge nulle (par exemple les antineutrons). Dans le modèle standard des particules élémentaires, à chaque particule correspond une antiparticule. Une particule élémentaire de charge nulle peut être sa propre antiparticule : c'est le cas du photon. Les particules de matière et d'antimatière s'annihilent lorsqu'elles entrent en contact dans les conditions ordinaires. Elles sont alors intégralement converties en énergie radiative (deux photons) suivant le total des masses en interaction (conformément à la formule E=mc2 )

Dans le vide de Paul Dirac, la densité des particules et antiparticules est considérable. On ne peut les distinguer les unes des autres car leurs effets observables, tenant notamment à leurs annihilations, s'additionnent. Par contre, dans un fort champ électromagnétique, leurs interactions peuvent être la source d'émission de nouvelles particules observables, des photons gamma de très haute énergie, pouvant produire des électrons et positrons supplémentaires.

Une expérience conduite dans un accélérateur de particule à la fin des années 1990 avait permis de générer à partir du vide des photons gamma et quelques paires électron-positron occasionnelles. Les nouvelles équations proposées par les chercheurs montrent, en s'appuyant sur ces résultats, comment un fort champ laser pourrait provoquer la création d'un plus grand nombre de particules que celles injectées dans l'accélérateur.

Si, selon Sokolov, un électron peut se transformer en 3 particules dans un très court laps de temps, cela prouve qu'il n'est pas un électron tel que défini par la théorie actuelle. Selon cette dernière, il serait condamné à rester un électron quoi qu'il arrive. Ce qui ne serait plus le cas en application des équations proposées, puisque un électron à forte charge électrique se révèlerait composé de trois particules additionnées d'un certain nombre de photons.

Des retombées philosophiques considérables

Les chercheurs ont proposé de développer un instrument permettant de mettre ces équations en applications à très petite échelle. Il s'agirait d'un laser de type HERCULES (University of Michigan Center for Ultrafast Optical Science) considéré en 2008 comme le plus puissant du monde. Il devrait être associé à un accélérateur de particules tel que celui dont dispose le Standford Linear Accelerator Center (ou SLAC National Accelerator Laboratory).

Un accélérateur linéaire, comme son nom l'indique, accélère les particules dans un très long couloir et non dans un cercle, comme le fait le LHC européen. Le projet d'un tel très grand accélérateur linéaire a été présenté par les physiciens des particules. Mais il faudrait pour le réaliser réunir un consortium d'Etats qui n'a pas pu encore être constitué. On le comprend. Le soutien aux banques est d'une toute autre urgence.

Quoi qu'il en soit, bien qu'elle soit de bien moindre coût, l'installation proposée par les auteurs de l'article n'est pas actuellement prévue. Elle pourrait cependant avoir des applications industrielles nombreuses, notamment dans le domaine de fusion atomique par confinement. Mais si les résultats des expériences confirmaient les hypothèses théoriques, ses retombées en physique théorique et même dans la perception philosophique de l'univers seraient d'une toute autre importance. Une réponse pourrait enfin être apportée à la question des origines de l'univers : comment le Tout a-t-il pu provenir de Rien.

Nous allons présenter prochainement le dernier ouvrage du physicien Etienne Klein qui aborde cette question : («  Discours sur l'origine de l'univers  », Flammarion. 2010) . Il y montre comment les croyances traditionnelles concernant le Big Bang sont actuellement profondément remises en cause et actualisées. Resterait cependant à démontrer expérimentalement comment du vide, ou plutôt du plein initial, pourrait provenir la matière ordinaire, celle dont nous sommes tous composés, celle dont d'éventuels entités vivantes extraterrestres pourraient sans doute aussi être composées. Il seraitégalement possible dans ce cadre d'imaginer comment pourraient apparaître et se développer, éventuellement dans notre propre galaxie, des mondes composés entièrement d'antimatière.

C'est pour répondre à de telles questions qu'il apparait urgent de mettre en place le dispositif suggéré par les auteurs de l'article, même se ceci devait exiger des dépenses de quelques millions de dollars.

Pour en savoir plus sur les auteurs :
* Igor Sokolov, Space Physics Research Laboratory, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan 48109, USA
* Natalia Naumova, Laboratoire d’Optique Appliquée, UMR 7639 ENSTA, Ecole Polytechnique, CNRS, 91761 Palaiseau, France
* John Nees, Center for Ultrafast Optical Science and FOCUS Center, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan 48109, USA
* Gérard Mourou, Institut de la Lumière Extrême, UMS 3205 ENSTA, Ecole Polytechnique, CNRS, 91761 Palaiseau, France

Références

* Phys. Rev. Lett. 105, 195005 (2010) Pair Creation in QED-Strong Pulsed Laser Fields Interacting with Electron Beams
http://prl.aps.org/abstract/PRL/v105/i19/e195005
* Voir aussi http://ns.umich.edu/htdocs/releases/story.php?id=8167


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35 réactions à cet article    


  • kéké02360 13 décembre 2010 10:14

    à propos de molécules de << vie >> pour faire de l’argent :

    http://www.youtube.com/watch?v=TDRSfXkrFj8 

    même processus même punition :

    http://www.enviro2b.com/2010/02/05/leurope-est-elle-%C2%AB-vendue-%C2%BB-a-lindustrie-des-ogm/ 


    • DTHEV 14 décembre 2010 19:23

      Surement très intéressant mais aucun liens avec l’article ...


    • kéké02360 14 décembre 2010 22:05

      Si il y aun lien car se pose des questions fondamentales telles que :

      Qui finance la recherche

      Priorité à quelle recherche

      La recherche sert -elle aux hommes à leur santé ou à faire du fric

      Les citoyens seront ils consultés par référendum pour financer certaines recherches avec l’argent public .....

      La brevetabilité du vivant GM, l’autorisation des médicaments des pesticides .....au marché pose aussi la question du principe de précautions , des essais avant validation et de l’indépendance des organismes de contrôle .....

      Autant de questions de société qui intéresse et mérite d’être posée ...................et pas sous vide smiley


    • Halman Halman 19 décembre 2010 09:35

      Qu’est ce que vous êtes lourds tous dès qu’on parle de science lourde.

      Si Charpak n’avait pas fait ses travaux sur les détecteurs de rayons x vous n’auriez pas vos appareils d’imageries médicales ultra performants aujourd’hui.

      Grâce à ses détecteurs à fils il vous évite 90% de rayonnement dangereux en moins et il vous donne des images des milliers de fois plus précises qu’avant.

      Sans ces images des milliers de gens n’auraient pas pu avoir des tumeurs et autres problèmes de santés detectés à temps.

      Qu’est ce que j’en ai marre de cette société pour qui la science doit donner des applications pour le populo plutôt que d’être cette jubilation de comprendre l’univers.

      Quand Neil Armstrong est revenu de la Lune il en a eu ras le bol que les gens lui demandent dans les visites qu’on lui faisait faire dans les patelins de toute la planète, si d’être allé sur la Lune cela leur apporterait des meilleures casseroles et des meilleurs magnétoscopes.

      C’est pour cela qu’il a démissionné de la Nasa.

      On vous invente l’informatique et vous vous en servez pour aller sur Facebook.

      Un petit coup d’histoire de l’informatique pour comprendre qu’on a pas créé l’Eniac pour que cela donne des Ipad ?


    • JL JL 19 décembre 2010 09:53

      Est-ce qu’on a créé l’Eniac pour que des Jérôme Kerviel enrichissent démesurément les banques ?


    • zvalief 13 décembre 2010 11:22

      @ l’auteur,
      intéressant, mais même si cette théorie s’avère exacte, il reste une question fondamentale à régler, comment et pourquoi une asymétrie matière - antimatière s’est elle créée ?
      avez-vous des idées ou connaissez vous des théories à ce sujet ?

      je me permet de faire un petit commentaire ici sur votre précédent article, je ne suis pas d’accord sur la dissociation physique - chimie, la chimie peut se résumer à des processus électriques, elle est donc une partie de la physique.

      sinon merci pour vos articles clairs et instructifs.


      • ecophonie ecophonie 13 décembre 2010 12:02

        comment et pourquoi une asymétrie matière - antimatière s’est elle créée ?

        La seule question valable pour un scientifique est comment ? Votre pourquoi implique encore l’idée d’une volonté qui nous dépasse. Foutaise selon moi. 


      • Kalki Kalki 13 décembre 2010 12:56

        Hum a partir du vide vous êtes sur ?

        Ca serait plutot au lieu de reprendre ce que des imbéciles dans des journaux scientifique

        générer de la matière et de l’antimatière à partir de l’énergie / informatique quantique

        Ce qui n’est pas nouveaux, c’est juste c’est une nouvelle méthode

        Vous voulez de l’or ? IL vous de l’énergie ...

        oulalal : le marché de l’or va s’effondrer :)

        Le marché de l’énergie va passer à la vitesse supérieur :)


      • Harfang Harfang 13 décembre 2010 13:17

        « comment et pourquoi une asymétrie matière - antimatière s’est elle créée ? »


        Il existe au moins une théorie intéressante à ce sujet : le modèle bimétrique de Sakarov. Cette théorie n’est en rien incompatible avec ce que présente l’auteur, par ailleurs, bien que peu étudiée par les physiciens (dominance du modèle des supercordes oblige) cette théorie aurait de fascinantes répercutions si elle s’avérait valide...

      • courageux_anonyme 13 décembre 2010 19:11

        D’après ce que j’en ai compris, l’univers, né d’une fluctuation du vide a créé à peu près autant d’antimatière que de matière. C’est le à peu près qui compte, car l’antimatière et la matière s’étant mutuellement annihilés, c’est le surplus de matière qui constitue l’univers tel que nous le connaissons.


      • GéraldCursoux AnnO’Nyme 13 décembre 2010 12:10

        Cette théorie a le mérite de mettre au placard celles portant sur la prééminence des mathématiques. Factoriel zéro égale un : donc rien dans rien crée qque chose ! hystérie mathématicienne...
        Les mathématiques ne sont qu’un outil de représentation élaboré par notre cerveau, et rien d’autre.
        Merci pour ce texte, même si on ne comprend pas tout, ou si peu...


        • OuVaton OuVaton 13 décembre 2010 17:41

          Peut-être qu’il n’y a pas que les maths qui soient une vue de l’esprit... ce pourrait être le monde qui ne soit qu’un rêve. Ainsi, à partir de rien nos cerveaux en ébullition auraient inventé Madoff, Sarko, Serge Dassault, les milliards de dollars des banques... Et les banquiers-spéculateurs qui créent des masses monétaires à partir de rien ne serait que de pales imitateurs d’une autre illusion collective qui de rien a fait de protons, des neutrons... des bactéries, des chiens des chats, des physiciens et tout le tremblement. 


          Blague à part, merci pour l’’article.

        • Furax Furax 13 décembre 2010 12:35

          « Selon les auteurs, en utilisant un rayon laser de très forte intensité et un accélérateur linéaire de deux miles de long, il serait possible de créer quelque chose à partir de rien »

          D’accord, d’accord, la matière sort de rien. Mais votre rayon laser et l’accélérateur (de deux miles de long !), d’où ils sortent ?


          • ecophonie ecophonie 13 décembre 2010 12:37

            elle est facile celle là.


          • ecophonie ecophonie 13 décembre 2010 16:25

            D’où vient le rayon laser de 2 miles de long ?

            Il me semble d’après le modèle admis actuellement que dieu aurait planté sa graine dans le néant à un moment où le temps n’existait pas ni l’espace d’ailleurs, ensuite l’univers tout entier aurait jailli de ce néant devenu une espèce de vagin cosmique comme une belle naissance des familles. Le temps et l’espace en auraient également profités pour pointer le bout de leur nez.
            Ca s’appelle le big bang mais t’as pareil en mythologie : chronos, ouranos ou en religion avec le premier jour Dieu fit caca et il vit que ça soulageait...

            Blague à part si tant est que ce que j’écris amuse quelqu’un d’autre que moi, je trouve le bigbang teinté d’une pensée religieuse et anthropomorphique assez abusée pour notre époque : naissance de l’univers en un point précis comme un accouchement. le temps et l’espace qui apparaissent comme dans une génése.

            Cette théorie à laquelle j’ai moi même pensé a le mérite de supprimer le vide en tant que tel : Si il n’y a plus de vide il y alors le temps et l’espace depuis toujours.
            A partir de là on peut imaginer la naissance de la matière des plus petites particules qui au cours d’un temps très très long s’assemblerait en courant, puis un courant en rencontrant un autre on a un tourbillon comme le bras mort d’une rivière avec agrégation en boule de matière. La boule grossissant on en arrive quelque chose de tangible avec gravité, réaction nucléaire, nouveaux éléments et l’espace connu.


          • samir7 13 décembre 2010 16:45

            "Cette théorie à laquelle j’ai moi même pensé a le mérite de supprimer le vide en tant que tel : Si il n’y a plus de vide il y alors le temps et l’espace depuis toujours."

             ???????????????????????????????????


          • ecophonie ecophonie 13 décembre 2010 17:39

            A samir,

            aux temps pour moi, l’article n’expose pas de théorie sur la création de l’univers etc. puisqu’il parle de réaction similaire aux abords de quasars etc, il faut donc des quasars.
            Par contre je conçoit depuis un certain temps le vide tel qu’il est décrit dans l’article, ce qui m’a permit d’imaginer que de la matière puisse apparaitre par infime particule ça et là et que ça se passerait sans explosion mais tout en douceur au contraire du big bang.—> pas besoin de quantité d’énergie infinie.
            Faut pas me demander de démonstration, j’en serai bien incapable mais je suis capable comme n’importe quel scientifique de sortir des dogmes et d’imaginer d’autres possibles.
            Disons que j’ai une théorie, qui va plus loin que ce que dit l’article d’ailleurs parce que je pense qu’il n’y a pas besoin de quasar ou de laser : juste du vide et de l’espace.
            On verra bien ce que donnera la recherche. J’ai parié sur ce cheval là alors que je ne l’avais jamais vu, maintenant que je le vois, je l’encourage. C’est tout.


          • mimusops 13 décembre 2010 13:02

            Intéressant,

            Je ne suis pas spécialiste mais 2 questions :
            Je bute un peu sur la « densité considérable de matière et d’antimatière » dans le vide de Paul Dirac. Comment apparaît la masse ?
            La masse serait alors une « tension » de séparation cumulative entre matière et anti-matière ? 



            • samir7 13 décembre 2010 16:57

              etat de forte densité ca ressemble aux etats condensée de larticle precedents


            • Walid Haïdar 13 décembre 2010 17:17

              La masse de l’anti-matière est négative, celle de la matière positive.


              Il me semble que dans la théorie bi-metrique de Sakharov, il y a un univers d’antimatière, jumeau du notre fait de matière.

              La matière attire la matière, l’antimatière attire l’antimatière, et tandis que matière et anti-matière se repoussent.

              Par ailleurs, lorsqu’une masse se déplace dans l’univers gemellaire, elle le fait à rebrousse temps de l’univers jumeau, de même lorsqu’une antimasse se déplace dans notre univers, en subissant donc une force d’anti-gravitation (le temps de l’univers jumeaux est de signe opposé au notre).

              Le vide, si on combine les deux théories, serait-il une contrition de matière-antimatière où le temps ne s’écoule pas ? je veux dire qu’il n’y aurait de temps que relativement à la matière/l’antimatière, mais le temps n’aurait pas de réalité vis à vis du vide. Ce qui paraît très cohérent avec la conception classique du temps.

              Le vide serait peut-être un genre de « no-man’s land » entre les deux univers jumeaux, ou la frontière des deux, où se mêlent intimement l’eau douce et l’eau salée.. heu, la matière et l’anti-matière. Pour passer dans l’univers gemmelaire, il faudrait peut-être passer par cette frontière, mais comment ?

              Il faudrait perforer la frontière, c’est à dire le vide, avec notre engin, pour passer de l’autre côté. Vaste problème, où il faudra aussi se démener avec la question du signe du temps...

              Moi j’y comprend rien.

              Pour répondre à la question « pourquoi cette dualité », l’envie est grande de dire que la dualité est vraiment un principe universel. Chromosomes en double-hélice, yin-yang, tout et son contraire.

              Une chose peut-elle exister sans son dual ?

              Peut-être que le vide finalement, c’est la dualité parfaite, accomplie, dans un mariage absolu entre matière et anti-matière, une chose et son contraire.

              Au fait, merci beaucoup pour ce superbe article !

            • mimusops 13 décembre 2010 19:26

              ça m’a fait plaisir de te lire.

              t’es sure de « La matière attire la matière, l’antimatière attire l’antimatière, et tandis que matière et anti-matière se repoussent » ? du coup on ajoute : la matière et l’antimatière s’annihile 
              et oui dans ce cas le vide comme potentiel/dualité/interface semble évident.

              ensuite ce sont la subjectivité, la volonté et l’instinct de reproduction qui seront difficiles à réduire à un principe de dualité/variabilité/sélection.

              bien que je puisse concevoir des émergences (une propriété non déductible de la somme des parties) j’ai du mal à intégrer « la volonté » de survie du vivant.

              - Je n’ai besoin d’aucunes réponses religieuses, merci smiley


            • BlueTemplar BlueTemplar 13 décembre 2010 21:44

              Non, l’antimatière a aussi une masse positive. On ne connait pas d’exemple de masse négative dans l’univers.


            • jmsa 13 décembre 2010 14:15

              Oui, mais on ne peut créer de matière et d’antimatière qu’en fournissant « en échange » de l’énergie, selon la formule d’Einstein E = mc2 ; c est la vitesse de la lumière dans le vide, 300 000 km/s ; calculez la quantité d’énergie à fournir pour créer un gramme de matière et d’antimatière : çà fait des tonnes de pétrole ou de gaz !!! 


              • ecophonie ecophonie 13 décembre 2010 15:55

                Faut sortir des sentiers battus. Ca c’est le catechese actuel.


              • janequin 13 décembre 2010 17:38

                Ce qui me choque dans tout cela c’est le manque de rigueur du texte mis en exergue :

                "Leurs équations montrent comment un flux d’électrons hautement énergétiques propulsé par un puissant laser pourrait faire apparaître la matière et l’antimatière inclues dans ... le vide« 

                Comment un laser (onde électromagnétique cohérente) pourrait-il »propulser« des électrons ?
                Ceux-ci ne sont-ils pas simplement accélérés par l’application de champs électriques puissants dans la machine ?
                Ne s’agit-il pas plutôt de les »bombarder" avec une e.m. cohérente ?
                Et puis, les électrons c’est de la matière, ne l’oublions pas : la masse d’un électron est seulement mille fois plus faible que celle du proton ou du neutron !


                • kéké02360 13 décembre 2010 18:38

                  Le Bank run c’est la révolution du bas de laine par le vide des banques smiley


                  • kéké02360 13 décembre 2010 18:44

                    Le modèle bimétrique de Sarkozy , selon le principe de la dualité c’est très simple :

                    S’appuyant sur la théorie des vases communicants et par prélèvements successifs sur la masse , il procède au vide de vos poches pour emplir celles du capital smiley


                    • Bonjour à tous. J’essaierai de répondre aux questions après avoir lu et présenté le dernier livre de Etienne Klein cité dans le texte de l’article. Mais il s’agit de notions très difficiles à expliquer en termes du langage courant.


                      • mimusops 13 décembre 2010 19:34

                        juste une question : comment on propulse des électrons avec un laser ?


                        • herbe herbe 13 décembre 2010 21:22

                          Ce qui m’a plu dans cet article c’est son caractère complet qui recoupe révolution théorique, possibilité suivante de validation expérimentale et aussi les retombées philosophiques.

                          Tout ceci est très stimulant ...

                          Dans le genre un article bref mais passionnant :

                          http://drgoulu.com/2009/11/28/le-premier-demi-vortex-de-lunivers/


                          • Rétif 13 décembre 2010 21:52

                            Superbe démonstration du rien, puisque personne n’ a rien compris.
                            Donc tout le monde a compris puisque,justement,il n’y avait rien à comprendre...


                            • pierrot123 13 décembre 2010 21:55

                              La notion de « vide » en physique des particules est simplement...vide de sens.
                              Personne n’a la moindre idée de ce que pourrait être « Le Vide ».(je ne parle évidemment pas du vide de labo de physique-chimie, obtenu par aspiration.)


                              • BlueTemplar BlueTemplar 13 décembre 2010 21:55

                                - Je suppose que cette création de matière obéit toujours à E=mc² ?

                                - En quoi est-ce que cette méthode est différente par rapport à celles utilisées aujourd’hui pour fabriquer l’antimatière ? Pourrait-on en fabriquer (et entreposer) de manière efficace ?

                                - Donc du point de vue théorique on aurait (une autre) confirmation que le vide est bien composé de paires particule-antiparticule (cela n’avait pas déjà été démontré ?). Par contre l’électron serait lui aussi une particule composée, ou juste un catalyseur de création de particules ? De plus, la théorie que l’univers proviendrait de fluctuations du vide n’est pas nouvelle il me semble, mais il serait maintenant possible de la tester ?


                                • Walid Haïdar 14 décembre 2010 18:43

                                  Pierrot123 : Mais le vide est vide de sens peut-être parce qu’il n’existe pas...comme le pensais Aristote. Le vide serait donc une intime mixture de matière et d’anti-matière.


                                  BlueTemplar : Dans le modèle gemellaire (et théoriquement donc), l’antimatière a « une masse négative » au sens où depuis son univers propre, jumeau du notre, elle repousse les masses situées dans notre univers. Mais j’ai été clairement abusif en employant la notion de « masse négative », en vérité la masse est positive mais théoriquement (enfin dans l’hypothèse gemellaire toujours), la gravitation est une force de répulsion entre matière et antimatière. Pour l’instant, expérimentalement, on ne connaît pas l’effet de la gravitation sur l’antimatière, mais on le connaîtra peut-être bientôt : 
                                  État de la recherche[modifier]

                                  La recherche sur la production et le stockage de l’antimatière s’améliore rapidement au cours du temps : ainsi aujourd’hui on est capable de créer de l’antimatière, en utilisant notamment les accélérateurs de particules. Les accélérateurs de particules, en projetant des particules l’une contre l’autre, entraînent la formation d’antiprotons et de positrons (des antiélectrons). Il est désormais possible de les isoler des autres particules via une méthode complexe, puis de les piéger dans un champ magnétique sous vide.

                                  Des chercheurs ont déjà stocké ainsi des millions d’antiparticules dans des réservoirs pendant une semaine. La difficulté du stockage semble a priori réglée, les temps de stockage s’améliorant rapidement, ainsi que le savoir-faire permettant de produire les quantités suffisantes requises par le besoin des expériences, (mais en aucun cas en tant que stockage d’énergie). Cependant, ces antiparticules étant à grande vitesse après leur création, il faut les ralentir très fortemnt pour obtenir des antiatomes faciles à étudier : ce processus n’est pas encore résolu. D’ici à 2013, l’expérience Aegis7 qui est menée au CERN doit tester l’effet de la gravité sur l’antimatière8. En effet il ne faut pas confondre « la masse » et « l’attraction universelle due aux masses » : ces deux notions sont totalement indépendantes et de valeurs numériques en tous points différentes.


                                  Il ne faut pas confondre non plus, comme je l’ai bêtement écrit par étourderie, la théorie de l’univers gémellaire et la théorie de Sakharov, qui considérait un univers précédent le notre, et constitué d’antimatière, univers s’étant retourné en une singularité à t=0 de notre univers pour devenir notre univers constitué de matière (et d’un 10^9ième d’antimatière).


                                  La théorie de l’univers gémellaire mène à considérer que la singularité serait intangible, car plus on s’en rapproche, plus « le temps s’allongerait » (et les constantes de la physiques seraient « tordues » bien que les équations demeureraient vérifiées). Le temps « précédent » la singularité chez Sakharov serait donc en fait le temps de l’univers gémellaire dans la théorie gemellaire, qui est inversé par rapport au notre au sens où la matière de notre univers se déplacerait à rebrousse-temps dans l’univers gémellaire et vice-versa, ce qui semble ne pas avoir de sens, ou en tous cas fait très mal à la tête comme concept.


                                  Mais quelle est la vraie signfication du signe du temps ? Ce temps gemellaire est-il vraiment orienté inversement (mal de tête en perspective) ? ou est-il une traduction de la nature inversée de la gravitation entre matière et antimatière, passé et futur restant alors sagement à leur place ?


                                  • nikko 19 décembre 2010 17:54

                                    « Une réponse pourrait enfin être apportée à la question des origines de l’univers : comment le Tout a-t-il pu provenir de Rien. »
                                     
                                    Je veux juste réagir à cette phrase : à partir de quoi pouvez vous afffirmer « que le tout » provient du « rien » ?
                                    que la science soit arrêté par le mur de planck, dans l’hypothèse du big bang, ne signifie absolument pas qu’au delà de ce mur il n’ y a rien...que l’univers a jailli « ex-nihilo ».

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