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Google+, optimum économique contre stagnation politique et sociale

Nous pouvons constater que des réflexions sont en cours afin de permettre à chacun de ne pas être tracé dans ses moindres actes sur le Net à des fins publicitaires.

« Internet privacy controls challenge tech industry »

« The federal government has put Google, Microsoft, Apple and other technology companies on notice : Give consumers a way prevent advertisers from tracking their movements across the Web - or face regulation. »

Le fait que des réseaux comme Google + (et Facebook de façon moindre et contournable pour l'instant) montrent plus qu'une forte insistance pour que chacun s'inscrive sous sa « véritable identité » ne répond pas à quelque souhait d'instiller dans notre monde des pratiques qui le rendraient plus agréable à vivre, plus « juste » plus favorable à un meilleur devenir social ou politique.

Affirmer cela répond à plusieurs observations.

D'abord l'intérêt de ces sociétés consiste d'abord et avant tout à développer leur commerce.

Soigner cet intérêt c'est évidemment faire en sorte que chaque élément de donnée concernant chaque personne et stocké dans un « data center » de ces sociétés puisse devenir une source de revenu pour cette société.

Pour que chaque élément de donnée personnelle puisse prendre la valeur attendue il est indispensable de pouvoir regrouper toutes les données concernant une seule et même personne sous une même « étiquette » : cette étiquette est le « nom ».

Une personne qui disposerait de 4 identités (« noms ») différentes, totalement dissociées les unes des autres, et qui animerait sous chacune de ces identités un blog différent consacré à ses goûts, en gastronomie, pour les automobiles, les lieux de vacances et le cinéma apparaîtrait à ces entreprises comme quatre personnes différentes.

Elles seraient assurément en mal de faire à cette personne des propositions commerciales « optimisées » pour l'ensemble de ses goûts (un lieu de vacances où l'on déguste ce qu'elle aime, où l'on peut louer son véhicule de prédilection et proche d'un complexe cinématographique...).

L'optimum d'efficacité ne serait donc pas au rendez-vous pour ce sociétés.

Mais nous inscrivons-nous sur les réseaux « sociaux » dans le but qu'on puisse nous proposer des publicités plus ou moins finement ciblées ?

Vraiment plus ou moins car FB s'obstine à me proposer une marque de chaussures que, pour cause de cette insistance, je suis fermement décidé à ne jamais acheter, ceci en dépit des très nombreuses fois où j'ai effacé cette publicité avec la mention « inintéressante » …

Nous nous inscrivons sur les réseaux sociaux pour mille motifs qui n'ont aucun rapport avec l'espoir de recevoir de la publicité « correctement ciblée ».

Et chacun dans le monde pourra juger utile, indispensable, inutile, nuisible... d'être présent sur un tel réseau : il existe donc a priori un degré de liberté, celui « d'en être » ou non.

Il est tout à fait envisageable que l'un de ces réseaux devienne « LE » réseau mondial, celui qu'une énorme majorité aura plébiscité.

Faut-il vraiment accorder foi aux sondages ?

Mais « 50 Percent Will Abandon Facebook for Google+, Poll Finds »

Un seul réseau, ou que le monde soit partagé entre deux réseaux de même type aux objectifs identiques (leur propre rentabilité) réduisant quasiment à néant toute autre solution, toute autre tentative d'établir des réseaux concurrents ne répondant pas aux mêmes objectifs et n'imposant donc pas les mêmes contraintes, notamment celle de s'inscrire sous son nom d'état civil.

A néant ou à une confidentialité extrême qui rendrait comparables ces réseaux satellites à des ilots qu'on ne pourrait atteindre qu'au prix d'un long voyage (recherches approfondies sur le Net) pour finalement arriver dans un lieu très dépeuplé.

Un peu comme si un ou deux opérateurs se partageaient les communications mondiales, décidant de qui pourrait « en être » ou non, réduisant les autres à l'usage du tam tam, les autres : des minorités.

Car bien évidemment aucune de ces sociétés ne rejettera une majorité de ses « clients » potentiels et l'on peut s'attendre à ce que Google, aujourd'hui contesté, assouplisse quelque peu ses « règles » mais en conservant le pivot du « nom » officiel.

Nous avons aussi vu le rôle très important qu'ont pu jouer Facebook et Twitter lors du « printemps arabe » en particulier, pour ne rappeler qu'un exemple où ce rôle fût majeur et positif.

Sachons tous que si les gouvernements de ces pays avaient eu le réflexe de surveiller avec une grande attention ces deux réseaux les choses auraient été nettement plus difficiles et périlleuses pour les opposants, avec peut-être pour conséquence une impossibilité de lancer ces mouvements salutaires.

Les réseaux FB et TW ont donc été des outils au service de la tentative de ces peuples de se libérer d'oppressions qu'aucun d'entre nous ne souhaite subir bien évidemment, mais outils auxquels nous serions tous heureux de pouvoir recourir si nous espérions nous libérer d'un joug insupportable.

Des outils au service de la liberté, de la démocratie probablement aussi.

FB et TW ont permis des communications sous le couvert d'anonymats plus ou moins poussés, mettant ainsi leurs auteurs à l'abri de représailles qui auraient pu être immédiates et violentes.

Cela serait-il encore possible sur des réseaux qui seraient parvenus à bannir tout anonymat ?

Google annonce clairement son intention de procéder à un tel bannissement, ce qui fait du réseau « social » Google + un outil de stagnation politique et sociale.

Mais les « printemps » d'ici ou d'ailleurs ne sont pas tout : qu'en est-il des personnes qui ont un besoin réel d'utiliser le Net et d'y être connues, cela sous un pseudonyme qu'il serait extrêmement difficile de relier à leur état civil véritable ?

Eventuellement se faire connaître sous diverses identités différentes juste afin d'exercer des libertés parfaitement légales mais qui peuvent présenter certains dangers (opinions politiques, religieuses, orientations sexuelles... par rapport à l'employeur, au voisinage...).

Pour ces personnes le réseau Google+ deviendra évidemment un outil d'exclusion sociale.

A ce propos les fameuses réflexions en cours évoquées au début de cet article devraient également comporter une réflexion sur ce qui peut être ou non rendu public par les opérateurs de réseaux et qui découle des recoupements effectués à partir des données plus ou moins disparates qui leurs sont accessibles.

On pourra constater sans cela des « outings » (expression à étendre à toutes sortes de comportements bien entendu) aux conséquences regrettables, qui seraient des atteintes majeures aux personnes.

Nous constatons donc que ces « machines sociales » (des robots, en fait, et rien de plus) peuvent facilement agir à l'encontre d'un développement équilibré de nos sociétés, d'un « confort social » que nous souhaitons tous, et cela à cause de leur rigidité.

Tout lecteur d'Isaac Asimov (et il doit y en avoir chez Google et Facebook) doit connaître les « 3 lois de la robotique » :

  • 1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
  • 2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
  • 3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Or les robots qui exigent de connaître notre état civil et de pouvoir le publier portent tort à des être humains et par la même à l'ensemble de l'humanité, car l'humanité est un ensemble indissociable.

Il est donc de la plus grande importance que ces robots soient révisés de façon telle que les torts dont ils pourraient être aujourd'hui la source ne puissent en aucun cas se manifester.

Comment parvenir à ce résultat ?

Je ne vois qu'une seule solution : appliquer une pression telle aux entreprises qui mettent en œuvre ces robots qu'elles renonceront à la rigidité qu'elles veulent nous imposer.

Cette pression peut essentiellement être appliquée par la non adhésion à ces systèmes, pour qui n'y serait pas inscrit, ou à la clôture du compte, et plus particulièrement du compte Google+ car l'on constate de la part de cette société un niveau de rigidité tel que seule une action massive pourra la contraindre à revenir à plus de raison (sociale, bien entendu... !).

A moins que l'on me propose de meilleures formes d'action, plus efficaces ?



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