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Accueil du site > Actualités > Technologies > H (Ψ) = E Ψ : La matière n’existe pas ; tout n’est (...)

H (Ψ) = E Ψ : La matière n’existe pas ; tout n’est que forme et énergie

Cette fois je me décide à vous faire partager l’une des découvertes les plus surprenantes de ces dernières années. Le texte qui suit a été publié en annexe à ma thèse (Procès et Miroir, éléments de métaphysique, Poitiers, 1996) puis remanié pour être intégré comme un chapitre dans un essai sur la fin du matérialisme. Seules quelques personnes ont pu avoir accès à ce texte. L’édition étant parsemée d’obstacles, je me décide à publier cette découverte pour la partager. Par ailleurs, étant donné que ce texte a circulé chez quelques personnes du monde de l’édition, je préfère que cette découverte soit présentée ici par mes soins plutôt que remanié par un improbable épistémologue qui pourrait s’en attribuer la paternité. Pour la petite histoire, cette étude a été effectuée suite à une requête du rapporteur de thèse Hervé Barreau afin d’appuyer une analyse de la métaphysique d’Aristote dans laquelle j’avais lancé avec une désinvolte intuition la thèse de la dualité forme énergie dans la théorie quantique, en relation avec mon interprétation de l’hylémorphisme aristotélicien sous l’angle d’une dualité forme et… non pas matière, mais mouvement. Et donc, je me suis farci du Schrödinger et un peu de mathématique quantique pour arriver à ce résultat épistémologique fondamental. La matière répond en fait à une dualité forme et énergie, lesquelles peuvent être déduites d’une analyse quantique. Cette découverte appuie le nouveau paradigme en s’inscrivant dans le cadre des nouvelles orientations « ontologiques » sur l’importance de l’entropie et de l’information qui est, selon Vlatko Vedral, un donné fondamental de l’univers. Bonne lecture. N’attendez pas une quelconque application pratique mais sachez apprécier le plaisir de connaître l’univers dans lequel vous existez. Ce n’est que le début d’une révolution ontologique.

LA DUALITÉ FORME ÉNERGIE DANS LE MONDE QUANTIQUE

1 L’équation de Schrödinger et la séparation forme/énergie

Dans la théorie quantique de l’atome, le formalisme mathématique utilise la superposition de fonctions d’onde complexes dont on vient de dire quelques mots. Cette représentation a été initiée par les travaux de de Broglie et Schrödinger, fondateurs en 1924-1925 de la mécanique ondulatoire qui en réalité, est mathématiquement équivalente à la mécanique quantique développée indépendamment par Bohr et ses collaborateurs. Dans le formalisme ondulatoire, la fonction d’onde est une fonction complexe, aussi, on ne peut tirer directement de cette fonction un paramètre physique observable. Cette fonction obéit à une équation d’onde décrivant son évolution au cours du temps. La solution de cette équation doit permettre d’établir la forme que prend le “mouvement” de la particule, ou bien la trajectoire si l’on raisonne classiquement.

L’équation d’onde est appelée équation de Schrödinger. Celui-ci l’a en effet établie par un raisonnement déductif basé entre autres choses sur le principe de conservation de l’énergie. Les symboles utilisés sont les suivants :

dérivation partielle : ∂ / ∂ t , ∂2 /∂x2

fonction d’onde : Ψ (x, y, z, t)

laplacien : Δ = ∂2 /∂x2 + ∂2 /∂y2 + ∂2 / ∂z2

constante de Planck : h, h = h/2π

vecteur position : r = (x, y, z)

masse de la particule : m

potentiel : V(r)

La fonction d’onde associée à une particule est une fonction complexe définie pour tout point de l’espace et du temps. L’équation de Schrödinger détermine son évolution spatio-temporelle Cette équation devrait alors permettre le calcul de la fonction d’onde associée à une particule dotée d’un mouvement non relativiste en présence d’un potentiel défini en tout point de l’espace. Cette équation s’écrit de la manière suivante :

ih ∂ Ψ / ∂ t = - h2/2m Δ Ψ + V.Ψ  

L’équation devient utile si elle permet de trouver une fonction d’onde solution pour une particule donnée, et en particulier, pour une particule évoluant en présence d’un potentiel comme par exemple un électron distribué autour d’un proton (atome d’hydrogène). On sait que l’intégration directe de l’équation n’est possible que dans certains cas, et notamment, lorsque l’on cherche des solutions stationnaires. Dans ce cas, on pose une contrainte sur la fonction d’onde et on cherche des solutions à variables séparées où la fonction d’onde est constituée par le produit d’une fonction dépendant uniquement du temps et d’une fonction dépendant uniquement de l’espace.

Soit : Ψ (r, t) = Ψ1 (r ) Ψ2 (t) une telle fonction

En reportant cette fonction dans l’équation initiale, on obtient la formule suivante :

 - h2/2m Ψ2 Δ Ψ1 + V.Ψ1 . Ψ2 = ih Ψ1 ∂ Ψ2/ ∂ t 

divisons alors par le produit  : Ψ1 . Ψ2 

ce qui donne la formule suivante comprenant un membre de gauche et un membre de droite :

 - h2/2m Δ Ψ1 / Ψ1 + V (r) = ih (∂Ψ2 / ∂ t) / Ψ2

L’égalité entre une fonction spatiale et une fonction du temps n’est possible que si chaque membre est égal à une constante que l’on va poser égale à E (qui sera en fait l’énergie comme on va le constater).

On obtient ainsi deux équations séparées, l’une que doit vérifier la fonction du temps, et l’autre la fonction d’espace. Ainsi le membre de gauche correspond à l’équation pour la fonction spatiale qui ne dépend pas du temps ; notons que cette manipulation mathématique impose une contrainte sur le potentiel V qui ne doit pas dépendre du temps, ce qui notamment est le cas pour le potentiel électrique de l’électron disposé autour du noyau. Puis pour le membre de droite nous obtenons une équation qui détermine une fonction définie uniquement pour le temps. Le sort de l’équation de la fonction temporelle est vite réglé étant donné que l’intégration est triviale, ce qui donne en introduisant une constante C :

 Ψ2 = C e iEt/h

La solution partiellement définie et complète de l’équation est donc composée du produit d’une fonction spatiale (indéfinie car il faut intégrer l’équation pour l’obtenir) et d’une fonction du temps qui elle, vient d’être intégrée, d’où la fonction d’onde complète associée à la particule quantique.

 Ψ (r, t) = C. Ψ1(r) . e iEt/h

On sait par ailleurs que les observables physiques sont données par des opérateurs agissant sur les fonctions d’onde (ce sont les valeurs propres réelles en raison de l’hermiticité des opérateurs), et pour l’énergie, l’opérateur est défini ainsi :

ih ∂ / ∂ t

Si on fait agir cet opérateur sur la fonction d’onde complète on obtient alors une valeur propre qui n’est autre que E, la constante introduite précédemment. On vérifie ainsi que cette constante introduite arbitrairement (en apparence) n’est autre que l’énergie. La fonction d’onde complète est donc constituée par une fonction spatiale multipliée par une fonction temporelle. Cette fonction temporelle est une fonction périodique dont la période est donnée par la valeur E de l’énergie qui est l’énergie déterminée de l’état stationnaire dans lequel se trouve la particule.

Admettons que l’on veuille formaliser le mouvement d’une particule en présence d’un potentiel, sous condition que ce mouvement corresponde à un état stationnaire (l’énergie de cet état est invariante, tandis que la fonction d’onde est le produit d’une fonction spatiale par la fonction temporelle associée à l’énergie). Pour cela, il suffit d’intégrer dans la mesure du possible l’équation déterminant la solution d’onde spatiale. Il reste à interpréter la signification de la fonction d’onde qui d’un point de vue physique, ne correspond à rien de réel. Le postulat quantique énoncé par Born a permis de raccorder l’image abstraite du formalisme à une image plus physique où notamment les paramètres mesurables sont impliqués. Dans le cas particulier de la fonction d’onde spatiale, on peut calculer la probabilité de présence de la particule dans un domaine donné de l’espace. Pour cela, il suffit de sommer dans ce domaine de l’espace le carré de la fonction d’onde. Or, si cette sommation s’effectue sur la fonction complète, on s’aperçoit que la fonction temporelle ne joue aucun rôle étant donné que son carré est toujours égal à un, et donc, on peut laisser de côté la fonction temporelle dépendant de l’énergie.

On obtient ainsi une densité de présence de la particule dans l’espace pour un état stationnaire donné, correspondant à une solution de l’équation spatiale. La fonction temporelle est mise de côté, elle n’existe plus ! Du moins, elle n’existe plus pour ce qui caractérise un état stationnaire car seule importe la fonction d’onde spatiale permettant de calculer la densité de présence pour chaque domaine de l’espace. La fonction d’onde spatiale indique alors la forme que prend la densité de présence de la particule. Cette forme peut alors être visualisée en représentant la densité avec des zones plus ou moins foncées selon sa valeur relative.

Cependant, l’énergie n’a pas disparu étant donné qu’elle reste la constante qui associe les deux membres de l’équation obtenus par séparation entre fonction spatiale et fonction temporelle, et que de plus, cette constante figure en tant que paramètre dans l’équation spatiale. En d’autres termes, on ne sait pas pourquoi, mais on sait mathématiquement que l’énergie figure dans l’équation spatiale, ce qui signifie que l’énergie est liée (dans le formalisme) à l’équation spatiale, et donc participe à la détermination de la forme d’un état stationnaire, car un tel état est déterminé par la solution de l’équation (où figure E) et que cette solution détermine la forme que prend la densité de présence dans l’espace de cette particule.

On peut donc conclure à une représentation quantique duale faite d’une composante formelle et d’une composante énergétique. Comme par ailleurs la théorie quantique adhère aux résultats de mesure, on peut parler d’une représentation conforme à une nature intelligée en séparant la forme et l’énergie.

L’équation d’onde spatiale peut être appliquée en particulier à l’étude de l’atome d’hydrogène. Grâce aux résultats obtenus, on pourra confirmer le schéma dual construit autour de la forme et de l’énergie. On en verra une illustration éclatante.

2 Théorie quantique de l’atome d’hydrogène

L’atome d’hydrogène est composé d’un électron et d’un proton. Aussi, il faut prendre en compte deux particules. Mais au prix d’une transformation mathématique triviale, on peut obtenir deux équations dont l’une décrira le mouvement relatif de l’électron par rapport au proton. C’est cette équation qui nous intéresse car elle détermine la forme que prend le nuage électronique autour du proton. Dans ce cas, la fonction potentielle (potentiel d’attraction coulombien) prend une forme à symétrie sphérique étant donné qu’elle ne dépend que de la distance séparant l’électron du proton : 

V = -K/r où K est une constante connue

Dans ces conditions, l’équation de Schrödinger (spatiale, c’est à dire concernant les solutions stationnaires) s’intègre au prix d’un travail fastidieux en changeant le système des coordonnées cartésiennes et en adoptant un système de coordonnées sphériques comprenant le paramètre radial r qui représente la distance de l’électron au noyau, et deux paramètres angulaires spécifiant l’orientation de l’électron. La forme de l’équation de Schrödinger est modifiée. Puis, on cherche une solution qui soit le produit d’une fonction radiale (dépendant de r) et d’une fonction angulaire (dépendant des deux angles), d’où une séparation entre deux équations qui s’intègrent séparément.

Les solutions ont multiples, et dépendent de trois nombres quantiques qui jouent des rôles bien spécifiques et qui sont : n, l, m (Rivail, 1989, chap. 1 et 2). Le nombre n est important, car chaque n correspond à un niveau énergétique. La valeur de l est alors comprise entre o et n-1, tandis que m est compris entre l et -l. Par exemple, si n = 3, alors l peut prendre comme valeur 0, 1, 2, et m peut prendre comme valeur -2, -1, 0, 1, 2. La solution est donc constituée par le produit d’une fonction radiale dépendant de n et l, et d’une fonction angulaire dépendant de l et de m. On s’aperçoit donc de la “richesse formelle” du formalisme que l’on peut indiquer en exemplifiant une fonction radiale R (r) et une fonction angulaire Y (θ, χ) :

R 2, 1 = (Z/a)3/2 1/2√6 . Zr/a . e -Zr/2a

Y 3, +1 = √31/8√π . sin θ (5 (cos θ)2 - 1 ) e

Il faut revenir à la signification physique (réelle-objectiviste) du formalisme. Pour un état stationnaire, il existe une fonction spatiale de l’électron, laquelle indique une densité de présence (proportionnelle au carré de la F.O. spatiale) de cet électron qui ne peut plus être représenté comme un point matériel évoluant dans un espace pourvu de trois coordonnées. On peut tracer des schémas en noircissant des zones plus ou moins foncées en fonction de la densité de présence (Feymann, MQ, p. 412). D’après une interprétation objectiviste, cette représentation indique sans doute possible la forme que prend le nuage électronique lorsque l’atome est dans un état stationnaire.

Chaque état stationnaire est dans un niveau énergétique donné qui ne dépend que du nombre n, ainsi, une énergie donnée est associée à plusieurs formes possibles du nuage électronique. Les énergies sont donc quantifiées et peuvent prendre une suite de valeurs discrètes données par la formule :

 En = Eo/n2 avec Eo = -13.6 eV

A chaque forme du nuage correspond une valeur de l’énergie car n conditionne la fonction radiale (cependant, il n’y a pas de bijection car le nombre quantique l intervient également dans la forme que prend la fonction radiale). Ainsi, un atome est dans un état stationnaire avec une forme donnée, et une énergie quantifiée, d’où la spécification d’un niveau d’énergie. Cet atome peut alors effectuer une transition avec un changement du niveau d’énergie. On s’aperçoit que si l’atome passe d’un niveau à un autre, l’énergie est modifiée, et donc, il y a absorption ou bien émission d’une quantité d’énergie. Cet échange d’énergie s’effectue alors par le champ électromagnétique. La nature de l’énergie échangée est radiative, avec comme support le photon, et donc c’est un photon d’une certaine fréquence qui est émis ou absorbé, avec la fréquence donnée par la Formule E = hυ, où E correspond exactement à la différence d’énergie entre niveaux, et donc, si l’électron passe n’un niveau n = a à un niveau n = b, alors, l’atome émet ou absorbe un quantum électromagnétique dont la fréquence dépend de la différence d’énergie E(a,b) = E(a)-E(b), c’est-à-dire :

 υ = (Eo/a2 - Eo/b2)/h

 La mesure de la fréquence des raies d’émission de l’atome d’hydrogène confirme les valeurs calculées par la théorie quantique, ce qui montre la puissance du formalisme de Schrödinger. Compte tenu des autres confirmations expérimentales (notamment la chimie quantique qui découle de la théorie quantique), on constate que ce formalisme abstrait correspond bel et bien à une configuration réelle d’une entité physique, l’atome. Mais ce qui est surprenant, ce n’est peut-être pas la puissance du formalisme, mais la superconsistance de la nature que l’on peut supposer sur la base de l’ensemble des données empiriques et théoriques.

3 Diversification des formes de l’atome et relation avec l’énergie

Lors d’une transition d’un état énergétique à un autre, l’atome change nécessairement de forme, selon un processus qui échappe pour l’instant à toute investigation physique car comme ont pu le souligner les fondateurs du formalisme ondulatoire, la théorie quantique ne dit rien sur les transitions entre états stationnaires. En fait, elle ne dit pas rien, car si elle reste muette sur ce qui se passe à “l’intérieur” de l’atome lors de la transition, elle décrit ce qui se passe à “l’extérieur”, et indique avec précision les valeurs des énergies échangées. Lors d’une transition, un atome est dans un état stationnaire spécifié par une forme (fonction spatiale) et par une énergie, et lors d’une transition, la forme initiale est “dissoute” tandis qu’une forme nouvelle apparaît et qu’un quantum d’énergie est échangé. On constate donc une conjugaison forme/énergie qui intervient lors des transitions atomiques, et qui apparaît de manière plus nette dans le formalisme. Comment alors cette codépendance forme/énergie s’exprime-t-elle ?

 La fonction spatiale radiale est corrélée à l’énergie au travers du nombre quantique n qui fixe à la fois la nature de la fonction radiale (car n est un paramètre d’intégration) et le niveau d’énergie par la relation simple qui a été mentionnée précédemment. La fonction radiale pourrait être une fonction de l’énergie si l’on remplace le paramètre n par sa déduction en fonction de l’énergie soit :

 n = √ Eo/En

Mais cela se complique dès que n est supérieur à 1 (avec l’introduction des nombres n et l comme paramètres d’intégration). Aussi, la fonction radiale n’est pas en bijection avec l’énergie mais se situe en relation compliquée avec l’énergie. Cette interdépendance peut être illustrée en établissant un tableau mettant en correspondance les énergies et les fonctions radiales. Ce tableau prend la forme suivante pour n = 1, 2, 3 (avec l = 0, 1, 2).

  E1 E2 E3

 R1,0 *

 R2,0 *

 R2,1 *

 R3,0 * 

 R3,1 *

 R3,2 *

Ce tableau possède une structure matricielle. Cette représentation des relations entre fonctions radiales et niveaux énergétiques confirme la dualité forme énergie qui correspond à une réalité physique partiellement accessible. Chaque état de l’atome mobilise une certaine quantité d’énergie pour réaliser le déploiement objectif d’une certaine forme. Par ailleurs, plusieurs formes utilisent une même quantité d’énergie (d’où la définition d’états dégénérés, ou de spectre énergétique dégénéré). De plus, le tableau proposé ci-dessus n’indique pas la totalité des fonctions car il n’inclut pas les fonctions angulaires qui expriment toute la richesse des formes des nuages électroniques. Les fonctions angulaires ne dépendent pas de n mais sont cependant reliées aux fonctions radiales par le nombre quantique l qui apparaît dans les deux fonctions. Ainsi, pour une énergie de niveau n, on a le choix entre (n-1) fonctions radiales (chacune donnée par l) auxquelles on doit associer l’une des (2l-1) fonctions angulaires (données par l et m). Ainsi, la théorie est surdéterminé formellement, tandis qu’en réalité c’est une seule forme qui est déployée à un moment donné. Si on admet que les déterminations formelles non exprimées subsistent dans la substance subatomique, alors cette substance est formellement surdéterminée.

Revenons à la fonction d’onde complète associée à un électron dans un état donné. Celle-ci est écrite comme le produit de la fonction spatiale et de la fonction temporelle dépendant de l’énergie. Rappelons la forme de cette fonction temporelle : e iEt/h

On peut alors s’interroger sur la signification physique de cette fonction périodique qui pourrait indiquer alors la nature vibratoire du mouvement (voire des processus) permettant de déployer l’électron autour du noyau. On ne peut que conjecturer car si on raccorde le formalisme quantique au réel physique, cette fonction périodique est élevée au carré et disparaît (heureusement) car une fonction complexe utilise un nombre imaginaire, et n’a pas de correspondance avec un paramètre physique (qui doit être réel).

Le formalisme quantique permet de déduire la quantité d’énergie échangée lors d’une transition entre une forme et une autre forme. Cette énergie étant alors fournie ou restituée sous une forme radiative, liée au champ électromagnétique. Il permet aussi, moyennant certaines approximations, de déduire la structure d’autres atomes et des liaisons interatomiques qui en résultent, tout en produisant la richesse formelle du monde moléculaire que les chimistes étudient (Rivail, 1989).

4 Discussion métaphysique

La théorie quantique appliquée à l’atome d’hydrogène dévoile plusieurs aspects de la réalité, et notamment, la nature hyperformelle du réel que l’on dit matériel. La forme est associée à l’énergie. Plus exactement, la réalité est faite d’un substrat formellement surdéterminé, tandis qu’une certaine quantité d’énergie est associé aux expressions des formes, ainsi qu’aux transitions d’une forme à une autre. Seule, une forme est exprimée, tandis que les autres subsistent dans un domaine non exprimé, sorte de champ fondamental. La possibilité d’extraire mathématiquement l’énergie n’est pas uniquement une propriété de la théorie atomique. C’est un trait presque universel du monde quantique car dans la plupart des cas, on peut calculer l’énergie d’un état à partir d’un outil mathématique, l’opérateur hamiltonien. 

La deuxième conclusion fondamentale dérive de la précédente, et concerne la priorité ontologique de la forme sur l’énergie. C’est en effet la forme, surdéterminée par ailleurs dans le champ fondamental, qui détermine l’énergie. Cette priorité de la forme se manifeste notamment lors des transitions entre forme (états) atomiques qui mobilisent une certaine quantité d’énergie dépendant des deux formes, l’antécédente et la suivante. Cette énergie est alors émise ou absorbée selon les nécessités des deux formes associées chacune à un niveau d’énergie. On doit donc admettre que la forme “pilote” l’énergie. Il s’agit donc d’un renversement important car l’énergie est mise au second plan par rapport à la forme, et même à la structure si on admet que le champ quantique fondamental se dévoile comme une énergie particulière car non exprimée et hyperstructurée.

Il reste à expliquer pourquoi ce serait la forme qui déterminerait l’énergie. La conjecture formaliste peut faire appel à un certain nombre d’arguments parmi lesquels la dégénérescence du spectre énergétique montre que c’est la forme (fonction d’onde spatiale) qui est prééminente, et que cette forme est en correspondance avec une certaine énergie “choisie” dans un spectre plus réduit que celui des formes. La signification physique permet de dire que cette énergie concourt (dans l’atome) à réaliser une certaine forme déployée. Si on développe une argumentation résolument réaliste, alors on admet que les autres formes restent à l’état non déployé, c’est-à-dire à l’état de forme substantielle

Si l’on inclut de plus un argument dynamique (voire ontophysique), alors, il faut examiner ce qui se passe lors d’une transition entre états. Une chose est sûre, il se produit un échange radiatif, tandis que la transition s’effectue de manière probabiliste (par opposition à prévisible ou bien prédictible). Si on tente d’imaginer une réalité intra-atomique (intrasubstantielle), alors on peut penser qu’au moment de la transition, la forme précédente est dissoute, puis, cette forme est remplacée par une autre (choisie parmi un ensemble de transitions possibles en fonction du champ radiatif en présence). L’argument probabiliste ne permet pas d’assigner une causalité classique pour cette transition, cependant, on admettra qu’il y a une détermination interne en tant que cause efficiente du processus (la nature probabiliste du processus n’est pas contradictoire avec le fait de supposer une cause intra-atomique efficiente).

Quelle prééminence ontologique admet-on alors pour comprendre une transition, s’agit-il d’une détermination formelle qui mobilise une certaine énergie, ou bien d’une énergie qui va déployer une certaine forme ? La dégénérescence du spectre permet d’imaginer une détermination par la forme. En effet, une forme est déterminée par trois nombres quantiques, n, l, m, tandis que l’énergie n’est déterminée que par n. Le primat de la forme sur l’énergie constitue donc une causalité ontologique ; elle ne s’oppose pas à la détermination probabiliste de la transition ; il suffit en effet d’imaginer un réservoir de “formes” en puissance, et un processus aléatoire qui va permettre de lier l’énergie à la forme (respectant la règle du nombre n qui associe fonction radiale et énergie). C’est donc la forme qui détermine l’énergie. Cette conjecture ontologique conduit à admettre une cause interne efficiente formelle pour déployer l’objet atomique appartenant au monde naturel étendu, ce qui constitue une double rupture (i) avec la physique cartésienne-galiléenne, et (ii) avec l’ontologie cartésienne d’une substance étendue matérielle opposée à une substance pensante.

On connaît le rôle qu’a pu jouer la conception hylémorphique aristotélicienne au Moyen Âge. Cette conception conditionne certaines interrogations ontologiques d’importance menées par les théologiens médiévaux, et notamment par Saint-Thomas lorsqu’il se pose par exemple la question de l’union (supposée parfaite) de la matière aux formes dans les entités angéliques non étendues, ou bien alors la question du rôle de la matière vis-à-vis de l’individuation des créatures dotées d’un corps (ce qui suppose une certaine idée de la matière). Sans doute Heidegger avait-il laissé échapper ces problèmes médiévaux, lorsqu’il considéra que la physique quantique ne pouvait fournir de base solide pour construire une ontologie, à moins qu’il n’ait pas perçu les éléments fondamentaux du formalisme tout en concluant à l’impossibilité de construire une essence à partir de ce formalisme (Chevalley, 1990), auquel cas, Heidegger aurait été prisonnier d’une tradition occidentale d’où l’issue déconstructive que l’on connaît, ce qui ne constitue pas la meilleure porte de sortie, bien qu’il faille en passer par là. Pour notre part, on notera la richesse du formalisme quantique que l’on a pu constater en examinant la théorie quantique de l’atome d’hydrogène, et pourtant, il ne s’agit que d’un aspect d’une théorie qui formalise par ailleurs trois types d’interaction ; aussi, on imagine des possibilités (non évidentes pour l’instant) pour construire une ontologie. Il pourrait être possible de passer du point de vue formaliste au point de vue réaliste, puis d’opter pour un réalisme transcendantal (dualiste).

C. CHEVALLEY, “La physique de Heidegger”, Les études philosophiques, 289-311 (1989).

J.-L. RIVAIL, “Chimie quantique”, InterEditions, Paris (1989).


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150 réactions à cet article    


  • Dwaabala Dwaabala 14 février 2013 09:44

    Un essai sur la fin du matérialisme.
    Une dualité forme et… non pas matière, mais mouvement.
    La matière répond en fait à une dualité forme et énergie.

    La notion de matière en philosophie (matérialiste) ne renvoie à rien de métaphysique : elle affirme simplement la réalité du monde objectif, son existence hors (et massivement) de notre cerveau et de nos pratiques expérimentales ou industrielles.
    Elle s’affirme contre tout dualisme de la matière et de la pensée (ou de l’esprit), cette dernière étant la fonction qui nous permet d’accéder à sa connaissance. 
    Le mouvement est alors la forme d’existence de la matière, ainsi que l’énergie et non pas autre chose qui introduirait une dualité entre la matière et la connaissance que nous en avons.
    La dualité onde/particule, ou matière/énergie ou maintenant forme/énergie relèvent du champ de la physique. Elle est objective : elle livre quelque chose à notre connaissance sur le mode d’existence de la matière, entendue au sens de la philosophie matérialiste.


    • Jagermaster Jagermaster 17 février 2013 14:39

      Qui a pris la pilule rouge ?


    • Gasty Gasty 14 février 2013 10:06

      Un champ magnétique ( 0 hertz) pourrait-il prendre forme et énergie, en matière de reflexion....


      • 1984 15 février 2013 00:13

        Peut-être l’auteur a-t-il déjà répondu à cette problématique dans un espace temps convexe à celui-ci. Auquel cas il ne peut-être en mesure du mètre à étalon variable mais d’un champs superposable à la notion paradigmatique d’un savoir à variable notoire.

        Jolie cravate.


      • Gollum Gollum 14 février 2013 10:07

        Votre texte me fait irrésistiblement penser à la Kabbale.


        La dualité forme/énergie proposée ici est du même ordre que la dualité monde de la Formation/monde de la Création proposée par l’Arbre des Séphiroth. 

        Cette dualité d’essence « matérielle » est elle-même crucifiée sur l’autre dualité, d’essence « spirituelle », que sont les mondes de l’Émanation/Action.

        Le tout obéissant à la logique de la double contradiction croisée proposée par Abellio il y a (très) longtemps déjà..

        Bon j’insiste pas plus, je voulais juste signaler ça. Pas envie de faire un cours de Kabbale sur AgoraVOx.. 

        • Bernard Dugué Bernard Dugué 14 février 2013 10:22

          Je me permets de préciser qu’il n’y a pas de lien avec la Kabbale ce qui ne vous empêche pas d’interpréter librement cette thèse Si lien il y a, c’est avec Aristote et même Plotin, vaguement, avec sa théorie des deux matières (Ennédades, II, 4) Sinon, avec la matière, pour reprendre la quadripartition de Jean Scot (qui est en parralèle avec la Kabballe), on se place dans le créé qui ne crée pas, autrement dit, Malkut... bon, je vous laisse méditer


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 14 février 2013 10:28

          Oup... Ennéades

          J’en profite pour signaler que le tableau des correspondances entre E et les orbitale n’a pas résisté au copier coller et vous laisse le soin de le recomposer


        • Gollum Gollum 14 février 2013 17:04

          Plotin, vaguement, avec sa théorie des deux matières (Ennédades, II, 4)


          Oui Plotin considère deux matières. À la fin du traité 12 il donne une définition et les caractéristiques de la matière en tant que telle et sa description évoque irrésistiblement la matière première des alchimistes : une sorte de chaos obscur qu’il considère même comme l’essence du mal. Et la matière fécondée par les Intelligibles et qui donne le monde des formes. Sa façon de voir est très proche de celle de la Kabbale en fait.

        • Gollum Gollum 14 février 2013 17:23

          Je rajoute que la façon de voir de la Kabbale est la même que celle de la Genèse.


          En effet la Création de la Terre et du Ciel (en fait il s’agit ici de deux polarités symboliques au même titre que dans le Taoïsme l’on a le trigramme Kien (le Ciel) et le trigramme Kouen la Terre)
          ne donne pas quelque chose d’ordonné, mais un chaos.. La Terre était Tohu et Bohu.

          Quand Elohim veut créer Adam il le forme : le verbe utilisé est יצר. Verbe qui évoque l’idée de façonner. Comme une sculpture donc. La même façon de voir que Plotin avec ses intelligibles fécondant une matière chaotique et la mettant en forme.

        • Bernard Dugué Bernard Dugué 14 février 2013 21:16

          Le schéma de Plotin ne fonctionne plus avec les données de la physique contemporaine

          à l’émanation, il faut superposer et entrelacer une immanation

          ce qui suppose d’intégrer une dimension temps à grande échelle et une distance ontologique immense avec le Un


        • ffi ffi 15 février 2013 02:44

          A ces gnostiques : toujours dans leurs savantes spéculations...

          Même si elles ne s’ancrent jamais dans une réalité, et qu’elles ne portent donc jamais aucun autre fruit que se persuader d’avoir compris la Vérité ultime, hélas sans jamais pouvoir le prouver, il faut bien admettre que ça occupe.
           
          Mais cela n’a rien de scientifique.
          Ce sont des élucubrations hallucinatoires.


        • Mowgli 17 février 2013 19:14

          « Votre texte me fait irrésistiblement penser à la Kabbale. »

          Moi, il me fait irrésistiblement penser aux élucubrations de Jacques Lacan sur la racine carrée de -1.




        • FritzTheCat FritzTheCat 14 février 2013 10:44

          Le texte est tellement hermétique que j’ai pensé à une nouvelle affaire Sokal.


          • MKT 14 février 2013 17:48

            L’on vous moinsse.

            Logique.

            1- Vous tirez sur une ambulance
            2- Vous mettez le doigt sur l’insuffisance des connaissances des commentateurs de ce site et surtout sur leur prétention incommensurable.


          • FritzTheCat FritzTheCat 15 février 2013 14:11

            Pour répondre brièvement...

            1/ Tirer sur une ambulance ? Non et pour plusieurs raisons, d’une part ce commentaire ne se veut pas agressif et n’a pas pour objectif de descendre l’auteur, d’autre part B. Dugué me semble suffisamment armé pour répondre s’il le souhaite.
            2/ Je mets le doigt sur l’insuffisance des lecteurs ? Ce point n’est rien de moins qu’une évidence. Au vu du niveau de ce papier, il devrait être publié dans un Proceedings avec un comité de lecture digne de ce nom et non dans un blog citoyen où les 99,99% des lecteurs sont notoirement incompétents pour jauger de sa pertinence.
            3/ Me concernant, j’ai lu la totalité de l’article en zappant les formules. Même avec le bagage scientifique qui est le mien, j’avoue ne pas être en mesure d’en évaluer le contenu, à tel point que je me suis demandé si nous n’avions pas affaire une canular.

            Résultat, je n’ai ni moinsé, ni plussé l’article de B. Dugué (sur quels critères pourrais-je faire ?). Cela étant, pour avoir déjà lu plusieurs de ses articles, nous avons affaire à un des rares auteurs scientifiques sur AV à tirer son auditoire vers le haut en posant des questions épistémologiques et ontologiques essentielles.


          • JL JL 14 février 2013 11:13

            Avant que je ne me décide à lire ce pensum,

            l’auteur aurait-il l’obligeance de répondre à une question naïve ?

            Question : la matière n’est-elle pas une forme d’énergie ? E = MC2 exprimerait-elle une formule alchimique ? Une sorte de transmutation ?

            Dans l’attente ...

            Ps. J’en profite pour dire que ce serait faire preuve de modestie et d’égards envers les lecteurs de ce site que de s’exprimer dans un langage compréhensible pour tous. De deux choses l’une : ou bien les revues scientifiques ont déjà refusé ce texte, et comme notre bien connu spécialiste des transferts d’énergie, BD se rabat sur un site où l’on peut éditer tout et n’importe quoi. Ou bien BD veut en jeter plein la vue, et dans ce cas en effet, il n’y a pas d’autres manières de s’y prendre.

            Désolé.


            • Jean Umber 14 février 2013 11:21

              Je dois dire que j’ai bien sué là-dessus quand j’ai entamé mon certificat de mécanique quantique.
              En essayant de l’enseigner de manière pas trop absconse, on est obligé de s’y replonger et d’essayer d’en sortir la « substantifique moelle ». L’aspect mathématique est assez horrible (si vous voulez, il y a le Cohen-Tanoudji).
              Mais selon moi, la compréhension du processus logique utilisé nous montre la grande finitude de nos connaissances.


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 14 février 2013 11:25

              Je ne vais pas répondre à votre question ce qui vous dispensera de lire l’article et de placer des commentaires visant à disqualifier l’auteur et de voir le fantôme de l’ID qui visiblement est une véritable obsession chez vous.

              PS. J’en profite pour vous dire que ce serait faire preuve de respect que d’éviter de placer ici vos commentaires stupides


            • JL JL 14 février 2013 12:17

              Comme vous voudrez,

              mais admettez qu’il y a un hiatus entre le titre et le texte.

              En écrivant que la matière n’existe pas, que c’est de l’énergie, il y a comme un paradoxe, non ?

              Si les mots ont encore un sens dans les hauteurs où vous vous complaisez, admettez qu’on ne peut pas dire qu’elle est de l’énergie et dans le même temps, qu’elle n’existe pas.

              Le provocateur ici c’est vous.


            • Castel Castel 14 février 2013 14:41

              « Exister » signifie étymologiquement « sortir de ». Si la matière n’est finalement que l’énergie indifférencié (différencié uniquement dans notre esprit, d’une manière illusoire), il est alors possible de penser qu’elle « n’existe pas ».


            • JL JL 14 février 2013 15:31

              Mais si la matière n’existe pas, cher monsieur Castel, vous non plus ! A moins que vous ne vous preniez pour un pur esprit !

              La matière, c’est ce que nous appelons matière, qu’elle soit une forme d’énergie ou pas. Elle est ! Donc elle existe. Ce n’est pas de la physique, ce n’est pas de la métaphysique, c’est de l’empirisme et de la philosophie, qui consiste à donner du sens.

              Dire, sous couvert d’équations plus ésotériques les unes que les autres, que la matière n’existe pas, c’est le contraire de donner du sens. Le recours au déni et aux paradoxes n’est pas la manière de faire des savants honnêtes. Désolé.


            • Castel Castel 14 février 2013 15:51

              Merci JL, mais je sais comment penser « les choses ». Je l’ai d’ailleurs expliquer dans un précédent post. Si vous connaissez un minima la physique quantique, vous comprendrez alors que les choses observées sont dépendantes de l’observateur. Tout n’est qu’une manifestation dans la conscience.


            • JL JL 14 février 2013 16:05

              « Tout n’est qu’une manifestation dans la conscience. »

              Oui, c’est ç’la  ! Et les sophistes croient que rien n’est vrai !

              La conscience est une représentation de la réalité : la carte n’est pas le territoire, et ce n’est pas parce qu’il y a une carte que le territoire n’aurait pas d’autre réalité.

              Nb. Vous démontrez en argumentant avec moi de cette façon sur ce sujet, que les équations de Dugué ne sont la que pour le décorum. Ce qui convient bien à un autoritarien.


            • Castel Castel 14 février 2013 16:21

              « La conscience est une représentation de la réalité »

              Il me semble qu’au contraire, rien ne peut exister si nous ne pouvons en avoir conscience, sophiste va.


            • JL JL 14 février 2013 18:52

              Castel,

              ou bien nous disons la même chose, mais les mots n’ont pas le même sens ; ou bien j’affirme que le sophiste c’est vous.

              Ce à quoi s’évertuent les concepteurs de robots, c’est de leur implémenter des organes et des logiciels d’analyse de leur environnement, ainsi que de leur créer en interne une modélisation dudit environnement : autrement dit, une représentation de la réalité, nécéssaire et suffisante pour leur permet d’interagir efficacement avec cet environnement.

              Vous pouvez discuter de cela, ou non. Mais dans ce second cas, j’aurai démontré que le sophiste, c’est vous.

              De toute façon l’affaire pour moi, est entendue, quand vous dites : « rien ne peut exister si nous ne pouvons en avoir conscience » ! Entendue, puisque la seule conscience (seule la conscience si vous préférez) peut décider de ce qu’elle estime vrai et de ce qu’elle estime faux  ! Je n’ai pas dit ce qui est vrai et ce qui est faux, nuance.

              Vous confirmez donc ce que André Comte-Sponville dit, j’ai cité  : ’’les sophistes croient que rien n’est vrai ’’

              Sophiste, vous en êtes donc un.

              CQFD.


            • JL JL 14 février 2013 20:19

              @ Cassino,

              je crois qu’il serait honnête que vous disiez ici que ce que vous appelez transfert d’énergie est un concept qui vous est très personnel pour désigner un mode de gestion de l’énergie, et n’a rien à voir avec ce que les physiciens entendent par cette expression : jetez donc un coup d’œil par là, svp !

              Et puisque je connais votre honnêteté intellectuelle légendaire, pour vous éviter de ne pas aller voir, je cite Wikipedia :

              Le transfert d’énergie linéaire ou TEL (transfert linéaire d’énergie ou TLE ; LET en anglais) est une quantité qui décrit l’énergie transférée par une particule ionisante traversant la matière, par unité de distance. Il varie selon la nature et l’énergie du rayonnement ionisant. Typiquement, TEL est utilisé pour quantifier l’effet du rayonnement ionisant sur des matériaux (en électronique, biologie, physique de la matière, etc.).

              Le transfert d’énergie linéaire a une relation importante avec le pouvoir d’arrêt. Tandis que le pouvoir d’arrêt, décrivant la perte d’énergie par unité de distance , se concentre sur la perte d’énergie de la particule, le transfert d’énergie linéaire décrit plutôt le transfert d’énergie au matériau voisin de la trace de la particule, par les électrons secondaires. En conséquence, on exclut des électrons secondaires avec énergie au-dessus d’une certaine valeur Δ1.

              Alors, le transfert d’énergie linéaire est défini par

              ,

              où est la perte d’énergie par collisions électroniques, diminuée des énergies cinétiques de tous les électrons secondaires avec énergie au-delà de Δ. Si Δ tend vers l’infini, il n’y a plus d’électrons avec énergie plus grande, et le transfert d’énergie linéaire devient égal au pouvoir d’arrêt électronique linéaire.

              Ne me remerciez pas, essayez plutôt de ne plus perdre mon temps.


            • JL JL 14 février 2013 20:59

              Cassino,

              votre mauvaise foi et vos arguties, ça commence à me gonfler grave !


            • ffi ffi 15 février 2013 02:24

              Toujours à rechercher le mouvement perpétuel Mr CASSINO ?
              Tant que cela reste spéculatif, vous pouvez vous convaincre de l’avoir trouvé.

              Mais vous devriez étudier les notions de chaleur et de frottement.

              En fait, c’est bien d’un transfert d’énergie qu’il s’agit (ou d’une transformation d’une forme à une autre), le mot est correct, puisque le cycle de transformation n’a jamais un rendement parfait à cause des inévitables pertes, il y a des phénomènes irréversibles :

              - frottements à la remontée de l’eau,
              - frottements à la descente de l’eau,
              - pertes de chaleur par effet joule dans les résistance du circuit électrique,
              - pertes d’énergie magnétique dans les inductances du circuit électrique,
              - perte d’énergie électrique dans les capacités du circuit électrique.
              - ..etc.


            • ffi ffi 15 février 2013 02:30

              @Castel
              Il me semble qu’au contraire, rien ne peut exister si nous ne pouvons en avoir conscience, sophiste va.

              Gorgias II, le retour : ce n’est pas parce que vous n’avez pas conscience de quelque chose que cette chose n’existe pas...

              Le monde vous préexiste mon cher, et il n’a pas eu besoin de vous pour cela.
              De même, il existera encore après vous.
               
              Nous voilà avec des penseurs qui retardent de 2500 ans
              (et qui se croient au summum de la raison qui plus est...).

              Reprenez-vous !


            • ffi ffi 15 février 2013 03:10

              @JL
              Question : la matière n’est-elle pas une forme d’énergie ? E = MC2 exprimerait-elle une formule alchimique ? Une sorte de transmutation ?

              Au vu de l’équation, soit la matière est une forme d’énergie, soit l’énergie est une forme de matière.

              Mais il faut en reprendre l’historique.
               
              Pour Poincaré, la lumière se comporte comme une masse m = E/c².
              En fait, pour y parvenir, il calcule le recul subit par un corps lorsqu’il émet un rayonnement électromagnétique.

              Mais on « sait » par ailleurs que le « photon » devrait avoir une masse nulle (sinon la relativité Bug)
               
              Ensuite, il considère deux masses : une transversale, puis une longitudinale (dans le sens du mouvement), mais là ce n’est plus pour la lumière, mais pour l’électron. C’est pour supporter les expérience d’Abraham qui remarque que la vitesse d’éjection d’un électron d’un tube cathodique fait varier le rapport e/m : celui-ci diminue quand la vitesse d’éjection augmente.
               
              En fait, l’hypothèse de base de Poincaré, c’est de considérer que toute force est d’origine électromagnétique.

              Cependant, j’ai ouï dire que dans le nucléaire, l’énergie récupérée n’était que de quelques % de mc², donc on est loin d’avoir vérifié complètement la validité de cette équation pour toute chose.

              Maintenant, si j’exprime la dimension de l’énergie, j’ai toujours ML²T⁻²
              Donc l’énergie est calculée comme une masse qui parcours un espace dans le temps.

              Sinon il faudrait mettre le Joule, l’unité de mesure de l’énergie, au fondement du système d’unité et exprimer la masse en fonction (et donc trouver une référence). Mais, aujourd’hui, la masse est toujours définie comme l’intégrale volumique de la densité comme au XVIIème (La masse étalon étant un barreau composé de Platine et d’Iridium, entreposée à Paris).

              Chose bizarre, il semblerait que toutes les répliques de cette masse étalon tendent à diverger en poids à mesure du temps qui passe.


            • Castel Castel 15 février 2013 08:38

              ’JL  : ’les sophistes croient que rien n’est vrai ’’

              Sophiste, vous en êtes donc un."

              C’est faux puisque je crois vrai que vous êtes con. smiley

              Allez, c’était une blague, ne le prenez pas mal smiley

              Ffi  : nous ne sommes pas dans la spéculation là. Si votre conscience n’a conscience de rien, il ne peut avoir aucune preuve de l’existence de quelque chose. Un point c’est tout.


            • JL JL 15 février 2013 09:06

              Bonjour ffi,

              « Au vu de l’équation, soit la matière est une forme d’énergie, soit l’énergie est une forme de matière »

              C’est ce qu’on appelle une tautologie ça, non ?

              J’ignorais cette histoire de répliques de la masse étalon qui divergent dans le temps. Y a-t-il des hypothèses ?

              ps. De mémoire, la nature de la lumière (corpusculaire ou ondulatoire) dépendrait du milieu de propagation.

              Quoi qu’il en soit, une théorie, comme la plus jolie fille du monde, ne peut donner que ce qu’elle a. Il me parait clair que chaque théorie présente des aberrations ici ou là. La difficulté pour le chercheur c’est de les interpréter correctement.

              Puisque je parle d’aberration, je viens de lire ça, tout chaud, posé là sur le trottoir, je cite l’inénarrable castel : « Si votre conscience n’a conscience de rien, il ne peut avoir aucune preuve de l’existence de quelque chose. »

              J’éprouve une certaine fierté à avoir été traité de con par ce drôle de paroissien. Oui, je sais, paroissien ça fait drôle. Mais en même temps, on est ici ’chez Dugué’ hein !

               smiley


            • JL JL 15 février 2013 09:18

              Allez Castel,

              pour vous aider : vous souffrez de cette forme d’ignorance qu’on appelle solipsisme. Je crois que ça se soigne.


            • Castel Castel 15 février 2013 09:21

              « Si votre conscience n’a conscience de rien, il ne peut avoir aucune preuve de l’existence de quelque chose »

              Pardon : si vous n’avez conscience de rien, VOUS ne pouvez avoir aucune preuve de l’existence de quelque chose. Quelqu’un de rationnel est obligé de considérer la conscience comme le principe initial de l’existence de toute chose.

              Après, je vais arrêter de discuter ici, la discussion n’est absolument pas constructive, elle tourne en rond dans l’abrutissement le plus complet.


            • JL JL 15 février 2013 10:01

              Castel,

              Si vous n’avez conscience de rien, vous vous en foutez des preuves, non ?

              Je crois que c’est plus grave que je ne pensais : en fait, vous cultivez les paradoxes !

               smiley


            • epicure 16 février 2013 17:39

              @Par Castel(xxx.xxx.xxx.50)15 février 09:21

              Les preuves d’existence des choses c’est leur capacité d’interaction, même si on en n’a pas con science personnellement de ces interactions. C’est comme ça que procèdenet les scientifiques pour chercher l’existence de certaiens choses dont notre consicience nepeut percevoir directement.

              Ce n’est pas la conscience de l’existence d’êtres minuscules qui nous a fait découvrir l’existence des virus, mais bien les interactions que ceux ci avaient sur nous même si on ne les percevait pas directement.

              De même on n’a pas conscience de l’existence des trous noirs, mais les scientifiques par l’étude des interactions de ceux ci avec leur environnement ont pu montrer leur existence.

              Vous seriez sourd, aveugle, tétraplégique, dénué du sens de l’odorat depuis votre naissance, et vivre dans une cabane au fin fond du canada, cela nous empêcherait aps d’existence même si vous n’aviez aucun moyen d’avoir conscience de notre existence.


            • ffi ffi 17 février 2013 11:49

              Laissons Castel à ses illusions...
               
              JL : Pour la variation de la référence de masse, je n’ai trouvé que ceci.

              La lumière est toujours une onde. C’est la grande erreur.
               
              Si l’on peut envisager dans l’hamiltonien une répartion « ondulatoire » (donc périodique) de l’énergie entre l’énergie potentielle de l’électron et son énergie cinétique, c’est que l’on cherche à modéliser dès le départ le couple proton/électron comme un oscillateur harmonique (sphérique) qui résonne, ceci afin d’expliquer les spectres d’absorption et d’émission.
               
              N’oubliez pas que l’équation de Schrödinger est une équation qui vient de l’optique, qui fut plaquée sur l’électron grâce à la dualité de Broglie.
               
              Personnellement, je comprends bien la logique qu’il faille modéliser les résonances lumineuses dans la matière, puisqu’il s’agit d’expliquer le spectre, qui est manifestement révélateur d’un oscillateur harmonique. Mais qu’est-ce qui nous assure que cette résonance soit liée à la dynamique d’un électron gravitant autour d’un noyau ?

              Cette gravitation atomique fut-elle jamais observée ?
              Que nenni ! Au contraire, cela devrait engendrer un rayonnement que l’on observe pas...
              Et donc Bohr a postulé un fumeux concept de « niveau d’énergie », qui n’est pas un lieu physique, car la notion de trajectoire ne s’y applique pas, avec échange de photon pour aller d’un niveau à l’autre...
               
              Donc, ils se sont mis à plaquer sur l’électron une équation de l’optique, tout en considérant la lumière comme une particule. Il eut été plus pertinent de continuer à considérer la lumière comme une onde, puis d’assigner cette résonance à l’onde lumineuse, plutôt qu’à l’électron...
               
              Une vision des choses fut construite avec des postulats à priori.
              Un autre postulat en auraient construit une autre.


            • JL JL 17 février 2013 12:05

              @ ffi,

              vous dites : « Une vision des choses fut construite avec des postulats à priori. Un autre postulat en auraient construit une autre. »

              Mais pourquoi d’autres postulats n’ont-ils pas construits d’autres visions ?

              Je ne vous suivrai pas sur les hamiltoniens et tous ces êtres mathématiques impressionnants qui m’ont donné tant de mal et que j’évite prudemment depuis un demi siècle maintenant.


            • ffi ffi 18 février 2013 05:02

              Je pense qu’il y a des alternatives.
              Je ne sais pourquoi la science c’est mise en mode « dogme », à l’image de ce que fit l’Eglise, en imposant que tout le monde pense pareil, avec une théorie qui doive être tenue pour vrai par tous.

              Pour une révélation passée, le dogme peut se comprendre, puisqu’aucune nouvelle observation d’un fait révolu n’est possible, et puisque l’Église s’en dit la gardienne.

              Mais pour la science, je ne vois pas l’intérêt d’un dogme.
              Cela me semble contraire au bon sens.
              Une obstruction à la recherche.

              Actuellement, je pencherais plutôt pour interpréter le spectre selon une résonance optique, produite par le mouvement des dipôles dans la matière, qui se comporteraient donc comme des oscillateurs harmoniques.

              Pour un modèle : Voir ici, chapitre 8 (Modèle de l’électron élastiquement lié).

              C’est ce qui me semble le plus cohérent, étant donné que les équations de Maxwell modélisent l’éther de manière analogique à un solide élastique. L’onde lumineuse serait donc simplement la propagation d’un mouvement élastique des charges dans la matière, « plutôt » dans le plan perpendiculaire au rayon (enfin..., disons que le champ d’un dipôle est anisotrope). L’Ether, lui, serait l’état selon lequel toute matière est composée de charges élastiquement liées. Si l’élastique du dipôle « casse », l’électron se délie et c’est alors l’effet photoélectrique : l’électron est éjecté avec une énergie cinétique égale à l’énergie du rayonnement moins celle de résonance, il y a ionisation. Si l’élastique du dipôle « ne casse pas », puisque les charges restent liées, les dipôles tendent à vibrer selon leur fréquence de résonance propre, caractéristique de leur élément chimique, d’où le spectre observé.


            • JL JL 18 février 2013 10:46

              Merci ffi,

              pour ces précisions.

              L’étendue de ce que nous ignorons, du moins pour moi, dépasse largement ce que nous savons. Et encore, il y a ce que nous savons et ce que nous croyons. Entre grand savoir sur un domaine pointu et petit savoir sur grand domaine, la marge est grande pour que chacun d’entre nous y trouve son compte.

              Peut-être aurons nous l’occasion de discuter à nouveau de ces choses passionnantes évoquées ici. Il faudrait que je révise mes notes.

              La question que je voudrais soulever avec vous est celle-ci : vous êtes, dites vous, créationniste. Je suppose que vous parlez d’un créationnisme qui n’est pas très catholique ? Pourriez vous nous en dire plus svp ?

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