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Hadopi, pourquoi tant de haine ?

Du rififi au pays du geek...

La loi Hadopi risque fort d’entrer en vigueur dans le courant du mois de septembre, voire du mois d’octobre. Et en dehors des principaux intéressés, c’est à dire majoritairement les intervenants du milieu artistique, il semble bien que cette loi est loin de faire l’unanimité. Je dirais même plus, la majorité des utilisateurs du net, sont contre. Pourtant, le principe est d’une logique implacable, protéger les droits d’auteurs. 
 
Je ne suis pas réactionnaire, je ne suis pas non plus conservateur, je ne suis pas non plus un capitaliste exacerbé, et même si je dois avouer que cette loi, comme beaucoup de monde, ne m’arrange pas (pour des raisons personnelles...enfin vous voyez bien ce que je veux dire...), je ne comprends pas qu’on puisse y trouver quelque chose de révoltant ou de tyrannique. Le schéma est pourtant simple. Quelqu’un décide de créer une œuvre cinématographique, musicale, ou encore de développer un programme informatique. Comme une majorité de personnes, ces gens travaillent pour être rémunérés. Si il n’y avait pas de contrepartie financière, il y a bien longtemps que l’activité culturelle ou informatique aurait enterré ses dernières productions. Quoi qu’en disent certains, ces productions "intellectuels" qui n’ont pas d’existence physique, en dehors de leur support de diffusion restent des produits de consommation. Hors, un produit de consommation a un prix. Ce prix se justifie par la mobilisation d’une main d’œuvre de création et de production. Personne ne travaille gratuitement. Pourquoi alors, ces musiques, ces films, ces logiciels devraient être diffusés gratuitement sur la toile ?  
 
Pensons à tout ces gens qui interviennent dans la chaîne de production. Pensons un instant au statut majoritairement précaire des intermittents du spectacle. Bien entendu, je sais que les bénéfices engrangés par les maisons d’éditions ne sont pas redistribués équitablement. Bien entendu, je sais que certains artistes n’ont plus nécessairement besoin de toucher leur cachet, tant leur compte en banque déborde. Mais pouvons-nous faire des exceptions ? Si tel était le cas, nous devrions rapidement faire face à des situations inégalitaires dans le versement des droits à la propriété intellectuelle. Lorsque nous achetons une paire de basket, nous ne pensons pas à la voler sous prétexte qu’elles ont été fabriqué par des enfants sous-payés dans des pays pauvres, n’est-ce pas ? Pourquoi en serait-il autrement pour les films par exemple ? Nous ne pouvons pas nous emparer de quelque chose sans contrepartie sous prétexte que nous sommes en désaccord avec la politique de production. ( Et qui je pense, n’est pas tant une question idéologique, qu’une façon plus ou moins heureuse de justifier son larcin.) A qui allons nous faire croire que c’est par solidarité que nous agissons de la sorte... ? Et cela ne risque-t-il pas de rendre le statut du pauvre intermittent encore plus précaire ? 
 
Y a-t-il une autre solution ? La seule solution envisageable serait de faire payer une taxe sur la connexion internet, ajoutée au prix de l’abonnement mensuel. Cette taxe serait reversée aux artistes. Mais comment pourrait-on rémunérer ces artistes proportionnellement à la consommation de leurs produit sur la toile, c’est extrêmement complexe. A moins de centraliser leurs œuvres sur des sites légaux dédiés au téléchargement gratuit, et qui serait en mesure de calculer mensuellement le nombre de téléchargement pour un artiste donné et de le rémunérer en conséquence. N’est-il pas dans ce cas plus simple de demander à l’internaute de payer à chaque fois qu’il souhaite télécharger quelque chose qui ne soit pas dans le domaine public...En gros le système que nous connaissons aujourd’hui. 
 
En conclusion, je dirais que Mozart, ou encore Molière, n’ont heureusement pour nous pas travaillé gratuitement, sinon notre capital culturel aujourd’hui serait bien moins riche qu’il n’est. Alors ne boudons pas trop cette nouvelle loi, et au contraire soutenons l’activité culturelle en respectant nos devoirs de rétributeur, car quelque part nous sommes en tant que spectateurs, les premiers employeurs de l’art. Pour le reste, à savoir le prix exorbitant de la place de cinéma notamment, ou encore la peine qu’ont les artistes en devenir à s’imposer sur le devant de la scène, espérons que l’état ou l’industrie culturelle sauront réagir comme il convient en contrepartie. Car même si le téléchargement sauvage est condamnable, proposer une place de cinéma aux alentours de dix euros est également une forme de vol caractérisé. Espérons donc qu’après le vote de cette nouvelle loi, nous consommateurs, puissions trouver également notre compte à respecter "l’étiquette". Après tout, nous sommes entre gentlemen...
 
par Baltimore vendredi 18 septembre 2009 - 127 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Deneb (xxx.xxx.xxx.73) 18 septembre 2009 14:57
    Deneb

    Vous vivez vraiment en déhors de la rèalité, mon cher. L’immatériel obéit aux lois contraires à l’economie. Il n’y a que le partage qui le valorise. Ca, c’est l’idée. Tout le reste, de la technique.
    Comment feront les créateurs pour se faire remunerer ? En créant un monde nouveau. Avec de la passion et de l’imagination. Comme ils savent si bien le faire !

  • Par Deneb (xxx.xxx.xxx.73) 18 septembre 2009 17:15
    Deneb

    tSbeNjY : »Mais comment pourrait on rémunérer ces artistes proportionnellement à la consommation de leurs produit"

    On ne consomme pas de la culture, parce que, contrairement à la baguette de pain que vous n’avez plus après l’avoir consommée, un livre est toujours là quand vous l’avez lu. Parler de la culture en termes mercantiles, comme vous le faites, ne lui fait pas honneur. Abaisser une oeuvre d’art à un produit industriel me révolte.

  • Par Deneb (xxx.xxx.xxx.73) 18 septembre 2009 22:05
    Deneb

    Je crois que les plusseurs extremistes religieux sont en train de me plusser pour me discréditer ! Il y a manipulation des votes. Cette fois en ma faveur - pour faire croire que je me multi-auto vote ! Il font vraiment ce qu’ils veulent, les mecs

  • Par tSbeNjY (xxx.xxx.xxx.6) 18 septembre 2009 13:36
    tSbeNjY

    Tout a fait oui, Faux et illogique.
    Je te conseille de te documenter avant d’écrire un article, ne serait-ce que pour éviter la répétition des mêmes arguments.
    Par exemple, PCInpact a tout un dossier sur cette loi (www.pcinpact.com)
    D’abord, la rémunération d’un artiste ne vient que rarement de la vente de CDs, sur lesquels il ne touche presque rien. Regarde Radiohead ou les Smashin Pumpkins qui autorisent le téléchargement libre de leur musique. Ils ne bossent pas pour la gloire, ils gagnent bien de l’argent, mais pas juste en vendant leurs singles.
    Tu parles ensuite de produit de consommation. La musique est un produit culturel qui sort du cadres des simples produits de consommation. Je te vends un petit pain, je n’ai plus de petit pain. Je te vends un fichier mp3, j’ai encore mon fichier mp3.
    Il ne s’agit ensuite pas de diffuser gratuitement, mais de permettre l’échange entre particuliers. tu paies une taxe sur un cd vierge, un disque dur, un baladeur, parce qu’il est dans les usages de s’échanger de la musique entre amis (dans la cour d’école, au bureau, etc.). Mais il n’y aurait pas le droit de faire de même si tu passes par internet ? où est la logique ?
    Le pauvre intermittent n’a rien à foutre là dedans, excuses moi mais c’est hors sujet, argument type "faire pleurer dans les chaumières".

    Ensuite, je te cite, "Mais comment pourrait on rémunérer ces artistes proportionnellement à la consommation de leurs produit sur la toile, c’est extrêmement complexe"
    et je te parodie :
    "Mais comment pourrait on rémunérer ces artistes proportionnellement à la consommation de leurs produit sur les ondes FM, c’est extrêmement complexe"

    Vois-tu l’ineptie de ton argument ?

    "nous sommes en tant que spectateur, les premiers employeurs de l’art" : Alors POURQUOI l’industrie musicale s’en prend elle à nous ? Quelle autre industrie agresse ses clients de la sorte ? Pourquoi, sur un DVD acheté légalement, doit on se farcir un pensum sur le piratage et une floppée de pubs alors qu’on a PAYE !

    Enfin, comme dit plus bas par pllda, qui référence Maître Eolas, le droit d’auteur a été créé pour protéger les auteurs des distributeurs. Aujourd’hui l’argument droit d’auteur est brandi pour défendre les distributeurs des consommateurs et des artistes. Pourtant, dans cette affaire, seuls les artistes et les consommateurs sont réellement importants, non ?

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