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Hollywood crée un format vidéo unique pour lutter contre le piratage

Toutes ces dernières années, l’industrie du film en général et Hollywood en particulier ne se souciaient pas trop du Web. Naturellement protégée par la taille des fichiers, a contrario de l’industrie du disque ou de la Presse, Hollywood n’avait pas de besoin impérieux de trouver une parade au téléchargement illégal ou au streaming. Il faut désormais conjuguer ce constat au passé car désormais, l’industrie du cinéma songe à se doter d’armes pour contrer le piratage car, progrès technologiques obligent, quelques minutes suffisent désormais pour télécharger un film sur le Web.

La semaine dernière, Hollywood a donc lancé deux systèmes pour vendre en ligne des films et des séries télévisées. Les initiatives sont plutôt bien pensées et ont pris compte des erreurs commises par d’autres industries dans le passé comme nous le verrons dans cet article, mais elles sont peut-être déjà trop tardives.

D’après le groupe Adams Media Research, le téléchargement légal aux Etats-Unis n’a atteint « que » 250 millions de dollars en 2009. Dans bon nombre d’autres pays, il n’y a d’ailleurs aucune offre légale pour télécharger un film ou une série TV. Ce marché semble donc ne pas intéresser les acteurs du marché… Sauf que les ventes de DVD, le support qui a fait la fortune d’Hollywood cette dernière décennie, sont en chute libre. De 12 milliards de dollars en 2004, elles sont passées à 8,7 milliards en 2009.

Un format unique et multiplateforme pour faire oublier la VOD

Le regain d’intérêt pour le marché de la location peut expliquer en partie ce phénomène, certaines sociétés, comme Netflix, proposant par exemple un abonnement mensuel permettant de visionner des films de manière illimitée. Au-delà de ça, la concurrence au DVD se trouve bien sur le Web. Il existe d’innombrables sites de téléchargement illégal, et fermer un site ne résout rien : la fin de Napster n’aura pas sauvé l’industrie du disque de bilans catastrophiques puisqu’en matière de sites pirates, la règle est « un de fermé, dix de retrouvés ». Il faut donc proposer au consommateur une solution alternative qui soit aussi attractive, afin de justifier que l’on paye pour obtenir ce que l’on pourrait avoir gratuitement ailleurs, même illégalement.

Le Digital Entertainment Content Ecosystem (DECE) ne s’y trompe d’ailleurs pas, puisque ce consortium regroupant entre autres les plus grands studios d’Hollywood (Fox, Warner, Paramount, Universal, Lionsgate) et les fabricants de DVD (Sony, Samsung, Philips, Panasonic etc.) est parvenu la semaine dernière à un accord sur un format unique lisible sur toutes les plateformes disponibles (ordinateur, TV, téléphone mobile, console de jeu etc.) et sur la mise en place d’une structure unique qui sera chargée de garder toutes les traces des achats de films afin de les rendre accessibles sur les autres plateformes disponibles.

Le but : rendre la vente en ligne de films et séries TV plus attrayante pour le consommateur. La vidéo ainsi vendue en ligne pourra être regardée sur plusieurs plateformes et, dans la mesure où elle ne sera pas téléchargée mais stockée sur un serveur distant, l’utilisateur n’aura pas à la transférer de lecteur en lecteur.

A noter que parmi les autres participants à ce projet, on retrouve Microsoft, Adobe, HP, Intel.

Mitch Singer, patron du DECE, cherche ainsi à créer un format unique et libre comme le CD ou le DVD qui encouragerait la compétition et l’innovation. Il assure par ailleurs que le système sera opérationnel d’ici quelques mois.

Ce choix reflète bien entendu la volonté manifeste de ne pas répéter le flop de la VOD (« video on demand), dû selon certains à la multiplicité des formats et des restrictions.

Un avis que semble partager le studio Disney, seul géant de l’industrie à ne pas se trouver dans le consortium DECE. Début janvier, le groupe a lui aussi annoncé le lancement de KeyChest, son système de format vidéo unique.

Reste donc à savoir qui de Disney ou du consortium remportera l’adhésion des distributeurs et des consommateurs.

Car c’est bien là tout le sens de cette bataille dans laquelle vienne de s’engager les grands noms traditionnels de l’industrie du cinéma : ne pas laisser filer leur clientèle vers d’autres entreprises. Autrement dit, ne pas voir se répéter un scénario qui a vu Apple et Amazon prendre une position dominante sur les marchés du disque et du livre électronique (e-book). En occupant la première place sur ces industries et en reliant les contenus à leurs propres matériels, l’iPod et Kindle, Apple et Amazon dictent désormais leur loi sur les médias traditionnels qui contrôlaient ces marchés, jusqu’à ce que le Web n’entraîne une redistribution des cartes.

Et c’est d’ailleurs là que le bât blesse car dans le nouveau schéma prévu par le DECE, Apple ne figure nulle part alors que la boutique en ligne d’iTunes propose déjà des téléchargements légaux de films et séries TV. Or, comment se passer d’Apple et des millions d’utilisateurs de ses produits (iPhone, iPod, Mac etc.) ? Une autre difficulté sera de convaincre les consommateurs de payer pour quelque chose d’immatériel, sans parler de l’épineux sujet du prix qui sera proposé : un prix trop bas et les studios d’Hollywood y verront une menace pour la survie du DVD tandis qu’un prix trop élevé conduira très certainement les gens à louer les films ou à les télécharger… illégalement.

Source : le blog de l’agence Webazia
 
par inf0graph (son site) mardi 12 janvier 2010 - 26 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Talion (xxx.xxx.xxx.233) 12 janvier 2010 14:53
    Talion

    Et encore un nouveau format propriétaire criblé de DRM et pas interopérable pour un sou !...

    On en a rien a foutre de leur nouveau format à la con !

    Ce qu’on veut, c’est pouvoir télécharger des vidéos dans un format de notre choix (merci d’en proposer plusieurs genre .mp4, .avi, .mpeg, .mkv, etc...), sans le moindre DRM (condition non discutable !), qui ne s’efface pas automatiquement tout seul (une foi téléchargé, j’en exige la maitrise totale !) et ceci pour un coût mensuel raisonnable ! (genre 5 à 10 euros tout compris, pas plus ! Et sans limite de téléchargement !)

    Dans le cas contraire, il peuvent aller se faire foutre !

    Il y en a marre qu’ils tentent de nous imposer un business-model de merde qui n’a d’autre vocation que de nous presser comme des citrons !

    Mais maintenant que j’y réfléchi, j’espère qu’ils seront toujours aussi cons et qu’ils ne répondront pas a nos attentes.

    En effet, la guerre a laissé trop de séquelle et désormais je n’aspire plus a rien d’autre que de les voir crever.  smiley

  • Par HELIOS (xxx.xxx.xxx.237) 12 janvier 2010 13:30
    HELIOS

    Encore une nouvelle forme de DRM....

    Le seul interet, c’est qu’apriori il ne generait pas l’utilisateur. Reste a verifier, car si je me souviens bien des annonces, c’est Adobe Access qui a été choisi pour gerer ça. Il faut "enregistrer" son lecteur pour que les fichiers de ce format puisse être lus... changement de tout le parc de lecteurs de salon, de baladeur video et... d’ordinateur ? Bien vu la relance !

    Dans tous les cas, cela reste un DRM. et, sans connexion, pas d’acces ! Comme l’acces a internet haut debit, pour "voir" un film n’est pas inscrit dans la constitution, on se passera encore une fois de ce nouvel avatar "miracle" bati, comme d’habitude, pour le coeur des grandes villes.

    quand au principe lui même, je ne donne pas un mois aux "pros" pour le deverrouiller si necessaire et de le "nettoyer" des infos sur l’origine etc... comme pour le watermark !
    Remarquez tout de suite que ce sera un grand progres, car un film de ce format, deverrouillé, remplacera avantageusement les mauvais divx. Au moins la qualité des films echangés sur les torrents deviendra meilleure....

  • Par BlackMatter (xxx.xxx.xxx.225) 12 janvier 2010 12:34

    Bonjour

    Si la Vod ne marche pas, c’est que c’est trop cher.
    Y a qu’a voir les tarifs de Canalplay (4 à 5 euros le film) et je passe concernant le porno (7 euros la branlette c’est cher).
    Avec la dématérialisation, on aurait pu espérer une baisse des prix alors que c’est le contraire qui se passe.
    Comment fait le video club prêt de chez moi qui est moins cher et qui quand il loue le support ne peut le louer une fois supplémentaire avant son retour.
    A force de vouloir se gaver sans cesse, on nous dégoute.

    Finalement, on retiendra une chose : quand le prix de revient baisse, l’industrie augmente ses marges et ne baisse pas les prix, au contraire... smiley

  • Par Algunet (xxx.xxx.xxx.11) 12 janvier 2010 16:16

    Un autre format VS des divx de merde...

    Mon constat :

    • Malgrè le "piratage" le monde du cinéma et de la musique n’a jamais été aussi florissant.
    • Un nouveau format n’apportera rien car il se trouvera les outils de conversion avant même sa parution (sport international de tous les développeurs !), afin de permettre la diffusion et l’utilisation sur le support de SON choix.
    • Un divx mkv de 8Go qui se télécharge en quelques heures est de qualité HD... le même de bonne et suffisante qualité, de 700 à 1400 Mo, se télécharge (il)légalement en moins d’une vingtaine de minutes.
    • Les supports type galette (CD, DVD, Blue ray), avec lesquelles les majors essaient de se faire un max de pognon, c’est aussi ringard que la cassette à l’époque du dvd et sont amenés à disparaitre rapidement.
    • Avant (dernier millénaire !) dans les années 70 une médiathèque c’était une cinquantaine d’œuvres aujourd’hui pour un jeune c’est celles qu’il veux, quand il veux et s’il veut une médiathèque digne de ce nom c’est quelques milliers de morceaux de musique et centaines de films... qui tiennent dans un disque dur d’1 Tetra (sur un support plus petit qu’un HTC HD2 ou un I phone). De plus tout le pack se distribue allègrement sous le manteau entre potes en quelques dizaines de minutes contre un sourire...

    ALORS à moins de mettre en place une licence globale (5€/mois max, voire 10 si on supprime les taxes existantes sur les supports, ça peut se discuter) le problème ne sera jamais résolu et les soubresauts du type Hadopi et Cie seront vouées à l’ECHEC.

    Écouter une œuvre sur un "nouveau format", ou pisser sur un violon face au vent, c’est du pareil au même...le son n’est pas bon et, avec ou sans lunette 3D, on n’y voit rien sous les embruns ! smiley

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