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Accueil du site > Actualités > Technologies > IGN et Géoportail : l’exemple de La Désirade

IGN et Géoportail : l’exemple de La Désirade

Sur Internet tout le monde aujourd’hui connaît et utilise les services cartographiques offerts par Google, Yahoo ou Microsoft. Toutes ces applications reposent sur la collecte massive de données reçues des utilisateurs, ce qui bien évidemment, pénalise des zones très isolées et à faible densité de population. L’Institut Géographique National, développe depuis quelques années avec le Géoportail, un outil qui devrait permettre de remédier à cette situation.

 Alain Chaumet, ingénieur à l’Institut Géographique National en charge du développement des partenariats Géoportail, a bien voulu répondre à mes questions concernant La Désirade.

Pour rappel, l’Institut géographique national (IGN) est un établissement public à caractère administratif ayant pour mission d’assurer la production, l’entretien et la diffusion de l’information géographique de référence en France.

A partir de 2000, l’IGN développe le concept de Référentiel à Grande Echelle (RGE) ; il s’agit d’achever dans un délai rapproché la numérisation de la cartographie du territoire français avec une précision d’ordre métrique et selon quatre composantes : orthophotographies, topographie, parcelles cadastrales et adresse.

Ce RGE est entièrement achevé fin 2008 et rentre dans un cycle de mise à jour pour maintenir son actualité au plus près des évolutions du terrain en fonction des moyens disponibles.

En juin 2006, l’IGN a ouvert le service Géoportail permettant la visualisation cartographique du territoire français au moyen d’un navigateur Web et utilisant d’une part un fonds de photos aériennes et d’autre part les cartes au 1/25 000 numérisées.

La « phase 2 » du Géoportail a été mise en ligne un an plus tard, avec une nouvelle ergonomie.

Les réponses d’Alain Chaumet concernant La Désirade.

En tant que partition géographique d’un département français, la Désirade est équipée du RGE (Référentiel à Grande Echelle).

Il s’agit de quatre composantes d’information géographique, orthophotographie de résolution 50 cm de pixel, base de données topographiques vectorielles, base de données parcellaires (cadastre géoréférencé et assemblé) et une base des adresses géolocalisées.

La visualisation suivante montre l’intérêt du concept aussi bien que les problèmes d’actualité que de qualité géométrique des référentiels locaux à la Désirade.

La Désirade sur Géoportail
La Désirade sur le site Géoportail - Détails actuels bati routes parcelles hydrolique

Les fonds cartographiques à plus petite échelle existent également ; ils s’adressent à tous usagers publics ou privés ; une visualisation de ces fonds est mise à disposition gratuitement au moyen du site geoportail.fr.

La Guadeloupe toute entière est équipée du même RGE ; sur Grande-Terre et Basse-Terre, en zone urbaine, les référentiels de la Délégation interministérielle à la Ville sont également proposés sur geoportail.fr.

Le Géoportail est destiné à permettre la covisualisation de l’ensemble des référentiels cartographiques publics, soit sur geoportail.fr, soit au moyen de l’API Géoportail. Tous ces fonds sont réutilisables par des sites tiers au moyen de l’API.

Par ailleurs, la DIREN de Guadeloupe prépare également un système de cartographie dynamique pour mettre à disposition des citoyens les référentiels locaux en matière d’environnement.

Les principaux référentiels cartographiques environnementaux seront également disponibles sur geoportail.fr dans le courant de l’année 2010.

En revanche, on ne dispose pas encore pour la Guadeloupe de certains référentiels cartographiques disponibles en métropole, par exemple la carte géologique ou la carte d’occupation du sol de type "Corine Land Cover".

Corine Land & Cover sur  le site de l'Ifren
Occupation des sols (Corine Land Cover)

 

Les bases de données sont intégrées de la même façon depuis 2008 sur l’ensemble des Antilles et sont l’objet d’une mise à jour dite "en continu". En réalité les mêmes travaux sont bien effectués à quelques mois d’intervalles en Martinique et en Guadeloupe ; c’est du reste le régime commun à tous les départements français.

Aux Antilles, un renouvellement des prises de vues aériennes prévu en 2009 a dû être reporté en 2010 pour différentes raisons organisationnelles. Aux prises de vues devrait s’ajouter une saisie laser destinée à obtenir une définition précise du relief du littoral, tant dans sa partie sous-marine que dans sa partie émergée.

Pour La Désirade, la détermination fine du relief de la frange littorale va déjà constituer une avancée importante ; du point de vue de l’édition, la publication de la totalité des fonds existants sur une même interface sera également un pas important.

Enfin une actualisation plus réactive des fonds cadastraux semble également nécessaire, particulièrement sur la base de la prise de vue à réaliser en 2010 ; peut-être ne faudra-t-il pas se priver d’une image satellitaire à haute résolution si le coût est intéressant en regard d’une mission aérienne et si le satellite se révèle plus agile que l’avion pour saisir le moment opportun d’un ciel sans nuage.

Ce billet a été rédigé à partir d’échanges sur Twitter et via e-mail entre le 15 et le 22 Octobre 2009.

Merci à Alain Chaumet pour la passion avec laquelle il remplit à l’IGN la mission, certainement ingrate, de communiquer au plus grand nombre l’usage et le goût pour la géographie sur Internet.

Qu’il reçoive ici l’expression de toute ma gratitude pour sa participation à ce "spécial #Followfriday" (=^.^=)


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5 réactions à cet article    


  • Kelson 26 octobre 2009 10:36

    Concernant le plan des rues et routes de l’île. Le plus simple est encore de le faire soit-même ! N’importe qui avec un GPS et un peu de volonté peut faire cette carte sur OpenStreetMap :
    http://www.openstreetmap.org/?lat=16.3136&lon=-61.0472&zoom=13&layers=B000FTF

    Vu la taille de l’île, cela pourrait même aller assez vite.


    • Desirade Desirade 26 octobre 2009 13:29

      Les solutions Open sont très intéressantes. Mais leur utilisation dans le cadre de développement d’applications commerciales est très limitée par rapport aux solutions proposées au grand public.


      D’autre part des questions d’intégration, je pense non seulement à l’adressage, qui est en cours actuellement, mais surtout au cadastre, nécessitent l’intervention de professionnels.

      Nous avons utilisé et continuons à utiliser une solution Open dans le cadre de nos activités de clubs, randonnées, photo, collecte des espèces.

      Quelques professeurs au collège initient également leurs élèves, hors programme officiel, à la cartographie en utilisant des solutions Open Source.

      Dans tous les cas le sujet est passionnant et je vous remercie pour votre commentaire.

      Veuillez noter : une erreur de frappe dans la légende de la photo du Géoportail : lire hydrographie et non hydraulique - surtout orthographié comme je l’ai fait. Mes excuses à Monsieur Chaumet et aux lecteurs) 

    • acIGN 26 octobre 2009 15:24

      Bonjour Desirade et tous,
      Desirade, vous êtes toute excusée d’autant plus plus que le lien fourni initialement était lui même en partie erroné et invitait à déraper sur l’orthographe ; le bon lien -raccourci- est celui-ci : http://bit.ly/4xdXWb
      Mes propres excuses de même à tous.

      A Kelson : oui vous avez tout à fait raison, les possibilités techniques actuelles peuvent permettre de faire énormément par agrégation des participations de réseaux de contributeurs ; nous y travaillons justement en particulier avec des animateurs d’OpenStreetMap.
      Sur un plan général, il reste tout de même une nécessité de produire, valider et diffuser de l’information géographique « de référence », c’est à dire exacte, validée, exhaustive, régulièrement actualisée et réutilisable par tous. Si le dernier article de cette liste d’exigences est bien rempli par OpenStreetMap, les précédents ne le sont encore que très imparfaitement, particulièrement à la Désirade.
      Par ailleurs, il faut rappeler que certaines données sont produites par définition par des institutions désignées, les limites de communes par les communes riveraines, les limites de propriété par les géomètres-experts, etc.

      Bref, pour résumer de façon imagée mon avis général sur la question, on peut en effet faire son pain à la maison mais il reste encore un grand avenir à la profession de boulanger.
      Cela écrit, dans la cas particulier de la Désirade, toute intervention locale est en effet précieuse, n’hésitez donc pas à participer et nous faire part de vos travaux personnels, non pas en recommençant tout à zéro comme il est suggéré, mais plutôt en apportant des compléments ou des remarques à ce qui existe.
      Bien cordialement


      • David Meyers 27 octobre 2009 09:15

        Geoportail est inégalable sur la France ( et apparenté) mais, Prétention Grandiloquente Française oblige, il utilise un programme prorpiétaire et ne dispose pas (à ma connaissance) d’API pour intégrer ses cartes sur un autre site.

        Google Maps a fait vite et mieux puisqu’il est possible, gratuitement, d’intégrer la cartographie sur n’importe quelle autre site par une programmation des objets assez simple et rapide à mettre en oeuvre.

        Efficacité d’un côté, élitisme de l’autre...
        et je parle pas du « coût » des données IGN


        • acIGN 27 octobre 2009 23:30

          Bonjour,
          pour information, le site Géoportail fonctionne sur la base d’un assemblage de briques propriétaires et de code OpenSource. L’utilisation de logiciels propriétaires n’est du reste pas spécifiquement française, loin s’en faut.

          L’API Géoportail -qui existe bien, une simple recherche dans le moteur de recherche préféré permet de le savoir rapidement- est du pur OpenSource, contribution de l’IGN au projet OpenLayers : voir http://api.ign.fr/geoportail et www.openlayers.org

          Pour ce qui est de l’élite, à n’en pas douter elle est là depuis quelques années :
          http://www.paperblog.fr/806184/encore-plus-de-google-dans-l-espace/
          http://news.cnet.com/Google-founders-trump-Gates-in-U.K.-media-elite/2100-1025_3-5266101.html

          L’IGN et le Géoportail s’essayent seulement à un peu d’efficacité, sans prétention aucune.
          Et quant au coût des choses, celui du Géoportail n’est pas comparable aux sommes que Google est en mesure d’engager ; le résultat n’est donc en effet pas le même.
          Les échanges sur le « coût » ou le « prix » des données IGN sont nombreux sur de multiples sites et blogs, je n’y reviens pas.
          Bien à vous.

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