Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Technologies > Il n’y aura peut-être plus de poisson sauvage dans les mers en (...)

Il n’y aura peut-être plus de poisson sauvage dans les mers en 2050.

Une étude scientifique publiée dans le magasine « Science » a montré qu’il pourrait ne plus y avoir de poissons sauvages en 2048. Mais des choses peuvent être entreprises pour redresser la barre et profiter encore de la manne économique liée à la pêche d’espèces sauvages.

La faute n’est pas seulement à rejeter sur la surpêche, mais peut être également imputée à l’attaque généralisée de la santé des écosystèmes marins, par exemple par la pollution.
D’après Steve Palumbi de l’Université de Stanford, en Californie (USA) : "A moins que nous ne changions fondamentalement notre façon de gérer l’écosystème, ce siècle est le dernier avec des poissons sauvages."
Il a travaillé pendant quatre ans avec ses collègues, et l’étude réalisée est la plus grande et la plus complète permettant de comprendre la productivité des océans et de prédire leur futur. Pour la première fois, une étude combine des données historiques sur les prises de pêche et des essais d’expérimentations de retour de la vie marine dans des zones protégées.
Les auteurs, de cinq pays, ont synthétisé des centaines d’études couvrant chaque échelle depuis la totalité des océans à des "points" marins de quelques mètres carrés. Et toutes ces études aboutissent à la même conclusion : les écosystèmes riches, avec beaucoup d’espèces, peuvent survivre malgré la pêche et d’autres menaces, mais dès le moment où la biodiversité est perdue, la totalité du système, y compris les stocks de pêche, va vers un déclin exponentiel.
Un écosystème sain garde les poissons en bonne santé et bien nourris, et maintient les nurseries à poisson tels que les récifs coralliens et les herbes marines. Mais de tels systèmes sont moins nombreux chaque année. Depuis 1950, 29% des espèces commerciales ont souffert d’un effondrement de leur effectif (défini par une chute de 90% ou plus).
Et le rythme s’accélère. L’étude extrapole que la dernière espèce de poisson commerciale sera perdue en 2048.
Mais le rapport a également montré que la vulnérabilité à l’effondrement du stock de poisson dépend de la diversité biologique générale : les zones de l’océan avec une diversité faible ont souffert d’un effondrement de 34% de leurs stocks de poissons commerciaux, comparé à une chute de 24% dans les zones ayant une biodiversité plus élevée. Cette étude démontre que même les espèces non péchées ont un impact sur la pêche à cause des liens entre espèces.
La bonne nouvelle est que les stocks de poissons peuvent se rétablir si des écosystèmes sont protégés et que la biodiversité est préservée. Boris Worm, un conservateur marin de l’Université Dalhousie, à Halifax, au Canada, qui a dirigé l’étude, dit qu’à l’intérieur des 44 aires protégées étudiées, "les espèces reviennent plus rapidement que les gens ne l’avaient anticipé
- en trois ou cinq ou dix ans. Et là où ça a été fait, nous avons immédiatement eu un bénéfice économique".
"Une zone de conservation marine classique peut accroître la biodiversité de plus d’un cinquième, et accroître les prises de pêche d’un quart. Or moins de 1% de la surface globale des océans est actuellement protégée."
"La conservation de la biodiversité et un développement économique à long terme doivent être vus comme interdépendants", ont conclu les chercheurs.
Référence : Science (vol 314, p. 787).

Moyenne des avis sur cet article :  4.59/5   (29 votes)




Réagissez à l'article

7 réactions à cet article    


  • Petit 6 novembre 2006 11:51

    Les pêcheurs disparaitront avant les poissons. Si la pêche n’est plus rentable même s’il reste des poissons elle s’arretera.

    Maintenant ça fait longtemps qu’on ne chasse plus le gibier et que l’on fait de l’élevage, pour les poissons c’est/était juste une question de temps avant que celà n’arrive.


    • mars (---.---.236.34) 6 novembre 2006 13:25

      @petit Doit-on se réjouir de n’avoir à manger que des poissons d’élevage et attendre que le marché régule le nombre de poissons dans l’océan ? Je sais que beaucoup de gens n’ont plus l’occasion de la faire mais il y a une différence entre un saumon sauvage et un saumon d’élevage de même qu’il y a une différence entre manger de la vache laitière de réforme (que l’on trouve malheureusement en grande quantité dans les hyper sous l’appellation « bœuf ») et une race à viande. Je sais ce sont des préoccupations de pays riches mais de toute façon comment peut-on croire que la population mondiale puisse augmenter sans limite sans que cela pose un jour de gros problèmes ?


    • Petit 6 novembre 2006 13:53

      Oui on doit s’en réjouir. C’est simple, si les vaches laitières n’était pas reconverties en viandes, les pauvres des pays riches mangeraient moins de viande. le problème du poisson est un poil différent mais la régulation de la pêche ne fera pas baisser le prix pour les plus démunis.


    • paul (---.---.114.210) 6 novembre 2006 12:52

      avant de faire des prévisions pour 2050 voyons ce que nous allons faire l’année prochaine. en 1960 ils nous avaient dit qu’en 2000 les robots allaient nous remplacer pour nous permettre d’avoir que des loisirs à la place du travail. les poissons peuvent nager sereinement s’ils ont fait de telles prévisions. et puis comme ils ont prédit qu’il n’y aura plus de pétrole en 2030, pêcher à la voile ne permet pas de tirer un gros chalut, et comme la forêt aura disparue à cause de la sécheresse qu’ils prédisent avec le réchauffement de la planète, nous ne pourrons pas construire des voiliers en bois, ni en plastique puisqu’il n’y a plus de pétrole. peut-être un voilier de pêche tout en tôle avec des voiles de 10.000 m². de toute façon ceux qui font les prévisions ne seront plus là en 2050, donc ils n’auront pas de comptes à rendre.


      • eldecog (---.---.35.48) 6 novembre 2006 14:42

        L’intérêt de cet article n’est pas simplement de montrer que si on ne fait rien, il n’y aura plus ni poisson sauvage ni pécheur en 2050 mais surtout de montrer des solutions pour éviter ce problème. De nombreuses familles vivent de la pêche en Europe et dans le Monde et une solution de développement durable pour sauver à la fois ces emplois mais aussi permettre de continuer à se nourrir simplement des ressources de la mer est de créer des espaces protégés. La création de ces refuges marins permet d’accroitre les revenus des pécheurs en augmentant la quantité de leurs prises. C’est de plus une solution viable à long terme et simple à mettre en oeuvre et qui peut être faite « demain ».


        • ohlala (---.---.124.230) 6 novembre 2006 15:39

          Je suis un peu léger sur la question, mais tu veux dire quelque chose qui ressemblerait aux « Parcs Nationaux » (protection totale), version marine, et internationale, ou dans les eaux territoriales, le long des côtes ? Ce qui ne ferait alors comme un label AOC, que développer des produits plus cher, cf. le Bar de ligne. Ou non ?


        • sweetsmoke (---.---.241.2) 8 novembre 2006 10:38

          c’est presque un rêve eveillé de voir ces connards de thonniers setois pleurnicher quand greenpeace essayait de mouiller dans le port de marseille pour informer les gens sur les conséquences de la pêche intensive à long terme.

          Et les voir dans 10 ans pointer au chômage parce qu’il n’y à plus de poisson.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès