• jeudi 20 juin 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Technologies > Implications éthiques des nouvelles technologies de l’information
7%
D'accord avec l'article ?
 
93%
(29 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Implications éthiques des nouvelles technologies de l’information

Les nouvelles technologies de l’information évoluent à un rythme tel que les législations et les organisations ont peine à s’adapter. Jusqu’où aller dans le traitement des données personnelles ? Qu’est-ce qui est acceptable en matière de biométrie, de surveillance électronique, d’identification par radiofréquence, de géolocalisation ? Et le Web sémantique, avec son potentiel de biais linguistiques, mais aussi de communication de données personnelles de machine à machine, que faire pour qu’il soit inclusif et que le contrôle de nos données personnelles ne nous échappe pas ? L’Unesco vient de publier une étude qui fournit des éléments de réponse à ces questions : mettre en place des principes infoéthiques qui guident la prise de décision.

L’étude intitulée “Ethical Implications of Emerging Technologies” a été préparée par Mary Rundle et Chris Conley de l’ONG Geneva Net Dialogue, un projet conjoint de Harvard Law School’s Berkman Center for Internet and Society (Berkman Center) et de Stanford Law School’s Center for Internet and Society (CIS).

L’originalité de cette étude est de partir des diverses technologies en fonction des divers problèmes qu’elles soulèvent, ensuite de dégager des principes infoéthiques, de revoir les technologies en question à la lueur de ces principes, puis de formuler une série de recommandations pour mettre en place les principes infoéthiques.

La partie à mon sens la plus intéressante de l’étude est celle qui dégage les principes infoéthiques à partir principalement de la Déclaration universelle des droits de l’homme : Infoethics Goals for Neutral Technologies (pages 11 à 27). On a souvent tendance à oublier la Déclaration alors qu’on devrait s’y référer constamment pour établir ses jugements sur le respect de nos droits fondamentaux.

Qui ne connaît pas les risques que posent la biométrie et les puces à radiofréquence (l’étude est éclairante sur ces risques) ? Si nous sommes plus sensibilisés à ces risques, qu’en est-il de ceux que posent les nouveaux outils de gestion de l’identité numérique censé faciliter les transactions en ligne ? (Qu’est-ce que l’identité numérique ?)

N’y a-t-il pas danger, comme le soulignent les auteurs de l’étude, de voir deux ou trois entreprises contrôler le gros des identités numériques ? Microsoft, IBM et Novell sont des gros joueurs dans cette offre d’outils permettant de gérer notre identité numérique en fonction de nos divers besoins. Certes, ces outils comportent des aspects positifs en terme de respect de la vie privée et de sécurité. Cependant, le phénomène de concentration des fournisseurs de ces outils demeure préoccupant.


Que se passera-t-il si un des gros joueurs, disons Microsoft, abuse de la confiance des dizaines, voire des centaines de millions de personnes, qui utiliseront ses outils. La chose n’est pas impossible. Mais il y a pire. Les auteurs citent Kim Cameron, celui qui est en tête du développement des outils d’identité numérique et diverses formes d’accès sécurisés chez Microsoft :

Beyond the abuse of power there are other equally chilling possible futures - involving the potential relationship between human kind and machine intelligence. I realize people are not likely to want to discuss this because it is too forward thinking, but the two actually can mutually reinforce each other in truly frightening scenarios.

J’espère que je vous ai mis suffisamment l’eau à la bouche pour aller lire l’étude. L’Unesco annonce la sortie en ligne de la version française pour le mois... d’avril 2007. Cela ne saurait donc pas tarder. En attendant, vous pouvez comme moi lire la version en anglais qui est écrite dans un langage accessible à tous.

Mary Rundle et Chris Conley, Geneva Net Dialogue, Ethical Implications of Emerging Technologies : A Survey. UNESCO : Paris, 2007. Texte intégral




par Michel Monette (son site) mercredi 2 mai 2007 - 33 réactions
yahoo
7%
D'accord avec l'article ?
 
93%
(29 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par aquad69 (---.---.---.34) 2 mai 2007 10:53

    Bonjour Michel,

    vous soulevez-là un sujet important.

    On ne saurait malheureusement être optimiste à ce sujet, et invoquer la déclaration des droits de l’homme tient un peu de l’invocation déséspérée...

    Quand on étudie l’historique du développement des sciences récentes dans nos sociétés, il apparaît qu’il n’y a aucun exemple de technique abandonnée définitivement pour des raisons éthiques ; il y a pu y avoir des « coups d’arrêt » temporaires, qui n’ont d’ailleurs été qu’apparents, « officiels », mais celà n’a pas empêché les gouvernements de continuer en secret les recherches.

    La vérité, c’est que l’homme, en temps que personnage, en temps que sujet autonome, n’existe pas dans la société moderne, et qu’il est hors de question actuellement qu’il lui soit permis de maîtriser l’évolution du monde technique.

    Je vous renvoie à Jacques Ellul, qui a bien décrit ce développement du système technique et économique que nous subissons tous, qui est devenu indépendant de la volonté humaine et que personne, fut-il le chef de gouvernement le plus puissant sur terre, n’a le pouvoir de dominer.

    On n’arrête pas le progrès... Cette maxime des modernistes les plus forcenés de naguère est en train de jeter aujourd’hui le masque et de se révéler pour ce qu’elle est :

    Un cauchemar qui nous fera peut-être regretter les sociétés les plus staliniennes du passé.

    Cordialement Thierry

  • Par Funky Zapata (---.---.---.205) 2 mai 2007 13:33
    Funky Zapata

    Sujet très intéressant et sur lequel il faut être vigilant mais surtout pro-actif maintenant avant que des évolutions ne se fassent et nous mettent devant le fait accompli.

    Vivant au Danemark, je suis identifié par ma carte de sécu qui sert aussi de justificatif de domicile. C’est extrêmement pratique, plus besoin de se trimbaler des factures téléphoniques pour s’inscrire à la bibliothèque, mais on n’a aucun contrôle sur le type d’information auquel tel ou tel acteur connaissant mon identifiant(du médecin à la banque en passant par le vidéoclub) a vraiment accès et c’est parfois assez inquiétant. Un site WEB sur lequel le fiché pourrait lui-même définir les accès serait un minimum...

    C’est le même problème que les puces RFID contenues par exemple dans les nouveaux passeports : on ne sait plus quand est-ce que quelqu’un lit votre information personnelle.

  • Par prgrokrouk (---.---.---.169) 2 mai 2007 11:09

    C’est un sujet sur lequel il est bon de se tenir en éveil. Les données personnelles sont (souvent) sans aucun élément justement personnel qui permettrait je ne sais quelle inculpation. Les données bancaires sont donc les plus personnelles des données.

    Toute donnée pouvant influer sur la situation bancaire est stratégique, et parmi elles, les données personnelles déformées par une autorité ou une fraude. Par les moyens administratifs normaux : il suffit de se prêter à une série d’entretiens donnant lieu à des « remontées », pour apercevoir trop tard quelle privation cela peut instituer, (par exemple pas de carte bleue à un chômeur). Quant à l’étanchéité de ces services, elle soutient aussi leur multiplicité. Au sujet de l’autorité médicale, la personne est difficilement en état ou en situation de faire accepter sa dignité opportunément. On fait en revanche grand cas du respect du malade à l’adresse de bien-portants. Le système français des tutelles exerce une pression objective sur les personnes faibles qui ne sont pas (encore) privées d’entourage direct (pour quarante euros par mois). En cas de potentiel financier, ce système développe les premiers soins à économiser les goûts et les couleurs du « bénéficiare », et ceci a cours ingénument sous couvert de bonne gestion. Par une extension de son champ d’application initial, un système ressemble à son contraire.

    Les moyens de la technique vont certainement donner lieu à des abus auxquels on n’était pas habitués jusqu’ici. Le contexte français me paraît adapté parce que les données sont très nombreuses et étendues à toute la population sur à peu près tous les domaines de la vie quotidienne. Il y a donc des expériences qu’intéressent du bien-mal-acquis et d’autres au programme d’une « politique nouvelle ».

    Les valeurs de personne, de liberté, de vie privée, et d’homme, sont devenues assujetties à des impératifs supérieurs : financiers et de contrôle social. Beaucoup d’abus effectifs ne choquent pas, dès lors qu’on estime des cas non-représentatifs. Le phénomène évolue tout en se protégeant. On nous en fera, des Commissions d’Ethique, et pour qu’on n’y voie que du feu, dont les victimes disparaissent à-priori, et disparaîtront sans laisser de trace. Luttons donc pour préserver une civilisation qui est sans doute la seule à avoir accordé à la vie privée, des droits fondés.

  • Par lorinc (---.---.---.20) 2 mai 2007 15:17

    Je ne suis pas d’accord. Je pense qu’il faut bien faire la différence énorme qu’il y a entre la technologie d’un côté, et l’utilisation qu’en font les hommes de l’autre.

    Vous ne pouvez pas mettre au pilori le progrès technologique sous prétexte que son utilisation dans notre société au quotidien vous embarasse. La technologie, quelle qu’elle soit, n’a pas de conscience, n’a pas de moral, n’oeuvre pas pour le « bien » ou pour le « mal », la technologie est d’une neutralité qui sied à tout ce qui n’est pas personnifié.

    Par contre, l’utilisation que font les hommes, et en particulier nos industriels et nos politiciens, elle, est bien évidemment consciente et volontaire. Eux agissent pour le « bien » ou pour le « mal », en tout cas, ils aggissent pour ce que l’on appelle depuis maintenant 200 ans l’intérêt général à travers la loi, qui donne la juste interpretation de l’évolution de l’environnement dans lequel nous vivons. Si vous trouver que leur utilisation des NTIC déssert l’intérêt général, alors c’est la loi qu’il faut changer, Mais n’allez pas accuser un algorithme de tuer les libertés humaines (le pauvre).

    Prennez l’exemple des ordinateurs de vote. Peut-on en vouloir aux informaticiens de concevoir et d’améliorer l’informatique sous prétexte que des élus imposent un procédé anti-démocratique dangereux ? L’évolution technologique n’y est pour rien dans cette histoire. Certes, sans ordinateurs il n’y aurait pas d’ordinateur de vote. Mais sans élus les imposant, il n’y en aurait pas non plus. Je vous laisse deviner lequel des deux partis est la cause du désastre, et lequel n’en est que le medium.

    Par ailleurs, refuser le progrès sous prétexte qu’il peut mener à des désastre n’est pas régler le problème, loin de là, car le problème n’est pas technologique, il est éthique. Et c’est à mon sens là dessus qu’il faut se battre, contre les problèmes d’éthique, qui existeront toujours, progrès technologique ou pas. Certes, il est coûteux en temps et en effort de bien vouloir voir les enjeux qu’entrainent les différents progrès technologiques afin de se décider de leur utilisation dans le sens de l’intérêt général, mais c’est un effort nécéssaire.

    Sur ce, je vous amène à vous intéresser plus amplement à toutes ces nouvelles technologies afin d’en prendre le meilleur et d’en interdir le pire, au lieu de tout rejeter en bloc. C’est en ayant toutes les cartes en main que l’on prend une décision saine.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération