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Accueil du site > Actualités > Technologies > Internet, la French connexion hoquette

Internet, la French connexion hoquette

La vraie histoire de l’Internet en France a commencé lorsque l’Internet a découvert les Français.
 
Il ne pouvait pas en être autrement. Sortie des laboratoires états-uniens de la DARPA dés la fin des années 80 (mais préparée depuis les années 50), cette machine planétaire puissante et sophistiquée, arme d’aliénation massive au service des idéologies de la mondialisation imposées par les Etats-Unis, est un gros-porteur qui a bien dû se résoudre à embarquer les français eux-mêmes (avec retard, et en notant qu’ils n’auront jamais et en aucun cas le droit de le piloter). Retard à l’embarquement, mauvais plans, rôles de figurant, problèmes de langues, mince porte-monnaie, vue courte, basse culture technologique des politiques, … Le voyage des français sur Internet ne se fait pas en Classe Affaire, mais en charter, classe touriste. Et maintenant en zone de turbulences (cette allégorie pourrait ne pas s’appliquer à l’Internet seulement).
 
 
 
Fragments d’illustration d’un retard chronique
 
En 2007, la première page d’un éminent titre de la PQR annonçait fièrement :
 
« Les commerçants de Mâcon (ville préfecture de la Saône-et-Loire, rappelons-le, NDR) bientôt sur Internet ». En gros titre. En très grosses lettres…
 
Bientôt sur Internet ? En 2007 ? … Hum…
 
Est-il besoin de le rappeler ? Les concepts, les premières applications publiques, le nom Internet lui-même datent de 1983 (janvier 1983 pour être précis).
 
1983. Je travaillais à l’époque pour Sperry, pionnier historique de l’informatique, inventeur de l’ENIAC, et je revois précisément mon camarade Ingénieur José Vivero Rego prononcer pour la première fois le mot Internet, et annoncer que l’installation de TCP/IP sur les grands système DCP 40 d’UNIVAC s’était correctement déroulée.
 
Un système de messagerie internationale était donc déjà à notre disposition tout au long des années 80 – sur des lignes privées certes, et coûteuses.
 
Fin 89, un voyage dans la famille au Canada nous permettait de confirmer qu’à cette date, l’Internet était devenu chose courante en Nord Amérique. Fin 89, Compuserve était déjà accessible au public sur réseau commuté.
 
Mais en France, combien d’utilisateurs de l’Internet en 89 ? Combien de « business plan » en gestation pour de grandes applications ?
 
Dés 90 il y avait bien le BBS de Jean-Michel Billaut, le « Babillard » de l’Atelier de la Compagnie Bancaire, En 90 la Communauté de Taizé disposait déjà d’une messagerie électronique mondiale et d’un site sur almac.co.uk. En 92, sur le comptoir d’un café de village (Salornay-sur-Guye pour être précis), devant 30 personnes, une petite Association ( ACCENT, Association Cluny pour la Création d’Emplois Nouvelles Technologies) faisait une première démonstration de visioconférence avec l’Université de Phoenix en Arizona, sur réseau commuté toujours,
 
Avancée de quelques pionniers bien isolées, pris pour des doux utopistes..
 
Face aux efforts déployés par quelques fins observateurs (rien à voir avec des visionnaires..), justifiés par la certitude que l’Internet allait déferler, par l’idée qu’on pouvait tirer parti du phénomène pour faire mieux fonctionner la réalité, absence quasi-totale de réaction de la part des « pouvoirs ». Ceux qui auraient dû anticiper n’ont rien vu venir (il faut dire que Bill Gates lui-même a failli rater le coche et n’a dû son salut qu’en convertissant « overnight » Microsoft boîte de logiciels en puissant acteur de l’Internet), ou n’ont rien voulu faire. L’horizon de l’Internet en France, au début des années 90, c’est l’indifférence, l’ignorance, voire l’hostilité. L’élite dans son ensemble, qu’elle soit économique, politique ou intellectuelle, s’en tenait à la théorie de la « terre plate », brocardait et pontifiait, à défaut de pouvoir brûler comme au bon vieux temps de Galilée. Florilège de quelques expressions frappées au coin de la certitude (et de la confusion, de l’inaction, de l’hostilité, voire de leur conjugaison) et millésimées 1995 :
 
« Internet ? Un phénomène de mode à l’américaine. Dans un an on en n’entend plus parler ».
« Rien ne se vendra jamais sur Internet ».
« Internet ? J’y crois pas, c’est très dangereux…Faut arrêter tout ça »
 
Sénateur, patron de presse, directeur d’une grande école de renommée nationale…
 
En 2007 encore, un directeur régional de France Télécom, très certainement fier de l’acquisition de son nouveau savoir, croyait bon de me préciser, en me communiquant son E-mail : « et surtout, n’est ce pas, surtout, tout attaché, et en minuscule ! ».
 
Dernier exemple, très-probant : la SNCF n’a enregistré son nom de domaine sncf.fr qu’en septembre 1997 !
 
 
Coupables
 
Lorsque les communautés qui auraient pu bénéficier d’une appropriation intelligente de l’Internet dans notre pays s’apercevront enfin qu’elles sont à la traîne sur l’essentiel, que le tourisme pourrait mieux se porter, nos vins mieux se vendre à l’étranger, que nous étions les mieux placés pour tirer parti du « reverse mondialism » assisté par l’Internet (en raison de notre image, de nos exportations, de nos produits), elles chercheront, comme nous le faisons ici, à identifier les responsabilités. En 2009, les effets de notre retard sont encore très visibles. Frappez « wine » dans Google, vous comprendrez le problème. Même chose pour « tourism »… Et réfléchissez un peu à ce que représente Sula wines parmi des milliers d’exemples, comme danger… ” At Sula, we’re committed to placing India firmly on the global wine map as we continue to produce wines of outstanding quality and superb value”.
 
Coupable, La différence de civilisation, bien qu’elle n’explique pas tout. Pour l’Américain, l’utilisation du computer et de l’Internet est une « culture ». Bill Gates (24 millions de résultats dans Google, de Gaulle 360 000…) le disait quand on lui demandait les raisons, le pourquoi de ses obsessions de démocratisation de l’informatique : « …My mother capable of using a computer… »). Nous, les Français, viendrions encore de la civilisation de l’ « Ecrit »… Peu nombreux sont les patrons d’entreprise en 2008, les grands surtout, qui utilisent l’ordinateur aussi facilement qu’un crayon. Taper un courrier en Word et le balancer en Mail est encore trop souvent un geste « relégué » aux secrétaires. Alors ! Publier directement sur le Net, sans l’aide d’assistants hautement spécialisés, vous n’y pensez pas ! Certes, les choses changent au niveau de l’utilisateur, les « jeunes » bousculent la donne, même s’ils le font, parfois, avec cette absence de maturité qui les caractérisent par nature, les amenant à confondre objectifs et moyens, jeux et outils. Mais la progression est lente, le nombre de personnes qui mélangent encore URL et mail, boite de dialogue du browser et celle du moteur, est impressionnant.
 
 
Coupable, les politiques. L’incapacité d’une grande partie des « pouvoirs » à observer et comprendre le monde qui nous entoure, leur absence de vision, leur propension à l’inaction et à la procrastination, la torpeur et les certitudes tranquilles dans lesquelles ils se complaisent sur des enjeux vitaux, tout cela continue de produire les mêmes effets. Les politiques tentent de répondre aujourd’hui, tant bien que mal, à des questions posées il y a 20 ans.
 
Coupable, France Télécom, qui aurait pu se placer à la tête des pionniers, mais qui s’en ait bien gardé, accroché à la pompe à fric du Minitel, terrorisé par l’envahissement d’un modèle qui se présentait comme « gratuit ». France Télécom s’est rattrapé depuis, je veux dire sur l’aspect financier. Sur le plan technologique, la compagnie s’est contentée d’appliquer le principe d’OPT (Other People Technology). Son moteur « Voilà » indexe une portion congrue du Net. Quant au nombre d’utilisateurs, il n’y a pas de comparaison possible avec Google.
 
Coupable, le ministère de l’enseignement, qui utilisait pour son seul profit la puissance du réseau Renater.
 
Coupables les financiers, plus enclins à déverser de l’argent sur les développements « people » de l’Internet, à investir dans l’industrie du jeu, du loisir plutôt que dans des systèmes de développement commercial ou culturel au service de la Nation (mais la Nation a-t-elle encore un sens ? L’Internet est un des éléments au cœur de la question et de la réponse.)
 
 
Cas d’école : http://www.rsi-bourgogne.com/ Mardi 9 juin
 
A parcourir le site et le programme proposé, on peut immédiatement observer que :
 
1) La manifestation, sous l’égide d’une chambre de commerce et d’une "Agence NTIC" régionale, a moins pour objectif d’aider les visiteurs et les chefs d’entreprises que de déverser des flots de publicité au service de "partenaires" de l’évènement et de vendeurs de technologie.
2) Que nombre de clics proposés nous amènent sur des ressources redondantes, archétypiques des initiatives mercantiles qui proposent aux utilisateurs des services payants (en tout cas payés par la réclame, tel Viadeo qui parle sans vergogne de « cible captive ») qu’on trouve par nature et gratuitement sur le Net (exemple : "partagez l’information")
3) Que nombre de ces ressources, ainsi que les termes employés, sont en anglais (manifestant ainsi la relation de dépendance irrémédiablement établie)
4) Que la distinction entre un Web utile, professionnel, et un web de variétés n’est pas faite. Qui pense encore qu’une entreprise (sauf exception) a quelque chose à faire avec Facebook ?
5) Qu’il manque des choses bien simples, ne serait-ce qu’un moteur de recherche...
6) Qu’il n’est pas mis en évidence la spécificité et l’intérêt de l’information (stéréotypée) promise aux conférences, par rapport à celle accessible sur le Net, lorsqu’on utilise un simple moteur de recherche
7) Que le nombre des chefs d’entreprise (hors informatique, hors TIC), invités comme conférenciers à présenter leurs applications significatives et réussies, est infime, voire nul.
8) Que toute la présentation et le discours qui la sous-tend sont emprunts d’obsessions naïves et enthousiastes du moment : il faut être jeune-jeune, à la mode, à la pointe, technophile sans recul...Beaucoup de "consultants", de vendeurs, d’animateurs, de « têtes d’affiches », de politiques aussi, qui viennent trouver, dans de telles manifestations un diplôme gratuit de bonne conduite technologique... Mais pas l’ombre d’un McLuhan ou d’un Negroponte ("I have never seen people miss the scale of what’s going on as badly as they are doing it now," ) dans un Evènement d’une telle portée.
 
 
L’impression générale qu’on retire de la lecture indigeste de l’ensemble du site annonçant la manifestation est que :
 
1) Vous êtes invité à un salon de l’automobile où les stands vous montreraient la chimie du caoutchouc, l’électronique embarquée, l’emboutissage et la cage de peinture, avec force réclame...
2) Que ni les maîtres d’oeuvre de la manifestation, ni le maître d’ouvrage, n’ont pris la mesure de la révolution opérée par le Net : un petit CeBIT comme il y a 30 ans, pour faire joli et moderne dans la région, avec les moyens du bord.
3) Que le décalage est immense entre la langue véhiculaire des TIC, sabir de "docteurs" (fussent-ils de Molière) et la langue vernaculaire du chef d’entreprise.
 
Une manifestation de Chambre de Commerce, comme son nom l’indique.
 

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33 réactions à cet article    


  • Yannick Harrel Yannick Harrel 22 mai 2009 10:16

    Bonjour,

    Effectivement, j’ai l’amère impression (confortée hélas par des discours et des projets de loi sans équivoque) que les autorités Françaises s’obstinent à faire d’Internet une espace minitelisé. 

    La dernière loi votée par les deux chambres a démontré l’abyssale inculture de nos élus (sauf exceptions notables sur les bancs de gauche, du centre comme de droite) sur la question, et un coup d’oeil sur le cahier des charges du futur logiciel censé disculper l’internaute de tout acte de contrefaçon est risible à souhait tellement il ne tient aucunement compte de la réalité technique actuelle.

    Au delà des grands discours sur l’innovation et les nouvelles technologies, les faits eux contredisent sévèrement la volonté affichée par les pouvoirs publics. D’ailleurs comment ne pas s’offusquer de voir que la suppression de la publicité sur les chaînes publiques a été compensée par une taxe sur le chiffre d’affaires des fournisseurs d’accès Internet et des opérateurs de téléphonie mobile ! Tout un symbole d’un pouvoir arc-bouté sur le passé sans se préoccuper de l’investissement pour le futur.

    Fatiguées, dépassées, nos élites je vous le dis...

    Cordialement


    • Montagnais Montagnais 22 mai 2009 11:11

      J’aurais aimé écrire ce que vous venez d’écrire..

      Je viens de regarder la page qui vous présente. Connaissez-vous la Société Juridique Franco-Russe ? L’intérêt que vous portez à la Russie et l’Eurasie, votre expertise en Droit.. vous rapprochent naturellement de cette Société.

      A bientôt.

       


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 22 mai 2009 11:53

      @Montagnais

      Bonjour,

      Non je ne connaissais pas cette société pour être tout à fait franc. Et comme vous avez aiguisé mon intérêt, j’ai déjà opéré une visite du site officiel que je reprendrai ultérieurement.

      Quoiqu’il en soit, merci pour l’information smiley

      Cordialement


    • herbe herbe 22 mai 2009 10:39

      J’aime bien cet article qui montre que ce problème de fracture ne date pas d’aujourd’hui mais a des racines profondes
      selon moi il s’agit d’un conflit entre deux visions de la société :


      - Celle qui consacre et célèbre la structure de la pyramide qui a si bien marché pour l’aristocratie, l’armée , l’église etc.. (pas mal de corps constitués).


      - Celle qui consacre la structure du réseau et donc de la collaboration au sein du réseau avec des pairs (même si ils ont un poids différent)

      La « vraie ? » science qui procède du réseau en principe et de  l’échange collaboratif pour construire le savoir a paradoxalement souvent récupéré les travers de la pyramide dans pas mal de ses corps constitués.

      Certains veulent cliver ces visions au travers d’un clivage de générations :
      voir par exemple : http://fr.readwriteweb.com/2008/10/29/prospective/ntic-et-entreprise-le-moment-est-venu-de-renverser-la-vapeur/

      Même si peut-être que statistiquement les nouvelles générations peuvent préférer assez naturellement le réseau. pour moi le vrai clivage est de tempérament ou de mentalité.


      un lien vers un déjà vieux rapport qui date de 1999 !qui met en évidence le passage nécessaire des pyramides aux réseaux et le situe dans le contexte historique :

      http://www.senat.fr/rap/r97-331-t1/r97-331-t1.html
      http://www.senat.fr/rap/r97-331-t2/r97-331-t2.html

      Comme quoi il y a des vieux sénateurs éclairés et depuis un moment déjà...


      • herbe herbe 22 mai 2009 10:42

        Précision le rapport je l’ai connu en 1999, mais il est encore plus ancien ... (voir sur le site..)


      • herbe herbe 22 mai 2009 10:48

        Autre précision : comme beaucoup n’ont comme moi qu’un temps limité de « cerveau disponible ».
        Pour le rapport cité un excellent point d’entrée consiste à lire simplement la conclusion que je mets ici en lien :
        http://www.senat.fr/rap/r97-331-t1/r97-331-t1104.html


      • Montagnais Montagnais 22 mai 2009 11:27

        Excellentes références Herbe ! J’ai survolé pour l’instant, mais on en a bien pour tout le dimanche (avec les liens).. Bien notamment l’évocation de Trégouët. Il y en a eu d’autres, Pierre Laffitte.. La France, bien malmenée ces temps-ci, reste une région de l’esprit, une source d’intelligence bien partagée. Le jugement porté sur les élus en général doit faire place large à d’éblouissantes exceptions.

        Herbe ? Cela m’a renvoyé à Walt Whitman, feuille d’herbe..

        http://www.franceweb.fr/poesie/whitm1.htm : une étonnante métaphore de réseau..


      • herbe herbe 22 mai 2009 15:51

        Oui c’est pour ça que j’ai donné un lien vers la conclusion si pas de temps...

        En ce qui concerne mon pseudo, vous me donnez encore une autre « ouverture » de piste ...

        Je l’ai choisi au départ parce que ça correspond phonétiquement à mes initiales et correspond aussi à une forme d’engagement ( écologie, végétarisme etc).

        Mais je découvre tous les jours de nouvelles pistes, je ne veux pas faire (c’est souvent une méprise de mes interlocuteurs) l’apologie de la drogue douce, par contre pour tous les autres usages industriels et médicaux du chanvre et des ses propriétés de panacée que certains intérêts ont tués, j’adhère à 100% : voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Chanvre

        Dernière découverte il y a un film ! :

        http://www.herbe-lefilm.com/amisherbe.html

        cordialement


      • zelectron zelectron 22 mai 2009 11:18

        Hélas vous avez raison.
        Petites phrases de l’époque...
        « Bill Gates lui-même a failli rater le coche »
         : en 96, Internet ? c’est bon pour quelques étudiants boutonneux !
        Michel Bon PdG de France Telecom 1997 : Internet ça n’arrivera jamais à la cheville du Minitel !


        • Montagnais Montagnais 22 mai 2009 11:35

          A Zelectron

          « en 96, Internet ? c’est bon pour quelques étudiants boutonneux ! »

          Bien vu Zelectron. Mais j’ajoute :

          .. Et des vieux fous comme moi.

          J’en ris encore. Je pourrais raconter mille anecdotes pour illustrer.. Tenez ! Flanqué d’un membre éminent de l’association ACCENT, j’étais allé en 92 voir le Sénateur.. J’en ris encore.

          Merci pour Bon : j’épingle à ma collection.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 22 mai 2009 12:18

          « que le tourisme pourrait mieux se porter, nos vins mieux se vendre à l’étranger »

          Les bonnes adresses, celles qui reçoivent dans les meilleures conditions en des lieux mythiques et ces grands châteaux qui assemblent les plus fines sciences pour constituer les plus grands vins, n’ont nullement besoin d’internet pour vivre. S’ils ne s’appliquent pas à aller chercher la technologie de la communication, c’est celle-ci qui fera l’effort de venir à eux. L’avantage de cet ordre est que ces deux piliers moteurs de l’image de la France n’alourdissent pas leur investissements et peuvent se consacrer pleinement à leur activité sans pour autant fermer la porte de leurs chais et châteaux.

          Laisse venir à toi le grand train de la communication mondiale, c’est lui qui paiera le voyage, le vin et la chambre...


          • Montagnais Montagnais 22 mai 2009 14:26

            Vous êtes un fin connoisseur. La première partie de vos propos n’appelle pas la moindre contradiction.. Cependant, l’évocation faite à, par exemple :

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman%C3%A9e-Conti 

            .. ne nuit pas.

            (Google et Wikipédia respectent mêmes les caractères accentués et autres diacritiques des peuples périphériques.. C’est dire pour les renommées historiques !

            Pour illustrer, soulignons que, et toujours par exemple, www.chastel-sauzet.com , www.lavernette.com ... ne se plaignent pas de leur présence sur Internet.


          • Forest Ent Forest Ent 22 mai 2009 19:26

            Article bizarre.

            Acharnement bizarre sur une malheureuse page de conférences locales. L’auteur n’a-t-il jamais assisté à ce genre de trucs ? Ca sert à faire se rencontrer physiquement des gens. Ca sert aux vendeurs à se faire connaitre. Ca sert aux acheteurs potentiels à discuter entre eux et à juger les vendeurs. Ceux que ça n’intéresse pas et à qui l’information sur le net suffit n’y vont pas.

            Pourquoi la France est-elle « en retard » ? J’ai vécu le naufrage de l’informatique européenne, et la raison, la seule vraie raison, en a été fort simple : les marchés européens étaient trop cloisonnés pour qu’une entreprise puisse y acquérir une position mondiale. Bull, Nixdorf, Olivetti, ..., se sont détruits les uns les autres.

            C’est d’ailleurs pour cela que j’ai été à l’époque euro-enthousiaste. J’imaginais naïvement que l’UE allait créer un grand marché intérieur qu’elle protègerait du marché extérieur. En pratique, elle a fait exactement le contraire et on s’est encore bien fait avoir.

            Tant que l’UE n’a pas le courage d’interdire windows, il n’y a rien à espérer. Mais il y a un point qui n’est pas soulevé dans l’article : la corruption qui a fait que tout cela a été possible, par exemple le fric qu’IBM puis M$ ont déversé dans des administrations complaisantes.


            • Montagnais Montagnais 23 mai 2009 00:46

              Acharnement ? Vous y allez fort ! Juste un petit point de vue critique, légèrement emprunt de déception.. chronique.

              « En pratique, elle a fait exactement le contraire et on s’est encore bien fait avoir.  »

              Vous avez raison.

              Mais, c’est dans la nature des choses. Le Plan Calcul aurait pu.. Je me suis aperçu très tôt que c’était dans la nature des choses, lorsque je vendais 32 K de mémoire au CNRS, pour 4 millions de Francs.. (il est vrai qu’il s’agissait de KWord, mots de 36 bit..).

              Bull, Nixdorf, Olivetti... ne pouvaient pas grand chose contre le BUNCH et IBM.

              Quant au fric d’IBM, vous ouvrez le débat.

              Quant à bannir Windows, c’est un vain combat.

              En consultant votre présentation et les séquences Youtube, il me souvient que Jean-Michel Billaut et moi avions fait une présentation de l’Internet à la SACEM. C’était en 94. Une première.. Jean-Loup Tournier nous a remercié.. J’ai pas eu le même succès avec mon vieux camarade d’école Alain Lévy. Tout ça pour dire que peu de gens ont vu venir.. 


            • Forest Ent Forest Ent 23 mai 2009 02:40

               Alain Lévy a vu venir le truc, comme son homonyme de Vivendi d’ailleurs. Beaucoup de gens ont vu venir internet. Mais ils ont cru, et certains croient toujours, qu’ils peuvent le maîtriser, que ce n’est qu’une variante de ce qu’ils ont déjà connu, que ça peut se gérer à coup de lobbying.

              Ce qu’ils n’ont pas prévu, là où les US se sont totalement vautrés, c’est que ce ne serait pas un transfert de marché de techno à techno, mais la disparition simple de certains marchés. Ce n’était pas dans les gènes US d’imaginer ça.


            • Montagnais Montagnais 23 mai 2009 10:04

              Bien vu. C’est à partir de cette constatation selon laquelle l’Internet est difficile à maîtriser qu’on peut déduire l’essentiel de la question : la possibilité, assez curieuse il faut l’avouer, d’une rétro-mondialisation.

              C’est pas mince !

              La France, il y a quinze ans, était bien placée pour s’emparer de l’opportunité.


            • bobov 23 mai 2009 11:48

              Moi aussi je trouve superflu l’acharnement, pour reprendre le mot du commentaire, de cet article. Les exemples sont trop subjectifs. La présence sur le net de Gates, patron informatique, et de Gaulle, homme d’État n’est pas comparable. Plus raisonnablement, essayez une recherche sur Kennedy, Johnson ou Nixon et vous verrez que de Gaulle s’en tire un peu moins mal, sans toute fois, contredire votre analyse. 5 fois moins présent que Kennedy, un peu moins pour Nixon, mais 5 fois plus que Johnson.

              Pour autant, je partage entièrement votre avis sur le fond. La France n’a pas vu venir Internet et ses élites ne donnent pas l’impression d’y comprendre grand-chose.

              Les Majors du cinéma, et les maisons de disques ne figurent pas non plus parmi les bons élèves, comme toute communauté qui, refusant de les voir dépassés, s’accroche à ses acquis. Microsoft aussi est loin d’être dans le bon train, comme vous l’avez souligné.

            • Plus robert que Redford 22 mai 2009 22:48

              Macon, Taizé, Cluny, Salornay...
              Ca fleure bon sa campagne sud-bourguignonne tout ça !

              Ben, oui ! On n’a pas inventé Internet, ni la vie qui va avec...

              Et Alors ???

              Que les chantres de la mondialisation heureuse m’expliquent comment internet pouvait ne pas participer à la méga-arnaque financière qui frappe la planète en ce moment, calculant des profits fictifs à la vitesse de l’éclair et les faisant passer d’officines en banques et de banques en assurances à la vitesse de la lumière...

              Ceux que ça intéresse ou qui y voient quelque profit possible, je leur fais confiance : ils sauront tout de suite en tirer parti.
              Les autres s’en passeront et grand bien leur fera !

              A quelques années de là, j’oyais certain critique parisien branchouillé déplorant : « Rendez vous compte : à Londres, on peut voir 10 à 12 comédies musicales par an dans les différents théatres de la ville ; Mon dieu, Quel retard avons nous accumulé en France sur ce plan !!! »
              C’est sûr ! notre culture en a pris un sacré coup !!

              A propos, cher Saône-et-Loirien « Plugged »
              Que pense d’Internet notre Moderne et Pétulant président du Conseil Général ??


              • Montagnais Montagnais 23 mai 2009 01:15

                Ah !.. Quel stimulant commentaire !

                « Macon, Taizé, Cluny, Salornay...
                Ca fleure bon sa campagne sud-bourguignonne tout ça ! »

                N’oubliez pas, Cluny, Manhattan de l’An 1000. Je sais, vous n’y êtes pour rien, moi non plus. Mais c’est toujours affligeant de voir le porteur de lumière destitué au profit du porteur de matière.. Personne, hormis l’esclave, ne peut s’y résoudre.

                « Ben, oui ! On n’a pas inventé Internet, ni la vie qui va avec...

                Et Alors ??? »

                Vous avez raison. Le premier Bourguignon venu, surtout s’il est vigneron, vous confirmera qu’il y a une vie en dehors de l’Internet. Si vous passez par ici, venez boire un verre à la maison. Nous pourrons en discuter tout à notre aise. Et visiter la région, sa constellation d’églises romanes, ses châteaux, ses vieilles et vénérables maisons, ses endroits nombreux et mystérieux ou souffle l’Esprit (et ou les sonnettes d’Orange ne passent pas).

                Le solde de votre propos est tout à fait pertinent. Mais vous l’aviez compris, nous ne sommes pas dupes et ne nous prosternons pas servilement et naïvement devant L’Internet. La seule idée qu’il convient de défendre en la matière, c’est qu’il faut s’emparer (si possible) de la force de l’adversaire. Ni l’Europe ni la France n’auront jamais la maîtrise de la technologie. Mais reste les cadres d’emploi.. Toute la théorie du « reverse mondialism », à appliquer intelligemment. Vaste programme..

                Quant à notre sémillant.. ses « attachés de presse » ou de cabinet sont invités à venir nous éclairer.



              • PhilVite PhilVite 23 mai 2009 12:17

                « Rétro-mondialisation », « reverse-mondialism » ?
                Faites-vous partie de ceux qui pensent qu’on peut remettre le dentifrice dans le tube ?


                • Montagnais Montagnais 23 mai 2009 15:33

                  Bonne question.. Mais il s’agit ici de Kehre plutôt que de colgate.


                • finael finael 24 mai 2009 13:53

                  Pfou ! que d’erreurs

                  L’ENIAC n’a pas été inventé par Sperry mais par l’armée américaine, ses concepteurs furent John Mauchly et Presper Eckert

                  La première machine à être commercialisée fut l’UNIVAC de Remington Rand (53 exemplaires)

                  Internet (dont le nom ne fut donné qu’en 1982) est le fruit du travail mené par l’ARPA (et non le DARPA qui n’existait pas) débuté en 1964-65. Ce produit destiné à faire communiquer des machines programmées dans des langages différents fut mis au point en coopération entre les universités américaines et les centres de recherches européens comme le CERN.

                   Son premier nom fut Arpanet et il servait à la communication entre laboratoires, universités et centres de recherche. Il n’a jamais eu d’objectif militaire, contrairement à une légende tenace et la France fut le premier pays du monde à se doter, avec le minitel (basé sur Transpac et la norme X-25), d’un réseau télématique.

                   Dire que la France était « en retard » n’est que propagande misérabiliste. En fait les américains ont envisagé en 2007 d’acheter la licence du minitel (qui a « l’avantage » d’être payant) qui, il est vrai, a freiné, par son existence, la pénétration d’Internet dans les foyers français mais ce qui est loin de constituer un « retard ».

                  Je suis toujours étonné de lire de soi-disant « spécialistes » de MON métier propageant fables et rumeurs sans prendre la peine de connaître un tant soit peu leur sujet.


                  • Montagnais Montagnais 24 mai 2009 16:03

                    A Finael

                    Vous en avez relevé d’autres des erreurs ? Nous sommes preneurs.

                    Quant à celles que vous évoquées, je prends le lecteur à témoin et lui demande de juger sur place et sur pièce les points de casuistique que vous soulevez :

                    #1)« ses concepteurs furent John Mauchly et Presper Eckert »

                    Jamais dit le contraire. Voir http://inventors.about.com/library/weekly/aa060298.htm pour voir la consubstantialité entre les inventeurs et Sperry. Un exemple parmi 1000..

                    #2) Ok, si vous voulez, pour la différence d’appelation que vous faites entre ARPA et DARPA. Il s’agit de toute façon de la même institution.

                    Il s’agit bien de la DARPA depuis les années 70, à fortiori en 80...

                    « In the early 1970’s the word »Defense« was prefixed to the name, and ARPA became known as DARPA »

                    #3) « Il n’a jamais eu d’objectif militaire »

                    Pfou ! que d’ignorance ! Sans autre commentaire.

                    Quant à « Dire que la France était « en retard » n’est que propagande misérabiliste », c’est votre droit, votre point de vue, votre choix.

                    Effectivement, parler du retard de la France place immédiatement le discours au plan polémique. Si ça vous chante de penser que la France est en avance dans le domaine Internet (en tant qu’acteur), pensez-le. Et dites-nous pourquoi surtout.

                    Enfin, votre amène réfléxion sur les « spécialistes », je ne la relèverai pas. J’ai managé des divisions de Sperry WW pendant 15 ans. J’ai regardé votre profil.. C’était quoi votre société.

                    Salut confraternel.


                  • Montagnais Montagnais 24 mai 2009 16:19

                    Ah ! Finael ! J’oubliais...

                    Pour l’aspect militaire, mes clients s’appelaient CAD, CCSA, DOD, MOD, NATO, SHAPE, NAMSA...


                  • finael finael 24 mai 2009 18:32

                    J’ai commencé sur IBM 360 puis sur Burroughs B1900 avant de passer sur PDP, Vax et Alphas et celà m’étonnerait fort que vous ayez eu le DoD comme client, qui ne travaille depuis fort longtemps que sur des matériels DEC et des supers-ordinateurs de type Cray on maintenant NEC.

                    L’ARPA : agence de recherche gouvernementale en recherche fondamentale, que les applications soient civiles ou militaires. Vince Cerf (le gourou de l’équipe d’inventeurs du net) a publié quelques ouvrages et articles sur sa genèse qu’il vous serait utile d’au moins parcourir. D’ailleurs il n’y a jamais eu de Darpanet, contrairement à Arpanet.

                    L’armée - les armées - n’ont jamais envisagé de faire circuler « dans la nature » des informations ne seraient-elles que confidentielles. Il n’y a pas que vous qui ait été habilité. Je n’ai pas travaillé dans une société, mais dans plusieurs.

                    Je n’ai pas « managé » ( de loin ?) des divisions mais « mis les mains dans le cambouis » : ’ingénieur systèmes et réseaux en tant que consultant expert là où les autres se cassaient les dents, y compris chez le constructeur.

                    La France a bel et bien été le premier pays « télématisé » du monde via le minitel. Je n’ai pas dit qu’elle était « en avance » sur Internet ; quoi que contrairement à vos affirmations elle ait contribué à sa conception via le CERN, le Centre de Calcul de Lyon, celui de l’Université de Compiègne ... lieux où, ou avec qui, j’ai travaillé.

                    Il faudrait aussi expliquer que le web n’est qu’une - petite - partie d’Internet, celle qui répond à la norme http du W3C. Pour ma part j’utilisais des mails dès 82.


                    • Emmanuel Aguéra LeManu 24 mai 2009 19:35

                      Le Minitel a fait perdre à la France une bonne dizaine d’années. Comme Concorde, le Charles de Gaulle, le Rafale, et le merveilleux système¨me secam...
                      Je suis resté bête, moi franchouillard nombrilisto vulgaris, débarqué au UK en 1991, fier de mon minitel, en découvrant la même chose 1million de fois plus puissante et efficace sous la forme du teletext, véritable ancêtre de la base de donnée délocalisée.
                      Mais le coq aime chanter les pieds dans le fumier. Le problème c’est qu’il n’aime pas voyager, le coq : Trois poules, deux poulets et quelques moutons et il est heureux.
                      C’est bête, il chanterait moins fort (ou plus juste ?) au retour.
                       


                    • finael finael 24 mai 2009 23:25

                      Je ne sais si c’est par masochisme, besoin de cracher sur quelque chose, mais vous racontez n’importe quoi.

                       Que vous désapprouviez telle ou telle réalisation, soit, c’est votre droit. Mais que ce soit le fait d’une ignorance abyssale est plus inquiétant.

                       Vous mélangez tout : la technique, que vous ne maîtrisez manifestement aucunement, les choix politiques et budgétaires dont on peut discuter, les aspects commerciaux, ... et vous vous permettez de parler de retard de « la France », sans doute pour des raisons idéologiques.

                       Il serait bon que vous vous documentiez ailleurs que dans des médias du genre TF1, bien que je doute que vous compreniez n’importe quelle publication spécialisée.

                       Pour avoir travaillé en 94 dans une équipe européenne dirigée par des anglais, je sais d’expérience qu’Internet n’y était pas d’un usage courant (doux euphémisme), pour le reste il me semble bizarre que notre technologie, tellement « en retard » soit achetée par des pays comme le Royaume Uni, les USA, l’Allemagne, pour ne citer que les plus grands et ce que ce soit dans le domaine de l’aéronautique, des télécommunications, de la Conception Assistée par Ordinateur, de la construction maritime ...

                       En ce qui me concerne, je n’ai pas « managé » d’équipes, j’en ai dirigé, géré, organisé, et je n’ai pas besoin d’un vocabulaire pédant pour être manifestement un peu plus formé dans ces domaines techniques et scientifiques.


                    • Montagnais Montagnais 25 mai 2009 00:03

                      A Fianel

                      Vous écrivez : « ..et je n’ai pas besoin d’un vocabulaire pédant pour être manifestement un peu plus formé dans ces domaines techniques et scientifiques. ».

                      Vous êtes manifestement mieux formé que moi, c’est bien, continuez..

                      Quant à « cracher », pas de violence par écran interposé, je m’y suis toujours refusé, ça n’a pas la moindre efficacité. Ne vous michiez pas tant. 

                      Mais, question mark.. « j’en ai dirigé, géré, organisé, et... » (des équipes), dans votre texte ?

                      Sans étre pédant.. ça prendrait pas des « ées  » par hasard, participe passé accordé avec le bazard qui précède ? Je dois me trompez, Xcusez..

                      Salut confraternel et bien le bonjour au B 2700 et au E 6000


                    • finael finael 25 mai 2009 10:21

                      Ben non, revoyez aussi conjugaison des participes passés ... décidément !


                    • Montagnais Montagnais 25 mai 2009 13:28

                      J’ai dit : « Je dois me trompez, Xcusez.. »

                      C’est vous le meilleur Finael. Et comme disait Beaumarchais, on s’aimera en dépit des fautes d’orthographe. Notons que vous suivez le fil avec motivation..

                      Question : c’est quoi votre Ikon, machurée camouflée comme un para du 13eme RDP ?


                    • finael finael 26 mai 2009 12:24

                      C’est une photo de moi !

                      Prise en 1984 lors d’une scéance photos de maquillages artistiques réalisés par une amie douée.


                    • johnford johnford 2 septembre 2009 22:04

                      Jean Marais n’est pas mort, je le savais !


                    • Montagnais Montagnais 24 mai 2009 20:51

                      A LeManu

                      Intéressante votre ambigüe intervention..

                      Vous apportez un très-bon témoignage à l’appui de l’article, merci, le retard de la France en matière de télématique (et son rapport au reste du monde)... Retard que vous généralisez même, en stigmatisant l’aversion que les Français auraient à voyager..

                      Puis vous laisser entendre qu’il est possible de se trouver heureux avec trois poules..

                      Heureux qui comme Ulysse... Je vous suis entièrement.

                      L’Internet n’est qu’un des moyens au service de notre aliénation ou de notre désaliénation, selon que..

                      A t’on des nouvelles de Monsieur de La Pérouse ?

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