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Accueil du site > Actualités > Technologies > Internet : un gros pollueur pas du tout virtuel

Internet : un gros pollueur pas du tout virtuel

Il est d’usage de différencier le “monde virtuel” du cyberespace et le “monde réel”, c’est-à-dire celui où nous vivons quand nous n’avons pas l’illusion de ne pas y être tandis que nous sommes devant nos écrans branchés sur Internet. Selon une légende moderne, le premier passe pour immatériel, propre, aseptisé alors que la matière dont est faite le second serait sale et polluée. A tel point que lorsqu’on parle de “pollution” à propos d’Internet, il s’agit presque toujours des pubs invasives qui hantent les sites que nous visitons ou des spams qui pourrissent nos boîtes à lettres électroniques. En réalité il n’en est rien : en passant de l’autre côté du miroir de nos écrans, on s’aperçoit qu’Internet n’est pas virtuel, mais bien réel, et qu’il constitue une énorme source de pollutions les plus diverses.

Le spam, ça a bon dos, c’est pas écolo et ça peut rapporter gros

Dans la novlangue internetique, c’est sans conteste le spam qui est considéré comme le plus gros “pollueur”, à la fois immatériel sous sa forme de message électronique publicitaire non-désiré, et terriblement matériel par les conséquences écologiques et climatiques qu’il entraîne dans notre environnement.

En effet, selon une récente étude menée par ICF International, les spams seraient à l’origine de “17 millions de tonnes de CO2, soit 0,2 % des émissions mondiales de CO2”, soit l’équivalent des émissions d’environ 1,5 million de foyers étatsuniens. Pour parvenir à cette évaluation, ICF a pris en compte l’énergie que nécessitait chaque année “la création, l’envoi, la réception, le stockage et la consultation des spams, qui s’élève à 33 milliards de kWh”, le poste le plus énergivore étant celui de la consultation, c’est-à-dire l’affichage et la mise à la poubelle des spams. Et, grand luxe de précision, les responsables de cette étude précisent qu’elle ne concerne que la dépense d’énergie causée par le spam, à l’exclusion de celle consommée par l’ordinateur.

Bigre ! Ces satanés spams seraient-ils en plus écologiquement incorrects, voire même ennemis déclarés du green bizness ? Mais d’abord, pour le compte de qui ICF International a-t-il réalisé cette étude ? Bingo : c’est pour la société McAfee, l’une des principales spécialiste de la sécurité informatique, dont une des principales activités est la vente de filtres anti-spam. Evidemment, ICF suggère de s’en procurer un afin de réduire d’environ 80 % ces dépenses d’énergie spammiques, ce qui permettrait de diviser par 5 les émissions de gaz à effet de serre. Bien entendu ces chiffres sont invérifiables, et cette étude n’a pas d’autre but que de créer de la culpabilité écologique pour accroître les ventes de filtres anti-spams en surfant sur la vague du green bizness.

La vraie pollution générée par Internet, c’est bien autre chose que ces “0,2 %” des émissions mondiales annuelles de CO2. C’est beaucoup plus grave et beaucoup plus accablant, n’en déplaise aux multiples sites sympathiquement écolo-bobos qu’on peut visiter en surfant sur la toile…

Silence en ligne sur la pollution internetique

Curieusement, il est très difficile de trouver sur Internet des ressources d’information claires et synthétiques concernant la pollution que génère ce nouveau médium, même sur les sites dédiés à l’écologie. Indifférence, auto-censure ou aveuglement ? Probablement un mélange des trois. Pour beaucoup, Internet apparaît comme un monde magique, immatériel, déconnecté des pesanteurs du monde réel. Certains pensent même qu’il permet de réduire nombre de pollutions en diminuant les déplacements aériens ou automobiles, ou encore la consommation de papier, ce qui aurait un impact bénéfique sur la déforestation, c’est dire !

Bien entendu tout cela est faux, archi-faux. Internet n’est pas une créature surnaturelle apparue ex nihilo, mais une vaste organisation exigeant des infrastructures matérielles : ordinateurs, câbles trans-océaniques, centrales électriques et hydrauliques, produits pétroliers, consommation de matières premières, etc. Tout cela a un coût écologique, et il est extrêmement élevé. De quoi faire intégralement flipper les militants écolo-bisounours qui surfent sur la Toile qui en seraient informés.

Prenons un exemple simple : ce matin j’ai demandé à Google à quelle heure avaient lieu les projections du dernier OSS 117 dans les cinémas de ma ville. Une demande banale, anodine et pourtant lourde de conséquences écologiques. En effet, pour répondre correctement à cette demande, Google doit être capable de stocker et renouveler en permanence les pages Web pour y rechercher cette information chez les serveurs, lesquels sont stockés dans des “datas centers” (“centres de bases de données”).

Ces datacenters sont en quelque sortes des entrepôts énergétiques, couvrant des centaines d’hectares, où sont stockés d’énormes disques durs externe et bien entendu branchés en permanence sur une infrastructure électrique. Google à lui seul en aurait construit une cinquantaine dans le monde entier et possèderait environ 2 millions de serveurs dont il remplace le quart chaque année. On estime qu’il existe environ 35 millions de serveurs en tout actuellement, et que ce chiffre passerait à 45 millions en 2010.

Un datacenter de base consomme aux alentours de 4 mégawatts/heure, ce qui fait tourner 14 centrales électriques, soit l’équivalent énergétique de 3000 foyers. On estime que la consommation énergétique mondiale est responsable de pas moins de 2 % des émissions de CO2 humaines, soit l’équivalent de l’aviation civile, ce qui est gigantesque. Selon L’Expansion du 05/03/2008, “L’universitaire de Dresde Gerhard Fettweis, juge qu’à ce rythme, dans moins d’un quart de siècle, l’internet à lui seul consommera autant d’énergie que toute l’humanité aujourd’hui”. Il est évident qu’on ne pourra pas continuer comme ça.

La consommation démentielle et exponentielle d’électricité par Internet aboutit à des aberrations : songez qu’un avatar de Second Life consomme autant d’électricité qu’un Brésilien moyen, et qu’il rejette donc comme lui 1,17 tonne de CO2 par an, que selon le Times, une recherche sur Google consommerait 7 grammes de CO2, ce qui correspond à l’énergie nécessaire pour porter à ébullition une bouilloire électrique, et que télécharger la version électronique de Libération ou du Figaro consomme autant d’électricité que de faire une lessive dans votre machine à laver.

Et ce n’est pas tout : pour que votre requête sur Google fonctionne lorsque, depuis la France, vous voulez vous connecter avec le site du New-York Times ou de l’Asahi Shinbun, il faut que les datacenters du monde entier soient interconnectés. C’est le rôle des câbles transocéaniques.

Les embouteillages de l’information subocéanique

Là encore, on est très loin d’être dans le virtuel et l’immatériel.
480 000 kilomètres de câbles faits d’acier, et de bitume contenant des fibres optiques elles-mêmes composées d’inox, de cuivre, de polyéthylène, de plastique, etc., ont été posés à des milliers de kilomètres au fond des océans à côté des fils téléphoniques et télégraphiques du XXe siècle, ce qui demande de colossales dépenses énergétiques.

La demande en énergie ne cesse d’augmenter, en particulier depuis l’apparition de la vidéo à la demande et du téléchargement de films, très gourmands ; la capacité informationnelle des câbles a été multipliée par 4500 en 10 ans, et chaque année 40 000 kilomètres de câbles de plus doivent être fabriqués et posés au fond des mers par d’énormes navires appelés câbliers. Et cela ne peut qu’augmenter sans cesse étant donné la multiplication du nombre d’internautes en demande de bande passante toujours plus rapide.
 
Et ne parlons pas de la consommation d’ordinateurs et de leur renouvellement rendu de plus en plus rapidement “nécessaire” vu l’évolution permanente des technologies : en 2000, on ne changeait son ordinateur que tous les six ans. Aujourd’hui, c’est tous les deux ans, entre autre et aussi parce qu’étant de moins en moins chers leurs composants très polluants sont de moins en moins bonne qualité. Les casses d’ordinateurs sont de vrais désastres écologiques.

Huit lessives par semaine et par an !
 
Internet dans le monde matériel, c’est donc tout ça : des datacenters, de câbles transocéaniques et pour finir le Mac ou le PC qui vous permet de vous brancher sur le Web. Confortablement installé devant votre écran et en train de lire cet article, vous ne vous rendez absolument pas compte des dépenses énergétiques que cette occupation induit.

Car outre votre ordinateur proprement dit, vous avez aussi un modem ou une Livebox, un scanner et une imprimante faits de composants électroniques et plastiques extrêmement polluants et énergétivores. Selon une enquête datant de 2007, un foyer français a besoin, pour faire fonctionner annuellement son équipement informatique, d’environ 396 kilowatt/heures, soit l’équivalent de ce que consomme un lave-linge en un an au rythme de huit lessives par semaine, ce qui, vous en conviendrez, est énorme : cela représente 39 kilos de CO2 dans l’atmosphère, soit l’équivalent de ce que rejette une voiture moyenne en parcourant 250 kilomètres.

Et cette consommation d’électricité ne cesse d’augmenter (elle a selon EDF été multipliée par 3 en 30 ans), vu que selon une étude de la Sofres datant de 2008, 60 % des foyers français possédaient au moins 6 écrans et que nombre d’entre eux ne prenaient plus la peine d’éteindre leurs ordinateurs et de couper leur connexion à Internet.

Les pollutions nocturnes de la Toile

Internet est donc un énorme pollueur matériel de par sa consommation effrenée de matières premières et d’électricité. Mais les pollutions qu’il engendre sont également d’un autre type : pertes de sommeil (il nous manquerait 1 mois 1/2 par an depuis l’entrée d’Internet dans nos foyers) dues à l’“électronicisation” des chambres, dévoration du temps et des rapports humains, rupture d’avec le monde réel, addictions diverses, sans parler de l’hyper-productivisme dont est vecteur de nouveau médium.

Désolé de vous avoir fait passer de l’autre côté du miroir de votre écran en vous ayant informé sur ces dures réalités. D’ailleurs, je vais vous faire une confidence : bien qu’étant très écolo dans ma vie de tous les jours, n’ayant pas de bagnole, pas de téhéphone portable, pas d’hyper-consommation, me nourrissant quasi exclusivement à partir de légumes de saison, et ayant fait… sur Internet plusieurs bilans énergétiques, j’ai appris que personnellement je ne consommais pas plus d’une Terre. Mais c’est bizarre, aucun de ces questionnaires auxquels j’ai répondu ne faisait allusion à ma consommation d’Internet.

Et puis je dois bien l’avouer, je ne suis pas innocent dans cette histoire. Au début de cet article, je vous informais du fait que j’avais demandé à Google à quelle heure et dans quel cinéma passait OSS 117 à Rio, ce qui, je vous le rappelle, correspond à l’émission de 7 grammes de CO2. J’aurais très bien pu m’en passer, puisque les principaux cinémas sont tous à moins de 200 mètres de mon domicile. Mais je l’ai fait quand même. Et je ne vous dis pas à combien de grammes de CO2 émis dans l’atmosphère correspond l’écriture de cet article… Je n’ose pas calculer cette horreur ! Bon, d’un autre côté, le filtre anti-spam de mon Mac OS X est hyper efficace. C’est toujours ça.
 

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101 réactions à cet article    


  • CastoR 18 avril 2009 11:40

    Sympa et intéressant.

    Merci.


    • CastoR 18 avril 2009 11:43

      tiens, puisqu’on parle de pollution...

      Monsieur Agoravox,

      Serait-il possible d’avoir une liste des commentaires sur les articles ?
      Et puis un petit (t)chat ou, au moins, la possibilité de voir qui est connecté et qui ne l’est pas, juste histoire de ne pas perdre son temps à vérifier des réponses ?


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 18 avril 2009 11:50

        Bonjour,

        “la création, l’envoi, la réception, le stockage et la consultation des spams,"

        Depuis que je consulte internet, j’ai constaté qu’il n’y a plus de pub dans ma boite aux lettres. J’en conclus un peu rapidement que ce que je consomme correspond à l’économie que vit la planète dans la disparition des spam papier et le chemin incroyable que devaient faire ces documents depuis la forêt lointaine jusqu’à ma boite.. Les spam, je les rassemble d’un clic et les supprime sans les lire, enfin voyons.


        • Muadib 18 avril 2009 11:59

          Sauf que pour les rassembler et les supprimer, il vous faut afficher une page web.

          Si vous ne recevez qu’un spam par jour cela n’a guère d’influence vu que cette page web rassemble aussi le reste des e-mails reçu.

          Si vous en recevez 10, ça devient problématique.

          Sans compter qu’il y a encore énormément de personnes qui lisent ces spams et se font avoir par les différentes techniques marketing qui y sont liés.


        • CastoR 18 avril 2009 12:02

          Kisa,

          ouais-ouais...moi aussi, j’ai dit au distributeur de pubs de me les envoyer par internet.


        • Gül 18 avril 2009 14:36

          Kisa ? Où ça ?...

          Merde ! je viens de balancer 22 microns de CO2 dans l’espace...

          Alors, comme Morice s’est volatilisé ? Et hop ! Un ebonne claque aux petites mauvaises odeurs. On ne va pas se laisser polluer tout de même !!!

          Marsu, sympa ton article, c’est vrai qu’on ne prend jamais la peine de réflechir à ce que nos clics impliquent...


        • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:49

          @ Gül

          Comment ? Morice est venu polluer cet article et je n’en n’ai rien su ? Il a été censuré ? Bon, on s’en fout, c’est pas le sujet, et si le modérateur a éliminé son commentaire, c’est tant mieux : il devait probablement être très toxique et hors-sujet…


        • Muadib 18 avril 2009 12:07

          Excellent article, je commençais tout juste à m’intéresser au sujet suite à quelques discussions où la consommation énergétique de l’internet semblait virtuelle pour bon nombre de personnes.

          Au passage, j’ai lu je ne sais où que si la page d’accueil de Google était affiché en noir et non plus en blanc, on ferait l’économie d’une centrale électrique par an :D

          La prise de conscience de la consommation énergétique d’internet risque fort de ne jamais se produire pour une raison affreusement simple :

          -La déconnexion totale, aux yeux de l’individu, entre l’utilisation et le cout.

          Certes, lorsqu’on utilise un ordinateur, on se rend compte que cela « chauffe », que cela nécessite de l’électricité.
          Mais lors de la navigation internet, lors du téléchargement...Rien.
          Même plus de bruits stridant venant du modem 56k.

          Du point de vue de l’individu, il n’y a aucune différence de consommation énergétique entre utiliser son ordinateur pour regarder un film ou aller sur internet.

          En résumé, il sera plus facile d’attaquer le problème des décharges informatiques et de la consommation électrique d’un ordinateur individuel que celui des data centers et des cables sous-marins.
          Ce dernier problème semblant insoluble. Comment expliquer à un joueur de WoW qu’il détruit la planète en zigouillant des gobelins ?


          • Marc Bruxman 18 avril 2009 14:53

            Au passage, j’ai lu je ne sais où que si la page d’accueil de Google était affiché en noir et non plus en blanc, on ferait l’économie d’une centrale électrique par an :D

            Vous vous êtes fait arnaquer. Les mecs qui ont lancés ce site ont pris une affiliation avec la pub Google. Du coup, ils touchaient un petit pourcentage de chaque clic adwords (de même que le fait la fondation Mozilla) généré par leur page d’accueil.

            Le NyT et beaucoup de presse dite sérieuse ont été suffisamment cons pour recopier sans vérifier offrant une pub gratos à ces mecs.

            Et les démentis n’ont servis à rien vu qu’il y a encore des gens qui s’en servent ! ! !

            En tout cas, j’en connais qui ont du se faire quelques centaines de milliers de dollars sans rien foutre ! ! ! Je les respecte ils sont super forts !


          • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:46

            @ Muadib

            Tout à fait d’accord. Ce problème ne pourra se résoudre d’abord qu’en amont, par exemple en utilisant des refroidissements par eau plutôt que par air : l’impact écologique serait bien moindre. Ça commence un peu. Mais il faudrait aussi qu’en aval, chacun arrête de faire le con dans sa consommation effrénée d’informatique. Et entre l’amont et l’aval, il faudrait que s’instaure un système politico-économique qui ne fasse plus de la croissance technologique et matérialiste un but en soi.


          • Deneb Deneb 18 avril 2009 12:26

            Il faut une volonté populaire pour que le Net se détache du monde mercantile. Tant que l’on pourra gagner de l’argent en spéculant sur le trafic, le Réseau ressemblera de plus en plus un enorme support publicitaire. Le Net, à l’instar de l’argent, est un moyen, pas une finalité, de moins en moins de gens gardent cela à l’esprit.

            Mais malgré le spam et autres joies du cyber-mercantilisme, le fait d’envoyer un fichier au lieu de porter le document matériel - le bilan CO2 est incomparable.


            • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:38

              @ Deneb & Shawford

              Il manque évidemment des éléments quantitatifs permettant des comparaisons (qui ne sont pas raisons). J’ai fait avec ce que j’ai trouvé, et il n’y a pas grand-chose à trouver sur ce sujet. Mais je parie que ça va changer très rapidement, vu la crise systémique actuelle.


            • del Toro del Toro 18 avril 2009 12:54

              Pas plus tard qu’hier, je me demandais si la pollution par clic sur Google (et internet smiley ) ne relevait pas du hoax ou de l’info déformée (la science et le journalisme, on connait).

              Donc ça tombe à pic.

              Merci Marsu !

              (je continue la lecture)


              • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:35

                @ Del Toro

                Sur ce sujet, lire par exemple le dernier numéro de La Décroissance, le journal de la joie de vivre.


              • Mule hollandaise 18 avril 2009 13:17

                Bonjour,

                Je ne serais pas contre que vous approfondissiez un peu plus vos recherches avant de lancer des chiffres... Je suis tout à fait d’accord avec votre propos, mais attention à ne pas se fourvoyer !

                Tout d’abord, il existe un excellent site traitant d’écologie et d’internet, il s’agit de GreenIT : les rédacteurs font des reportages quotidiens sur la technologie et l’écologie, sur les data centers, l’efficacité et la pollution des serveurs, la pollution et les déchets engendrés par les constructeurs... A visiter !

                Ensuite, je lève un sourcil à la lecture de votre statistique : on perd 1 mois et demi de sommeil tous les ans ??? Voyons, un an à 7-8h par nuit, ça fait un peu moins de quatre mois... Donc on perdrait 50% de notre temps de sommeil à cause d’Internet ?????? Moui, je n’y crois pas trop... (à moins que les geek qui passent leurs nuits sur WoW ne fassent trop pencher la balance ! ;)

                Ensuite, la statistique sur la bouilloire qu’on pourrait faire chauffer par Google est fausse : elle est venue d’un journaliste du New York Times, mais Google a publiquement réagi en disant que selon leurs test à eux le chiffre était 35 fois moins élevé ! (cf ici par exemple). Bon, peut-être que les deux camps exagèrent un peu, mais on retiendra tout de même (cf GreenIT) que Google a les data centers les plus performants (rentables et écologiques) actuellement, et se payent le luxe de donner des conseils ou des formations à d’autres compagnies ! Ils groupent leurs serveurs, veulent en mettre certains au fond des mers pour gâcher moins d’eau potable pour le refroidissement, etc, etc : Google semble s’engager (et heureusement, vu le nombre de serveurs) sur cette voie écologique et économique depuis quelques années déjà.

                Quant aux spams, je ne serai pas étonné que ça joue dans la consommation électrique totale (peut-être pas 0.2% des émissions certes) : un spammeur peut envoyer des milliers (-ions ?) de spams par jour, qui s’accumulent dans les boîtes mail (quand je vois certains de mes copains qui ont 600 messages non lus dans leur boîte mail...), ce qui crée de la charge pour rien sur les serveurs voire même fait acheter des nouveaux serveurs à MSN, Google, Outlook, etc...

                Je signale une dernière chose : le moteur de recherche Ethicle, qui reverse une grosse partie des revenus générés par la pub sur son site à Planète Urgence, qui plante des arbres dans le monde entier !

                Voilà voilà, juste quelques petites précisions pour compléter l’article ;) Bonne initiative, quand même, je pense que les gens ne se rendent pas compte, tout est tellement facile et immédiat avec Internet que les gens oublient que derrière, il y a des serveurs qui consomment... Ah, si tout le monde utilisait les Favoris, les Flux RSS, et nettoyait sa boîte mail régulièrement, on économiserait pas mal de gaspillage !
                 :)
                Cordialement,


                • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:33

                  @ Mule Hollandaise

                  Merci pour ces intéressantes précisions, liens et compléments d’information. J’ai collecté les données que j’ai pu trouver, et c’est pas évident. J’essaierai de faire mieux la prochaine fois, si possible, tant ce sujet est opaque et peu abordé.


                • CastoR 18 avril 2009 13:33

                  Salut Furtif,

                  Bozobe, c’est çui qui a écrit ça ?

                   smiley


                • CastoR 18 avril 2009 13:33


                  Salut Furtif,

                  Bozobe, c’est çui qui a écrit ça  ?

                   smiley


                • del Toro del Toro 18 avril 2009 13:56

                  Au Furtif,

                  Sans partager entièrement les éléments que tu pointes du doigt, je suis d’accord sur le constat : Agoravox c’est assi mauvais que le journalisme (papier ou pas, d’ailleurs).

                  Comme moi, t’as vu ici la connerie superstitieuse, la paranoïa complotiste et même du négationnisme brut ou bcbg (sous couvert de discussion « sérieuse » orientée « connaissance » ou de critique de la politique militaire au Moyen-Orient).

                  Pour des raisons professionnelles, je pars pour Londres mais en même temps, je pars définitivement d’Avox.

                  Ce n’est plus un lieu où l’on peut apprendre quelque chose et encore moins discuter calmement.


                • CastoR 18 avril 2009 14:31

                  Del Toro,

                  et hop !
                  Plus de gravissime !


                • del Toro del Toro 18 avril 2009 14:43

                  @ Castor,

                  Sur Avox, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté (le coin secret ...)


                • COLRE COLRE 18 avril 2009 15:16

                  Bonjour à del Toro, Castor et au Furtif,

                  Oui, non seulement AV ne vaut pas mieux que la presse professionnelle, mais je pense que c’est pire.

                  On a tellement l’habitude de ressasser le cliché de la presse pourrie (et c’est vrai qu’elle l’est en partie) qu’on en oublie la partie admirable et indispensable de la presse professionnelle.
                  On en oublie les dossiers fouillés, à charge et à décharge, thèse et antithèse, les recherches documentaires, les enquêtes, les reportages, les prises de risques, les correspondants de guerre (même si tout cela tend à disparaître et s’amenuiser, c’est vrai).

                  Que fait-on sur AV : on exprime son moi, on ragote, on colporte, on confond l’analyse et l’opinion, les faits et la propagande… on confond la conviction et l’insulte, le désaccord et l’agression… sans parler du libre cours laissé aux plus viles opinions (racisme, sexisme, fascisme, homophobie…)

                  Bref ! je pense Furtif que ce « journalisme » internétique (amateur) est tout seul dans la bauge…
                  C’est encore dans la presse professionnelle que je M’INFORME, il me suffit de recouper un peu les infos, et pour ça : vive internet !


                • COLRE COLRE 18 avril 2009 16:11

                  Au fait, Marsu, tu auras évidemment compris que je ne parlais pas de toi dans ma « diatribe » contre le soi-disant journalisme citoyen… smiley)

                  Bien sûr que non. 

                  Il y a d’ailleurs pas mal de participants à ce site intéressants et plus que respectables, mais il y a une faille au niveau de la modération : les articles passent sans un véritable filtre détontologique.


                • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:30

                  @ Furtif, Del Toro, Colre, Renève

                  Marrant comme cet article qui ne traite que du contenant Internet, et non de ses contenus, génère ce genre de commentaires. Mais je suis complètement d’accord avec vous. Internet charrie des quantités démentielles de n’importe nawak, et la qualité éditoriale d’Agoravox se dégrade de plus en plus. Dommage. Mais si vous êtes nostalgiques de Gütenberg, n’oubliez pas que l’invention de l’imprimerie ne servait au départ qu’à éditer des Bibles. Pas terrible non plus quand même, non ?

                  Mais c’est sûr qu’Agoravox pourrait faire preuve d’un peu plus de rigueur éditoriale et de respect de ses lecteurs (SVP, remettre d’urgence les derniers commentaires avec chaque fil de discussion !).


                • Marsupilami Marsupilami 19 avril 2009 15:47

                  @ Actias

                  Je te comprends. La qualité des articles baisse de plus en plus sur Agoravox, et la nouvelle version est tout sauf conviviale. Espérons que la direction va finir par s’en rendre compte, mais apparemment c’est assez peu probable. Agoravox est de plus en plus pollué et spammé, lui aussi…


                • Reinette Reinette 18 avril 2009 14:08

                  à Marsupilami,

                  un peu désolée de ne pas comprendre grand-chose à tous ces kw/h et co2, mais je vais re-lire votre article et essayer d’y penser sérieusement.

                  Permettez que je vous offre à écouter une chanson grâce à Internet...

                  Une chanson « coup de poing » visant à sensibiliser les pouvoirs politiques et l’opinion publique face à la barbarie. Cette chanson est un cri du cœur pour toutes les victimes du piège infernal.

                  Elles rêvaient comme rêvent les filles de leur âge
                  Elles rêvaient comme on rêve quand on a 17 ans
                  Elles rêvaient de quitter leur quartier leur village
                  Et puis un jour d’aimer et d’avoir des enfants
                  Les filles de l’Est

                  Elles rêvaient d’échapper à ce destin trop dur
                  Qui avait condamné leurs mères derrière le mur
                  Elles rêvaient d’évasion, à mille lieux de croire
                  À la pire des prisons, au pire des cauchemars
                  Les filles de l’Est

                  Oksana, Marouchka et les autres
                  Piégées par des barbares elles pouvaient pas savoir
                  Esclaves dans la gueule de ces chiens
                  Elles étaient innocentes
                  Ils les ont faites putains

                  Je déclare la guerre à tous les salopards
                  Tous les marchands de chair et tous les charognards
                  Ceux qui vendent des filles contre quelques dollars
                  Et ceux qui les ont prises sans chercher à savoir
                  Je déclare coupables tous ceux qui ne font rien
                  Politiques et notables qui s’en lavent les mains
                  Je déclare coupables tous les porcs dégueulasses
                  Capables d’oser encore se regarder dans la glace
                  Je déclare la guerre au marché de la honte
                  Et des vies qu’on enterre dans des bordels immondes
                  Et au nom des victimes, j’appelle à se lever
                  Pour dénoncer ce crime contre l’humanité 

                  Oksana, Marouchka et les autres
                  Si pour vous c’est trop tard
                  Un jour ils vont payer
                  Vos larmes et vos corps déchirés
                  On laissera pas tomber on va pas oublier
                  Les filles de l’Est

                  Philippe Decourroux, chanteur suisse, a composé la chanson Les filles de l’Est. On peut écouter la maquette de cette chanson sur le site www.decourroux.ch.


                  • LaMoukat 18 avril 2009 14:10

                    Sans remettre en cause la pollution engendrée par « internet » (bien que vos chiffres soient assez farfelus) il faut aussi voir les aspects écologiquement positifs.
                    La très grande majorité des services (immatérialisés) que proposent internet ont un cout énergétique bien moindre qu’un équivalent matérialisé (courrier, annuaire, recherche d’information, etc ...)
                    Ce n’est donc pas internet qui est particulièrement polluant, c’est l’utilisation que l’on en fait.
                    Mais je considére qu’internet est un véritablé progrès (comme l’electricité domestique ou l’eau courante) et que même s’il faut s’interesser à la pollution qu’elle dégage, il ne faut pas faire culpabliser ses utilisateurs plus que de mesure.


                    • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:22

                      @ Lamoukat

                      Cet article ne dit pas qu’Internet est « particulièrement polluant » : il rappelle simplement que ce médium participe à la pollution générale, ce que l’on sous-estime ou ignore beaucoup trop.


                    • La Luciole 18 avril 2009 14:35

                      Après avoir cru aux immenses vertus anticapitalistes du monde virtuel, j’ai comme une impression que les néo socialos (nouvel avatar « verts ») finiront par réaliser un jour que la seule façon de ne plus polluer la planète est de recourir au suicide. Et pourquoi pas un suicide collectif voté à l’unanimité par une loi social-démocratique ? ça serait bien citoyen et républicain ça, se sacrifier pour la planète ...

                      Mais je vous parie que ces néo cons de capitalistes vont encore trouver le moyen de se faire du pognon avec cette affaire. Ben oui, les pompes funèbres ....

                      Ouf on est sauvé, les cercueils sont en bois, et qui dit bois dit bio....


                      • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:20

                        @ La Luciole

                        Détrompe-toi, il existe désormais des cimetières électroniques. Et ce problème n’est ni de droite ni de gauche : il est vital.


                      • 65beve 19 avril 2009 10:47

                        qui dit bois dit bio....

                        Qui dit bois dit billot !


                      • La Luciole 20 avril 2009 10:47

                        On ne voit pas trop où est le problème marsupio.
                        Laisser des messages sur le net à une personne défunte et regrettée ajoute un plus mais ne modifie en rien les conditions du traitement de son corps (dont les restes « matériels » continueront d’être traités indépendament, en un lieu bien réel et physique).


                      • Marsupilami Marsupilami 20 avril 2009 10:56

                        @ La Luciole

                        S’cuse, c’était de l’humour de ma part…


                      • Marc Bruxman 18 avril 2009 14:48

                        Intéressant et utile à rappeler pour tous les non initiés.

                        Un datacenter moderne c’est effectivement une infrastructure physique aux dimensions impressionnantes et la première visite est souvent un choc. Pour donner un ordre de grandeur, le centre parisien le plus important (pas forcément le plus grand mais celui ou sont stockés plein de choses stratégiques) fait environ 11 000 m2 avec une densité électrique de 1kVA par m2. (Sauf une toute petite zone ou ils l’ont montés à 3kVA). La je parles de la densité electrique fournie aux clients, pour la consommation, il faut multiplier par 2. Car l’ordinateur est un radiateur intégral, l’énergie qu’il consomme vous est restituée sous forme de chaleur ! Chaleur qu’il faut évacuer du datacenter à tout prix ! Eh oui, pour info, si la clim’ tombe en panne, la température passe rapidement (moins de 10 minutes) de 20 à 50 degrès. Ce qui fait tomber les machines en panne !

                        Voici à quoi cela ressemble : (Pour une salle assez propre).
                        http://www.singlehop.com/data_center_photos/zoom/zIMG_7712.jpg
                        http://www.unitedhosting.com/images/datacenter-2.jpg

                        Chaque armoire noire étant remplie de serveurs ou équipement de réseaux, les cables passent dans le plancher (il y a typiquement des dalles que l’on souléve avec une ventouse qui donnent sur des chemins de cables avec 50cm de gloubiboulga sous le plancher). Certains cables fragiles (fibres optiques) peuvent être passés dans des passes-cables fixés au plafond (le truc jaune sur la deuxième photo). Et à tout cela, il faut rajouter l’infrastructure électrique à savoir les groupes électrogénes (une panne de courant la dedans pour avoir vécu une fois c’est un désastre absolu qui coute des centaines de milliers d’euros donc on ne prend pas le risque). Pour info, le mètre carré à la location dans une telle salle livré nu (sans serveur) et avec un minimum de courant compris se négocie actuellement sur Paris aux alentours de 1000 € par mois.

                        Bref ! Effectivement il y a une sacré infrastructure derrière tout cela. Concernant les cables la je nuance beaucoup plus, un répeteur de fibre optique ca ne consomme pas tant que cela. Cela consomme même très peu !

                        Je n’ai pas sous la main les fiches techniques des équipements DWDM mais on va prendre des équipements plus cheap et moins efficaces en considération. Prenons par exemple ce petit jouet qui vous permet d’éclairer une fibre sur 100 Km (sachant que c’est sous optimal comme utilisation mais commun chez les petits opérateurs) :
                        http://www.cisco.com/en/US/products/hw/modules/ps2033/products_data_sheet09 186a0080091ce7.html

                        Alors que nous dit la fiche technique : 30 Watts de consommation électrique. Pour une bande passante de 1024 Mbps symétrique (Eh oui ! ! !). Ok, a cela, il faut rajouter l’énergie consommée par le switch ou routeur sur lequel on branche ce jouet. Mais vu la densité d’un switch moderne quand on divise la conso d’un Cisco 12000 bien chargé par le nombre de ports, ca ne consomme plus grand chose. A mettre en regard d’une voiture moderne qui consomme 200 watts/heures par kilomètres.

                        Mais pour nuancer, il faut comparer avec les actions entreprises !

                        Et la quand même, ce n’est pas si grâve. Parce que justement, votre ordinateur fait beaucoup de choses ! Prenez le cas d’un email. Et pensez que même si son envoi a consommé de l’énergie, son envoi physique aurait :

                        • Nécéssité de fabriquer du papier, une enveloppe et de la colle pour cette enveloppe.
                        • Nécéssité de fabriquer une boite aux lettres en métal.
                        • Nécéssité de fabriquer un camion jaune la poste et de mettre du gasoil dans ce camion.
                        • Nécéssité d’éclairer un centre de tri, de l’équiper en matériel de tri.
                        • Nécéssité un nouveau transport longue distance,
                        • ... Et continuer ainsi jusqu’au point d’arrivée.
                        • Nécéssité de l’énergie pour envoyer ce papier à la poubelle.
                        Et donc oui, un email n’est pas gratuit au point de vue énergétique. Mais il est infiniement cher qu’un courrier physique. Reste qu’effectivement l’arrivée du numérique crée des nouveaux besoins et que la consommation d’énergie augmente.

                        Mais 2% pour l’ensemble des datacenters de la planête c’est finalement assez peu. Parce que quand on y réfléchit, ils représentent beaucoup plus que 2% de l’activité économique. La plupart des grandes entreprises ont leur centre nerveux installé dans un datacenter et compté dans ces 2%. Si l’on devait rematérialiser ces activités, non seulement on manquerait de main d’oeuvre mais cela consommerait au final beaucoup plus ! (Il faut penser que dans certains cas ce sont des services entiers de grattes papiers qui ont été remplacés par une armoire métallique comme celle que vous voyez sur les photos. Et que même si cette armoire tête ses 32 Ampères en continu, l’ancien bureau fesait surement largement pire lorsque l’on comptait tous les coûts induits).

                        L’avenir est à la virtualisation !

                        Et de toute façon, l’emploi de plus en plus fréquent de la virtualisation dans les centres de données va permettre de réduire l’emprunte écologique en diminuant fortement les gaspillages. Avant, il était courant que dans un datacenter, 80% des machines tournaient sans rien foutre parce que l’on devait séparer des applicatifs sur des ressources matérielles distinctes. Virtualiser permet de gagner beaucoup en consommation électrique.

                        Et même si vous avez un décideur qui se contrebat de l’écologie, vous pouvez lui dire qu’un serveur lui coutera plus cher en courant électrique au cours de sa vie que ce qu’il lui a couté à l’achat ! ! ! Ce qui fait une très bonne raison d’optimiser la consommation électrique.

                        Si en plus il doit mettre à jour l’alimentation de son datacenter ou ses onduleurs, il sera encore plus réceptif à l’argument ! (Un onduleur capable d’onduler des centaines de kVA ca coute très très cher).


                        • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:16

                          @ Max Bruxman

                          Merci pour ces compléments d’information très utiles.

                          @ Léon

                          Complètement d’accord avec toi. Quelques naïfs ou idéalistes pensaient, aux débuts d’Internet, que ce nouveau vecteur d’information ferait sérieusement baisser la consommation de papier et donc la déforestation. Or c’est exactement le contraire qui s’est produit : Internet a dopé la consommation de papier et donc d’encres très polluantes. Peut-être n’est-ce qu’un effet générationnel (transition entre la génération Gütemberg et la génération Web). Mais ce n’est pas sûr : je connais plein de gens qui préfèrent archiver des docs Internet sur papier, « parce que c’est plus sûr »… alors que les supports papier actuels sont aussi délétères que les CDroms.


                        • Marc Bruxman 19 avril 2009 13:01

                          Concernant la consommation de papier, alors que celle ci était en très forte augmentation, l’apparition d’internet a stabilisé la consommation alors même que la croissance économique était forte :
                          http://www.lepapier.fr/cestlavie.htm

                          Or, n’oubliez pas que 50% du papier sert à écrire. Le reste c pour emballer !


                        • mapomme 18 avril 2009 15:00

                          Les internautes sont de gros pollueurs !
                          Par vianney le dimanche, avril 20 2008,

                          Souce : http://www.lardeau.net/les-gouts-et-les-couleurs/index.php?post/2008/04/20/Les-internautes-sont-de-gros-pollueurs

                          J’ai été interloqué ces derniers jours par la lecture d’articles sur la consommation énergétique des serveurs informatiques nécessaires au fonctionnement d’internet. Exemples :

                          - une recherche sur Google consomme autant d’énergie qu’une heure de lumière dispensée par une ampoule à économie d’énergie !

                          - télécharger sur son ordinateur la version électronique de son quotidien préféré consomme autant d’électricité que de faire une lessive  !

                          - la consommation énergétique d’Internet en 1 an = celle du transport aérien = 16 fois la consommation électrique de Paris !

                          - un personnage du monde virtuel « second life » consomme en moyenne 1.752 KWHs par an. Autant qu’un habitant du Brésil  !

                          La consommation électrique nécessaire au fonctionnement de l’internet n’est pas celle de nos ordinateurs. C’est l’énergie utilisée pour recenser, indexer, archiver et rendre disponible l’information partout dans le monde 24h/24. C’est le rôle des data center. Des infrastructures qui hébergent des serveurs, où de puissants ordinateurs stockent et transmettent les données des internautes, et qui sont de grands consommateurs d’énergie.

                          Entre 2000 et 2005, leur consommation d’électricité a doublé.

                          Gerhard Fettweis, universitaire de Dresde, a indiqué à l’hebdomadaire « WirtschafstWoche » qu’à ce rythme là, dans moins de 25 ans, Internet consommera à lui seul autant d’énergie que toute l’humanité aujourd’hui.

                          Avec le développement du haut débit nous sommes de plus en plus gourmands, nous utilisons internet pour téléphoner, regarder des contenus vidéos, stocker nos propres fichiers en ligne (blog, sites, photos..) autant de nouveaux usages qui nécessitent des serveurs toujours plus puissants. Aussi les serveurs font la course aux GHz. Cela a deux conséquences, d’une part plus ces processeurs sont puissants plus ils consomment, mais aussi plus il chauffent, il faut donc les refroidir en conséquence, or, 1kW dépensé par 1 serveur = 1 autre kW dépensé en climatisation pour le refroidir.

                          Je me suis demandé quelle était l’énergie nécessaire à la mise à disposition de ce blog. Comme mes autres sites/blogs, il est hébergé par la société 1and1 qui nous indique que ces serveurs utilisent 8 refroidisseurs d’une puissance de 700 kW chacun et sont assistés de 61 climatiseurs de 100 kW (détails sur les serveurs de 1and1).

                          Alors, et maintenant  ?

                          Compte tenu de l’impact écologique mais aussi (surtout ?) économique de cette consommation électrique, les géants de l’informatique se doivent de trouver des solutions pour réduire la facture de la consommation électrique des serveurs qui est aujourd’hui de 7 milliards de dollards par an !

                          Au Cebit, ils ont présenté cette année des solutions visant à réduire la consommation énergétique des data centers :
                          - IBM propose 1 nouveau système de refroidissement qui utilise la chaleur produite par les serveurs
                          - Microsoft projette la construction de data centers en Sibérie pour mettre à profit le climat froid.

                          De plus, pour ce que j’en ai compris, il en est des serveurs comme du reste de l’électroménager, il y a beaucoup de modèles bas de gamme qui sont vendus à des prix bas mais qui consomment énormément. Avec la hausse du prix de l’électricité, les industriels devraient choisir des modèles haut de gamme, plus chers mais qui consomment beaucoup moins d’énergie.

                          Si les data centers s’engagent résolument dans une démarche « verte » la consommation pourrait diminuer de moitié d’ici 2020 (au lieu d’augmenter dans les même proportions) selon Gerhard Fettweiss, de l’université de Dresde, en Allemagne

                          Visionnez un reportage de 4 minutes au sein d’un datacenter géant, celui d’Interxion qui héberge les serveurs de FAI, de prestataires d’infogérance, d’entreprises... Un dispositif ultrasécurisé, où consommation d’énergie, chaleur et propreté sont des priorités.


                          • Deneb Deneb 18 avril 2009 15:42

                            "Microsoft projette la construction de data centers en Sibérie pour mettre à profit le climat froid"

                            Pourquoi en Sibérie ? Ils ont Alaska.


                          • COLRE COLRE 18 avril 2009 16:23

                            Bien d’accord avec vous Léon.

                            Ce flux d’informations en boucles de rétroaction renforce la pseudo-véracité d’une info par des liens qui s’auto-entretiennent..
                            Tout ce flot est est circulaire, et l’on n’est plus loin d’une information en train de s’auto-dévorer…


                          • Marsupilami Marsupilami 18 avril 2009 18:09

                            @ mapomme

                            Merci pour ces informations complémentaires.

                            @ Léon

                            D’accord avec toi. La dématérialisation s’appuie sur des infrastructures très matérielles. Quant aux contenus explosés, invérifiables, paranoïaques et magmatiques qu’elle génère par le biais d’Internet, n’en parlons pas. Ce qui se passe est très grave. Bientôt (lorsque le dernier journaliste digne de ce nom aura disparu), l’information ne sera plus que de la rumeur et de l’opinion surmultipliées. Brrrr…

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