Une étude de Novell montre que 72 % des responsables informatiques ont déja pensé sérieusement à migrer vers des solutions Linux alors de nombreux pays migrent leurs administration actuellement jusqu’au département de la défense américain qui vient de franchir le pas du libre. Une vraie vague de fond se fait sentir dans les DSI qui semblent tout devoir emporter sur son passage....ces mêmes DSI avec.
Il est vrai que les solutions open source, en particulier linux, permettent de solides réductions de coûts. Elles étaient "supposées" ; elles sont maintenant "prouvées" après quelques exercices budgétaires et séduisent de plus en plus les directions financiéres par les résultats palpables de ces migrations.
La Gendarmerie française a, par exemple, réalisé un beau 70% d’économie soit 50 millions d’euros depuis 2004 - les contribuables français seront contents-. L’assemblée nationale française a, elle, pu économiser 500.000 euros en passant son parc informatique sur Ubuntu et en utilisant OpenOffice à la place de la très chère suite Microsoft Office. Ces migrations ont commencé avec de grandes sociétés (EuropCar aux Royaume-Uni par exemple) depuis plusieurs années mais la crise vient renforcer l’écho de ces réussites actuelles ou passées.
Les exemples se multiplient sur des migrations réussies où les contrôleurs de gestion sont aussi heureux que les employés qui, finalement, s’adaptent relativement bien aux nouveaux outils contrairement à ce qu’on pouvait crainde à priori ; la "supposée" défaillance ergonomique de l’open source s’apparente en effet plus à une légende urbaine largement encouragée par les tenants de solutions propriétaires.
Les freins à la migration sont souvent présents pour des soucis d’interopérabilité entre outils métiers. La migration sur Linux peut imposer de revoir l’ensemble de sa chaîne informatique en réformant beaucoup d’outils métiers qui ont du mal à discuter suivant les standards actuels mais il existe actuellement presque tout le temps des équivalents open source aux solutions propriétaires même parmi les grosses applications comme SAP.
Bien entendu une bonne solution propriétaire sera toujours mieux qu’une mauvaise solution open-source d’un point de vue utilisateur mais l’open source en période de crise permet surtout aux entreprises clientes de revenir à une relation client <> prestataire à leur avantage et donc de faire une pression à la baisse sur les prix de prestation IT.
De plus l’absence de dépendance souvent à un éditeur permet d’amortir les risques de changement rapide de politique IT induite par le contexte économique difficile : pas de relations contractuelles avec un éditeur bloquant toute décision sur une longue période, des ressources diverses offrant un vrai choix de concurrents alternatifs, etc...
L’Open Source, et plus particuliérement Linux, est largement taillé pour répondre aux défis d’un monde qui évolue vite et n’aime pas les planifications trop ambitieuses sur des plans trop longs et peu modifiables.
La perte de part de marché des solutions propriétaires en Entreprise change aussi la donne sur les profils des décideurs IT qui se retrouvent nettement plus responsabilisés par les choix qu’ils opérent car pour beaucoup cela sera la première fois qu’ils se retrouvent "seuls" face à leur technologie sans éditeur fusible susceptible de compenser leurs mauvaises décisions.
La prise de risque au sein des DSI qui est liée à l’utilisation de technologies issues du monde open source sera donc une donnée à intégrer dans un monde où la planification sur du moyen terme est parfois un artifice pour éviter des remises en question trop fréquentes et douloureuses.
En cela les budgets IT devenant, de fait, plus transparents, les DSI verront leur pouvoir de décision diminuer au profit des gestionnaires (des directions financières) qui auront une meilleure vision donc une meilleure capacité de décision sur ces éléments qui leur échappaient avant souvent.
On se retrouve donc dans une situation assez paradoxale où l’Open Source va favoriser une perte de pouvoir des départements IT au profit d’autres départements de l’entreprise (finance en particulier) vu qu’une partie de l’alchimie des prix informatiques devient publiques voire disparaît.
L’arrivée des solutions Open Source comme des "cost killer" peut donc être une mauvaise nouvelle pour beaucoup de départements informatiques qui n’auront pas les capacités de réactions nécessaires pour se réformer laissant des "non techniciens" imposer des solutions où ils n’auront plus leur place.
Cette démystification de l’informatique est un corollaire de l’esprit Open Source qui place le partage des connaissances comme une source de valeur contrairement aux solutions propriétaires qui proposent un modèle de confiscation de la connaissance comme source de profit.
Ces deux visions "de la société" et "des sociétés", au delà des enjeux techniques, conditionneront aussi nos environnements de travail et nos futurs ou actuels modes de revenu...en particulier pour ceux dont la valeur est basée sur cette confiscation de connaissance.

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Commentaire sur le principe de confiscation qui ne se suffit pas a lui même ici. Très bon (...)
10/06 12:31 - emmanuel mullerSu-per-be ! Je viens d’installer Ubuntu sur un de mes ordis ! Ca roule, c’est (...)
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