Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Technologies > L’open Source appliqué à l’industrie, pourquoi pas (...)

L’open Source appliqué à l’industrie, pourquoi pas ?

En informatique, les logiciels dits « open source » font leur petit bonhomme de chemin depuis bientôt vingt ans. Aujourd’hui, personne ne songerait à remettre en cause GNU/Linux, Firefox, Dupral et les autres un peu moins célèbres. En cela, on peut dire que l’open source s’est fait une place dans l’écosystème logiciel, forçant même les magnats du secteur à mettre de l’eau dans leur vin : je pense à Microsoft, IBM, Oracle et bien d’autres. Un article de ZDNET m’a donné envie de soumettre aux lecteurs d’Agoravox les quelques réflexions qui suivent.

Appliquer l’open source au secteur industriel, ça veut dire quoi ?
Dans le cas de la bière open source, la recette est à la disposition de tous, chacun peut la modifier à son gré, selon ses goûts, la seule contrainte étant de mettre à disposition de la communauté tous les changements apportés à la recette. Vous allez me dire : comment l’entreprise peut-elle gagner de l’argent dans ces conditions ?
La première chose à ne pas oublier est qu’open source ne veut pas dire gratuit. Dans le cas de la bière, une entreprise peut très bien utiliser la recette et commercialiser/distribuer cette bière. Bien sûr, il faut payer les ingrédients, l’embouteillage, la distribution et les salariés. Ce n’est pas du tout incompatible avec la licence GPL.

Quels seraient les avantages pour l’entreprise ?
  • Le premier avantage est que tout un chacun pourrait contribuer à l’élaboration du produit. Dans le secteur logiciel, on constate qu’aucune entreprise ne peut suivre le rythme d’un développement communautaire. Cette remarque s’applique, à mon humble avis, aussi à l’industrie. Le travail des bureaux d’étude en serait grandement amélioré puisque tout un chacun deviendrait un "micro bureau d’étude".
  • Le produit s’adapte facilement aux goûts de tout un chacun, à la manière d’une recette de cuisine (avec la bière, on en est pas loin).
  • Troisième avantage : la traçabilité. En effet, plus d’enfumage sur les prétendues vertus ou les prétendus bienfaits de tels ou tels ingrédients, la recette étant connue de tous, les vérifications s’en trouveraient facilitées.
  • Enfin, les failles potentielles d’un produit sont facilement colmatées grâce à une communauté importante (Cf Windows VS Linux). Appliqué à notre bière : tel ingrédient est meilleur que tel autre.

La bière c’est bien joli, mais pour les autres secteurs industriels ?
Pourquoi ne pas appliquer tout ceci au secteur automobile, aéronautique, naval et que sais-je encore. Concernant les secteurs nautiques et navals, ceci existe déjà mais c’est très timide (voir les liens à la fin de l’article). Vous allez me dire qu’il est dangereux de confier la construction d’automobile, d’avion et de bateau à n’importe qui. C’est vrai et pourtant c’est autorisé. Tout un chacun a le droit de construire sa voiture, son avion, sa montgolfière, son bateau. Ca s’appelle la construction amateur. Pour tout plan homologué, les démarches sont assez simple. En ce qui concerne la conception (l’architecture) c’est beaucoup plus compliqué et c’est normal. Les gardes fous existent et c’est tant mieux.
Pour autant, en ce qui concerne les maisons, les voitures, les bateaux etc, etc, pourquoi ne serait-il pas possible de contribuer à un projet qui nous tient à coeur tant que la conception reste soumise à des règles de fiabilité strictes ?

Pourquoi l’industrie ne s’y met pas alors ?
Parce que les industriels ont peur. De quoi, je ne sais pas. Enfin si, je sais. Reprenons l’histoire du purin d’orties : les industriels du secteur auraient bien aimé faire main basse sur cette recette ancestrale. En effet, beaucoup de ces recettes de "grand-mère" sont bien plus efficaces que toutes les merdes qu’ils cherchent à nous refourguer. Ces recettes ancestrales sont par essence open source, même si elles ne sont pas couvertes par la GPL, ça en embête beaucoup.

Un peu de nuance quand même.
Faut-il tout passer en open source ? Je ne le pense pas. Certains secteurs doivent rester fermés pour la sécurité de tous : qu’adviendrait il si les secrets de l’industrie de l’armement étaient éventés ? Déjà qu’il y a suffisamment de bricoleurs de bombinette comme ça, mieux vaudrait ne pas en rajouter. On peut se poser la question pour d’autres secteurs tels que la pharmacie, le nucléaire (civil ou militaire) et j’en oublie certainement beaucoup.

Loin de moi l’idée d’un discours intégriste sur l’open source, je soumets simplement ces réflexions à votre sens critique et attends vos remarques sur le sujet.

Références :

Licence GPL :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_publique_g%C3%A9n%C3%A9rale_GNU

Bière Open Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vores_%C3%98l
http://fr.wikipedia.org/wiki/Free_beer

Plans de bateaux et d’avions :
http://www.svensons.com/

Article de ZDNET :
http://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/biere-tricot-ou-voiture-open-source-le-libre-ce-n-est-pas-que-du-logiciel-39705681.htm
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.11/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

10 réactions à cet article    


  • poilagratter poilagratter 9 septembre 2009 14:05

    Chacun l’a remarqué, les imprimantes à jet d’encre aujourd’hui sont bon marché mais les cartouches coûtent les yeux des fesses.
    Pire, il faut les changer au bout de quelques photos en raison de leur capacité ridicule, et c’est un désastre pour l’environnement.
    Et, comble de l’imposture, c’est le logiciel qui décide qu’une cartouche est vide (et arrête l’impression) même si elle glougloute encore quand on la secoue.
    Comme si un peu de transparence ne pouvait pas nous permettre d’en juger de visu.
    Ai-je besoin d’un logiciel pour voir si le niveau de ma bouteille de Juliénas est dangereusement bas ? 

    A l’origine, il y a bien sûr cet oligopole (Canon/Epson/HP, la bande des quatre si l’on y inclut Brother).
    Les mauvaises langues pouraient penser qu’ils s’entendent comme larrons en foire pour nous tenirs captifs du marché des consommables.

    Ah ! S’il y avait un standard ouvert pour les dimensions de la tête d’impression, le mode d’alimentation et la composition des encres (qui pourrait être améliorée pourvu que la compatibilité soit préservée).
    On pourrait d’aillleurs imaginer un quadruple réservoir, que l’on remplirait avec un système du genre burette à huile.
    Outre un avantage écologique évident, cela induirait un gain de poids favorable à une plus grande rapidité et/ou une plus grande autonomie.

    Il n’est pas saugrenu de penser que le libre puisse s’appliquer aussi à l’industrie...


    • Jiache 9 septembre 2009 14:17

      Vous avez raison. Votre réflexion prend tout son sens si l’on pense aussi aux diverses alimentations de téléphones, ordinateurs et j’en passe. Chaque constructeur préférant réinventer la roue dans son coin pour que sa techno ne soit surtout pas interopérable avec celle du voisin et ainsi enfermer les consommateurs.


    • Traroth Traroth 9 septembre 2009 15:01

      Pour faire simple : les brevets sont un dispositif archaïque.

      Qu’est-ce qu’un brevet ?
      C’est un contrat liant un inventeur à l’Etat. L’inventeur publie toutes les informations permettant de reproduire son invention et en échange, l’Etat lui accorde un monopole sur l’exploitation commerciale de son invention. Ce dispositif date de l’époque (le premier brevet date du XVe siècle) où beaucoup de maitres-artisans mourraient en emportant leurs secrets de fabrication dans la tombe.

      Il est évident que les brevets ne sont plus du tout utiles à l’heure où la recherche est un processus systématisé et où tout ce qui a été inventé peut l’être à nouveau.

      Les brevets ne sont donc plus du tout un moteur de l’innovation. Au contraire, ils sont même un frein : de nombreuses affaires prouvent indiscutablement que les PME ne peuvent pas valablement garantir leurs droits dans ce domaine. L’affaire opposant actuellement une petite société, i4i, au géant logiciel Microsoft devant les tribunaux texans en est l’illustration éclatante : Microsoft, qui est accusé d’avoir violé les brevets de i4i, a apporté une argumentation ridicule et contradictoire, qui a conduit le juge à interdire la commercialisation de Word sur tout le territoire étasunien, rien de moins ! Et pourtant, ce jugement n’a eu aucune conséquence concrète : Microsoft n’a pas obtempéré, et un jugement d’appel providentiel (la justice peut être rapide, parfois, quand même...) a levé cette interdiction, en statuant, attention les yeux, que Microsoft « méritait » qu’on n’interdise pas la commercialisation de Word. Difficile de faire un jugement plus inique ! Les brevets deviennent donc de manière presque officielle une manière pour les multinationales d’interdire certains marchés aux PME.
      PME qui, contrairement aux multinationales, paient des impôts (et ne sont pas domiciliées dans des paradis fiscaux) et emploient des gens dans nos contrées (et non des enfants-esclaves dans quelque pays pratiquant le dumping social) !


      • Jiache 9 septembre 2009 15:13

        Même si je suis complètement d’accord avec vous, mon intention n’était pas de « refaire le match » sur les droits d’auteur, débat qui a déjà déchainé les passions sur Agoravox. C’est la raison pour laquelle je me suis concentré sur les biens matériels et donc l’industrie.


      • Traroth Traroth 9 septembre 2009 15:29

        Il commence à y avoir un certain nombre de projets intéressants dont le but est la création de designs industriels libres, comme :

        Si vous avec du temps libre et avez des compétences en ingénierie (et domaines voisins : sciences médicales, sciences exactes...), en informatique, en droit et/ou en langues (entre autres. D’autres compétences peuvent sans doute se révéler utiles), n’hésitez pas à vous investir dans ces projets, qui ont en ont grand besoin !

        • Jiache 9 septembre 2009 16:09

          Merci pour ce complément d’information. Souhaitons longue vie à ces projets.

          Il m’arrive de contribuer gratuitement à des projets musicaux quand j’arrive à trouver un peu de temps. Pour le reste, je ne me sens pas vraiment au niveau.
          Étant un fan de Debian GNU/Linux j’essaye d’imposer cette distribution dans les entreprises dans lesquelles j’exerce.


        • Traroth Traroth 9 septembre 2009 17:51

          Un autre projet très important : Open Source Drug Discovery

          Et plein d’infos sur OpenHardware...


        • Bigre Bigre 9 septembre 2009 16:22

          Il y a un précédent industriel, en Inde, avec le Simputer. Au départ, les spécifications techniques étaient sous licence GPL ou licence proche ...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès