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Accueil du site > Actualités > Technologies > La complexité du vivant expliquée simplement

La complexité du vivant expliquée simplement

5-La société humaine ou l’essor de l’intelligence.

A - La cellule sociale : L’homme.

Nous avons vu que le cerveau était ce que le vivant avait édifié de plus complexe. Les neurones en sont les cellules constituantes. Leur totipotence leur permet en effet une auto-organisation déconnectée de leur plan génétique et parfaitement adaptable à la pression de l’environnement. Il n’est plus besoin d’attendre une improbable mutation pour tenter une autre configuration ; chaque neurone possède en lui-même le potentiel utile qui s’exprimera au gré des circonstances, et c’est maintenant à chaque génération que le meilleur gagnera ! La nature est très économe de solutions efficaces et la sélection naturelle ne s’est pas limitée au niveau du génome : elle régit également les populations de neurones dont le déterminisme génétique est effectif au cours de la formation embryonnaire, mais est remplacé par un déterminisme « épigénétique » par la suite. Ce changement radical de méthode dans l’auto-organisation explique certainement l’accélération extraordinaire qui a présidé au perfectionnement de cet organe. La complexification a ainsi commencé à se libérer du carcan de lenteur et d’incertitude que lui imposaient les gènes.

On peut voir la construction du système nerveux comme on a vu la complexification du vivant : des constructions simples qui sont utilisées à leur tour comme éléments pour des ensembles plus complexes. _ Nous avons vu que l’évolution phylogénétique décrite par Paul Maclean correspondait à un ensemble hiérarchiquement structuré dans l’ordre de l’apparition des divers composants.
Le mécanisme qui sous-tend cette structure hiérarchique peut être schématisé de la façon suivante :

• un premier élément au contact avec le milieu extérieur reçoit un signal entraînant une réaction. (Si elle est utile, elle est sélectionnée.) Cette action réaction correspond à un changement d’état de cet élément qui peut être perçu par ailleurs.
• Dans un deuxième temps, on peut comprendre que la perception d’états du premier niveau puisse à son tour être perçue comme un signal à un niveau supérieur qui aura donc aussi une réaction active (vers le bas), venant compléter la première et une traduction informative (vers le haut) due à son changement d’état, utilisable par un niveau encore supérieur.
• De proche en proche, la superposition d’ensembles en réseaux entraîne modulation ou sophistication de réponses vers le bas (action) et informations disponibles vers le haut. A chaque fois l’information est plus diffuse et la réponse est plus modulée.
Au passage, les informations s’enrichissent de données plus larges qui peuvent arriver en parallèle, telles que la mémorisation d’événements antérieurs ou d’états antérieurs internes.
• A tous les stades, le changement d’état provoqué par le signal provoque une action automatique (elle en est la cause) et un éventuel un signal informatif (témoin) qui à son tour pourra (ou non) être intégré dans un signal plus complexe éventuellement capté (perçu).
Au total, l’organisme se dote d’un ensemble de réponses automatiques de plus en plus sophistiquées mais qui interfèrent de façon diffuse.

Contrairement à l’illusion que cela donne, il n’y a pas quelque part un centre de décision pour donner une réponse intelligente adaptée. Nulle part n’existe un tableau de bord centralisé d’où partiraient les décisions d’un « esprit ». La modification de l’état de certains groupes neuronaux par des signaux nouveaux, se comporte comme des mises à jour de cartes spécifiques concernées par ce type de signaux, entraînant des actions automatiques visant à rétablir un équilibre homéostatique. C’est la modification physico-chimique des cartes qui entraîne l’action, pas la perception qu’on peut en avoir à un étage supérieur.
Cela explique que les animaux puissent avoir des réponses très adaptées à la survie sans avoir le moins du monde conscience d’eux-mêmes.

Les émotions sont ces réponses physiques stéréotypées en réponse à certains stimuli qui ont modifié des cartes spécifiques. Le fait de percevoir ces réponses de façon globale, enrichies et ayant subi une « transformation phénoménale » la rendant accessible à la conscience, est facultatif et constitue un sentiment. Cette transformation se fait principalement au niveau de l’insula qui fait partie du cortex somatosensoriel.
De la même façon, des réponses automatiques adaptées peuvent résulter de déclencheurs intégrant des états antérieurs mémorisés. Le fait de percevoir ces états internes mémorisés comme distincts des signaux du milieu extérieur constitue un état de conscience de soi.
Comme on le voit, la conscience implique une mémorisation. Il ne s’agit pas d’une chose mais d’un concept qui ne peut avoir d’action ni exercer de force. C’est la partie informative d’un état.

La conscience se présente comme un outil de communication résultant de la « transformation phénoménale » que réalise le système thalamo-cortical grâce à ses fibres réentrantes.
La conscience primaire implique simplement de reconnaître différemment le milieu extérieur « non moi » et le milieu intérieur, le « moi ».
• A un stade supérieur, la conscience du moi vient s’enrichir de souvenirs mémorisés grâce à l’intervention de nouveaux circuits réentrants qui vont permettre l’acquisition d’une capacité sémantique et plus tard du langage. Cette sémantique est faite d’images abstraites, manipulables, capables de remémorer le passé et d’imaginer l’avenir, construisant ainsi un « moi » doué d’une biographie et d’un avenir, et qui ait conscience de son propre état de conscience.
On voit donc que la conscience de degré supérieur implique, outre la conscience primaire et la mémoire, la possibilité de manipuler des abstractions, ce qui est la caractéristique de l’intelligence. Elle nécessite en outre une sémantique dont la richesse va conditionner le degré de la conscience et les performances de l’intelligence.
• Nous ne détaillerons pas ici la question du libre arbitre, qui nous entraînerait trop loin. Mais il est sûr qu’il n’y a nulle part un centre décisionnel dans le cerveau, et que la commande des actes résulte d’afférences diffuses innombrables sur des structures neurales spécialisées spécifiques et également disséminées. Néanmoins, la multiplicité des structures hiérarchiques offre une gamme de décisions possibles dont le choix sera conditionné par les impératifs de l’action, urgente ou pas, documentée ou pas par des expériences antérieures analogues, portée ou non par un fort contexte émotionnel. La recherche d’une réponse automatique préétablie avec des adaptations de détails est la règle, l’élaboration de solutions complexes se faisant toujours à partir de solutions partielles déjà expérimentées. L’expression intelligente pure, à supposer qu’elle existe vraiment, ne serait au mieux qu’une cause tout à fait exceptionnelle de nos actions. Nous ne sommes pas conditionnés pour trouver des solutions rationnelles, mais pour trouver des solutions qui nous maintiennent en vie. Le facteur le plus déterminant de l’action est le contexte émotionnel dont la perception chez l’homme conscient génère ce que nous appelons les sentiments. Cette information est capitale car elle oriente l’action au profit du moi conscient, réduisant d’autant l’espace de prise de décision. Elle ne se substitue pas au raisonnement proprement dit, mais elle l’influence en le pondérant par un système de valeurs internes et en le focalisant, ce qui optimise son efficacité et sa rapidité.
La conscience qu’on a de ces réponses n’est pas a priori génératrice de cette action, mais traduit l’information que l’on en a. (Ce qui nous ramène à l’opinion de Spinoza : « (Les hommes) se croient libres pour la seule raison qu’ils sont conscients de leurs actes et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés ».
Cependant, si elle n’est pas causale (si elle ne sert à rien !), on peut se demander comment la conscience supérieure a pu être sélectionnée par l’évolution.
(Elle me permet de constater que je cours, mais elle ne me fait pas courir ! )
En réalité l’information peut devenir à son tour un signal pour les aires supérieures qui, par exemple, me feraient « déclarer que je cours » en stimulant les aires du langage.
Ce sera finalement le lien qui permettra de transmettre les concepts et les expériences à un ensemble plus vaste et plus complexe encore : la société humaine. Or la sémantique initiale nécessaire pour acquérir la conscience autobiographique avec la notion de passé remémoré et de futur anticipé, s’est indiscutablement perfectionnée en parallèle avec le langage issu de la relation sociale. C’est dans ce nouvel ensemble que l’intelligence trouvera sa voie et son essor.
On rejoindrait là l’hypothèse selon laquelle ce serait le langage et, avant lui, les échanges sociaux à base de symboles déjà présents chez les animaux, qui auraient entraîné le développement des cerveaux.


B - La société humaine : un nouvel organisme vivant.

L’homme, en tant qu’animal solitaire, n’aurait pas pu s’en sortir seul, mais la nature fit de lui une nouvelle sorte de brique à essayer comme les autres, comme elle l’avait toujours fait, utilisant une première construction pour en édifier de plus complexes.
Ce n’était pas la première fois que ces briques étaient des êtres multicellulaires. Depuis 200 millions d’années les insectes avaient exploité le filon. A partir de corps chimiques qu’ils extériorisaient, les phéromones, ces petits animaux avaient réalisé des liens interindividuels leur permettant de construire un nouveau type d’organisme vivant, les sociétés animales, sur lesquelles s’était exercée la sélection naturelle. Comme toujours, des comportements stéréotypés et automatiques variés qui s’extériorisaient chez ces petites bestioles pratiquement sans cerveau (une abeille ne possède que 950 000 neurones !), n’étaient retenus que ceux qui conféraient au groupe un comportement intelligent, c’est-à-dire adapté à la survie. La vie en société s’était avérée une option très efficace, en générant des comportements bien adaptés, là où les animaux eux-mêmes étaient d’assez piètres réussites. Preuve de cette efficacité, les insectes sociaux, qui représentent moins de 2% des espèces d’insectes, forment plus de la moitié de leur biomasse, soit au total 15% de la biomasse terrestre. Rien que pour les fourmis, c’est autant que l’espèce humaine !

L’Homo sapiens vient s’inscrire dans cette lignée de la vie qu’ont inaugurée les sociétés animales, mais au stade primitif. Il va s’agglutiner en société pour avoir un comportement plus adapté à la survie que celui que pourrait avoir ce parent pauvre de l’évolution. Malheureusement il n’a pas gardé beaucoup de sensibilité aux molécules de la chimie. Alors que la plupart des animaux sentent l’attraction de l’autre sexe quand la femelle est prête à être fécondée, lui copule sans discernement, en toute saison, et se reproduit au petit bonheur la chance. Il copule sans but comme il boit sans soif.
Et c’est là que ce cancre de l’évolution va sortir le joker qu’il est le seul à avoir : il va créer des sociétés sans lien matériel ! Pas de phéromone, pas de sensibilité particulière aux odeurs, rien de tout cela, mais une nouvelle arme inédite que lui confère la sophistication toute particulière de son cerveau : l’intelligence. Nous avons vu que l’intelligence ne se concevait pas sans faire appel à une sémantique symbolique qui, lorsqu’elle peut être transmise, devient un langage. C’est ce langage qui va devenir le nouveau vecteur de la complexité, c’est par lui que se transmettra l’information sur le « déjà essayé, à conserver », en lieu et place des programmes ADN qu’utilisait jusqu’alors la chimie. La société humaine va se construire sur un programme de nature nouvelle qui n’est plus supporté par l’ADN, mais qui est compris par les cerveaux humains, comme si l’on était passé de la commande manuelle des portes à la télécommande. Ici, nul besoin de messager matériel pour transporter l’information. Elle voyage par tout moyen qu’on voudra lui donner, comme le programme gérant votre télévision peut être transmis par infrarouges ou toutes sortes d’ondes électromagnétiques.
Le langage va pouvoir passer par le geste, par la parole, par la vue et par tous les sens sans exception. Il privilégiera vite la parole, et plus tard l’écriture qui sera généralisée avec l’imprimerie et mondialisée avec l’informatique. Telles sont en effet les quatre étapes essentielles qui ont marqué les progrès de l’humanité : langage, écriture, imprimerie, informatique. Nous vivons la quatrième dont personne ne sait si ce ne sera pas la dernière.
Maintenant, plus besoin d’attendre cent mille ans pour que se produise une mutation favorable susceptible de faire évoluer le programme. Les corrections sont instantanées ! Les expériences de chacun sont collectées par le groupe dans un pool commun que nous appellerons la culture sociale.
Définissons donc la culture : Pour un être humain, c’est tout ce qu’il reçoit du milieu extérieur, de sa naissance à sa mort, y compris les expériences qu’il a pu vivre lors de sa courte existence. Pour le groupe social, c’est la somme des expériences ou découvertes accumulées depuis son origine par tous ses membres, qu’ils soient ou non encore vivants.
La culture est un phénomène cumulatif dans le temps. Chez l’individu, la vie est courte, mais il ne part pas de zéro. Il reçoit en naissant l’imprégnation de la culture de la société où il est né, par l’intermédiaire de ses parents d’abord, puis au contact des autres. S’y ajoutent ses expériences propres qui pourront parfois enrichir le pool commun.
Pour une société, la vie est longue et l’accumulation constante. Il n’y a pas de limite. Les phénomènes cumulatifs suivent des lois exponentielles qui sont aussi celles qui régissent les explosions. Ce nouvel organisme vivant, constitué d’éléments humains, a trouvé une vitesse de complexification sans commune mesure avec celle que permettait la chimie. Elle est d’une tout autre nature que les autres sociétés animales. Mais elle est le milieu obligatoire de l’animal humain. C’est lui qui en a permis l’éclosion et qui en est l’instrument.

Mais comme disait Christopher Gale Langton, « la vie est une affaire d’organisation et de structure, non de substance ». L’homme est surtout fait de substance. Sa culture l’a élevé en peu de temps très loin au-dessus des animaux ce que traduit le paradoxe que déjà soulignait Darwin :
1) de la non-différence de nature entre l’animal et l’homme
2) de l’abîme qui sépare néanmoins l’homme de tous les autres animaux.

Darwin considérait en effet les hommes comme une espèce animale parmi les autres, et avec ce point de vue, le paradoxe est bien incompréhensible. Il avait pourtant remarqué que les lois de la sélection naturelle étaient prises en défaut chez les animaux sociaux qui développaient des comportements altruistes et il en avait justement conclu qu’il fallait interpréter ces lois à l’échelle de la société animale. L’explication du paradoxe humain, c’est que l’homme n’est pas seulement un animal comme les autres, c’est aussi un animal social et c’est surtout le premier des animaux sociaux qui se soit affranchi de la chimie de la matière pour constituer sa société. Ce nouvel organisme vivant est tout à fait révolutionnaire car il a initié une nouvelle forme d’évolution ultra rapide dont on sous-estime encore la terrible puissance explosive, qui commence à peine à se manifester.

Rappelons-nous l’histoire de la vie, cette lente progression de la complexité qui commence il y a plus de 3,5 milliards d’années, qui reste deux milliards d’années sous forme de cellules simples puis encore près d’un milliard d’années avec en plus des cellules eucaryotes avant de découvrir les organismes multicellulaires dont la diversité va exploser en quelques centaines de millions d’années. On est déjà frappé de voir la lenteur du phénomène de départ et l’accélération qui a suivi. Il s’agit en fait d’une croissance exponentielle due au mécanisme cumulatif : plus est grande la complexité, plus nombreuses sont les possibilités de variantes et plus elles se complexifient vite. C’est la même loi qui régit les explosions et les avalanches. On caractérise la vitesse de ces lois par leur temps de doublement. Il s’étend sur des millions d’années quand il est conditionné par des mutations génétiques qui surviennent favorablement environ tous les 100 000 ans. Mais que va-t-il devenir dans un organisme qui s’est affranchi de la matière pour se complexifier ?

Pour avoir une idée des échelles de temps, je vous propose de ramener l’âge de la Terre à une durée de vingt-quatre heures : une folle journée dont j’ai scanné la belle illustration ci-dessous sur Science et vie junior que je remercie.

Sur cette échelle, la vie est apparue un peu avant cinq heures du matin, l’explosion du Cambrien vers neuf heures du soir, les dinosaures ont régné toute une heure, et l’homme apparaît... à la dernière seconde ! C’est avec cette perspective qu’il faut comprendre l’évolution de la société humaine. On voit bien en effet, comme le remarquait Darwin, qu’il y a quelque chose de différent. Le monde a plus changé cette dernière seconde sous l’influence des hommes que pendant tout le reste de la journée. La société humaine se complexifie par accumulation de la connaissance qui constitue en fait sa culture et le monde environnant en est totalement modifié. Mais le mécanisme est automatique, perpétuellement accéléré et indépendant de toute intention ou volonté humaine.
Or cette société humaine est l’environnement obligatoire de l’organisme humain. Il ne peut se concevoir en dehors d’elle et c’est à l’adaptation de cet environnement qu’est conditionnée sa survie. On touche ici le cœur du drame : l’homme est constitutionnellement figé par ses gènes qui n’ont pas sensiblement changé depuis l’apparition de l’espèce il y a environ 100 000 ans, ordre de grandeur des périodes des mutations favorables. Il doit s’adapter à un environnement qui se complexifie à une vitesse de plus en plus rapide et qui varie, grosso modo, comme l’accumulation de la connaissance, selon une loi exponentielle.
Essayons de l’évaluer ._ Les choses ne sont évidemment pas aussi simples que je l’indique dans ce schéma : la loi mathématique n’est qu’un modèle et ses paramètres sont influencés par de nombreux facteurs, mais la tendance générale est respectée. A son origine, une courbe exponentielle ressemble furieusement à une droite horizontale : rien ne change vraiment lors des premiers doublements ! (Deux fois rien, ça fait encore rien). Les sociétés primitives n’ont pas commencé par être complexes et l’adaptation n’y était pas un problème. En outre, les paramètres de la complexification ont souvent été modifiés quand survenaient des émergences particulièrement efficientes. Nous avons mentionné les principales : langage, écriture, imprimerie, informatique. La complexification de la société ne commence à poser problème que depuis peu et son accélération est sensible à tous. Alors que les savants des Lumières possédaient l’ensemble des connaissances de leur époque, cette performance est devenue impossible au XXe siècle où Poincaré a peut-être été le dernier savant universel.

On considère actuellement que les connaissances de l’humanité doublent tous les quinze ans, c’est-à-dire à peu près le temps d’une scolarité. Chacun a pu mesurer déjà sur sa courte expérience de vie combien notre milieu s’était vite modifié et les difficultés que cela nous posait à tous pour nous adapter. Or en termes de croissance exponentielle, un doublement tous les quinze ans correspond à une multiplication par dix en cinquante ans, ou encore par mille en cent cinquante ans, ou avec le recul de l’histoire, par... dix milliards en seulement cinq siècles !
Qu’on imagine ce que serait une société humaine dix milliards de fois plus complexe que la nôtre !
Il est urgent que l’homme prenne conscience de sa vraie nature, car il n’aura pas trop de son intelligence collective pour relever le défi qui se pose à lui.
Il a été l’étincelle qui a déclenché un phénomène explosif qu’il ne contrôle pas et où il se trouve irrémédiablement embarqué. Aura-t-il assez d’intelligence et de lucidité pour s’adapter ou vivra-t-il ce qui vivent les étincelles ?
En d’autres termes, sa première seconde sera-t-elle aussi la dernière ?


Ainsi se termine cette série qui ambitionnait de donner un angle de compréhension de la complexité du vivant au plus grand nombre.
Comme je l’ai dit en préambule, il s’agit d’une conception résolument scientiste du monde et j’ai bien vu dans les commentaires combien cela était insupportable à certains. Je sais trop combien on peut être attaché à ses croyances et aux bases culturelles sur lesquelles on s’est construit pour ne pas comprendre ces réticences.

Cependant ma conception n’est pas originale et je la crois proche du consensus de fait de la communauté scientifique, y compris concernant l’organisation du cerveau. En revanche, ma conception de l’homme social s’éloigne totalement des conceptions de la sociobiologie qu’a développées E. Wilson, en extrapolant l’observation des sociétés animales à l’homme et d’une façon plus générale, ne ressemble en rien à tout ce que j’ai pu lire jusqu’ici. Je n’ai pas fait allusion aux conceptions de la mémétique inventée par Richard Dawkins pour désigner des unités de culture (memes), afin d’expliquer leur mécanisme de réplication par analogie avec celle les gènes. Aussi séduisante que soit cette métaphore, et quelle que soit sa pertinence réelle, elle n’aurait rien apporté de plus à ce que je voulais décrire.

Pour moi, la société humaine est un organisme vivant d’une nature totalement différente de toute autre, car constitué par un ensemble de cellules dont le liant est immatériel. Il s’agit d’un lien virtuel qui se prête à une complexification permanente, cumulative et explosive.
Je livre cette conception au lecteur comme m’étant personnelle c’est-à-dire ne relevant d’aucune autorité scientifique autorisée.
Je l’assume cependant totalement, et je n’en reconnais pas de meilleure.

La conception de l’homme qui prévaut actuellement dans les sociétés occidentales est la conception religieuse issue du christianisme et revue par les Lumières, telle qu’elle s’exprime dans la Déclaration d’indépendance des États-Unis de 1776 ou dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française de 1789. Ce mythe a pris le relais des croyances moyenâgeuses inspirées du monothéisme des anciens Perses, pour honorer un homme déifié , dont la vie est réputée sacrée. Il s’agit certainement d’un concept séduisant pour construire un humanisme dans le prolongement laïque de notre culture chrétienne, mais il ignore superbement ce que la science nous apprend de l’homme, qu’elle n’a commencé à appréhender qu’après la publication de l’œuvre fondatrice de Darwin en 1859, De l’origine des espèces.
Nous traitons donc les maladies de la société sans avoir fait évoluer nos connaissances depuis plus de deux siècles. Qu’on imagine ce que serait la médecine si la même pétrification des idées avait prévalu !

Je proposerai la semaine prochaine d’adopter la conception de la société humaine que j’ai décrite ici, pour analyser le phénomène du chômage.


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46 réactions à cet article    


  • erdal (---.---.242.88) 4 décembre 2006 13:14

    Approche vraiment intérressante...

    Si je vous ai bien compris, la conscience cherche à s’affranchir de la matière (des gènes) ?

    On est dans la sience fiction, vous auriez pu dire que la seconde de l’homme s’éteindra et engendrera l’intelligence artificielle... ;-/

    cordialement

    erdal

    PS : Vous connaissez cette expression « parfois la réalité depasse la fiction »


    • DEALBATA (---.---.166.140) 4 décembre 2006 13:40

      « Je l’assume cependant totalement et je n’en reconnais pas de meilleure. »

      Enfin démasqué ! Derrière candide2, Dieu nous a envoyé un message subliminale : « Bande de niais(dire que vous êtes à mon image ! Enfin, la copie ne vaudra jamais l’original), ça fait des siècles que vous êtes dans l’erreur, mais mon avatar, Dandide2 (le premier était complètement raté), va vous donner la vérité : « Je vais tout vous dire mais vous ne saurez rien. » Un chouette effort de pédagogie dont le clarté est sans doute due à « Science et Vie Junior » qui n’a pas son pareil pour expliquer en un ou deux dessins (desseins ?), la substantifique moelle de l’existence. Et dire que la semaine prochaine, il n’y aura plus de chômage puisqu’on aura compris son mécanisme !


      • Tristan Valmour 4 décembre 2006 13:58

        Bonjour Candide 2

        J’ai trouvé vos articles sur « le Vivant » à la fois très intéressants et vraiment pédagogiques. Bref, un régal. Il y aurait beaucoup à redire sur chacun d’entre eux - ce qui a été fait par d’excellents commentaires -, mais l’ambition de votre œuvre est méritoire. Votre dernier article me laisse malgré tout sur ma faim car je ne vois pas en quoi la société humaine est un organisme vivant. Je n’ai lu aucune démonstration.

        Ce que j’ai compris en vous lisant, c’est que vous développez un système, comme l’ont fait en leur temps Aristote, Thomas d’Aquin, Hegel et pourquoi pas, Karl Jaspers (De la Vérité). Or l’une des limites à un système est justement qu’il s’auto-alimente et s’auto-justifie, qu’il fige la pensée et le penser. Une démarche synthétique n’est pas la somme des démarches analytiques. D’un autre côté, il n’est pas facile de démonter un système.

        Au final, la science ne peut concourir qu’imparfaitement à la manifestation de la vérité parce qu’elle n’étend son emprise que sur ce qui est perceptible, sensible, et parce que l’être humain est limité, même si ses connaissances doublent tous les 15 ans. Les limites sont : dualité individu/être social ; capacité à se concentrer durablement ; dogmatisme ; affect ; mémoire, etc. Mais ce que la science sait faire, elle le fait mieux que n’importe quelle autre discipline. Un chercheur m’a pourtant affirmé que la science se trahissait car les protocoles de recherche sont soumis à des contraintes budgétaires et à l’attente de résultats. Plus clairement, il fallait s’attendre à de plus en plus d’erreurs car les expériences sont arrêtées trop tôt. Cela donne à réfléchir.

        Sur la réflexion, je reproduis ici un paragraphe trouvé dans un guide scolaire au cours de mon enquête sur le soutien scolaire, et qui montre de façon très claire les limites et les contradictions de la réflexion.

        « Toute réflexion, parce qu’elle est humaine, sera pourtant incomplète, quelle que soit l’intelligence de celui qui la conduit. Car l’esprit humain est limité. En effet, qui réfléchit se concentre, se focalise sur une information ou sur un ensemble d’informations, et se trouve incapable de toutes les traiter avec une égale dextérité. Ainsi, lorsqu’on regarde au Nord, on voit mal se qui se passe à l’Est comme à l’Ouest, et pas du tout se qui se passe au Sud. On peut certes se retourner et combler ce manque, mais alors ce qui se passe au Nord nous sera inconnu. Regardons vers le Nord et plaçons des caméras pour observer l’Est, l’Ouest et le Sud. La technologie nous permet de pallier l’imperfection naturelle de l’être humain ; ici, une vision à 360°. Cette vision à 360° rendue possible par la technologie ne nous sera que d’une utilité relative car nous serons dans l’incapacité de nous concentrer d’une égale manière sur toutes les images couvrant l’ensemble d’un tel champ de vision. Demandons alors à nos six milliards de frères humains de nous aider dans cette tâche. Chacun d’eux devra se concentrer sur un point précis, et admettons que tous les points soient observés avec une égale compétence. Le problème semble alors réglé : la technologie, le nombre et la qualité de nos frères humains nous permettent d’observer ce qui se passe à 360° autour de notre position. Ce n’est pourtant pas le cas. En effet, cette vision n’est que synthétique, extérieure (à soi) et partielle. Nous n’avons fait que reconstituer une vision à 360°, et ce que nous voyons ainsi ne correspond pas à ce qui existe vraiment ; cette reconstitution n’est qu’une interprétation, aussi poussée et proche de la perfection soit-elle. En réalité il faudrait penser tout en se pensant (c’est à dire être à la fois un sujet et un objet impartial de la réflexion), et avoir une vision d’ensemble de la chose vue, tout en en voyant ses parties, d’une manière continue et constante. Seule une conscience unique et potentiellement omnisciente pourrait Réfléchir sans aucune limite ou imperfection et valider le fruit de cette réflexion. Quatrième conclusion : Réfléchir, c’est admettre l’impuissance et la limite de sa réflexion. »

        Cordialement


        • DEALBATA (---.---.166.140) 4 décembre 2006 14:51

          Eh oui ! La science moderne se heurte aux parois de son propre système et elle a du mal à l’admettre. Mais la boucle allant être bouclée, elle retrouve à travers le « comment » des lueurs du « pourquoi » qu’elle a perdues à cause de sa vanité. La réalité n’est pas un sujet d’observation, c’est un état d’être.

          « Connais toi toi-même »


        • Marsupilami Marsupilami 4 décembre 2006 16:05

          @ Tristan

          Tout en trouvant remarquable la synthèse - biologiste, forcémént biologiste - de l’auteur, je suis d’accord avec toi. Le réductionnisme scientiste n’explique pas tout.

          @ Dealbata

          Ma propre approche hyper-critique du scientisme n’est pas spiritualiste, donc très différente de la tienne, mais là-dessus je t’approuve.


        • Marsupilami Marsupilami 4 décembre 2006 16:09

          @ Dealbata

          Euh, j’oubliais : je n’adhère pas une seconde au « Connais-toi toi-même », vu que l’être est inconnaissable. On ne peut connaître qu’une chose, et très parcellairement : Comment on fonctionne, et non pas Qui on est.


        • Candide2 4 décembre 2006 17:39

          @ Tristan Valmour "je ne vois pas en quoi la société humaine est un organisme vivant. Je n’ai lu aucune démonstration."

          Il n’y a pas à le démontrer : il suffit d’observer que les sociétés humaines répondent à la définition des organismes vivants dont nous avons suivi les mécanismes de complexification depuis les cellules procaryotes et qui émanent successivement d’organismes plus simples, « socialisés » dès qu’un mécanisme de liaison peut émerger afin d’en assurer la cohésion et l’individualisation au point que ce nouvel ensemble (organisme) accède à des propriétés nouvelles émergentes et donc à un mode de vie original. Les sociétés humaines répondent à la définition d’organismes vivants au même titre que les autres sociétés animales. J’insiste beaucoup sur le fait qu’elles soient d’une nature profondément différente de par la nature « culturelle et donc immatérielle » du facteur de cohésion, mais cela ne leur retire en rien les autres caractéristiques, notamment celle de suivre des lois propres qui ne soient pas déductibles des propriétés de ses composantes.


        • Tristan Valmour 4 décembre 2006 18:35

          @ Candide 2

          Merci pour votre réponse qui m’éclaire un peu mieux. Mais je continue de ne pas être convaincu, ne serait-ce que parce qu’un faisceau de caractéristiques communes ne saurait fonder l’identité. C’est aller un peu vite en conclusion. D’un autre côté, on trouve dans votre pensée un certain nombre de similitudes avec la philosophie de Gaïa (la planète vivante), très intéressantes.

          Je sais que vous méprisez assez la philosophie et les philosophes, mais une relecture (parce qu’on sait que vous en avez lu) de leurs oeuvres vous permettrait de compléter vos réflexions, très analytiques, par des réflexions plus synthétiques. Et puis, même les philosophes atomistes (490-430 av J.C ; Zénon fut son plus digne représentant), qui ne représentent pourtant pas la plus brillante école philosophique ont pensé l’atome bien avant sa découverte par les scientifiques smiley La philosophie cherche la vérité avec autant de rigueur que la science ; elles se complètent toutes deux sans s’exclure l’une l’autre.

          Pour terminer, je pense que vos articles sur le Vivant (et encore bravo) auraient pu se conclure par un article sur la mort, parce que comment penser l’un sans l’autre ?


        • DEALBATA (---.---.166.154) 4 décembre 2006 21:11

          @Marsu

          « ...vu que l’être est inconnaissable. On ne peut connaître qu’une chose, et très parcellairement : Comment on fonctionne, et non pas Qui on est. »

          Mais c’est là toute l’erreur de l’esprit moderne, la véritable connaissance s’identifie avec son connaisseur, la multiplicité n’est qu’une illusion, c’est une image imprimée dans notre mental, c’est justement ce que chaque religion combat avec plus ou moins de clarté : Cette division opérée par le mental nous oblige, nous force à décomposer l’unique, un peu comme le prisme et la lumière. La cohérence du monde vient de sa source unique et l’image de la projection sur un écran (le mental) en est la plus belle analogie. Nous ne connaissons les choses que par reflet, par perception, et cette connaissance est forcément parcellaire puisqu’elle est multiple. D’ailleurs cette chose n’existe pas en soi et en dehors de soi d’une manière indépendante, elle provient du principe qui est la définition de cette chose. Donc pour connaître véritablement, il faut être, c’est à dire se réidentifier avec le principe ce qui actuellement, il est vrai, est très difficile tant le mental (l’écran) se prend pour la source et c’est bien pour cela qu’il ne trouve rien et qu’il tourne en rond. L’être est inconnaissable tant que l’observateur séparera illusoirement ce qu’il cherche de ce qu’il est lui-même : pour connaître l’or, il faut être l’or, c’est à dire s’identifier au principe de l’or, ce qui fait la qualité de l’or c’est son principe pas son expression, c’est à dire pas tel qu’on le perçoit mais tel qu’il est. Le fonctionnement est accessoire voir dangereux puisqu’il plonge illusoirement l’être dans un système de logique qui n’aboutit pas à lui-même : Je donne toujours le même exemple, mais il a le mérite d’être limpide, le comment du soleil aboutit à une fusion thermonucléaire alors qu’il est en réalité l’expression du principe Divin, c’est à dire qu’il représente symboliquement le Divin (la lumière) pour l’homme, si l’homme perd de vue ce sens, il se perd lui-même et c’est en ce sens que la civilisation moderne a perdu pratiquement toute trace de sens, c’est à dire de réalité.


        • Tristan Valmour 4 décembre 2006 21:21

          @ Dealbata

          Je suis assez d’accord avec vous, sauf sur le « Divin » qui me laisse perplexe. Pour illustrer vos propos, si je meurs tout meurt avec moi pour moi alors que tout continue d’exister pour les autres. Mais quelle importance pour Moi ?


        • DEALBATA (---.---.166.154) 4 décembre 2006 21:57

          @tristan valmour

          Ce qui est important, c’est d’utiliser cette vie pour déjà comprendre que nous sommes éternels et si nous en avons la qualité, nous délivrer de l’existence pendant notre vie, de cette illusion. Ainsi vous ne « mourrez » pas et vous retrouverez l’état d’être que vous cache le monde : Ne pas s’identifier au spectacle ne fait pas mourir le spectateur par contre vous participez indirectement à la libération de l’être dans sa totalité (Cf. sacrifice) c’est à dire que vous libérez en partie les autres puisqu’ils proviennent de la même source (l’Etre) et qu’ils sont soumis à la même illusion. Si vous mouriez, effectivement votre projection s’arrête mais pas le projeteur et si votre existence n’ a pas permis de vous libérer dans ce monde se sera dans un autre (dans lequel vous êtes déjà, la réalité est simultanée).


        • (---.---.141.147) 5 décembre 2006 12:35

          Bonjour,

          J’ai apprécié votre/vos articles ... Jusqu’à l’apparition du religieux dans votre démonstration. Quelle déception. smiley

          Toute l’argumentation que vous faites est bonne, elle est appuyée sur des travaux scientifiques, que des chercheurs se sont efforcés de démontrer, ce qui les valides...

          Mais pourquoi en l’espace de quelques lignes voit-on apparaître tout les travers de la religion.... L’apocalypse, le blasphème, la vérité de dieu...

          Il n’y a pas d’explosion et de fin du monde, l’univers est vaste.

          Si vous pensez que les sociétés sont des êtres vivants démontrez le, faites l’effort qu’ont fait tous les scientifiques qui vous ont précédé et permis d’élaborer votre théorie, démontrez le par des expériences !!!

          Et ne sombrez pas dans la menace de l’apocalypse et la nécessité d’interdit scientifique ou technologique ou je ne sais quoi !

          Cela dit merci pour ces articles !


        • Emile Mourey Emile Mourey 4 décembre 2006 15:51

          A l’auteur.

          Bien que je n’ai pas les connaissances scientifiques pour juger, je peux apprécier la logique de votre raisonnement. Il est toutefois un point qui m’interpelle et dont je vous ai déjà parlé dans le commentaire que je vous ai adressé suite à votre article sur les gènes, la violence et les religions et dont voici un extrait :

          En effet, en poursuivant la démarche « évolutionniste et pragmatique », vue sous l’angle de la compétition des espèces entre elles, puis des groupes sociaux, on pourrait l’extrapoler jusqu’à considérer dans la logique de l’évolution la compétition entre eux des grands ensembles culturels/religieux/ethnique d’aujourd’hui... et l’élimination du plus faible par le plus fort (qu’on se rappelle les thèses très intéressantes d’Alexis Carrel, pourtant dévoyées par les intellectuels du nazisme).

          D’où viennent nos valeurs morales ? C’est la question que je me pose et que je vous pose.

          Cordialement.

          E. Mourey rédacteur d’Agoravox. site internet : http://www.bibracte.com


          • Roman (---.---.253.231) 4 décembre 2006 16:37

            Je ne suis pas l’auteur mais je me permet de répondre quand même. Les valeurs morales ne sont que des raisonnements indépendants. Dans un situation donnée nous savons que c’est mal de tuer suite à l’intégration de toutes les données de la situation dans notre cerveau. C’est l’homme qui au cours du temps essaye de synthétiser ses actions possibles bénéfiques ou maléfiques en valeurs morales. Beaucoup d’entre nous avons la valeur morale « ne pas tuer » mais en réalité chacun d’entre nous y ajoute des circonstances atténuantes comme la légitime défense... Donc les valeurs morales n’existent pas comme les maths. C’est l’homme qui invente des règles pour avoir une meilleure vue d’ensemble du monde qui nous entoure (les maths) et de ce qui est bien ou pas de faire (les valeurs morales).


          • Candide2 4 décembre 2006 17:50

            @ Emile Mourey

            "D’où viennent nos valeurs morales ? C’est la question que je me pose et que je vous pose."

            Il m’est difficile de répondre à vos questions dans le cadre étroit que je m’étais fixé pour vulgariser la notion de complexification du vivant. La notion de compétition des éléments de culture est abordée actuellement par beaucoup de scientifique dans le cadre de la mémétique qui est un courant de pensée prolongeant les idées de Richard Dawkins qui a inventé le terme de « meme », par analogie aux gènes.

            L’origine de nos valeurs morales est un autre sujet passionnant qu’il est tout aussi difficile de traiter brièvement. Je ne voudrais cependant pas éluder totalement votre question car vous attendez évidemment de moi une réponse scientiste et non pas philosophique. Pour être simple, disons que nos valeurs morales viennent de l’amour qu’il est nécessaire que nous nous portions à nous-mêmes. Dès lors que nous avons accédé à la conscience supérieure, tout converge pour que ce « moi » ait un régime de faveur et les émotions sont là pour que les actions soient orientées vers l’amélioration de notre bien être (milieu intérieur). Ce moi conscient s’est prolongé dans le phénomène social par une sorte de miroir, analogue à nos propres cartes internes, générant un sentiment qu’on appelle l’empathie, qui permet d’étendre notre égocentrisme à ce qui nous ressemble. On conçoit que ce caractère ait été déterminant pour la cohésion sociale, mais n’allait pas sans sa contrepartie de détruire les ennemis. Vous avez ici tous les fondements biologiques de l’amour du prochain qui ne va pas sans la haine des autres et toutes les variantes de la xénophobie, racisme et sentiments assimilés. Des constructions intellectuelles plus élaborées ont fixé des conventions sociales mieux adaptées par la suite, par l’entremise de lois ou de religions notamment.


          • Emile Mourey Emile Mourey 4 décembre 2006 18:16

            A M. Roman

            Oui, je serais assez d’accord. Je ne pense pas que les valeurs morales nous soient tombées du ciel, comme par miracle, par une révélation venue d’un dieu extérieur. Mais je ne sais pas si c’est l’homme qui les invente ou s’il les découvre. L’auteur de l’article passe un peu trop vite sur ce qu’il appelle « les mythes et l’homme déifié ». Pour ma part, j’aurais tendance à y voir une montée de conscience, une fois débarrassée des inévitables scories que sont les superstitions. Dans cette hypothèse, le christianisme peut être retenu comme une pensée qui s’inscrit d’une façon assez harmonieuse dans l’évolution de la société humaine. Et si l’on prévoit la fin de l’humanité dans un avenir proche, voire immédiat,je suis bien obligé de constater que ce que notre humanité aura produit de mieux, notamment dans le domaine des arts, c’est bien le christianisme.


          • Emile Mourey Emile Mourey 4 décembre 2006 18:20

            A l’auteur.

            Merci, votre réponse est intéressante. Je vais y réfléchir.

            E. Mourey


          • Emile Mourey Emile Mourey 4 décembre 2006 19:14

            A l’auteur

            Au sujet des valeurs morales (exemple : la condamnation du racisme).

            Votre réponse est intéressante. Cela me rappelle un article que j’ai lu, il y a déjà un certain temps sur les neurones-miroir lorsque j’essayais de comprendre l’histoire des peuples du Proche-Orient et du Moyen-Orient d’après les textes sumériens et ceux de la Bible. En effet, ce qui m’a le plus étonné au plus loin que je remontais dans le temps, ce n’est pas tellement les actes de cruauté, mais la façon dont les auteurs de ces actes les présentaient comme si cela était naturel. « J’ai fait empaler les prisonniers. J’ai dressé vers le ciel des pyramides de têtes. J’ai donné l’ordre de brûler vives les populations qui m’avaient résisté. J’ai fait écorcher vifs les chefs des armées après les avoir vaincus. » C’est à peu près en ces termes que le roi Assournazirpal II (?) célèbre sur une stèle votive ses exploits guerriers, étonnant témoignage de la civilisation assyrienne du IXème siècle avant notre ère.

            Et dans le Deutérome, on trouve ceci :Et si une ville ne fait pas la paix avec toi et engage le combat, tu l’assiègeras, et quand Yahvé, ton Dieu, l’aura livré entre tes mains, tu frapperas toute sa population mâle du tranchant du glaive. C’est seulement les femmes, les enfants, le bétail et tout ce qui est dans la ville, toutes ces dépouilles, que tu prendras pour toi en butin, et tu vivras des dépouilles de tes ennemis que t’aura donné Yahvé, ton Dieu. »

            Conclusion : toute l’histoire du peuple juif, notamment au retour de l’exil de Babylone, montre plus d’une fois des exemples de ce que nous appelons aujourd’hui du racisme, mais qui dans cette époque, ne peuvent s’expliquer que parce que les hommes de nations différentes ne se voyaient pas semblables.

            Si les hommes aujourd’hui se voient semblables, ne serait-ce pas parce que nos cerveaux ont poursuivi une évolution avec l’apparition de neurones-miroir ( qui n’étaient pas encore formés dans ceux de nos ancêtres).

            E. Mourey


          • Candide2 4 décembre 2006 20:30

            @ Emile Mourey

            Je ne peux pas vous suivre dans les interprétations que vous donnez de la barbarie de l’époque biblique. Il n’y a pas de différence constitutionnelle entre ces barbares et nous autres ! La différence n’est que culturelle. La cruauté était souvent considérée comme un acte dissuasif de bonne politique et on conçoit que les chefs militaires aient pu s’en vanter. Le deutéronome reflète ce qui pouvait paraître normal à l’époque où il a été écrit, c’est-à-dire du temps du roi Josias, vers le 7eme siècle AV JC selon les historiens.

            Mais la peur ou la haine de l’autre n’implique pas de gènes ni de neurones différents ! C’est un sentiment reptilien que nous avons toujours eu et que nous avons encore ! La plupart des cultures modernes (pas toutes ?) nous inculquent des comportements qui étendent le champ de notre empathie à l’ensemble des humains, mais il suffirait que cette culture fasse défaut ou soit pervertie pour que les mêmes monstruosités réapparaissent !
            L’histoire abonde de telles rechutes collectives ou individuelles.

            Il ne faut jamais perdre de vue que l’homme, même moderne, reste la plus abominable des espèces animales et qu’il n’est civilisé que s’il a reçu la culture adéquate.
            C’est cet amalgame entre la bête humaine et l’homme civilisé que je dénonce quand je parle du « mythe des droits de l’Homme ».


          • Tristan Valmour 4 décembre 2006 21:17

            @ Candide 2 Je suis assez d’accord avec vous (sur le lien entre amour de soi et morale) jusqu’à « ce qui nous ressemble ». Après, votre démonstration me semble plus discutable. La cohésion sociale est issue d’un ensemble de solidarités opportunistes (au sens utilisé en sciences sociales) jusqu’à ce que la conscience qu’à l’Homme de voir perdurer son espèce ait modifié son comportement. En effet, à l’origine, il y avait solidarités humaines contre les dangers que représentaient la Nature. A ce titre, les plus faibles n’étaient pas protégés puisqu’ils pouvaient mettre la race humaine en péril. Ensuite, les solidarités se sont délitées en de multiples appartenances (en raison de la multiplication des hommes, et corollairement des divisions sociales : division du travail, division de la connaissance, etc.), hiérarchiquement organisées et parfois opposées. Avec un Homme nombreux et le problème de la menace que fait peser la Nature sur lui résolu, les solidarités ont pu s’épanouir non plus de manière opportuniste mais altruiste. Les plus faibles ne sont plus un handicap insurmontable pour la société. D’ailleurs, nous sommes tous condamnés à porter des lunettes ou des lentilles car on ne risque plus d’être tués par un mammouth, quand en ces temps anciens la sélection naturelle ne laissait aucune chance à qui n’avait pas une bonne vue. D’un autre côté, avec un Homme nombreux, la valeur objective d’un individu a diminué puisque sa perte ne met nullement l’humanité en danger. D’où les guerres, la xénophobie et autres comportements destructeurs. Je m’inscris donc en faux lorsque vous énoncez : « Vous avez ici tous les fondements biologiques de l’amour du prochain qui ne va pas sans la haine des autres et toutes les variantes de la xénophobie, racisme et sentiments assimilés. ». Cette dernière phrase est très dangereuse car elle porte une caution scientifique à la xénophobie. Je suis xénophile, pourtant aussi biologique qu’un autre je crois.


          • Hume Hume 4 décembre 2006 21:29

            Qui dit que les « neurones miroirs » n’etait pas formes ?

            La conscience evolue. En fonction de la culture et de l’education. Moi j’y vois plutot la un effet « extra-biologique ».


          • Emile Mourey Emile Mourey 4 décembre 2006 21:38

            A l’auteur

            A mon interrogation : Si les hommes aujourd’hui se voient semblables, ne serait-ce pas parce que nos cerveaux ont poursuivi une évolution avec l’apparition de neurones-miroir ( qui n’étaient pas encore formés dans ceux de nos ancêtres) ?, vous me répondez que La différence n’est que culturelle.

            D’après Wikipedia, les neurones miroirs désignent une certaine catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité à la fois lorsqu’un individu (humain ou animal) exécute une action et lorsqu’il observe un autre individu (en particulier de son espèce) exécuter une même action, d’où le terme miroir. De tels neurones ont d’abord été découverts chez le singe, mais depuis on en a observé chez l’homme et chez certains oiseaux. En neurosciences cognitives, ces neurones miroirs sont supposés jouer un rôle dans des capacités cognitives liées à la vie sociale comme la capacité à imiter ou l’empathie. Les neurones miroirs sont souvent présentés comme une découverte majeure des neurosciences.

            Si je vous ai bien compris,vous ne suivez pas cette thèse, ce qui ne me dérange aucunement, l’idée d’une évolution par la culture s’accordant bien mieux avec mes écrits.

            Ne me voulant qu’historien, je cherche plutôt à savoir quel est l’état des connaissances scientifiques sur ce qui touche à notre évolution.

            Je vous invite toutefois à prendre connaissance de mes travaux sur l’histoire des origines des religions du Livre. Car, comme le dit un philosophe connu (André Comte-Sponville), nous pensons avec les autres.

            Toujours amicalement (il faut bien animer le débat)


          • DEALBATA (---.---.166.154) 4 décembre 2006 21:39

            « D’où viennent nos valeurs morales ? C’est la question que je me pose et que je vous pose »

            Elles viennent de la connaissance du bien et du mal qui est à l’origine de l’existence de l’homme : le bien et le mal s’exprime d’une manière relative à l’existence, le bien représente la connaissance relative de Dieu (Dieu dont la perfection contient donc en principe les deux) qui est de plus en plus caché par le mal. Le mal, lui, représente l’existence, la matière, la multiplicité, l’individualité ou tout cas tout ce qui peut séparer d’une manière illusoire. Mais attention, le piège est grand car il nous fait juger des comportements que l’on taxe de barbares par rapport à notre propre civilisation dégénérée : L’exemple des sacrifices ou des meurtres perpétrés pour Dieu étaient de l’ordre symbolique, c’est à dire que la mort des hommes, dans ce cas, n’avait aucune valeur puisque l’existence dans laquelle ils se trouvaient n’étaient qu’un mirage, un piège qu’il fallait condamner par la mort qui représentait rien par rapport l’éternité. Tous ces actes « barbares » avaient un sens que nous avons perdu et que nos « valeurs » ont remplacé peu à peu par un sentimentalisme mièvre et inconsistant. Beaucoup de ces principes qui donnaient du sens à l’existence se sont matérialisés pour donner les « valeurs morales » de la modernité et qui ne sont en fait qu’une pâle réminiscence allant jusqu’à l’inversion complète du sens des principes dont elles étaient issues. C’est dire si ces valeurs ne représentent plus rien à notre époque.


          • Tristan Valmour 4 décembre 2006 21:50

            @ Candide 2

            D’accord avec vous sur la barbarie de l’époque biblique, sur l’absence de différence structurelle entre l’homme d’autrefois et celui d’aujourd’hui, et sur tout le reste, à l’exception de :

            1. « Mais la peur ou la haine de l’autre n’implique pas de gènes ni de neurones différents ! C’est un sentiment reptilien que nous avons toujours eu et que nous avons encore ! » La haine de l’autre n’est pas un sentiment reptilien. Mais l’agressivité oui. La haine est une conséquence de l’agressivité. 2. « Il ne faut jamais perdre de vue que l’homme, même moderne, reste la plus abominable des espèces animales et qu’il n’est civilisé que s’il a reçu la culture adéquate. ». Je ne pense pas que l’Homme soit la plus abominable des espèces animales (ou alors vous n’avez jamais vu un diable de Tasmanie hihi). C’est un animal par bien des aspects. On sait aujourd’hui que même des animaux sont capables de cruauté gratuite et autres comportements destructeurs (suicide des dauphins...) que l’on prêtait aux humains. En revanche, l’homme est devenu un animal social qui aide les plus faibles alors même qu’ils ne lui sont pas nécessaires. Et c’est d’ailleurs ce que Darwin a écrit (je ne me souviens plus dans quel ouvrage). On pourrait dire que l’Homme est une espèce abominablement merveilleuse !


          • Nicolas (---.---.226.189) 4 décembre 2006 21:55

            @ Emile Mourey, l’origine des idées morales a été débattue très longuement et très âprement au cours du XVIIIème siècle. Se sont affrontés les partisans du christianisme, les matérialistes/sensualistes (Diderot, d’Holbach, La Mettrie, le clan philosophique, etc,) l’école des philosophes écossais (les Scottish moralists auxquels Adam Smith et sa « Theory of moral sentiments » a fait écho), et bien d’autres.

            La théorie des sentiments moraux et leur origine peut constituer pour certains philosophes une problématique sérieuse. Cependant, la morale est une invention humaine, toute humaine. Elle est une création de notre imagination/raison, tout comme les arts, les sciences dans leur diversité, et autres activités qui sont spécifiques de l’homme. Il faut noter qu’un grand nombre de préceptes de morale varient selon les groupes humains. En regardant l’humain pris dans son entier je serais tenté de dire que l’origine de la morale est une question qui n’a pas d’importance (excusez moi). Seules comptent son existence et l’usage que l’on en fait ainsi que son perfectionnement, comme toute autre discipline de l’intelligence, et le développement de la sensibilité ou « sympathy ». Personnellement, je pense que la méthode génétique concernant la morale ne débouche pas sur une démarche féconde.


          • Emile Mourey Emile Mourey 4 décembre 2006 23:03

            A l’auteur (pour animer le débat)

            Vous dites :...un sentiment qu’on appelle l’empathie, qui permet d’étendre notre égocentrisme à ce qui nous ressemble.

            Je propose une autre explication : si l’homme est un animal mais transposé sur un plan supérieur, ne pourrait-on pas considérer qu’un groupe social est comparable à la meute, mais également transposée sur un plan supérieur ? (raisonnement analogique) ?

            Or, dans la meute, les animaux, non seulement ne s’entretuent pas mais font bloc contre une meute concurrente (c’est pour ainsi dire programmé, le loup étranger n’est pas accepté dans la meute alors qu’il pourrait y ajouter sa force).

            Par analogie, on peut penser qu’il en est de même pour le groupe social et que c’est du fait d’une évolution naturelle ou par nécessité de survie que les groupes sociaux passent entre eux des alliances ou continuent à se combattre.

            D’où une autre explication de l’amour entre les hommes, non pas une projection de notre égocentrisme sur nos semblables mais une sublimation de l’instinct animal sur un plan supérieur qui serait l’amour, d’abord au sein du groupe, ensuite au sein de l’alliance.

            D’où également une interrogation sur l’existence éventuelle d’un plan encore supérieur que échappe encore à notre entendement.


          • Emile Mourey Emile Mourey 4 décembre 2006 23:19

            A Nicolas

            Vous dites : Personnellement, je pense que la méthode génétique concernant la morale ne débouche pas sur une démarche féconde.

            Oui, je le pense aussi. Mais comme l’article de l’auteur me paraît intéressant, je pense que c’était l’occasion de développer un peu plus la question.


          • DEALBATA (---.---.166.140) 5 décembre 2006 08:33

            « D’accord avec vous sur la barbarie de l’époque biblique, »

            La véritable barbarie, c’est la perpétuation de meurtre sans en comprendre le sens symbolique, c’est détacher l’acte de tuer et son incidence dans l’éternité. Ces propos paraîtront certainement choquant pour ceux qui limitent l’expression de la vie et de l’existence à une simple individualité exempt de tous liens avec le principe, pour ceux-là, effectivement, l’acte du sacrifice et les massacres au nom de Dieu ne représenteront à leurs yeux tout le mal que peut porter en elle l’humanité mais le Démiurge nous trompe, le véritable mal de l’humanité, c’est de ne plus croire que la vie représente un symbol de l’éternité et que tout doit être fait dans l’univers, nos actes ainsi que nos pensées, pour resonner à l’unisson de Dieu. La vie est devenu pour les modernes une chose « sacré » mais dans un sens opposé à sa première acception, c’est à dire qu’elle a pris de la « valeur » parce que le mental de l’humain l’a limité à sa seule durée sur terre sans lui donner de sens et en la coupant artificiellement de son origine ainsi que de son exaltation. C’est cette limitation qui fait que dans nos sociétés, la vie est devenue un synonyme de profit outrancier (avec les conséquences que l’on connaît) puisqu’elle en est réduite à la portion congrue du temps qui nous est donné. C’est en réalisant cette inversion de sens, dans laquelle est plongée l’humanité, que l’on a un aperçu de l’incompréhension profonde que l’homme moderne a développée au cours des siècles nous plongeant dans ce que l’on peut véritablement appeler l’obscurantisme intellectuel.


          • DEALBATA (---.---.166.140) 5 décembre 2006 08:58

            Les églises ou autres, ont toujours eu un rôle de garde fous vis à vis de toute « évolution » ou plutôt de toute interprétation consistant à passer du pourquoi au comment. Elles ont freiné, autant que faire se peut, le passage du symbolique au matérialisme, qui était pour elle, une forme dégénérescence, de distanciation entre l’homme et son principe. Elles étaient les gardiennes d’une connaissance de la réalité et exprimée sous forme symbolique qui ne devait à aucun prix subir les outrages d’une explication se limitant uniquement à la perception rationnelle (mais trompeuse) des choses. Le syncrétisme qui se développe de nos jours est lui tout aussi dangereux, car il laisse penser, en faisant régner la confusion, que la science moderne pourra un jour synthétiser par une connaissance de l’univers, l’expression de la vérité. Mais il laisse, heureusement, et pour ceux qui lisent entre les lignes, passer toujours le même message : la connaissance que détenait les sociétés Traditionnelles était dogmatique et renfermée sur elle-même et empêchait donc la recherche de la « vérité ». C’est à ce genre d’allusion que l’on peut conclure que le piège qui attend l’homme sera plus subtil que le précédent (Cf. matérialisme).


          • Roman (---.---.253.231) 4 décembre 2006 17:00

            Etant biologiste généticien je tiens à rajouter un commentaire. Si un être vivant est quelque chose capable de se reproduire dans un environnement comme un virus alors oui la société humaine est un être vivant. Un exemple simple et aussi le seul que je vois est celui des idées. La société humaine est capable de produire des idées et de les faire reproduire à travers les générations humaines. Ainsi les idées crées une première fois par un homme se propagent tel un virus à travers les hommes.

            Cependant la communauté scientifique est partagée sur le fait que les virus soient des êtres vivants car ils ont besoin d’une cellule procaryote (bactérie) ou eucaryote (plante ou animal) pour se reprodruire à l’identique. Ceci est tout comme les idées qui ne peuvent se reproduire qu’à travers des corps humains. Elles ne sont pas capable de se créer par elle même (2 idées qui se rencontrent ne peuvent pas se reproduire). Donc dans ce cas les sociétés humaines ne sont pas vraiment des êtres vivants complets au sens strict du terme et ne le seront jamais.


            • robin (---.---.17.85) 4 décembre 2006 21:04

              lol.....la matière ,quelle qu’elle soit est vie....quand on sait ça, on sait presque tout,donc la terre est un organisme,les planètes ,le soleil ,les étoiles, l’univers entier est vie.........c’est aussi simple que ça,notre science n’est encore qu’a la préhistoire !!!!!!!! smiley et nous sommes accrochés à des certitudes trompeuses,il serait bon pour la science d’ouvrir son esprit ..........


            • (---.---.141.147) 5 décembre 2006 12:40

              Oui, mais où est le bord de l’individu, la membrane de cette être ? Même virtuelle je ne le vois pas ! les sociétés sont tellement interpénétrées les unes aux autres !


            • T.B. T.B. 4 décembre 2006 18:23

              C’est curieux, cet article attire peu de commentaires. Normal, les bovins s’expriment par centaines, enfin rotent, autour de la « démocratie représentative ». Là, c’est plus intéressant, ya juste à touner les pages du livre d’image. On peut même le colorier et faire des nonis dessins.


              • (---.---.200.56) 4 décembre 2006 20:21

                Ce qui es vivant,n’est pas mort,et vice-versa


                • (---.---.200.56) 4 décembre 2006 20:23

                  ce qui est mort,n’est pas vivant... La semaine prochaine,je vous expliquerai,les raisons de la décrue de la Méditerranée


                  • robin (---.---.17.85) 4 décembre 2006 20:50

                    LES DIFFERENTES RACES EXTRA-TERRESTRES Races d’origine reptiliennes et grands blonds

                    Une observation par un officier de police et patrouilleur Herb Shermer. Shermer décrivis ces créatures qu’il jura avoir rencontrées à l’extérieur de Ashland, dans le Nebraska, peu après minuit, le 3 Décembre 1967 :

                    « Ils mesuraient entre 1,40 m et 1,70 m de haut. Leurs uniformes étaient gris argenté, très brillant. Leurs combinaison leur montait jusqu’à la tête comme un capuchon de pilote. Une petite antenne se trouvait sur la partie droite de leur casque, juste au-dessus de l’endroit où devrait se trouver l’oreille. Leur poitrine était plus grosse que la notre, ils étaient de constitution très fine et musclée. Leurs yeux fut une chose que je n’oublierai jamais... la pupille allait de haut en bas comme une fente. Lorsqu’ils me regardèrent ils me fixèrent droit dans les yeux. Ils ne clignaient pas des yeux. C’était une situation réellement très inconfortable. Leurs nez étaient plats, et leurs bouches ressemblaient plus à une simple fente qu’à une bouche ordinaire... »

                    Le fait que les pupilles des créatures rencontrées par Shirmer était « comme une fente » semble indique que ces créatures était probablement de nature plutôt reptilienne ou saurienne, de la même manière que la plupart des serpents, lézards, etc. possède des pupilles en forme de fente verticale. La correlation avec les reptiles que nous faisons avec les créatures rencontrées par l’officier Shirmer n’est pas basée sur son seul témoignage, mais aussi sur d’autres, provenant de diverses personnes ayant également recontré des créatures semblables à ceux venant d’être décrites. Beaucoup de ces récits établissent un lien plus définitif entre l’ancienne race reptilienne-saurienne qui disparu de la surface de cette planète il y a des années, et les occupants d’ovnis non-humains rencontrés littéralement par des milliers d’individus.

                    Il semble, d’après divers récits, que ces occupants d’ovnis « sauriens » ne ménagent pas leurs efforts pour se cacher, ou du moins cacher leur véritable nature. C’est presque comme s’ils essayaient, « à la manière d’un caméléon », de se faire passer pour des êtres humains afin de gagner l’assistance de certains humains dont l’aide serait considérée comme utile pour mener à bien leur agenda démoniaque. Peut-être ceci explique-t-il les « combinaisons argentées » cachant l’ensemble de leurs corps ormis leurs visages. Ceci serait-il en partie une tentative de dissimulation de leurs caractéristiques reptiliennes ?

                    LA RACE DES PETITS GRIS

                    Les « PETITS GRIS » (Short Grey) ou EBE (Extraterrestrial Biological Entity), sont la race extraterrestre la plus communement identifié dans l’Ufologie et dans les pénomènes d’enlèvements. Il y plusieurs visions du « GRIS », plusieurs histoires et théories concernant cette races entre les scientifiques, les ufologues et les théoriciens de la conspiration.

                    Il existerait plusieurs races et les données sur ce sujet sont peu fiables et contradictoires. Il y a plusieurs descriptions de GRIS, et il y aurait 3 types de GRIS (A, B, C). Des Petits Gris classiques, des Gris de plus grande taille avec une forte protubérance nasale, des Gris de type insecte ou encore de type reptilien... Il y aurait trois type fondamentaux de Gris : « ceux qui se reproduisent par le biais du clonage, par le biais de couveuses pour des œufs et par un biais polyembryonnaire ». Toutes ces races ont en commun un problème de décadence et de dégénérescence biologique et sociale.

                    Certaines factions obéissent à d’autres ou sont en conflit les unes contre les autres (la guerre entre Gris, entre Gris et extraterrestres ou entre Gris et humains est un thème récurent). Ils sont tous humanoïde en apparence, une tête en amande, deux grands yeux noirs, deux bras, des mains sans pouces, des pieds et des orteilles. De petites bouches et des narines ont été remarqués aussi. Tous ont tendance à apparaître grisâtres de couleurs, d’où leur nom les GRIS.

                    Le type le plus généralement rencontré est très mince, avec deux grand yeux noirs. Ils sont petits, la bouche et le nez presque rudimentaire, une très grande tête avec un menton en pointe. La couleur de peau varie dans les gris sombre.

                    Il y a aussi eu beaucoup de rapport des races mutuelles entre l’ homme et les GRIS. Des hybrides, un croisement entre les races. Ils sont plus proche physiquement des humains, plus fort que les GRIS et auraient des pouvoirs de l’esprit. Beaucoup de « contactés » et de « victimes d’enlevements » ont annoncé l’observation de ces Gris avec la race des Nordiques.

                    La première population des Gris est innombrable. Ils sont relativement primitifs. Ils ont de grands yeux et ne ressentent que peu d’émotions en surface. Ils ont une mentalité collective. Ils opèrent dans des vaisseaux gigantesques et très peu d’entre eux restent dans leur monde d’origine. Ils vont de monde en monde lorsque les ressources sont épuisées. Concernant le second groupe, ils sont presque aussi nombreux et ont quelques différences physiques avec le premier groupe. Ces Gris travaillent parfois avec des humains évolués et d’autres races au contraire du premier groupe. Ce groupe est moins hiérarchisé et centralisé que le premier et fonctionne plus sur le mode du consensus. Le troisième groupe de la « race » de Gris, la plus sophistiquée mais bien moins nombreuse. Ceux-ci ont gagné ou plutôt regagné une flexibilité émotionnelle. Ils ne sont pas comme les humains mais ils en sont proches... Ces êtres ont une individualité suffisante pour exprimer des différences d’opinions et une unicité dans la personnalité. Il existerait des groupes renégats, en révolte contre le collectif et qui peuvent se montrer tantôt très hostiles, tantôt très amicaux.

                    Les Gris enlèvevent des humains car ils ont besoin d’une sélection aussi large que possible de matériel génétique afin d’assurer la viabilité d’un capital génétique plus performant, plus sophistiqué...Ils ont besoin d’une meilleure connexion entre l’esprit et le corps. Leur bagage génétique courant minimise cela. La structure génétique originale était nécessaire pour la survie dans notre passé. Mais des gènes nouveaux et modifiés sont nécessaires pour la croissance et la survie pour cette prochaine étape. Les Gris auraient une déficience génétique qui fait que leur système digestif serait atrophié et non fonctionnel. Cela viendrait d’une catastrophe de type nucléaire ou encore du fait qu’ils sont r sur la partie descendante d’une courbe d’évolution génétique. Afin de se nourrir, ils utilisent une enzyme ou une sécrétion hormonale extraite des tissus prélevés sur des animaux ou des humains encore vivants". Les humains feraient l’objet également d’expériences d’hybridation pour résoudre leur déficience génétique.

                    Pour les scientifiques, le « GRIS » est le type d’extraterrestre rencontré lors des description (et sous hypnose) par les victimes d’enlevement. On ne sait pas d’ou ils viennent ni leurs motivations. Ils pratique l’enlèvement d’humains, les testes, l’étude de notre race et nos comportement, l’étude de la terre. Pour les adeptes du New-Age,ils sont souvent associé comme une mauvaise race avec une mauvaise énergie. En raison de la pratique des enlèvements, beaucoup craignent les GRIS. Ils sont souvent associés à d’autres races, comme le Reptoids dont les motivationss sont également inconnues. Pour les théoriciens de la conspiration, la base de la conspiration standard déclare que les Gris se sont écrasés avec un ou plusieurs de leurs engins spatiaux, dont le cas le plus fameux est celui de Roswell, Nouveau Mexique en 1947. Le gouvernement des Etats Unis aurait récupéré un engin et accorde des enlèvements d’humains aux GRIS en échange de technologies.

                    On parle de Gris présents sur la terre depuis 1947 ou depuis des millions d’années, on dit même que la terre serait leur planète d’origine. On parle d’un conflit armé entre les Gris et l’armée américaine et entre les Gris et des extraterrestres « nordiques », conflit qui se déroulerait sous la terre au sujet justement de la possession d’installations et de bases souterraines gigantesques. Les Gris possèderaient même des villes entières dans les entrailles de notre planète, en dessous du Nouveau Mexique (base de Dulce) ou du Nevada (S4, Aire 51) voire même en dessous d’une installation civile ! (l’affaire de l’aéroport de Denver dont les sous-sols serviraient de base secrète à une infâme alliance entre Gris et militaires).

                    LA RACE DES NORDIQUES

                    Ils ressemblent aux hommes, certains affirement que si vous deviez en rencontrer un dans la rue vous ne seriez pas capables de faire la différence.

                    Ils sont appelés Les Nordiques ou Blonds parce qu’ils sont grands (plus de 2 mètres), ont des cheveux blonds et la peau claire.

                    Ce type d’extraterrestre est le plus intrigant puisqu’il suggère que la forme humaine ne soit pas natale à la Terre er que nous pourions avoir des ancêtres communs.

                    Beaucoup de « contactés » et de « victimes d’enlevements » ont annoncé l’observation de ces étrangers avec d’autre espèce étrangère, notament les GRIS. Ils seraient présent avec les GRIS dans les mêmes engins mais leurs association avec les gris est un mystère. Amis, Esclaves, Chefs ?

                    On parle aussi d’une guerre entre une des races des Gris et les grands blonds nordiques.

                    LA RACE DES ANCIENTS

                    Les ancients sont censés être une espèces extra-terrestres supplémentaires et étroitement liées aux gris.

                    On rapporte que les ancients dirigent et commandent les actions des gris. Ils ressemblent plus à des insectes que les gris et sont plus grand aussi.

                    Il seraient des esprits supérieures, supervisant les enlèvements humains et multipliant des expériences sur les sujets enlevés.

                    L’information détaillée sur l’interaction antique avec les êtres humains demeure toujours un mystère.

                    LA RACE DES HYBRIDES

                    Les Hybrides serait le résultat d’une séléction de Gris et d’humains. Les GRIS récupèrent des ovules et du sperme humain afin de combiner leur ADN avec l’ADN de ces échantillons humains pour créer une nouvelle race hybride.

                    La raison laquelle les Hybrides sont créés par les Gris varient parmi les chercheurs et ufologues

                    Créer ’une race supérieure ’ l’union des meilleurs aspects de l’homme et des traits des Gris, pour sauver le Gris de l’extermination en raison de l’utilisation excessive de clonage, ou encore nous sauver en transplantant l’espèce humaine aux planètes lointaines car nous somme bientôt proche de la destruction.

                    Les Hybrides sont plus proche physiquement des humains, plus fort que les GRIS ils auraient des pouvoirs de l’esprit. Ils sont mince avec un front haut et une tête légèrement plus grande et plus ronde qu’un homme.


                    • robin (---.---.17.85) 4 décembre 2006 20:51

                      lol.....................lol


                    • (---.---.75.144) 4 décembre 2006 21:39

                      merci pour vos articles même si mon manque d’aptitude à comprendre parfaitement tout ce qui touche au domaine scientifique m’empêche d’en maîtriser toute la portée ;

                      j’ai apprécié et continuez...vous n’aurez pas un maximum de lecteurs mais des lecteurs sincèrement intéressés et motivés sans débats houleux ni guerriers


                      • Marc P (---.---.112.8) 4 décembre 2006 22:21

                        L’animal , quand il n’est pas homme, voire les plantes peuvent ils produire et manipuler , mobiliser des symboles ? La,danse de l’abeille,est elle un symbole ?

                        « Définissons donc la culture : Pour un être humain, c’est tout ce qu’il reçoit du milieu extérieur, de sa naissance à sa mort, y compris les expériences qu’il a pu vivre lors de sa courte existence » : recevoir une meterorite sur la tête est ce s’enculturer ? La culture ne devrait elle pas mieux désigner ce qui venant de son semblable ou au moins d’un animal modifie un « bagage » culturel (mowgli et baloopar ex...) on distinguait nurture et culture...

                        Marc P


                        • Xavier Lainé (---.---.193.158) 5 décembre 2006 03:57

                          Et on en termine par l’homme, comme si la logique du vivant trouvait sa raison d’être dans l’homme, uniquement dans l’homme !

                          Ne devrions nous pas quitter notre anthropocentrisme et considérer que nous ne sommes qu’un élément d’un tout dont la vie est bien plus complexe encore que notre propre réalité ?

                          Nous ne sommes vraisemblablement qu’au début de nos connaissances : neurones miroirs, plasticité neuronale, cellules gliales, cet ensemble complexe qui nous met en lien avec nous-mêmes, avec les autres, mais aussi avec l’univers qui nous entoure, nous n’en connaissons que des bribes aujourd’hui.

                          Tout semble concorder pour dire que notre espace de vie s’inscrit dans un vaste espace somatique qui nous inclut dans un univers vivant. Il faut lire et relire James Lovelock et son hypothèse Gaïa ! Peu comme lui ont eu cette vision d’une terre vivante en nous invitant à quitter, sur des bases rigoureusement scientifiques, notre anthropocentrisme. Or, on ne parle que très peu de lui !

                          J’ai parfois le sentiment de voir réapparaître les fantômes de Galilée, de Giordano Bruno ou de Spinoza, tous ces hérétiques qui nous invitaient à quitter les rives de nos certitudes bien établies et qui furent voués à la calomnies d’églises hermétiquement closes à la nouveauté.

                          Vos articles ont le mérite d’ouvrir les questionnements. Faut-il forcément répondre à toutes les questions ? Ou, comme Woody Allen se laisser aller à penser que nous avons beaucoup de questions à nos réponses ?

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