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Accueil du site > Actualités > Technologies > La croissance infinie, un mythe incompatible avec la réalité de notre (...)

La croissance infinie, un mythe incompatible avec la réalité de notre monde.

Le déclin des ressources naturelles a commencé, s’il faut vraiment le rappeler, au moment ou l’homme a extrait les premiers silex de la terre. Il a depuis pioché sans réserve dans le bien commun pour satisfaire ses appétits toujours grandissants. Soucieux de développement et d’expansion, nos ancêtres ont pallié l’épuisement local des ressources en allant chercher ailleurs de nouvelles richesses pour édifier leurs empires. Certaines civilisations cependant ont connu un destin bien moins glorieux...

Des tribus polynésiennes vivant sur certaines îles (Mangareva, Pitcairn, îles de Pâques) ne purent contenir leur prolifération et disparurent de manière dramatique faute d’espace et de ressources. Ils ne purent envisager de quitter leurs îles en raison de l’épuisement du capital forestier sur celles-ci.

Aujourd’hui, l’économie globalisée, uniquement soucieuse des chiffres du PIB, voit se profiler à l’horizon une crise majeure aux conséquences indéfinissables. Les appétits insatiables du système capitaliste vont se retrouver face à ce que nos ancêtres polynésiens ont connu ; un épuisement des ressources sans possibilité de migrer ailleurs.

La première onde de choc qui fera vaciller l’économie mondiale viendra de l’épuisement des réserves mondiales de pétrole. De nombreux spécialistes de terrain, issus de l’industrie pétrolière, des ingénieurs, géologues, physiciens, économistes, se rassemblent maintenant depuis cinq ans dans les conférences de l’ASPO (association pour l’étude du pic de production de pétrole et du gaz naturel). Leur action consiste à prévenir les gouvernements et les acteurs du marché de l’imminence du choc pétrolier et des conséquences de celui-ci sur la croissance (www.peakoil.net). Même le peu recommandable Dick Cheney déclarait dans son discours au repas d’automne du London Institute of Petroleum en 1999 (alors qu’il était encore PDG d’Halliburton) que « Chaque année il faut trouver et développer des réserves égales à votre production simplement pour rester à flot. ... Pour le monde dans son ensemble, les compagnies pétrolières doivent théoriquement continuer à découvrir et développer suffisamment de pétrole pour compenser nos plus de soixante et onze millions de barils quotidiens de diminution de réserves, mais aussi pour répondre à la demande supplémentaire. D’après certaines estimations nous connaîtrons une augmentation moyenne annuelle de 2% de la demande globale dans les années à venir, parallèlement aux 3% de déclin de la production des réserves existantes, selon des chiffres optimistes. Cela signifie qu’en 2010, il nous faudra quelque chose de l’ordre de cinquante millions de barils supplémentaires par jour. Alors d’où viendra ce pétrole ? .... Si de nombreuses régions du monde offrent des opportunités exceptionnelles dans le domaine du pétrole, le Proche-Orient, avec deux tiers des réserves mondiales de pétrole et des coûts moindres, est l’endroit où à terme se trouve le gros lot, et même si les compagnies sont pressées d’avoir un meilleur accès à la région, les progrès demeurent faibles. [Passages mis en gras par l’auteur] ».

(On comprend mieux dès lors l’empressement des Etats Unis à aller guerroyer en Irak, avec comme justifications risibles des armes de destructions massives fantômes, libérer le peuple irakien du dictateur Saddam Hussein alors que les USA ont mis en place en Afrique et en Amérique du Sud de nombreux régimes tyranniques et que les dictatures pauvres en pétroles ont encore de beaux jours devant elles ou encore la guerre au terrorisme alors que les bases connues du terrorisme islamiste qui auraient (? ??) planifiés les attentats du 11/9 se trouvent en Arabie Saoudite et au Pakistan...)

On peut alors se prendre à rêver que d’autres sources d’énergies viendront pallier le manque provoqué par le pic pétrolier. C’est hélas une vision sans recul, car aujourd’hui, aucune alternative viable n’est envisageable à court terme.

Le pic pétrolier va relancer la vision nucléaire et charbonnière du marché de l’énergie. L’utilisation du nucléaire pour remplacer seulement un quart de l’énergie fournie par le pétrole et le gaz « naturel » nécessite la construction de plusieurs milliers de centrales. (A l’heure actuelle, 440 réacteurs sont en service dans le monde). La construction d’un seul réacteur de type EPR - 3eme génération de réacteur - coûterait à lui seul 3 milliards d’€. Faites donc les comptes en sachant que le PIB mondial est d’environ 40 000 milliards de dollars US en 2005.

C’est en plus, sans compter ni sur les quantités colossales de déchets mortels produites dans ces réacteurs, ni sur l’épuisement des ressources d’Uranium dans le siècle à venir (à utilisation égale... ce qui ne sera pas le cas).

Le retour au charbon constituerait notre plus sur arrêt de mort aux vues des quantités délirantes de toxiques rejetés dans notre atmosphère.

L’épuisement du charbon (à consommation égale à aujourd’hui) est estimé à plus ou moins 2 siècles.

Pour mémoire, nous produisons à l’heure actuelle près de 2 fois plus de gaz à effets de serre (GES) par année que ce que la terre peut assimiler. Ce qui laisse une petite idée du taux de concentration exponentielle des GES dans l’atmosphère dont nous devons nous débarrasser si nous voulons poursuivre l’aventure humaine.

Quant aux énergies renouvelables (ENR), elles ne peuvent pas encore remplacer l’abondance des énergies fossiles qui permirent à l’homme de connaître l’age d’or énergétique. Or le pic pétrolier se pointant à l’horizon, c’est aujourd’hui qu’il faut donc changer radicalement la destinée du monde si nous voulons d’un futur démocratique.

Croire en une croissance égoïste et sans limite revient à ignorer volontairement que les métaux suivront le même schéma de déplétion que les énergies. Alors comment construire les magasins, les véhicules et comment alimenter tout cela en énergie sans pétrole, sans métaux ?

Que les partisans d’une croissance soutenue nous expliquent comment nous ferons dans ces prochains cas de figures ? Qu’ils apportent des solutions aux problèmes engendrés par cette théorie pour pouvoir la défendre plus avant !

Nous savons, et de façon tout à fait vérifiée, que nos pratiques actuelles mettent le monde et la survie de l’humanité (entre autres espèces, dont de très nombreuses disparaissent à un rythme très rapide qui ne cesse de s’accélérer) en danger.

Nous savons que dans le cadre d’une croissance partagée nous, pays riches, devront décroître afin de rejoindre la moyenne équitable de développement que la terre autorise.

Si aujourd’hui les réserves encore disponibles nous laissent la possibilité de choisir la date de cette échéance il serait indispensable aux partisans d’une décroissance librement choisie de convaincre le monde de faire ce choix dès maintenant, car les possibilités de le faire plus tard s’amenuisent de jour en jour...

Par ailleurs nous savons que les 2 milliards les plus aisés ont un niveau de consommation à ce point élevé qu’il est simplement tout à fait impossible d’imaginer un niveau d’équité pour lequel tous les habitants de la planète bénéficieraient d’un niveau de vie équivalent à celui d’un occidental moyen.
L’empreinte écologique moyenne de ce dernier nécessiterait que nous disposions d’au moins 5 à 6 planètes équivalentes à la Terre pour que cela soit possible...

Vu notre voracité énergétique, il est peu probable que ce soit grâce aux énergies fossiles que nous enverrons de nouvelles colonies explorer l’immensité sidérale à la recherche de ces autres planètes nécessaires à notre croissance.

La boucle est bouclée.


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110 réactions à cet article    


  • miaou (---.---.228.179) 30 mars 2007 11:27

    L’ingéniosité humaine permettra (peut-être)de résoudre certains aspects du problème énergétique, via la fusion nucléaire (ITER) par exemple. Mais ce n’est qu’une hypothèse, et cela ne concerne que l’énergie : il faut aussi tenir compte du problème des matières premières (les métaux entres autres) qui connaissent d’ores et déjà une flambée (entrée en puissance de la Chine...)


    • Eric De Ruest (---.---.62.94) 30 mars 2007 12:08

      Bonjour miaou, j’ai peur que votre vision du nucléaire soit trop peu scientifique et appelle plutôt à l’espoir que tout continue demain comme aujourd’hui et c’est bien humain.

      Mais hélas, ITER est un projet du lobbying nucléaire mondial qui n’accepte pas de voir tout l’argent publique investi dans leurs délires radio-toxique sans que cela ne leur rapporte encore et toujours plus de bénéfices. Les citoyens décident de sortir du nucléaire, on nous invente ITER, merveille de propreté et de rendement énergétique. C’est un mensonge éhonté, extremement bien documenté ici :

      http://www.sortirdunucleaire.org

      Merci cependant de réagir, d’espérer et de faire vivre le débat démocratique.


    • (---.---.87.194) 30 mars 2007 13:24

      ATTENTION

      - Dans le fantasme récurent que la science puisse un jour nous fournir une énergie propre et illimitée et qui permet en attendant de maintenir le véhicule fou de notre société de consommation à la même vitesse et dans la même direction en occultant le mur dans lequel elle se précipite, il y a un fait systématiquement omis : LA DECOUVERTE D’UNE ENERGIE PROPRE ET SANS LIMITE SERAIT L’ULTIME CATASTROPHE.

      De même que les placards vides appellent le plein et les équipements routiers les voitures, cette énergie engendrerait une frénésie d’usages consommateurs de ressources, pollueurs, nocifs pour l’environnement et aliénant pour l’individu. On verrait apparaitre une surcroissance boostée à cette énergie.

      CONCLUSION

      La quête d’une nouvelle énergie ne fait pas partie des solutions mais du problème lui même et l’urgence absolue n’est pas de trouver une source d’énergie inépuisable mais de redéfinir les objectifs de développement de nos sociétés et de s’extraire du matérialisme et de la folle logique de la concurrence et du profit maximum qui nous emmènent tout droit dans un double mur : écologique et social.

      Le meilleure ennemi de l’humanité c’est pour l’instant l’humanité elle-même.

    • meta-babar (---.---.70.197) 30 mars 2007 14:33

      Vous vous trompez totalement, une énergie illimitée et propre (si ça existait) entrainerait une toute autre société. On ne sort pas du pétrole non pas parce qu’il n’y a pas de solutions mais parce que le pouvoir que certains en tirent s’effondrerait. Par ailleurs, le cas utopique d’une énergie illimitée et propre permettrait d’à peu près tout recycler pour pas cher, et donc on aurait pas de gros problèmes écologiques. Bref les gens qui pensent comme vous m’énervent au plus haut point, retournez au moyen age prier dieu, mais faites le sans moi.


    • DG. DG. 30 mars 2007 14:40

      La découverte d’une énergie propre et (relativement) illimité sera ce qui permettra de changer de civilization et de redéployer les outils de production. en effet, ce faisant, il fait tomber définitivement le paradigme libéral lié à la notion de rareté.

      premierement, la pression sur les ressources s’en trouvera considérablement allégée, celles-ci n’étant plus qu’exclusivement affecté à la production de bien matériel. Fin de la guerre pour les ressources énérgétique, paix plus probable

      deuxiement, disparition de la pollution engendrée par la production énérgétique : disparition du cout des « externalités » qui y sont liées.

      troisiement, disponibilté énergétique suffisante pour maximiser le recyclage des produits usagers, et, boom technologique et possibilité de fabrication de matériaux plus économe en matière première, procéde de fabrication plus efficace. économie de temps de travail.

      quatrièment, fin de la société de consommation, d’un point de vus conceptuel, on continuera bien-sur a consommer, la théorie de l’offre et de la demande étant définitivement invalidé dans sa dimension actuelle. redeffinition des théories économiques, et partant, mutation des comportements des agents.


    • meta-babar (---.---.70.249) 30 mars 2007 15:10

      heureusement, il y a des gens qui s’énervent moins et qui expliquent mieux que moi :p merci !


    • (---.---.107.65) 30 mars 2007 17:23

      A ceux qui appellent de leurs voeux une énergie illimitée et propre, pourquoi faites-vous fi de la pulsion suicidaire de l’humanité, qui trouverait alors un outil à sa démesure ?

      N’avez-vous pas l’impression que le progrès technologique est systématiquement détourné de son objectif premier (aussi louable soit-il) pour générer des nuisances ?

      Comment garantissez-vous que, avec une telle énergie disponible et avec l’instabilité géopolitique que l’on peut décemment postuler pour les décennies qui viennent (car l’énergie seule me semble impuissante pour refertiliser un sol ou dépolluer des fleuves entiers), il ne sera pas à la portée d’un hurluberlu richissime de « faire sauter la planète » ?


    • Lui (---.---.178.61) 31 mars 2007 12:50

      On touche un point important qui concerne la philosophie écologique voire la philosophie tout court.

      Je crois qu’il faut le répéter : nous sommes le fruit de millions d’années d’évolution et de biodiversité.

      Détruire la biodiversité c’est à dire le travail qui nécéssite une intelligence un un temps immense(le travail de la terre) c’est tout simplement perdre à jamais ce qui nous était le plus précieux, notre essence. Nous ne sommes pas différents les uns des autres. Nous sommes tous faits de la même chair.

      Ceux qui ne voient pas le lien vital entre eux et le monde qui les entoure ont décidément bien du chemin à faire...


    • Le chien qui danse (---.---.74.71) 31 mars 2007 13:11

      Vous avez raison mais vous ne pouvez négliger que le boulversement des puissances ne soit pas non plus un facteur nécessaire aux changement et rien ne dit que nous le ferons.

      Les sociétés industrielles brevettent le vivant pour mettre la main sur le monde végétal qui sera (certainement) hyper-developpé demain. Pouvons nous là encore faire confiance à cette caractéristique de l’esprit humain qui prévaut depuis moult siècles.

      Si nous ne changeons pas le fond et la forme du « projet humain » sur terre nous ne pourrons nous sortir de l’ornière dans laquelle nous tombons.

      Le simple fait d’accéder à une energie illimitée ne suffirait pas à résoudre les problèmes ce serait trop simple


    • (---.---.227.131) 1er avril 2007 12:25

      C’est beau de faire circuler des personnesn des biens et des marchandises tant qu’on veut mais on se nourrit comment : votre commentaire ne prend pas en compte les matières et terres nécessaires à notre alimentation. Quid de la pression sur le sol ? De la disparition de la matière organique (30 % de nos poubelles alors que les solutions de compostage existent et sont exploitées mais, bien sur, pas en France) ? De l’eau ?


    • Eric De Ruest (---.---.170.20) 1er avril 2007 12:51

      J’ai posté un autre article à ce sujet. Mais vous avez entièrement raison, je ne prône nullement la continuité de la société de la marchandise. Je réfléchis et propose des solutions pour stopper le capitalisme, qui est la source de tous nos maux, ici au Nord mais bien plus encore dans les pays du Sud.


    • phileb (---.---.112.166) 1er avril 2007 23:17

      Article intéressant et vrai sujet de réflexion. En revanche certains commentateurs en tirent des conclusion complètement idéologique. Comment une énergie quasi inépuisable (si cela arrive un jour) signerait la fin des options libérales ???

      L’air n’est pas rare, tout le monde en profite, où est le problème ?

      Ce qui fait la valeur, c’est d’abord le travail nécessaire pour obtenir quelque chose, et ensuite seulement sa rareté.

      Si quelque chose devient abondant et ne nécessite aucun travail, cela devient gratuit. C’est tout.


    • JL (---.---.73.200) 30 mars 2007 11:48

      Entièrement d’accord avec ce point de vue qui rejoint le mien exposé dans l’article

      « La droite, la Gauche, et le libéralisme »

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=21531&id_forum=824664&var_mode=recalcul#commentaire824664

      On y lit un extrait relatif à la croissance écrit en 1970 par jean Baudrillard dans son ouvrage « La société de consommation » :

      « Il faut abandonner l’idée reçue que nous avons d’une société d’abondance comme d’une société dans laquelle tous les besoins matériels (et culturels) sont aisément satisfaits car cette idée fait abstraction de toute logique sociale. Ce sont nos sociétés industrielles et productivistes qui sont ’dominées par la rareté’, par l’obsession de la rareté caractéristique de l’économie de marché, puisque ce qui est satisfait dans une société de croissance et à mesure que s’accroît la productivité ce sont les besoins mêmes de l’ordre de production, et non les besoins mêmes de l’homme. Il est clair que l’abondance recule indéfiniment : mieux, elle est irrémédiablement niée au profit de l’organisation de la rareté (la pénurie structurelle). »


      • Comenius (---.---.29.203) 30 mars 2007 21:31

        A partir de 2007 ou 2008, la production mondiale de pétrole va décroître à un rythme de plus en plus important, le pétrole conventionnel facile à extraire comme le pétrole dont l’extraction est difficile et très coûteuse.

        Selon une estimation raisonnable, nous aurions une production limitée à 80 % dans 12 ans et à 50 % dans 20 ans de celle d’aujourd’hui, car les réserves de pétrole ont été surestimées.

        Le nucléaire, les piles à combustible et les biocarburants sont des solutions illusoires (il faudrait 3 à 4 fois la surface agricole de la France pour remplacer le seul pétrole utilisé comme carburant).

        Lire : La fin progressive du pétrole pour en savoir plus.

        En effet, lorsque l’on étudie la consommation de pétrole (carburants, engrais et autres produits pétrochimiques) utilisée pour produire l’équivalent en biocarburants, on constate qu’il faut, sur un hectare de culture, en tonne équivalent pétrole (tep) :
        - huile de colza : 0,50 tep consommée pour produire 1,37 tep = 0,87 tep à l’hectare,
        - huile de tournesol : 0,29 tep pour 1,06 tep = 0,77 tep / ha,
        - éthanol de betterave : 3,22 tep pour 3,98 tep = 0,76 tep / ha.

        Pour produire l’équivalent des 49 millions de tonnes de pétrole consommées par les seuls transports (sans compter les autres usages) il faudrait utiliser dans le meilleur des cas (huile de colza) 56.400.000 hectares (564.000 km2) soit plus que la superficie de la France et 3,6 fois la superficie des terres cultivées en France.

        La situation est identique dans le reste du monde, sans doute pire dans les régions tropicales. Celles-ci permettent un meilleur bilan énergétique à court terme (en utilisant beaucoup de produits chimiques pétroliers), mais les sols de ces régions sont fragiles et deviendraient rapidement stériles, sans compter les ravages de la déforestation.

        La situation de l’agriculture et comment nourrir les populations sont des aspects méconnus de la disparition du pétrole, comme celui de la surpopulation.

        Depuis longtemps déjà, il est devenu urgent de consommer beaucoup moins d’énergie et de se préparer à des réalités contraignantes, de changer de façon radicale notre mode de vie, l’organisation du territoire (passer de l’exode rural à l’exode urbain), l’urbanisme, l’architecture, l’organisation économique et sociale.


      • Dominique Larchey-Wendling 2 avril 2007 09:27

        Comme vient de la dire Matthew Simmons, auteur de « Twilight in the desert » et l’un des meilleurs experts occidentaux de la production Saoudienne :

        « the odds of us not peaking in the next five years are zero. »

        Il n’y a aucune chance d’éviter « Peak Oil » dans les cinq ans qui viennent.

        Le problème du « Peak Oil » n’est pas celui du manque de pétrole dans l’absolu : au « Peak », la production sera la plus importante jamais enregistrée. Le problème, c’est que dans notre modèle de développement, la croissance économique est corrélée avec la croissance de la consommation pétrolière. Et donc, l’arrêt de cette dernière (à cause du « Peak Oil ») signifie l’arrêt de la croissance économique (globale).

        A moins d’une reconfiguration énergétique qui nécessite des investissements colossaux, nous faisons tous face à une récession. Les incantations/vociférations des économistes libéraux n’y changeront rien.


      • Forest Ent Forest Ent 30 mars 2007 11:58

        C’est juste une réflexion à chaud, et je serais bien incapable de la quantifier, mais j’ai le sentiment que si l’on considère l’énergie comme la ressource la plus critique, c’est parce qu’elle va manquer aux pays riches, et que par contre la ressource qui pourrait manquer rapidement le plus cruellement à l’humanité est l’eau potable.


        • Eric De Ruest (---.---.62.94) 30 mars 2007 12:24

          Merci Ant, vos remarques sont souvent sages et non tonitruantes. En effet, le gaspillage de l’eau pour l’irrigations de monocultures d’aliments hors-saisons (les tomates en hiver cultivées en Espagne,P.E.) pour la production de « nourritures » pour le bétail et maintenant pour les Agros-carburants nous conduit innévitablement à un stress hydrique dans les 50 prochaines années. D’ailleurs, je vous invite à visiter le site de l’assemblée mondiale des citoyens pour l’eau qui s’est réunie pour la première fois à Bruxelles ce dimanche 18 mars.

          http://www.amce.be/

          un compte rendu de cette première

          http://www.cadtm.org/article.php3?id_article=2521


        • Forest Ent Forest Ent 30 mars 2007 14:44

          Merci pour les liens. smiley

          Oui, en dehors de la surexploitation à usage agricole, il faut noter la pollution aux nitrates, pesticides, et autres produits chimiques divers et variés.

          Et puis le point à mon avis le plus préoccupant : la fonte des glaciers et neiges éternelles qui sont le principal régulateur de la distribution d’eau potable sur cette planète.


        • arturh (---.---.119.98) 30 mars 2007 13:03

          Ah bon ! La fin du monde est proche ?

          Qu’est ce que vous me conseillez concrètement alors, au sujet des paiments en retard de mes PV de stationnement ?


          • arturh (---.---.119.98) 30 mars 2007 13:23

            On voit surtout dans cet article la sécularisation de l’apocalypse religieuse.

            L’ère industrielle et la mort de Dieu ont produit une nouvelle forme de prédication de l’apocalypse. On peut noter au passage que cette forme de prédication n’est pas entièrement nouvelle. On se souvient encore des prédications du début du siècle dernier sur la surpopulation. Mais pilule et libéralisation de l’interruption de grossesse sont passées par là.

            Maintenant c’est deux variantes d’une même apocalypse : Mon dieu (et oui, au fond on y croit encore), je vais manquer d’essence pour aller voir tata Denise vs. Mon dieu je crame trop d’essence pour aller voir tonton Théodule, je vais faire cramer toute la planète.

            Plus sérieusement on peut également noter que si tous ces prédicateurs ne semblent plus croire en Dieu, il ne semblent pas non plus encore croire au Big Bang.

            En effet, on sait que ce n’est pas tellement la question du charbon ou du pétrole qui est posée, mais celle de l’énergie. D’ailleurs on dit bien « énergies fossiles ». Et ce qu’on consomme principalement dans ces « ressources naturelles », c’est l’énergie qu’elle produisent grâce aux lois de la thermodynamique qui dépassent, de très loin, les limites de notre planète.

            Or, la découverte du Big Bang a permis surtout de découvrir que nous sommes sinon au centre, du moins à l’intérieur d’une, comment dire, tiens, je vais dire : que nous sommes à l’intérieur d’une divine explosion d’énergie qui est en toujours en train de se produire...

            Donc finalement, je suis optimiste et zut, finalement, je vais payer mes PV.


          • (---.---.227.131) 1er avril 2007 12:35

            Tout dépend de l’horizon que l’on considère.

            A long terme, moi aussi je suis optimiste : après notre extinction, la vie repartira et d’ailleurs les céphalopodes sont les mieux placés pour prendre notre relève au sommet du règne animal.

            Mais en attendant, à court terme, je suis très pessimiste pour les années qui viennent et celles que vont vivre mes enfants.


          • Dominique Larchey-Wendling 30 mars 2007 17:17

            Si l’énergie abondante et bon marché a permis la construction du monde (occidental) moderne, sa disparation pourrait tout aussi bien le détruire. L’« intelligence » humaine n’a pas grand chose à voir la dedans. La richesse vient de la Terre.

            Soit la civilisation (occidentale) trouve une autre source d’énergie et perpétue un temps son modèle. Soit, elle n’y parvient pas et elle disparaitra, sans doute dans la violence vu les déséquilibres structurels qui l’affligent.

            La tragédie, c’est que les contemporains sont persuadé qu’ils ont atteint un tel niveau d’intelligence que leur empire survivra, au mépris des leçons de l’Histoire : ils ont l’arrogance des héritiers mais pas le courage des conquérants.


            • DG. DG. 30 mars 2007 19:37

              l’« énérgie » est un produit, elle se fabrique selon une « technologie » à partir de « ressource ». soit un facteur civilisationnel et un facteur naturel ; le facteur humain a largement a voire la dedans. la richesse vient de l’Humain.

              le probleme n’est pas tant le facteur naturel que le facteur civilisation ; certaines personnes semble avoir décidé que s’en était fini de l’humanité et agissent afin d’accélerer le mouvement dans ce sens ; le plus souvent afin de maintenir des situations de pouvoir au détriment de l’intéret général et de la vie d’autrui (y compris la biosphère dans sont enssemble) Et ce n’est pas toujours ceux qu’on croit.

              la civilsation se meurt a petit feu, depuis grosso-modo les année 70, date a laquelle beaucoup trop de gens on baisser les frocs devant le libéralisme intégral, s’addonant en échange au plaisir édonnisme de la consommation en tout genre. Ils se réveillent maintenant et vont aux colloque d’attac, pour se donner bonne conscience en écoutant une annalyse certes pertienente dans certains point. La trahison de la « gauche » avec Mitterand laisse le peuple sans espoir et le pcf n’est plus ce qu’il était, attaqué apar des trotskystes tout autant mondialiste que les ultra-capitalistes contre qui ils prétendent lutter.

              Donc, il y a un bloquage quelque part, et le pessimisme ambiant n’est pas la pour arranger les choses. a coté de ça, il y a quand même des gens qui font travaux de recherche pour trouver des solutions et ce n’est pas les aider que de déconsidérer leur travail implicitement leur travail par avance


            • arturh (---.---.119.98) 31 mars 2007 10:40

              On sait aujourd’hui que la richesse ne vient pas de la terre mais de la création de l’Univers depuis que Hubble a découvert le Big Bang.


            • Dominique Larchey-Wendling 2 avril 2007 09:30

              Pouvez-vous me donner un seul exemple de ressource que l’homme est allé exploiter dans l’espace jusqu’à aujourd’hui ?

              Il y a sans doute d’autres ressources en grandes quantités ailleurs dans l’univers, mais jusqu’à preuve du contraire, elles nous sont inaccessibles pour encore au moins un siècle.


            • Dominique Larchey-Wendling 2 avril 2007 09:38

              « l’ »énérgie« est un produit, elle se fabrique selon une »technologie« à partir de »ressource« ... »

              L’énergie n’est un produit que dans l’esprit des économistes de « la Terre plate ». On ne peut pas fabriquer de l’énergie. On ne peut que transformer une source d’énergie en une autre source d’énergie, en en perdant un peu ou beaucoup au passage (le plus souvent sous la forme de chaleur).

              Les énergies renouvelables sont des sources considérées comme inépuisables à l’échelle humaine (énergie d’origine solaire ou énergie géothermique).

              Le problème de ces sources, c’est qu’elles ne sont pas disponibles en débit arbitrairement grand. L’énergie renouvelable qui l’on peut capter un jour donné ne peut pas croitre indéfiniment. Elles sont donc incompatibles avec l’idée d’une croissance perpétuelle.


            • phil (---.---.17.100) 30 mars 2007 17:21

              l’énergie abondante est un luxe dont il va falloir apprendre à se passer. Quand on est habitué à descendre dans des hôtels quatre étoiles, il n’est pas concevable d’aller s’abriter dans un Formule 1. Pourtant des gens le font, donc ça doit être possible.


              • bob (---.---.56.193) 30 mars 2007 21:22

                la Formule 1, voilà bien la caricature du monde occidental, dépenser tant d’énergie pour voir tourner en rond une dizaine de gugusse à des centaines de km/h et arriver nulle part.


              • Lui (---.---.178.61) 31 mars 2007 12:35

                Oui, belle métaphore de notre temps...

                le plus dur c’est de comprendre que chacun d’entre nous tourne en rond à des degrés divers...


              • Lui (---.---.178.61) 30 mars 2007 19:42

                C’est pas pour être pessimiste mais il semble que les dés soient déjà jetés au regard de l’évolution des courbes de croissance de la consommation de l’énergie globale et de la raréfaction des matières premières qui en découle.

                Les technologies propres existent mais les gouvernements et décideurs économiques ne l’on pas entendus de cette oreille...

                Si les principales puissances comme la Chine s’arment de façon importante je ne pense pas que ce soit simplement pour parader avant les JO.

                Croire qu’on trouvera une solution pacifiste à nos problèmes de manque me semble être une utopie.

                Sauf miracle, la tumeur humaine ne disparaitra pas d’elle même.


                • Internaute (---.---.146.213) 31 mars 2007 11:09

                  Vous n’avez pas les ordres de grandeur en tête. La Chine a un budget militaire ridiculement faible, de l’ordre de celui de la France tout en ayant 21 fois plus d’habitants. La Russie a un budget militaire inférieur à la France. Les USA et l’Israël dépensent en gros 10 fois plus soit 450 milliards de dollars.

                  Il faudrait que la Chine multiplie ses dépenses militaires par 10 pour arriver à être crédible.


                • Lui (---.---.178.61) 31 mars 2007 12:08

                  rendez-vous dans dix ans


                • pétoche (---.---.4.241) 1er avril 2007 17:59

                  Pas d’accord Internaute : moins un pays est peuplé plus il a besoin d’armes sophistiquées.

                  L’armée Chinoise avec des armes de 50 ans ça ferait des dégats, compte tenu des effectifs mobilisables....

                  De plus,effectivement vu leur potentiel recherche/industrie, ce discours ne tient pas:la décennie nous renseignera mais les conflits ne pourront manquer car ce qui est en jeu c’est un nouvel impérialisme : qui s’appropriera les matières premières et les marchés ....


                • Tibud (---.---.83.187) 30 mars 2007 19:52

                  J’aimerai rappeler simplement même si ce n’est pas une véritable solution que l’ont peu fabriquer du pétrole...mais je me répéte c’est pas une solution même si elle risque d’être provisoire quand son coût de fabrication sera rentable ....a partir de copeaux de bois je vous dis sisi...

                  http://www.coranix.com/106/petrole.htm

                  Si chaque habitant de cette planéte avait un revenu minimum d’existence et accés au savoir quel qu’il soit ainsi qu’une mise en avant des meilleures idées a mettre en pratique pour que le monde se porte mieux les choses rentrrai dans l’ordre assez rapidemment...mais bon tous univers la connerie semble la régle .... la « conscience » porte t’elle bien son nom ?


                  • Asp Explorer Asp Explorer 30 mars 2007 22:10

                    Chut, faut pas le dire...

                    A la fin de la guerre, l’armée Allemande carburait entièrement aux carburants de synthèse. On peut fabriquer des hydrocarbures tout à fait brûlables à partir du charbon. Donc, il ne faut pas trop s’accabler de ce fameux peak oil, dont d’ailleurs on parle depuis trente ans et qu’on ne voit jamais venir.


                  • cdg (---.---.240.108) 30 mars 2007 22:40

                    les sud africains aussi a l epoque d el apartheid

                    par contre le cout de revient n est pas le meme

                    N oublions pas que l essence c est +400% de taxes (80 % c est quand on part du prix final. Y a que pour l essence qu on fait ca, on dit 20.6 % de TVA pas 19% !)


                  • Eric De Ruest (---.---.199.50) 31 mars 2007 11:17

                    La durée de vie d’un réacteur utilisant ce carburant de synthèse était de 10 heures de fonctionnement ! C’est en effet la solution idéale pour que l’aviation civile arrête de nous polluer la planète, merci skeletor...


                  • rectificatif (---.---.4.241) 1er avril 2007 18:01

                    L’armée Allemande aux carburants de synthèse et au schnapps !


                  • Eric De Ruest (---.---.172.89) 2 avril 2007 12:07

                    De plus, c’est parce qu’ils étaient à court de carburants que les nazis ont du ouvrir une breche vers l’Est, ce qui ne leur a pas réussi. Donc, cette propagande fasciste qui veut que les régimes totalitaires (allemagne nazie et afrique du sud) aient eu recours à des carburants magiques et que cela ait fonctionné me semble relever du fantasme... A Cuba, quand le pétrole menaçait de ne plus arriver d’URSS pour les raisons politiques que l’on sait, Fidèl a organisé la société cubaine suffisament tôt pour que celle-ci puisse faire fasse à la carence pétrolière. Espérons-nos encore que nos bon politiciens démocrates feront pareil ? Moi, j’en doute !

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