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La France néglige sa recherche

Alors que le président Chirac déclare vouloir s’appuyer sur la recherche pour faire avancer l’économie du pays, la France présente un retard dans ce secteur d’importance stratégique, et les propositions des candidats à la présidentielle dans ce domaine ne sont pas légion.

Au-delà des déclarations ponctuelles, notamment de Ségolène Royal qui, lors de son voyage en Chine, a fait savoir que c’est par « ses forces d’investissement et de recherche » que l’Europe pourra soutenir la concurrence des nouveaux géants économiques asiatiques,, force est de constater que les candidats à la présidentielle ne proposent pour l’instant rien de concret pour soutenir l’innovation en France.

Et pourtant, tous les économistes s’accordent à le dire : parmi les pays développés, toutes les économies en bonne santé sont portées par cette capacité à innover. Or, bien que Jacques Chirac, dans son discours du nouvel an, ait insisté sur la nécessité de fonder le développement économique du pays sur l’éducation, la formation et la recherche, les dépenses qui s’élevaient en 1994 à 2,32 % du PIB ont chuté en 2004 à 2,16 %, un chiffre bien éloigné des attentes de l’Union européenne qui a fixé un critère de 3 % à atteindre d’ici à 2010. Cet objectif est bien évidemment motivé par la nécessité de suivre la course effrénée dans laquelle se sont lancés les nouveaux géants économiques que sont la Chine et l’Inde. Ainsi les dépenses de recherche et développement de la Chine croissent plus rapidement que le PIB quand le nombre de brevets déposés dans ce même pays augmente fortement.

Mais le problème n’est malheureusement pas circonscrit aux deux géants d’Asie, car même en comparaison des autres membres de l’OCDE, la France accuse un certain retard. Ainsi la Suède, dont le modèle économique est souvent mis en avant et dont les politiques disent tous vouloir s’inspirer, avec 3,98 % du PIB consacré à la recherche et au développement en 2003, est largement en avance. Si l’on se base également sur le fait que ce pays fait partie des plus prompts, au sein de l’OCDE, à déposer des brevets, au même titre que le Japon, la Finlande ou la Suisse, ou encore sur le fait que cette même Suède et la Finlande consacrent plus de 6% de leur PIB à l’investissement dans le savoir, soit la somme des dépenses consacrées à la recherche et au développement, à l’ensemble du secteur de l’enseignement supérieur (secteurs public et privé) et aux logiciels, quand la France n’y consacre que 3,7 %, il devient évident que la France ne fait donc déjà plus partie des pays innovants.

La France affiche donc un certain retard qu’il conviendrait de résorber rapidement, sachant que même dans des pays tels que la Turquie ou l’Islande, les dépenses de recherche et développement augmentent de 10 % annuellement. Or, on se souvient que la France affichait déjà un certain retard lors de la précédente révolution de l’informatique et de l’électronique, quand les Etats-Unis, dont notamment la Californie, avaient déjà flairé le bon filon et obtenu le résultat que l’on connaît.

Une réaction semble donc importante, sous peine de voir ce que Jacques Chirac a qualifié de nouvelle révolution industrielle, celle liée aux énergies renouvelables et plus généralement à l’environnement, lui passer sous le nez. La situation est déjà inquiétante dans ce domaine lorsqu’on sait que le Danemark a déjà pris une avance substantielle dans le domaine des éoliennes et des énergies propres et que les trois quarts des automobiles du Brésil fonctionnent grâce aux biocarburants. Ou encore que les chercheurs islandais prédisent pour d’ici à 2030 une totale indépendance de leur pays par rapport au pétrole grâce à l’utilisation de l’hydrogène.

Chiffres de l’OCDE.


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8 réactions à cet article    


  • (---.---.185.253) 11 janvier 2007 17:53

    Le probleme n’est pas le budget de la recherche mais son fonctionnement. Les jeunes talentueux sont bloques dans leurs evolution. En France, on se donne au jeu des publications dans les revues francaises (souvent de pietres qualites). Nous avons des bons chercheurs, une bonne formation mais un systeme qui ne permet pas d’essaier des voies nouvelles et c’est bien cela la recherche. Le mastodonte qu’est le CNRS empeche les jeunes de respirer, d’oser et d’innover. Avec un budget moindre par chercheur, nos voisins deposent plus de brevets et publient plus dans les grandes revues (Science)


    • Jojo2 (---.---.158.64) 12 janvier 2007 10:42

      Faux. Au contraire on oblige à publier dans des revues anglo-saxonnes, les seules qui ont un facteur d’impact non négligeable. D’autre part le nombre de publications et leur impact est mesestimé par les indicateurs, notamment l’ISI.


    • (---.---.229.236) 12 janvier 2007 07:59

      Le probléme est surtout la recherche privé ; Mais bon, étant donné les charges et autres taxe, ca n’a aucun interet de faire de la recherche en France. Ce qui d’ailleur n’a pas d’importance, car nos société peuvent parfaitement la faire ailleur.


      • xav (---.---.16.250) 12 janvier 2007 12:10

        Le problème de la recherche privée n’est pas un problème de charges salariales. Pour une entreprise voulant faire de la recherche un salaire brut qu’il soit versé en France ou aux US, c’est du pareil au même sur le bilan. Pour le chercheur, par contre, ce n’est pas pareil en terme de net. En plus les chercheurs coutent sensiblement plus chers aux US.

        Le problème de la recherche privée en France, c’est surtout la frontière entre recherche publique et recherche privée (manque de partenariats, de recherche commune, de développement appliqué des résultats de recherche fondamentale, ...). La recherche appliquée n’est pas considérée suffisement.

        Ensuite, il faut reconnaitre que les entreprises n’investissent pas suffisement sur leur propre futur.


      • Forest Ent Forest Ent 12 janvier 2007 12:41

        « on se souvient que la France affichait déjà un certain retard lors de la précédente révolution de l’informatique et de l’électronique, quand les Etats-Unis avaient déjà flairé le bon filon et obtenu le résultat que l’on connaît. »

        Bof, bof. La recherche française était plutôt performante sur le sujet. Le problème a été la multiplication des marchés et des acteurs européens. C’était une des raisons qui poussaient à souscrire à la création d’un marché INTERIEUR européen. Mais l’UE a préféré ouvrir ses frontières aux produits US, et a ainsi détruit ce qui restait.

        L’UE applique une politique de terre brûlée avec une monnaie forte, des frontières ouvertes. Elle se permet en plus de nous dire que nous ne faisons pas assez de recherche, mais je constate que plus un gouvernement est libéral moins il investit dans l’enseignement et la recherche.


        • jean-charles (---.---.248.210) 12 janvier 2007 13:33

          Le problème de la recherche en France est à la fois budgétaire et structurelle, ces deux facettes malheureusement agissant en synergie.

          La recherche française souffre d’un sous-financement chronique tout aussi bien de la part du secteur public que du secteur privé. Rien ne sert d’attaquer un partenaire plus qu’un autre lorsque les deux sont fautifs.

          La recherche française n’est toujours pas gérée comme un outil de progrès et de croissance mais avant tout comme un outil politique voir idéologique que ce soit au niveau national, régional, local ou encore au niveau des acteurs de la recherche elle-même. Les exemples sont multiples et il serait peut être intéressant (mais je dois l’avouer fastidieux) de dresser une liste des freins rencontrés. J’ai choisi toutefois de dégager deux points : Au niveau structurel, le dernier exemple en date est la création des pôles de compétitivité, soit initialement quelques pôles d’excellence à très forte visibilité et attractivité mais dont le label a finalement été distribué à plusieurs dizaines de regroupements. Une nécessité initiale de concentration de moyen a donc abouti à un saupoudrage peu efficace : des intérêts locaux se combinent alors à des considérations politiques ou politiciennes (justifiées ou non) de développement du territoire, sans considération pour l’intérêt national. Au niveau idéologique, par exemple, nous sommes toujours confronté (même si cela change) à des combats d’arrière garde en opposant par exemple recherche fondamentale et recherche appliquée. Encore une fois, il semblerait que les arguments et conclusions soient toujours binaires, en envisageant le pire dans un sens ou dans l’autre. La recherche appliquée se nourrit de la recherche fondamentale et inversement. Les instituts de recherche possédant une masse critique de moyens humains et financiers mais aussi suffisamment spécialisés (pour éviter une dispersion) évoluent naturellement vers un équilibre pour répondre tout aussi bien à des questions de pures connaissance qu’à des applications potentielles.


          • -GF- (---.---.199.82) 29 janvier 2007 17:27

            Salut,

            Bon article, quelques précisions toutefois :

            Les secteurs les plus gloutons en budget sont, dans l’ordre, la défense et le spatial. Domaines dans lesquels Suède, Japon, Finlande et Suisse sont absents. ce qui libère évidemment plus de fonds pour la recherche biomédicale et les technologies électroniques / nanotechnologies.

            La France a raté la révolution de l’informatique, et c’est grave. Mais est-ce la France, ou les français qui l’ont ratée ?? cf. l’histoire du « Plan Calcul » : De Gaulle avait compris l’enjeu de l’électronique et de l’informatique, hélas le peuple (et les scientifiques de l’époque) ne l’ont pas suivi... la France est désormais à la bourre, et pour longtemps !


            • Jean Vladimir Térémetz (---.---.36.179) 28 mars 2007 18:45

              Et c’est d’autant plus consternant qu’elle a enfanté :

              www.savoir-ce-qu-est-l-univers-et-ce-que-nous-avons-a-y-faire.net

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