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Accueil du site > Actualités > Technologies > La nouvelle alliance autour de l’information : du physique et (...)

La nouvelle alliance autour de l’information : du physique et biologique au politique

Près d’un demi-siècle après les égarements de Monod sur le hasard et la nécessité, puis la tentative herméneutique avortée proposée par Prigogine autour des systèmes dissipatifs, nous pouvons maintenant lire en filigrane les linéaments d’une alliance nouvelle susceptible de raccorder les sciences naturelles et celles dites humaines.

La conjecture informationnelle associée au nouveau paradigme du 21ème siècle se décline dans toutes les sciences avec une spécificité propre à chaque champ disciplinaire pour la bonne raison que chaque catégorie d’objet est composé de formes, de relations et modalités interactionnelles avec un milieu informé tout autant qu’informant. De la particule à l’univers, les formes dansent, s’entrelacent ; elles sont les médiatrices dans les interactions et les relations. Elles sont visibles et perçues lorsqu’elles sont matérialisées (exprimées dans le champ d’expression). Mais le « stock universel » des formes reste invisible, constituant le fondement des réalités objectives autant que la mémoire des choses expérimentées par les êtres de l’univers, ces choses étant vécues consciemment par l’humain. La théorie contemporaine de l’inconscient nous a enseigné que le sujet est le siège de processus informationnels dont il n’a pas conscience, alors qu’il dispose d’un stockage d’information considérable qui heureusement ne parvient pas à la conscience. Il existe aussi un autre type d’inconscient dévoilé par Leibniz, l’inconscient perceptif, qui décrit l’ensemble des perceptions physiques et objectives que la conscience écarte pour ne pas être submergée par un flux d’informations, ne retenant que ce qui est pertinent pour la « gestion » subjective du temps présent.

Le monde animal n’est pas en reste dans ce jeu des informations perçues et gérées pour qu’elles soient pertinentes en fonction des situations de l’animal ou de l’espèce dans son milieu. Le règne animal échange bien plus d’informations qu’on ne le pense. Seule une vision étriquée et anthropocentrique a conduit à forger une compréhension faussée du monde animal réduit par certain à un ensemble de rouages mécaniques ; vision dont la modernité à hérité avec Descartes puis les philosophes matérialistes du 18ème et ensuite les conceptions scientifiques contemporaines. En voulant utiliser la nature, l’homme a pris une distance avec une certaine « empathie » accordée au genre animal, comme celle pratiquée par les peuplades primitives ou même les individus proches de la nature comme le furent les éleveurs. Le milieu naturel est parsemé de signaux et d’informations produites et captées par les systèmes vivants, végétaux inclus, avec les fleurs comme indices d’une intention communicante.

(On ne le dit que rarement mais la pensée qu’on désigne comme moderniste, pour ne pas dire mécaniste et techniciste, utilise une représentation de la nature et de la société dans laquelle les informations sont triées, sélectionnées, mises en ordre dans une intention précise, celle de produire. Sans ce tournant philosophique opéré au 17ème siècle, le productivisme industriel adossé au capitalisme n’aurait pu advenir. Le système industriel repose sur une mise en forme des informations afin de réaliser une structure centralisée permettant de régler et d’articuler l’homme et la machine.)

Le mode d’existence technique, mais aussi naturel, utilise trois principes universels, celui de la création d’information diffusant ensuite dans le milieu spatio-temporel, celui de la sélection/acquisition de ces mêmes informations et enfin un dispositif centré de gestion des informations. La vie, comme cela sera établi au 21ème siècle, se conçoit avec comme trait majeur le contrôle des informations et pour ce faire, les espèces ont développé des systèmes perceptifs et représentatifs d’une incroyable efficacité. Ces dispositifs permettent un indéniable avantage adaptatif. L’homme est la seule espèce qui a dépassé le stade de la finalité adaptative et comme disait ce bon Rousseau, de l’instinct. L’homme agit par volonté. Et ce qui remplace la finalité évolutive ou adaptative, c’est le pouvoir et son complément, la soumission. Qui repose sur deux piliers. D’une part la force et la crainte ; d’autre part le contrôle du milieu par l’information. Par milieu, j’entends ici l’anthropocosme. Les élites qui savent créer les informations mainstream et s’appliquent à les diffuser considèrent l’humanité comme un milieu, un moyen, une matière à structurer. Non pas des hommes destinés à l’instruction et la connaissance mais des individus formés au mode d’emploi permettant de travailler et d’utiliser les productions industrielles. Analysez la plupart des documents de la commission européenne que vous y trouverez cette intention de « fabriquer » un citoyen européen comme il y eut l’homme nouveau au temps de Staline.

L’information fonctionne ainsi au sein de multiples systèmes de gestions, servant différentes finalités, avec des niveaux (plans) de compréhension et de conscience. Comme on le verra, la biologie sera affectée par le nouveau paradigme informationnel dont le principe fondamental ne sera plus l’auto-organisation mais un autre phénomène plus « intime », logé au cœur des réseaux moléculaires et cellulaires, qu’on doit nommer auto-computation, ou plutôt auto-cognition. Reste le champ très étendu des sciences physiques qui elles aussi, seront de la partie dans ce paradigme. Quelques tendances ont été dessinées depuis deux décennies avec les trous noirs quantiques et l’holographie. En cette seconde décennie du 21ème siècle, la mécanique quantique est également impliquée dans les investigations sur l’information, avec la question de la cohérence, des calculateurs quantiques ainsi que diverses spéculations contemporaines sur l’infinité des états purs en MQ. Quant à la gravitation, elle perd son statut de force « mécanique » pour devenir une force « entropique ».

La nouvelle alliance de l’information concernera les différents secteurs de la nature, l’homme et la société. En physique, les notions d’information structurante, de champ cohérent et de monde déformé, informé, métaformel, vont permettre de mieux connaître l’univers et la « matière ». Les sciences du vivant seront aussi bouleversées par le paradigme mettant au centre les dispositifs d’encodage et décodage, sur fond d’organisations moléculaires sémantiques capables de faire émerger du sémiotique et de la téléologie. Applications possibles à la compréhension du développement animal, de son existence dans le milieu, de l’évolution des espèces et le cas échéant, en thérapie avec la possibilité d’une médecine globale jouant sur la gestion efficiente des informations et des déformations biologiques par les systèmes de contrôle cognitifs naturels. Enfin, il va de soi que les sciences de la société et la politique peuvent prendre un nouveau tournant avec l’analyse des informations et de leur parcours, diffusion, médias, captations, compréhension, impact psychique, affectif et cognitif, dispositifs de pouvoirs et surtout de contre-pouvoir citoyen. Les penseurs du nouveau paradigme livreront des études permettant peut-être de dépasser les écrits les plus percutants du 20ème siècle, ceux de Foucault, Habermas, Brzezinski, Ellul, Strauss, Charles Taylor, Toffler…

Dernier point et non des moindres, la place et le fonctionnement de la science qui actuellement, capte des informations avec ses appareils puis les structure pour servir diverses finalités comme gérer la société, utiliser la nature, modifier le vivant, créer des matériaux, déposer des brevets, pratiquer la compétition en publiant dans les revues. La nouvelle alliance place la science au service de la connaissance. Et la connaissance des choses, c’est l’accès pour chacun, s’il le veut, à la liberté et à un surcroît d’affranchissement sur le système de contrôle politique, idéologique, psychique et social.


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15 réactions à cet article    


  • JL JL 5 juin 2013 08:29

    Bonjour à tous,

    j’ai trouvé ceci : « Les élites qui savent créer les informations mainstream et s’appliquent à les diffuser considèrent l’humanité comme un milieu, un moyen, une matière à structurer. » (Bernard Dugué)

    A quoi je répondrai cela : « La conscience des masses n’a besoin d’être influencée que dans un sens négatif ». (Orwell)

    Et aussi : « Le rôle des médias : ’’ Engranger l’insignifiant dans la mémoire des résignés. ’’ » (Vaneigem)

    Je reformulerai donc volontiers à ma façon, la phrase de Bernard Dugué  : les Pouvoirs qui disposent des médias industriels utilisent les informations pour se pérenniser et accroitre leur influence : c’est cela l’oligarchie, non ? Et c’est cela le problème.


    • Neymare Neymare 5 juin 2013 11:32

      L’information est la clé de tout le système. L’homme garde en lui le pouvoir de capter l’information de ce système. Cette capacité ne demande qu’à etre réactivée, mais pour celà il est nécessaire de s’affranchir de la camisole psychique que constitue l’éducation, et la façon qui nous est imposé de voir et de percevoir les choses.
      Quand vous accédez à l’information générale du système, vous vous rendez compte que notre belle société, ses principes, sa façon de fonctionner, notre façon de nous percevoir ou de percevoir les relations entre nous ne sont que du vent, une illusion.
      La plupart des etres humains vivent dans cette illusion et sont manipulés par de l’information biaisée. Tel chef d’entreprise, dirigeant, ou artiste croit que c’est grace à son propre talent, à ses compétences qu’il arrive au sommet. Or ce n’est pas le cas : c’est simplement le système qui lui permet de vivre telle ou telle expérience, lui octroyant les capacités pour y parvenir et pour l’amener in fine à apprendre de cette expérience.
      Bien souvent les expériences les plus salvatrices pour l’esprit sont aussi les plus humbles (vu de notre vision humaine), car les expériences qui renforcent l’égo, empechent le plus souvent l’accès à la réalité qui se cache derrière cet égo.
      L’homme n’est que la résultante de plusieurs niveaux informatifs différents, qui sont tous là en cercle concentrique mais pas forcément accessible ou accédé par l’intéressé :
      -l’égo, fait de l’éducation et de l’expérience de la vie humaine qui s’est juxtaposé sur une source informative plus générale (la conscience humaine) qui fournit les instincts de base, cette couche informative (hormis la mémoire de la vie humaine) est celle qui disparait lors de la mort (en meme temps que les illusions qui y sont liées). Etant maitre (dans le meme sens que le maitre /esclace de vos disques durs), elle voile les couches informatives suivantes. Elle prend une base archétypale (aussi informative) quand nous devenons humain : ainsi certaines qualités, ou défaut prendront naissance dans l’archétype choisi avant de venir ici (en relation, je pense avec notre profil cérébrale)

      -l’ame, comprend la seconde couche informative. Elle est, tout comme le corps humain un véhicule permettant de vivre des expériences. Elle a, contrairement à la première couche informative, accès à (une grande partie) l’information générale du système (ce qui explique que les gens ayant connu des expériences mystiques ont eu l’impression d’avoir accès à toute la connaissance)

      -la conscience est la base de tout, c’est la seule véritable réalité, elle est unique, commune à nous tous, et est décrite comme un vide empli d’un potentiel infini, non inclus dans le temps, ni dans l’espace (ça vous rappelera surement quelque chose Mr Dugué). Contrairement, aux 2 autres types d’entité, elle ne peut vivre d’expérience individualisée, mais c’est elle qui organise tout le champ d’expérience auquel nous sommes soumis, selon une logique (qui il est vrai nous échappe souvent), suivant des règles bien précises
      L’information liée à ces 2 dernières couches (tout celà est schématisé bien sur) est accessible (difficilement) à notre condition d’etre humain.
      Certaines techniques permettent cependant d’accéder aux couches informatives liées à l’ame (la mémoire de l’ame). C’est une mémoire vive, c’est à dire que vous revivez l’expérience comme si vous y étiez à nouveau, peu importe la distance qui vous en sépare dans le temps ou dans l’espace.
      Quand votre moyen de perception de cette information est réactivée (elle est active chez le petit enfant mais s’atrophie par la suite comme tout organe non solicité), vous vous rendez compte que chaque partie de l’univers matériel comprend la totalité de l’information de tout l’univers (le fameux hologramme)
      C’est le sens de ce qu’à dit le Christ : « si ton oeil fonctionne, ton corps sera empli de lumière »
      Cette lumière, ou meme le concept d’illumination a trait à l’accès l’information globale du système et n’est pas à prendre au sens littéral.
      Donc mon cher Mr Dugué qui etes un curieux de nature, sachez que tout ce que vous cherchez est en vous, à portée de cerveau


      • Hermes Hermes 5 juin 2013 15:31

        Bonjour neymare,

        j’aime bien votre commentaire, car il ouvre pas mal de questions malgré sa forme affirmative.

        Pour aller dans une direction semblable à la votre, je dirai que ce n’est pas la connaissance des choses qui donne la liberté, mais la connaissance de soi, c’est à dire des mécanismes de la conscience, impliquant le corps entier et pas seulement la tête, qui ouvre l’espace intérieur et donne la sensation de totale liberté intérieure. Par connaissance, entendre, l’expérience. La liberté intérieure en question se caractérise par une absence de besoin de prendre le pouvoir sur autrui, les choses, ni soi-même d’ailleurs, car c’est la fin du controle schizophrénique de soi, et la fin de la dictature de sa propre pensée toute orientée vers le futur. C’est le contact avec le présent. La science est de bien peu de secours hélas !

        Le premier pas est de constater que l’on dort, tendu ou mal à l’aise, tout en se rassurant par des choses, des idées, des opinions ou des croyances (car le cauchemard n’est jamais loin dans le sommeil), et de constater qu’en cessant de défendre ou d’attendre quelque chose ou un soi-même hyppothétique (juste une image), on ouvre un espace dans le présent et le corps entier, avec une chute du voile des interprétaions habituelles (apocalyse), et que c’est véritablement un réveil.

        Quand à l’interprétation de la phrase du Christ, chacun la comprendra à sa façon. Toutefois, l’oeil (unique) n’a surement rien à voir avec les yeux, de même que la lumière n’a surement rien à voir avec celle qui pourrait éblouir nos yeux. Peut être celà a-t-il à voir avec l’émergence globale de la conscience dans le corps entier ?

        Bonne fin de journée. smiley


      • Neymare Neymare 6 juin 2013 09:41

        Bonjour Hermes
        Merci pour vos commentaires très interessants.
        La forme est sans doute trop affirmative comme vous le dites, dans ce domaine, plus que dans tout autre, l’interprétation de l’expérience empirique est souvent liée à des éléments personnels, tant la réalité de l’autre versant du monde est protéiforme.

        Quand je parle de Connaissance, et en particulier de l’information globale liée au système dans son entier c’est une Connaissance par l’expérience empirique d’autres plans de l’existence, et non une connaissance scientifique ou livresque.
        Cette expérience empirique commence comme vous le dites par une prise de conscience de soi, en tant qu’esprit et en tant que corps. Cette prise de conscience s’accompagne (dans mon cas, je ne veux pas etre trop affirmatif, chacun a sa propre expérience) d’une relativisation de ce qu’on considère habituellement etre la réalité et donc des connaissances humaines qui lui sont liées et de notre vision des interractions sociales.
        Faisant le ménage à l’intérieur de soi on s’ouvre à l’information générale du système, ouverture qui ne peut se faire si on a trop d’idées préétablies, ou un esprit trop figé sur ses a priori (religieux, etc...) cette camisole psychique créée par notre éducation et la pensée toute faite de notre société, est un frein au progres psychique : le système ne peut remplir par son information ce qui est dejà plein et surtout figé
        En clair, nous sommes notre ame, qui trompée par l’illusion de ce monde (et ayant perdu le contact avec sa propre mémoire) a perdu le contact avec son véritable monde, et qui s’est construit un personnage fictif lui permettant (à nos yeux) de se protéger de ce monde.
        Cette ame (donc nous meme) garde néanmoins le souvenir d’un absolu, qu’elle tente de recréer sur terre en cherchant le pouvoir, l’argent, via la religion, l’art etc...
        Le jour ou l’on se rend compte de l’erreur que l’on fait (et là je vous parle de l’expérience empirique de redevenir soi meme, cad notre ame, et là il faut vraiment aller profond en soi en virant toute l’information en surplus), on se rend compte qu’on peut laisser tomber ce role que l’on joue et redevenir soi meme, et que c’est cette voie qui nous ramène à l’absolu qu’on a perdu.
        Comme vous le dites, l’oeil unique n’a rien à voir avec les yeux, c’est le troisième oeil, et c’est quelque chose qui n’est pas du tout subjectif et peut etre réactivé (plutot rééduqué) en chacun de nous. On peut d’ailleurs, avec les exercices appropriés le ressentir physiquement très vite.
        Cette fonction permet de capter l’information générale qui circule et donc de se remettre à l’unisson du systeme général : c’est le sens de la phrase du Christ (tel que je l’interprète mais aussi tel que cette expérience peut etre vécue) : cette information accessible à l’ame est accompagnée d’un état particulier de transcendance, sorte d’amour compassionel inconditionnel qui est (a mon sens) le ciment du système, et qui crame tout ce qui est négatif en nous (stress, peur etc..) d’ou le bien etre ressenti lorsqu’on arrive à ce point là.


      • Hermes Hermes 7 juin 2013 15:11

        Merci pour votre réponse, Neymare

         Je comprend mieux votre vocabulaire. Aujourd’hui, la notion d’âme ne fait pas partie de mon discours, et je ne saurais pas bien quoi y mettre : ce serait ce qui reste de soi-même lorsque aucun conditionnement ou choc biographique ne vient plus perturber la présence ?

        Cette notion est intéressante, et certes demande à être validée, et de par mon expérience je ne saurais exactement comment la définir. L’individuation de la conscience sans l’individualité peut-être. Ce qui peut être expérimenté en pleine présence à soi-même ?

        Mais cette notion est délicate à manier : elle présuppose qu’il y ait des ames distinctes comme il y a des personnalités différentes. Et cette distinction présupposée peut justifier la différenciation, source de toute ségrégation et de toute violence, surtout si cette phraséologie n’est pas reliée à une expérience vécue et partagée.

        Mon impression et mon sentiment, c’est que ce qui serait sous-tendu par ces mots n’est absolument pas appréhendable par le mental, et peut véhiculer de ce fait toutes sortes de croyances pouvant générer en final des antagonismes.

        Mon choix consiste pour le moment à faire l’économie (discursive) de la notion de l’âme. La relation à soi-même avec intégrité (vers le présent) implique à un certain point la mis en dynamique en soi-même d’une énergie (ou quelque chose vécu comme tel - sans doute en comparaison avec le blocage habituel - méfions nous des interprétations illusoires), énergie qui accompagne la dynamique de l’espace global, au présent. Est-ce celà l’âme ? Le passeur désintéressé qui n’a que l’intérêt infini d’être un passage (ce que vous appelez une sorte d’amour compassionel inconditionnel) ?

        Bonne fin de journée, et au plaisir de vous relire.


      • ffi ffi 6 juin 2013 07:10

        Dommage que vous restiez accroché à ce mot « information ».
         
        Certes, les idées Platoniciennes sont des formes intelligibles.
        Certes, chez Aristote, la forme n’est pas que l’enveloppe, mais la substance elle-même.
         
        Cependant, dans le langage courant, la forme c’est une manière d’étendue spatiale.
        Et ceci n’est certainement pas étranger au mécanicisme de Descartes.
        Leibniz avait en effet l’esprit plus fin.
         
        En fait, l’informatique est une application, via les propriétés semi-conductrices de certains matériaux, de la logique et des théories du langage (réduites aux langages réguliers pour pouvoir commander l’automate sans ambiguïté).

        Le terme informatique fut fort mal trouvé à mon goût, on devrait plutôt appeler la chose logomatique (= mu par langage). La logomatique exige un logiciel.
         
        En grec, logos « parole, discours » désigne le discours (textuel ou parlé).
        Par extension, logos désigne également la « rationalité » (l’intelligence).
         
        Votre information « cherche » l’intelligence dans les choses, non ?
        Votre information n’est pas mécanique et automatique, elle vit.
        C’est donc ni plus moins que le « Logos » que vous cherchez.
        Sa traduction usuelle en français est le « Verbe ».

        Chaque chose a son « Verbe », issu d’un potentiel inscrit en elle par essence, mais réalisé plus ou moins dans son existence. Comme dit Leibniz dans la monadologie avec sa classification, ce Verbe est plus ou moins raffiné, ce raffinement va de la simple entéléchie, à la monade spirituelle.
         
        La chose inerte ne sait qu’obéir au doigt et à l’oeil (iners, inertis = maladroit), et il est donc possible que la traiter comme un automate et on peut donc lui appliquer un langage régulier (au sens théorie mathématique des langages) pour prévoir son devenir : Ce langage régulier, ce Verbe de l’inertie, c’est le calcul différentiel, tout simplement.
         
        Mais cela se gâte dès que l’objet n’est plus inerte, quand il s’ajuste par lui-même à la situation, alors l’automaticité n’est plus garantie... Il faudrait un calcul différentiel où les « symboles s’auto-ajustent »...

        Ce que vous cherchez, c’est le Verbe, car c’est lui qui vit.
        L’information, elle, est inscrite une fois pour toute et ne change plus.


        • ffi ffi 6 juin 2013 07:18

          La chose inerte ne sait qu’obéir au doigt et à l’oeil (iners, inertis = maladroit), et il est donc possible de la traiter comme un automate...
           
          La lettre est morte.
          L’esprit est vivant.

          La loi écrite.
          Les mœurs.
          L’esprit des lois.


        • ffi ffi 6 juin 2013 07:36

          Note : iners, inertis est l’inverse de ars,artis (adroit).
          Vous cherchez donc l’artiste dans la nature. (celui qui a la propriété d’artie, contraire de l’inertie).
           
          Cela implique de connaître son Verbe, plus que son information (qui est de toute façon est inaccessible puisque l’artiste se protège - il est une sorte boite noire, sans porte ni fenêtre). Le disséquer est à cet égard improductif, car une fois l’artiste mis à mort, son Verbe s’est tu.
           
          A ce moment-là, nos préoccupations se rejoindraient en effet.
          Reste que je travaille pour ma part le Verbe, que j’aime la précision et la concision (dont la monadologie est un modèle à mes yeux) ; que cela me porte à penser le Verbe mais aussi la cohérence de la langue en même temps.
           
          Donc je peinerais toujours à lire votre Verbe sur-sophistiqué si vous ne changez pas cela. Je préféreras toujours affiner la pensée jusqu’au minimalisme, plutôt que rabouter celle-ci en un patchwork à l’aspect certes érudit, mais dont le sens est obscure.
           
          Pour bien penser, parlons bref.


        • ffi ffi 6 juin 2013 08:02

          Étymologie de automate :

          De αὐτός, autos (« soi-même ») et du même radical que μένος, menos (« esprit ») : « qui agit de sa propre volonté, de son propre esprit », le rapprochement avec motus (« mu ») et le sens de « qui se meut soi-même » est fortuit.
           
          Confusion extraordinaire et en plein dans notre sujet !
          Aristote considérait la preuve de Dieu par le mouvement.
          Il n’avait pas la notion d’impetus (mot latin pour la quantité de mouvement).
          Aristote n’avait pas la notion d’inertie.
          Le mouvement lui semblait révélateur de l’Esprit dans l’Être.

          Aujourd’hui, le mot « automate » désigne donc exactement le contraire que ce qu’il désignait pendant la Grèce antique. « qui agit de sa propre volonté » vs « qui agit par la volonté d’autrui ».
           
          Il faudrait renommer ce que l’on désigne comme « automate » par le terme « hétéromate ».
          C’est en effet l’hétéromate qui a de l’inertie.
          En revanche, c’est l’automate qui a de l’artie.
          Les hétéromates classiques étaient mus par la force d’un ressort, du vent, de l’eau ou de l’animal
          Les hétéromates modernes sont plutôt mus par la force électrique ou chimique.
          les hétéromates doivent toujours être conduits d’une certaine manière, par une interface de commande (poste de pilotage, logiciel).
          L’automate, le vrai, se conduit de lui-même, il est libre dans une certaine mesure.


          • ffi ffi 6 juin 2013 08:15

            Du coup, mon néologisme « logomatique » est faux ( « qui est langage de l’esprit » en grec). Il faudrait plutôt désigner l’informatique par « logicinétique ». (« qui est mu par langage » en grec).
             
            De plus cette confusion remet totalement en question l’interprétation de Descartes.
            L’animal est en effet un « automate », au sens exact du mot grec.
             
            Je suspecte certaines traductions/retraductions approximatives.
            A moins que simplement la notion d’impetus n’est plus tenue comme preuve de Dieu,
            d’où le changement de sens.


          • ffi ffi 6 juin 2013 09:03

            En fait, il faudrait distinguer deux nuances d’informatique :
            - la première est la puissance (au sens potentiel) disponible pour un langage :
            Ce qui mène au mot : logodynamique (matériel informatique / hardware)
            - la seconde est la mise en mouvement de cette puissance disponible par le langage :
            Ce qui mène au mot : logocinétique (logiciel informatique / software)

            Le premier n’est pas malléable, mais fixé (c’est une puissance, au sens du potentiel et cela nous ramène donc aux concepts de substance et d’essence).
            Le second est malléable, et souple (c’est une réalisation de la puissance disponible, et cela nous ramène donc au concept d’existence).
             
            la logodynamique = science du matériel informatique <=> espèce / substance / essence.
            un logidiel -> un type de dynamique logique (hardware)
            la logocinétique = science des langages informatiques <=> réalisation particulière d’un potentiel = existence. Avec « accident » = bug.
            un logiciel -> type de cinétique logique (sofware).

            Désolé de m’éparpiller un peu.


          • ffi ffi 6 juin 2013 09:23

            Tout Être incorpore un logidiel, qui correspond à une certaine logodynamique, nécessité de son essence.

            L’extérieur agit sur lui comme un logiciel, selon une certaine logocinétique, qui est contingente. l’Être répond à cette contingence selon sa logodynamique propre.


          • ffi ffi 6 juin 2013 09:31

            (L’homme convient aux circonstances comme il l’entend nécessaire.)


          • ffi ffi 6 juin 2013 09:47

            Dynamo étant l’abréviation de machine dynamoélectrique = machine qui produit une puissance électrique,
            On peut donc aussi renverser les termes
            dynamologique / dynamologie = qui produit une puissance logique.
            cinématologique / cinématologie = qui produit un mouvement logique.


          • Angel Angel 14 juin 2013 11:40

            Sur le chemin de la connaissance de soi, je vous conseille l’ouvrage ci-dessous :

            Découverte du réel - science de l’évidence de Jean-Luzien Jazarin.

            Des livres qui posent les bonnes questions, il en existe.
            Ceux qui apportent les réponses sont plus rares. surtout lorsque ces réponses sont de l’ordre de la certitude, de l’évidence, et qu’elles sont rendues accessibles.

            Philosophie et science, spiritualité et rationalité, connaissance et amour, tout est passé au crible d’une inlassable quête de la Vérité, en un dialogue tantôt savoureux, tantôt profond, léger ou grave, ardu ou lyrique.
            Un dialogue entre maître et disciple,
            entre Orient et Occident
            entre le Soi et le Moi
            entre vous...et vous

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