Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Technologies > La science au placard ?

La science au placard ?

Les informations scientifiques disparaissent peu à peu de la plupart de médias. Quelle en est la signification ?

Le site Web du magazine Le Point a été récemment refait. Il est intéressant de regarder la place qu’a la science dans les médias français d’aujourd’hui.
Quelques exemples :
- sur le site du magazine Le Point, la rubrique "High Tech" semble avoir remplacé l’espace destiné à la science, qui ne se retrouve plus mentionnée que dans les Dossiers. Quatre dossiers seulement en ligne au 27 février 2007.
- sur le site du quotidien Le Monde, la rubrique scientifique vient après celle sur les "Technologies", qui vient après "Sports", qui vient après "Médias"... La science est 10e sur 12. Pas brillant. Qui plus est, la rubrique vient d’être renommée "Nature et sciences"... comme si la science en elle-même n’était plus suffisante.
- l’hebdomadaire Nouvel Obs s’en sort mieux puisque les sciences sont mentionnées dans la partie "Actualités", mais la raison première est son affiliation avec le mensuel Science et Avenir
- l’hebdomadaire L’Express semble avoir gardé les pieds sur terre, puisque la science apparait en 5e place sur 6, juste devant la rubrique "High Tech".
- sur le site du quotidien Libération, la rubrique apparaît juste avant celle des dépêches, et semble être mise à jour très épisodiquement (2 brèves le 31 janvier, rien jusqu’au 20 février...)
- pour le quotidien Le Figaro, sciences et médecine vont de pair. Serait-ce que les médecins sont surreprésentés dans son lectorat ?
- enfin, sur AgoraVox, un article scientifique doit être étiquetté "Science et techno", mettant implicitement les deux sujets au même niveau.

Ce petit tour d’horizon n’a rien d’exhaustif ni d’impartial. Il vise juste à illustrer le fait que la science n’a pas, ou n’a plus, vraiment droit de cité dans les grands médias. Petit à petit, sa place diminue, son rang dans les rubriques recule. Pis encore, bien souvent, insidieusement, elle est mélangée au verbiage se faisant appeller "High Tech" et qui en d’autres temps aurait pu s’appeller "Gadgets".

La vulgarisation de la science est un art ô combien difficile, à la hauteur de la difficulté de la science elle même. Expliquer à la fois les mécanismes découverts, donner une perspective qui s’inscrive dans la société qui lui a donné le jour, le tout dans un langage accessible au plus grand nombre, est à la portée de peu d’esprits brillants.
Qui plus est, la science nous renvoie une relation au temps peu en rapport avec celle que nous ressentons tous les jours, et encore moins avec celle sur laquelle se sont calés les médias. Les nouveautés ne sont pas légion, mais elles peuvent changer le monde. Tout l’inverse du brouhaha médiatique. Il faut tous les jours avoir quelque chose de nouveau à donner en pâture, mais il faut surtout qu’on puisse vite l’oublier et surtout qu’on n’ait pas besoin d’y revenir.

La relégation des sciences dans les médias est bien naturelle, tant leurs mondes ne s’accordent pas. Mais naturel n’est pas légitime, et ne perdons-nous pas collectivement une partie de notre savoir commun, de notre richesse, des biens publics - fussent-ils immatériels - quand nous acceptons que la science ne fasse plus partie de la vie publique ?
L’émission d’Arte, Archimède, dont certains demandent le retour depuis sa déprogrammation il y a deux ans, était un prototype merveilleux de ce dialogue entre science et scientifiques, voire technologues, d’un côté, et la société de l’autre. On peut se demander si la disparition de cette émission n’a pas accéléré la diminution de l’importance de la science dans les autres médias.
Un récent rapport fustigeait la valorisation de la recherche en France. Une des raisons de ces difficultés ne vient-elle pas du fossé toujours plus grand entre les acteurs de la science, et leurs destinataires, qui sont également les légitimes propriétaires des résultats scientifiques, les acteurs de la société, les citoyens ?
Haro, une nouvelle fois, sur les médias ? Osons dire que ce renoncement est sûrement plus le résultat d’une trop grand facilité à céder à... la facilité, qu’une véritable décision stratégique.
La science n’est pas marchande, elle ne sera donc plus diffusée, deviendra plus hermétique, et encore moins marchande... Où va-t-on ?
A l’heure où tous s’effraient des enjeux de la "société de la connaissance", n’est-il pas temps, et plus que temps, de remettre la connaissance à la portée de la société ?



Moyenne des avis sur cet article :  4.83/5   (140 votes)




Réagissez à l'article

95 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 14 mars 2007 11:12

    A l’heure du bilan,Mr Chirac devrait faire son mea culpa sur l’abandon de la recherche et de l’investissement dans ce domaine essentiel pour un grand pays comme la France

    Une vrai faillite !


    • moizaussi 17 mars 2007 12:56

      Loin de moi l’idée de défendre M. Chirac, mais est-il plus particulièrement responsable que les autres ? L’abandon de la recherche par les politiques ne vient-il pas d’une disparition de la recherche dans la sphère publique, dont la disparition dans les médias est la face la plus visible ? N’étant plus un sujet d’intérèt général, la responsabilité sur les problèmes scientifiques sont abandonnés aux experts qui n’ont aucune légitimité politique. La recherche devient de plus en plus abscon, et disparait encore plus du domaine publique. Le cercle vicieux est bien entamé. Le signe le plus inquiétant que la recherche est mal en point est que les discours politiques déclarent qu’il faut en faire la priorité : cela devient un objet de communication et plus aucunement de réflexion.

      La communauté scientifique n’a-t-elle pas sa part de responsabilité en abandonnant, ou se résignant à l’abandon, de la science dans les média grands publiques ? La disparition de l’émission Archimède d’Arte, n’a pas remué la foule des scientifiques. Seuls quelques acharnés, que je salue, font feu de tout bois pour faire revenir cette émission. Les scientifiques ont-ils envie d’être partie prenante de la société - société qui, par l’intermédiaire de la puissance publique, leurs donne les moyens de leur recherche, fussent-ils considérés insuffisant - ou préfèrent-ils rester entre eux, sans risque d’être interrogés sur la légitimité de leurs travaux, se considérant en dehors - vois au dessus - de la sphère publique ? Si tel est le cas, comment s’étonner qu’aucun acteur de cette sphère publique - politiques, média, opinion - ne s’intéresse plus, ou pire, à la recherche ?


    • RemiZ (---.---.178.10) 14 mars 2007 11:31

      Beau manifeste !

      Il semble en effet que l’intéressement aux sciences soit en baisse. Il fut un temps où tout le monde connaissait Einsein ou Bohr et essayer de comprendre. La relativité faisait la première page du monde...

      Il y a peu, dans un silence total, une expérience a mis à jour un paradoxe revolutionnaire sur le trajet de la lumière qui dépend de la position d’observation. Aucun de mes amis n’en avait entendu parlé alors que la plupart sont scientifiques.

      Il ne reste, dans ce triste constat, qu’à saluer le site futura-science qui fait un formidable effort de vulgarisation.


      • RemiZ (---.---.178.10) 14 mars 2007 11:35

      • Le photon jovial (---.---.132.219) 14 mars 2007 12:17

        http://www.futura-sciences.com...

        Ces électrons dont parle cet article... ne seraient-il pas des photons, des fois ?


      • RemiZ (---.---.178.10) 14 mars 2007 14:33

        Heu... je ne pense pas, non... De toutes facons, pour en discuter, allez sur le forum relié à l’article !


      • moizaussi 17 mars 2007 13:01

        Merci de rappeler l’existence de futura-science qui offre une vraie respiration sur Internet, noyé dans un flot de bouillie pour chat déjà obèse... Quelle est la raison de la baisse d’intérèt pour la science ? Un exophénomène sur lesquels personne n’aurait de contrôle ? Ou une conséquence d’un éloignement du monde scientifique de la sphère publique, au profit de leurs intérèts propres - et légitimes - mais peut-être pas à la hauteur des ambitions auxquelles la science et ses serviteurs peuvent prétendre ?


      • Guilhem (---.---.91.97) 14 mars 2007 11:34

        Disons que ce qui est embêtant pour le pouvoir c’est que si la science est diffusé, les gens ne goberont pas forcement ce que leur racontent les ’experts’.

        Il est effarant de voir que le créationnisme est accepté aux US à égalité avec la théorie de Darwin, alors la science...

        Sachant que ce qui arrive aux US vient chez nous quelques années plus tard...

        Ce n’est que le début.

        Je vous rappelle que le nuage de tchernobyl n’est jamais passé sur la France il s’est gentillement arrêté aux frontières...

         smiley


        • BAERTJC (---.---.210.131) 14 mars 2007 17:11

          Voyons, voyons, mais les responsables au pouvoir sont à l’image du bon peuple qui les a envoyé se coltiner à leur place avec les problèmes du quotidien. Un peuple de plus en plus ignare , qui ne sait pas lire et écrire en sortant du CP, qui continue à faire le plein de fautes d’orthographe au prétexte que c’est la science des ânes. Les politiques, par Monsieur Chevènement interposé, ont voulu 80% d’une classe d’âge avec le bac, la science est de ce fait tomber à l’eau. CQFD et les médias suivent maintenant en raclant le fond d’un océan de médiocritude. Allez dehors la vulgarisation scientifique ...ça fait trop riche et dans les slams ou les sms ça complique !


        • moizaussi 17 mars 2007 13:06

          J’ai pour ma part toujours du mal à croire qu’il y ait un groupe de personnes suffisament intelligents, clairvoyants, pour avoir un dessein à long terme, s’acharner à réduire la place de la science dans la société pour permettre l’utilisation d’arguments d’autorités des experts qu’ils auraient convoqués. Je ne nie pas que la tentation est grande de s’appuyer sur les gens qui disent les choses qu’on veut promouvoir. Comme tout le monde, scientifique également. L’utilisation massive des experts dans un débat public pour contourner la décision démocratique n’est-elle pas aussi possible parce que les experts ne sont pas contredits et remis en question ? Combien de personne a le courage de dire « de où elle parle » : qui la paye ou paye ses travaux ? Le nuage de Tchernobyl n’est-il passé sur la France grâce uniquement à la soumission de ceux qui pouvaient éclairer le public ?


        • miaou (---.---.0.195) 14 mars 2007 11:49

          Ceux qui, se réjouissant du déclin des religions, proclamaient le triomphe de la Raison, doivent déchanter...

          En réalité, notre monde contemporain, pressé d’immédiateté, a un véritable problème avec le temps (voire à ce sujet l’article d’aujourd’hui sur l’euthanasie) : or, une bonne compréhension de la science nécessite de s’inscrire dans la durée ; de plus, à l’heure actuelle, mieux vaut être commercial ou dans la finance pour gagner beaucoup d’argent.

          Il est temps de réhabiliter les filièrers scientifiques. Pourquoi pas davantage d’articles scientifiques sur Agoravox ?


          • (---.---.30.84) 14 mars 2007 13:19

            pourquoi pas plus d’articles scientifiques sur AVox ? pour une simple raison : la forme ne suffit pas pour faire de la communication scientifique ! et seul un vrai reviewage permet de limiter les fantasmes pseudo-scientifiques (relisez les articles de Mourey où on apprend que Petra a été créée par les hébreux pendant leur exode -sic-)


          • Emile Mourey Emile Mourey 14 mars 2007 20:24

            @(IP:xxx.x70.30.84)

            Petite mise au point par E. Mourey, suite aux critiques qui m’ont été faites après l’article « AgoraVox doit-il se remettre en question ? » du 28 février et dont je viens de prendre connaissance.

            par Horemheb (IP:xxx.x17.225.180) le 1er mars 2007 à 05H46

            & Et puisque je vais m’appliquer les principes que j’ai défendu dans mon précédent post, je vais préciser en essayant d’être pédagogique pour les lecteurs qui n’ont pas tout suivi. E. Mourey prétend entre autre : que Moïse était un groupe de prêtre d’Osiris en lutte contre les prêtres d’Amon (je rappelle que rien à part la bible et ses commentateurs ne nous parle de Moïse en histoire, et que la bible, ni Flavius Josèphe ne dit qu’il était prêtre d’Osiris.

            Ma réponse, je cite : « On dit que le prêtre d’origine héliopolitainne qui leur donna une constitution et des lois, appelé Osarseph[155], du nom du dieu Osiris adoré à Héliopolis, en passant chez ce peuple changea de nom et prit celui de Moïse. » (Flavius Josèphe, contre Apion , XXVI). »

            & et d’autre part que la religion égyptienne est syncrétique, gérée par des fonctionnaires, et que les dieux ne s’opposent pas les uns les autres, comme les curés des églises nommées St Etienne ne s’opposent pas aux églises nommées St Vincent).

            Ma réponse, je cite : « Alors les Hiérosolymites, qui avaient envahi le pays, renversèrent les villes, incendièrent les temples, égorgèrent les prêtres, en un mot ne reculèrent devant aucun crime ni aucune cruauté. 265 Le fondateur de leur constitution et de leurs lois était, d’après notre auteur, un prêtre originaire d’Héliopolis, nommé Osarseph du nom d’Osiris, le dieu d’Héliopolis, mais il changea de nom et s’appela Moysès. 266 Treize ans plus tard - c’était la durée fixée par le destin à son exil - Aménophis, suivant Manéthôs, arriva d’Éthiopie avec une armée nombreuse, attaqua les Pasteurs et les impurs, remporta la victoire, et en tua un grand nombre après les avoir chassés jusqu’aux frontières de la Syrie[158]. (Flavius Josèphe, contre Apion ,XXIII). »

            & que les tombes troglodytes de Petra ont été construites par les Hébreux de retour d’exode (elles ont en fait été construites par les Nabatéens plus de 700 ans après la date supposée de l’exode, et c’est prouvé à la fois par l’archéologie, l’histoire de l’art et les inscriptions sur les sites).

            Ma réponse, je cite le passage incriminé : « ...bref toute une architecture et une sculpture qui font penser à un acte de naissance égyptien qu’on ne peut attribuer, en toute logique, qu’à Moïse et à ses troupes (je n’ignore pas que ce que je viens d’écrire est contraire aux interprétations archéologiques qui ne font remonter les plus anciens vestiges qu’à quelques siècles avant J.C.). »

            & que la citadelle médiévale du Crest près de Clermont-Ferrand date de l’époque gauloise.

            Ma réponse, je cite le passage incriminé : « Et puis, il y a des vestiges qui crient leur authenticité, des murs écroulés à foison, des vestiges de tours, des restes de porte antique qui sont toujours là ou qu’on retrouve dans des vieux dessins ou dans d’anciennes sculptures... »

            & que l’Atlantide était au Crest...

            Ma réponse, je cite les passages incriminés : « Je ne retiens que la partie vraisemblable du récit (de Platon). Il est bien évident que Platon s’échappe ensuite dans son « monde des idées » pour imaginer une cité idéale » et « S’il tombe sous le sens que la Gergovie de Napoléon III ne pouvait être la cité qui se dressa jadis contre Athènes, en revanche la Gergovie du Crest, oui, cent fois oui ! » et dans un article refusé : « J’en déduis que c’est bien cette image (Gergovie/Le Crest) que le philosophe/poète a magnifiée jusqu’à en faire une image idéale, selon lui, de la cité à construire. » & que les Gaulois/ Atlantes sont les héritiers des Hébreux.

            Je n’ai pas trouvé le passage incriminé.

            & Comment qualifier ces questions d’intéressantes ? Cela m’épate que certains aient du mal à ne pas voir qu’il s’agit de délires.

            « épate », « délires » : je ne vois pas quelle réponse je puisse faire.

            E. MOUREY, le 13 mars 2007.


          • (---.---.30.84) 14 mars 2007 23:56

            M. Mourey je vous en prie arrêtez de prendre les gens pour des imbéciles :

            pour ceux qui ne le savent pas Flavius Joseph est un « historien » très peu fiable qui ment honteusement lorsque cela l’arrange et surtout confond très souvent les noms donnés aux différents intervenants de ces « histoires » — vous pouvez lire les ouvrages de E. Meyer sur ce sujet et en particulier Chronologie dans lequel il pointe tous les errements de Flavius Joseph

            voilà ce qu’il écrit dans contre Apion XXVI, traduction René Harmand 1911

            « Ils y allèrent et, faisant de ce lieu la base d’opération d’une révolte, ils prirent pour chef un des prêtres d’Héliopolis nommé Osarseph et lui jurèrent d’obéir à tous ses ordres. Il leur prescrivit pour première loi de ne point adorer de dieux, de ne s’abstenir de la chair d’aucun des animaux que la loi divine rend le plus sacrés en Égypte, de les immoler tous, de les consommer et de ne s’unir qu’à des hommes liés par le même serment. Après avoir édicté ces lois et un très grand nombre d’autres, en contradiction absolue avec les coutumes égyptiennes, il fit réparer par une multitude d’ouvriers les murailles de la ville et ordonna de se préparer à la guerre contre le roi Aménophis. »

            donc pas de Moïse ici et ce que vous prenez pour le texte original est considéré depuis très longtemps comme des ajouts de commentateurs très postérieurs (au niveau de l’expression qui est très différente, de répétitions anormales etc..)


          • (---.---.30.84) 15 mars 2007 00:12

            pour le reste ce ne sont que des affirmations gratuites qui ne reposent que sur vos reflexions et votre logique douteuse : au crest les vestiges qui sont présents sont d’époque médiévale (confirmée par les archéologues des DRAC qui se sont déplacés pour les voir), l’atlantide au beau milieu de la gaule fait encore bien rire tout le monde (même Platon dit que c’est une île votre argumentation sur l’interprétation du terme en latin n’est plus du tout valable quand c’est du grec !)

            tout ce que l’on vous demande c’est d’apporter des preuves de ce que vous avancez pas des commentaires d’auteurs antiques quand on sait très bien que ce qu’ils disent ne reflète pas la réalité !

            bref ceci illustre parfaitement le problème des articles pseudo-scientifiques sur un media qui ne peut pas tout faire reviewer par des experts !!


          • Emile Mourey Emile Mourey 15 mars 2007 09:34

            @ (IP:xxx.x70.30.84)

            Vous avez tout à fait le droit de critiquer mes arguments mais pas de dénaturer mes propos comme M. Horemheb a l’habitude de le faire.

            Dans ma mise au point, je n’ai fait que rappeler l’exactitude de mes propos sans traiter qui que ce soit des adjectifs que vous mentionnez.

            Je prends acte que vous ne considérez pas les textes de Flavius Josèphe comme fiables et, comme l’a fait le traducteur que vous citez, que vous expurgez de son texte ce qui vous dérange sous divers prétextes qui me laissent très sceptiques. C’est bien là le problème d’un certain courant de l’archéologie dite scientifique.


          • Emile Mourey Emile Mourey 15 mars 2007 10:00

            (IP:xxx.x70.30.84)

            Première question : Le Crest

            Vous dites : « au crest les vestiges qui sont présents sont d’époque médiévale (confirmée par les archéologues des DRAC qui se sont déplacés pour les voir) »

            Ma réponse : bel exemple de raisonnement pseudo-scientifique.

            On se rend sur place.On regarde quelques murs en ruines. On s’en retourne et on décrète, comme si les pierres étaient capables aujourd’hui de donner la date à laquelle elles ont été assemblées puis écroulées.

            Le véritable raisonnement scientifique, il est d’abord dans l’interprétation des textes, d’abord celui de César et ensuite, celui de Sidoïne Apollinaire.

            Même chose pour l’Atlantide. Le véritable chercheur est celui qui a le courage de se remettre en question... face à la meute.


          • (---.---.30.84) 15 mars 2007 10:48

            @Mourey,

            non et non l’interprétation de texte n’est pas une science ! ensuite vous devriez savoir que l’on ne construit pas les murs de la même façon en fonction des époques, que l’archéologie du bâti est très complexe et nécessite de nombreuses connaissances que manifestement vous n’avez pas

            pour moi le sujet est clos, ce n’est pas la peine de polluer un débat qui n’a rien à voir avec vos élucubrations.


          • Emile Mourey Emile Mourey 15 mars 2007 11:07

            (IP:xxx.x70.30.84)

            Primo : Je constate que vous préférez faire confiance à un expert (M. Meyer) plutôt qu’au texte d’origine et à son auteur que vous jugez peu fiable et que vous mettez « au placard ». Pour ma part, je préfère revenir aux sources plutôt que prendre pour argent comptant « les paroles d’experts ».

            Secundo : « Vous dites : tout ce que l’on vous demande c’est d’apporter des preuves de ce que vous avancez, pas des commentaires d’auteurs antiques quand on sait très bien que ce qu’ils disent ne reflète pas la réalité ! ». Je suppose que vous voulez dire par là qu’il faudrait que je vous montre un tesson de poterie que j’aurais trouvé au Crest. Non ! Et cela pour plusieurs raisons, d’une part parce que je ne fais pas de fouilles, d’autre part parce que cela ne devient une preuve qu’après interprétation et recoupement. De toutes façons, comme manifestement, vous ne voulez pas vous remettre en question et que vous refusez tous mes arguments à partir du moment qu’ils reposent sur des textes d’origine et sur la logique notamment militaire, j’aurais beau vous exposer tous les recoupements possibles et imaginables que cela ne servira à rien. Je me trouve dans la même situation qu’un jeune officier de renseignement de 1939 qui a fait la synthèse de toutes les informations qu’il a pu rassembler et qui se trouve devant un vieux chef d’Etat-Major formé à la guerre des tranchées qui ne veut rien entendre.

            Bref, parce que je suis un chercheur qui vous dérange, vous ne voulez pas débattre sur mes arguments. Vous me condamnez à priori. Le problème, c’est qu’on risque de vous suivre.


          • Emile Mourey Emile Mourey 15 mars 2007 11:23

            @(IP:xxx.x70.30.84)

            Vous dites : pour moi le sujet est clos, ce n’est pas la peine de polluer un débat qui n’a rien à voir avec vos élucubrations.

            Non, Monsieur, je ne suis pas venu sur ce fil pour le polluer, mais parce que vous m’avez mis gravement en cause et que j’ai le droit de répondre.

            C’est trop facile ensuite de lancer quelques insultes et de s’en aller en disant que le débat est clos.


          • (---.---.30.84) 15 mars 2007 14:35

            bon à ce que je vois vous ne voulez pas comprendre la démarche d’un chercheur : votre texte d’origine comme tous les textes antiques ne sont pas d’origine, ils ont été copiés, traduits, commentés pendant des siècles avant que des manuscripts nous parviennent, à part de rares cas de fragments retrouvés en fouille. Donc l’épigraphie puisqu’il s’agit de cela n’a pas de valeur de preuve et votre démarche est celle qui était pratiquée au 19ème siècle ni plus ni moins. depuis cette période de nombreuses choses ont évolués, des milliers de personnes ont passé leur vie pour mettre en évidence ce que l’on peut dire sur tel ou tel fait/vestige/histoire etc... des milliers de vestiges ont été mis au jour et étudiés avec minutie ... Mais non personne n’a votre intelligence et grâce à votre fulgurance vous déténez LA vérité contre tous ces chercheurs. NON apportez des preuves : vos arguments ne peuvent pas remettre en cause ce que l’on sait comme cela, il faut prouver vos dires. Un tesson de poterie prouve que qq a laissé cet artéfact à cette place ... rien de plus mais comme vous voulez nier l’évidence des preuves mises au jour sur les chantiers (tiens il y a des armes de guerre romaines à gergovie avec des traces de siège et en plus trouvées par des chercheurs allemands -rien à voir avec le collège de France et Mitterand, tiens il y a des vestiges gaulois dans la place forte oh zut alors ! mais de toute manière vous allez encore nier ces faits (allez les rapports de fouilles sont même en ligne, cherchez les, ça au moins vous pouvez le faire avec votre critique militaire)

            vous dites retourner aux sources et bien dans ces cas là apprennez l’humilité et retournez sur les bancs de la fac pour comprendre un peu comment la science fonctionne !

            Ensuite ici nous parlons de diffusion scientifique et du peu d’intéret dans les média or ce que vous faites n’a rien de scientifique ! et donc pollue clairement le débat !


          • Emile Mourey Emile Mourey 15 mars 2007 19:20

            (IP:xxx.x70.30.84) et copie @ l’auteur.

            Mais bien sûr ! Et c’est ainsi que, scientifiquement, vous êtes arrivés à remettre en question tout le Pentateuque et à nous prouver, toujours scientifiquement, que ce Livre n’était qu’un recueil de fables inventées ou arrangées au temps d’Osias pour les besoins de sa politique. Et vous ne vous rendez pas compte que ce que vous dites est tout simplement « énorme ».

            Si c’est cela la science, alors on peut dire qu’elle se met, elle-même, au placard.

            J’aimerais bien avoir l’avis de l’auteur sur ce point.


          • (---.---.30.84) 16 mars 2007 14:25

            écoutez Mourey, moi je n’ai rien prouvé dans ces domaines qui ne sont pas de mes compétences, pas plus que vous et vos interprétations plus que douteuses d’ailleurs vous traduisez comme bon vous semble (souvenez vous du terme purpura -rouge- que vous traduisez par « architecture » ou qqch comme cela ! bien sûr c’est le Gaffiot qui se trompe comme toujours....)


          • moizaussi 17 mars 2007 13:17

            Je pense que le point que vous mentionnez, le besoin - ou l’impression de besoin - d’immédiateté s’accorde mal à avec le travail intérieur de réflexion que nécessite la science. Il est plus facile de suivre un indicateur aussi dénué de sens qu’un cours boursier, et croire qu’on a une fenêtre pertinente sur le monde, que de tenter de se faire une représentation intellectuelle de la physique quantique ou les science neuronales. Les média se sont rués dans le flot torrentiel de l’information sur Internet, abandonnant par ailleurs leur légitimité intrinsèque de médium, pressant le pas pour suivre le rythme imposé par ce nouveau média. La science pourrair retrouver sa place dans un média qui prendrait du recul, qui oserait revenir sur les évènements passés, les décortiques. Ferait-il de l’audience ?


          • moizaussi 17 mars 2007 13:24

            La forme en effet ne suffit pas pour déclarer sicentifique un article. Mais quelles sont les conditions qui permettent de le juger comme tel ? Si c’est décorrelé de la forme, aucun n’obstacle ne s’oppose à ce que des articles scientifiques trouvent leur place sur AgoraVox ou ailleurs...


          • moizaussi 17 mars 2007 13:30

            L’auteur s’interroge - ou feint de s’interroger pour respecter une certaine politesse de mise sur une place publique - du lien entre l’article initial et cet échange. Le seule intérèt que je vois à l’échange est de montrer une des limites à un vecteur comme AgoraVox. Bien que je l’utilise - avec prudence - je suis encore plus prudent sur la véritable valeur d’un tel outil aussi vulnérable au harcèlement. L’avantage des médias traditionnels est bel est bien la fonction de filtre qu’ils imposent. Avec tous les travers qu’il n’est plus nécessaire de décrire, si ce n’est pour s’interroger sur le fait que cela pourrait être aussi leur force. Mais n’espérons pas un seul instant qu’un « média citoyen » comme AgoraVox soit exempt de travers. L’échange sus-cité en étant la meilleure preuve.


          • (---.---.30.84) 17 mars 2007 19:15

            @ l’auteur :

            dans toutes les revues scientifiques les articles sont soumis à un comité de « reviewage » i.e. qu’ils font examiner anonymement les papiers par des experts reconnus dans ce domaine afin d’avoir un avis sur le fond du problème. Je ne vois pas comment on peut faire autrement sachant que tout le monde n’est pas compétent pour juger le fond du problème... d’ailleurs il est intéressant que pour le comité de rédaction l’histoire ou l’archéologie ne font pas partie des sciences et techniques mais de la rubrique culture et religion (-sic-)


          • ZEN zen 19 mars 2007 07:50

            @ MrMourey « Pour ma part, je préfère revenir aux sources plutôt que prendre pour argent comptant »les paroles d’experts".

            Saine réaction a première vue, à condition de considérer que la critique des sources est la première exigence d’un historien digne de ce nom et que l’« expertise » n’a pas à être mise en cause par principe, même si elle n’est pas à l’abri des critiques elle non plus...


          • thirqual (---.---.57.64) 14 mars 2007 11:59

            Surtout si on rajoute la capacité époustouflante de journaux tel que le Monde pour rendre compte du contenu d’articles scientifiques. C’est parfois effrayant le nombre de contre-sens, d’aberrations qu’on trouve dans la rubrique Science de ce journal (enfin l’ex-rubrique)


            • moizaussi 17 mars 2007 13:34

              N’est-ce pas le risque inhérent à toute communication ? Peut-on espérer garder l’intégralité de l’information lorsqu’on la fait passer d’un domaine A (les scientifiques) à un domaine B (le grand publique). Un contre-sens, certes, est plus que regrettable. Doit-on renoncer pour autant ?


            • Sophie (---.---.143.12) 14 mars 2007 12:08

              Oui, pauvre Science ! Un des principaux Pb, les cours de Sciences à l’Educ’ Nat’ !

              Fait par des pro des Sciences de l’Education, qui savent tout sur tout mieux que tout le monde y compris les scientifiques, ils sont très théoriques, abstraits, déconnectés des pratiques des labo de recherche ou des entreprises.

              Plus de manip’, d’expérimentation... Plus d’activités naturalistes en SVT par ex, on fait de la tectonique des plaques, les élèves n’y comprennent rien, s’emmerdent pour pas dire autre chose, pourquoi ne pas leur faire manipuler des roches, toucher, tester leur dureté, à quoi elles servent, leurs propriétés chimiques, leur formation, où les trouvent-on dans la région, quelle roche sous le collège/lycée, bref, pratiquer et cultiver la curiosité et le sens de la découverte, faire de la Science quoi.


              • thirqual (---.---.158.81) 14 mars 2007 12:56

                Faire de la tectonique sans regarder de cailloux, une aberration pourtant... c’est un phénomène simple à comprendre si on en voit les effets sur le terrain à toute échelle (de la chaîne de montagne au cristal). Pas difficile non plus de faire un modèle analogique en gélatine...


              • (---.---.30.84) 14 mars 2007 13:22

                c’est poutant très abstrait pour l’élève moyen alors que le faire toucher un cailloux et faire des tests pour savoir ce que c’est les interesserait beaucoup plus... mais il ne faut pas oublier que pour eux science= « les experts » de tf1


              • mars (---.---.3.211) 14 mars 2007 17:09

                Je ne suis pas certain que le fait de remplacer la théorie par des activités plus ludiques ou même expérimentales permette de former plus de scientifiques. Il n’y a pas besoin de toucher des cailloux pour comprendre la tectonique des plaques et si la France avait une des meilleures écoles mathématiques au XX ème siècle ça n’est pas parce que les élèves de 1960 passaient leur temps à faire des expériences en classe. A force de trop vulgariser on finit par ne plus rien apprendre. Savez-vous combien d’heures de maths ont perdu les collégiens en raison des itinéraires de découverte dont la plupart des élèves ne voient même pas l’utilité ? La réalité c’est que la science demande des efforts et que les efforts ça n’est plus à la mode, surtout à la télé où l’on fait rêver avec des apprentis stars qui apprennent leur métier en 3 mois...


              • roumi (---.---.74.206) 14 mars 2007 20:58

                @sophie

                un marteau un burin .et du terrain .

                et carburer à la découverte il en resteras toujours qq chose . avec mes momes nous avons fini sur le site du brgm pour retrouver des indices .

                sinon il y as aussi les sensations du plein air , qq part c’est inscrit aussi .


              • mars (---.---.3.211) 14 mars 2007 21:16

                Passons des heures de cours à faire cela même si les élèves sont de plus incultes à un point tel qu’une quantité significative d’entre eux ne savent pas calculer 37% de 453 en quatrième ! Mais il ne faut pas le dire, ce n’est pas politiquement correct. Arrêtons le démagogie !


              • moizaussi 14 mars 2007 21:53

                Désolé, j’ai voté par erreur « non » pour l’aspect constructif du commentaire...


              • moizaussi 17 mars 2007 13:37

                Je n’ai pas réellement d’avis sur la meilleure pédagogie pour transmettre l’appétit des sciences aux élèves. La question en revanche que je me pose est de savoir si les professeurs - généralité qu’on me pardonnera je l’espère - n’ont pas eux aussi abandonné un peu trop vite les prétentions scientifiques. Et, toujours, si les scientifiques - même généralité - n’ont pas abandonné un peu trop le monde de l’éducation. Les scientifiques regrettent le niveau des élèves, les professeurs ne peuvent-il pas regretter le niveau de la vulgarisation fait par les scientifiques ?


              • (---.---.142.94) 14 mars 2007 12:35

                Bien vu, l’auteur.

                À l’heure ou les brevets, et droits d’auteurs en tout genre sont sur la sellette, voir, considérer comme secret défense, secret scientifique ou que sais-je, votre article souligne bien les soucis d’une presse officielle vacillante.

                Rassurez-vous, internet offre l’accès à de multiples sources sur tous sujets suivant notre niveau et nos centres d’intérêt.

                Tous les procès en cours démontrent des enjeux hors normes, et des lobbys mis en porte à faux.

                Nous changeons de monde, et la science en est le carburant. Quel moteur


                • Forest Ent Forest Ent 14 mars 2007 12:37

                  Il y a plusieurs raisons à ce déclin.

                  La plus facile à voir est que les médias ne s’intéressent plus aux sujets de fond, surtout quand ils sont ardus.

                  Mais plus généralement, il faut bien constater que la science ne fait plus recette dans l’opinion. Elle paye actuellement un siècle de positivisme, pendant lequel on l’a instrumentée en moteur du progrès social, ce qui est un échec patent. LA RAISON NE CREE PAS LA VERTU. Par exemple, quoiqu’en dise Bush ce n’est pas la recherche qui évitera le réchauffement climatique, mais un changement de comportements.

                  Il est mal connu qu’il y a depuis quelque temps aux US une extraordinaire crise des vocations scientifiques, que vient de déplorer ... Bill Gates. Si les universités US sont toujours pleines en sections scientifiques, ce n’est pas d’étudiants US, mais indiens, chinois, ...

                  Nous les scientifiques devons nous déplorer de ne pas être médiatisés ? Je n’en suis pas sûr. Nous avons souvent été instrumentés comme piliers du système ultralibéral. Je tiens à signaler au lecteur d’agoravox qu ne nous connait pas que ce n’est pas de notre propre fait.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès