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Accueil du site > Actualités > Technologies > La science au secours de la politique pour « réguler le climat » (...)

La science au secours de la politique pour « réguler le climat » !

Autour d’un pseudo-scandale scientifique qu’il est convenu d’appeler le « climate gate », un débat surréaliste agite une partie de la planète médiatique à l’occasion de la grande mobilisation de la planète politique à Copenhague. Il pourrait paraître insignifiant, s’il ne dénotait pas une incompréhension grandissante de la frontière qui existe entre science et politique, risquant à terme de favoriser un retour à l’obscurantisme.

On se bat pour savoir qui a raison, des 90 % de scientifiques du GIEC estimant que le réchauffement climatique va poursuivre son accélération si rien n’est fait pour réduire nos rejets de CO2, ou des 10 % restants considérant à l’inverse que d’autres facteurs peuvent avoir une influence bien plus grande sur le climat dont on ne peut donc raisonnablement prédire avec certitude les évolutions à venir.
 
Pendant ce temps, à Copenhague, nos dirigeants dissimulent, derrière de grandes déclarations aussi vertueuses et grandiloquentes que désespérément stériles, les égoïsmes naturels de leurs électorats respectifs qui restent les fondements de leurs politiques respectives et les principales raisons de leur incapacité à prendre les décisions courageuses qui s’imposent. Dans la plus pure tradition des envolées lyriques inhérentes aux discours politiques et des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, on a même entendu récemment sur une grande radio un ministre déclarer qu’après avoir régulé la finance internationale, les gouvernements s’apprêtaient à réguler le climat (sic) ! Au-delà du ridicule, cette énormité, qui n’a même pas été relevée par les journalistes participant à l’interview, est révélatrice de tous les travers qui conduisent l’homme à considérer la science toute puissante à son service.
 
Le problème n’est pas de savoir si le réchauffement du climat va se poursuivre, s’intensifier, se stabiliser ou s’inverser, ni de s’interroger sur la part de l’homme dans les causes du réchauffement actuel. Il faut d’abord observer que le climat se réchauffe et se refroidit, avec ou sans l’homme, de manière cyclique, depuis toujours. On doit ensuite admettre que personne ne peut prétendre avec un minimum de sérieux que l’homme est en mesure d’empêcher ces grandes évolutions. Que les rejets de CO2 largement augmentés par notre développement industriel contribuent ou non au réchauffement, il n’en reste pas moins que personne n’est en mesure d’affirmer avec certitude que leur réduction même drastique évitera la poursuite de ce réchauffement. Pire, s’il contribue au réchauffement, qui peut dire s’il réussira à contrecarrer un refroidissement si celui-ci s’enclenche dans les années à venir comme peut le laisser prévoir l’analyse de toutes les courbes du passé ?
 
La bonne question à se poser n’est pas « comment faire pour éviter le réchauffement ? », mais bien plutôt « comment faire pour lutter contre ses conséquences (montée des eaux, désertification) ou s’y adapter ? ». Dans le même temps, il n’est d’ailleurs pas forcément inutile de réfléchir à ce que l’on pourra faire lorsque la courbe s’inversera et que la température redescendra comme elle l’a déjà maintes fois fait au cours de l’histoire. Faudra-t-il recommencer à polluer allègrement ?
 
Qu’on me présente un seul scientifique, GIEC ou pas GIEC, en mesure d’affirmer qu’un refroidissement ne peut pas s’enclencher dans les dix ans à venir ! Le problème avec les scientifiques qui affirment, c’est qu’ils se sont toujours trompés. La science n’affirme rien, elle décrit afin de pouvoir dire ou prédire la réalisation de faits observables sous des conditions précises qu’elle sait ne pas forcément maîtriser. Laisser croire que la science est en mesure de prédire l’avenir, c’est s’exposer à de graves désillusions dont la défiance et le désintérêt pour les matières scientifiques n’est pas le moindre des risques. Il n’y a en effet pas loin, du refus louable de la toute puissance parfois abusivement accordée à la science, aux régressions obscurantistes inquiétantes que l’on observe chaque jour un peu plus.
 
Ceci n’ôte rien bien entendu aux aspects « vertueux » de la prise de conscience mondiale des conséquences calamiteuses d’une industrialisation sauvage, démesurée et mal maîtrisée. Toutes les décisions qui sortiront de Copenhague allant dans le sens d’une meilleure gestion de nos ressources et de nos rejets (il n’y a pas que le CO2) seront évidemment les bienvenues, car elles sont indispensables à notre survie.
 
 

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11 réactions à cet article    


  • stephanemot stephanemot 19 décembre 2009 08:04

    Le climat n’est pas evidemment pas controlable, mais quelque chose peut et doit etre fait pour limiter les degradations et (pour le coup effectivement) se preparer pour mieux s’adapter, ce qui fait egalement partie des sujets consideres par les politiques.

    L’etude du climat est une science tres delicate et pleine d’incertitudes, mais le GIEC a tres clairement apporte des reponses sur tous ces points avec toutes les precautions d’usage : voila ou en est la connaissance sur ce plan, voila les probabilites et les incertitudes...

    L’homme a un impact sur l’environnement que vous le vouliez ou non. Au-dela du rechauffement (qui n’est pas homogene loin s’en faut), l’alteration ne saurait etre contestee et d’ailleurs, la desertification que vous mentionnez est en partie causee par l’homme dans de nombreuses regions, ce que personne ne conteste (cf deforestation, elevage extensif de chevres pour le Cashmere en Mongolie...).

    Nier l’impact de l’homme sur l’environnement et le climat releve du revisionnisme.


    • Francis BEAU Francis BEAU 19 décembre 2009 09:14

      Où ai-je dit que l’homme n’aurait « pas d’impact sur l’environnement ? »

      « Que vous le vouliez ou non », je ne le nie pas, je le crie même haut et fort. Ses prélèvements et ses rejets ont pris une telle proportion que les réduire est désormais une question de survie.
      Et après ?
      Affirmer que l’homme a le pouvoir de réguler le climat serait aussi vain que de prétendre maîtriser l’univers.

      • stephanemot stephanemot 19 décembre 2009 11:05

        ce n’est pas ce qui ressort de votre discours deterministe - en substance : quoi que l’homme fasse, cela releve du cyclique.

        ce qui semble surtout vous gener, c’est le spectre de regulations contraignantes... peut etre pour d’anciens clients ?

        a defaut de reguler le climat, l’homme a le pouvoir de reguler l’homme


      • jcm jcm 19 décembre 2009 11:31

        @ F Beau :

        « Affirmer que l’homme a le pouvoir de réguler le climat serait aussi vain... » : eh bien non !

        Nous avons de nombreuses preuves que l’homme est capable de modifier le climat, parfois dans un sens qui lui est favorable et parfois à l’inverse, au niveau local plus ou moins étendu.

        On peut voir dans une modification et surtout dans le maintien des nouvelles conditions une forme de régulation.

        Ce que nous disent les conclusions de travaux sur l’effet de serre est précisément que l’homme serait capable de modifier le climat et de perpétuer ces modifications.

        "Que les rejets de CO2 largement augmentés par notre développement..., il n’en reste pas moins que personne n’est en mesure d’affirmer avec certitude que leur réduction même drastique évitera la poursuite de ce réchauffement.« 

        Mais personne n’affirme que cette réduction drastique évitera la poursuite de ce réchauffement, car on sait que l’inertie des systèmes en cause est grande.

        La teneur actuelle en GES de l’atmosphère aura donc des répercussions à long terme.

        Toute la question aujourd’hui est de faire en sorte que les répercussions soient aussi limitées que possible, ce qui implique que cette teneur ne soit pas accrue et que, si possible, elle décroisse.

         »Toutes les décisions qui sortiront de Copenhague allant dans le sens d’une meilleure gestion de nos ressources et de nos rejets (il n’y a pas que le CO2) seront évidemment les bienvenues...« marrant d’arriver en fin d’article pour dire à peu près le contraire de ce qui est affirmé quelques lignes plus haut car » (il n’y a pas que le CO2)" signifie qu’il y a AUSSI le CO2 !!!

        Par ailleurs pour conclure sur ce gaz n’oublions pas qu’il provoque une acidification des eaux marines qui, si elle favorise a priori la croissance de certains crustacés, est fort préjudiciable à un certain nombre d’organismes dont certains sont à la base des chaînes alimentaires océaniques.

        L’acidification est plus marquée dans les eaux froides, qui solutionnent mieux le CO2 que les eaux chaudes.

        Les zones polaires seront donc plus affectées que les zones tropicales.

        Mais si par malheur survenait un refroidissement global les eaux tempérées seraient aussi bien plus sensibles à l’acidification, avec des conséquences sur la faune marine dont elle se passerait bien et qui nous affecteraient de façon très sérieuse.

        Finalement l’hypothèse d’un refroidissement devrait nous engager de façon très volontariste à diminuer sévèrement nos émissions de CO2 !!!


      • Francis BEAU Francis BEAU 19 décembre 2009 17:13

        « marrant d’arriver en fin d’article pour dire à peu près le contraire de ce qui est affirmé quelques lignes plus haut car » (il n’y a pas que le CO2)« signifie qu’il y a AUSSI le CO2 !!! »


        Marrante, cette manie de toujours vouloir faire dire aux gens ce qu’ils ne disent pas !
        Où ai-je dit (pardon « affirmé ») qu’il n’y avait PAS de CO2 ?

        Nous rejetons trop de CO2, c’est une évidence, pas besoin de grands débats scientifiques planétaires pour s’en convaincre. Je suis d’accord avec une grande partie de ce que vous dites, et je ne dis nulle part le contraire, sauf concernant votre prétention à être capable de réguler le climat. Je maintiens et j’affirme que l’homme n’a pas et n’aura probablement jamais le pouvoir de « réguler » le climat (s’il l’avait un jour, on pourrait craindre le pire).

        « Réguler » signifie contrôler, c’est-à-dire maintenir et conserver la maîtrise de l’évolution d’un phénomène. La science, pas plus que n’importe quelle volonté politique, n’a ni la vocation ni le pouvoir de donner à l’homme la possibilité de maîtriser l’univers !

      • LeBoss 19 décembre 2009 10:10

        Où avez-vous vu que 90% des scientifiques croient au réchauffement climatique ?

         

        Ce ne sont à ma connaissance que des assertions de médias.

        Par exemple :

        31072 (le 20 mai 08, dont 9021 PhD-docteurs ès sciences) scientifiques américains déclarent que le réchauffement climatique est sans fondement scientifique (pétition OISM)

        (Cette liste vient d’être remémorée au conseiller d’Obama dans une conférence de presse)

         

        4000 Scientifiques signent ’L’appel de Heidelberg ’ (Science & Environmental Policy Project) dont 72 prix Nobel, les vrais, ceux de Stockholm.

        Etc : Voir une liste de ces pétitions sur :

        /www.pensee-unique.fr/liens.html#livres">http://www.pensee-unique.fr/liens.html - livres

        Y manque la liste de 130 grands scientifiques allemands envoyée en Aout à Mme Merkel : http://www.thefreepressonline.co.uk/news/1/1688.htm

        Voyez que qu’on est loin de votre compte et de la puissance de frappe des médias.

         

        Non, Mr Allègre n’est pas seul, loin s’en faut.


        • Mmarvinbear mmarvin 19 décembre 2009 16:21

          « Non, Mr Allègre n’est pas seul, loin s’en faut. » :

          Alors 31072 + 4000 + 130 = 35202. Et encore, je n’ai pas regardé s’il y avait des doublons.

          La population de scientifiques dans le monde serait d’environ 2 millions de personnes (ayant un niveau de doctorat ou équivalent).

          Je laisse de coté la citation d’Einstein pour qui il y avait 6,6 milliards de scientifiques. Ce qui est une citation manifestement fausse car à sa mort le monde ne comptait que 2,7 milliards d’habitants. Mais bon.

          Donc si mr Allègre n’est pas seul en effet, c’est un peu tout comme quand même...


        • Halman Halman 19 décembre 2009 10:20

          Oui Francis, ce sont les médias et le public qui croient que les scientifiques affirment, alors qu’ils ne font qu’observer et mesurer.

          Tout à fait d’accord avec la totalité de votre article.

          Quoi qu’on fasse la machine climatique est lancée, trop tard pour débattre si l’humanité y est pour quelque chose, il faut prendre des mesures en urgence pour pâtir le moins possible des conséquences.

          LeBoss, les scientifiques ne croient pas au réchauffement, ils le constatent. La science n’est pas une croyance, c’est le grand public qui s’en est fait une croyance, qui est incapable de faire la différence entre une croyance et la science.


          • spartacus1 spartacus1 19 décembre 2009 10:25

            Un peu hors sujet, mais je ne peux m’en empêcher.
            Je lis dans le chapeau de l’article :
            "Il pourrait paraître insignifiant, s’il ne dénotait pas une incompréhension grandissante de la frontière qui existe entre science et politique, risquant à terme de favoriser un retour à l’obscurantisme."

            Mais on n’a jamais quitté l’obscurantisme, c’est une erreur de le croire.

            Savez-vous que le budget estimé des toutes les pratiques obscurantistes (devins, tireuses de cartes, marabouts, jeteurs de sort, etc) en France dépasse de plus de trois fois le budget de la recherche scientifique, toutes recherches confondues (pure, appliquée, publique, privée).

            Alors, dans ces conditions, on n’est pas beaucoup plus avancé que l’homme des cavernes.


            • Mohammed MADJOUR Mohammed 19 décembre 2009 12:11

              @Auteur

              « La bonne question à se poser n’est pas « comment faire pour éviter le réchauffement ? », mais bien plutôt « comment faire pour lutter contre ses conséquences (montée des eaux, désertification) ou s’y adapter ? ». » 

              Et l’autre question, meilleure celle-là parce qu’elle répond aux autres ainsi qu’ à la votre :

              Pourquoi mon article proposé le 14 décembre et ayant pour titre :
               
              « Adieu la Banquise, vive le foisonnement de la Vie » ,

              n’a pas été publié ? Concernant l’exact point de vue qu’était le mien et la débandade qui s’en est suivi à Kopenhague, cela viendra ...

              Mohammed.


              • Mohammed MADJOUR Mohammed 19 décembre 2009 16:42

                @franck2012 (xxx.xxx.xxx.165) 19 décembre 14:12

                Pas exactement du délire, mais plutôt de la cacologie bruyante !
                Vous voulez dire alors la « Nomenklatura cacologiste » ?

                Pourquoi jusqu’à 2012 avec tous ces cacochymes politiques ?

                Mohammed.

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