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Langage SMS, achak1 son style

Découvrez le nouvel ouvrage consacré au langage SMS coécrit par Cédrick Fairon, responsable du Centre de traitement automatique du langage (CENTAL/UCL), Jean Klein, professeur au Département d’études romanes de l’UCL et Sébastien Paumier, professeur à l’Université de Marne-la-Vallée, en France.

Face à l’engouement de la population pour le SMS, une équipe de chercheurs de l’UCL s’est lancée, en 2004, dans l’analyse de ce nouveau langage du XXIe siècle. Pas moins de 75 000 messages ont ainsi été envoyés anonymement, par des personnes de tous âges et de profils différents. Après deux années d’étude, ces chercheurs présentent aujourd’hui les résultats de cette analyse en profondeur, à travers un ouvrage complet. L’outil idéal pour mieux comprendre ce langage à la mode et accéder à une image réaliste du SMS.

Qu’on les aime ou non, il faut se rendre à l’évidence, les téléphones portables sont désormais dans (presque) toutes les mains, dans (presque) toutes les poches, de 7 à 97 ans. Mais vous l’aurez noté, s’ils sonnent ou vibrent, ce n’est pas toujours pour signaler un appel téléphonique... Très souvent (le plus souvent ?), c’est pour vous annoncer la livraison d’un petit message textuel : bienvenue dans l’ère du texto, du SMS, du mini-message.

Tantôt billet doux du XXIe siècle, tantôt nota bene électronique, les SMS sont rédigés dans un style qui s’éloigne volontiers de la norme et des usages standard : on sculpte le texte par jeu, pour qu’il soit plus expressif, soit pour limiter l’effort d’un encodage pénible sur un petit clavier ou tout simplement pour qu’il tienne dans la fameuse limite des 160 caractères au-delà de laquelle double le coût du message... Dans cet espace où toutes les fantaisies sont permises (tant que le message reste compréhensible par son destinataire), de nouvelles abréviations voient le jour et, parfois, se répandent. On appelle cela communément le « langage SMS » parfois assimilé à des catégories plus larges qui englobent les outils de communication sur Internet (le cyberlangage, la cyberlangue, la novalangue). Devenu véritable phénomène de société le « langage SMS » est aujourd’hui commun et répandu au point de franchir régulièrement les frontières du monde virtuel de la téléphonie mobile pour se retrouver dans la presse, dans la publicité et même sur des affiches de campagne électorale.

Les linguistes, sociologues, psychologues et autres spécialistes de la communication s’inquiètent ou se réjouissent de ce phénomène. Les plus craintifs voient d’un mauvais œil la vague SMS en train de balayer grammaire et orthographe, repères déjà peu maîtrisés par les jeunes très friands de nouvelles technologies. Les plus optimistes y voient au contraire des jeux de langue propres à inciter à la fréquentation de l’écrit, un nouveau langage permettant des formes nouvelles d’expression et enrichissant les échanges entre individus.

Pour y voir plus clair et tenter d’objectiver l’analyse, deux centres de recherche de l’Université catholique de Louvain en Belgique (le Cental, Centre de traitement automatique des documents et le Celexrom, Centre d’étude des lexiques romans) ont décidé de récolter plusieurs dizaines de milliers de SMS pour constituer un corpus de référence, c’est-à-dire une base de données utilisable par les chercheurs pour étudier le phénomène. En deux mois, ce projet intitulé « Faites don de vos SMS à la science » et organisé en Belgique francophone a permis de rassembler 75 000 SMS écrits et envoyés par 3200 participants (www.smspourlascience.be).

Après deux ans de travail sur le corpus, les chercheurs viennent de présenter leur méthode et leurs résultats dans un livre intitulé Le langage SMS, publié aux Presses Universitaires de Louvain (www.i6doc.com/doc/sms). Pour la première fois, une étude linguistique sur le langage SMS se fonde sur un corpus à grande échelle constitué de matériaux authentiques représentant une grande diversité d’usages et d’usagers. Qu’est-ce que le langage SMS ? Assiste-t-on à l’avènement d’un nouveau langage ? A qui s’adresse-t-il ? Est-il nuisible à l’apprentissage de la langue française ? Autant de questions auxquelles les auteurs ont tenté de répondre, en se basant strictement sur les SMS récoltés, de manière anonyme.

Plusieurs constats ressortent clairement de cette étude et parfois mettent en cause une série d’idées reçues sur le « langage SMS » :

- Ce langage s’est répandu à la suite des contraintes technologiques et économiques du GSM : faire passer un message en peu de mots, au moindre coût.

- L’engouement pour le SMS peut également s’expliquer par la disparition de certaines barrières. Il crée un type de contact très différent, permettant par exemple au timide de s’exprimer sans crainte de rougir ou de bafouiller.

- Le SMS n’est pas un langage unique : il varie fortement en fonction du profil de l’utilisateur. Ainsi, les 15-25 ans sont ceux qui se sont le plus approprié ce nouveau mode de communication et qui sont le plus inventifs. A l’inverse, les 45-65 ans écrivent souvent un SMS comme ils écriraient une carte postale : en utilisant le langage courant.

- Le SMS permet également à certains de se réapproprier leur langue et de la faire évoluer, en inventant constamment de nouveaux mots. On assiste ainsi à une diversité du langage SMS, chaque jour renouvelée.

- Le SMS n’aurait pas nécessairement sur l’orthographe des jeunes l’influence néfaste qu’on lui prête. Des études montrent par ailleurs que cela ne perturbe pas outre mesure la syntaxe des jeunes. Certains enseignants signalent tout de même de « nouvelles fautes », comme l’utilisation à outrance de la lettre k, pourtant peu usitée en français.

- Le langage SMS n’est pas nouveau ! Il puise ses racines dans l’argot utilisé par les jeunes, les abréviations, les abréviations et l’utilisation phonétique des caractères.

Au total, le "langage SMS" n’est pas un nouveau langage mais simplement une extraordinaire concentration de procédés, déjà existants pour la plupart (abréviations, rébus, sigles...). Bien souvent, il s’agit d’un maquillage en surface des messages, qui, une fois décodés, se révèlent être en un français grammaticalement correct. De plus, même si les messages sont brefs et se focalisent autour d’un petit nombre de thèmes (prise de nouvelles, question, réponse...), ils respectent néanmoins les règles sociales de communication puisque les formules d’introduction (bonjour, hello...) et de politesse (bisous, à plus...) sont largement présentes. On note même une tendance généralisée à utiliser des pluriels en oux pour les termes affectifs (bisoux, kissoux, poutoux...) qui semble être aussi typique des SMS que la formule @+ l’est pour les mails.

Cédrick Fairon, Jean René Klein et Sébastien Paumier.

Le langage SMS. Etude d’un corpus informatisé, à partir de l’enquête « Faites don de vos SMS à la science », Presses Universitaires de Louvain (PUL)

Disponible sur http://www.i6doc.com/doc/sms

Pour de plus amples renseignements :


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21 réactions à cet article    


  • Petit (---.---.60.48) 2 février 2007 11:55

    Le SMS permet de cacher qu’on est une buse en grammaire.


    • (---.---.34.107) 2 février 2007 13:48

      C klR, en + 6 T po ini6é tu kapt ri1 ! ! ! ! pa dbol :)

      En fait ça permet surtout d’inverser le problème, c’est le gars qui est très doué en ortho/grammaire qui se sent idiot de ne pas capter ce que l’autre lui dit smiley


    • luisito luisito 2 février 2007 13:50

      Ben non justement, l’etude semble montrer que c’est tout l’inverse qui se produit. « Le langage sms une fois decode est grammaticalement correct »


    • bob (---.---.34.107) 2 février 2007 13:56

      Wep, à quand une fonctionnalité « Language SMS / Français » dans les pages linguistiques de google ???


    • luisito luisito 2 février 2007 14:01

      C’est prevu justement !

      Plus serieusement les sms envoye a des telephones fixes sont decrypte et lus en bon francais par une voix synthetique. La techno de decryptage des sms existe bel et bien ! smiley


    • seb59 (---.---.180.194) 5 février 2007 11:07

      L’ecriture est grammaticalement correcte, mais j’ai des doutes au niveau de l’orthographe ... smiley

      Pk ? bicoz lé jeun en on ri1 atapé lol smiley


    • Julot (---.---.208.241) 7 février 2007 13:13

      Le langage SMS va tout simplement disparaitre dans les prochaines années.

      Les nouvelles technologies (calvier avec projection laser) vont mettre un terme à cette pratique qui ne doit son existance qu’au nombre réduit de touches d’un téléphone.

      Ensuite, ceux et celles qui écrivent en SMS (les 10-20 ans) vont devoir y renoncer pour trouver un emploi qualifié.

      Pas de quoi en faire tout un fromage. Si ce n’est que cela aura contribué à faire des sténographes (vision positive) ou des cons (visions négatives).

       smiley


    • Bourreur de cervelets (---.---.161.74) 2 février 2007 13:04

      Y’en a qu’on vraiment du temps et de l’argent à perdre ! Faire une étude sur le sms ? Ba oui c’est pour écrire plus vite ou ne pas dépasser la taille du message, quelle découverte !! Fallait bien des études et des livres pour ca !! ...


      • bob (---.---.34.107) 2 février 2007 13:51

        En parlant de gens qui ont du temps à perdre, y’aura ceux qui liront le livre en question :)

        Bon j’ai déjà vu plus ridicule comme enquète...


      • luisito luisito 2 février 2007 13:53

        Justement si t’avais lu l’article en entier, tu verrai que ca montre pas que ca ! En fait ce que je retiendrai de cet article c’est que ca rassure les parents : ca ne rend pas leurs enfant nul en francais, ca change tout simplement rien.


      • Droopy (---.---.59.178) 2 février 2007 21:42

        C’est financé avec de l’argent public cette étude inutile et stupide ? Comme le CNRS où on finance des études sur la psychologie des poissons rouges et des amibes ? Pendant que les chercheurs utiles filent à l’étranger pour bosser .....

        Mais il y en a qui ont vraiment du temps à perdre et de l’argent public à jeter par les fenêtres. Quoiqu’en bas de la fenêtre il y e, a quelques un qui le récupèrent peut être ?


        • Rocla (---.---.7.29) 5 février 2007 11:14

          Y en a même qui pensent perdre leur temps en lisant des articles dont ils pensent qu’ il leur fait perdre le temps , un genre de recherche sur le temps perdu ... égaré , kwa..

          Rocla


        • (---.---.138.165) 2 février 2007 21:58

          pas de plus de faute, laisse mot rire. C’est que nos jeunes sont des buses en orthographe, voila pourquoi il n’y a pas plus de faute.

          Faisons du français une langue bien pourrie sous prétexte du progrès et de l’imagination. Et c’est pas de l’imagination, c’est la feignantise. Je ne suis pas partisant du « c’était mieux avant » mais faire des conneries et trouver des excuses, c’est pas une solution.

          Simplix


          • juju (---.---.13.83) 4 février 2007 18:12

            fo pa 2 t a partisan ;)


          • Mara (---.---.16.183) 3 février 2007 00:56

            Je joue à un jeu en ligne massivement multijoueur très populaire, et j’y croise quand même un nombre non négligeable de gens (jeunes à priori vu la moyenne d’âge des joueurs) qui ne savent plus s’exprimer autrement qu’avec ce genre de pseudo-langage.

            Bon, une bonne moitié au moins ne s’en sort pas trop mal et reste compréhensible par des vieilles comme moi (proche de la trentaine).

            Par contre, lire des lignes de SMS, bonne chance. Ca ne se limite pas aux portables ces bestioles là, le SMS est envahissant. Sur des blogs et des mails, c’est dur quand même. smiley


            • dop (---.---.122.68) 5 février 2007 16:46

              Oui, d’ailleurs sur nombres de forums le « SMS style » est séverement proscrit. Pour moi c’est ce qui fait d’ailleurs la différence entre un forum fréquentable et un autre. j’utilise des abréviations SMS sur mon téléphone, mais avec un clavier ya assez de touches pour que cela ne soit pas justifier.


            • phil marso (---.---.74.59) 3 février 2007 09:00

              Bonjour,

              J’attendais avec grand intérêt la conclusion de votre étude puisque nous sommes entre guillemet « concurrent » sur le sujet de l’écriture SMS.

              En 2004, j’ai été amené à publier le premier livre en langage SMS (Pa sage a tabac vo SMS). Depuis mes travaux se sont dirigés vers l’invention de la P.M.S (Phonétique Muse Service) qui propose une passerelle entre la langue française et le SMS abrégé.

              Dire que le SMS, n’est pas un nouveau langage on le savait déjà ! Que les mots sont écrits de différentes façons, la encore rien d’extraordinaire. Rappeler que le SMS est un phénomène lié économiquement (160 caractères maximum pour écrire un message au départ a poussé l’utilisateur à abréger les mots) c’est une évidence ! Le coût d’un SMS est plus rentable que de blablater au téléphone portable on le savait depuis très longtemps.

              Ce que vous oublié de dire dans votre étude c’est qu’elle a été financé par l’opérateur de téléphonie mobile Proximus. J’ai d’ailleurs toujours trouvé cela bizarre qu’une université fasse ce type de collaboration.

              Conclusion : Même si votre étude au départ était de récolter 72 000 SMS pouvait avoir un intérêt. Le résultat de votre étude me laisse pantois. Deux ans pour en arriver à ce résultat, c’est un peu faiblard à mon sens. J’ose espérer que le contibuable belge, voire français n’a pas contribuer financièrement à cette étude.


              • juju (---.---.13.83) 4 février 2007 18:10

                fo pa 2 t a partisan ;)


                • Rocla (---.---.7.29) 5 février 2007 11:25

                  Je trouve très bien que les gens communiquent entre eux , le probème finalement est-ce l’ intention qui compte ou la façon de le faire savoir ?

                  Dans l’ oralité on fait plein de fautes qui ne sont pas souvent corrigées ,

                  Je me dis souvent qu’ être fort en orthographe ne veut rien dire , si les lettres étaient des chiffres et qu’il faille à ce moment là être fort en math pour s’ exprimer , beaucoup souffriraient .

                  Il parait qu’ il se perd tous les jours un idiome , le SMS en est un nouveau .

                  Rocla


                • doutre.jean-yves@wanadoo.fr (---.---.215.56) 5 février 2007 15:23

                  JE suis attéré par la façon dont certain voient la recherche. Si on ne cherchait que ce qu’on sait devoir trouver on chercherait pas grand chose. PAr ailleurs je me permet de rappeler que les regles d’orthographes ne sont fixes que depuis le XIX siecle, et que c’est pas parce qu’on les a faites bien rigides que la chose est bonne, en plus c’est un sport français... L’orthographe ne sert à rien, et ne protege pas la langue française de son lent déclin, bien au contraire, elle en fait une discipline ésotérique qui n’interessera que les fada à l’avenir si elle ne se réforme pas, de la souplesse, et à bas les règles.


                  • jack (---.---.110.120) 7 février 2007 12:07

                    Tout est dans le titre, voici maintenant la version longue à vous de juger !

                    Le refus des règles, une forme d’expression superficielle et nombriliste (c’est à l’autre de s’adapter), la confusion entre oral et écrit. Tout cela contribue à un langage qui n’est pour moi ni oral ni écrit mais un curieux mélange. De l’oral mais privé du non verbal et de l’instantané (qui justifie les aproximations de l’oral). De l’écrit mais dépourvu de la rigueur et du recul que celui ci permet et qui sont des qualité irremplacables (demandez à un philosophe, ce qu’il ferait sans l’écriture) Même si une grande créativité est à l’oeuvre (car la paresse et l’économie sont parfois créatives) il s’agit aussi bien souvent de « gimmicks » d’expression toutes faites tout cela débouche à mon sens sur un mode de communication « pauvre »,(comment faire riche en étant bref avec un petit clavier et un petit écran) et standardisé (oui les jeunes sont conformistes) dont l’unique qualité est d’être adapté au média qui le transporte. Et finalement c’est peut être ça qui est remarquable, que spontanément les gens aient inventé un langage adapté à l’outil. Corollaire toutes les critiques concernant l’objet et son usage valent pour le langage.

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