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Accueil du site > Actualités > Technologies > Le béton pourri du Lyon-Turin

Le béton pourri du Lyon-Turin

Oscar Niemeyer, le grand architecte disparu récemment, avait réalisé des merveilles avec le béton. Mais pour les réaliser, il faut une qualité de béton irréprochable, et dans le cas contraire, la vie des citoyens pourrait fatalement être mise en danger.

Une maladie, appelée par certains le « cancer du béton  », a fait son apparition il y a plusieurs années.

Ce phénomène de désagrégation du béton, appelé carbonatation est due parfois à un trop grand apport d’eau lors de la fabrication du béton : lorsqu’il sèche, il devient poreux, les cavités laissées par l’eau se remplissent partiellement d’air, et le béton, par un processus chimique va être atteint par la carbonatation. lien

Cette acidité s’attaque au ferraillage, provoquant sa corrosion et déstabilisant l’homogénéité du béton armé. lien

Pour éviter ce trop grand apport d’eau lors de la fabrication du béton, il existe aujourd’hui une technologie qui mesure en continu l’hygrométrie d’un béton, « Hydrostop » par exemple, mais tous les bétonneurs n’en sont pas équipés et ont fabriqué parfois des bétons défaillants avec les conséquences que l’on imagine.

Elle peut être aussi due à l’acidité présente dans l’air, cette même acidité qui a provoqué en Europe du Nord la disparition massive des conifères et d’autre part au ferraillage présent dans le béton, fragilisant ainsi celui-ci. lien

Mais ce n’est pas le seul danger qui menace le béton, et 500 habitants de Trois Rivières en savent quelque chose.

Le problème peut venir parfois de l’utilisation d’une roche à haute teneur de Pyrrhotite dans la fabrication du béton.

Les conséquences sont désastreuses car sa présence dans le béton le fragilise, notamment lorsque celui-ci a servi aux fondations, fondations qu’il faudra refaire afin d’éviter l’effondrement des habitations. lien

Encore plus problématique, c’est lorsque la maladie du béton concerne un barrage, comme par exemple celui du Chambon en Isère, lequel a du subir des renforcements pour éviter le pire. lien

C’est un danger identique qu’a provoqué le projet LGV/Fret Lyon Turin.

En effet, lors des études concernant ce projet décrié aujourd’hui des deux cotés de la frontière des Alpes, une galerie de reconnaissance d’environ 4 km a été creusée à Villarodin-Bourget et les matériaux excavés ont été utilisés pour la construction.

C’est cette galerie de reconnaissance qui sert entre autre d’arguments à Jean-Jack Queyranne faisant valoir qu’on ne peut pas abandonner un projet de 26 milliards d’euros, alors qu’on a déjà engagé près de 900 millions d’euros pour les études, et les galeries de reconnaissance.

Or une entreprise de BTP, BRA (Béton Rhône Alpes) filiale des ciments Vicat, a utilisé les matériaux issus des déblais de cette galerie de reconnaissance et dans ces déblais il y avait entre autres de l’anhydrite. lien

L’entreprise a d’ailleurs confirmé que « l’anomalie » est liée « à une procédure d’achat et de recyclage de matériaux (…) avec le chantier ferroviaire Lyon-Turin ». lien

D’ailleurs, largement en amont, un expert géologue avait affirmé que l’on trouverait dans ces déblais du gypse et de l’anhydrite, des roches fragiles, solubles dans l’eau. lien

Les promoteurs du projet avaient pourtant affirmé que les matériaux seraient « triés », même si la plus grande partie des déblais serait réutilisée. lien

Expliqué chimiquement, les ions de ces sulfates provenant essentiellement du milieu extérieur modifient la matrice cimentaire, conduisant à la formation de certains composés chimiques expansifs tels que l’éttringite, le gypse et la thaumasite, provoquant le gonflement du béton qui engendre des fissurations. lien

Comme l’a confirmé la DDA de Savoie, « après analyse chimique, il s’avère que les bétons incriminés contiennent du sulfate potentiellement réactif (anhydrite). L’anhydrite réagit avec l’eau, ce qui se traduit par une très forte augmentation de volume, ce qui entraîne la ruine du béton  ».

Au fil des mois qui passent, la liste des constructions qui ont des problèmes à cause de ce « béton pourri » s’allonge : à St Michel de Maurienne, le pavage d’une petite place rénovée en 2004 s’est soulevé au printemps 2006. Dans la station de ski de Valmeinier, les 170 appartements de luxe représentants 800 lits (Les Hauts de Valméinier et les Grand Panorama) ont été interdits d’accès, car « le béton des fondations se liquéfie au contact de l’eau » explique le maire de la commune, Philippe Baudin. lien

Ces appartements correspondent à 9% du parc immobilier de la commune. lien

Le préjudice serait à la hauteur de 20 millions d’euros

Mais il y a peut-être plus grave : 5 télésièges et 8 téleskis, soit 13 remontées mécaniques, (stations de La Toussuire, St Jean d’Arves, Saint Sorlin et Val Fréjus) ont été construites avec ce matériau défaillant, et après carottages et divers contrôles, les experts ont estimé que la résistance des bétons et la stabilité des fondations n’étaient pas mis en cause, même si la teneur en sulfate était supérieure à la moyenne…donnant ainsi un feu vert, peut-être provisoire, à l’exploitation des remontées mécaniques (lien) même si le télésiège des grandes Drozes et quelques autres ont finalement été détruits et reconstruits. lien

Encore à St Michel de Maurienne, la station d’épuration est en sursis à cause du « béton pourri  », (lien) ainsi que d’autres habitations, 3 chalets privés, au Charbonnières, soit environ 400 lits, ont été détruits et reconstruits.

Les gravats de démolition de ces chalets transportés dans des décharges spécifiques Rhône-alpines s’y ajoutant, l’addition sera lourde (lien) d’autant que la liste des ouvrages défectueux pourrait s’allonger.

Comme le disent les membres de l’association VNEA (Valloire Nature Et Avenir), « sans vouloir alimenter tout vent de panique, mais aussi sans vouloir nous voiler la face, nous pensons qu’il n’y a aucune raison que les dégâts se limitent à quelques bâtiments. Il est possible que d’autres constructions réalisées pendant la période incriminée en Maurienne seront également touchées et cela à plus ou moins long terme  ».

Mais il y a une autre surprise.

On reparle de l’entreprise Truchet (lien), puisqu’elle a refait en 2007 les fondations d’une résidence aux Charbonnières, dont le béton défectueux avait été fabriqué avec les matériaux sortis de la galerie de reconnaissance.  lien

C’est cette même entreprise qui est au cœur d’un conflit d’intérêt supposé, dénoncé par les opposants au projet Lyon-Turin, et relaté entre autres par le « Canard Enchaîné », « Politis », et d’autres médias. lien

Cette entreprise familiale, (lien) dont le Président est Roger Truchet, le directeur général délégué étant Anthony Truchet, a la particularité d’avoir un lien avec un autre Truchet, Guy de son prénom, frère de Roger et membre de la commission d’enquête, laquelle devait donner un avis indépendant sur le projet Lyon Turin.

La commission d’enquête a en effet proposé par écrit à RFF de s’intéresser au terrain de Roger Truchet, afin d’accueillir le quasi million de mètre cubes de déblais, ainsi qu’on peut le découvrir à la page 124 dans le rapport d’enquête : « la commission invite RFF (…) d’étudier le mémoire de l’entreprise Truchet TP, qui propose de mettre à la disposition du projet un terrain de 9 hectares (…) pour y stocker de manière définitive 950 000 m3 de déblais… ». lien

Comme l’écrit le « Canard Enchainé » dans son numéro du 3 octobre 2012 « une affaire : le million de mètre cubes de sable et de gravier (…) peut générer aujourd’hui un chiffre d’affaire de 20 à 50 millions d’euros (…) de quoi recouvrir le conflit d’intérêt  ». lien

Mais revenons à Villarodin-Bourget.

Le creusement de la descenderie de reconnaissance a déjà privé le village du Bourget de toutes les sources d’eau potable alimentant le village, (lien) lézardant les murs des maisons, ce qui devrait faire réfléchir les autres communes menacées par le projet.

A Lanslebourg-Montcenis les conseillers municipaux avaient alerté en vain leur maire, s’inquiétant de l’uranium et de l’amiante, dont LTF (Lyon Turin Ferroviaire) a confirmé la présence dans les 5 à 6 millions de m3 de déblais générés par le tunnel de base, lesquels seraient transportés par téléphérique depuis Venaus, et dont les poussières mettraient en danger la santé des populations. lien

Aujourd’hui l’Europe met en garde la France et l’Italie, leur demandant de revoir leurs positions sur le Lyon Turin, (lien) et le député savoyard Dominique Dord évoquant un « abus de conscience » (lien) a déclaré sur l’antenne de France Inter : « si les chiffres de la cour du compte sont vrais déclarant qu’il n’y a pas d’augmentation, voire même une baisse du trafic de marchandises (lien) alors ça veut dire que depuis 20 ans c’est un gigantesque foutage de gueule auquel on se livre en prenant en otage des élus comme moi ». lien

La coordination des opposants de son coté, pour protester contre les violences subies lors du rassemblement pourtant autorisé du 3 décembre à saisi la ligue des droits de l’homme.

Comme dit mon vieil ami africain : « c’est quand le chariot est cassé que les gens vous disent où il ne fallait pas passer ».

L’image illustrant l’article provient de « www.memoireonline.com »

Merci aux internautes de leur aide efficace.

Olivier Cabanel

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58 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 13 décembre 2012 08:50

    un grand oui pour ton ami l’africain !


    • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 08:55

      gaijin

      oui, il est en forme ces jours ci...
       smiley

    • jako jako 13 décembre 2012 08:54

      Merci Olivier, j’ignorais totalement ce « problème ». Quand je lis votre texte sur ces trous/remblais etc, je ne peux m’empêcher de songer à la planète schadok...


      • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 08:57

        jako

        je n’ai pas osé en parler, mais les récentes chutes de ponts, un peu partout dans le monde, pourraient bien avoir cette origine ?
        l’avenir risque d’être « passionnant »...
         smiley

      • gaijin gaijin 13 décembre 2012 09:38

        nos ouvrages d’art seraient t’ ils des ouvrages de bazar ? smiley


      • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 10:39

        gaijin

        oui, un bazard qui va couter bonbon
         smiley

      • Soi même Soi même 13 décembre 2012 08:59

        merci Olivier, dommage que tu n’évoques pas la pincée de sucre dans le béton !


        • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 10:40

          Soi même...

          pincée de sucre ?
          si tu peux nous éclairer ?
           smiley

        • gaijin gaijin 13 décembre 2012 11:05

          si je ne m’abuse il fait allusion a une histoire concernant le sabotage du béton par ajout de sucre au cours de la seconde guerre mondiale
          véridique ou pas je l’ ignore .....


        • Soi même Soi même 13 décembre 2012 12:24

          @ gaijin, c’était paraît ’il l’angoisse des constructeurs de barrage de se retrouvé avec de l’eau sucrée.
          Qui rendait friable le béton une fois sec !

          Le fameux barrage qui a noyer un village, car il s’est retrouver engloutie au font de la vallée, tous les jour il vérifiait si leur béton n’était polluée par du sucre.

          C’est une veille histoire que j’ai entendus quand j’étais gamin !


        • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 12:52

          Soi même

          ça ressemble furieusement à une « légende urbaine », car il aurait fallu une quantité énorme de sucre pour rendre le béton défectueux...et encore.
          qui aurait pu volontairement commettre un tel acte ? et pour quelles raisons ? 
          le barrage de Malpasset, lequel a provoqué la mort de près de 500 personnes, s’est effondré vraisemblablement pour d’autres raisons.
          mauvais ancrage ?
          sur qu’un lecteur nous donnera la clef, mais ne nous éloignons pas du béton pourri du lyon turin.
           smiley

        • kitamissa kitamissa 13 décembre 2012 13:59

          Malpasset ? 


          mauvaise étude géologique , l’enrochement sur lequel venait s’appuyer la voûte n’était pas assez résistant ...

          les pluies incessantes de l’automne 1959 ont surchargé le barrage qui faisait tout de même 60 m de hauteur , la pression énorme qui s’exerçait a fait céder la partie la plus vulnérable, celle où la roche était pourrie , et l’ouvrage c’est cassé en deux ..

          ouvert comme les portes d’une grange géante, l’une d’elle est restée debout, le barrage s’était coupé en deux pratiquement,, et l’autre partie poussée par une vague gigantesque de 60 m de hauteur !

          on retrouve d’ailleurs un énorme bloc de béton à plusieurs centaines de mètres du barrage !

          la suite on la connait ...sur le passage de la masse d’eau dans la vallée, maisons, routes, trains,voitures, habitants !! tout englouti et anéanti !

          les ruines du barrage sont à visiter, c’est impressionnant !! 

        • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 15:52

          kita

          merci de ce complément d’information.
          les barrages voutes sont généralement plus sur...
          ceci dit, si le béton est pourri, tous les barrages sont bien sur dangereux.
          de plus en plus de ceux ci connaissent des problèmes.

        • Laurent C. 13 décembre 2012 17:09

          L’histoire du sucre dans le béton est une légende. On imagine effectivement la quantité nécessaire pendant la guerre où il manquait de tout niveau nourriture !!!!

          En fait de sucre, c’est du sel.
          Cette histoire vient de la construction des bunkers le long de nos côtes. Comme il faut du gravier et du sable pour faire du béton, on prenait ces matériaux sur place, sur les plages. Il fallait ensuite rincer le tout à l’eau douce.

          Même ainsi, il restait du sel, le béton était plus ou moins pourri.


        • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 17:31

          Laurent C

          j’ajoute que les sels de déglaçages sont un véritable problème et peuvent écailler, voire effriter le béton...
          et en hiver, la pratique du salage pour déglacer est bien sur pratique, mais amène des tas d’inconvénients. lien

        • Soi même Soi même 14 décembre 2012 02:32

          Non Olivier ce n’est pas une légende, c’est en rapport avec un barrage qui à noyer une vallée et un village en Savoie !


        • Oxide Oxide 14 décembre 2012 16:34

          Bonjour à tous.


          Le jour ou Malpasset s’est brisé, il n’etait que en test de mise en eau, et rempli uniquement à 50%

          Que se serait-il passé si il avait été rempli à 90% voire 100%.

          Et l’urbanisation de la vallée de l’argens en 1959, n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui.

          Malpasset reste la plus grande catastrophe civile en Europe, près de 500 morts.

          Amicalement.

        • olivier cabanel olivier cabanel 14 décembre 2012 16:43

          Soi même

          je ne demande qu’à te croire, mais si tu pouvais donner quelques liens ?...

        • Gasty Gasty 13 décembre 2012 09:28

          Bonjour Olivier, un pont qui va bientot disparaitre du paysage breton, le Pont de Terenez rejoignant la presqu’ile de Crozon.

          « Ce pont de 347 m de long, s’appuyant sur deux piles de maçonneries de 70 m et franchissant l’Aulne à 38 m au dessus du niveau de la mer fut l’un des premiers ponts suspendus de France et le plus grand d’Europe.
          L’ouvrage souffre d’un vieillissement prématuré, dû à un problème de compatibilité entre le sable et le ciment employé dans les bétons d’après-guerre (alcali-réaction ou »cancer du béton« ). De nombreuses et irrémédiables fissures sont apparues. »

          Mais le nouvel ouvrage ne manque pas de gueule, toi l’ancien architecte tu dois pouvoir apprécier la réalisation de la courbe.

          Le nouveau pont.


          • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 10:47

            bonjour Gasty

            je pense qu’en creusant un peu plus, on va trouver pas mal de viaducs, de ponts, de barrages qui souffrent de ce « cancer du béton »
            je pense à ce pont japonais qui s’est éffondré il y a quelques jours...et je suis pas sur que le responsable soit un tremblement de terre.
            sinon, ton nouveau pont me fait penser à celui de seyssel, dans l’ain. on peut le voir sur ce lien.
            perso, j’ai un choix plus sentimental, j’aime bien les ponts avec les vieilles planches en bois...
            il y en avait un du coté de pertuis qui se déplaçait lorsqu’il y avait du vent...ambiance garantie.
            en voila un : lien
            à+
             smiley

          • frugeky 13 décembre 2012 10:20

            Salut Olivier

            Et là où on continue de rigoler c’est sur la fabrication des bétons par le champion en la matière, Bouygues, destinés à la construction des EPR...bon, ça engendre un léger surcoût de 5 milliards...une paille...

            • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 10:53

              frugeky

              j’ai failli en parler... merci de l’avoir fait.
              je suis tombé sur un article avec des photos surprenantes : trou dans le béton a flamanville, mais je ne l’ai pas retrouvé...
               smiley
              il y a celui là... : lien
              pas rassurant.
               smiley

            • slipenfer 13 décembre 2012 11:29

              bonjours Olivier

              Il n’y a plus que les couillons pour travailler dans ce monde de fou
              on se croirai dans idiocracysmiley


              • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 11:37

                slipenfer

                je ne connaissais pas ce film.
                passionnant et tellement vrai.
                 smiley

              • alinea Alinea 13 décembre 2012 12:31

                Votre ami africain est un observateur plein de bon sens décidément !
                Quant à ce projet, s’il n’existe que pour remplir les poches de quelques-uns, je le trouve exemplaire ! Apparemment tous les alibis et autres prétextes sont éventés et l’élu de notre déraison l’a signé des deux mains ! À l’Est comme à l’Ouest on nous hurle donc à la face : on fait ce que l’on veut et on a les moyens de vous faire taire !
                Toute sagesse primaire nous souffle que cette manière de faire ne durera pas très longtemps ; il vaudrait mieux que ça s’arrête avant !


                • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 12:46

                  Alinéa

                  je remercie et partage totalement.
                  à bientôt...
                   smiley

                • eugène wermelinger eugène wermelinger 13 décembre 2012 15:35

                  Bonjour l’ami Olivier.
                  A ta connaissance, tiens-t-on compte des réseaux cosmo-telluriques (de Hartmann, Curry ...) lors de la construction de ces grands ouvrages ?


                  • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 15:48

                    Bonjour Eugène

                    ça me surprendrait beaucoup...
                    déjà qu’ils tiennent rarement compte des zones sismiques... !
                    on voit qu’ils ne reculent devant rien : la présence de radon, d’uranium dans les Alpes n’a pas l’air de les gêner le moins du monde.
                    la géobiologie devrait pourtant être l’une des données essentielles avant d’envisager un ouvrage d’art.
                    merci de cette intervention.
                     smiley


                  • Micka FRENCH Micka FRENCH 13 décembre 2012 15:58

                    De l’Ecossaise hilare hilare !!!!

                    MAIS NON ! On vous l’a dit, on vous l’a reredit !
                    Le cancer, c’est UNIQUEMENT à cause de LA CIGARETTE !

                    Il faudra vous le répéter combien de fois ???

                    Micka FRENCH$

                    http://Mickafrench2.unblog.fr


                  • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 16:37

                    Micka

                    de plus, dans la cigarette, il y a un gros pourcentage de produits qui sont bien plus dangereux que le tabac...
                    le papier est traité avec des produits pour que la cigarette ne s’éteigne jamais,
                    et je pense que ce sont tous ces produits qui sont les plus dangereux.
                     smiley

                  • ARMINIUS ARMINIUS 13 décembre 2012 16:08

                    J’ai démarché il y a quelques années toutes les entreprises françaises de béton prêt à l’emploi pour leur proposer des stations de recyclage pour les retours de béton non utilisés : le principe était simple : une vis d’Archimède séparait les granulats du sable, les éléments lavés et séparés retournaient par tapis roulant dans le cycle et l’eau chargée en m.e.s était aussi réutilisée. Un autre avantage consistait aussi à récupérer les eaux de lavage et de ruissellement ce qui permettait de rentabiliser plus rapidement l’investissement. Certains bétonniers se refusaient à utiliser le procédé pour l’élaboration d’ouvrages de qualité, d’autres n’avaient aucun état d’âme à ce sujet....


                    • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 16:38

                      Arminius

                      ça ne m’étonne pas.
                      mais avec ce système de vis, est-ce qu’on pouvait éliminer des produits dangereux comme ceux décris dans l’article ?

                      • ARMINIUS ARMINIUS 13 décembre 2012 16:54

                        Non et c’est bien le problème, on ne pouvait agir que sur le tri de granulométrie des agrégats, beaucoup de substances devaient se retrouver dans l’eau, où ils faisaient office de fillers !


                        • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 17:36

                          Arminiuis,

                          en conclusion, lorsqu’il y a ces produits dangereux dans les déblais, la règle qui devrait s’imposer c’est de ne jamais utiliser ces matériaux issus de l’excavation, du moins dans le cas signalé dans l’article.

                        • Patrick Samba Patrick Samba 13 décembre 2012 17:05

                          Bonjour Olivier, et bonjour à tou(te)s,

                          cette information concernant la qualité du béton de la centrale de Belleville-sur-Loire :


                          "Les deux réacteurs raccordés au réseau EDF en 1987 et 1988 vont connaître très rapidement de nombreux problèmes et incidents. Dès le départ, il y eut un problème de porosité des enceintes de confinement de la centrale, du fait de la présence de calcaire dans les granulats de la Loire utilisés pour la construction, ce dont EDF était consciente. En juillet 1987, lorsque la tranche 1 est raccordée au réseau, ses enceintes de confinement ont un taux de fuite de 2,05% alors que le taux de fuite autorisé à la construction est de 1% du volume d’air par jour. Ainsi, la centrale de Belleville est mise en service, alors qu’elle ne respecte pas les normes de sécurité.


                          Après 10 années de fonctionnement émaillées de plusieurs incidents, la centrale de Belleville va connaître, le 11 juin 1998, de nouveaux problèmes qui vont la mettre sous les feux de l’actualité.
                          Un double incident survient sur la tranche 2 de la centrale de Belleville : lors d’un essai du circuit d’aspersion d’eau qui sert à refroidir le réacteur en cas de surchauffe, 30 mètres cubes d’eau borée se sont déversées à l’intérieur du réacteur, à la suite d’un dérèglement de l’un des ordinateurs de la centrale. Après cet incident, un deuxième s’est produit : une des 65 grappes de contrôle n’est pas redescendue. Le réacteur 2 est mis en état d’arrêt. La direction d’EDF annonce un arrêt de 3 semaines pour réparations et classe l’incident au niveau 1 de l’échelle de gravité. Il est finalement reclassé au niveau 2 par la DSIN.
                          Mais l’arrêt de la tranche 2 pour incident et de la tranche 1 pour rechargement en combustible va être prolongé car un nouveau problème apparaît, ou plutôt réapparaît : la porosité des enceintes de confinement de la centrale qui n’a pu qu’évoluer que défavorablement en 10 ans de service. L’autorité de sûreté nucléaire, la DSIN (Direction de la sûreté des installations nucléaires) a saisi en juillet 1998 ses deux ministères de tutelle (Environnement et Industrie) du problème qui selon elle « ne remet pas en cause la sûreté mais le respect de la réglementation ». D’après l’estimation de l’IPSN (Institut de protection et de sûreté nucléaire), le niveau de fuite dans l’enceinte interne dépasserait la valeur maximale fixée par décret en cas d’accident. Ce taux de fuite ne doit pas excéder 1,5%, or d’après les experts de la DSIN, ce taux de fuite se situe à Belleville entre 1,9% et 3,9%."

                           


                          • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 17:32

                            Patrick

                            c’est pas rassurant !
                            merci de l’info.
                             smiley

                          • Tipol 13 décembre 2012 17:29

                            Le problème principal du béton, c’est qu’il est très souvent fabriqué par des appentis qui ne connaissent pas les règles, ou par des professionnels qui n’appliquent pas ce qu’ils ont appris dans leur école de formation.
                            Ainsi, on retrouve partout des bétons fabriqués avec n’importe quoi, prélevé n’importe où, avec des quantités jamais respectés, des mélanges de granulométries mêmes pas assurés, ni contrôlés, des qualités d’eaux non connues, avec des eaux de rivières chargées en résidus gras, de pétrole, de molécules organiques, de sel, ou de calcaire... voire même la pire, l’eau du réseau d’assainissement chargée en chlore, calcaires, et autres saletés à détruire rapidement un béton.
                            Même dans le cadre de gros projets où les bétons sont d’avantages normalisés que pour votre garage, il y a toujours des petits sous-traitants moins cher...
                            Pour leurs réalisations, les architectes planifient des bétons bien définis. Leurs vrais bétons planifiés sont tels qu’ils sont enseignés... c’est à dire à un prix de revient beaucoup plus cher que ce qui est utilisé sur le site.
                            Le mélange des granulométries doit être respecté.
                            Les ciments utilisés doivent être frais, et pas éteints comme de la chaux.
                            Le béton doit être coulé rapidement, et pas être à moitié figé puis ré-liquéfié avec un peu d’eau additionnelle.
                            Il ne faut pas chercher d’autres explications plus fumeuses sur la façon dont se pourri le mauvais béton ; il y a juste à utiliser du bon béton sur de bonnes ferrailles, et à pendre celui qui à délibérément injecté un mauvais béton.


                            • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 17:35

                              Tipol

                              je pencherais plutôt sur la piste de bétonneurs incompétents, ou malhonnêtes, qui se moquent pas mal qu’il puisse y avoir des produits dangereux dans les déblais qu’ils utilisent.
                              en tout cas, merci pour ce complément d’information.
                               smiley

                            • fmAA52 13 décembre 2012 19:36

                              bonjour monsieur CABANEL
                              merci pour votre article, excellent comme d’habitude .
                              concernant le sabotage des bunkers du mur de l’atlantique,un ancien employé de l’organisation
                              todt m’a rapporté qu’effectivement le béton était dénaturé par l’ajout de sable de plage, (donc salé) et que le sabotage ne se voyait que par une différence de couleur, au moment de l’enlèvement du coffrage
                              parait il que ce jour la ,les ouvriers se faisaient petits petits car personne ne savait si le bunker
                              était saboté ou pas !en tout cas ceux qui etaient au courant ne s’en vantaient pas !

                               cordialement


                              • olivier cabanel olivier cabanel 13 décembre 2012 19:39

                                merci fm, c’est sympa.

                                au sujet de votre histoire de bunker, c’est la preuve que n’importe quel citoyen peut agir, à sa manière, lorsqu’il ne supporte pas l’injustice, la violence.
                                en tout cas, belle histoire de résistance, dont je n’avais pas entendu parler.
                                 smiley

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