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Accueil du site > Actualités > Technologies > Le casse-tête du démantèlement nucléaire

Le casse-tête du démantèlement nucléaire

Alors que l’indispensable mise au rebut de plusieurs vieilles centrales nucléaires, Fessenheim en tête, se met doucement en place, il est intéressant de constater la complexité, voire l’impossibilité du démantèlement nucléaire.

Fessenheim sera le chantier de tous les risques si l’on essaye de comprendre de plus près les éventuelles techniques de démantèlement que l’exploitant nucléaire doit mettre en place, afin de limiter la possibilité d’un gros accident, et pour le comprendre, il est essentiel de présenter la méthode choisie pour la déconstruction d’un réacteur nucléaire.

Même si les techniciens de ce secteur affirment très optimistes qu’il n’y aura pas de problèmes, et que tout se passera bien, on peut légitimement se poser quelques questions sur les risques qu’entraîne un démantèlement.

Arte avait proposé en mai 2013 un documentaire sur le sujet, se posant carrément la question de la possibilité du démantèlement, et faisant un état des lieux alarmant des multiples dangers qui accompagnent la déconstruction des sites nucléaires. lien

Le réalisateur, Bernard Nicolas, après avoir évoqué les risques que courent non seulement les ouvriers qui s’en occuperont, s’inquiète pour la possible contamination grave de l’environnement si tout ne se passe pas comme prévu, et chiffre à plusieurs centaines de milliards d’euros pour le démantèlement du parc français.

La gestion des déchets très radioactifs est d’après lui loin d’avoir été résolue, et il rappelle qu’en 2004 dans la mine de sel d’Asse, en Allemagne, le site d’enfouissement à déjà commencé à se fissurer suite aux « mouvements » de la montagne de granit voisine, obligeant l’exploitant à choisir un autre site, dans une mine de fer à Konrad. lien

Mais revenons aux procédures mises en place lors d’un démantèlement.

Après la mise à l’arrêt, et la vidange des circuits, suivent le démontage des parties annexes, le retrait des câbles électriques, mais c’est ensuite que les difficultés s’annoncent.

Il s’agit de démanteler le cœur nucléaire, et comme on s’en doute, il est extrêmement radioactif.

Il faut expliquer que, dans les années 80, EDF avait décidé que lors d’une fermeture définitive d’un réacteur, ce dernier serait scellé et gardé pendant 50 ans, afin de laisser la radioactivité baisser naturellement, avant de songer à un démantèlement, laissant aux générations à venir l’encombrante, voire impossible, charge de régler le problème, et permettant l’éventuel vol de matériaux, comme le craignait Monique Sené, fondatrice du GSIEN (groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire).

Or, en 2001, l’exploitant nucléaire a revu sa position, préférant que le démantèlement soit fait « dans des délais aussi courts que possible  », dès l’arrêt du réacteur.

Or la fermeture de la centrale de Fessenheim a été décidé pour décembre 2016, et la règlementation française préconise que « trois ans avant l’arrêt définitif du réacteur l’exploitant doit nous livrer les modalités générales de son démantèlement, modalités qui devront ensuite être considérablement détaillées  », ce que confirme Anne-Cécile Jouve, chargée du démantèlement à l’IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire).

Il faut donc qu’avant décembre 2013, EDF boucle ce dossier…et c’est là que le bât blesse car comme l’écrit Vincent Nouyrigat dans un article paru dans « Science & Vie » de février 2013 : « les centrales n’ont pas été conçues pour être démontées » et Pierre Bacher, ex directeur technique d’EDF, qui avait été chargé de construire Fessenheim reconnait que : « les revêtements en cobalt de certains composants du circuit nucléaire ont produit, sous irradiation, un puissant radionucléide, le cobalt-60, problématique pour le démantèlement ».

D’ailleurs, le 4 septembre dernier, un ouvrier du nucléaire en a fait la douloureuse expérience sur un chantier de démantèlement du CEA : il a été exposé à une dose radioactive supérieure aux normes fixées, et n’a pu entendre l’alarme de son dosimètre suite aux bruits du chantier. lien

Mais les risques pourraient bien aller au-delà de cet accident.

Si Thierry Charles, de l’IRSN, affirme que « les démantèlements déjà menés à l’étranger montrent qu’il n’y a rien de techniquement insurmontable  », Roland Desbordes de la CRIIRAD estime « qu’EDF se trouvera confronté à de nombreux imprévus et mauvaises surprises ».

C’est assurément le cœur du réacteur qui posera le plus de problème.

Cette masse de 180 tonnes, encastrée tout au fond d’une piscine, et dont les épaisses parois ne pourront être approchées que par des robots.

L’exemple de Chooz devrait servir d’avertissement sans frais, car lors de la dépose des générateurs de vapeur, « la première tentative, en 2011, s’est soldée par un échec à la suite d’un calcul erroné de quelques centimètres du centre de gravité de l’engin  » avait déclaré Philippe Bernet, l’un des responsables du démantèlement.

Le démantèlement de Brennilis a été retardé à 2020 suite à la libération accidentelle de radioéléments dans la nature, car tout ne s’est pas passé comme prévu. lien

Puis, si à Fessenheim le démantèlement se passe bien, il restera encore à trouver une solution pour le stockage des déchets les plus dangereux, et au vu des derniers débats avortés pour le site de Bure, ce n’est pas gagné. lien

La aussi, cela aura un prix, et le projet CIGEO estimé initialement à 15 milliards d’euros est évalué aujourd’hui à 35 milliards par la Cour des Comptes. lien

Quant au prix estimé par l’exploitant concernant un démantèlement, il semble que l’on soit loin du compte.

EDF avait estimé que le démantèlement de l’ensemble du parc nucléaire français serait de l’ordre de 18,1 milliards d’euros, mais s’appuyant sur un rapport de la cour des comptes, lequel s’est basé sur la situation au Japon, à Fukushima, la fourchette du coût se situerait entre 39 et 60 milliards.

Les écologistes vont plus loin en proposant le chiffre de 70 milliards, et la commission énergie mise en place par le gouvernement va encore plus loin en la chiffrant à 750 milliards.

L’institut Montaigne plus modéré avance le chiffre de 220 milliards d’euros, bien loin des 18,1 milliards supposés par l’exploitant nucléaire. lien

Pour comprendre cette « valse des chiffres », il suffit de s’en tenir aux estimations de l’EPR qui devait couter 3 milliards d’euros, et qui atteint aujourd’hui les 8,5 milliards. lien

Quand l’on songe que le projet d’installer d’ici 2015, 600 éoliennes off-shore, produisant l’équivalent énergétique de 2 EPR, ne couterait que 10 milliards d’euros, et que leur éventuel démantèlement ne poserait que peu de problème…tout en coûtant bien moins cher, il y a de quoi s'intérroger sur les choix énergétiques français. lien

Une seule chose est certaine, le démantèlement des vieilles centrales nucléaires françaises coutera cher, et il ne faut pas s’étonner si aujourd’hui notre facture d’électricité fait déjà des bonds.

En effet, d’après les experts, notre facture augmentera de 50% d’ici 2020.

Les sénateurs, s’appuyant sur ce qui se passe à Fukushima, ont déclaré que les couts de l’électricité nucléaire française sont largement sous-évalués, et la commission qui s’est penchée sur la question évalue maintenant le mégawatheure à 54,2 €. lien

Mais il faudra ajouter à ce cout du démantèlement, celui de la gestion des déchets

Ce qui a poussé, en juillet dernier, 4 députés a réclamer la création d’un fonds de démantèlement indépendant.

Réalisant que « les provisions constituées ne sont pas à la hauteur des enjeux et que leur gestion n’est pas assez sécurisée », et s’appuyant sur un rapport de la Cour des Comptes publié en janvier 2012, ils demandent au pouvoir public de constituer ce fond indépendant, lequel serait géré par la Caisse des dépôts. lien

Au moment ou la crise continue, et ou les caisses de l’Etat sont quasi vides, tout ça n’est pas une bonne nouvelle.

Au Japon, alors que pour rassurer les populations les J.O 2020 ont été attribués à Tokyo et que Mitsuhei Murata, ex ambassadeur du Japon demande le retrait de la candidature olympique de Tokyo en raison du danger que représente Fukushima, la situation est encore plus problématique : les fuites d’eau ont transformé le sous sol de la centrale dévastée en un marécage hautement radioactif, et le béton attaqué par les réacteurs en fusion affaiblit les fondations du bâtiment, lequel s’enfonce, alors que Tepco prévoit pour novembre la vidange de la piscine du réacteur n°4.

Or des poutrelles d’acier étant tombées dans cette piscine, endommageant des assemblages de combustibles nucléaires, la tâche s’annonce périlleuse : si une barre de combustible tombe, se casse, le pire des scénarios est possible : explosion, effondrement de la piscine… lien

Comme dit mon vieil ami africain : « quand l’éléphant trébuche, ce sont les fourmis qui trinquent  »

L’image illustrant l’article provient de www.bulle-immobiliere.org

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

Une pétition à signer pour défendre les énergies propres.

Films à voir : « fukushima, chronique d’un désastre  » ARTE

Terre Souillées, documentaire de Marie Dominique Robin

Beaucoup de vidéos sur le site de Scoop It.

A lire : « Fukushima, récit d’un désastre » de Michaël Ferrier

A découvrir : ce reportage dans la zone interdite, ainsi que ces vidéos décrivant chronologiquement la catastrophe.

Sites à visiter :

Le blog de Fukushima

Fukushima Diary

Scoop It

Next-up organisation

Blog de Jean Pierre Petit

Site de la CRIIRAD

Site de l’ACRO

ENENEWS

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Tchernobyl, drôle d’anniversaire (12 mars 2011)

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208 réactions à cet article    


  • colza 12 septembre 2013 09:36

    Bonjour,

    Le problème est bien posé, y aura-t-il un responsable politique pour y répondre (je veux dire sans langue de bois) ?
    J’ai le sentiment que le démantèlement, s’il se réalise un jour, va coûter plus cher que les centrales nucléaires n’ont jamais rapporté.
    Si, dès l’origine, le coût réel de la construction, l’entretien et la destruction des centrales avait été correctement évalué, le prix réel du Kw/h aurait été tel qu’elles n’auraient jamais été construites.


    • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 10:41

      colza

      c’est aussi mon sentiment !
      si on avait vraiment estimé à son juste cout l’énergie nucléaire, en tenant compte du démantèlement, de la gestion des déchets, bien évidemment, jamais cette énergie n’aurait été choisie...
      et ne parlons pas des conséquences financières d’un possible accident.
      le Japon en fait la cruelle expérience !

    • bakerstreet bakerstreet 12 septembre 2013 10:55

      Olivier, bravo pour votre article


      Voilà pourquoi les centrales seront finalement jamais démontées, jusqu’’à la catastrophe finale, genre Fukushima.
      Elles seront décrétés, viables, de seuil en seuil, jusqu’à dépassement de celui ci.
      Notre économie fermée sur le rapport immédiat à des exigences
       Une centrale arrêté ne rapporte plus rien, alors mon bon monsieur, un démontage, vous n’y pensez pas. 
      Un seule centrale nous couterait le cout d’un programme olympique en france !
      La centrale symbolise tout le coté pernicieux de notre époque.

      Centralisme, mépris des conséquences à long et même moyen terme, dogtmatisme, arrogance, refus de concevoir d’autre solutions, celle ci ayant l’avantage d’accroitre la dépendance vis à vis d’un état centralisateur et de lobbys hyper techonogiques. 

      Le colonialisme, voir le communisme étaient des machins à peu près semblabes, lancés sur les certitudes du progrés, de l’homme nouveau, des frontières dépassées....Les retours de flamme deviennent de plus en plus dangereux

    • Murphy 12 septembre 2013 11:57

      Toujours cette même erreur : on parle de kWh, et non de kw/h.


    • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 13:08

      merci, c’est sympa.

      en fin de compte je me demande si ceux qui pronent l’enlevement du combustible, et la recouverte de tout le site de béton, puis de terre, n’ont pas raison...
      car le choix actuel ne débouche sur rien !
      on sectionne, on met dans des futs, et on les transporte...
      sans aucune solution acceptable.
      est-il cohérent de faire voyager tous ces déchets d’un coin de la France à l’autre ?
      pour rester poli... ils sont dans la merde... et nous aussi.

    • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 14:01

      murphy

      on parle d’aveugles, et on parle aussi de sourds.
       smiley

    • Murphy 12 septembre 2013 14:07

      Vous avez oublié le principal : on parle aussi d’ignares.


    • Patrick Samba Patrick Samba 12 septembre 2013 16:46

      Salut Olivier,

      bien sûr il ne faut pas confondre « arrêt » d’une centrale avec sa « fermeture », et encore moins avec son démantèlement. Et ce n’est pas parce que la technique du démantèlement ne sera pas acquis avant longtemps qu’il ne faut pas arrêter les centrales. Et cela justement pour nous éviter les catastrophes (c’est en réponse à Bakerstreet ).

      Mais tu écris en introduction : " Alors que l’indispensable mise au rebut de plusieurs vieilles centrales nucléaires, Fessenheim en tête, se met doucement en place ". Rien que cette affirmation mériterait d’être étayée, argumentée avec précision. Car c’est apparemment loin d’être le cas. Déjà un avis aussi qualifié et aussi peu neutre que celui de Delphine Batho est loin de conduire à l’optimisme Delphine Batho dit sa vérité sur l’Elysée, Fessenheim et Notre Dame des Landes - Reporterre .


    • matthius matthius 12 septembre 2013 16:53

      Tiens ! Un article sur les déchets nucléaires sans le projet MYRRHA :
      http://www.solidariteetprogres.org/documents-de-fond-7/science/article/le-projet-myrrha-l-avenir-de-l-humanite-passe-par.html
      Il n’y a pas non plus les centrales de quatrième génération :
      http://www.solidariteetprogres.org/documents-de-fond-7/science/thorium-neutrons-nucleaire-futur-8546.html
      Pourtant ces deux projets permettent de brûler les déchets nucléaires.


    • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 17:19

      patrick

      j’avais lu cet article sur Batho...
      elle dit surtout qu’il ne faut pas fermer seulement Fessenheim, et elle a cent fois raison.
      par contre je m’interroge sur cette « lacune administrative »
      si l’état ne peut pas les fermer, qui pourrait le faire ?

    • eau-du-robinet eau-du-robinet 12 septembre 2013 17:23

      Bonjour Colza,

      Vous avez bien résume la chose.

      Un rapport mettait en relief le poids écrasant du soutien au nucléaire par rapport à celui accordé aux énergies renouvelables : le soutien aux énergies renouvelables ne représentant qu’entre 1 et 4% du soutien apporté au nucléaire.

      C’est important pour moi de le souligner encore et encore qu’il existe un dumping ABUSIF du prix de l’électricité d’origine nucléaire et ceci depuis 40 ans !

      Nucléaire - Prix du kwh nucléaire. Pas rentable disent les industriels !

      La France dispose déjà d’une production d’électricité ’à base’ d’origine nucléaire trop importante et elle a décidé la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR (Flamanville, Penly)... Pour le privé, les centrales nucléaires ne sont pas rentables, alors pourquoi continuer en France à maintenir une proportion aussi importante d’électricité d’origine nucléaire dans le réseau alors qu’il existe des énergies renouvelables moins coûteuses à mettre en place ?

      Sans le soutien des États le nucléaire ne peut se développer

      L’électricien américain AMEREN, basé dans le Missouri avait choisi Areva et la technologie EPR pour construire et exploiter un nouveau réacteur nucléaire de 1600 MW sur son site de Callaway. La demande d’autorisation avait été faite en 2008 à la Commission de la réglementation nucléaire qui régule le secteur.

      Le 23 avril 2009, Ameren a annoncé qu’il suspendait toute initiative pour construire une nouvelle centrale nucléaire dans le Missouri. La législation serait défavorable et la rentabilité serait impossible.

      Le cout du réacteur nucléaire était estimé à six milliards de dollars. »Il nous fallait une certitude financière et règlementaire pour poursuivre et ça ne s’est pas produit", a dit la porte-parole d’Ameren Susan Gallagher. Elle n’a pu dire si Ameren relancerait le projet si la législation changeait. Ameren avait demandé une subvention prélevée sur les factures d’électricité. Après une campagne d’opposition menée par une association de contribuables et les écologistes, le parlement du Missouri a refusé.

      L’électricien Eskom basé en Afrique du Sud avait lui aussi pour ambition de construire 10 centrales nucléaires. Finalement la coalitions syndicales COSATU et NUM se sont prononcées contre les projets pour des raisons d’environnement et d’économie.

      Une fois de plus la technologie nucléaire démontre sa non rentabilité pour peu que la réglementation ne lui accorde pas un régime de faveur. En France, il a été dénoncé à de nombreuses reprises que sur de nombreux points : gestion des déchets, provisions pour démantèlement, sécurité, assurance, recherche, la filière nucléaire faisait assumer à l’État des frais qui normalement devaient être à sa charge. source


    • Patrick Samba Patrick Samba 12 septembre 2013 21:35

      et il y a ça aussi : Le projet de loi sur la transition énergétique reporté au printemps 2014  (« voté au mieux avant fin 2014 »... )


    • gaijin gaijin 12 septembre 2013 10:51

      histoire de faire plaisir a jo : l’apocalypse est proche !
      mais bien sur au sens de fin des temps et révélation
      fin des temps :
      ça y est ! on arrive dans ce temps futur ou on s’était imaginé que l’on aurait trouvé la réponse a tout les problèmes que l’on pouvait créer.
      Révélation :
      on n’a pas trouvé la réponse, la toute puissance de l’esprit technoscientiste est un mythe.


      • howahkan Buddha 12 septembre 2013 11:17

        ceci me semble être une vérité gaijin smiley


      • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 13:10

        gaijin

        oui, il faudrait donner quand même un peu d’espoir à ceux qui vivent sur cette planète.
        j’ai beau être d’un tempérament optimiste, j’ai de la peine à leur proposer une solution ?
        peut etre se gaver de mac do et de finir par en éclater ?
        faut voir...
         smiley

      • gaijin gaijin 12 septembre 2013 13:24

        un peu d’espoir ? je vais essayer .
        la descente de l’esprit saint sur terre : chacun est libre de travailler a créer un monde meilleur en fonction de ses propres capacités.

        évangile selon saint gaijin


      • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 17:20

        gaijin

        je savais qu’il manquait quelques évangiles dans la bible, mais je ne connaissais pas celle ci !
         smiley

      • Bernard Pinon Bernard Pinon 12 septembre 2013 11:20

        Olivier,

        il y a eu beaucoup d’aveuglements chez les promoteurs du programme nucléaire français qui ont conduit à une sous-évaluation catastrophique du coût de cette énergie, en négligeant les coûts de démantèlement et de gestion des déchets. Les ingénieurs de l’époque (j’en ai connu dans mon entourage) étaient dopés à l’adrénaline de l’aventure et croyaient dur comme fer au progrès et à la science qui résout tout - l’époque était ainsi..
        Est-ce que ça a vraiment changé aujourd’hui ? J’en doute. Même les énergies dites propres ou renouvelables traînent leurs lots de problèmes, voir les conséquences écologiques du barrage de Petit-Saut en Guyanne, ou les champs d’éoliennes qui se transforment en hachoirs à oiseaux.
        Le vrai problème est dans notre dépendance délétère à l’énergie, c’est à mon avis là où il faut le plus agir. Mais ça rapporte beaucoup moins. Tant que la cupidité mènera le monde, on répétera encore et toujours les mêmes erreurs, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne pour les répéter.

        • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 13:15

          Bernard

          je partage votre commentaire sauf sur un point.
          il est capital.
          il s’agit d’une rumeur que l’on fait circuler sur les éoliennes qui seraient des « hachoirs à oiseaux », comme vous le dites...
          en fait, le premier danger pour les oiseaux, ce sont les vitres des immeubles... viennent ensuite les lignes THT... et les éoliennes ont un pourcentage ridicule que j’ai évoqué dans un article ancien... si vous avez un doute.... je me ferais un plaisir de le retrouver.

        • Murphy 12 septembre 2013 13:31

          http://www.courrierinternational.com/article/2012/08/30/de-l-art-de-faire-cohabiter-eoliennes-et-oiseaux

           

          Je cite : « Selon la Société ornithologique espagnole, de 6 à 18 millions d’oiseaux et de chauves-souris seraient tués chaque année par les éoliennes. »

           

          Dans l’absolu (toutes espèces confondues) cela reste effectivement marginal par rapport à d’autres sources de danger, mais croire que les éoliennes ont un impact nul sur les oiseaux est une erreur.

           

          « Les parcs éoliens constituent néanmoins un danger considérable pour certaines espèces qui sont déjà en voie de disparition »

           

          Ce sont des espèces très localisées près des parcs à éoliennes qui sont menacées. Prétendre donc que c’est une rumeur est un peu gros.


        • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 14:09

          murphy

          au sujet des éoliennes qui seraient un « hachoir à oiseaux »
          c’est sur ce lien
          le ciel vous tienne en joie
          soyez rassuré pour vous, le ridicule ne tue pas.
          enfin, pas encore.
           smiley

        • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 14:10

          bernard

          voila le lien en ce qui concerne le danger des éoliennes, au sujet des oiseau.
          cdt

        • Murphy 12 septembre 2013 14:51

          Ah bon ? Il n’y a donc que le lien fourni officiellemment par Olivier qui tient de vérité absolue ? Avez-vous réellement pris la peine de lire le lien que j’ai fourni de mon côté ?

           

          Votre lien voit le problème dans la globalité, et oublie que « les oiseaux », c’est trop général, et qu’il existe des « espèces d’oiseaux ». C’est comme si on disait que la chasse pour l’ivoire n’était pas un problème car elle ne représente pas la cause de mortalité principale pour les mamifères.


        • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 15:01

          murphy

          oui vous avez raison, il existe des « espèces » d’oiseaux...
          et il existe aussi des espèces d’humains...
           smiley
          sacré murphy.
           smiley


        • Bernard Pinon Bernard Pinon 12 septembre 2013 15:02
          Je cite l’article cité plus haut : « D’une manière générale, les éoliennes tuent moins d’oiseaux chaque année que la plupart des autres périls liés à l’activité humaine, comme les chats domestiques ou les collisions avec des vitres [voir graphe]. Les parcs éoliens constituent néanmoins un danger considérable pour certaines espèces qui sont déjà en voie de disparition, comme l’aigle royal américain ».
          Je retire donc l’expression « hachoir à oiseaux » un peu dramatique, j’en conviens. Cela reste néanmoins un problème, surtout si le parc éolien vient à croître.
          Sur une note plus humoristique, mon greffier me demande de préciser que considérer les chats domestiques comme un « péril lié à l’activité humaine » est aussi discutable smiley

        • Murphy 12 septembre 2013 15:16

          Comme d’habitude ... surtout ne pas répondre sur le fond. Sacré Olivier.

          En fait, j’aime beaucoup votre manière de raisonner. Il n’y a que 400.000 oiseaux qui meurent chaque année aux USA, ce qui est très en deça du milliards d’oiseau mourrant à cause des immeubles. Cela signifie donc que c’est acceptable.

          Appliquons cela à Fukushima : si on parvient à montrer que les conséquences environnementales de l’accident sont très en deça d’autres conséquences, je présume donc qu’on pourra en conclure que l’accident n’est pas grave.


        • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 17:24

          bernard

          un autre article qui confirme ce que j’ai écris.
          il est sur ce lien
          un autre était encore plus précis
          alors que les vitres d’immeubles en tuent 5820 (pour 10 000 déces), les éoliennes en tuent moins que 1.
           smiley
          c’est sur ce lien

        • colza 12 septembre 2013 20:36

          Hachoir à oiseaux ?

          Il y a cinq éoliennes près de chez moi, je vais parfois m’y balader.
          Sauf à être presque en dessous, on les entend moins que la route qui est à proximité et je n’y ai pas vu un monceau d’oiseaux morts en dessous, même pas quelques uns.

        • Alibaba007 Alibaba007 13 septembre 2013 11:42

          @ Murphy

          « Appliquons cela à Fukushima : si on parvient à montrer que les conséquences environnementales de l’accident sont très en deça d’autres conséquences, je présume donc qu’on pourra en conclure que l’accident n’est pas grave. »

          Toujours les fameux calculs à court terme chers aux économistes et politocards de tout bords, je ne sais pas si tu sais ce qu’est la Période Radioactive ? 

          Si tu veux pouvoir calculer le véritable impact que toutes les cochonneries radioactives rejetées dans le pacifique par une seule centrale (3 coriums en syndrome chinois pour l’instant on espère pas plus) à savoir Fukushima, il va falloir compter les milliards de petites bêtes (plancton et autres organismes) qui vont être irradiés, puis rajouter leurs prédateurs et ainsi remonter toute la chaîne alimentaire pour revenir jusque à nous, multiplier le tout par la durée de vie des isotopes radioactifs (à savoir pour des millions d’années, et et même milliards d’années pour l’uranium 238)

          Tout ces calculs pour constater que ça ne dépasse pas que les chiffres des petits volatiles hachés menus par les pseudos « moulinetteséoliennes » mais ça dépasse même l’entendement !  c’est à dire une modification radicale de la population des habitants de la planète et pour l’éternité.

          En fait, tu as raison c’est juste « pas grave »... smiley 

          Un petit rappel pour bien prendre conscience du problème, il existe plus de 400 centrales nucléaires actives dans le monde et bientôt 100 de plus rien que pour la chine pour 2050
           smiley 





        • Alibaba007 Alibaba007 13 septembre 2013 16:59

          Petites précisions et liens


          ( Nucléaire Civil en 2012 )


          au 1er juin 2011, 441 réacteurs étaient en service, 60 en construction, 155 planifiés et 338 envisagés. (source Wikipedia lien ci-dessus)

          Avril 2013 : Pour la chine les chiffres doivent être revus à la hausse d’après 2000Watts.org 
           smiley


          Pour ceux qui penseraient que l’URANIUM 238 est presque inoffensif, alors qu’il a une demi-vie de 4,5 Milliards d’années  voir les conséquences de l’uranium appauvri sur l’organisme.
          (Attention, la conférence présente des images de victimes pouvant être choquantes)






        • ZEN ZEN 12 septembre 2013 11:25

          Bonjour,

          Le cas particulier de Superphénix, une folie, est loin d’être réglé.
          A Fukushima, la construction d’un sarcophage sera sans doute inévitable, mais ne fera que repousser les échéances et alourdir le coût.


          • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 13:19

            bonjour Zen

            je connais relativement bien le problème généré par super (?) phénix...
            je suis fier d’avoir pris une part active pour permettre sa fermeture.
            une chose que l’on sait moins, c’est que le combustible nucléaire, du plutonium, est encore présent sur le site, et que si le moindre accident survenait avec la purge du sodium, je n’ose pas imaginer ce qui se passerait !
            mais en France, on est les meilleurs...
             smiley
            je plaisante.

          • Pillippe Stephan Uraniumk 12 septembre 2013 16:34

            Zen
            « A Fukushima, la construction d’un sarcophage sera sans doute inévitable »

            et des grosses couches culotte pour les petites fuites


          • Murphy 12 septembre 2013 11:35

            L’article est assez lacunaire sur bien des points, et l’auteur manifeste un parti pris indéniable qui rend son article très subjectif.

             

            Il n’est par exempe pas fait mention du fait que bien plusieurs démantèlements de centrales ont déjà été réalisés avec succès dans le monde. Un des exemples les plus connus est celui de la centrale de Main Yankee, une PWR de 900MW, typique de celles que l’on rencontre en France. Le démantèlement s’est opéré en l’espace de 8 ans, pour un coût conforme aux prévisions (500 millions de $).


            • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 13:20

              Murphy

              ce n’est pas bien.
              vous m’attaquez !
              je n’ai fais que relater les positions, déclarations, des uns et des autres.
              ça devrait vous permettre de rester objectif.
              faites un effort.
              je sais que vous en êtes capable.
              ne me décevez pas.

            • Murphy 12 septembre 2013 13:33

              Non, vous ne faites pas que relayer les infos des uns et des autres, vous les passez par un filtre pour ne retenir que ce qui vous plaît. Cela s’appelle de la subjectivité.

               

              De plus vous interprétez les chiffres à votre façon (cf par exemple l’énergies des 600 éoliennes offshore, ou encore leur coût), c’est donc plus qu’une simple liste de données factuelles.

               


            • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 17:26

              tenez un autre article plus précis au sujet des éoliennes qui seraient un hachoir à oiseaux

              alros que les vitres d’immeuble en tuent 5820 pour 10 000 deces, les éoliennes en tuent moins que 1
              le ciel vous tienne en joie

            • Murphy 12 septembre 2013 11:53

              L’auteur affirme « Quand l’on songe que le projet d’installer d’ici 2015, 600 éoliennes off-shore, produisant l’équivalent énergétique de 2 EPR, ne couterait que 10 milliards d’euros »

               

              L’auteur a dû mal lire le lien auquel il fait référence, ou bien ne comprend pas la différence entre énergie et puissance. Le lien précise que « Le premier appel d’offres doit permettre d’ériger 500 à 600 éoliennes au large des côtes françaises, pour une production de 3 GW »

              En termes de puissance installée (3GW), ces éoliennes seront effectivement équivalentes à 2 EPR, mais certainement pas en termes énergétiques. Ce qu’on paye, c’est une énergie, pas une puissance.

              Par ailleurs, l’auteur oublie que les 10 milliards annoncés ne sont qu’une estimation. Une estimation est toujours susceptible d’évoluer, et en général, cette évolution se fait vers le haut. C’est une tendance qui n’est pas propre au nucléaire.

              J’ajoute finalement que ce coût de 10 milliards est largement sous-estimé : de par la nature instable du vent, il est nécessaire de construire, en plus des 500 ou 600 éoliennes, des centrales conventionnelles (ou des moyens de stockages inexistants à l’heure actuelle) pour compenser le fait qu’à certains moments, il n’y a pas de vent.


              • olivier cabanel olivier cabanel 12 septembre 2013 13:24

                murphy

                je ne sais pas quelle est la hauteur de vos émoluments pour défendre votre lobby, mais je suis sur d’une chose, c’est que vous avez choisi la manipulation pour tenter de défendre l’indéfendable.
                bien sur, les estimations sont sujettes à caution, mais si vous fouillez un tout petit peu, et si vous êtes capable d’objectivité, vous découvrirez très vite qu’il n’y a pas d’erreur majeure en ce qui concerne le cout de l’éolien.
                ceci dit, je suis prêt a ouvrir la discussion.
                 smiley

              • Murphy 12 septembre 2013 13:55

                Comme à votre habitude, vous éludez magnifiquement mes première et troisième remarques. Tout comme vous sélectionnez vos sources, vous sélectionnez aussi les arguments auxquels vous voulez bien répondre. Ne venez donc pas me parler d’objectivité.

                Pour la seconde remarque, comme vous semblez avoir des exemples bien précis en tête, je vous laisse tirer le premier.

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