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Accueil du site > Actualités > Technologies > Le Destrier de l’Immobilier, c’est l’Internet

Le Destrier de l’Immobilier, c’est l’Internet

« Alors que 4.000 agences ont déjà disparu depuis 2008, d’après nos calculs, l’écrémage devrait persister  » affirme le XERFI dans un rapport récent, pourtant plutôt fait pour rassurer. Le développement des réseaux de mandataires continue de bouleverser le modèle d’intermédiation traditionnel. Mais c’est un facteur parmi tant d’autres ! Faudra-t-il des lois pour empêcher la disparition de l’intermédiation ? Serait-ce Duproprio le seul restant, pour ne pas dire le seul gagnant ? Dans tous les cas, pour tous les belligérants, toutes les stratégies, l’Internet sert et servira de plus en plus de champ de bataille. Et si nous devions pousser la métaphore, nous dirions que, en matière d’immobilier, l’Internet sert – et servira de plus en plus - de destrier .. Encore faut-il savoir monter, encore faut-il ne pas confondre avec un fox terrier.

Un vieux monde qui n’en finit pas de mourir

« Face au numérique, les agences immobilières doivent envisager un saut créatif  ».

Il serait temps, cela fait plus de 20 ans que la profession aurait dû réfléchir, prévoir la nouvelle donne, anticiper, mettre en place les stratégies lui permettant de continuer à tenir le haut du pavé. Se former, se renseigner parfois, tout simplement.

Alors certes, tel réseau d’agences s’enorgueillit d’être « 100 % numérique » .. Mais las ! son site a tôt fait de vous amener à une impasse, un bloquage, un message php-myadmin sur écran blanc. Et son « Information request », en anglais, vous permet de fourrer n’importe quoi, y compris les coordonnées de votre pire ennemi, voire de mettre ffffffff@fff.fr dans le champ E-mail requis .. Il vous sera alors répondu aimablement : Thank you ! Your message has been send.

Risible. Fréquent malheureusement. 

Autre exemple, une belle et grande et vénérable institution dont nous tairons le nom, quant à elle, s’en remet, pour le plus grand bien de sa notoriété, à un site précisément vieux de presque 20 ans, qui n’a pas évolué. Ses actualités renvoient à 2013 sinon à Mathusalem. Dès la page d’accueil, vous constatez l’affichage d’images malmenées, dès la page d’accueil, le lien « solliciter un expert » vous renvoie un ingénu message « The requested page "/index.php ?q= …/solliciter-un-expert" could not be found »

En anglais, vous avez noté, gage de modernité et d’insight technologique.

Qu’on ne m’accuse pas de médisance, c’est sur l’Internet, à portée de tous, au vu et au su de tous. Un esprit curieux retrouvera cet exemple, il en trouvera même des centaines. Mais ne comptez pas sur moi pour donner des noms et encore moins dénoncer tous ces experts auto-proclamés. Je m’étais laissé dire qu’un site nouveau - je reviens à l’exemple précédent - devait voir le jour en avril 2014. Il n’en est apparemment rien. Au 2 juin, rien n’a bougé. Je souhaite cependant vivement que dès demain mes observations deviennent caduques, tant il est triste de voir nos semblables dans l’incapacité de chevaucher le présent. Sans parler de l’avenir bien évidemment

 

Inutile de penser ici épuiser le sujet, qui veut aller loin ménage sa monture .. Tout reste à faire.

Vous avez noté vous-même sur de nombreux sites d’agences la présence de biens à la vente depuis des années, ou des affichages multiples pour un même bien, avec des prix tout aussi multiples, en discordance .. des annonces mal-faites, dissimulatrices du rédhibitoire : « jolie maison, vue imprenable, au calme, à saisir ». Le prix est affriolant. Ce que l’on ne dit pas, et qui devrait être dit pourtant, c’est que cette maison au calme se trouve sous une ligne à haute-tension, avec un voisin collé en surplomb. L’annonce a provoqué des dizaines de visites ne débouchant sur rien. Impressionnants coûts de dysfonctionnement !

Fort heureusement, pour le salut de la profession, aussi menacée soit-elle, le XERFI note que « si la profession s’est maintenue, c’est tout simplement car les transactions immobilières ont besoin, dans la plupart des cas, d’un médiateur de confiance pour se concrétiser. »

 

Cette observation explique en partie la résistance passive organisée par les institutions, qui s’abritent derrière un arsenal impressionnant de lois et de règlements, qui donnent libre cours à leurs fantasmes de judiciarisation et défendent le pré-carré à grands coups de frais d’avocats si nécessaire.

J’ai l’exemple d’un site Internet totalement dédié aux particuliers qui se contente de fonctionner comme un tableau d’affichage et dont la valeur ajoutée repose sur une Large diffusion, une optimisation en matière de référencement dans les moteurs de recherche, qui manie les langues avec aisance .. rien à voir avec la profession d’agent immobilier si puissamment protégée par la loi Hoguet .. Ce BBS a cependant été poursuivi en justice par un des grands syndicats de la profession – quel aveu d’incompréhension ! La justice n’est pas à la pointe de la révolution technologique, donc condamnation à une lourde amende s’en est suivie.

Fort heureusement, justice immanente In Fine, relaxe en appel ! Après des mois d’âpres batailles et de frais cossus d’avocats. Impressionnants coûts de dysfonctionnement !

Quant au nouveau monde qui remplacera celui qui n’en finit pas de mourir (en survie avec le concours sans limite des Banques, de l’Etat, des Notaires), XERFI affirme : Tout reste à faire, encore et encore, pour les réseaux d'agences immobilières en terme de stratégie numérique.

Vous avez bien lu : tout reste à faire.

Tout reste à faire pour ne pas se trouver fourré, vous, votre bien, le propriétaire, le client, votre annonce, vos photos, votre maison .. au milieu du gigantesque banc de sardines sans distinction.

 

Quelques pistes, quelques indices

Considérons les différentes catégories d’intéressés, les vendeurs, les acheteurs, les réseaux d’agences et de mandataires. L’agence seule, isolée, quant à elle a bien du souci à se faire. 

Une judicieuse utilisation de l’Internet les concerne tous.

Imaginez, c’est facile, un réseau de 200 mandataires, ou de 200 agences, où tous les membres sont formés à l’utilisation de Google sites par exemple, ou formés à l’utilisation de quelques templates Drupal, ou de Word Press, ne soyons pas sectaires. Cela veut dire que chaque mandataire à la maîtrise de son site d’annonces, ou de ses sites mêmes, au pluriel, qu’il est non seulement à même de rentrer un bien sur ces sites suite à la prise d’un mandat, mais mieux encore, qu’il est capable de réaliser un site pour chacun de ses clients, spécifique, un site par bien à vendre. Quelques clics ..

Cette nouvelle capacité à développer ses propres représentation pour chaque mandataire, chaque agence, sur mesure, est au prix d’une demi-journée de formation, pas plus, et d’une assistance légère au besoin. Avouons que cela vaut mieux, comme exercice d’intégration, que de les inviter à danser la Zumba comme je l’ai vu faire !

Considérez quelques-uns des avantages qui découlent directement de cette perspective : vous avez potentiellement un ensemble de plusieurs centaines de sites qui, si le travail est fait correctement, sont bien référencés, pointent systématiquement les uns sur les autres, ce qui renforce les effets d’un bon référencement naturel .. De plus, les clients seront contents, de n’être pas visibles que dans le banc de sardines uniquement auquel ils sont voués par les pratiques actuelles. Par ailleurs, en une heure d’initiation, le client est à même d’améliorer son site personnel immobilier lui-même, de rajouter une photo, d’ajuster son prix.

Mais le summum des avantages, c’est que, comme nous le verrons ci-dessous, le vendeur devient naturellement acteur de son projet de vente au côté du mandataire.

L’ensemble de ces centaines de sites constitue un cloud de grande ampleur, susceptible de surpasser les géants du moment. De plus, toutes les fonctionnalités pour en globaliser ou en personnaliser les aspects sont extrêmement facile à développer : tris, recherches, classements, ventilations, par type, par région, sont quasi données en standard dans les technologies que j’ai évoquées.

Réactivité, indépendance, créativité, puissance redonnées à chaque acteur d’un réseau constituent un « plus business » gratuit et assurent le succès de l’ensemble.

Une autre idée pour conforter définitivement mes bons résultats en matière de référencement naturel, non payant : en sachant que chaque mandataire d’un réseau verse en moyenne 200 €, que si le réseau compte 200 membres, cela représente 40 000 € par mois. Ne peut-on envisager de payer Google à hauteur d’un petit tiers des remontées ? Google est suzerain établi, incontournable dés qu’on parle Internet et utilisateurs, personne ne peut se voiler la face. Pour cette modeste contribution, je fais sortir mon réseau et mes mandataires et mes clients et mes maisons en toutes premières pages avec les mots-clefs de l’immobilier et des régions.

Un vieux proverbe de commerçants édictait trois principes à respecter pour installer un commerce :

  1. Premier principe : là où il y a du passage
  2. Deuxième principe : là où il y a du passage
  3. Troisième principe : là où il y a du passage

Pour l’Internet, c’est pareil.

Terminons avec quelques conseils au vendeur. L’avisé vendeur choisira deux ou trois « partenaires » pour son projet, pas plus, agents ou mandataires, pourvu que ceux-ci aient un profil incluant les quelques éléments et qualités évoqués ci-dessus, des professionnels qui maitrisent les réseaux (j’exclue les réseaux dit sociaux d’ados), des professionnels disposants de mailing listes, apte à publier sur l’Internet ailleurs que dans le banc de sardines (on peut toujours se mettre dans le banc de sardines, mais on doit savoir que ce n’est pas suffisant).

Cela fait, il faut qu’il s’investisse lui-même dans son projet, qu’il comprenne et applique tous les « plus » qui feront la différence, qu’il chevauche lui-même l’Internet, qu’il sache qu’un bien qu’on peut vendre aux Anglais suppose qu’on puisse mailer massivement avec les bons mots anglais, que vendre un bien, c’est en quelque sorte lancer une chaîne sur le modèle « faites savoir à qui pourra faire savoir à qui pourra.. »

La formation du vendeur est un service qu’apportera naturellement l’agent. Ces services, on les trouve esquissés dans les forfaits proposés par Duproprio le Québécois. Il faut explicitement d’y rajouter, sans être exhaustif, l’Internet et l’art de cibler ..

Récemment, un de mes amis a réussi à faire passer une annonce sur un site dédié aux retraités. Sa proposition de vente, voyez-vous, ne souffrait pas de la proximité de mille autres. Il a vendu à un retraité.

Tout reste à faire. Mais soyez certain d’une chose : demain, si passe ce papier, son adresse sera : Google ( immobilier destrier) et même Google ( immobilier Internet )

 

 

 

 

Citations textes & graphiques de l’Internet et de :

Franchise-magazine : les réseaux d’agences immobilières se doivent d’évoluer, voire de se réinventer. Cela peut passer par la dématérialisation de certains processus ou fonctions, par la création de concept de distribution fondés sur la segmentation de l’offre ou encore sur de l’innovation en matière tarifaire. "On peut également envisager la constitution de fonds d’investissement dans l’économie numérique relative à l’immobilier"

Fonds d’investissement dans l’économie numérique relative à l’immobilier : l’idée fera son chemin.

 

http://www.toute-la-franchise.com/vie-de-la-franchise-A13512-immobilier-internet-n-a-pas-tue-l.html

 

http://www.xerfi.com/

 http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/immobilier-le-changement-c-est-151937

http://duproprio.com/vendre/forfaits?prov=qc

www.immogo.com

 

http://freelancefolder.com/wp-content/uploads/uniqueness.jpg

http://realestateblackbook.com/blog/wp-content/uploads/2008/12/real-estate-social-media.png


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9 réactions à cet article    


  • Vladimir Vladimir 4 juin 2014 09:19

    C’est confirmé : 


    Google actualité ( Immobilier Internet ) : première page Agoravox

    • howahkan howahkan Hotah 4 juin 2014 09:37

      J’ai été agent commercial immobilier indépendant pendant 10 mois...avant cela j’avais acheté et revendu pour moi même 3 maisons en quelque semaines sans jamais passer par aucune agence, j’ai utilisé l’internet et un réseau connu pour ce faire.....aussi j’ai du arrêter cette expérience dans l’immobilier, car n’étant pas homme d’affaire du tout, je finissais par conseiller à des éventuels clients « modestes » d’utiliser ces réseaux internet pour pas mal de raisons....les notaires Français me semblent être de bons professionnels à ce niveau, même les + truands en fait.. smiley leur aide est précieuse...ne pas oublier c’est une partie de leur travail, ils sont là pour çà..

      fin de l’histoire..je n’ai rien à vendre...

      PS : aux usa 99% passent par des cabinets immobiliers....ils n’ont sans doute pas internet...


      • Jeff Parrot Jeff Parrot 4 juin 2014 10:56

        qu’attend l’auteur pour faire fortune avec le web de l’immobilier ?


        • trevize trevize 4 juin 2014 11:00

          Internet est le destrier de l’humanité... quand les hommes en auront assez d’être des robots, ils laisseront le travail des machines aux machines, et on pourra tous s’occuper des choses importantes :

          -Soigner les coeurs des hommes
          -Recherche scientifique
          -Apprendre à faire revivre une planète moribonde
          -Faire de l’Art


          • JL JL 4 juin 2014 11:03

            ’’quand les hommes en auront assez d’être des robots, ils laisseront le travail des machines aux machines, et on pourra tous s’occuper des choses importantes’’ (trévise)

            « La pente naturelle de la machine consiste à rendre impossible toute vie humaine authentique » (Orwell)

            Cherchez l’erreur.

            http://cqfd-journal.org/La-pente-naturelle-de-la-machine


          • trevize trevize 4 juin 2014 11:57

            Vous avez tous cette manie de citer Orwell... lisez Asimov un peu, ça vous réchauffera le coeur.

            L’erreur, elle provient toujours de la même source : l’homme.

            Le boulot de l’homme c’est de constamment évaluer le rapport qu’il entretient avec les systèmes qu’il crée pour interagir avec son environnement et l’organiser (langage, hiérarchies sociales, machines techniques...)
            Si nous relâchons l’attention, ne serait-ce qu’une seconde, nous voilà piégés : nous ne sommes plus l’opérateur du système, mais un rouage.
            Et c’est ce qui se passe aujourd’hui. On tient les gens aliénés dans des boulots de machines, pour préserver le système. On a peur de se retrouver démunis s’il s’effondrait, alors on le défend alors que c’est lui qui est sensé nous défendre.

            Des millions de personnes de par le monde sont aujourd’hui employées dans des centres d’appels : assistance technique démarchage...
            D’un autre côté, nos capacités en reconnaissance/synthèse linguistique et traitement du langage sont bien avancées. On pourrait sûrement remplacer 90% des opérateurs par quelque chose comme SIRI, et garder les 10% restants pour les cas litigieux où la machine ne parvient pas à traiter le problème. Et hop on libère des millions de personnes. Oups non, on les « condamne au chômage »... pourtant, la tache qu’ils avaient à effectuer au sein de la grande famille humaine est bel et bien assurée, non ? pourquoi ces « chômeurs » n’auraient-ils pas de quoi vivre ?

            Voilà, c’était qu’un exemple, mais il y en a à la pelle : tous les conducteurs, chauffeurs professionnels sont menacés aussi puisque bientôt les véhicules conduiront tous seuls. La plupart des gratte-papiers sont condamnés eux aussi ; leur population a déjà bien diminuée en 2 ou 3 décennies.

            Faut-il pleurer la disparition de ces travaux aliénants ? D’après moi, ce n’est que mon avis, la réponse est non. Je préfère pleurer le fait que ces gens soient tellement des robots, que leur vue est si courte, qu’ils ne conçoivent pas leur vie en-dehors de cette aliénation, et qu’ils en viennent à défendre leur bourreau.


          • foufouille foufouille 4 juin 2014 11:06

            c’est pour mieux arnaquer. si tu met beaucoup de photos HD, tu auras moins de visite de pigeon et tu auras l’air d’être payer a rien foutre


            • Jean Keim Jean Keim 4 juin 2014 13:24

              Nous pouvons espérer que dans le nouveau monde, si nouveau monde il doit y avoir, les agences immobilières deviendront inutiles. 


              • Rincevent Rincevent 4 juin 2014 19:24

                Avant de pousser (fort !) les agences à s’intéresser aux nouvelles possibilités du Net, il faudrait peut-être les inciter à s’intéresser d’abord… au client ! Pour en avoir fait l’expérience, je peux témoigner du j’menfoutisme de certaines d’entre elles.

                Accueil pas vraiment empressé (on finit d’abord sa conversation avec la secrétaire), pas d’écoute réelle de ce qu’on cherche, on propose en vrac tout ce qui rentre dans le budget (donc des visites inutiles), pas de réponses précises aux premières questions sur un bien (on ne sait pas, on va se renseigner…).

                Bref, il faut vraiment avoir envie d’acheter parce que certains donnent l’impression de ne pas trop avoir envie de vendre. Je pense que cette manière de faire date des « beaux jours » d’avant la crise de 2008, époque où ça se vendait tout seul puisque les prix grimpaient d’une année sur l’autre. On n’en est plus là aujourd’hui mais il y en a qui ne l’ont pas bien enregistré.

                Puisqu’on parle d’Internet, des logiciels comme Castorus permettent maintenant à l’acheteur de pister les biens qui l’intéressent en suivant leur historique de prix : http://www.castorus.com/

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