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Le fossé numérique se creuse davantage

Un rapport qui montre tout le chemin à accomplir

Les technologies de l’information et des communications (TIC) sont plus concentrées dans les pays riches qu’il y a dix ans. De plus, l’accès à Internet demeure inabordable pour la vaste majorité des habitants des pays en voie de développement. Trop loin, trop cher, Internet ne favorise pas l’émergence d’un contenu original dans la grande majorité de ces pays.

Ce constat, on peut le lire dans le World Information Access Report for 2006, un rapport produit par une équipe du département de communication de l’Université de Washington.

Les auteurs du rapport mettent en garde contre le mirage que constitue un plus grand accès à Internet dans les pays qui y étaient peu rattachés il y a dix ans.

S’il est vrai que les opportunités de se connecter au réseau des réseaux sont plus élevées dans la plupart des pays du monde, en revanche les ordinateurs personnels, hébergeurs et serveurs sécuritaires sont plus concentrés dans un plus petit nombre de pays qu’en 1995.

Selon le rapport, la tendance vers une meilleure distribution des TIC, que l’on pouvait constater entre 1995 et 2000, s’est même inversée entre 2000 et 2005.

À titre d’exemple de la disproportion dans la distribution des TIC, le Congo comptait à peine 17 000 ordinateurs en 2005, les États-Unis plus de 220 000 000. Toujours la même année, dans plus de 47 pays il y a moins de 100 000 ordinateurs.

Côté serveurs, plus de 142 pays en ont moins de 10 000. À eux seuls, les États-Unis ont 36% des serveurs au monde (27 500 000 serveurs).

Pire, le type de connection Internet disponible défavorise nettement les pays les Technorati Tag World. Alors qu’une grande partie des populations des Technorati Tag World ont un accès Internet à la maison, dans le cas des pays en voie de Technorati Tag World c’est plutôt dans les cybercafés que l’on peut communiquer et naviguer sur le réseau Internet.

Le coût de l’accès est aussi une barrière. Dans les mégapoles que sont Le Caire et Lagos, par exemple, le coût d’une heure d’accès équivaut à 20% du salaire moyen quotidien. À Manille et Séoul, l’accès est moins coûteux, mais il équivaut tout de même à 5% du salaire moyen quotidien.

Ajoutons à cette disproportion le fait que le contenu culturel local accessible sur le Web est beaucoup plus élevé dans les pays riches que dans les pays en voie de développement. Les populations de ces pays qui ont les moyens de se payer un accès Internet doivent donc payer plus cher pour un contenu culturel local moindre.

L’Inde et la Chine sont l’exception dans le monde en développement. Le nombre d’habitants qui y ont accès à Internet s’est accru considérablement, de même que le nombre de serveurs.

Un dernier constat plus positif de ce rapport : les ONG ont accru leur utilisation des TIC dans les pays en voie de développement, et cet accroissement a eu pour effet d’augmenter leur autonomie de fonctionnement, alors que dix ans plus tôt elles étaient beaucoup plus dirigées depuis les pays riches.

Howard, P. N. (2006). World Information Access Report. Seattle, WA : World Information Access Project, Department of Communication, University of Washington.


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10 réactions à cet article    


  • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 5 avril 2006 11:08

    Sans vouloir faire du misérabilisme, je suis convaincu que ce fossé va se creuser encore !

    Pour quelles raisons ?

    - Parce que le matériel informatique se déprécie très vite ;
    - parce que lorsqu’on investit dans du matériel informatique dans un pays pauvre, on espère que cet investissement sera durable et on n’a pas l’intention de faire le sacrifice ou de s’endetter deux fois ; le jour où le matériel est foutu (disque dur scratché, carte mère fusillée) d’autant que dans les pays pauvres, le courant n’est pas stable, le climat n’est pas idéal...
    - parce que les besoins réels dans les pays pauvres ne sont pas informationnels mais nutritionnels : qu’est-ce qu’il en a à foutre l’Ethiopien ou le Malien affamé d’avoir Internet ?
    - parce que, comme vous l’avez souligné, le contenu d’internet est d’abord et avant tout destiné à des gens qui ont de l’aisance matérielle, du loisir et du temps pour surfer. il est fait par des occidentaux pour des occidentaux.
    - parce que la principale utilisation d’internet dans les pays pauvres se limite en fait à l’échange de mails et éventuellement au VOIP (Skype et équivalents), c’est-à-dire une utilisation à vocation économique et nullement ludique ;
    - et enfin parce que si internet n’est pas développé dans la pays pauvres, personne ne voit l’intérêt de s’ens ervir pour communiquer une information auprès des populations défavorisées.

    A l’heure actuelle, c’est du moins le cas pour l’afrique subsaharienne, le meilleur média reste et demeure la radio.


    • shorter (---.---.91.144) 15 avril 2006 21:58

      le fossé numérique se creuve davantage et il n’y a aucune amélioration de ce côté c’est comme la devise : si vous êtes riche, vous devriendrez de + en + riche . si vous êtes pauvre, vous deviendrez + pauvres . et c’est comme ça , dans la vie il ya du mal et du bien . de cette façon , les pays riches va assister les réunions des pays + riches pour aider les pays en voie de développement. tout l’univers doit avoir 2 côtés , comme un papier a du recto et verso. n’est ce pas vrai ?


      • Michel Monette 15 avril 2006 22:43

        Quand le verre se vide, le pessimiste voit venir la soif, l’optimiste cherche l’eau. La pauvreté n’est pas inéluctable. Elle résulte de choix politiques. Le pire est que la richesse aussi résulte de choix politiques.


      • Jibril (---.---.241.43) 27 juin 2006 11:52

        C’est regrettable que les pays en voie de développement ne puissent pas avoir accès aux bienfaits des TIC comme dans les pays dits développés. Ceci est dû en grande partie aux pouvoirs en place, très réticents à l’égard de ces nouvelles technologies.


        • Simon Gargonne (---.---.196.66) 11 août 2006 00:11

          Bonjour, je travaille au Canada dans le cadre d’un projet qui vise principalement à réduire la fracture du numérique entre le Nord et le Sud. Je suis fort de constater que ce n’est pas la volonté qui manque de mettre en place des centres d’accès à l’information dans les localités les plus isolées notamment en Afrique de l’Ouest francophone. Je pense que ce n’est pas seulement le pouvoir en place mais aussi le rôle des fournisseurs d’accès (souvent des monopoles d’Etat) et les financements qui font défaut.


          • Daniel Milan (---.---.168.144) 11 août 2006 00:16

            L’information unique, le rêve de tout système totalitaire !...


          • Michel Monette 11 août 2006 02:37

            Merci de nous éclairer sur la réalité de terrain. Si seulement une toute petite partie des revenus générés par l’accès à Internet dans les pays de l’OCDE servait à améliorer les infrastructures et diminuer les coûts d’accès ailleurs dans le monde...


          • Simon (---.---.130.75) 15 août 2006 04:52

            Oui certainement que des fonds pourraient être générés de cette façon, à partir des pays du Nord, car une fois de plus la balle est dans le camp des pays de l’OCDE. Les mécanismes de marché ont leur limites comme dans tout autre secteur, et des fonds sont nécessaires pour développer les infrastructures numériques de base dans de nombreux pays en développement, en les allouant dans des programmes nationaux. Parfois, on incite les sociétés nationales de télécommunications de pays africains à privatiser (conditionnalités de la Banque mondiale par ex.), or bien souvent les actionnaires majoritaires demeurent des multinationales de pays occidentaux, et il en ressort que les coûts du consommateur qui souhaite faire partie de la société de l’information est trop élevé, et que les initiatives venant de la base ne peuvent se réaliser en raison de trop fortes barrières à l’entrée. La société de l’information revêt trop d’enjeux d’importance pour laisser des pays exclus, les télécommunications accélèrent et accompagnent la croissance économique. Atténuer la fracture du numérique devrait être une priorité au même titre que tous les autres enjeux globaux.

            Pour résumer ma réflexion je pense qu’il faut, une fois seulement que les infrastructures de base sont mises en place, dérèglementer et faire entrer les mécanismes de marché pour accroître la compétition au niveau national, et de surcroît faire baisser les prix d’accès pour le consommateur.


            • Michel Monette 15 août 2006 05:28

              J’ai écrit ce qui suit à corporate.secretariat@bell.ca

              Sait-on jamais.

              Bonjour,

              Je vous fais parvenir l’extrait d’un échange que j’ai eu avec un internaute engagé, suite à un texte que j’ai publié sur agoravox.fr Je ne sais pas si Bell Canada Entreprises est impliqué dans la réduction de la fracture numérique entre le Nord et le Sud, mais je crois que l’idée de consacrer une petite partie des sous que nous vous versons comme clients pour financer des projets d’infrastructures dans les pays du Sud vaut la peine d’être examinée sérieusement.

              Mes meilleures salutations

              Michel Monette Québec, Qc


            • Simon (---.---.196.66) 16 août 2006 21:20

              Voici un exemple parmi d’autres de témoignages sur le terrain de la fracture du numérique existant au Sénégal : http://www.osiris.sn/article2462.html

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