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Accueil du site > Actualités > Technologies > Le jeu de l’oie du Web éditeur

Le jeu de l’oie du Web éditeur

J’aimerais rappeler que la publication numérique et l’auto-édition ne sont pas nés avec Lulu ou ces autres sites qui proposent aujourd’hui de publier son livre soi-même et de le proposer en téléchargement gratuit ou payant.

J’avais presque oublié ma propre expérience qui remonte au début de l’année 1996... Il était une fois une jeune femme passionnée par la révolution de l’information qui avait l’intuition que le Net allait révolutionner notre conception de l’édition et de la communication. Je ne dis pas ça pour frimer... ou pour que vous vous exclamiez : « Quelle visionnaire ! » Quoique…
 
Avec mon petit Mac SE qui supportait mal le chargement du site du Musée du Louvre ou de Stanford, et plantait avec sa connexion RTC à 1600 bits/s… je vivais les balbutiements de la grande Toile (il paraît que c’est ringard de dire « toile » désormais. Il faut dire « nuage » (« cloud ») paraît-il…). Nous -je dis "nous" car sans cette réflexion collective, notre connaissance des nouvelles technologies de l’information, ainsi que nous les appelions déjà, n’aurait sans doute pas progressé aussi rapidement- nous étions quelques uns déjà à fréquenter « L’Atelier » de Jean-Michel Billaut, la cellule de veille technologique qu’il avait créée au début des années 90 pour étudier les impacts de l’émergence du Web.
 
Cette petite communauté virtuelle appelée « Le Babillard » comptait quelques membres écoutés dans les « sphères autorisées » selon l’expression consacrée… Jean-Michel Billaut bien sûr, Joël de Rosnay (futurologue qu’on ne présente plus), Richard Collin (chercheur dans les technologies de l’intelligence, ancien directeur du centre européen Neurope Lab), Michel Hervé (alors maire de Parthenay), Pierre-André Pays (fondateur d’Edelweb, société pionnière dans la sécurité et le paiement en ligne), Pierre Lévy (philosophe, chercheur dans le domaine de l’intelligence collective), Michel Authier (auteur du concept des « arbres de connaissance », avec Richard Collin, Pierre Lévy et Michel Serres), Charles Goldfinger (auteur de : « L’économie de l’immatériel » en 1994), François Druel (informaticien), Antoine Champagne (alors journaliste à l’AGEFI) et bien d’autres encore, issus de tous horizons, et qui me pardonneront je l’espère de ne pas les citer ici. Tous ont œuvré pour faire connaître au monde de l’entreprise, mais aussi au plus grand nombre, ces fameuses NTIC. Plus tard, plusieurs acteurs du Babillard seront mes invités dans Les Dialogues Stratégiques (cf. : liens hypertextes vers leurs interviews). 
 
Un petit côté Steve Job’s garage
 
La communauté se rencontrait parfois IRL (In Real Life...) lors de conférences notamment, mais aussi pour des séances de travail sur les NTIC. Jean-Michel Billaut avait donné à son "Atelier " un petit côté « Palo Alto » ou plus exactement un esprit « Steve Jobs’ garage » (au sens de : prenez 2 ou 3 ordinateurs, ameutez des gens plein d’idées et faites bouillonner le tout dans le garage d’un hôte accueillant... en l’occurrence la BNP Paribas, avenue Kléber à Paris).
 
On apprenait l’Internet "en faisant". Et ça, c’était assez novateur. En France, on a souvent très peur du changement, de la nouveauté. On attend que la technologie soit là, incontournable, pour s’y mettre alors qu’il faudrait évoluer pas à pas, avec elle. Certains changements sont inéluctables et c’était le cas de l’Internet (que tant ont voulu et veulent encore contrôler...) comme c’est aujourd’hui le cas de l’édition numérique, qui semble tellement inquiéter la chaîne de l’édition, des distributeurs/diffuseurs aux éditeurs en passant par les libraires et les auteurs, jusqu’aux lecteurs de livres papier qui ne conçoivent le livre que sous son format « matériel ».
 
On était bien au début des années 1990… mais il faut croire que l’empreinte des années 1970 avec sa sensation de liberté et son allant pour la créativité étaient encore bien présents. J’ai eu beaucoup de chance à l’époque de croiser la route de ce petit groupe de veille techno et de réflexion. C’était passionnant. L’ancêtre du réseautage social… et du blog aussi, puisque les échanges via le Babillard étaient plutôt animés, voire bagarreurs.
 
On a souvent parlé d’internet comme d’un changement de paradigme en le comparant à l’arrivée de l’imprimerie. L’édition numérique aussi change de modèle et les transformations sont amorcées, qu’on le veuille ou non. Ce n’est qu’une question de temps. La bonne question n’est pas : Comment arrêter ça, mais comment s’y adapter ? Mais ce n’est pas le sujet, puisque le sujet cette fois… c’est moi (ben oui… c’est comme ça !).
 
Donc, pour en revenir à mon histoire, je vous disais que l’édition numérique ne datait pas d’aujourd’hui ni même d’hier ! En effet, mon premier roman policier, « Le secret du Papyrus(1) » (1994) a été le premier roman « plurimédia(2) » (plusieurs médias) un néologisme inventé par Paul-André Pays. Ce grand pro de l’informatique avait trouvé mon idée de publication en ligne tellement originale et avant-gardiste qu’il m’avait proposé d’héberger gratuitement mon site Carpe diem communication. Mon idée était que mon livre soit accessible à tous gratuitement et en version intégrale. Dans la foulée, Paul-André avait eu l’idée géniale d’associer un Forum de discussion (on était en juin 1996) au « secret du Papyrus » ! Il était prévu que seul, le livre imprimé et diffusé en librairie, serait payant.
 
Et oui, finalement, rien de nouveau sur la planète ! Le modèle édition numérique + gratuité, je l’ai testé dès le début du web... Voilà pourquoi tous ces débats sur le futur de l’édition, ça ne fait qu’apporter de l’eau à mon moulin qui avait juste… avec 15 ans d’avance !
 
(1) Editions Carpe diem communication©. 1996. ISBN n°2-9510126-0-8
(2) La preuve en images : « Le Soir », Journal de France 3 national du 21 novembre 1996 a diffusé un sujet sur mon concept et si vous trouvez les images du site et du livre dans les archives de l’INA, je suis preneuse. En attendant, j’essaie de trouver, au Canada, un propriétaire de magnétoscope français pour convertir la K7 qui traîne dans un vieux tiroir en version téléchargeable sur PC… je vous tiens au courant !).
 
Notas :
- « Le secret du Papyrus » est toujours accessible en intégral grâce aux archives du Net (soyez indulgent, c’est une oeuvre de jeunesse...) :
 
- Vous pouvez également retrouver « Le Jeu de l’oie du Web éditeur » (il y a quelques bugs dans le site archivé, qui est une version plus récente que j’avais transposée sur un autre serveur) mais le texte, intact, vous donnera une bonne idée du concept… :
 
- Vous retrouverez les liens vers « Les Dialogues Stratégiques » des anciens du « Babillard » dans la page « Tous nos invités » (classement des invités par ordre alphabétique) :
 

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2 réactions à cet article    


  • alberto alberto 21 mai 2009 12:07

    Oui et vous avez dû bien vous amuser au cours de ces années !

    Votre petite histoire de « l’édition numérique » est décrite de façon bien sympathique.

    Une question, cependant : c’est bien pour le loisir, mais est ce que ça peut rapporter gros ?

    Et une remarque : quid du plaisir quasi charnel de tourner les pages d’un « vrai » livre écrit sur du vrai papier, avec une vrai couverture...

    Bien à vous.


    • jocelyne 21 mai 2009 18:16

      exclent article j’adore, votre tenue c ’est du cuir ou du latex ????

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