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Le nucléaire dépassé par des cochons

C’est un agriculteur de l’Isère, qui a réussi ce challenge, en utilisant du lisier de porc pour produire de l’énergie.

Comme chacun sait, les animaux produisent une énorme quantité de méthane, lequel est l’un des gaz qui participe à l’effet de serre. Il est donc important de le brûler, de le consommer, pour lutter contre le réchauffement de la planète.

La glace de la banquise fond et le méthane qui était piégé dans le permafrost regagne l’athmosphère, et accelère encore l’effet de serre.

Notre agriculteur (Maurice François) habite près d’un site nucléaire qui a défrayé la chronique en son temps : la centrale de Malville, dont le surrégénérateur devait fabriquer théoriquement sa propre énergie, d’où son nom de « superphénix », l’oiseau qui renait de ses cendres. L’Histoire nous a prouvé que cet oiseau là y a laissé quelques plumes, puisqu’aujourd’hui, cette installation n’ayant pas donné les résultats attendus, est définitivement fermée, et est en cours de démantellement depuis neuf ans.

Maurice François a donc eu l’idée de faire d’une pierre trois coups : lutter contre l’effet de serre, et produire de l’énergie propre en récupérant le lisier de porc, dont les paysans du voisinage était bien content de se débarrasser.

Il a donc, avec ses propres deniers, sans demander la moindre subvention, mis au point un « diggesteur » de méthane.

Le principe est assez simple, mais demande quand même une bonne approche technique.

Creuser une fosse, couler des murs en béton, les rendre totalement étanche, prévoir un système de réchauffement du lisier (il faut l’amener à la température de l’estomac du porc : 36°), puis poser un couvercle hermétique, et un récupérateur de méthane.

Ce méthane est envoyé dans un « totem », moteur de voiture, équipé pour carburer au gaz (comme le GPL, par exemple). Ce moteur est refroidi de la même façon qu’est refroidi le moteur des voitures, et l’eau chaude alimente les radiateurs de la maison familiale.

De plus, ce moteur produit de l’électricité, laquelle est envoyée sur le réseau, ou consommée sur place.

L’installation a dépassé toutes les espérances, puisqu’elle a fonctionné pendant vingt ans, en produisant 160 m3 de méthane par jour.

Aujourd’hui, Maurice François coule des jours heureux dans sa maison, et a arrêté l’installation, puisqu’il est à la retraite.

Sa plus grande victoire, c’est lorsque des ingénieurs spécialisés en nucléaire, venant de Chine, du Japon ou de Russie, sont venus visiter son installation, après avoir visité Malville.

Les Russes lui avait d’ailleurs proposé d’installer une centrale identique chez eux.

Comme superphénix a consommé plus d’énergie qu’elle n’en a produit, Maurice François n’a donc pas eu de mal a fabriquer plus d’énergie que la super centrale nucléaire.

Pour la petite histoire, « superphénix » à couté près de 10 milliards d’euros, et son démantelement va en coûter trois supplémentaires, alors que la centrale « méthane » de notre ami n’a couté que 45 000 euros, et a économisé 10 000 litres de fuel par an. Tous les ans, EDF lui reversait près de 10 000 f en échange de l’électricité produite.

Dommage qu’aujourd’hui cette filière « méthane » ne soit pas regardée de plus près par notre gouvernement, car elle pourrait produire l’équivalent de 30 millions de tonnes équivalent pétrole par an, ce qui est correspond à plus du dixième des besoins de notre pays.

De plus, ce méthane, une fois puréfié, pourrait remplacer avantageusement le si cher et si rare pétrole.

Croyez-vous que « le Grenelle de l’environnement » abordera le sujet ? Personnellement j’en doute beaucoup.

par olivier cabanel (son site) vendredi 17 août 2007 - 135 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Emmanuel (xxx.xxx.xxx.208) 17 août 2007 10:34

    Quelqu’en soit l’origine, le biogaz non valorisé contribue, du fait de ses fortes teneurs en méthane, à l’effet de serre.

    L’incidence du méthane (CH4) est en effet 11 fois plus forte que celle du gaz carbonique.

    En revanche, le gaz carbonique (CO2) libéré par la combustion du méthane issu de biogaz, n’a pas d’impact sur l’effet de serre. Ce CO2 provient du CO2 stocké par la matière organique lors de la photosynthèse. Il n’y a pas « destockage » de CO2 supplémentaire, ce qui est le cas pour les gisements fossiles, mais transfert dans le cadre du cycle du carbone : CO2 - photosynthèse - biomasse - méthanisation (CH4) - combustion - (CO2 + H2O)

  • Par Vincent (xxx.xxx.xxx.42) 17 août 2007 10:38

    L’avantage, c’est que (je peux me tromper) :

     le moteur renvoie du CO2 dans l’atmosphère, et le méthane a un pouvoir de réchauffement 22 fois supérieur à celui du CO2.

     Si le lisier n’était pas ainsi exploité, il finirait dans nos rivières et nappes phréatiques -> pollution aux nitrates évitée.

     Même si le moteur recrache du carbone (CO2), ce dernier provient de l’alimentation du porc, donc à la différence de l’utilisation du pétrole, on ne perturbe pas le cycle du carbone.

  • Par Vilain petit canard (xxx.xxx.xxx.249) 17 août 2007 10:03
    Vilain petit canard

    La filière méthane est regardée avec une grande attention, pour tous les avantages que vous indiquez. De gros investissements sont en cours pour monter une usine de méthanisation à côté de chez moi (à partir du lisier, justement).

    Cependant, la combustion du méthane relargue du gaz carbonique, mais l’effet de serre est moindre. Et rien que pour la chauffage, l’économie est flagrante.

    La méthanisation peut se faire avec n’importe quel type de lisier. Donc toute région d’élevage (aviaire, porcin, bovin) peut en profiter. A suivre.

  • Par Vincent (xxx.xxx.xxx.42) 17 août 2007 10:52

    Bon article, info intérressante.

    Je crois qu’on tient là la clé de la solution du problème énergétique : la chasse au gaspi, la valorisation de ce qu’on appelait autrefois déchêts.

    J’ai vu récemment sur france3 un reportage qui parlait d’une réserve de crocodiles (en France) installée tout près d’une centrale nucléaire. Les eaux de refroidissement du réacteur, qui sont habituellement rejetées directement dans la rivière, sont ici utilisées pour maintenir une température tropicale dans la serre, à la plus grande joie des crocos (et du directeur aussi, imaginez la facture sinon !).

    Il y a aussi ces chaudières à fioul, qui une fois légèrement modifiées permettent d’y brûler : des billes de bois issues de palettes qui auraient fini à la décharge (ça se développe bien en Allemagne, mais on peut le faire partout...), ou des noyaux d’olives concassés, les producteurs d’huile ne savaient pas comment s’en débarrasser avant (en Espagne)...

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