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Accueil du site > Actualités > Technologies > Les génomes d’un Africain et d’un Asiatique viennent (...)

Les génomes d’un Africain et d’un Asiatique viennent d’être entièrement séquencés ... Et alors ?

La recherche sur le génome humain a progressé de façon formidable, dans tous les sens du terme : à la fois remarquable, extraordinaire, et terrifiant. La vitesse et la facilité avec laquelle on peut désormais lire le message de ce génome, c’est-à-dire séquencer l’ADN a franchi une étape avec la publication par la revue Nature des séquences d’ADN individuelles d’un africain du Nigéria et d’un chinois Han. Nous sommes donc à la veille de pouvoir fournir à chacun la séquence de son génome personnel sous une forme électronique dont certaines compagnies privées nous proposent de faire, avec leur assistance, ce que nous voulons. Si ce que nous pouvons en faire relève fréquemment de la supercherie scientifique, ce que nous voulons en faire relève du questionnement éthique.

Il avait fallu dix ans et plusieurs milliards de dollars pour obtenir, en 2003, ce qu’on appelle communément LA séquence complète DU génome humain. Il s’agissait, en fait, d’un génome quasi virtuel, ou plutôt d’un mélange de plusieurs génomes de donneurs anonymes.
Or, les scientifiques savaient depuis longtemps déjà que le plus intéressant dans la connaissance des génomes, ce sont les différences qui existent entre les individus. C’est de cette connaissance-là que l’on sait pouvoir attendre des informations sur le fonctionnement "du" génome, sur la manière dont la génétique et l’environnement interagissent pour faire de nous ce que nous sommes, bien au-delà de notre apparence : pourquoi certains sont plus sensibles au rayonnement du soleil, à la fumée de cigarettes, aux infections, etc. …

Aujourd’hui, la revue Nature publie les séquences du génome –individuel- d’un homme de Yoruba d’Ibadan, au Nigéria et d’un Chinois Han. Aborder le génome d’humains d’ethnies différentes est un premier pas déterminant vers la connaissance de cette diversité génétique qui fait la richesse et la fragilité de l’humanité. Un deuxième pas sera l’accomplissement du séquençage de l’ADN d’un millier de personnes de toutes ethnies dans le monde entier. C’est le but que s’est fixé un consortium international en janvier 2008, afin de créer un vaste catalogue des variations génétiques humaines.

Le génome d’un être vivant, c’est en quelque sorte le grand livre dans lequel sont rassemblées presque toutes les informations nécessaires à la confection et au fonctionnement de chaque cellule de l’organisme, et de l’organisme entier. Cette information est encryptée dans un code à quatre lettres, les quatre bases (A, T, G, C) dont l’ADN est constitué. Cet ADN est présent sous forme de très longues molécules constituant les chromosomes. Dans l’espèce humaine, environ un mètre d’ADN est présent dans le noyau de chaque cellule. On y trouve environ 25 000 gènes, dont on dit souvent qu’ils caractérisent l’espèce et déterminent les particularités de chaque individu comme la couleur des cheveux, des yeux ou ses prédispositions à certaines maladies. Mais la très grande majorité de notre ADN ne code pas de gènes, et la fonction de cet ADN qu’on a qualifié tour à tour d’égoïste ou d’ADN poubelle, et qu’on a souvent beaucoup trop méprisé, reste encore très largement inconnue. D’une manière générale, on comprend encore très mal le message qui est porté par les trois milliards de lettres du grand livre de notre génome. Être capable de lire les lettres de ce livre ne signifie pas qu’on soit en mesure d’en comprendre le sens. Nous sommes encore un peu comme ces scientifiques qui observaient les hiéroglyphes égyptiens en sachant qu’il s’agissait d’une écriture, mais sans en comprendre le sens.
Avant même de comprendre le message qui est encrypté dans la séquence à quatre lettres, il a fallu établir cette séquence. À trois milliards de dollars et dix ans, c’est un peu difficile. Nous dépendons donc des formidables progrès technologiques des méthodes de séquençage qui se développent avec une rapidité toujours croissante. Pensez qu’en 2007, deux scientifiques de renom ont fait établir la séquence de leur ADN en quelques mois et pour, chacun, environ un million de dollars, soit trois mille fois moins que la première séquence. Et maintenant, les deux séquences publiées par Nature ont été établies pour un coût de moins d’un demi-million de dollars chacune. Il y a quelques semaines, les instituts nationaux américains de la santé (NIH) ont décidé d’investir vingt-cinq millions de dollars dans la technologie de séquençage de l’ADN. L’objectif est d’être capable, dès 2013, d’obtenir la séquence complète d’un génome individuel en quelques semaines pour un coût de 1000 dollars. "Connaître" son génome devrait donc devenir accessible non pas à tous, certes, mais aux moins pauvres d’entre nous.

L’ère du génome individuel est arrivée. Mais, nous sommes maintenant confrontés aux défis que représente l’utilisation de cette information. Nous l’avons vu plus haut, il s’agit aujourd’hui plus de "lire" son génome que de le "connaître". Pour autant, la fascination qu’exercent les formidables progrès de la science et de la technologie qui, dans le cas de la génomique, sont en train d’ouvrir la voie à une médecine "prédictive", fondée sur le génome individuel, nous poussent à "brûler les étapes", et, souvent d’ignorer l’immensité des questions qui restent ouvertes. La première est la mesure dans laquelle la constitution génétique, cette "séquence", nous dit quoi que ce soit sur notre santé future. La valeur prédictive des associations qu’on peut faire entre génome et santé est très en deçà des attentes, dramatiques dans le cas de malades, en particulier ceux qui soufrent de maladies génétiques, orphelines ou pas. Elle ne parvient pas non plus à accroître significativement les facteurs plus traditionnels de prédiction de la bonne santé, tels que le mode de vie et l’histoire familiale.
Robert Nussbaum de l’Université de Californie à SanFrancisco, dit, de façon un peu abrupte que "la recherche en génétique humaine considère toujours un peu (trop) vite qu’elle doit être applicable immédiatement, alors qu’il s’agit bien de recherche fondamentale".

Avec le nombre de personnes dont le génome est – ou sera bientôt entièrement séquencé grandit le marché d’entreprises qui se sont spécialisées dans le "profilage génétique" et qui nous offrent de "repousser les frontières de la génétique médicale". Un nombre croissant de sociétés privées capitalisent sur les informations génétiques personnelles et vendent dès à présent des prévisions sur la santé individuelle à partir d’informations incomplètes telles qu’elles sont disponibles. De plus en plus de services sont proposés, notamment sur Internet, pour "aider" les gens à donner un sens à ces données. Plus qu’une révolution génétique, il s’agit bien d’une rupture sociologique, celle de la confrontation de l’homme, des hommes, avec des informations qui ont à voir avec leur avenir personnel. Que peut-on en faire sur le plan de la santé publique, des sciences sociales et des applications biomédicales potentielles ?
Plutôt que nous aider à nous poser la question de savoir comment nous pouvons utiliser l’immensité des informations déjà disponibles, ces sociétés nous entretiennent dans l’illusion que ces informations nous sont dès à présent utiles pour connaître notre destinée. Or, que puis-je faire si la séquence de mon ADN montre que, vraisemblablement, je serai atteint de la maladie d’Alzheimer dans quelques années, si je n’ai aucun moyen d’empêcher sa survenue. Il est symptomatique que James D. Watson, dont le génome a été séquencé l’an dernier, a exigé que l’on n’interprète pas la séquence d’un gène potentiellement impliqué dans cette terrible maladie. Pis encore, et c’est le cas aujourd’hui, que puis-je penser si l’on me dit que j’ai 32,5 % de "chances" d’être atteint de cette maladie ? Surtout si la lecture de mon ADN fait croire que j’ai également 12,7 % de chances de mourir d’un accident vasculaire cérébral avant de développer mon Alzheimer ???

Afin d’avoir un rôle positif pour comprendre les fondements génétiques des maladies, les séquences d’ADN personnelles devront pouvoir être stockées avec les antécédents médicaux, personnels et familiaux, ainsi que des informations sur l’environnements dans lequel l’individu et né, s’est développé et est devenu adulte. Suis-je prêt, pour savoir tout cela, à accepter que "ma" séquence d’ADN alimente une banque de données dont l’accès sécurisé a peu de chances d’être plus sûr que celui des ordinateurs du Pentagone dans lesquels un adolescent de quinze ans a pu entrer sans plus de difficultés que cela ? Au-delà de simples considérations de sécurité informatique, c’est bien de vie privée qu’il s’agit, et de ce qui peut en être fait. Et lorsqu’on aborde le patrimoine génétique arrive la lancinante question de la propriété : puisque j’ai hérité ce patrimoine de mes parents, vivants ou non, et que je l’ai transmis à mes enfants, possèdé-je l’information qu’il contient et puis-je en faire ce que bon me semble ?

Ainsi que l’écrivait un éditorialiste de la revue Nature, "nous ne pouvons pas prévoir tout ce qui va se produire demain, mais nous pouvons nous y préparer".

Mon génome "personnel". Et alors ? …


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53 réactions à cet article    


  • Pierrot Pierrot 11 novembre 2008 11:08


    Article intéressant.

    Ne pas oublier que le mode de vie a une influence prédominente dans la survenue d’une maladie.

    Par exemple, un individu peut être porteur du "gène du cancer du poumon" mais s’il ne fume pas il aura peu de "chance" de développer un cancer du poumon, s’il fume beaucoup ce gène s’exprimera par le développement du cancer du poumon.

    Cela a été constaté implicitement il y a des decennies pour des fumeurs mourant très jeunes et d’autres atteignant allègrement leur centième année.
    "Nous sommes tous différent disions nous".

    Bonne journée.


    • K K 11 novembre 2008 13:14

      et on peut aussi avoir un cancer du poumon sans fumer ni meme etre au contact de fumeurs. Il y a eu un cas dans ma famille.


    • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 11 novembre 2008 14:58

      Certes, nous sommes tous les mêmes, mais il n’est pas moins évident que nous sommes tous différents. C’est bien là la richesse de l’humanité. Nier les différences entre les individus, c’est nier l’Autre. 
      Que ces différences évoluent différemment au cours de l’histoire des isolats humains (les ethnies), c’est également une évidence scientifique. 
      Ce qu’on en fait ensuite n’est pas du domaine de la Science.
      Jamais un scientifique normalement cérébré ne fera de hierarchie entre les génomes. Le message que véhicule la séquence de notre ADN, c’est justement celui de l’universalité et de l’alterité.


    • civis1 civis1 11 novembre 2008 16:43

      Ce qui n’est pas innocent c’est le pragmatisme des chercheurs qui orientent les recherches vers certaines applications, bien sûr celles les plus rentables où celles qui sont financées par les lobbies . Dissocier la recherche considérée comme un progrès dans la connaissance et ses domaines d’application concernant les problèmes d’éthiques qui seraient d’un autre ordre est un leurre. 


    • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 11 novembre 2008 17:29

      @ civis1 : pour quoi faire porter aux chercheurs la responsabilité totale de ce que vous dénoncez. Effectivement, les chercheurs sont tributaires des financements qu’ils peuvent obtenir pour mener leurs recherches, et cela les met en position de dépendance. Vous parlez de rentabilité, de lobbies : je suis bien d’accord avec vous, mais demandez vous pourquoi nous sommes à la merci de ces lobbies. C’est peut-être parce que l’Etat ne veut plus assumer son rôle.

      Lorsqu’on contraint quasiment tous les chercheurs à aller à la soupe à l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et que celle-ci exige des applications et des collaborations avec des entreprises en charge de l’application de la recherche pour accorder des financements sur un budget conçu au détriment des organismes nationaux de recherche, qui est responsable ???? Je ne crois pas que ce soient les seuls chercheurs. Nous sommes tous responsables de la politique de la Nation, car il s’agit bien de politique, n’est-ce-pas.

      Je n’ai pas eu l’impression de "dissocier" la recherche, ses domaines d’application, et les questionnements éthiques qu’ils engendrent. Je différenciais des ordres différents. Si je n’ai pas un "feeling" particulier pour les applications (industrielles) de mes recherches, j’essaie de contribuer aux questionnements éthiques. Mais je crois que ces questionnements les plus nombreux sont dans ce que nous faisons de la Science et de l’évolution des connaissances.


    • civis1 civis1 11 novembre 2008 20:47

      @ l’auteur,
      Ceci ne signifie pas bien sûr que l’article n’est pas intéressant bien sûr !
      Je ne me posais pas non plus dans la situation de mettre en cause les chercheurs bien au contraire !
      Mais de faire justement des remarques sur les conditions institutionnelles de leur recherche et l’ orientation de leur travaux qui sont conditionnés par des motivations financières touchant à plus à espoir de gains que de progrès des connaissances dans l’intérêt bien compris de l’humanité.
      La formation à la réflexion épistémologique des chercheurs telle que le proposait Bachelard par exemple est-elle encore à l’ordre du jour ne serait-ce qu’en France ? Vouloir séparer la recherche de ses retombées technologiques est assez idéaliste mais les chercheurs ont quand même à faire avec une certaine éthique (Le PR Bernard ne faisait-il pas partie de ce comité ?)
      La réforme des universités en cours prend à cet égard un mauvais virage de mettre la recherche sous la coupe des entreprises. 
      Quand au statut de la recherche dans des pays comme les USA par exemple n’en parlons même pas !


    • fouadraiden fouadraiden 11 novembre 2008 21:20


       l’ADN aurait donc un message politique alors ?

       faire parler des gènes humains( qui ne portent évidemment aucun "message" de ce genre) au nom de l’altérité et de l’universalité est aussi dangereux que de leur faire dire le contraire.


      on ne combat pas les préjugés avec ces méthodes.


    • Cascabel Cascabel 12 novembre 2008 03:13

      Une fois sur Avox j’ai ôsé affirmer que les races existent. Cela s’est soldé par un moinssage aussi massif qu’immédiat, des leçons de morale à n’en plus finir et enfin à la plate accusation de raciste.
      Il s’agit bel et bien d’un sujet tabou.


    • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 12 novembre 2008 11:26

      Personnellement, je n’ai pas de tabou.
      Par contre, j’ai naturellement une certaine aversion pour les classements, les "petites boites" et les tiroirs.
      Ainsi, le problème du classement de l’espèce humaine en races est de trouver, et surtout de s’accorder sur des critères de différenciation des races. C’est ainsi qu’est née la biométrie pour quantifier des différences dans les populations humaines. C’est essentiellement cette discipline qui a nourri les discours racistes qui ont mené, et, hélas, mènent encore à tous les excès.
      Pourtant, la biométrie bien faite reconnaît que la grande majorité des caractères physiques sont quantitatifs. Qui dit quantitatif dit que tout caractère doit être perçu comme variant continûment (tous les métissages sont possibles) et qu’il est délicat de définir des seuils.
      Un des intérêts des travaux en génétique et en génomique est d’avoir établi que les différences entre les humains sont individuelles, et qu’elle s’accommode mal des classements en "races".
      Ainsi que je le disais dans un commentaire précédent, l’isolement géographique a conduit à la sélection éventuelle de certains caractères. Mais la notion d’isolats humains me semble avoir plus d’impacts sociologiques et anthropologiques que génétique. Il faut accepter que nos différences (ethniques ?) sont plus culturelles que biologiques. On peut relire avec profit Claude Lévi-Strauss (Race et histoire) qui montre que la très grande diversité culturelle de l’humanité, correspondant à des modes de vie extraordinairement diversifiés, n’est en rien imputable à la biologie.


    • Cascabel Cascabel 12 novembre 2008 18:57

      "Mais la notion d’isolats humains me semble avoir plus d’impacts sociologiques et anthropologiques que génétique. Il faut accepter que nos différences (ethniques ?) sont plus culturelles que biologiques."

      Vous voyez bien qu’il y a un tabou.

      Je ne parlais pas d’ethnies, elles de type culturel, mais de races de nature purement génétique. Autrement nous changeons de sujet. Mon propos n’était pas de comparer ni même de mesurer le degré d’importance du fait racial. Il s’agissait uniquement de reconnaitre son existence au sein de la communauté humaine.
      Certes je ne suis pas généticien, mais je ne suis pas mongolien non plus. Quand une personne m’affirme (ce qui m’est arrivé le jour où j’ai donné mon point de vue sur ce sujet ) que les races n’existent pas et que tout est culturel, excusez mon scepticisme. Aussi curieux que cela puisse paraître certains croient naïvement que l’on ne nait pas noir, blanc, jaune etc, mais qu’on le devient.
      Une façon simple de savoir si nos différences sont plus culturelles que biologiques est d’observer nos différents. On remarque assez vite que les guerres et les conflits sont ou de nature économique ou ethnique, mais très rarement raciale. Entre populations de même phénotype se creuse des différences extraordinaires qui font peu de cas des ressemblances physiques. C’est le cas entre Japonais et Chinois, entre Anglais et Français (un peu moins aujourd’hui) ou entre Hutus et Tutsis.
      Comme nous sommes des êtres intelligents et sociaux, le fait culturel semble l’emporter de loin sur tout le reste. Pour autant cela ne signifie pas que le fait racial n’existe pas. C’était là tout mon propos.


    • Cascabel Cascabel 12 novembre 2008 19:03

      @ Fouadraiden

      La science doit rester amorale, vous avez bien raison de le rappeller. Je plusse.
       smiley


    • krolik krolik 11 novembre 2008 11:34

      Actuellement il y a le problème de savoir si Christophe Colomb etait originaire de Barcelone ou de Gênes.
      Il se trouve que l’on possède des cheveux de Christophe Colomb, donc l’on possède son ADN
      Et il s’est lancé une grande campagne d’identification de l’ADN d’habitants des régions de Barcelone et de Gênes.
      le tout est de détecter statistiquement la prpopension des habitants actuels de ces régions d’avoir un lien de parenté avec le grand voyageur.
      Je crois qu’ils en ont pour plusieurs années, et la conclusion sur l’origine de Christophe Colomb n’est pas encore pour demain ; c’est un travail de fourmi.
      @+


      • JoëlP JoëlP 11 novembre 2008 11:58

        J’avais raté cette étape : Le bon docteur Watson, découvreur de la double hélice de l’ADN a donc été le premier humain a faire séquencer son génome. Une belle revanche sur Sherlock Holmes.

        Ce génome tenait sur deux DVD et il n’a pas voulu savoir l’état de la polipoprotein du gène E qui prédipose à la maladie d’Alzheimer. En fait il a oublier comment elle fonctionne mais il se souvient encre qu’Alzheimer se prénommait Aloïs.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 11 novembre 2008 12:20

          Cher Patrick,

          Votre billet est succulent mais le gène a fini sa course théorique et prendra fin en 2009, cent ans après que cette notion eut été proposée par un Suédois je crois, ou quelque autre peu importe

          Dites-moi Patrick, il y a-t-il dans la science biologique française quelques gars bien musclés du neurones capables de virer de bord en allant vers le nouveau paradigme, ou bien la France sera-t-elle à la remorque des pays étrangers dans ce domaine ?

          Séquencer un génome est l’activité la plus idiote qu’on trouvée les scientifiques pour justifier leur salaire


          • Flow Flow 11 novembre 2008 14:06

            Qu’entendez vous par "Finir sa course en 2009 ?"

            M’intéressant d’aussi près que mes capacités intellectuelles me le permettent au monde de la Biologie et de la Génétique, votre avis m’intéresse grandement.

            Merci.


          • Flow Flow 11 novembre 2008 14:12

            Un jeune scientifique du CSUN a proposé une nouvelle manière de séquencer le génome en moins de 3h (heures, oui !), pour un coût ridiculement faible en comparaison des méthodes actuelles, notamment grâce à l’utilisaton du graphène (C’est fou comme, depuis quelques années, il rend de grands service celui-là... smiley.

            Plus de précisions sur ce lien : www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/sequencer-le-genome-en-moins-de-3-heures-grace-au-graphene_17200/


          • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 11 novembre 2008 15:15

            Merci Bernard pour votre compliment.
            Ignorant (honte à moi) ce qu’est la "course théorique" du gène, je ne sais pas pourquoi elle prendrait fin en 2009. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?
            Certes, la définition du gène est de plus en plus complexe et difficile à faire tenir en quelques mots, surtout si on veut aller plus loin que les généticiens qui ont établi ce concept il y cent ans ou presque. En témoigne un numéro de la Recherche il y a quelques années dans lequel une cinquantaine de généticiens avaient donné "leur" définition. Mais nos gènes sont là, et la génomique est loin de devenir une science du passé.
            Je suis bien d’accord que séquencer un génome est une activité "idiote", mais pas tellement pour justifier un salaire. C’est un passage technologique obligé, une sorte de mal nécessaire, pour aborder de vraies questions scientifiques, surtout fondamentales, mais également appliquées. Comme je l’écrivais, nous sommes très loin de comprendre ce livre dont nous lisons les lettres sans en avoir toute la grammaire. Et puis, l’analyse des génomes, qui a encore de longs et beaux jours devant elle, ne se referme pas sur elle-même. C’est une science ouverte et évolutive. Ainsi, on arrive à de la véritable génomique fonctionnelle et évolutive. Et, abordant des questions que la génomique ne sait pas résoudre, on arrive à s’intéresser à l’épigénétique, sorte d’hérédité de caractères acquis, et aux interactions entre le génome et son environnement.


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 11 novembre 2008 18:02

            Merci pour votre réponse détaillée, Patrick

            J’avoue être un peu provocateur mais c’est ma manière de faire vivre une discussion

            Pour l’histoire du gène, je faisais allusion à un billet du NYT et si ma mémoire est bonne, il est question d’une refonte radicale de la compréhension du gène, bref, une rupture, bien plus passionnante que les ruptures en politiques. Quant à lire le génome, une idée me vient à l’esprit. Nous avons nous humains un mode de lecture qui pour l’instant ne décrypte pas grand chose à part dire qu’un gène code pour une protéine, vision datée qui devrait être mise en cause, ne serait-ce que par la découverte des ARN qui n’ont pas pour vocation d’être traduits et jouent des rôles qu’on a sans doute pas découvert. Et donc, la question, comment la Nature lit-elle le génome ? Il faudrait se mettre à la place d’une cellule, carrément dans son système cognitif. J’avoue ne pas avoir tenté cette expérience


          • Sahtellil Sahtellil 12 novembre 2008 01:08

            Attaque frontale qu’on ne peut expliquer que par une rancoeur convaincue. Qui êtes-vous derrière ce pseudo ridicule vieux de quelques heures ? Vous pensez sans rire nous fourguer en regardant ailleurs l’adjectif "citoyen" (cf. la fameuse poutre) quand celui qui me vient naturellement à vous lire évoque plutôt : écoulements souterrains - miasmes - rongeurs (Egoûts-rats-vox = Agoravox ?) ? Pourquoi ne pas assumer vos griefs et les dire sous votre identifiant premier ?

            Ces nuisances récurrentes sous quasiment chaque article sont vraiment pénibles.

            Pardon à l’auteur.

            BMD



          • Sahtellil Sahtellil 12 novembre 2008 16:11

            Vous n avez pas aimé ma réponse ? elle ne s y trouve plus

            Je n’y suis pour rien. Et ce n’est pas la réponse que je n’ai pas aimé, c’est la multiplicité des comptes et le discours forcément pas avouable auquel elle sert de paravent.

            BMD


          • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 11 novembre 2008 13:11

            Bonjour,

            Il serait intéressant de connaître votre point de vue sur l’idéologie biaisée du transhumanisme qui s’est développée de manière significative outre-atlantique et qui semble contaminer de nombreux esprits.

            D’autre part, une question plus insitutionnelle : pourquoi n’existe-t-il pas de revue francophone de sciences du vivant ? Je veux dire une véritable revue scientifique avec de la biologie théorique, et non un magazine de marketing pour les biotechnologies, comme Biofutur.

            Enfin, les chaires de biologie des sols ont disparu des universités à la fin des années 80 : un commentaire ?


            • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 11 novembre 2008 15:42

              Le transhumanisme, dois-je l’avouer, ne me passionne pas plus que cela, mais, pour l’instant, comme déviance pseudo-scientifique, il m’empêche moins de dormir que le racisme ou l’eugénisme. Si je me lançais aujourd’hui dans une entreprise d’amélioration de la grammaire russe alors que je n’y comprends rien, je serais à peu près aussi ridicule (et crédible) que ceux qui prétendent améliorer l’humain au-delà des contraintes de l’évolution biologique, alors qu’ils sont, comme nous tous, bien loin de comprendre quoi que ce soit à son fonctionnement intime. Et je ne parle que de biologie et de génétique. Mais l’humain dépasse tout cela. Je considère parfaitement absurde et prétentieux de vouloir se rendre maître d’un soi-disant progrès lorsqu’on en est qu’aux balbutiements de la science et de la technologie.
              Je peux me battre contre la maladie, contre le handicap, et peut-être aussi contre la mort prématurée, mais certainement pas prétendre les dépasser. Surtout en restant sur le terrain des sciences biologiques, alors que le combat se livre sur bien d’autres champs de bataille, tels que la sociologie, l’économie, le droit, … etc.

              " pourquoi n’existe-t-il pas de revue francophone de sciences du vivant ?" Je n’ai pas de bonne réponse à cette question. Juste une constatation : toutes les revues qui ouvrent une audience aux scientifiques et qui leur permet d’être évalués sont anglophones. On peut le regretter, mais c’est un fait.

              "Enfin, les chaires de biologie des sols ont disparu des universités à la fin des années 80 : un commentaire ?" Pas vraiment car j’ignore ce qui a motivé cette disparition. Il est certain que les discipline évoluent, des phénomènes de mode opèrent, mais également une évolution légitime de la science, de toutes les sciences. Parfois, on fait des erreurs, on s’en rend compte, et on tente de ressusciter des disciplines trop tôt disparues (la physiologie, par exemple).


            • Daniel Roux Daniel R 11 novembre 2008 13:27

              Nous savons tous que la recherche fondamentale peut déboucher sur des découvertes dont les hommes se saisiront pour faire le bien et le mal. Rien de nouveau sous le soleil, l’éthique et les lois érigeront sans doute les garde-fous nécessaires après quelques scandales.

              Ce qui m’intéresserais par contre, c’est que ces recherches puissent tracer l’histoire de la diaspora humaine à travers le temps et l’espace. Nous sommes tous les produits de rencontres entre différents peuples et donc le bout (provisoire j’espère) d’une chaîne humaine. 

              Le séquençage de michotondries (uniquement transmises par les femmes) sur une grande échelle permettrait à chacun de connaître sa propre histoire. D’autant que l’on peut espérer de plus en plus de précision au fil des progrés. Et en prime, nous pourrions avoir la fin définitive du racisme scientifique.


              • hurlevent 11 novembre 2008 14:00

                Séquencer un génome est l’activité la plus prometteuse des scientifiques. Le séquencement permet de savoir si on est prédisposé à telle ou telle maladie. C’est une belle avancée scientifique.

                Merci pour cet article très intéressant.


                • ThE MaGiCiaN ThE MaGiCiaN 11 novembre 2008 14:02

                  Le séquençage du génôme fait rêver.
                  Son utilité est incontestable, et la compréhension approfondie du fonctionnement de ce véritable code de programmation devrait nous ouvrir des perspectives extraordinaires, absolument démentielles, et finalement peut être définitivement hors de notre portée intellectuelle.

                  J’ai l’impression d’assister actuellement à du cracking de base sur des sauvegardes de jeux : on en est au stade où l’on compare bêtement des paramètres situés aux mêmes endroits afin de déterminer si le niveau de force vitale ou de vies restantes est bien codé à l’endroit supposé.

                  Seulement voilà, 3 milliards de paramètres potentiels, dont une énorme partie complètement inconnue, à moins d’un ordinateur de nouvelle génération côté d’une intelligence artificielle, je vois mal quelle entitée pourrait appréhender clairement l’implication de la moindre modification.

                  D’autant que les répercussions de construction moléculaire organique dépendent surement d’un principe combinatoire.... J’imagine mal un gène "cancer", couplé avec un gêne "sein" / "gorge" etc... (sans oublier le gêne "rapidité de propagation", le gêne "durée limite de vie" etc...

                  Pour faire suite aux propos de Daniel R, je ne comprends pas vraiment cette histoire de mitochondries. je sais ce que c’est mais je ne vois pas en quoi celles ci seraient porteuses d’un "historique" quelconque ?
                  Et quand au racisme, je crains que l’identification génétique ne serve au contraire à justifier n’importe quelle différence.

                  Allez, quelques projections du futur :
                  Grâce à la connaissance intégrale du génôme, et aux capacitée technologiques de modification organique, nous pourrions :
                  1. créer des organismes exempts de tout "défaut" (maladies graves, problèmes articulaires, calvities, essouflements cardiaques, myopie, acuitée auditive, ...)
                  2. créer des sur-organismes (longévitée accrue, renouvellement des cellules à l’instar des organismes de moins de 20 ans, capacitées mentales optimales - après, chacun en fait ce qu’il en souhaite...)
                  3. créer des organismes différents... (un grand classique, le super soldat, quelques dérivés : l’organisme d’attaque, l’organisme d’éspionnage etc...), ou simplement des virus à cible génétique spécifiques (allez, débarassons nous de tout ceux n’ayant ni yeux bleus, ni cheveux blonds, et faisant moins d’1m90. et 1 point godwin génétique atteint...)
                  4. créer des organismes interfaçés avec une technologie (mais si, mais si, histoire d’intégrer des iphones dans la tête), ou pour tout simplement créer un ordinateur à véritable intelligence artificielle.
                  5. créer des organes de remplacement (un nouveau coeur, un nouveau rein, reconstruire une peau compatible pour un grand brulé)
                  6. sélectionner son futur bébé (petit détour via le film gattaca)
                  7. "activer" , "developper" ou "ajouter" des fonctions à l’organisme humain (à quand la véritable transmission de pensée ? ou quelques pouvoirs mutants télékinésiques ? :) )
                  8. déterminer définitivement si le darwinisme est une théorie réelle , prévue par la programmation de l’adn ou s’il s’agit d’une des nombreuses fumisteries pseudo scientifiques que l’on nous inculque ?

                  J’aime bien le chiffre 8, je m’arrêterais donc là. (mon adn ne gère rien au delà de 8. comme les danseuses.)

                  Je retourne à mes expériences sur les cancrelats. (j’essaye d’en faire des lucioles par manipulation génétique).


                  • dom y loulou dom 11 novembre 2008 14:11

                    et les démons rigolent de nous montrer comment farfouiller dans les codes de construction des créatures de Dieu. Gageons que de nouveaux monstres verront le jour.

                    Chimères, sirènes, centaures et autres être hybrides ailés et géants... voilà où ce jeu nous mène... mais nous sommes si malins n’est-ce pas ? Nous savons tout mieux que tous les prédécesseurs on dirait !!!

                    "regardes ton passé si tu veux connaitre ton futur" disaient les anciens encore en proie avec ces créatures issues de la torture du génome.

                    Il ne fait pas bon jouer avec les lois de la création sans vouloir connaitre ses aspects spirituels, pas bon du tout.


                    • ThE MaGiCiaN ThE MaGiCiaN 11 novembre 2008 14:34

                      Je ne comprends pas que vous ayez pu être moinssé (un adjectif typiquement agoravoxien).
                      Vos propos, en dehors de toute considérations réligieuses, étant plein de bon sens.


                    • Flow Flow 11 novembre 2008 14:46

                      Petite précision totalement hors-sujet : le terme moinssage n’est pas typiquement Agoravoxien, bien au contraire... Il est utilisé sur tous les sites Internet qui ont un système de ce genre. L’exemple qui me vient à l’esprit, car c’est un site que je lis très régulièrement, c’est le site DLFP, ou encore Linuxfr.

                      La parenthèse est fermée, désolé pour le HS smiley


                    • appoline appoline 11 novembre 2008 15:03

                      Ca ne vous gêne pas que des milliards soient dépensés pour l’hypothétique santé d’une espèce qui depuis des milliers s’ingénue à aller à sa perte. Nous ne sommes plus dans la capacité de nourrir tout le monde et ces avancées technologiques, si elles aboutissent à un quelconque résultat, ne bénéricieront qu’à une poignée d’élites et encore, triées sur le volet.
                      Les chercheurs sont tellement imbus d’eux-mêmes, qu’ils se prennent pour Dieu. Pour quelles avancée ? Dans un futur proche, nous serons sans doute confrontés à biens d’autres problèmes : la surpopulation et la survie de nombreux peuples. Il va y avoir de sacrées priorités et ce genre de recherches coûteuses devriendront vite obsolètes.
                      Les chercheurs n’ont pas toujours conscience des implications de leurs travaux et les débordements inhérents frôlent le cauchemard ;
                      Quant aux médecins inconscients eux aussi, se flattent de jouer les apprentis sorcier, combien de persones passées leurs mains, restent avec des handicaps très lourds. Y a t-il de quoi être fier ? A vouloir contrecarrer la nature et manipuler ce que l’on comprend à peine risque de ne pas oeuvrer pour le bien de tous. Nous avons déjà quelques exemples derrière nous, merci à Dolly.


                      • ThE MaGiCiaN ThE MaGiCiaN 11 novembre 2008 15:30

                        La recherche est fondamentale , et ce n’est pas en restant dans des civilisations primitives que l’être humain sera meilleur


                      • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 11 novembre 2008 16:09

                        "Ca ne vous gêne pas que des milliards soient dépensés pour l’hypothétique santé d’une espèce qui depuis des milliers s’ingénue à aller à sa perte" : pas le moins du monde, et certainement beaucoup moins que le fait que la même humanité dépense encore beaucoup plus de milliards pour concevoir, fabriquer et vendre des armes. D’autre part, je ne peux pas accepter votre caricatural "hypothétique". La science n’est probablement pas pour rien dans l’amélioration globale, bien qu’injustement répartie - je vous l’accorde - de la santé qui se traduit, entre autre, par un allongement de la durée moyenne de la vie.

                        "Les chercheurs sont tellement imbus d’eux-mêmes, qu’ils se prennent pour Dieu" : j’en connais certains qui iraient bien jusque là. Mais ils sont une infime minorité. Ne diabolisons pas les chercheurs. Je sais par expérience personnelle que pour être chercheur, il faut n’être pas tout à fait normal. Mais ce qui est vrai pour les chercheurs est vrai pour beaucoup d’êtres humains.

                        " Il va y avoir de sacrées priorités et ce genre de recherches coûteuses devriendront vite obsolètes" : la question est de savoir qui devrait fixer les priorités. Et, de grâce, ne continuez pas de propager l’idée fausse des recherches coûteuses : il faut analyser les coûts de manière relative, relative à d’autres dépenses. Le budget public de recherche n’est certainement pas le plus onéreux des postes budgétaires de l’état. Et, savez-vous que certaines industries pharmaceutiques ont un budget marketing plus élevé que ce lui de recherche et développement pour certains médicaments ?

                        "Les chercheurs n’ont pas toujours conscience, … les débordements, … le cauchemard ;
                        médecins inconscients, … apprentis sorcier …
                        " : ne pensez-vous pas donner un peu dans le catastrophisme facile ? Evaluons, contrôlons, mais ne jugeons pas a priori, s’il vous plaît !


                      • L'enfoiré L’enfoiré 11 novembre 2008 18:48

                         

                        @ L’auteur,


                         

                        Merci pour ce texte plein de justesse.

                        Moi, non plus, cela ne me gène pas de dépenser un de mon avoir pour la Science. La science de la vie et la santé, ça n’a pas de prix. Il n’y a que du tangible dans le progrès et rien d’hypothétique. Se prendre pour dieu, où est le problème ? Qu’est-ce que cette habitude de se retourner vers une tierce personne pour trouver sa voie ?

                        Qu’est-ce que le coût de quelque chose, sinon un peu moins d’autre chose en contre partie avec un travail dans un autre domaine ?

                        Recherches couteuses ?

                        Je crois qu’on confond bien trop souvent entre recherche appliquée et recherche fondamentale. C’est malheureusement bien moins payé dans un des deux cas (je laisse le choix de chercher où il est, ce cas)

                        Entre apprenti sorcier et obscurantisme, mon choix est simple. 
                        L’humain et son bien être passe avant tout autre chose. 


                      • appoline appoline 12 novembre 2008 14:18

                        @ l’aueur,
                        Il ne sert à rien de mêler les milliards de la vente d’armes à ce débat ; c’est une autre facette de la bêtise humaine. Depuis que l’homme est apparu sur cette terre, au lieu de se partager le feu, il se battait pour se l’accaparer et laisser crever l’autre..
                        Non, vous parlez de la durée de vie ; croyez-vous que ce soit glorieux de voir toutes ces personnes du 5ème âge se traîner du fauteuil au lit, laissés pour compte par leur famille dans les maisons de retraite simulacres de mouroirs. Avez-vous cotoyé ces personnes et senti leur détresse et leur désespoir, leur peur aussi quand ils ne sont pas grabataires nageant dans leurs excréments, changés deux fois par jour malgré un prix de journée exorbitant. Il n’y a pas de quoi être fier.
                        Je persiste et signe en disant que certains chercheurs se prennent pour Dieu, car il n’est pas dans le bien de l’humanité de vouloir contrecarrer la nature ; les plus belles saloperies ne sortent-elles pas des laboratoires, nous avons vue ces dernières années les résultats d’épidémies qui n’ont rien de naturel.
                        Oui, les recherches sont coûteuses, c’est une réalité. Comment croyez-vous que les laboratoires fonctionnent, ainsi que tous les parasites qui gravitent autour ?
                        Je ne vous rassure pas, les priorités vont devenir telles, que la recherche sera relèguée en second plan, c’est une question de bon sens. Avant de vivre jusqu’à 100 ans, l’homme a besoin avant tout d’être nourri à 40, ne vous en déplaise.
                        Quant aux insustries pharmaceutiques, elles auraient mieux fait de privilégier la recherche au marketing, on aurait évité des dérives comme la thalidomide cher les chaîneries Grudentall (et on ne connaît pas tout).

                        J’aimerais donner dans le catastrophisme, je vous l’assure, mais hélas non, tout cela n’est que la triste réalité.


                      • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 12 novembre 2008 14:41

                        @ appoline,
                        Je continue à ne pas partager votre vision totalement et parfaitement négative de l’humanité. Votre discours me semble également "une autre facette de la bêtise humaine". Certes, je ne crois pas que l’homme soit parfait, mais n’en parler qu’en termes négatifs ne fait pas avancer les choses.
                        L’allongement de la durée moyenne de vie n’a pas pour effet premier de permettre à quelques grabataires de vivre plus de cent ans, mais surtout d’éviter des décès prématurés. Mais peut-être êtes-vous nostalgique des temps où une fraction très importante des enfants mourraient en bas âge ?
                        Vous qui voulez laisser faire la nature sans jamais la contrecarrer, je vous conseille de retourner dans votre grotte. Avec un peu de chance, vous éviterez de contribuer au financement de la recherche puisque, pour vous, elle coûte trop cher.
                        Vous y aurez le temps de méditer sur cette phrase de Talleyrand : « Tout ce qui est excessif est insignifiant. »


                      • appoline appoline 12 novembre 2008 21:00

                        Vous êtes un peu excessif dans vos propos, non ? Je me suis extirpée de ma grotte pour vous répondre. Il a fallu que je recharge la dynamo en pédalant. Quelques grabataires, dîtes-vous, non cher monsieur, il faudrait que vous vous fassiez greffer quelques paires de mains puissance 10 pour les compter et encore, vous seriez peut-être encore loin du compte. C’est là, où je dis non. Point trop s’en faut. Je ne tourne pas le dos aux thérapeutiques, ni à certaines avancées de la science. Mais d’aller trop loin dans certains domaines ne fera pas évoluer l’humanité, bien au contraire.
                        Je vous remercie de ce dialogue, je vais de ce pas manipuler (génétiquement), le chihuahua afin qu’elle arrête de se prendre pour un doberman dans sa tête et pour un pirana quand elle se pointe devant sa gamelle. Et puis comme la technologie n’est pas arrivée jusqu’à moi, je me couche et me réveille au son des poules, le réveil exigent trop de manipulations.


                      • Forest Ent Forest Ent 11 novembre 2008 15:06

                        Article intéressant.


                        • Mohammed MADJOUR Mohammed 11 novembre 2008 16:03

                          "Le génome d’un être vivant, c’est en quelque sorte le grand livre dans lequel sont rassemblées presque toutes les informations nécessaires à la confection et au fonctionnement de chaque cellule de l’organisme, et de l’organisme entier. Cette information est encryptée dans un code à quatre lettres, les quatre bases (A, T, G, C) dont l’ADN est constitué."

                           C’est ce que l’on vous fait croire ! Mais alors lorsqu’on a la notice qui explique le fonctionnement d’un moteur on peut l’entretenir et le réparer en cas de défaillance n’est-ce pas ?

                          Puisque les sorciers croient pouvoir lire le Livre de la Jungle Humaine pourquoi la grippe sévit toujours pour ne pas parler des autres fléaux cancer, Sida et autre maladies rares mais terrifiantes ?


                          Je vous dis que l’électronique ne peut peut pas expliquer le vivant mais libre à vous de rêver les yeux ouverts !


                          Je redis à l’occasion que la grotte franco-suisse ne révèlera pas le secret de l’Univers mais libre à vous de croire au Père Noël !


                          MOHAMMED.


                          • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 11 novembre 2008 16:21

                            "cest ce que l’on vous fait croire !" : personne ne me fait croire quoi que ce soit. J’observe des faits scientifiques avec une méthode et une rigueur scientifique qui n’a rien à voir avec une croyance.

                            "Puisque les sorciers croient pouvoir lire le Livre de la Jungle Humaine pourquoi la grippe …" : ai-je écrit le contraire ? Je pensais avoir été clair sur le fait qu’il est prétentieux de vouloir faire croire qu’on comprend le génome. Non, nous ne savons pas lire le livre parce que nous n’en avons pas la grammaire. Il me semble me rappeler que l’OMS a répertorié environ 18 000 maladies. Nous en soignons moins de six mille et en guérissons encore trois fois moins. Effectivement, les scientifiques conscients connaissent bien les limites de leur savoir, et ils sont capables d’humilité parce qu’ils sont conscients qu’on ne sait pas guérir un banal rhume.

                            Je n’ai jamais prétendu que l’électronique pouvait, ou pourrait expliquer le vivant. Mais, avec un peu d’aide de l’informatique et de l’électronique, il est vrai que les scientifiques tentent d’avancer sur le chemin de la connaissance.

                            La Science, comme la musique, la peinture, la poésie, … me fait rêver, et j’aime cela !


                          • Mohammed MADJOUR Mohammed 11 novembre 2008 16:29

                            "J’observe des faits scientifiques avec une méthode et une rigueur scientifique qui n’a rien à voir avec une croyance."

                            Et c’est avec methode, rigueur scientifique car je suis moi-même scientifique que j’observe la réalité et je rappelle que les maladies connues depuis plusieurs siècles ne trouvent pas encore remède éfficace et cela m’empêche de rêver contrairement à vous !

                            Cordialement,

                            MOHAMMED.


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