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Accueil du site > Actualités > Technologies > Les limites de l’auto-organisation

Les limites de l’auto-organisation

Le thème de l’auto-organisation vient du systémisme et de la cybernétique dite de second ordre car elle inclut l’observateur dans l’objet observé, introduisant ainsi l’étude des processus autoréférentiels. Ce qui pouvait se présenter comme une limite apportée à la volonté de contrôle et de planification, a fini par prendre toute la place et reléguer les apports de la théorie des systèmes et de la cybernétique aux préoccupations effectivement de second ordre, si ce n’est pire accusées de tous les maux dans leurs prétentions "totalitaires" ! L’idéologie de l’auto-organisation sera vite récupérée par le néolibéralisme avec d’un côté le bien (les marchés auto-régulés, la liberté) et de l’autre le mal (l’Etat, le système). On ne peut se passer pourtant du point de vue global, macroscopique, qui fait apparaître le système (sanguin ou nerveux) avec la notion essentielle de circuit qui nous totalise, et plus précisément la circulation de matière, d’énergie et d’information (ou d’argent) qui les contrôle. Il y a des limites à l’auto-organisation aussi, différents niveaux, différentes temporalités.

L’enjeu d’une critique, c’est bien à la fois de sortir d’un certain nombre de confusions sur l’auto-organisation et de reconnaître ses limites sans revenir en arrière pour autant, question qui reste posée aux organisations à venir. C’est une question très concrète dans cette phase où les vieilles organisations manifestent leur inadaptation (elles ne savent pas qu’elles sont déjà mortes), mais où les mouvements informels ont montré aussi toutes leurs limites, ne tenant aucune de leurs promesses...

La cybernétique qui effraie tant apportait déjà une limite à la gouvernabilité des choses : on ne peut atteindre une cible sans corrections de tir, pas moyen pour une finalité de s’introduire dans la chaîne des causes sans se régler sur ses résultats, avec un pilotage réactif et une direction par objectifs plutôt qu’une programmation rigide. La notion essentielle ici, c’est la boucle de rétroaction, le feedback, sur le modèle du thermostat qui ajuste le chauffage sur la température mesurée par rapport à la température choisie. La cybernétique nous apprend à garder les yeux ouverts et à corriger nos erreurs, elle nous apprend aussi que, pour transformer le monde, il faut s’adapter au terrain. Bien sûr, comme toujours, la reconnaissance des limites de notre puissance nous procure un surcroît de puissance inouï, un pouvoir de contrôle décuplé (de remplir nos objectifs) dont on s’inquiète avec quelques raisons, mais qui rencontre assez vite, malgré tout, sa limite devant la masse d’information à traiter et la complexité des interactions.

C’est là où l’auto-organisation va s’avérer essentielle dans les systèmes complexes. En fait, elle va avoir de nombreuses déclinaisons : structures dissipatives de Prigogine, organisation par le bruit de Heinz von Foerster, autopoiesis de Varela, auto-éco-organisation d’Edgar Morin, etc. Comme toujours, lorsqu’un nouveau paradigme devient dominant, il tend à s’appliquer très loin de son domaine, à prendre une pluralité de sens et à s’idéologiser. Au lieu d’entretenir la confusion, on a tout intérêt à différencier les différentes sortes d’auto-organisations et de temporalités entre écosystèmes, marchés, foules, organismes, organisations... On ne peut mettre sur le même plan l’autogestion, le laisser-faire libéral ou taoïste et le vieil anarchisme. Après avoir admis son caractère irremplaçable, il s’agit de montrer les limites de l’auto-organisation, les risques d’emballement jusqu’à la rupture d’une auto-référence qui constitue ici la notion centrale, mais qui n’est pas viable sans une boucle de rétroaction négative qui maintient son homéostasie.

On comprend bien que l’auto-organisation ait pu être reprise et revendiquée par un néolibéralisme bien différent du libéralisme classique et rationnel. C’est dans une théorie de la perception et de l’information imparfaite (proche du principe de variété requise) que F. von Hayek fonde sa réfutation de la planification (la route de la servitude) au profit de l’ordre spontané, nouvelle version du marché autorégulé, sauf qu’il n’est plus fondé cette fois sur une information parfaite et le calcul rationnel, mais, tout au contraire, sur une complexité qui dépasse notre rationalité limitée et un avenir qui nous échappe complètement (c’est un "scepticisme dogmatique" qui prétend qu’on ne sait rien sous prétexte qu’on ne sait pas tout). Après la vague de dérégulations caractéristiques des périodes de dépression et de perte de légitimité, désormais la nécessité d’une régulation de l’économie et d’un retour de l’Etat s’impose à nouveau pour réduire la casse, mais cela ne veut pas dire qu’on pourrait revenir à un contrôle total de l’économie et une planification ne laissant plus aucune place à l’auto-organisation des marchés. Mettre des limites aux vertus de l’auto-organisation n’annule pas pour autant les limites que l’auto-organisation mettait aux politiques volontaristes, mais c’est réintroduire le global et les contraintes systémiques, situer l’auto-organisation dans son écosystème et son histoire.

La principale source de confusion à propos d’un concept de trop grande généralité, c’est la confusion de phénomènes physiques et cognitifs, du passif et de l’actif. L’auto-organisation peut se limiter à une pure tautologie : tout ce qui n’est pas organisé par un agent extérieur est auto-organisé. L’univers entier est donc auto-organisé dès lors qu’il n’a pas de créateur. En appelant auto-organisation de façon plus spécifique les phénomènes organisateurs (diminuant l’entropie), on réduit les phénomènes physiques concernés aux structures dissipatives ou bien à la cristallisation (brisure de symétrie), mais on reste dans une auto-organisation passive, entièrement subie, qu’on soit pris dans le tourbillon ou bien emportés par la foule. Le cyclone est l’exemple type de ces phénomènes auto-entretenus qui sont la plupart du temps plus dévastateurs que bénéfiques ! Ce ne sont, en tout cas, que des processus immédiats, aveugles et sans mémoire.

Il est très confusionnel de vouloir donner le même nom à l’auto-organisation biologique, à cette mieux nommée auto-éco-organisation consistant dans une construction réciproque du sujet et de l’objet, de l’organisme et de son environnement par essais-erreurs. Ce qui sépare le domaine biologique du domaine physique et énergétique, c’est la mémoire et c’est l’information, c’est-à-dire la capacité d’apprentissage (le cognitif), de transmission et de reproduction. L’auto-organisation ne se distingue guère, en ce sens, de l’évolution elle-même, nouvelle version de la survie du plus adapté qui est une sorte de causalité descendante, de rétroaction de l’environnement sur l’organisme, mais, dès lors que la sélection intervient, ce n’est pas l’auto-organisation qui a le dernier mot. Ce qui manque aux conceptions simplistes de l’évolution, de l’auto-organisation ou du marché, c’est le facteur temps, comme si l’histoire de l’évolution était linéaire et n’était pas ponctuée de grandes mutations où se marquent profondément les traces du passé. Les organismes représentent des sommes d’expériences et de savoirs accumulés sur plusieurs temporalités qui maintiennent la marge d’auto-organisation dans des bornes très étroites.

L’auto-organisation ne se trouve à l’état pur, peut-on dire, qu’aux commencements (le groupe en fusion) où elle se heurte vite au manque d’organisation, bien connu des groupes informels, ensuite elle est de plus en plus organisée et rigide, la difficulté étant de lui laisser la place qui lui revient dans l’organisation ! Une auto-organisation qui n’organiserait rien du tout ne mériterait pas son nom, mais, dès qu’il y a organisation, on n’est plus vraiment dans l’auto-organisation. Au mieux, on est dans "l’organisation apprenante", ce qui est tout autre chose, mais, le plus souvent, il y a très vite émergence d’un pouvoir stabilisateur. Vouloir en rester à l’absence de toutes règles, c’est vouloir en rester au B.A.-BA, au primitif dans toute sa sauvagerie et qui ne mène nulle part. Dès qu’on intègre les leçons de l’Histoire avec des régulations durement apprises, on perd une bonne part de son autonomie, mais qu’on peut retrouver dans la capacité à faire face aux modifications de notre environnement et à nous projeter dans l’avenir. L’autonomie ne peut être pensée hors de l’organisation qui la contraint.

L’organisation biologique, c’est la mémoire de la reproduction. Même si le terme de programme génétique est trompeur, il y a un plan rigoureux qui mène de l’embryon au nouveau-né. L’auto-organisation n’en est pas absente, elle est même présente partout où elle est efficace, mais c’est une autonomie guidée, contrainte, régulée très finement par de multiples processus correctifs. Cette fonction de l’auto-organisation à l’intérieur d’une organisation plus large met en lumière le rôle de l’information circulante après celui de la mémoire. Ce qui distingue en effet l’organisation spontanée de la matière des organismes biologiques et des organisations sociales, c’est la place déterminante qu’y tient l’information pour s’opposer à l’entropie désorganisatrice. L’auto-organisation désigne précisément le fait de réagir à l’information de façon autonome, c’est l’auto-organisation du trafic routier, sévèrement encadrée par le Code de la route et ses gendarmes ! Rien à voir, malgré les apparences, avec l’auto-organisation de la matière (le bouchon), car il y a une régulation, mais on est encore dans une auto-organisation minimale qui ne nous donne aucun accès au niveau d’organisation supérieur que nous participons à former ou reproduire sans le vouloir.

L’auto-organisation peut désigner encore tout autre chose pour un organisme dont les organes se spécialisent et se divisent le travail. Ici, on ne part plus de l’élément pour arriver au tout (le tas de sable), mais on part de la totalité pour arriver aux parties, de la finalité pour s’en donner les moyens. Dire que la société n’existe pas est une bêtise. Bien sûr, la totalité existe en tant que telle, mais elle doit être instituée. Comme dit Legendre, non seulement un Etat doit tenir debout, mais il doit avoir l’air de tenir debout : c’est la part du dogmatique, du sens commun, de la légitimité, du discours qui nous relie et permet de se comprendre pour atteindre nos objectifs communs. Plus le cadre est solide, plus l’auto-organisation peut s’y développer efficacement, mais ce n’est pas toujours le plus adapté. La raison d’être des organisations n’est pas l’asservissement, c’est d’abord la synergie, la coopération, la division du travail et la répartition de l’information (le tout est plus que la somme des parties).

En fait, dans le domaine des procédures démocratiques et des mouvements sociaux, il vaudrait mieux revenir sans doute à l’autogestion, bien que de façon moins naïve, ou bien aux coordinations si elles pouvaient être moins éphémères, mais c’est presque le contraire de l’auto-organisation des marchés puisque c’est la discussion et la décision démocratique volontaire. On est bien dans le cognitif, l’actif et non plus dans le passif : c’est l’organisation voulue et non plus l’organisation subie. Bien sûr cette organisation voulue accumule les erreurs qu’elle apprend à corriger au fur et à mesure, comme tout organisme, jusqu’à y réinjecter de l’auto-organisation... La volonté se brise sur la réalité jusqu’à rejoindre les possibles sur lesquels elle doit s’aligner. C’est un apprentissage collectif qui demande du temps et marque notre Histoire, c’est ce qui fait qu’on ne repart jamais à zéro et qu’on doit conserver l’ancien dans le nouveau.

L’auto-organisation peut, certes, désigner aussi les phénomènes d’émergence qui partent de la base (bottom-up) opposés aux systèmes centralisés (top-down), mais, là encore, il faudrait distinguer les phénomènes de masse statistiques, non-réflexifs, d’avec la construction d’une conscience collective, de mobilisations sociales, de mouvements sociaux, d’une intervention active sur l’organisation collective où les circuits de l’information sont déterminants. Il n’y a pas équivalence entre les deux et il ne faudrait pas qu’on nous fasse prendre des vessies pour des lanternes ! La dérégulation des marchés aboutit par définition à son auto-organisation, on a simplement réduit la force organisatrice du droit et amplifié la force organisatrice de l’argent qui en émerge, alors que l’autogestion réduit cette autonomie de l’économie, au profit de l’autonomie du citoyen. Ce qu’on y ajoute, c’est le caractère réflexif, la rétroaction exigée par la cybernétique, qui peut être excessive et doit aussi être limitée...

La biologie l’illustre à merveille, mais la leçon vaut pour l’économie comme pour la politique : trop d’autonomie tue l’autonomie comme trop d’organisation tue l’organisation. La vie est toute dans cet entre-deux, cet équilibre fragile entre autonomie et organisation comme entre l’Etat et le marché qu’on peut jouer l’un contre l’autre plutôt que s’abandonner à l’un ou à l’autre. Il ne peut être question d’un retour en arrière qui récuserait la part indispensable laissée à l’auto-organisation, il s’agit que de faire le pas suivant qui en relativise la portée et la remet à sa place, celle de l’information circulante et d’une longue histoire... Tout aussi importante qu’elle soit, l’auto-organisation n’est pas une fin en soi et ne doit pas occulter que, pour atteindre nos finalités, on a besoin de s’organiser en fonction de nos objectifs !

S’il faut donner la plus grande place à l’auto-organisation, surtout dans des régimes démocratiques, c’est sans doute en vertu de notre individualisation et de notre niveau de formation élevé, mais plus encore en raison de notre rationalité limitée et de la complexité du monde, de notre impossibilité à déterminer ce qui est vrai avant l’expérience, les convictions les plus fortes étant le plus souvent trompeuses. Laisser la question ouverte de notre ignorance ne peut être une raison pour se laisser aller et ne pas se donner les moyens d’en savoir plus, encore moins pour annuler toutes les connaissances antérieures et faire comme si nous naissions tout juste au monde, sans liens avec le passé ! Comme l’évolution biologique, l’histoire humaine est d’abord mémoire, reproduction du passé, intériorisation de l’extériorité par l’épreuve de la vie et de ses performances reproductives. On peut bien dire qu’il n’y a qu’auto-organisation dans cette complexification inouïe, mais on peut tout aussi bien dire que toute l’histoire de la vie est celle des limites de l’auto-organisation et du recueil des recettes qui marchent pour la canaliser. La marge laissée à l’auto-organisation est celle de l’indécidable, de l’inconnu, du mystère du monde, de l’indétermination de l’avenir, intégration de la limite dans notre pouvoir, mais qui pourrait le porter à un plus haut point de perfection, loin de le réduire ! Ce n’est pas l’annulation de toute l’Histoire passée, mais en assumer l’héritage d’en tirer les leçons. Il y a une limite à ce qu’on peut faire, mais il y a aussi une limite à ce qu’on peut laisser faire ! Nous aurons à apprendre à en conjuguer les exigences contraires.

Voir aussi La complexité et son idéologie


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11 réactions à cet article    


  • caramico 16 janvier 2008 14:43

    Et alors ?


    • brunox 16 janvier 2008 16:23

       

      Pour compléter, la grande utopie est la fable des abeilles de Mandeville qui introduit l’idée d’auto-organisation. Mandeville est un des premiers à pointer l’hypothèse selon laquelle la société est le résultat d’une auto-organisation de ses membres. Cette une ’utopie qui prend le contre-pied de Platon pour qui la société idéale est le résultat d’une société rationnelle issue d’un plan pensé en amont, contrairement à l’auto-organisation. L’ordre chez Mandeville est le résultat de processus spontanés qui sont d’autant plus harmonieux que la raison n’essaie pas d’y intervenir selon un plan. La fable des abeilles est l’idée que les abeilles agissent sans savoir pourquoi. Mandeville essaie de pointer, dans une période où l’on s’éloigne de la tradition, la supériorité de la tradition. C’est en effet à la base de la théorie sociale de Adam Smith, et très fortement analysé par Hayeck et tous les théoriciens de l’auto-organisation qui reviennent dans une perspective pas forcément libérale.

      Chez Hayeck par exemple, les comportements sont totalement irrationnels. Même les comportements les plus aberrants produisent en fait un ordre global. Les individus n’étant pas assez intelligents ni individuellement ni collectivement, de fait, il y aurait une régulation spontanée.


      • Jean Zin Jean Zin 16 janvier 2008 18:05

        Je ne suis pas sûr de cette interprétation de la fable des abeilles qui est certes ambiguë et ne se comprend pas sans doute, pas plus que la main invisible d’Adam Smith, sans la providence divine. En fait on voit bien comme d’utiliser le terme d’auto-organisation recouvre des mécanismes très différents car, pour Adam Smith, ce qui organisait le marché c’était l’intérêt bien compris du boucher et non sa vertu supposée. L’homme du diable (Man devil) va plus loin et dit tout autre chose puisqu’il montre que les vices sont productifs alors que la vertu (la simplicité volontaire) mène à la dépression et l’appauvrissement. Ce qui est en cause, c’est plus la réversibilité du bien et du mal que la nécessité de ne pas intervenir : qui veut faire l’ange fait la bête ! Il faut effectivement en tenir compte, c’est une puissante vérité qui ne doit pas nous empêcher d’agir. De même, il est de bonne politique de s’appuyer sur l’intérêt plutôt que sur la vertu, cela n’empêche pas de jouer sur les intérêts plutôt que de laisser faire les cycles économiques. L’auto-organisation ne se justifie comme telle qu’à pouvoir montrer qu’elle atteint un optimum ou qu’on est dans l’indécidable. Le raisonnement de Hayek est faux, tout comme le principe de variété requise qui stipule qu’un cerveau complexe ne peut comprendre un monde d’une complexité supérieure, ce qui est absurde car on fait des modèles et des approximations qui nous permettent de conduire des systèmes dont nous ignorons toute la complexité interne. Derrière ces mauvaises excuses cognitives, la véritable raison de l’opposition du baron von Hayek à tout pouvoir, c’est l’insupportable pouvoir de l’Etat sur les corps ! On voit comme tout se mélange...


      • moebius 16 janvier 2008 22:15

         quel trés trés beau dessin là en tete d’article dite donc, vraiment j’aime beaucoup...


        • japarthur 17 janvier 2008 11:42

          @ Moebius,

          Il s’agit d’une gravure de M. C. Escher.

          Liens : http://www.mcescher.com ; http://people.via.ecp.fr/ jm/musee/escher.html


        • HELIOS HELIOS 16 janvier 2008 23:25

          Et le mouvement brownien, vous y pensez ?


          • aurelien aurelien 17 janvier 2008 10:11

            Oui, l’auto-organisation a ses limites, limites inhérentes à la dynamique causale qu’elle sous-tend.

             

            Je vais vous envoyer un document qui peut-être vous intéressera.

             

            Cordialement,

            Aurélien


            • balzac 24 janvier 2008 19:50

               J’aimerais connaître mieux le sens propre de l’expression de - Dynamique causale - 

              Son origine et son champ d’application.

               

              Merci


            • Hecatonchire 28 janvier 2008 22:46

              Hum, toujours le même problème avec les philosophes...

              Article (intentionnellement ?) confus et fouillis.
              Quelle est votre thèse exactement et simplement ?

              S’il s’agit de survoler les différentes acceptations du terme alors il est encore préférable de se rapporter
              à l’article de wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Auto-organisation dont on repère vite les emprunts
              dans votre article.

              Essayez de faire un plan la prochaine fois.

              Cordialement.


              • Jean Zin Jean Zin 29 janvier 2008 09:42

                Je dénonce au contraire la confusion (idéologique) du terme d’auto-organisation qui recouvre des phénomènes qui n’ont rien à voir entre eux et j’insiste sur le fait que l’auto-organisation, notamment biologique, est toujours insérée dans des limites assez strictes, dans une dialectique avec l’organisation génétique. J’oppose notamment l’auto-organisation passive et active.

                Je n’avais pas pensé à aller voir avant mais je ne trouve pas si bien que ça l’article de wikipédia où il y a quelques erreurs et qui me semble un peu "confus et fouillis".

                Cet article, qui reprend des thèmes que j’avais abordé plusieurs fois déjà, est l’introduction d’une "lettre du GRIT" avec Edgar Morin, Stuart Kaufmann, etc.


              • Hecatonchire 29 janvier 2008 17:22

                A la lumière de vos éclaircissements, j’ai relu plus attentivement l’article.

                Et effectivement, la dichotomie passif- actif semble émerger de votre texte, on pourrait dire en sorte que votre texte a certaines propriétés d’auto organisation.

                 Plus sérieusement, j’ai une remarque à faire.

                 En premier lieu, vous commencez par préciser à juste titre que toute organisation sociale (humaine) est tautologiquement auto régulée pour plus loin insister sur le fait que le succès de l’idéologie néolibérale du laisser faire en matière économique tient en ce qu’elle apparaît à ses défendeurs « naturellement » auto régulée par opposition à un système contrôlé de l’extérieur (donc non naturel) par des agents comme l’état.

                Et qu’à ce titre, l’auto régulation selon vous n’est pas toujours une bonne chose. Il me semble y avoir là une contradiction avec votre proposition de départ.

                 Si on admet que toute activité humaine (l’économie en est une) constitue un sous-système social (car organisé par des humains) alors peu importe qui la contrôle (l’état ou les financiers, ou les deux) elle reste un système social donc est auto régulée (par définition). Je peux en faire un système non autonome si je décide arbitrairement que tel agent n’y a pas sa place tout en constatant que cet agent influe sur le système.

                 - Si je choisis (idéologiquement) d’inclure les représentants du peuple (donc l’état) comme agent légitime de régulation dans le système économique alors il n’y pas d’interventionnisme extérieur, mon système est isolé et s’auto régule.

                 - Si au contraire, j’exclus (idéologiquement) les représentant du peuple pour laisser le contrôle au seuls agents financiers (en fonction d’un quelconque pseudo argument d’autorité) alors effectivement je peux accuser l’état d’interventionnisme.

                 Il s’agit tout bonnement de définir à priori les limites du système observé. J’inclus ou pas les agents de mon choix dans mon système, je peux ensuite noter si le système est « autonome » selon mon goût.

                 Ainsi le problème général ne se pose-t-il pas en terme d’opposition entre l’auto-gestion et un contrôle systémique (extérieur) mais bien par la définition arbitraire des frontières de mon sous-système observé.

                 On pourrait résumer la proposition ainsi : La propriété d’auto régulation d’un système social émerge en fonction du niveau d’abstraction de sa définition. C’est donc un problème d’ordre et non pas de propriété inhérente au système considéré.

                 

                Pour finir, il est important de préciser que les tenants du néolibéralisme ne veulent en rien une économie du laisser faire mais du laissez NOUS faire (avec nos propres règles et selon notre propre intérêt). De toute façon ce serait stupide de prétendre que l’économie, donc une organisation d’humains, peut fonctionner sans que les acteurs s’entendent sur des règles communes et donc s’auto organisent (toujours par définition).

                Cordialement.

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