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Accueil du site > Actualités > Technologies > Les maths, hantise des Français

Les maths, hantise des Français

J’ai regardé un jeu télévisé aujourd’hui. Je ne dirai pas lequel, mais de cette expérience comme d’un tas d’autres de la vie quotidienne, il m’est apparu une vérité première : le Français moyen est une véritable nullité en maths.

La mésaventure arrivée à Xavier Darcos sur le plateau du Grand Journal semble malheureusement un symptôme des temps. Le ministre de l’Education nationale, incapable de faire une règle de trois. La journaliste, obligée de lire son papier pour expliquer la solution. Et tous ces beaux esprits vertueux de s’exclamer dans un chœur : « bouuuhhh le mauvais, il ne sait pas faire la règle de trois ! »

Hé ben oui. C’est officiel, le ministre de l’Education nationale, à qui on ne peut pourtant pas reprocher d’être un abruti total ou de ne pas avoir poussé assez loin ses études, est une buse en maths. Et, finalement, quand on repense un peu à nos expériences quotidiennes, le jour se fait et ça n’a plus rien de surprenant. Alarmant, sûrement. Mais surprenant, non.

Allez, faites un effort et pensez un peu à ce qu’on voit tous les jours. Pour moi, c’est très simple, ça m’est encore arrivé hier, dans une agence immobilière : j’avais deux factures de 500 et 474,75 euros, et je n’ai fait qu’un seul chèque pour les deux. Mon interlocutrice, après avoir contemplé le montant d’un air dubitatif, a sorti sa calculatrice pour vérifier que je ne m’étais pas trompé dans mon addition. Quand on y réfléchit, même deux secondes, cela revient à demander à une machine si 5 et 4 font bien 9. Consternant.

Autre chose ? Les jeux télévisés, dont je parlais en introduction. Je reconnais qu’il est pour le moins présomptueux de juger du niveau d’une société dans son ensemble à l’aune de la télévision, mais pour l’exemple on va donner dans la facilité et passer outre. Parce que c’est une véritable manne : à chaque fois qu’on parle mathématiques, on a droit à la même rengaine, le présentateur qui sort son sourire pervers en annonçant le thème du questionnaire qui va suivre, puis le candidat qui glousse bêtement en annonçant (surprise !) qu’il est nul en maths. Et, pourtant, à voir le niveau des questions, pas de quoi paniquer : il ne s’agit toujours que de questions de culture générale ou des calculs dont l’idiotie n’a d’égale que celle des réponses fournies. Je pourrais en faire un florilège ici, mais on trouve ça sur n’importe quel site de perles digne de ce nom.

Pourquoi s’énerver sur ce thème en particulier, me direz-vous ? Des candidats aux jeux télévisés complètement nuls, il y en a partout et sur tous les thèmes. Certes. La différence notable avec les maths, c’est toujours cette indulgence du présentateur et du public dès lors que l’incompétence du candidat porte sur la question algébrique. Bah, il est nul en maths, comme nous tous, ce n’est pas bien grave. D’ailleurs, on rigole bien, avec la tête qu’il fait en voyant qu’il a un questionnaire de maths, on n’aimerait pas être à sa place… Oui, on reprochera toujours plus à quelqu’un de ne pas savoir qui était Lamartine que de ne pas savoir que la racine carrée de 49 est 7. Pourquoi ? C’est simple, on pardonne plus facilement une tare qui est répandue. Et quoi qu’on en dise, cette nullité autosatisfaite a quelque chose de choquant.

A qui la faute ? Au système d’enseignement, probablement. L’utilisation abusive des mathématiques théoriques comme tamis académique séparant le bon grain de l’ivraie a de quoi dégoûter n’importe qui. Ce à quoi on peut rétorquer que, d’un autre côté, la stérilité mathématique de certaines filières est parfaitement déprimante.

Alors quoi ? Trop de maths, pas assez ? Avant tout, c’est un changement de mentalité qui s’impose : les mathématiques de base (niveau collège), c’est utile pour tous les jours : savoir faire une addition simple de tête, calculer une surface ou un volume, connaître des rudiments de géométrie. Le reste (niveau lycée et supérieur), c’est un outil et une école de raisonnement et de méthode. Et, dans les deux cas, ce n’est pas un sujet devant lequel on glousse comme un idiot en déclarant candidement qu’on est nul, parce que pas plus qu’ailleurs ce n’est une gloire.

La redéfinition de la perception des mathématiques par les élèves : que voilà un bon sujet à mettre en place, M. Darcos… En espérant que ça, au moins, vous saurez le faire.


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79 réactions à cet article    


  • Zalka Zalka 13 mai 2008 10:15

    Le ministre est peut être une buse en math, mais quel est votre niveau en français ? Si vous vouliez lui reprocher quelque chose, il fallait plutôt regarder du côté de ce qu’il est sensé avoir travaillé.

    Le reste de l’article est du même tonneau. Un amalgame d’impression personnelle et de généralisation à outrance. Pour info, la France a raflé presque le quart des médailles de Fields ("nobel" des maths). Pas mal pour un pays d’attardés des maths.

    si ce fait ne prouve pas une supériorité inné du français en maths, il a le mérite ne faire douter de vos conclusions.

     

    La réalité, c’est que les gens quelques soient leur milieux sont bons quand ils pratiquent régulièrement une chose. Un non informaticien sera une buse en informatique, par exemple. Sera-t-il attardé pour autant ? non.


    • Fouinos 13 mai 2008 10:31

      Vous utilisez un très mauvais exemple : en informatique, il faut de très solides bases de logique, et donc de mathématiques...

       


    • Zalka Zalka 13 mai 2008 11:03

      Vous comprenez mal mon exemple. De solides bases mathématiques sont peut être nécessaire en informatique, mais elles ne sont pas suffisantes pour autant.

      Ce que je voulais dire, c’est que ce n’est pas parce qu’une bonne partie des français a un niveau assez faible en math, qu’il y a réellement un problème. Et pour preuve j’affirme que nos élites "mathématiques" se classent très bien au palmarès mondial. Je donne un exemple informatique, car la très grande majorité des français n’y connait rien. Normal, ce n’est pas leur boulot !

       


    • roOl roOl 13 mai 2008 11:59

      Vous confondez algorythmie et mathématiques...

      On peut tres bien etre informaticien (et pas si mauvais que ca, je vous remercie) et etre une buse en math et calcul.

      J’en suis la preuve vivante smiley

       

      Apres, de tout temps, j’ai galerer pour apprendre mes tables alors que les poésies sont resté gravés...

      Il y’a donc des prédispositions, je suppose.


    • Emmanuel W 13 mai 2008 12:46

      "Le ministre est peut être une buse en math, mais quel est votre niveau en français ?"

      Pas d’inquiètude, c’est aussi une buse en français. Oublier le futur antérieur en tant qu’agrégé de lettre, la classe...

      La règle de proportionnalité (dite de trois) est du niveau cm2. Ce ministre est une grosse quiche et la journaliste scotchée sur son papier encore plus.

      On a les élites qu’on mérite. 


    • Emmanuel W 13 mai 2008 12:53

      La cerise étant que ce crétin croyant s’excuser de sa nullité crasse nous balance, approximativement : "A cause des calculettes on ne sait plus faire ça à la main."

      Comme si une calculette remplaçait un raisonnement...


    • Anto 13 mai 2008 13:26

      J’ai fais prépa, et j’ai donc suivi un enseignement mathématique plutot poussé. Je peux vous dire que l’on peut manipuler des objets mathématiques très abstrait tout en étant plutot moyen en calcul mental.

      Les mathématiques sont avant tout un langage qui se veut le plus basique possible. L’arithmétique (élémentaire, cad l’étude des nombres) n’en est qu’une application .

      La maitrise de la regle de trois, et plus généralement, de toutes les opérations mathématiques simples, doit etre entretenue par une pratique régulière car si la logique peut etre innée, le calcul mental fait aussi intervenir la mémoire. Or entre les calculatrices, et surtout les ordinateurs, l’homme a créé des outils qui lui évite ce travail et qui minimise ses erreurs. C’est donc tout naturellement que le niveau global de hommes et pas seulement des francais régresse. C’est pareil dans plein d’autre domaines.

       


    • thirqual 13 mai 2008 13:50

      Pour apporter de l’eau au moulin de Zalka, le plus grand regroupement de mathématiciens au monde c’est Paris (entre Paris 6 et l’Ecole Normale).

       

       


    • Christophe Christophe 13 mai 2008 19:29

      @Anto,

      La logique, que je suppose du premier ordre dans votre propos, n’a strictement rien d’inné. Les raisonnements logiques (du premier ordre ou autres logiques) ne sont rien d’autres que des raisonnements déductifs (chaînage avant), comme en mathématique, alors que l’Homme a, par nature, un raisonnement inductif (chaînage arrière).


    • Mordius 13 mai 2008 22:00

      Le ministre n’est une buse pas qu’en math. Vous parlez de la règle de trois, exemple :

      le prix d’un shampooing de 350 grammes est de 3,5 euros, en promotion le pack des 2 mêmes champoing de 200 grammes est de 4,2 euros. Si vous ne savait pas faire une règle de trois, je comprends pourquoi les grandes surfaces s’en mettent plein les poches sur le dos des Français !

      Le ministre n’a pas ce problème car il ne fait pas ses courses, d’autres le font à sa place, donc il ne peut comprendre les problèmes des manants que nous sommes CQFD.


    • nicolas42 14 mai 2008 01:30

      Entre Paris 11 et l’Ecole Normale vous voulez dire smiley .


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 14 mai 2008 07:40

      Si vous ne savait pas faire une règle de trois ,

       

      Vous ne savez pas saver , vous ...


    • tvargentine.com lerma 13 mai 2008 10:23

      Encore bravo pour cet article très juste

      Dommage qu’il soit pollué par des commentaires partisan exemple le dénommé ZALKA qui écrit une débilité profonde

      "La réalité, c’est que les gens quelques soient leur milieux sont bons quand ils pratiquent régulièrement une chose. Un non informaticien sera une buse en informatique, par exemple. Sera-t-il attardé pour autant ? non. "

      Mon povre ami ZALKA vous démontrez bien votre incompétence dans les domaines de la connaissance et vos jugements de valeurs démontrent vos idées extrèmistes

       


      • Zalka Zalka 13 mai 2008 10:57

        Lerma : tu peux expliquer ce qui te sert de raisonement ? En quoi est il idiot de dire qu’une personne dont le métier n’est pas la programmation, sera incapable de programmer ? En quoi est il idiot de dire qu’une personne n’ayant pas appris à piloter ne pourra conduire un avion à destination ?

        En quoi ce que j’ai dit est extremiste ? Vous allez me dire que je fais du TSS peut être ?

         


      • 5A3N5D 13 mai 2008 11:21

        "Avant tout, c’est un changement de mentalité qui s’impose : les mathématiques de base (niveau collège), c’est utile pour tous les jours : savoir faire une addition simple de tête, calculer une surface ou un volume, connaître des rudiments de géométrie."

        Je vais vous faire un aveu : je suis nul en maths. Mais très bon en calcul (même mental, bien que j’ai beaucoup perdu, faute de pratiquer.)

        Quel est le rapport entre une règle de trois et les "mathématiques", qui ont leur langage, leur logique, leurs règles, leurs théorèmes ? Je m’interroge. Et je ne trouve pas.

        Quant aux mathématiques que vous qualifiez d’ "utiles", je suis encore assez rétrograde pour les appeler "arithmétique". Et sur ce point, je suis assez d’accord avec vous : on ne sait plus faire une opération simple, de tête. La raison est assez simple : on préfère dégainer la calculette plutôt que risquer un claquage de synapse. D’ailleurs, on n’apprend plus (ou si peu !) les quatre opérations élémentaires à l’école primaire. En classe de 1ere, demandez à des élèves de diviser 22 par 7 et vous verrez le résultat ! Pourtant, le quotient est un nombre archi-connu (22/7, c’est bien 3,14, non ?...)

        On ne sait plus calculer une aire ou un volume simple : la raison en est que l’on apprend plus ces choses-là à l’école primaire. Ne pas chercher plus loin. 

        Enfin, une petite remarque incidente : depuis 1967, dans l’espoir de fabriquer des ingénieurs en série, on a déconsidéré les littéraires, et entre autres les latinistes-hellénistes. Nous voyons aujourd’hui le résultat de cette politique privilégiant systématiquement les filières matheuses : il n’y a plus de bon sens. Car, n’en déplaise à certains irréductibles, la logique peut s’acquérir et se cultiver autrement que par les mathématiques : lorsque la traduction d’une phrase latine n’a pas de sens, c’est qu’on a commis une erreur de d’analyse, de logique. La sanction est immédiate.

         


      • Emmanuel W 13 mai 2008 12:49

        "Quel est le rapport entre une règle de trois et les "mathématiques", qui ont leur langage, leur logique, leurs règles, leurs théorèmes ? Je m’interroge. Et je ne trouve pas."

        La linéarité.

         


      • SciFi SciFi 13 mai 2008 15:05

        @5A3N5D

        En ce qui concerne le privilège accordé aux maths au détriment des filières littéraires, je suis d’accord avec vous : il est préjudiciable de substituer l’un à l’autre. Tout le monde n’est pas fait pour les maths (heureusement) et le monde du travail n’est pas constitué que d’emplois pour matheux.

        Cependant, je voudrais apporter quelques corrections à votre commentaire.

        La traduction n’a pas grand chose à voir avec la logique. D’une part, une bonne traduction n’est pas littérale, et d’autre part il n’existe aucun algorithme de traduction fiable. Le génie en maths sera peut-être incapable de faire une bonne traduction et le génie littéraire sera peut-être incapable de faire un bon raisonnement mathématique. Mais il me semble que l’on a besoin des deux catégories de personnes.

        "La logique peut se cultiver autrement que par les mathématiques" : oui, mais les mathématiques imposent de vérifier des hypothèses, de faire des démonstrations rigoureuses, etc. Cela reste extrêmement formateur. Dans des domaines courants, cela permet de repérer les arguments de réthorique par rapports aux raisonnements étayés.

        Par exemple, il est très fréquent que des raisonnements s’appuient sur des statistiques (médias, politiques) : la plupart du temps, elles sont partielles, ou bien les hypothèses qui sous-tendent le raisonnement ne sont pas vérifiées. C’est ce qui fait les querelles de chiffres que l’on entend régulièrement dans les médias. Il serait pourtant assez simple, dans la plupart des cas, de vérifier ces chiffres et ces explications, et de voir s’il y a effectivement une relation de cause à effet, ce que les médias ne font pas.

        Une suggestion que je ferais aux non matheux qui voudraient approcher cette matière sans entrer dans les détails, c’est de lire l’histoire des mathématiques. Cela peut même être fait de façon ludique, au travers d’un roman : "Le théorème du perroquet" de Denis Guedj.

        Enfin : la fraction 22/7 n’est qu’une valeur approchée de Pi, qui lui, n’est pas le quotient de deux entiers (nombre "irrationnel").

         


      • Traroth Traroth 13 mai 2008 15:10

        Ah, vous parlez de *programmation*, donc. Ca n’est pas le même niveau de spécialisation que les mathématiques. Les maths sont une discipline qu’on commence à étudier à l’école primaire et pendant toute sa scolarité, qui sert dans un panel très large de professions, de l’architecte à l’opticien, et qui est généralement considéré comme faisant partie de la culture générale. La programmation est une spécialisation technologique, au même titre que l’aéronautique ou que le brassage de la bière, et il faut se destiner à en devenir un professionnel pour l’étudier en profondeur (il y a des hobbyistes, je vous l’accorde, mais fondamentalement, ça les regarde. Il y a aussi des hobbyistes de l’aéronautique qui montent leur avion dans leur grange). Absolument rien de comparable. Je dirais même que vous jouez sur l’ambuguité du terme "informatique" : utiliser Word et maitriser la programmation système, c’est un peu comme savoir conduire et savoir concevoir un moteur à injection.


      • 5A3N5D 13 mai 2008 16:07

        @ SciFi,

        "La logique peut se cultiver autrement que par les mathématiques" : oui, mais les mathématiques imposent de vérifier des hypothèses, de faire des démonstrations rigoureuses,

        Le latin aussi, vous pouvez me croire !

        Je suis d’accord avec vous pour dire qu’une traduction n’est jamais qu’une "adaptation" aussi proche que possible du texte original. Le latin nécessite avant tout une analyse logique, avant de vouloir essayer de traduire : c’est de la grammaire pure, et le vocabulaire n’est même pas enseigné.

        J’aimerais aussi que le monde du travail ne soit pas nettement favorable aux matheux. C’est malheureusement le cas, puisque les maths servent de "filtre" à tous les niveaux du cursus scolaire (autrefois, la voix latin-grec fournissait le plus gros contingent des étudiants en médecine, sciences, droit.)

         


      • SciFi SciFi 13 mai 2008 16:17

        @Traroth

        L’informatique existe également en tant que discipline théorique, formalisée depuis le départ par des mathématiciens comme Turing ou Von Neumann, pas seulement en tant que discipline technologique.

        Dijkstra avait l’habitude de dire que "l’informatique est la branche la plus difficile des mathématiques appliquées" ou encore "L’informatique n’est pas plus la science des ordinateurs que l’astronomie n’est celle des télescopes".

         


      • Traroth Traroth 13 mai 2008 18:17

        Oui, j’aime beaucoup la citation de Dijkstra que vous citez en deuxième. Cela dit, mon raisonnement reste valable : l’informatique, en tant que discipline scientifique, ne fait pas partie de ce qu’on considère généralement comme la culture générale.


      • Christophe Christophe 13 mai 2008 20:04

        @5A3N5D,

        Le latin nécessite avant tout une analyse logique, avant de vouloir essayer de traduire : c’est de la grammaire pure, et le vocabulaire n’est même pas enseigné.

        Actuellement, c’est la seule et unique fonction que nous pouvons formaliser mathématiquement : l’analyse syntaxique (voir les travaux de Chomsky, les grammaires catégorielles avec ou sans calcul de Lambek, ...)

        Par contre, ce que nous ne pouvons formaliser mathématiquement, ou logiquement, c’est la recherche de sens, l’analyse sémantique.

        L’analyse syntaxique permet de savoir si une phrase est bien formée ou non ; mais cela ne va pas au-delà. Par contre, une phrase peut être bien formée mais n’avoir aucun sens, comme l’exemple cité par Chomsky : Les idées vertes dorment furieusement.

        A l’inverse, une phrase mal formée peut avoir du sens, comme la phrase d’ET : Téléphone maison. La traduction s’inscrit principalement dans la recherche de sens puisque la traduction littérale, ou mot à mot, ne garantit pas la conservation sémantique. Le test le plus répandu consiste à traduire d’une langue d’origine vers une autre puis de réaliser l’opération inverse. Bonjour les surprises !!!


      • Mordius 13 mai 2008 21:35

        Ma mère qui a eu son bac scientifique dans le début des années 50 me disait qu’à l’époque c’était le contraire : les études scientifiques était déconsidérées par rapport aux études littéraires. Comme je le remarque sur l’ensemble des commentaires, beaucoup de littéraires donnent leur avis sur les mathématiques ne sachant pas comme je le rencontre souvent à quoi servent les mathématiques. En premier lieu, cela vient de leur apprentissage : les profs font des cours mais n’explique jamais à quoi sert ce que les élèves viennent d’apprendre. Je pense que même les profs ne le savent pas. Ma nièce (15 ans) me disait dernièrement que les mathématiques ne servaient à rien tout en manipulant son précieux portable dans ses mains, je lui ai répondu qu’elle en avait plein les mains.

        Il faut savoir que les plus grands mathématiciens sont de grands physiciens, en effet les mathématiques sont les outils pour la physiques, et ces physiciens ont été obligés de développer les mathématiques donc leurs outils pour faire avancer la physique.

        La critique des littéraires sur les mathématiques n’est pas nouvelle, ils se rappellent la belle époque où leurs matières étaient prépondérantes.

        Mais je pense plutôt le contraire concernant votre dernier paragraphe.Et comme le dit Forest Ent plus loin, justement, les mathématiciens ou ingénieur ne sont pas assez écoutés en France : tous les politiques sont des littéraires, il est plus valorisant de faire du vent dans notre pays que d’avoir des compétences et c’est plutôt le contraire : si les ingénieurs avait plus leur mots à dire nous ne seriont pas dans la mouise. La France a eu besoin des ingénieurs pour rebattir le pays après la deuxième guerre mondiale mais à partir de la fin des années 70, les vendeurs de moutarde sont devenu plus important ensuite le marketing et maintenant les financiers. Toutes ces personnes non aucune formation mathématiques poussée. Ne venait pas me sortir l’exemple des produits financiers élaborés par des mathématiciens et utilisés par des financiers incapables dans comprendre le fonctionnement et aboutissant à la crise financière actuelle.

         

         

         

        Concernant le dernier paragraphe, c’est plutôt le contraire


      • SciFi SciFi 14 mai 2008 13:00

        @Christophe

        "Les idées vertes dorment furieusement".

        L’exemple de Chomsky commence à dater. On peut actuellement trouver un sens à cette phrase si l’on admet qu’elle contient une métaphore et un oxymore (l’écologie a longtemps été un sujet non traité au niveau politique).


      • Fergus fergus 13 mai 2008 10:42

        Personnellement, je fais également partie de ces "nuls en maths", ou plus exactement des nuls en algèbre. C’est malheureusement ainsi : j’ai toujours eu une aversion pour cette matière, probablement par manque d’explications dans ma prime jeunesse sur les vertus applicatives de ce type de connaissances, à ne pas confondre avec l’arithmétique dont les aspcts pratiques m’ont sauté aux yeux et à l’esprit dès les bancs du cours élémentaire, ne serait-ce que pour commercer dans les cours d’école.

        De là à établir une comparaison discutable avec les disciplines littéraires, il y a un pas audacieux et pour tout dire choquant. Car si les maths appliquées sont nécessaires dans la recherche ou l’ingénierie, elles sont, il faut bien le reconnaître, de fort peu d’utilité dans la compréhension des hommes et de leurs comportements, à l’inverse des sciences humaines qui permettent à des esprits en construction d’aborder les rappports à l’autre et de leur apporter un éclairage sociologique sur le monde qui nous entoure.

        C’est du moins la conclusion à laquelle je suis parvenu au terme d’une carrière variée en terme de métiers et commencée, par nécessité, dès la fin de ma seconde. Cela dit, entendez moi bien : je n’ai aucune réserve contre l’enseignement des maths. Bien au contraire, il me semble un des piliers essentiels du tronc commun des connaissances qui doivent êtres dispensées à nos jeunes en vue notamment de jeter les bases de cursus longs. Mais je crois sincèrement qu’il faut non seulement préserver, mais amplifier, et cela le plus tôt possible, les disciplines de sciences humaines susceptibles de leur donner les clés du monde dans lequel il vont vivre, loin, très loin des disciplines scientifiques pour l’écrasante majorité.


        • Traroth Traroth 13 mai 2008 15:17

          Il n’y a rien d’étonnant. Tout semble être fait pour rendre les mathématiques aussi arides et rébarbatives que possibles. Les professeurs sont généralement peu sympathiques, les cours rendus monotones par une explications qui évitent dogmatiquement toute explication concrète, selon le principe que, les mathématiques étant abstraites par essence, les explications doivent l’être aussi, au lycée, elles sont devenues l’instrument de sélection principal, et donc, la mise en concurrence est féroce, etc. Forcement, ça ne peut pas créer un amour excessif des maths dans la population, après une cinquantaine d’années à ce régime.


        • Voltaire Voltaire 13 mai 2008 11:09

          IL n’existe pas d’éléments objectifs pour suggérer que les français sont plus "nuls" en maths que les autres. Les tests PISA (effectués sur des jeunes de 15 ans) montrent que la France se situe à un niveau légèrement supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE sur ce sujet. En revanche, les Français (et surtout les françaises) souffrent d’un fort déficit de confiance par rapport à leurs compétences en mathématiques, qui a tendance à les inhiber. Dans un jeu télévisé, ce déficit de confiance fera perdre ses moyens à la plupart des français, tandis que sur un examen, au calme et avec un peu de temps, le français réussira au moins aussi bien que les autres.

          Reste que l’auteur a raison sur le problème plus général de l’objectif des mathématiques au primaire-collège (où l’on introduit souvent des notions trop abstraites, comme outil de sélection), et bien sûr où il faut aussi souligner la "paresse" qu’engendre l’utilisation précoce de la machine à calculer.

          En revanche, à haut niveau, l’école de mathématique française demeure l’une des meilleures au monde (voire la meilleure si l’on rapporte au nombre d’habitants), peut-être justement en raison d’un enseignement fondé sur des notions abstraites et logiques de façon précoce, et bien sûr de l’utilisation intensive comme outil de sélection des mathématique en classes préparatoires.


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 13 mai 2008 18:24

            Bonjour,

            Vous savez, je me souviens qu’au lycée on avait coutume de séparer les bons et les mauvais élèves (officieusement je vous rassure). Comment procédait-on ? Tout simplement en se basant sur leur niveau en mathématique ! Je ne pense pas que mon établissement était le seul à procéder de la sorte, mais il est clair qu’ensuite vous portiez le fardeau d’être nul en maths si d’aventure vous vous retrouviez avec les économistes ou les littéraires. Et l’on ne manquait pas de vous rappeler que les maths c’est essentiel pour réussir dans la vie (utile dans la vie j’en conviens parfaitement mais essentiel...).

            Je dois à un professeur de mathématiques de m’avoir répêché du marécage algébrique et trigonométrique en sachant user à la fois de compréhension et de discipline et non de vaines imprécations envers ceux qui ne "comprenaient" rien. Mais avouons que si certains enseignants procèdent de la sorte, je veux bien comprendre que nombre d’élèves "fuient" les mathématiques par la suite. Et puis, pourquoi toujours prôner les mathématiques abstraites, ça passe tellement mieux avec des exemples concrets.

            Cordialement


          • Mordius 13 mai 2008 21:42

            @ Voltaire

            En prépas les mathématiques sont un outils de sélection parce que comme je le dis plus haut dans un commentaire, les mathématiques sont les outils de la physiques, donc si on ne maîtrise pas les mathématiques on ne peut pas analyser et progresser en physique. L’outil de base d’un ingénieur sont les mathématiques.


          • Forest Ent Forest Ent 13 mai 2008 11:27

            L’enseignement "trop abstrait" des maths remonte à il y a 30 ans et n’existe presque plus. Mais les maths ont une une mauvaise image de marque, y compris chez les instits. Et la science a une image négative dans tout l’occident. A preuve le faible nombre de vocations dans le domaine.

            C’est sans doute lié à l’échec du scientisme et du positivisme, et du matérialisme en général, qui ont prétendu à partir du 19ème siècle que le progrès améliorerait l’homme. Nous en payons le contre-coup. La société écoute désormais plus volontiers les échecs que les succès.

            Ce mouvement est à son tour excessif et nous y avons perdu. Les maths restent une école irremplaçable de rigueur intellectuelle. A la place des technocrates qui savaient au moins compter, nous avons des histrions dont le seul talent est réthorique. Celle-ci a des limites bien plus courtes.

            Je prêche sans doute pour ma paroisse, mais elle est si désertée que ça ne devrait gêner personne...


            • arroc 13 mai 2008 20:36

              Le manque de vocation vient surtout du fait qu’en dehors des mathématiques financières telle qu’enseignées à l’ensimag ou à l’x, on gagne 1.5 à 2 smics max si on est matheux de génie.

              Quand le premier crétin venu qui pousse la baballe - ou même qui vend des fringues - se fait des couilles en or, si vous me passez l’expression.


            • Forest Ent Forest Ent 13 mai 2008 21:39

              C’est vrai. Les sciences ne donnent pas l’impression de permettre de bien gagner sa vie. Même aux US où les salaires de chercheurs sont deux fois plus élevés il n’y a plus du tout de vocations. Les jeunes sont plus attirés par le "management", la "finance", ... Je pense que ces métiers ont été surcotés et qu’il y aura un retour de bâton. Mais ça ne recréera pas pour autant l’intérêt pour les sciences.


            • Céline Ertalif Céline Ertalif 13 mai 2008 23:50

              <i>A la place des technocrates qui savaient au moins compter, nous avons des histrions dont le seul talent est réthorique</i> : comme quoi, on devrait apprendre la rhétorique plus que les mathématiques dans nos collèges et lycées. Parce que, franchement, du grand Charles au petit Nicolas, le niveau s’est effondré de la parole du maître qui enseigne à celle du camelot qui se produit, du rhéteur à l’histrion.

               


            • Christophe Christophe 14 mai 2008 00:35

              @Forest,

              Quoique le terme rhétorique ait changé de sens ; étymologiquement, la rhétorique d’aujourd’hui est vue vue au sens péjoratif d’hier, à savoir : Ensemble de procédés d’éloquence apprêtés, déclamatoires et pompeux. Le sens n’est pas du tout le même en sémiotique !


            • Lucrezia 14 mai 2008 07:37

              Certes, dans les "petites" classes il faut aborder les mathématiques de manière très concrète, mais il faut très vite passer aux mathématqiues "modernes" ( théories des ensembles etc...). N’oubliez pas que maintenant tous nos équipements informatiques, robots ou HIFI utilisent de manière native et concrète la théorie des ensembles, les ogjets, les classes etc ....Par exemple : L’informatique d’abord, votre téléphone portable et nombre de matériels éléctroniques en enfouis .... Peut-être souhaittez-vous arrêter là, les évolutions de ces matériels ? Parce qu’il faut bien que nos étudiants apprennent ces mathématiques "modernes" et ce très rapidement car le probgramme est chargé ...se complexifie tous les ans et se développe au fur et à mesure des évolutions de nos connaissances !

              Et si les Français arrétaient donc de se toujours se plaindre tout le temps et sur tout !?

              En revanche, il faut donner les bases des mathématiques "comptables" à tous ...Et la notion des mathématiques "objets" à tous ...Cela leur servira pour utiliser Windows, Surfer, Naviguer dans les menus de leur che rPortable ...mieux comprendre leur logique ....Et lire enfin les notices !


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 14 mai 2008 07:45

              Quand le premier crétin venu qui pousse la baballe - ou même qui vend des fringues - se fait des couilles en or, si vous me passez l’expression.

               

              Veuillez condescendre Arroc ...

               

              Le babaleur est peut-ête moins bête qu’ un mec qui veut gagner 1 à 2 smig  ?


            • 5A3N5D 14 mai 2008 08:58

              @ Lucrezia,

              Faut-il vous rappeler la malheureuse et lamentable tentative d’introduire les maths modernes à l’école, au début des années 1970 ?


            • Forest Ent Forest Ent 14 mai 2008 09:08

              @ Lucrezia

              nos équipements informatiques utilisent de manière native et concrète la théorie des ensembles, les objets, les classes, etc ..

              A titre de curiosité intellectuelle, j’aimerais bien connaitre le lien entre d’un côté ensembles et de l’autre objets et classes. Les essais que j’ai lus pour relier procédés de typage et théorie des ensembles étaient plutôt décourageants. Il est vrai toutefois qu’ils datent un peu. Mais j’en ai retenu que la plupart des procédés de typage sont "non-noethériens", c’est à dire ne permettent pas de normalisation et sont donc au fond peu compatibles avec la théorie des ensembles si l’on veut les généraliser.

              A mon avis il n’y a pas besoin de connaitre la théorie des ensembles pour calculer, et il n’y a pas besoin de connaitre la théorie de la calculabilité pour programmer. Je pense même que ça n’aide pas. La théorie des ensembles est une réflexion passionnante sur les fondemants du calcul, mais ses résultats sur des ensembles finis sont triviaux et n’ont aucun intérêt pratique.


            • Lucrezia 15 mai 2008 07:52

              Je vois que tu n’as pas du entendre parler des Languages Orienté Objets ou des bases de données Relationnelles....Aujourd’hui la plus part des applicatifs et mêmes logiciels systèmes sont écrits par exemple en C++, Java etc ....


            • Lucrezia 15 mai 2008 07:55

              Certes, mais heureusement que l’Industrie n’a pas baissé les bras et abandonné les maths modernes parce qu’il n’y aura pas aujourd’hui d’Ordinateurs aussi puissants, d’écrans plats, de Mobile etc .... !

              Nos enseignants Français sont vraiment déconnectés des réalités Industrielles actuelles et encore plus futures ! Ils vivent dans leur Bulle et "tuent" l’Avenir d enotre Jeunesse en ne leur enseignant pas ce qu’il leur faut....

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