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Accueil du site > Actualités > Technologies > Les petites économies du progrès

Les petites économies du progrès

Lorsqu’on critique le système monétaire, capitaliste ou néolibéral, on entend souvent la réponse suivante : « tout de même, ce système a permis d’accomplir de très grands progrès ». Si cela était peut-être vrai aux débuts de l’industrialisation, cette assertion mérite aujourd’hui débat. Retour sur une idée reçue moderne.

Pour commencer, il me semble important de balayer une première idée reçue qui est la suivante : "la compétition entre intellectuels nous amène à des grandes découvertes". Pour quiconque a côtoyé le milieu de la recherche il est évident que cela est faux.
Internet par exemple, n’a pas été créé pour générer du profit, ni par le département R&D d’une entreprise, mais par l’armée américaine et surtout des équipes d’universitaires souhaitant communiquer ensemble.
La miniaturisation des processeurs et des produits électroniques en général n’est pas rendue possible par les département R&D d’Intel ou d’AMD, mais par d’austères recherches universitaires, qui souvent permettent de découvrir de nouvelles manières de fabriquer plus petit en cherchant autre chose au départ. L’IEMN à Lille est un de ces lieux où on invente l’électronique de demain, loin des paillettes et des conférences luxueuses du groupe Intel, loin du service "comm" d’AMD. Les chercheurs de l’IEMN ou du MINATEC de Grenoble ne gagnent pas des mille et des cent. En réalité ils seront même ciblés par les éventuelles mesures d’austérité de la crise de l’euro. Pendant ce temps, leurs découvertes sont pillées, notamment par les systèmes de sponsorships industriels de thèses et autres, sur lesquels je ne m’attarderai pas ici.
Notons pour finir, que la médaille fields, titre ultime en mathématiques, est primée de ... 10.000 euros. C’est à peu près la prime d’un agent immobilier pour une belle vente, ou un dixième de prime de footballeur pour un but en champions league.
 
Donc non, les plus grandes découvertes scientifiques ne sont pas motivées par l’argent. Et la raison en est simple : la recherche scientifique de haut niveau est très aléatoire et serait économiquement catégorisée en "investissement ultra-long terme". De quoi faire fuir les investisseurs les plus "Risk lover" comme on dit en finance.
 
J’en vois déjà s’agiter au fond de la salle : "Mais Bill Gates alors, il a quand même permis la démocratisation de l’informatique". Cela est complètement faux.
En effet, aux débuts de l’informatique il y a eu la guerre des standards : Amiga, Amstrad, MSX, Atari, Apple... Le gagnant fut le ... PC. Plateforme non propriétaire et libre de droit en quelque sorte. C’était la victoire du domaine public. Le tour de force de Bill Gates a été d’imposer un standard privé sur cette plateforme publique. Il ne l’a pas fait en faisant "mieux" que les autres, mais simplement en gagnant la guerre des standards, s’accaparant des exclusivités d’éditeurs, de fabricants de hardware etc... En fait, Bill Gates a réussi à s’immiscer entre l’utilisateur et une plateforme publique, pour imposer un quasi-impôt privé, et sans Bill Gates l’informatique se porterait tout aussi bien, voire même mieux.
Pour ceux qui en doutent, je les invite à se pencher sur l’aventure Linux, ou plus simplement l’aventure Wikipédia.
 
Donc non définitivement le système basé sur le profit ne génère pas de progrès. J’irais même plus loin en disant qu’aujourd’hui notre système bloque le progrès.
 
D’abord avec deux exemples simples connus de tous : la voiture électrique et l’énergie verte.
Les non-scientifiques ne le savent généralement pas, mais pendant qu’on nous bassine dans les salons de l’auto avec des béta-prototypes et des piles à hydrogène dont on nous énonce bien volontiers les grands inconvénients, la voiture électrique existe depuis longtemps.
Elle existe depuis longtemps, avec des solutions technologiquement viables. Mais elle a subi la guerre des lobbys qui l’ont tuée sans pitié pour continuer à rentabiliser pendant quelques décennies leurs investissements sur les carburants fossiles. Je vous invite à voir ce documentaire sur ce sujet.
Il en est de même pour les énergies renouvelables. C’est encore quelque chose que les néophytes ont du mal à croire, mais il est tout à fait possible dès aujourd’hui de produire plus d’énergie que nécessaire avec des énergies vertes, et ce grâce aux développements dans la production d’énergie géothermique, marine, éolienne et solaire. Mais les lobbys ne souhaitent pas faire le "shift" vers ce nouveau modèle, du moins pas avant d’avoir fini d’exploiter leur monopole sur les énergies fossiles. J’invite les plus courageux à lire ce document sur ce sujet.
 
Mais au fond l’échec de notre système dans la production de progrès est évidente si on observe d’autres indicateurs. Si on se penche sur l’Ecole Polytechnique par exemple, on observe que cette école habituée à former des scientifiques parmi les plus grands de l’histoire française n’est plus guère aujourd’hui qu’une machine à fabriquer des capitaines d’industrie. Seule l’Ecole Normale Supérieure permet à la France de sauver les meubles. Où vont donc les meilleurs élèves ? Goldman Sachs, JP Morgan, Mac Kinsey, BCG... Faire une thèse aujourd’hui est souvent considéré comme un semi-échec dans un milieu des grandes écoles ou les "winners" sont ceux qui finissent le plus tôt en ... costume cravate.
 
Nos élites sont donc gâchées. Mais encore plus grave, comme l’a démontré Pierre Bourdieu, la sélection est de plus en plus sujette au capital culturel et au capital tout court. Ainsi trouve-t-on de plus en plus de fils de riches ou d’anciens élèves dans les grandes écoles. Ce phénomène prouve que la détection de talents n’est plus optimale, et que la société actuelle ne favorise plus l’épanouissement des génies potentiels que comptent nos générations.
Certes les caciques du système ne se font pas prier pour mettre à leur crédit l’évolution des techniques qui reste exponentielle. Mais cette évolution est exponentielle de toute manière (on fait des découvertes qui deviennent des outils pour la découverte suivante...). La question réside dans le coefficient de cette courbe exponentielle. Et nul doute qu’elle n’est pas optimale.
 
On vit donc dans une époque où les "winners" se moquent bien volontiers de Grigori Perelman, probablement le plus grand génie de notre époque, mathématicien virtuose qui a revisité les flots de Ricci dans une démonstration éclatante de la conjecture de Poincaré.
Les grands esprits se rencontrent. 
Puis dans un pied de nez ultime à la bêtise de notre temps Perelman a refusé la médaille Fields puis le prix Claye doté d’une récompense d’un million de dollars. Malgré les demandes répétées des deux institutions, le bougre a refusé de transmettre ses coordonnées bancaires. Quelle classe !
 
A se demander si c’est Mr Perelman qui est fou, ou si c’est nous qui sommes tous fous.

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15 réactions à cet article    


  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 27 mai 2010 12:44

    Très bon article bien renseigné.
    La recherche privée s’occupe de la profitabilité des découvertes, pas de leur utilité humaine.
    Dans l’industrie pharmaceutique par exemple, la recherche se portera sur les produits à haute valeur ajoutée pour des clients aisés, ou le renouvellement sans effet d’amélioration de médicaments tombés dans le domaine public, et n’investira pas dans des recherches concernant des maladies répandues, mais de pauvres (le paludisme).
    Dans l’automobile, les recherches R&D concernent des gadgets électroniques (rendant les voitures "imbricolables), plutôt que des solutions énergétiques viables.
    En gros, l’industrie optimise ses gains, et non (si l’on raisonne global), l’amélioration de l’IDH (Indice de Développement Humain).

    Quant aux Grandes Ecoles, si en leur temps elles ont eu une utilité (lorsque les industries intégraient et créaient de nouvelles techniques), elles sont devenues des créatrices de managers issus de la bourgeoisie via les chemins nécessaires à leur intégration (entré via tel Lycée de prestige, avec sélection des intrants par cooptation par exemple), prêts à toute soumission, convaincus de faire partie de l’élite. Ces gens-là sont conçus pour pouvoir sans souci licencier ou casser de la populace sans état d’âme si nécessaire. Ces Ecoles sont prévues pour cela, pas pour favoriser l’imagination créatrice.


    • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 27 mai 2010 19:28

      Florilège d’idées fausses et de lieux communs :

      Comment obtenir de la profitabilité sans fournir un bien ou un service utile ? S’il n’est pas utile à quelqu’un qui va dépenser un centime pour l’acquérir ?

      Autre exemple d’idée fausse : l’internet n’est pas le résultat d’une compétition ... mais on doit son origine à l’armée !!! Fallait la faire celle-là. Qu’y a-t-il de plus compétitif qu’une armée ? Franchement, je ne vois pas.

      « PC. Plateforme non propriétaire » sauf d’IBM et de Microsoft. En général, celui qui crée le standard est celui qui en profite le plus. Surtout au début.

      Qui paye les centres de recherche ? Pourquoi les finance-t-on ? Sans oublier qu’aux USA, beaucoup de grandes universités sont adossées à des fondations. Ce sont donc des entreprises privées et des particuliers qui les financent en grande partie.

      Si les projets de voitures électriques existent depuis longtemps, c’est de la pure paranoïa que de croire que ce sont des lobbies qui en ont bloqué la diffusion. Si les avantages apportés étaient supérieurs aux inconvénients, il y a longtemps qu’on roulerait électrique.

      Et je ne parle pas de la description hallucinée des « managers » de Foscarvel. Un autre déplorant la disparition de l’industrie, tout en fustigeant ses mêmes « managers ».

      Un minimum de réflexion aurait pu faire comprendre que justement l’industrie a un énorme besoin de « managers » ET de capitaux. Choses qui manquent cruellement en France, en partie à cause du colportage de tels discours archéo-gauchistes.


    • slipenfer 27 mai 2010 14:49

      Bon article , très clair
      un amis m ’a dit que les découvertes en sciences fondamentales avait sacrément baissées
      mais je ne trouve pas de statistique.

       Barack Obama accepte le Prix Nobel de la paix.

      Perelman grigori refuse la médaille Fields.

      trouvez l’erreur ? smiley



      • nightflight nightflight 27 mai 2010 15:54

        Très bon article qui aborde de front un problème crucial.

        Le marketing financier met souvent en avant le fait qu’il concourt au bien être de la société, c’est à peine si on ne lit pas « Le progrès, c’est nous ».

        Hors cet argument de pacotille est complètement faux : Ces gens usurpent tout simplement les résultats obtenus par les sciences et techniques et par l’industrie, dont les progrès sont à l’origine du confort moderne.

        Donc, dans un système économique lambda, pourvu que celui-ci soit suffisamment performant et qu’il respecte l’individu, la société moderne aurait produit autant de confort et de richesses que celui que nous possédons actuellement, sans qu’il soit nécessaire d’institutionnaliser une loterie boursière, et une fluctuation imbécile du capital des sociétés (Titres), des monnaies (Moyen d’échange), des taux d’intérêts (Loyer de l’argent), des matières premières, et de l’énergie.

        Ce sujet mériterait d’être médité par tous !


        • _Ulysse_ _Ulysse_ 27 mai 2010 16:07

          Très bon article d’une personne qui connaît le sujet.

          Concernant les grandes écoles je crois que vous ne comprenez pas le pb.
          C’est pas les grandes écoles qui posent pb, ce sont les débouchés à la sortie.
          Aujourd’hui un Polytechnicien a le choix entre la recherche où il n’aura pas de poste et il
          ne pourra pas travailler par ce que pas de budget. L’armée où il se fera chier durant tout une longue carrière. L’industrie n’existant plus ba tant pis. Bref, il reste traider et manager et c’est tout. Ce qui est à l’origine du pb c’est la destruction de l’industrie et de la recherche au profit de la finance.

          Et cela n’est pas vrai que pour polytechnique mais toutes les écoles d’ingénieur en général.
          L’auteur parle d’un gâchis de talent, c’est exactement ça. A quoi ce sert d’apprendre la mécanique si c’est pour devoir ensuite changer d’orientation par manque de boulot ? Le pb est valable dans tous les domaines techniques et scientifique. Du coup, les meilleurs ne pouvant plus aller là où ils allaient avant (industrie, ingéniérie, recherche) ils vont là où on les débauche : la finance.
          C’est ce qui explique l’engouement pour les écoles de commerce privées ces dernières années.
          Seulement les meilleures places dans la finance sont réservées à des profils scientifiques et comme on a des moyens dans ce milieux, on achète ce qui se fait de mieux (X, ENS, centrale etc).

          Concernant la sélection, celle-ci se fait sur concours et non sur cooptation !!!!!!!!
          Ce sont des écoles publics (x, ens, centrale, mines, ENSI etc). Vous avez le concours de l’X des ENS, des mines, centrale et CCP. Puis d’autres concours Eifel, E3A mais ce sont de petites écoles. En général ces concours se passent à l’issu d’une CPGE (math sup, spé) qu’on intègre après le BAC sur dossier. Tout est public et gratuit ou presque et il y a des bourses pour les frais d’inscription.

          ¨@Jean-Paul Foscarvel


          • _Ulysse_ _Ulysse_ 27 mai 2010 16:08

            Ma réponse est faite à Jean Paul Foscarvel en dehors de la première phrase.


          • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 27 mai 2010 17:25

            Je suis d’accord, sur le papier, tout est démocratique et transparent.
            Sauf que certaines voies sont plus royales que d’autres, et les institutions prestigieuses de préparation ne se trouvent pas n’importe où, ni sont fréquentées par n’importe qui (la cooptation est réelle dans certains collèges privés).
            Je pense profondément qu’il s’agit d’un système aristocratique déguisé en système méritocratique.
            Par ailleurs, il y a une rigidité générale en France, d’être, ou pas, de telle ou telle école (c’est pareil au cinéma avec la Femis ou la musique avec l’Ircam), sans tenir compte du fait que chaque être humain développe ses capacités à des stades différents, avec une cinétique propre, et que le temps utilisé à apprendre pendant l’adolescence n’est pas du temps utilisé à vivre, ou à rêver.
            Du coup le système sélectionne les performances d’appprentissage, pas forcément de créativité, de soumissoin à l’autorité, pas forcément de capacité critique, etc.
            Il faut relire Bourdieu, je crois, pour nous éclairer sur ces contradictions.
            Sur les débouchés, je suis d’accord avec vous, il y a une distorsion entre les capacités d’entrée et les possibilités réelles de carrière.


          • _Ulysse_ _Ulysse_ 27 mai 2010 23:11

            Je ne comprend pas de quoi vous parlez sur la cooptation. cooptation pour entrer où ? Dans un collège de « luxe » ?

            Je connais bien ce milieu pour y avoir fait mes études, savez-vous que les CPGE les plus « côtées » débauches les étudiants les plus brillants de province pour les faire venir chez elles afin de doper leurs résultats aux concours les plus difficiles (X et ENS) ? Pour les gens vraiment brillants, ils intègrent Ulm qu’ils soient à Henri 4 en prépa ou dans une « obscure prépa de province ». D’ailleurs pour quelqu’un de brillant, il n’a aucun intérêt à aller à paris pour faire sa prépa, c’est idiot.
            Pour ce qui et de l’aspect créatif, avez-vous déjà vu les sujets de concours des ENS ?
            C’est toujours hors programme avec 20 ou 30 pages d’explications sur un thème donné suivi d’une ou deux questions. Aucun guide, rien c’est vraiment fait pour sélectionner les gens les plus capables, ceux qui seront à même de faire de la recherche en Maths et en Physique.

            Bon après il existe peut être certains passe droit mais j’ai du mal à imaginez ce que ferais un Jean Sarkosy à Ulm smiley .

            Je connais aussi des gens qui ont fait des écoles de commerce et là c’est tout à fait différent puisque c’est privé avec 7000 euros de frais par an et pas de bourse. Et pour finir le tout aux oraux, ils demandent la profession des parents ! La oui, la discrimination se fait clairement sur d’autres critères que les capacités.


          • mokhtar h 27 mai 2010 16:19

            Pardon, je fais un petit copié-collé d’un de mes précédents posts. qui va dans le sens de l’article où il n’est même plus besoin de science fondamentale. Le simple bon sens suffit.
            Les sociétés multi ou transnationales n’encourageront jamais une science fondamentale qui nuirait à leurs intérêts et même feront tout pour en retarder la publicité. Tout comme elles ont boycotté et enterré les vieux savoir ancestraux ruraux et paysans en matière d’agriculture et de plantes aromatiques et médicinales, et dans l’industrie également.
            Entre autres voila ce que je disais dans ce post précédent avec quelques petits ajouts cependant.

            Une mobilisation mondiale pour les énergies renouvelables, des manifestations des boycotts contre les compagnies pétrolières : pour faire payer BP, entre autres, le prix très fort.

            La planète reçoit chaque jour, en énergie solaire, de quoi avoir de l’énergie pendant des dizaines d’années. Des millions de petites centrales solaires, et quelques centaines de plus géantes : des centrales géothermiques, faciles à fabriquer , à mettre en place, à entretenir. Sans parler de l’éolien. Des centaines de millions de micro-éoliennes ou mini éoliennes sur les terrasses ou les cours des maisons. Sans parler encore d’un nucléaire bien ou mieux maîtrisé.
            Enfin, sans parler du plus grand gisement d’énergie, celui de la réduction de la consommation d’énergie et de la consommation tout court.
            Où les chômeurs trouveraient du travail dans ces nouvelles activités, y compris ceux de Bp sur lesquels on pleurniche tant. Toute une industrie pour ces nouvelles activités, avec les accompagnements, pour les nouveaux équipement, le développement des transports en commun, où la place du pétrole serait considérablement réduite pour les besoins incompressibles de lé pétrochimie nécessaire ; sans pour autant aller jusqu’aux bouteilles en plastique. La fabrication de ces équipements (automobiles, trains, trams, métros). Et puis la recherche : sait-on que l’on peut transformer tous nos déchets ménagers (des millions de tonnes quotidiennement) en engrais compost, simplement en les laissant à l’air libre pendant quatre mois seulement. A ce compte, même les déserts pourraient être fertilisés et généreusement arrosés grâce à une énergie pas chère. Et même reboisés sur d’immenses superficies
            Il suffit de laisser les eaux usées se décanter pendant quarante jours dans les stations d’épuration pour en retirer de l’eau potable ou presque, très bonne pour irriguer nos champs. Au surplus, de stations d’épuration qui fonctionnent à l’énergie solaire géothermique, pour pas cher
            Plus de guerres, plus de pollution, plus d’Irak, ni d’Afghanistan, ni celles qui s’annoncent dans le coin. En tous cas, infiniment moins. Le Pentagone a eu besoin de plus de 80 milliards de dollars par année depuis 2003 pour mener sa guerre d’Irak : tout cet argent aurait été économisé pour les chômeurs, les pauvres, et les malades des Etats-Unis.

            Des petites communautés ; quartiers, communes ou iles ont réussi çà : est -ce impossible à des niveaux géographiques plus étendus de réussir à 50% ou même plus ? Où le pétrole ne servirait que pour des besoins pétrochimiques nobles incompressibles

            Ces gens là, qui bloquent ainsi la recherche scientifique fondamentale ne sont pas capables de mener une telle entreprise. Parce que le SAVOIR QU’ILS ONT imposé correspond à leurs petits calculs égoïstes. Sans plus. En nous menant tout droit à la catastrophe planétaire.


            • Lucien Denfer Lucien Denfer 27 mai 2010 17:50

              Réflexion intéressante mais qui laisse un goût d’inachevé...

              Vous commencez par un éclairage nécessaire et juste sur l’inadéquation de la compétition entre intellectuels face au besoin pressant de nouvelles découvertes mais vous ne remettez pas en question la compétition en tant que telle, comme si elle était un mal nécessaire.

              La compétition est omniprésente dans nos sociétés et couvre tous les domaines d’activité sans exception notable. Nul besoin d’étudier pendant des années pour remarquer les effets psychologiques pervers de ce mode de fonctionnement qui s’oppose frontalement à l’émulation collective (telle qu’on peut la trouver dans les équipes de développement de logiciels libres par exemple) dont la qualité des productions n’a rien à envier à celles du domaine commercial classique.

              Même l’art ne se conçoit plus comme création originale mais comme une performance sanctionnée par une récompense, cela montre bien que la compétition s’est immiscée au plus profond de nos esprits et que nous perpétuons ces comportements sans même nous en rendre compte, jusque dans les actes les plus anodins de nos vies quotidiennes.

              Sur une classe de 30 élèves on encense le premier par un système de notation générateur de frustrations. Cela veut-il dire que les 29 élèves restants sont nuls ou inutiles ? Bien sur que non mais cette perversion psychologique distille son venim et favorise l’accumulation de connaissances et la réalisation de performances en lieu et place du développement de l’esprit critique et de la faculté de penser par soi-même qui sont les matériaux de base de la créativité.

              La seule façon de changer le monde c’est de commencer par l’éducation.


              • finael finael 27 mai 2010 19:57

                De tout temps la recherche a été à la fois lieu de compétition et d’échanges simultanément.

                Comme l’auteur le fait remarquer, Internet a été en premier lieu inventé pour échanger des informations. A tous les moments de l’histoire les chercheurs ont échangé leurs résultats, leurs idées.

                De 1975 à 1981 j’ai travaillé à analyser des documents scientifiques et techniques de haut niveau. Bien que nous étions en pleine guerre froide on me confiait des documents aussi bien en anglais qu’en russe et ça donnait à peu près ça.

                Les américains : « on s’est aperçu de ceci en faisant telle expérience, qu’en pensez vous ? »

                Les russes « on a voulu faire telle expérience mais nous n’avons pas de machine assez fiable, qu’est-ce que ça donne chez vous ? »

                Ces échanges passaient discrètement par des publications dans des revues scientifiques lues avidement des deux côtés du mur.

                Il était (et est toujours) admis que les théoriciens russes (soviétiques à l’époque) étaient meilleurs tandis que les ingénieurs américains disposaient d’un savoir-faire incomparable.

                La recherche nécessite un maximum d’échanges, cela a toujours été le cas et cela le sera encore.


              • Le chien qui danse 27 mai 2010 19:30

                Bonjour, bien en accord avec l’article, surtout sur le fait que le capitalisme financier freine le développement alors qu’avant il l’avait orienté à son profit, donc ceci explique cela.

                La dernière phrase de Lucien Denfer « La seule façon de changer le monde c’est de commencer par l’éducation. » est à mon sens la seule porte de sortie du chaos qui s’annonce, merci de l’avoir dite.


                • rastapopulo rastapopulo 27 mai 2010 20:46

                  Est ce qu’on a le doit de contester et d’avoir une réponse après vérification des arguments dans tes consignes ?

                  Parce que j’attends toujours une explication sur les fausses déclarations de Cheminade qui servait de base à ton argumentaire... (très très indépendant vu que je les avais déjà vu ailleurs mais je n’avais pas pris le temps de vérifier à l’époque pas de chance pour toi)

                  Sinon je te gratifie de mon plus grand scepticisme sur les énergies renouvelables et je me demande si tu a les connaissance technique pour tirer des conclusion qui sont de toute façon fausse :

                   Les compagnies électriques adore le renouvelable puisque c’est cher et non suffisant. Donc les prix partent à la hausse mais jamais ça ne sera le renouvelable qui servira d’apport d’énergie principale (problème soulevé dès la découverte de ces vielles technologie il y a 100 ans). 

                  C’est ce qui s’appelle se tromper.


                  • moebius 27 mai 2010 22:26

                    je m’excuse de m’introduire dans votre débat mais mon chien a sérieusement envie d’aller faire son pissou dans le caniveau qui court ici mais de toute maniére sachez donc amis qu’il ne vous permet pas de répondre a mes critiques que je n’oserais formuler vue que de toute maniére en désespoir de cause et dés le départ ou le début de ces aboiements se révéle etre absolument fausse et mensongére par a prioris et sectarisme ce que je conteste vigoureusement avec la derniére énergie qu’il me reste encore et qu’il serait possible d’opposser humainement a ses allégations canines et pissotiéres voir animal de la plus basse mais amical espéce en l’occurence qu’il soit.....PS ; esxcusé des fotes mais ce chien est seulemant au cp et il a encore bocou de progré a fére


                    • Internaute Internaute 28 mai 2010 09:20

                      L’article est intéressant mais trompeur. Vous êtes passé à côté du sujet.

                      « 
                      Internet a été inventé à Berkeley puis repris par l’armée américaine.

                      La miniaturisation n’est pas rendue possible par le département R&D d’Intel. C’est au contraire grâce au financement d’un énorme contrat pour le système de guidage du Minuteman I qu’Intel a développé les premiers circuits intégrés.

                      Pour Bill Gates vous prenez l’histoire à l’envers et ne citez même pas la plus grosse entreprise américaine côtée à Wall Street à l’époque, IBM. Bill Gates est un pur produit d’IBM. Quand à Windows il est un pur produit de la Xerox au Palo-Alto Research Center (la machine Lisa). La même Xerox est l’inventeur des réseaux locaux Ethernet (M. Metcalfe).

                      Les facs de Lille et Grenoble découvrent des choses intéressantes ;
                       »

                      Le point commun entre toutes ces découvertes est le mécénat. Une des conditions de la découverte est que le chercheur soit tranquille dans sa vie, sans l’angoisse de savoir ce qu’il mangera demain. A la base, le chercheur n’a pas à gagner sa croûte dans un univers hostile. C’est le rôle du mécénat. L’argent peut venir du roi, du ministère de la défense, de l’enseignement et de la recherche ou des surplus bénéficiaires des grosses boîtes capitalistes. Peu importe la provenance. Par conséquent vous avez tort d’opposer les sources de financement et d’en tirer des conclusions.

                      Les grosses boîtes américaines ont révolutionné le monde grâce aux énormes investissements sans but précis dans la recherche, souvent fondamentale.

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