• vendredi 10 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Technologies > Les premières années de l’informatique
35%
D'accord avec l'article ?
 
65%
(20 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Les premières années de l’informatique

Le marché des équipements de traitement de l’information a commencé à évoluer en 1960. J’ai tenté ici d’en retracer l’historique en faisant appel à mes seuls souvenirs. Cet article n’est donc pas le résultat d’une étude exhaustive ; il peut aussi comporter quelques inexactitudes. Merci aux lecteurs de les rectifier.

 Un bref historique

Jusqu’en 1960, les calculateurs électroniques vendus par IBM n’avaient que des programmes câblés, des programmes qu’il fallait construire à la main sur un tableau électrique. Les Américains avaient nommé cette machine « electronic computer » tandis que les Français lui avaient déjà donné ce nom inventé par le linguiste Jacques Perret : « ordinateur ».

C’est précisément cette année-là que la Compagnie des Machines Bull a révolutionné le marché des ordinateurs en commercialisant le Gamma 60, fruit de trois années d’études. Les programmes n’étaient plus câblés, mais enregistrés sur une mémoire centrale de 96 K. Parmi les nombreuses innovations de cette machine, on peut citer aussi des circuits imprimés équipés de transistors et des mémoires matricielles à tores magnétiques. Les concepteurs du Gamma 60 avaient bien conscience d’être à l’origine d’une nouvelle science, c’est pourquoi ils ont inventé le mot « informatique », tellement courant aujourd’hui.

1960, c’était aussi le premier essai nucléaire français en Algérie. Le général de Gaulle, obsédé par l’indépendance militaire à l’égard des Etats-Unis, négligeait tout ce qui pouvait assurer notre indépendance civile. Il n’a donc pas vu l’importance stratégique du Gamma 60, et il a refusé de donner à la Compagnie des Machines Bull les crédits dont elle avait besoin. La compagnie française est achetée à vil prix par General Electric en 1964, ce qui permet à IBM de s’imposer sur le marché des ordinateurs, notamment avec la série 360, en s’inspirant des percées technologiques de son concurrent, et profitant en outre de fabuleux contrats avec l’armée américaine.

En 1967, le général de Gaulle prend enfin conscience de son erreur et veut la réparer en créant le « Plan Calcul ». Des milliers d’ingénieurs sont embauchés, des milliards de francs sont dépensés, mais il est trop tard. L’industrie informatique française est définitivement morte.

La vie d’un informaticien en 1970

Les principaux « langages de programmation » sont l’assembleur, le Basic, le Fortran et le Cobol. L’assembleur est le plus proche du code binaire, son emploi est difficile, et ceux qui programment en assembleur sont regardés avec respect. Les operating systems sont programmés en assembleur. Le Basic est principalement utilisé pour des applications simples, le Fortran pour des applications scientifiques et le Cobol pour des applications de gestion. Ce dernier a le grand avantage d’être très bien structuré, ce qui n’est pas le cas des premières versions du Fortran.

La programmation commence avec un papier et un crayon. Ensuite il faut porter son travail à l’atelier mécanographique où des dizaines d’opératrices perforent des cartes dans un bruit assourdissant. Une carte par ligne de programme. Le lendemain, on va chercher son bac de cartes à la mécano pour le porter au centre de calcul, une grande salle climatisé avec de nombreuses armoires et des imprimantes énormes. C’est là que se fait l’assemblage de votre programme. Le résultat, c’est un gros listing qui souvent annonce des « bugs ». On reprend son papier et son crayon. Il faut généralement plusieurs retours à la mécano, puis au centre de calcul, pour avoir enfin un programme qui tourne correctement.

C’est vers 1978, je crois, grâce aux microprocesseurs 16 bits, que la programmation a pu s’affranchir des cartes perforées. Le temps de mise au point des programmes d’application en a été considérablement raccourci. On pouvait enfin écrire un programme et le déboguer en restant devant son écran. Mais à cette date, j’avais quitté le métier de l’informatique. 

par Céphale lundi 1er février 2010 - 77 réactions
35%
D'accord avec l'article ?
 
65%
(20 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par french_car (xxx.xxx.xxx.74) 1er février 2010 10:21

    Bonjour, bon résumé des temps préhistoriques, nostalgie pour les vieux croutons que nous sommes en train de devenir.
    Quel enfant de 10 ans pourrait penser que nous allions au palais de la découverte pour jouer au morpion avec une machine qui ressemblait à un frigo flanqué de 2 machines à laver ?
    Je ne pense pas que l’on debuggait à l’écran en 1978. On programmait, on lançait des batchs de compilation/link, on lançait des runs. On debuggait éventuellement en truffant le code de "WRITE" pour voir le contenu des variables.
    Jusqu’au début des années 1990 j’ai souvenir que l’on sortait des dumps de mémoire centrale (adressage sur 3 octets sur S370) sur listing et que l’on tentait le désassemblage pour voir qui avait écrit dans le code ou pourquoi l’optimiseur avait viré du code !
    On se disait "BR 14" en guise d’adieur ou bien "BALR 14,15" pour débrancher etc ...
    Petite remarque : l’industrie de l’informatique "hardware" est morte - quoique SMT Goupil avait failli la ressuciter - mais le soft ne l’est pas avec quelques fleurons :
    - Dassault-Systemes leader mondial de la CAO, du PDM et du calcul
    - Business Objects et Ilog qui se placent correctement dans les secteurs du décisionnel et de l’Intelligence Artificielle

  • Par Céphale (xxx.xxx.xxx.220) 1er février 2010 13:23
    Céphale

    Il faut distinguer la micro-informatique et la mini-informatique. 

    La micro-informatique est apparue vers 1980 avec les premiers microprocesseurs à un prix abordable (par exemple le Z80 de Zilog). Elle s’est développée avec Microsoft d’un côté et Apple de l’autre. C’est une informatique grand public.

    La mini-informatique est plus ancienne. C’est une extension de l’informatique professionnelle basée sur le système UNIX. Dans les années 80, le leader de la mini-informatique était la DEC (Digital Equipment Corporation).
  • Par goc (xxx.xxx.xxx.101) 1er février 2010 13:24
    goc

    moi j’ai commencé en 1975, sur des "mini" grand comme des armoires normandes et contenant des disques de 512koctets (il fallait être 2 pour porte le disque tellement ils étaient lourds et imposants)
    par contre le debuggage se faisait aux clés, c’est à dire qu’on pouvait visualiser les contenus des mémoires sur des voyants, et modifier ce contenu à l’aide de clés (la mémoire contenant aussi bien les instructions que les données)
    autant dire qu’il fallait connaitre par cœur le code binaire de chaque instruction.
    C’était tellement rudimentaire qu’a cette époque quand on démarrait une machine pour la première fois, il fallait rentre le boot (en gros le noyaux du bios actuel), "à la main", c’est a dire entrer aux clés les 15 instructions permettant de lire la bande perforée qui chargeait le programme permettant le lire et installer les autres programmes.

    A propos de bug, pourquoi quand on répare un programme on dit qu’on le "debug" ?. Cela vient de l’époque des premiers ordinateurs à lampes, ou les programmes s’arrêtaient, parce que des insectes venaient dans l’ordinateur et provoquaient des court-circuits, alors on enlevait ces insectes (bug en anglais", donc on "dé..bugguait" le programme

  • Par morice (xxx.xxx.xxx.206) 1er février 2010 13:56
    morice

    excellente vaccination de rappel ! félicitations ! Chez Siemens, en bas des trieuses à carte il y avait une.... manivelle : quand il n’y avait plus de courant, on l’activait pour faire... dynamo : c’est bien ça le cap entre mécanique et électronique !! 

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox