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Accueil du site > Actualités > Technologies > Les vagues scélérates, ou une faillite de la science

Les vagues scélérates, ou une faillite de la science

Les vagues scélérates sont aujourd’hui connues de tous les spécialistes du monde marin. Mieux, le ministère de la défense conçoit maintenant en collaboration avec des PME des systèmes capables de les prévenir dans la navigation maritime. Quel changement ! En effet il a fallu attendre 1995 ( !) pour que ces vagues, qui étaient connues par les navigateurs depuis des siècles, soient reconnues comme existant par la science ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, pendant des années et des années, les physiciens et les océanographes ont renié leur vocation scientifique en refusant jusqu’à l’étude sérieuse de ce phénomène, car ils ne voulaient pas remettre en cause les théories existantes sur la mécanique des fluides. Retour sur un fiasco scientifique incroyable.

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Vague scélérate dans le Golfe de Gascogne, en 1940

Les vagues scélérates

D’abord, une petite explication.

Qu’est-ce qu’une vague scélérate ? « Les vagues scélérates sont des  « vagues d'une amplitude et d'une sévérité inattendues par rapport aux conditions de mer lorsqu'elles surviennent », définition reprise du site de l’IFREMER. Pour être plus détaillé, ce sont des vagues extrêmes unidirectionnelles assez rares crées par une combinaison particulière de vent et d’accumulation d’ondes d’houle, mais ses mécanismes d’apparition sont encore aujourd’hui très complexes à décrire. Elles sont extrêmement dangereuses pour la navigation et ce n’est pas étonnant. Ces vagues monstrueuses peuvent atteindre jusqu’à 30 mètres de haut, dépasser de 2 ou 3 fois la taille des vagues environnantes et heurtent les navires comme des murs d’eau à des pressions gigantesques : une vague scélérate de « seulement » 12 mètres de haut exerce une pression de 6 tonnes/m2. En comparaison, un pétrolier supertanker peut supporter une pression maximale de 15 tonnes/m2.

La négation scientifique

Pour autant, ces vagues sont connues depuis longtemps. Un des Français qui les a décrites en premier était l’explorateur Dumont d’Urville au XIXème siècle, lorsqu’il y a été confronté dans l’hémisphère sud. De retour en France, personne ne le croira. La science moderne, elle, va entamer ce qui se révélera un fiasco incroyable, et qui va durer jusqu’en 1995. Elle niera leur existence.

En effet, selon les théories de la mécanique des fluides d’Euler et de Navier-Stokes, il est rigoureusement impossible qu’une vague atteigne 30 mètres de haut. Statistiquement, cela arriverait tous les 10 000 ans seulement. Les modèles mathématiques concernés étaient eux-mêmes seulement des modèles théoriques appliqués aux vagues de l’océan. Les océanographes et les physiciens vont sacrifier l’idée de vérité scientifique. Au lieu de s’intéresser à ce phénomène de vague scélérate, ils prennent le parti bec et ongle de dire que c’est impossible. Cela contredirait trop les théories existantes qu’ils veulent infaillibles. A partir de là, leur croyance irrationnelle est figée : Ces vagues n’ont jamais existé. POINT. Ceux qui disent le contraire violent la science. Quant aux multiples témoignages de marins concernant les vagues scélérates, ils vont trouver une explication : C’était du « folklore marin », des « mythes » !

Et à partir de là commence une longue l’omerta scientifique.

Négation des témoignages

Mais voilà, les scientifiques vont être confrontés à un problème de taille : Face à l’augmentation du trafic maritime, les témoignages de vagues scélérates vont se multiplier, et pas des moindres. Ils sont innombrables mais nous allons en citer trois majeurs, qui ont eu un énorme impact, peut-être à cause de leur importance :

· En 1942, le Queen Mary est touché par une violente vague scélérate de 28 mètres de haut. Il s’en sort.

· En 1978, un cargo allemand, le « München », porte-barges allemand de 39 000 Tonnes, qui était réputé insubmersible, va couler de façon brutale dans l’Atlantique nord, éventré par une vague scélérate. On ne retrouvera que le canot de sauvetage (qui se trouvait à 21 mètres au-dessus de la ligne de flottaison !), et une pièce métallique tellement déformée qu’on verra que seule une pression énorme a pû en être responsable.

· Le phrare de Fastnet, touché par une vague record de 48 mètres ( !) de haut en 1985.

On estime qu’entre 1973 et 1994, 22 cargos ont été coulés à cause des vagues scélérates.

Mais les scientifiques avides de vérité vont tenir bon. Les témoignages seront ignorés, aucune expérimentation scientifique ne va être lancée (ne serait-ce que pour démontrer que ce sont des idioties comme ils le prétendent), aucune opération visant à détecter des vagues scélérates non plus. Les plus téméraires d’entre eux diront qu’il n’y a que peu de moyens pour faire des « mesures objectives » !

La Vague Draupner.

Et enfin, en 1995, va venir l’évènement qui va tout faire bousculer. La plate-forme pétrôlière Draupner, en Mer du Nord, est touchée le 1er janvier 1995 par une vague de 25,6 mètres de haut (qui sera baptisée la vague Draupner). Les systèmes techniques installés sur la plate-forme ont mesuré avec précision cette vague et les données collectées sont transmises au monde scientifique. Cette fois, on ne peut plus nier l’évidence. Les physiciens, océanographes et le monde scientifique en général admettent l’existence des vagues scélérates et annoncent qu’ils feront tout pour en rechercher les causes et caractéristiques et cela notamment afin d’améliorer la sécurité de la navigation maritime (après 22 naufrages de cargo jusqu’en 1994 il était peut-être temps).

Mais voilà, la crédibilité scientifique en a pris un sacré coup quoique l’affaire n’ait pas été si ébruitée, il ne s’agissait que de problèmes scientifiques. Quoiqu’il en soit, certains trouvent alors la parade. Ils disent « nous n’avions jamais nié l’existence de ces vagues, c’est juste que nous n’avions pas assez de moyens de vérifier leurs mesures ! » (Sic)


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123 réactions à cet article    


  • Tall 17 août 2013 09:45

    Quand certains événements sont très rares, et qu’on estime que ça coûte trop cher de prévoir les parades adéquates, on préfère les « ignorer ».

    Fukushima est une conséquence directe de cette mentalité : les tsunamis d’une certaine hauteur ont été considérés comme trop rares pour les prendre en compte dans la construction de la digue.
    On connaît la suite ...

    Dans le même genre, il y aussi les maladies « orphelines », les recherches sur elles sont minimes voire nulles car trop peu de gens en meurent.

    Bienvenue à la loterie de la mort ... ne tirez pas le mauvais numéro !

    • foufouille foufouille 17 août 2013 15:27

      "Dans le même genre, il y aussi les maladies « orphelines », les recherches sur elles sont minimes voire nulles car trop peu de gens en meurent.« 

      il y a plutot pas assez de »clients". c’est pas assez rentable


    • Fergus Fergus 17 août 2013 16:40

      Bonjour, Foufouille.

      Pour ce qui est des maladies orphelines, ce n’est pas le déni scientifique qui est en cause, mais le réalisme économique le plus cynique des politiques.


    • BarbeTorte BarbeTorte 17 août 2013 21:16

      @fergus

      C’est exactement ce qu’a dit foufouille, non ?


    • Fergus Fergus 17 août 2013 22:59

      Bonsoir, BarbeTorte.

      Pas exactement car si les scientifiques refusaient de travailler sur l’existence des vagues scélérates, c’est parce qu’ils niaient leur existence. Les maladies orphelines, quant à elles, n’ont jamais été niées par les scientifiques.


    • wesson wesson 17 août 2013 23:35
      Bonsoir Fergus,

      « Pour ce qui est des maladies orphelines, ce n’est pas le déni scientifique qui est en cause, mais le réalisme économique le plus cynique des politiques. »

      Et d’ailleurs ce n’est même pas la peine d’aller chercher dans les maladies orphelines. L’exemple de la malaria (le paludisme) est assez significatif. Au niveau mortalité en Afrique, il est en seconde place, juste derrière le sida. Et pourtant il aura fallu attendre très longtemps pour que la recherche médicale daigne s’y intéresser un petit peu. On n’as d’ailleurs toujours pas un vaccin, bien que il y a enfin quelques études qui s’intéressent au sujet, et qui en sont au début des tests médicaux.

      Je me rappelle d’un reportage je crois de la BBC qui traitait du prix des médicaments et des profits obscènes (qualitfiés tels quels) que faisaient les groupes pharma.

      Il y avait notamment une personne pour dire face caméra : « Si un médicament peut vous sauver la vie, alors il vaut bien tout ce que vous possédez ». Dès lors que on a ça comme logique, on comprends que on va encore s’intéresser longtemps aux problèmes d’érection des population à fort pouvoir d’achat, au détriment des maladies rares et orphelines et/ou qui ne touchent que des gens à faible pouvoir d’achat.

    • wesson wesson 17 août 2013 23:56

      Et cela s’adresse à Tall que je salue, 


      sur le sujet, comme sur bien d’autres ceux qui détiennent l’autorité ont une certaine tendance à nier jusqu’à l’évidence afin de couvrir leur mensonges passés.

      Et cela vise tout particulièrement la commission qui se chargea d’étudier la chute du WTC 7 et d’une manière générale tout ce qui a trait au 11 septembre 2001, afin de faire rentrer dans un semblant d’explication scientifique les images qui furent visionnés par des millions de personnes ce jour là, et tout ce qui s’est passé avant et après en rapport.

      Si vous voulez un exemple un peu plus consensuel, vous avez celui du professeur Pellerin et du nuage de Tchernobyl, qui au journal d’antenne 2 déclare en 1986 « cela ne menace personne actuellement, sauf peut-être dans le voisinage immédiat de l’usine, et encore » .. ben voyons, on croirais me lire dans mon article à la conclusion pathétique sur Fukushima, sauf que lui disposait d’information de meilleure qualité et que la radioprotection, c’est son métier ... Ce bon professeur Pellerin a fait poursuivre en diffamation tout ceux qui avaient suggéré qu’il avait menti, et a gagné tout le temps sauf en 2003 à la cours européenne des droits de l’homme contre Noel Mamère. Finalement poursuivi en 2003 il bénéficie d’un non lieu en 2011, et il a pu mourir tranquille avec la conscience du scientifique honnête il y a quelques mois.

      C’est pourquoi il n’est guère étonnant que de temps en temps et pour des raisons purement politiques la rigueur scientifique en prends un sale coup.


    • Tall 18 août 2013 09:50

      salut wesson

      Me placer le WTC 7 derrière la vague scélérate, fallait la faire, celle-là !
      C’est vous qui allez nous remplacer morice bientôt ?

    • Tall 18 août 2013 10:04

      ceux qui détiennent l’autorité ont une certaine tendance à nier jusqu’à l’évidence afin de couvrir leur mensonges passés.


      Bien sûr ... et ça s’est passé pour le 11.09 aussi .. mais ça n’implique pas l’inside job.
      Pour moi c’est simple, ils se sont bien fait avoir par les islamistes sur ce coup.
      Un coup techniquement « génial » car conçu avec des moyens simples. ... 
      Et les ricains ont encore eu de la chance que le 4e avion ( abattu par la chasse à mon avis ) ait décollé avec un gros retard, sinon la maison blanche y passait aussi.

      Bref, après tout ça, il y en a qui n’étaient pas fiers ... alors évidemment, tout le monde a ouvert grand son parapluie.

    • BarbeTorte BarbeTorte 18 août 2013 11:31

      @fergus

      Je crois que vous confondez Tall et foufouille.
      Relisez plus attentivement les posts


    • Fergus Fergus 18 août 2013 12:20

      @ BarbeTorte.

      Désolé, je ne confond absolument pas, et je maintiens mon commentaire sur le post de Foufouille.

      Un Foufouille qui a évidemment raison, cela dit, de dénoncer l’inertie des pouvoirs publics sur la recherche concernant les maladies orphelines.

      Bonne journée.


    • NastyCruncher 18 août 2013 19:59

      Bonjour,

      Juste pour préciser, en réaction à Fukushima (si j’ose dire), qu’il existait une falaise de 40m qui a du être rabotée pour ramener les réacteurs à 7m au dessus du niveau de la mer pour des raisons de pompage... donc évidemment trop cher


    • BarbeTorte BarbeTorte 18 août 2013 20:44

      Analysons donc le post de foufouille (que j’ai mis en italique pour plus de clarté) :

      • "Dans le même genre, il y aussi les maladies « orphelines », les recherches sur elles sont minimes voire nulles car trop peu de gens en meurent.« 
      • il y a plutot pas assez de »clients« . c’est pas assez rentable

      remarquez qu’il met entre guillemets une phrase qui vient directement du post de tall. Il s’agit donc d’une citation. La contribution personnelle de Foufouille est donc cette phrase :
      il y a plutot pas assez de »clients ». c’est pas assez rentable, que je rapproche de votre propre post : "Pour ce qui est des maladies orphelines, ce n’est pas le déni scientifique qui est en cause, mais le réalisme économique le plus cynique des politiques.

      Effectivement, ce n’est pas tout à fait pareil. Foufouille est certainement plus que vous dans le vrai. C’est bien le manque de « clients » qui fait qu’on ne s’occupe pas des maladies orphelines


    • plancherDesVaches 20 août 2013 16:16

      Wesson. J’espère que tu me liras dans cette foule de commentaires.

      Certes, la vie devient monnayable et cette exploitation a toujours arrangé les dominants.
      Ca tombe bien, vu la crise actuelle, il suffit d’attendre qu’ils tombent comme des poires bien mûres...

      Là où devrait porter la discussion est sur un autre plan.

      Je ne sais pas si certains d’entre vous ont eu un léger frisson après être monté sur un bateau alors qu’il y avait un peu de nuages à l’horizon...
      Lorsque ça commence à remuer, il est trop tard pour faire demi-tour...
      Ni si vous n’avez jamais risqué de décrocher en ayant plus qu’une prise sur une paroi verticale...
      Là, l’assurance, je vous jure que vous l’aimez au maximum... et pas celle contractée par contrat, les alpinistes vous expliqueront...
      Ni si vous avez risqué de rester bloqué dans un boyau sans oxygène en vous amusant à faire un peu de spéléologie...
      Il vaut mieux ne pas être claustrophobe... car il faut vider les poumons complètement pour passer.

      Ce que je veux dire est que prendre la mer, est COMME affronter la montagne et se risquer sous terre...

      Critiquer la science parce que l’humain ne peut rester HUMBLE devant la nature, là, franchement, je ne comprends pas !!!!!!!!!!!


    • Razzara Razzara 17 août 2013 13:11

      Comme disait Aristote : « l’improbable à toutes les chances de se produire ! » Les vagues scélérates en sont un exemple des plus démonstratifs.

      Razzara


      • Fergus Fergus 17 août 2013 16:46

        Bonjour, Razzara.

        Y compris aux endroits où l’on ne les attend pas : un jour, à Belle-Ile, j’ai vu arriver du large dans une mer plutôt calme une vague de 8 à 10 m de haut sur la côte sauvage. Elle n’a pas fait de victime, mais un homme, descendu voir la Grotte de l’Apothicairerie, a failli être emporté. Quand à mon fils et moi, un peu plus loin et plus haut sur la falaise, nous avons été complètement trempés par les paquets d’eau qui se sont écrasés sur les rochers. Nous étions pourtant à environ 20 m au dessus du niveau de la mer. Conclusion : toujours se méfier de la mer, que ce soit au large ou sur les côtes. 


      • Croa Croa 18 août 2013 11:58

        T’es sûr ? C’est plutôt du Murphy ça ! ( Les lois de Murphy ne sont pas d’une rigueur scientifique très reconnues. )


      • cyaxarte 17 août 2013 13:54

        Merci pour cet article ! Effectivement, le monde scientifique n’a guère de scientifique que le nom. Il est lui-même traversé par des croyances diverses et variées et qui, bien souvent, ne sont fondées sur rien, pas même l’expérience. Par contre, pour s’ériger en donneur de leçons, il est champion. Et pour reconnaître ses erreurs, alors, là comme ailleurs, il n’y a plus personne... !


        • lulupipistrelle 17 août 2013 19:06

          De nos jours,la plupart des scientifiques sont avant tout des fonctionnaires, ce ne sont pas des audacieux...


          Une carrière scientifique depuis deux-trois générations, c’est surtout une course aux aux postes et crédits....

          En outre depuis trente ans, on demande de laisser de côté la recherche fondamentale et de se tourner vers un partenariat public-privé... D’où l’émergence de Directeur de labo qui sont avant tout des gestionnaires... 

        • Croa Croa 18 août 2013 12:04

          Mais non la science n’a jamais prétendu à la perfection.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 17 août 2013 14:08

          Excellent sujet qui décrit parfaitement bien comment les différentes directives européennes peuvent en toute ignorance déclencher la ruine des pays entiers et successifs jusqu’à l’autre bout du monde...


          • Alibaba007 Alibaba007 18 août 2013 01:21

            @ Lisa SION 2 " Excellent sujet qui décrit parfaitement bien comment les différentes directives européennes peuvent en toute ignorance déclencher la ruine des pays entiers et successifs jusqu’à l’autre bout du monde..."

            Ah oui,  ...la vague de scélérats ! ... Les politicards et les fonctionnaires européens dirigés par la troïka et les banques.

            Bien vu également !  smiley


          • Robert Biloute Robert Biloute 17 août 2013 14:22

            La science a pour mission de démêler du mieux possible le vrai du faux. Elle sait qu’elle ne peut approcher cette « vérité » que de manière asymptotique, et avec grande prudence : en se fiant toujours aux observations, qui doivent avoir le dernier mot. Une seule observation rigoureuse et vérifiée peut remettre en cause une théorie centenaire.
            En plus de ce devoir de « progressisme » (ré-étudier les théories dès qu’une observation valable la contredit), elle a de ce fait également un caractère nécessairement conservateur : si l’on changeait les théories à la moindre objection/ la moindre observation supposée et non vérifiable, ces théories n’aurait aucune substance et ne serait que des formes chaotiques ne décrivant rien que nos fantasmes. Alors justement, parceque les hommes sont ainsi, parceque les scientifiques sont aussi des hommes, la science doit nécessairement avoir des garde fous, par exemple attendre une mesure incontestable, et pas juste un ou des témoignages, pour remettre en cause une théorie qui donne par ailleurs de bons résultats prédictifs.
            Pour les évènements rares, il n’est pas étonnant de voir la prudence scientifique jouer à plein : tant que la fréquence et les méthodes d’observation ne sont pas suffisantes, on peut théoriser pour le plaisir, on peut avoir raison avant les autres, mais tout comme un tribunal on a besoin de preuves incontestables pour prendre réellement les choses au sérieux et en tirer les conséquences, encore heureux.


            • Conseillervérif 17 août 2013 19:05

              Vous dites « si l’on changeait les théories à la moindre objection/ la moindre observation supposée et non vérifiable, ces théories n’aurait aucune substance »


              Vous avez raison sauf qu’il y a une grande différence entre le marin isolé qui dirait « j’ai vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu la vague scélérate » sans que l’on ait jamais rien entendu de pareil et des centaines de témoignages venant de personnes aussi diverses que des officiers du Queen Mary ou des passagers ayant survécu qui n’avaient aucun intérêt à mentir. La science ne doit prendre en considération que ce qui est objectivement démontrable mais c’est une chose de ne pas pouvoir prouver une théorie et donc d’attendre de nouveaux éléments pour pouvoir l’établir, et autre chose de faire de la malhonnêteté scientifique comme ça a été le cas ici, en ignorant (je n’invente rien c’est ce terme qui a été utilisé dans l’article scientifique lui-même, regardez le lien) autant que possible les témoignages et en cherchant surtout à ce qu’aucune expérimentation scientifique ne soit menée, tout ça parce qu’on refuse de changer les théories du passé, un peu comme si on se disait que les théories scientifiques étaient des lois divines. En 30-50 ans ils avaient pourtant le temps et les moyens d’essayer de faire des expérimentations. 

              De plus, dès que l’évidence devenait claire à cause de la vague de 1995, comme par hasard, les nostalgiques qui disaient que ca arrivait tous les 10 000 ans seulement ont dit « nous n’avions jamais nié l’existence de ces vagues, c’est juste que nous n’avions pas assez de moyens de vérifier leurs mesures ! ».
              Avouez que c’est gonflé. Qu’est-ce que ca a de scientifique de dire -quand on voit qu’on ne peut plus retenir le passé- « écoutez oui on le niait mais on a jamais douté que les vagues sur lesquelles on n’a jamais lancé d’expérimentation existaient »


            • soi même 18 août 2013 15:27

              ( La science a pour mission de démêler du mieux possible le vrai du faux. Elle sait qu’elle ne peut approcher cette « vérité » que de manière asymptotique ) si cela était vraiment le cas, à l’heure qu’il est la science aurait changer de figure, et malheureusement ce n’est pas une généralité, elle est juste valable que dans une observation lié aux sens, en aucun cas elle veut abandonnée son dogme que tous a une explication rationnelle.

              Cela fait à la fois sa force et sa faiblesse. Car tous n’est pas explicable et prouvable scientifiquement, cela est une autre question qui mérite un article à lui tout seul.
               


            • Deneb Deneb 18 août 2013 15:39

              « La science a pour mission de démêler du mieux possible le vrai du faux »

              non, la science n’a qu’une seule mission : prévoir. Tout le reste, genre « l’amour de la connaissance », ou alors « démêler le vrai du faux », (des notions philosophiques) , la science se fout éperdument. A l’aide des mathématiques, la science cherche à modéliser la réalité pour en tirer des prévisions et nous donne ainsi des outils pour rendre la vie plus agréable, ou alors pour tuer plus d’ennemis dans une guerre. Une épée à double tranchant, tout dépend l’usage que l’on fait de ses prévisions.


            • Croa Croa 18 août 2013 17:07

              Non, le but fondamental de la science est le savoir. Cette recherche est forcément perpétuelle car toujours incomplète. Que le savoir acquis aide les hommes dans tout ce qu’il fait c’est évident mais il est abusif d’accabler les scientifiques qui pourraient se tromper !


            • Deneb Deneb 18 août 2013 17:20

              Savoir, mais pourquoi faire ? Pour prévoir, je ne vois pas d’autre raison.


            • Robert Biloute Robert Biloute 18 août 2013 19:08

              @deneb et croa

              Quand je parle de vrai et de faux, ces notions sont définis par la comparaison entre théorie et expérience. Avec cette définition, une théorie est « vraie » si et seulement si elle est prédictive dans une domaine donné, je ne vois donc pas de contradictions entre ce que nous disons tous les 3.
              (en passant, beaucoup de gens sur ce fil oublie, voire méconnaisse, la partie « dans un domaine donné » : une théorie sans domaine de validité est incomplète)
              Deneb semble cependant plutôt parler du rôle de la science pour les hommes en tant que groupe(s). Au niveau de l’individu c’est tout de même différent : je connais une tripotée de chercheurs qui ne voient dans la science qu’une quête de savoir pure (je vous rassure deneb, ils sont en voie de disparition). Cela dit ils sont aussi astreints à la prédiction, puisque comme dit plus haut c’est en comparant les prédictions d’une théorie aux résultats d’une expérience/observation qu’on peut invalider une théorie.
              D’autre part, si je suis fasciné par ce pouvoir prédictif, je pense qu’il existe d’autres rôles plus complexes de la science. Par ex., certaines théories remettent en cause la place de l’homme dans son univers, je pense que cette connaissance pure a un impact déterminant à plus ou moins long terme, il n’y a qu’à voir l’influence des religions et de leurs mythes cosmogoniques..


            • Robert Biloute Robert Biloute 18 août 2013 19:14

              @conseillervérif

              je n’ai aucun mal à croire qu’il y ait eu mauvaise foi.. Il ne faut toutefois pas négliger l’importance et la difficulté d’obtenir des mesures fiables, qui font le tri entre l’observation entachée de subjectivité (et à ce niveau là on est loin de tout connaitre..) et la mesure, imparfaite mais objective.
              Croyez moi, si on lançait des programmes de recherche à chaque observation curieuse, et même en restreignant aux seuls chercheurs professionels, ça ne serait pas 3% de PIB mais bien plus pour la recherche..


            • Deneb Deneb 18 août 2013 19:43

              R. Biloute : "Par ex., certaines théories remettent en cause la place de l’homme dans son univers, je pense que cette connaissance pure a un impact déterminant à plus ou moins long terme, il n’y a qu’à voir l’influence des religions et de leurs mythes cosmogoniques.."

              Pourriez-vous être plus explicite SVP. De quelles théories parlez vous ? Créationnisme ? Ce n’est pas une théorie, mais une connerie (une théoconnerie, à la rigueur).

              Merci de vos lumières, en tout cas.


            • NastyCruncher 18 août 2013 20:15

              Bonjour Robert,

              Il me semble que la théorie doit être démontrée par l’observation de l’expérience et dans le cas présent l’observation n’a jamais pu être faite donc prétendre que ce phénomène n’existe pas relève plutôt de la spéculation que de la science. La science aspire à la noblesse et à la perfection tandis que ceux qui la pratiquent manque d’humilité eu égard à une certaine haute opinion d’eux-mêmes pour conserver ce sacro-saint statut de scientifique, il ne faut pas trop en demander à l’homo sapiens sapiens.


            • Robert Biloute Robert Biloute 18 août 2013 22:27

              @deneb je pensais à des exemples comme le géocentrisme (nous ne sommes plus au centre) ou le bigbang (l’univers a une histoire), mais je suppose qu’on peut en trouver d’autre, éventuellement moins tonitruants mais tout aussi fondamentaux. Ensuite je serais bien incapable de savoir comment ces idées diffusent, mais j’ai l’intuition qu’elles ont un impact sur notre manière d’envisager le monde et notre propre vie.


            • Robert Biloute Robert Biloute 18 août 2013 22:31

              @nastycruncher Bonsoir,
              la dimension des égos est sûrement un des écueils les plus présents chez les savants.. Parfois c’est aussi la source d’énergie d’un homme cela dit, mais cela dure un temps et l’histoire reste seule juge au bout du compte.


            • Mowgli 19 août 2013 13:01

              Deneb : « Savoir, mais pourquoi faire ? Pour prévoir, je ne vois pas d’autre raison. »

              Quand j’étais petit j’avais dévoré « la vie des termites » de Maurice Maeterlinck. Pour prévoir ? Prévoir quoi ? Quand le phare d’Eckmuhl serait bouffé par les termites ? Ça m’étonnerait ! Alors ? Parce que je trouvais ça passionnant, c’est tout.


            • Deneb Deneb 22 août 2013 15:47

              Mowgli, étudier les termites permet de prévoir leur comportement vis à vis des substances et actions qui les empêchent d’envahir les habitations, cela me semble plutôt évident.


            • Robert Biloute Robert Biloute 17 août 2013 14:23

              en ce qui concerne les vagues scélérates, il semble que ce soit un énième exemple de ce à quoi la science contemporaine est confrontée, et pour quoi nous n’avons pas forcément encore l’outillage nécessaire : non linéarité et systèmes complexes.


              • appoline appoline 19 août 2013 12:11

                La science a un éternel besoin de quantifier et de reproduire. Or, bien des phénomènes ne peuvent pas l’être et restent donc en marge de toute étude ou presque


              • Robert Biloute Robert Biloute 17 août 2013 14:26

                En résumé : il faut arrêter de prendre la science pour quelque chose de divin qui doit donner une explication à tout et tout de suite, c’est un grave contre sens.
                La science est imparfaite, elle se plante, elle doute, c’est peut être la seule chose qui la différencie de la religion.


                • herbe herbe 17 août 2013 15:14

                  Soit Robert Biloute, admettons...


                  Il subsiste un problème de taille c’est poser des passerelles entre disciplines scientifiques qui refusent de le faire spontanément.

                  Je ne développerai pas puisque ça a déjà été fait de manière magistrale ici :

                  Je répéterai espérant que l’on comprenne (je m’inclus dans le on) que nous avons besoin de manière urgente de cela et de sa mise ne pratique selon un principe d’amélioration continue. (c’est une solution pour échapper à notre impasse systémique).

                  extraits de l’article cité en tant que mise en bouche :
                  « 

                  .....Plus généralement, la méthode s’impose quand il s’agit, comme l’indique James Lovelock, de rapprocher des sciences qui refusent de le faire spontanément, bien qu’elles traitent toutes du même sujet, Gaïa : géologie, vulcanologie, océanologie, météorologie, biologie et anthropologie.

                  Il conviendra également d’utiliser MCR dans les domaines qui, suite à telle ou telle pratique particulière (météorologie marine à court terme, par exemple) sont d’ores et déjà abordés par des méthodes véritablement »professionnelles« mais qui sont locales : car cela permettra d’englober les résultats particuliers obtenus, dans un système de connaissances organisé et cohérent aussi vaste qu’on voudra, et d’accomplir cette intégration d’une de manière guidée, normée, consensuelle. »

                  « .....Serait-il possible de trouver, par cette voie, sinon des solutions au drame actuel, qui hélas nous paraît être irréversible, du moins des perspectives dessinant les contours d’un monde différent, où les acquis cognitifs du monde actuel seraient conservés, intégrés dans un seul tout, optimisés indéfiniment ?

                  Nous en sommes persuadés. Mais il faudrait que se mettent en place des techniques et des procédures de gouvernance représentant des sauts qualitatifs considérables par rapport à ce qui se pratique aujourd’hui.......

                   »

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