• samedi 18 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Technologies > Livre : La France saura-t-elle résister à la vague de l’électronique (...)
77%
D'accord avec l'article ?
 
23%
(21 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Livre : La France saura-t-elle résister à la vague de l’électronique ?

Aux Etats-Unis, la révolution du livre numérique est en marche. Vous m’accorderez que le monde des lettres n’avait pas connu pareil révolution depuis l’imprimerie de Gutenberg au XVème siècle.

Lundi, le site Amazon, librairie en ligne depuis déjà pas mal de temps, a annoncé dans un communiqué avoir, « sur les trois derniers mois », vendu plus de livres numériques (sur son Kindle) que de livres reliés. « Pour 100 livres reliés vendus, Amazon.com a vendu 143 livres numériques sur le Kindle » est-il précisé. Ces statistiques sont cependant à nuancer. Les ventes de livres reliés non disponibles en version numérique ne sont pas comptabilisées, tout comme les livres électroniques gratuits. De plus, il ne s’agit là que des livres vendus en ligne par Amazon et, numériquement parlant, sur le Kindle uniquement.

Quoi qu’il en soit, l’heure est au questionnement. Le livre numérique est-il une menace pour le livre traditionnel ? Ou un renouveau ?

Des avantages à cette petite révolution, il y en a bien quelques uns. Tout d’abord, les prix des ouvrages sont moins élevés. Ensuite, et surtout, grâce à ces nouveaux outils, les ventes de livres augmentent et de plus en plus de gens se mettent à la lecture, ce qui se perdait progressivement, du moins en France.

Dernièrement, on constate une nette baisse du prix des « liseuses », également appelées « livrel », qui sont simplement les appareils permettant d’accéder à ces livres dématérialisés. Cette baisse est due à l’arrivée de tablettes, comme l’iPad qui est un sérieux concurrent avec une arme de choix : l’AppStore. Cette concurrence entraîne la baisse des prix, et donc une accessibilité encore plus conséquente pour le grand public.



Seulement voilà, des nombreux inconvénients, ou dommages collatéraux, sont à signaler.

La première chose, la plus évidente, est que cette révolution déplait fortement aux plus conservateurs, et il y en a, qui tiennent à leur bons vieux livres, tangibles et réels. L’achat, la lecture et la possession d’un livre est un plaisir, presque sacré, incomparable à celui procuré par des pixels sur un écran. Avec un eBook, aucune bibliothèque personnelle, si ce n’est celle modélisée en 3D sur l’iPad. Et en cas de panne, plus rien ? Présent depuis plus de 5 siècles, le livre imprimé n’aura, je pense, pas de mal à conserver sa clientèle fidèle et dévouée.

De plus, selon une récente étude du Motif, organisme consacré au livre et à l’écrit, l’offre numérique légale représenterait « à peine 10 % de l’ensemble des titres disponibles à la vente papier » en France. L’organisme alerte également le public au sujet du téléchargement illégal. En effet, constatez les effets du piratage sur le monde de la musique et du cinéma, et imaginez la même chose pour le secteur du livre.

Il y a, avec cette révolution commerciale venue droit des Etats-Unis, comme une odeur de mort. La mort de l’édition, la mort des écrivains. La mort du livre.

Certains pressentent une cohabitation pacifique entre le livre papier et le livre électronique. Je ne serais pas aussi optimiste. Mon seul souhait est de voir cette vague s’arrêter aux frontières de la France. Après tout, nos frontières ont bien stoppé le nuage de Tchernobyl !

Notre pays est vanté pour sa particularité. Depuis toujours, parait-il, il y a « l’exception française ». Et Dieu sait à quel point le livre occupe une place immense dans l’histoire de l’hexagone. Pour l’instant, le marché français tient le coup devant l’arrivée du numérique qui ne se ressent que modérément.

Face au géant commercial américain, la France saura-t-elle résister encore et protéger le secteur sacré du livre ? A mon sens, il le faut.




par Christopher Lings (son site) mercredi 21 juillet 2010 - 42 réactions
77%
D'accord avec l'article ?
 
23%
(21 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Deneb (---.---.---.73) 21 juillet 2010 10:52
    Deneb

    Pub pour l’abominable Kindle et Amazon qui vous efface les bouquins comme bon lui semble. Pour lire un livre sur l’ecran, je n’ai besoin ni de l’un ni de l’autre.

    Comment cette pub a-t-elle passé la modération ?

  • Par Mmarvinbear (---.---.---.6) 21 juillet 2010 11:26
    Mmarvinbear

    Je ne vois pas en quoi le livre électronique serait une menace pour le livre, à quelque niveau que ce soit.

    Il faut savoir en premier lieu qu’il y aurait toujours des conservateurs. Quand les caractères mobiles se sont répandus, il y a eu des rétrogrades qui ne juraient que par la recopie et l’enluminure à la main, et qui s’inquiétaient de la corporation des tailleurs de plumes d’oie... Cette critique avait une base plus fondée : la copie à la main permettait de limiter la diffusion des ouvrages pernicieux et critiques envers la religion et le pouvoir royal, chose plus difficile à faire si tout le monde pouvait ouvrir une imprimerie...

    Donc que de grands penseurs se mettent à gémir sur le devenir de la profession d’imprimeur ou d’éditeur, cela ne m’étonne pas...

    Le plaisir de lire sur papier, lui, est tout relatif. Le papier peut être de qualités différentes et celui qui appréciera celui à grains ne sera peut-être pas suivi par son voisin, qui lui préfère un grammage moins prononcé.

    Livre papier ou électronique ont chacun leurs avantages et inconvénients. Le papier n’est d’aucune utilité la nuit quand vos fusibles vous ont laché ou que votre conjoint, par son regard insistant, vous signale qu’il est plus que temps d’éteindre la lumière car lui (ou elle) se lève dès potron-minet... La version électronique est elle assujetie à une batterie qui vous livre un bel écran noir si vous avez eu l’inconscience d’oublier de surveiller sa charge, ou si vous avez oublié d’emporter le chargeur...

    Pour les personnes qui ont des difficultés pour lire, l’électronique, qui permet d’adapter la taille des caractères, est clairement un immense progrès.

    Certes, le modèle économique du secteur va changer, mais est-ce une si mauvaise chose ?

    L’industrie du disque a été victime de piratage massif pour deux raisons :

    - les éditeurs ont longtemps refusé de diffuser la vente de leurs produits en ligne, ce qui a poussé les consommateurs à télécharger illégalement en signe de protestation ( et aussi pour certains, pour ne rien payer...)

    - les maisons d’éditions ne voulaient pas perdre leur poule aux oeufs d’or. L’avènement du CD a obligé le public à renouveler leur collection et les compagnies en ont profité : plus de 20 euros la nouveauté, les compilations vendues plus de 15 euros alors que les frais étaient largement amortis alors que l’album est désormais vendu entre 10 et 15 euros (hors promotions ponctuelles).

    Aujourd’hui, les grosses compagnies sont toujours en place. Elles ont perdu en chiffre d’affaire et en influence car le Net favorise l’émergence de micro-éditeurs mais vu la vague de merdes commerciales qu’elles nous ont sorties ces quinze dernières années, personne n’ira les plaindre de ce régime imposé...

    Les éditeurs français sont en train de faire la même connerie que les industriels du disque au début de l’ Internet : les livres y sont souvent vendus au même prix que l’édition papier ! Alors qu’il n’ont ni frais d’impression, de distribution et de stockage à débourser ! Inutile de dire qu’une arnaque de ce genre ne pousse pas à la légalité !

    Un tel système pousse plus au crime, ou a se contenter des livres du domaine public, qui sont diffusés gratuitement sur le Net : on peut enfin découvrir les grandes oeuvres sans avoir peur d’investir une somme dans un bouquin qui vous tombera peut-être des mains au bout de cinquante pages... Autant j’ai apprécié le Dracula de Bram Stocker, autant le Frankenstein de Mary Shelley m’a emmerdé ! Le Don Quichotte de Cervantès m’ a apporté bien plus de plaisir que la Princesse de Clèves ! Ca m’emmerde de le dire, mais NS a raison sur ce point...

    En fait, selon moi, s’il y a une collection qui risque de morfler, c’est le Livre de Poche...

    Je vois mal le bibliophile jeter ses éditions reliés plein cuir de la Pléiade lors de l’achat d’ un ipad. En revanche, il pourra emporter une version électronique de sa bibliothèque en vacances sans surcharger sa valise des éditions poche bon marché pour préserver ses ouvrages du sable et du soleil...

    Livre et livre électronique peuvent facilement cohabiter. Selon moi, la qualité papier et esthétique devrait en être renforcée de l’arrivée du numérique. Ce ne sera pas un mal d’être enfin débarrassés de ces immondes ouvrages brochés qui perdent leurs pages dès que leur colle commence à se craqueler au bout de trois-cinq ans...

    Après tout, malgré les Cassandre, le cinéma n’a pas tué le théatre, et la télé n’a pas tué le cinéma...

  • Par PhilVite (---.---.---.39) 21 juillet 2010 12:50
    PhilVite

    Sauf à revenir au moyen-âge, nul n’endiguera le phénomène du téléchargement. Et heureusement.
    Aux acteurs du secteur de s’adapter...ou de disparaître. Cette loi est valable de tout temps.
    S’il disparaissent, d’autres qui sauront faire prendront leur place. Et leur disparition ne signiifera nullement la fin de la création. Il m’arrive même de plus en plus souvent de penser le contraire !

  • Par PhilVite (---.---.---.39) 21 juillet 2010 11:02
    PhilVite

    L’important c’est ce qu’il y a dans la boîte. Pas la boîte.

    Bon, si il y a des collectionneurs de boîtes, c’est bien qu’il y ait des boîtes aussi !  smiley

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération