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Livres de figures sociales ou sociables ?

Quoi, sur les réseaux sociaux, sur Facebook, vous n’y êtes pas encore ? Pas possible. On y a tellement d’amis qui sont prêts à nous rencontrer sur la Toile, à nous fréquenter, à nous soutirer des informations, peut-être. Mais qu’est ce que Facebook a à y gagner, lui-même ? Un film, peut-être ? Pas vraiment, sinon comme une nouvelle incitation à son utilisation.

1.jpg

De Facebook, on en a déjà tellement parlé qu’un film, se devait d’arriver un jour.

"The Social Network" vient de sortir dans les salles de cinéma. Il pourrait faire un tabac et se retrouver dans les nominés aux Oscars. Le film présente une histoire romancée de Facebook avec un rapport de 30% de vérités sur l’affaire de ce réseau social bien connu.

"Pendant la première heure 55, c’est un antihéros et lors des cinq dernières minutes du film, c’est un héros tragique" résumait Aaron Sorkin comme analyse de son film. De lui, on en parle, déjà.

A l’origine, selon le film, une histoire de déception amoureuse aurait décidé ce jeune Mark Zuckerberg à lancer Facebook en 2004. Un "djeune" qui aurait vécu la tragédie de notre époque comme une fable : la solitude suite au rejet par les autres. Solitude qui n’a pourtant pas d’âge de prédilection.

Amitié, loyauté, traîtrise, jalousie, argent, intelligence, une séries de sentiments se confondent et fusionnent dans ce film alerte et loué par la critique.

Tout commencerait en octobre 2003. Un geek génial étudie l’informatique à l’université de Harvard. Il a d’excellentes relations avec sa bécane et beaucoup moins avec le monde extérieur. Lors d’une sortie, c’est la déception avec une fille. Le Nerd en colère revient devant son écran et crée un site consacré aux filles du campus. Ce sera "Facemash.com" ("Têtes à claques"). Pour ce faire, il récupère des milliers de photos, des jeunes filles de l’université, pirate le serveur de celui-ci, écrit un petit programme pour permettre le vote, envoie sa farce à quelques personnes de confiance et s’en va au cours. Au retour, c’est le bug. Son PC ne répond plus. La boule de neige est partie comme un virus. Le vote de 22.000 internautes, enregistrés à son insu. Mark saborde son programme mais reçoit les plaintes et les bosses de l’université.  Une blague d’étudiant qui finti mal. Il arrêtera ses études avant la fin mais l’idée d’extrapoler sa bévue deviendra "Facebook". 

L’acteur Jesse Eusenberg joue le rôle de Zuckerberg avec des dialogues intelligents, rapides et incisifs, avec un humour caustique et violent.

La vision du film a reçu un accueil glacial chez les pontes de Facebook. "C’est une fiction", lançait Mark. Pourtant, le producteur, David Fincher, l’affirme : "Facebook n’apparaît qu’en toile de fond". Trop de contraintes avaient été demandées par Facebook même pour permettre le rapprochement avec plus de vérités bibliographiques.

Le film s’inspirait d’ailleurs du livre "The Accidental billionaires : The founding of Facebook - A tail of Sex, Monney, Genius and Betrayal" de Ben Mezrich, traduit en "La revanche d’un solitaire. La véritable histoire du fondateur de Facebook". Bibliographie qui, elle aussi, n’était pas autorisée par le héros de l’histoire.

La radio a mis 38 ans pour s’imposer et atteindre les 50 millions d’utilisateurs. La télévision, 13 ans. Internet, 4 ans. Facebook, 1 an.

C’est dire que le progrès s’accélère de manière presque exponentielle.

1.jpgPas de doute, tout le monde, à un moment ou un autre, s’y inscrit presque contraint, presque forcé pour raison commerciale, personnelle, familiale ou sociétale. Comme un signe de ralliement, on ne se demande plus à quoi cela va servir, on s’y inscrit, avec remplissant quelques renseignements optionnelles ou obligatoires. Comme service publique, cela entraîne une véritable inflation de données personnelles sur la Toile dont l’utilisateur ne s’imagine même pas l’intérêt que l’on pourrait en faire à son insu. Cela devient une véritable "partouze d’infos", peut-on dire, avec des photos de baptêmes, d’anniversaires, de vacances... données utiles uniquement pour ceux qui sont proches ou lointains mais qui resteraient dans un environnement restreint et désiré. La publicité ciblée qui viendra ensuite, n’est pas l’effet du hasard mais est éccepté de bonnes grâces. Des dérapages se produisent de manière plus insidieuse. Des escroqueries, des usurpations d’identité et des mises à mal de la vie privée... pour n’en citer que quelques unes.

Est-cel le narcissisme de notre société mis au grand jour ?1.jpg

Il y a de ça, mais il y a aussi une envie d’échanges pour faire connaître les meilleurs côtés de soi-même, du côté "donneur". Un certain voyeurisme comme observateur du côté "receveur". 

Des utilisateurs, coincés, avec l’idée de "Je suis sur Facebook, donc j’existe".   

Internet était décentralisé, avant cela. Facebook fait revenir tout le monde au bercail. On y est averti des anniversaires de chacun, dont on connaît les préférences et qui peuvent s’accommoder de possibilités de cadeaux à offrir.

Pour le mi-mandat d’Obama, les Américains avouent qu’ils ne s’intéressent aux élections que via Internet, Facebook et plus par la presse papier.

Pas de référendum officiel en Belgique. Qu’à cela ne tienne, Facebook devient "la" Pétition en ligne.1.jpg

On inscrit son commentaire sur le "mur" de quelqu’un. Ce mot "mur" n’est, certainement, pas anodin.

"Cet homme a changé vos vies" titrait le Télé Moustique.

Mark Zuckerber est devenu le plus jeune milliardaire du monde (estimation, 7 milliards de dollars). Il aurait, aujourd’hui, 550 millions d’amis virtuels et pourtant il vit, aux dernières nouvelles, toujours seul dans le réel.

Geek, plutôt hacker anarchiste, Mark ne veut pas connaître ce qu’il possède ou gagne. Cela n’empêche que les amitiés virtuelles sont devenues, tout de même, son fond de commerce avec la fondation de Facebook. Facebook est présent dans 207 pays avec 130 amis par personne en moyenne.

Il n’est pas seul. On compte, au total, près d’un milliards d’internautes dans le monde qui se consultent sur pléthore de réseaux sociaux spécialisés géographiquement et avec leurs propres services.

1.jpgA l’échelle mondiale, on compte 940 millions d’utilisateurs. En Belgique, 3,8 millions d’utilisateurs inscrits (près de 70% de la population). Le besoin des utilisateurs, c’est la technologie, elle-même, qui le crée et les rend dépendants si pas, esclaves quand on sait qu’en moyenne, un utilisateur approche une heure par jour d’utilisation spécifique. Des résistants à l’inscription l’appellent du doux nom de "fesses book", pas par ignorance mais suite à une analyse et n’y avoir pas trouver d’intérêts personnels. Il est vrai que l’effort pour "augmenter" le nombre de ses amis est moindre que celui de le "diminuer".

Une fois catalogué dans le "système", il est difficile d’être sûr de se faire oublier complètement. Tout ce qui est publié reste la propriété de Facebook. La procédure de désinscription propose naturellement une mise en pause temporaire plutôt qu’une annulation d’un compte.

Seulement 34% des utilisateurs belges se méfient de Facebook. 45% pour Netlog selon l’étude récente de "InSites Consulting". En été 2010, Facebook, attaqué par l’intermédiaire d’un nouveau réseau Diaspora qui dénonçait les risques d’évasion des données, a dû augmenter leurs protections. 

1.jpgSystème ouvert, Facebook a lancé sa plateforme avec son code source au risque de perdre le contrôle sur les contenus et les revenus annexés.

Il faudra arriver à parler gros sous. La course à la rentabilité reste dans l’ombre mais existe bien. Seul les réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo font rentrer certains revenus. Le toujours jeune Mark Zuckerberg n’avait, peut-être pas, l’argent en tête lorsqu’il a créé Facebook mais l’agent reste le nerf de la guerre. Des associations dans le monde du social sont prévisibles ou déjà en place.

Le futur ? Des rentrées, d’un milliard de dollars pour 2010 sont estimés. Microsoft est déjà entré dans le capital pour offrir son expérience dans la publicité et le contenu. La vente de produits virtuels aurait rapporté près de 75 millions d’euros. Le Smartphone avec Skype en partenariat, va pouvoir en plus localiser l’utilisateur. Ce qui sera un avantage et un inconvénient prévisible.

En parallèle, le Facebook européen, avec 71 millions d’utilisateurs, Netlog grappille partiellement la vedette à Facebook. Également en croissance, ce réseau social a les mêmes problèmes de cash flow. Sorti avant Facebook, lancé par deux étudiants gantois, Lorenz Bogaert et Toon Coppens, Netlog s’appelait, en 2003, "Facebox". Le jeu Gatcha !, implémenté sur la plateforme, permettait d’engranger 20% du chiffre d’affaire. Le succès ou l’échec reste dans l’augmentation exponentielle du nombre d’utilisateurs et... du nombre de dollars qui y serait associé.

Facebook, mes amis, mes amours, mes emmerdes ... écrit Olivier Levard et Delphine Soulas.1.jpg
Les réseaux sociaux de mondiaux sont passés du mondial au local et du virtuel au réel.
Ils répondaient à un phénomène de société : la perte de relations humaines, le Café de Commerce d’antan. Tous s’y sont engoufrés à tête perdue.
Amis ou ennemis, la belle affaire... La fracture numérique a oublié que l’homme restait grégaire. Sortir de l’anonymat, de la non reconnaissance avec ses bons côtés, bien sûr, les mauvais s’en chargeront par après.
1.jpg
En bonne société, la courtoisie, le comptage font la règle principale du jeu.
Mais, nous sommes au début novembre, cela nous rappelle que parmi les 500 millions d’amis, il doit bien y en avoir parmi eux qui ne répondront plus et qui n’auront que qu’une photo souvenir à leur actif. Une pensée pour eux, donc.

Cher Mark, idée géniale que Facebook...

Vos utilisateurs croissent. Vous comptez, j’en suis fort aise.
Et bien, décomptez, maintenant.

 

L’enfoiré,

 

Autres réseaux sociaux : Myspace (130 millions d’utilisateurs), LinkedIn (75), Qzone (200), Habbo (162), Orkut (100), Flixter (70), Baidu (54).

Citations :

  •  "L’ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions.", Jean-Jacques Rousseau
  • "La cohésion sociale est due en grande partie à la nécessité pour une société de se défendre contre d’autres.", Henri Bergson

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14 réactions à cet article    


  • docdory docdory 1er novembre 2010 17:38

    @ L’enfoiré

    Personnellement, je ne me suis jamais inscrit sur facebook.
    Je suis confronté de temps en temps à des liens sur facebook qui me sont envoyés par mes correspondants ou que je trouve en lisant des articles. Néanmoins , apparemment , ces liens sont inaccessibles si l’on est pas inscrit, ce que je trouve abusif .
    C’est n peu comme si l’on ne pouvait pas lire les articles d’agoravox sans y être inscrit ..

    • L'enfoiré L’enfoiré 1er novembre 2010 17:44

      Doctory,
       Vous avez tout compris le côté obligatoire, incitatif de l’inscription sur Facebook.
       Tout est fait pour.
       J’y suis, on m’y a trouvé suite à des connaissances (je n’ai pas dit « amis ») en commun.
       Mais je ne joue pas le jeu.
       Je ne vais pas lire ce qui s’y passe que quand on m’y invite.
       Les anniversaires ressortent comme par miracle du chapeau du souvenir.
       Vous êtes censés d’y répondre. Cela fait une entrée de plus.
       Vous avez dit « abusif » ? Comme c’est étrange... smiley


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 1er novembre 2010 18:14

      Guy


      Mon expérience sur Facebook a été de courte durée. Je me suis d’abord inscrit sous un nom d’emprunt. Je ne voulais pas que mon nom véritable apparaisse sur cette plateforme dite coimmunautaire. Puis il m’a fallu gérer tout cela. Confidentialité, restriction dans les invitations de personnes inconnues qui souhaitent devenir votre ami, gestion des photos et la restriction de leur diffusion, etc. J’ai fermé mon compte (est-il fermé ? Nul ne sait) après qu’un plaisantin se soit servi de mon pseudonyme pour expédier des spams à quelques amis. C’en était trop.

      Le Canada, comme certains autres pays, ont exprimé des craintes réelles sur la gestion de la confidentialité de ce site. La vente des informations à des fins de marketing fait sourciller les gestionnaires des programmes de confidentialité dans quelques pays. Je suis toujours surpris de constater la facilité avec laquelle des gens bien intentionnés livrent des informations sur leur vie privée sans savoir dans quelle direction ces dernières vont circuler. Lorsqu’il s’agit de gros sous, les principes sont souvent considérés comme des empêcheurs de tourner en rond. Il faut savoir que 10 des applications les plus populaires sur Facebook transmettent toutes des renseignements personnels, selon une enquête du Wall Street Journal. 

      Lorsque vous écrivez : Facebook est présent dans 207 pays avec 130 amis par personne en moyenne, cela m’inquiète parce que le siège social est aux États-Unis qui ne se gênent pas lorsque vient le temps de procéder à des collectes d’informations. 

      Pierre R. 


      • L'enfoiré L’enfoiré 1er novembre 2010 18:57

        Pierre,
         Peut-être avez-vous pris la bonne initiative depuis le début : prendre un nom d’emprunt.
         Mais comme vous avez pu le constater cela ne protège pas de toutes les (mal)versations.
         Les chiffres concernant les 130 amis par personne, quand je les ai lu, m’ont également effrayé.
         A y réfléchir, cela devient presque « naturel » d’accepter n’importe qui. On se constitue un « portefeuille de connaissances », quand on n’a plus de « portefeuille en capital ».
         L’aspect inattendu dans les écoles, l’a été par le côté négatif de l’utilisation.
         Les clans qui se liguent contre plutôt que pour une personne pour la détruire.
         Internet va plus vite que son ombre.
         Avant que le mal est découvert, son action a déjà fait son oeuvre de destruction.


      • L'enfoiré L’enfoiré 1er novembre 2010 18:59

        Il ne faut pas oublier les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn et là, on surfe sur le bon côté de la plaque.


      • Polemikvictor Polemikvictor 2 novembre 2010 09:40

         

        J’utilise Facebook pour sa destination initiale a savoir : rester en contact avec mes proches échanger des petites infos quotidiennes futiles qui ne justifient pas un coup de fil et également partager des photos de famille. Rien de méchant et je suis très content de m’en servir.

        Pour argumenter , compte tenu de la bêtise de certains de mes contemporains, j’utilise Agoravox et un pseudo. La aussi pas de pb.


        • L'enfoiré L’enfoiré 2 novembre 2010 09:46

          Polemikvictor,
           C’est une bonne utilisation du système.
           Dans ce but, il y a peut-être quelque chose qui manque dans Facebook : la possibilité d’ouvrir ou de fermer l’accès des des données pas l’intermédiaire d’un mot de passe distribué aux ayant droits.
           Un coup de fil, c’est entre deux interlocuteurs. Facebook ce sont tous les reconnus comme « amis » ou bien la Terre entière qui entre dans la confidence.


        • Taverne Taverne 2 novembre 2010 11:34

          Salut L’enfoiré !

          Personnellement, j’utilise les différents outils à proportion de ce qu’ils m’apportent. Trouvant un intérêt très limité dans l’utilisation de Facebook (contact avec des proches, notamment), je n’y ai recours que de façon très minimaliste. Je trouve que ce système m’apporte plus de contraintes que de libertés. La profusion de prétendus « amis » qui y règne ne me plaît guère.


          • L'enfoiré L’enfoiré 2 novembre 2010 13:11

            Salut Taverne,
             Bonne initiative également.
             Personnellement, je n’y ai trouvé aucune contrainte, car je limite au maximum son utilisation.
             Si tu as lu le titre de mon article, tu as pu trouver la difficulté que j’éprouve à lui donner une catégorie.


          • slipenfer 2 novembre 2010 13:42

            j ’ai une copine on l ’appel fesse boook ,tout le monde y va.

            http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/pour-ou-contre-la-legalisation-du-83839

             smiley le pass:c’est K222MERD1eeM22z0BfDDD11110pOi88@22éhsL111


            • L'enfoiré L’enfoiré 2 novembre 2010 14:06

              slipenfer,

               Pas trompé de lien par hasard ?
               Du canabils en Californie quand on parle sur Facebook, cela peut les aider, mais...
               smiley
               
               


            • slipenfer 2 novembre 2010 14:28

              L’enfoiré
              c’est pas moi qui est mis le lien sur le poste,j’ai du être piraté smiley

              sinon pour ce faire de faux amis Facetruc c’est parfait.

              J’ ai la nostalgie des bistrots enfumés,avec une faune,un écosystème,
              avec de la vie,la fête ou la guerre,mais toujours la bière,des litres,
              et toute la nuit,même au toilette tu communique.l ’osmose dans
              la mousse du petit matin avec dans les bras une jeune femme ivre de joie.
              rien a voir avec les troqués pour touriste.
              L’avantage que je reconnait avec Fistboc ,c’est que tu risque pas de te faire plomber,
              sauf si tu met en ligne les photos de ta dernière récolte de californienne.
              et hop j’ai fait le joint entre deux articles contingent.
              a+++


              • L'enfoiré L’enfoiré 2 novembre 2010 14:32

                C’est pour cela que j’ai ajouté l’avant dernière image.
                Elle exprime l’idée.
                On se fait plombé avec un verre dans le nez, mais au moins, on sait pourquoi et sur qui il faut frapper après.
                 smiley


              • slipenfer 2 novembre 2010 15:32

                Tu as entièrement raison
                allez je cuite le fil.
                 bon article, aux fêtes, et au plaisir de te relire

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