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Accueil du site > Actualités > Technologies > Logiciels libres et open source (Culture libre)

Logiciels libres et open source (Culture libre)

Vous avez sûrement déjà entendu parler de logiciels libres et d'open source. Mais qu'est ce que c'est en fait ? Et quelles sont les différences entre les deux ?

Cette publication est avant tout destinée aux profanes, mais aussi aux utilisateurs dépendants du titanèsque GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) qui vendent les données confidentielles des utilisateurs. Pour Framasoft, association qui promeut la culture libre, il s'agirait de "dégoogliser" Internet (voir plus bas) et de rendre libre le partage de savoirs et connaissances, mais surtout de nous donner une indépendance. La culture libre est un état d'esprit, une vision du monde qui ferait de nous des individus libres, autonomes et connectés.

_Le logiciel libre (free software)

Quand on dit qu’un logiciel est « libre », on entend par là qu’il respecte les libertés essentielles de l’utilisateur : la liberté de l’utiliser, de l’étudier, de le modifier et d’en redistribuer des copies, modifiées ou non. C’est une question de liberté, pas de prix – pensez à « liberté d’expression » et pas à « entrée libre ».

(Richerd Stallman, GNU, voir article complet)

Un programme est un logiciel libre si vous, en tant qu’utilisateur de ce programme, avez les quatre libertés essentielles :

  • la liberté d’exécuter le programme comme vous voulez, pour n’importe quel usage (liberté 0) ;
  • la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu’il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1) ; l’accès au code source est une condition nécessaire ;
  • la liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin (liberté 2) ;
  • la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l’accès au code source est une condition nécessaire.

L’obligation qui dérive de ces quatre libertés tient au fait que les modifications apportées sont nécessairement sous licence GPL. Cette obligation fait que la licence GPL est parfois qualifiée de « virale », car elle s’étend aux ajouts apportés au code. Cette « viralité » a une grande importance, dans la mesure où elle oblige les gens qui modifient un logiciel libre à rendre leurs modifications libres. En substance, on bénéficie de briques logicielles fournies par la communauté, mais ce qu’on bâtit avec doit aussi être reversé à la communauté. C’est le principe du logiciel libre, dont Richard Stallman est le porte-drapeau.

_L’open source

L’open source, dont Eric Raymond est l’un des piliers, considère que la viralité de la GPL n’a pas d’intérêt, et qu’elle a même tendance à rebuter les entreprises, qui redoutent de voir leur travail devenir librement diffusé parce qu’elles l’ont bâti sur du logiciel sous licence GPL. Le mouvement open source considère qu’il n’est pas nécessaire d’avoir recours à la viralité de la GPL pour qu’il s’impose. En effet, il est d’après eux intrinsèquement meilleur. C’est pourquoi Eric Raymond recommande d’utiliser des licences qui ne sont pas virales (comme les licences MIT/X11, BSD et Apache). Les logiciels sous ces licences peuvent être modifiés et redistribués sans qu’on soit obligé d’offrir le code source aux utilisateurs. D’un côté, les entreprises sont peut-être plus rassurées, d’un autre elles ne sont pas obligées de reverser leurs contributions à la communauté.

Finalement, l’opposition entre open source et logiciel libre tient surtout à la vision qu’on a de la société. Avec une licence open source, on va avantager les éditeurs de logiciels qui vont disposer d’un code source réutilisable et revendable à leurs clients, sans « remettre au pot ». A l’inverse, avec une licence libre de type GPL, c’est l’utilisateur qui est avantagé : il profite d’une totale liberté de ses logiciels et réduit sa dépendance vis à vis des fournisseurs. Alors, que faut-il choisir ? Tout dépend de qui on est et de quel projet l’on parle. Pour ma part, mon expérience tent à prouver que si on ne force pas les gens à rendre à la communauté par l’intermédiaire de la GPL, ils le font moins, et le système fonctionne moins bien.

Le projet Mozilla, pour sa part, est sous triple licence GPL / LGPL / MPL, ces deux dernières permettant la cohabitation de code libre avec une brique propriétaire, sans devoir rendre celle-ci libre pour autant. Vous êtes perdu dans toutes ces licences ? Sachez que Wikipedia offre un excellent tableau des licences libres et de leurs
attributs
(qui est lui sous licence GFDL,ce qui permet de reprendre du contenu et de le modifier, en toute légalité !)

Alors, faut-il être du coté open source et éviter les licences virales, ou faut-il être du côté du libre et utiliser la GPL ?
Je vous invite à mettre votre grain de sel dans les commentaires.

Voir aussi :

ANNUAIRE DE LOGICIELS LIBRES / FRAMASOFT

CONFERENCE DE R.STALLMAN (UNIX, GNU)

FRAMASOFT, "DEGOOGLISONS INTERNET"

 

Autre article sur les technologie :

Fonctionnement global de NORSE. Anonymous, cyber-guerre et surveillance informatique. (LIRE)


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17 réactions à cet article    


  • baron 9 février 13:04

    Si une entreprise investit de l’argent mème en utilisant des logiciels open source, il est bien évident qu’elle doit vendre ses produits ou ses services. Pour les services cela peut passe, mais si elle rend disponible tout le code elle risque de ne plus vendre et même de ne pas avoir de retour sur investissement.

    Peut-être faudrait-il qu’une licence permettent de différer dans le temps la diffusion des codes sources à la communauté, 3 a 5 ans ne semblent pas déraisonable dans certains cas.

    • amiaplacidus amiaplacidus 9 février 14:32

      @baron

      Que penseriez-vous d’un architecte qui a été intégralement payé pour construire un bâtiment public, une mairie par exemple, et qui demanderait à chaque visiteur une participation financière pour y entrer et ceci pour des dizaines d’années ?

      J’imagine sans peine que vous trouveriez ceci totalement aberrant. Et pourtant, c’est ce qui se passe avec les logiciels propriétaires.

      Les investissements de développement sont très rapidement amortis (contrairement à un lieu commun trop répandu, ces coûts sont loin d’être faramineux ). Ensuite, c’est quasiment 100 % de bénéfice, les coûts marginaux de distribution, sont, hors publicité, pratiquement égaux à zéro.

      En général, lorsqu’une entreprise utilise du logiciel libre, c’est pour l’adapter à des systèmes matériel particuliers ou logiciels (PC, tablette, liseuse, TV, téléphone, micro-onde, etc*), le coût de ces modifications est totalement négligeable par rapport au coût total et, de toute façon, il est intégré dans le prix du produit, mais le source du logiciel est donné ou on vous donne le moyen de vous le procurer.

      Avant de prendre ma retraite, j’avais une petite (toute petite, nous étions deux) entreprise de développement de logiciels industriels (maintenant, on dit robotique, cela fait plus sérieux). Très souvent, en fait pratiquement toujours, j’utilisais, au départ, des logiciels libres (ne serait-ce qu’un compilateur et une librairie), je prévenais mon client que le logiciel développé serait sous licence GPL et cela n’a jamais posé aucun problème et j’ai toujours gagné correctement ma vie.
      .
      .
      * Infiniment plus que ce que vous pensez d’objets de votre quotidien utilisent des logiciels libres intégrés, si vous prenez la peine de lire les papiers que l’on vous fourni lors de l’achat de ces objets, vous verrez une copie de la licence GPL.


    • Croa Croa 9 février 14:40

      À baron,
      La vente de produits et surtout de services n’est qu’une question de compétence. Fermer l’accès aux sources ne peut être que nuisible car ça emmerde tout le monde alors que seuls les informaticiens moustachus ont réellement la faculté de faire évoluer les produits informatiques, mais à quoi serviraient alors ces gens si tous travaux, sauf embauche au sein de la boite autorisée, leur étaient interdits ?
      Ceux qui ont des moyens (les entreprises) ne peuvent que payer car elles n’ont pas les moyens de rester à la traîne et l’efficacité passe paradoxalement par une plus grande ouverture. En fait la propriété du savoir ne profite qu’à quelques-uns (puissants il est vrai.)


    • Croa Croa 9 février 14:50

      À amiaplacidus,
      Tout à fait ! L’architecte a été rémunéré pour son travail car tout travail mérite salaire. C’est valable aussi pour les informaticiens... La plupart du temps.
      Le problème vient des patrons et surtout de la finance, ces gens étant portés à toutes les astuces pour tirer une rente du travail mort sous forme de licences par exemple.


    • Abou Antoun Abou Antoun 9 février 13:09

      Je suis pour le logiciel libre et n’utilise que ses produits.
      Cependant cette liberté de modifier le code, de le redistribuer est théorique et illusoire. Essayez un peu d’aller fouiner dans le code d’un noyau linux ou d’une suite logicielle telle LibreOffice. A moins d’être depuis des années un contributeur d’un de ces projets vous ne pourrez pas y mettre votre nez (trop lourd, trop complexe). Donc en pratique nous avons des licences qui permettent les ’forks’ c’est à dire qu’un groupe de l’équipe des développeurs d’un projet provoque une scission générant un nouveau projet. C’est parfois justifié (OpenOffice —> LibreOffice), mais pas toujours. La multiplicité des ’forks’ est utilisée pour dénigrer le système linux. Personnellement je m’en moque car je trouve dans l’existant des choses satisfaisant exactement mes besoins, en l’état.


      • amiaplacidus amiaplacidus 9 février 14:38

        @Abou Antoun

        En fait, pas trop difficile de se plonger dans le code source, en tout cas dans la partie qui vous intéresse.

        En principe, Linux est développé de façon très modulaire, bien documenté et l’on retrouve facilement ce que l’on cherche.
        Si vous développez un module, et si vous espérez qu’il soit retenu dans une version, vous devez vous astreindre à écrire le code d’une façon bien précise. Cela fait que l’ensemble est relativement accessible.

        Pour OpenOffice, enfin, plutôt LibreOffice maintenant, je ne sais pas trop, je n’ai pas eu besoin d’aller voir ce qu’il y a dessous l’utilisation.


      • baron 9 février 18:11

        @amiaplacidus
        J’évoquais juste une idée sans certitude aucune.
        Cependant, il ne faut pas non plus minimiser l’investissement nécessaire aux éditeurs de logiciels, tous n’ont pas une clientèle importante et il faut bien qu’ils puissent commercialiser leurs produits, pour se rémunérer,
        Les logiciels doivent de plus bénéficier de mise à jour, cela à un prix .... Et si le libre veut pouvoir suivre de rythme des innovations présentes et futurs il faudra aussi de l’argent.
        J’attends toujours des micro processeurs issus du monde du libres qui permettraient une vrai émancipation, mais ce type de projets semblent en stand by ....


        • fatallah 9 février 18:43

          @baron
          >J’attends toujours des micro processeurs issus du monde du libres qui permettraient une vrai émancipation, mais ce type de projets semblent en stand by ....

          Avez-vous vu les Raspberry et similaires ?


        • Ruut Ruut 18 février 17:16

          @baron
          Une mise a jour est juste une correction de bug identifiée après livraison ou mise en ligne.

          Un logiciel sans mise a jour si il est exempts de bugs n’offre aucun problème.


        • Ludo Nymous Ludo Nymous 9 février 18:42

          Liste non exhaustive des licences logiciels (GNU) :
          http://www.gnu.org/licenses/license-list.fr.html


          • pemile pemile 9 février 19:12

            @baron « il ne faut pas non plus minimiser l’investissement nécessaire aux éditeurs de logiciels, tous n’ont pas une clientèle importante »

            Prenons le cas extrême, un seul client me demande de lui développer une application de taille moyenne. Six mois de travail, je facture et le client paye ce temps passé.

            Prenons maintenant deux scénarios :
            Un second client me demande à peu près le même logiciel, je lui facture aussi 6 mois de boulot par « équité » avec le premier client ?

            Je ne lui facture qu’une semaine d’adaptation de l’existant ? Si dans les modifications demandées par le deuxième client certaines peuvent intéresser le premier client, je lui vends ou lui donne ?


            • Abou Antoun Abou Antoun 9 février 20:30

              @pemile
              Un second client me demande à peu près le même logiciel, je lui facture aussi 6 mois de boulot par « équité » avec le premier client ?
              Commercialement c’est un peu délicat. Que devrait-on faire pour être juste ? Additionner le travail pour les deux disons 6 mois pour le premier et un mois d’adaptation pour le second. En tout le développeur doit être payé au mois 7 mois, disons 8 pour un compte rond. Il serait donc juste que le premier reçoive une ristourne de 2 mois et que le second paie 4 mois. Cette pratique est bizarre et je ne sais pas si on peut la justifier sur le plan comptable mais elle serait juste car l’investissement est fait autant par le développeur que par le premier client qui rédige le cahier des charges. La généralisation est compliquée, dans la mesure où chaque nouvelle vente doit prendre en compte les précédentes.
              Ou alors chaque nouveau client paie une fraction au développeur et une fraction au premier client pour une sorte de « droit d’auteur », mais on risque à nouveau de tomber dans des problèmes « d’objet social » pour le premier client.


            • Doume65 9 février 20:35

              @pemile
              Y’a de bonnes chances que si l’appli que tu as créée n’est pas trop spécifique, tu as pensé lorsque tu as fais ton premier devis que tu pouvais réutiliser ton code, ce qui te permet de
              - baisser le prix et emporter le marché
              - faire connaitre parle bouche à oreille les super conditions que tu as pu consentir
              - donc de revendre ton logiciel et de gagner du fric en facturant la même chose aux suivants

              Ma petite solution à ton problème est entièrement sous licence GPL.


            • pemile pemile 9 février 22:16

              @Doume65 « de gagner du fric en facturant la même chose aux suivants. Ma petite solution à ton problème est entièrement sous licence GPL. »

              En GPL, le premier client peut tout à fait revendre lui même le logiciel aux clients suivants, non ?

              « baisser le prix et emporter le marché »
              Si le prix n’est que mes heures de travail, cela équivaut à baisser mon salaire horaire dans l’espoir de trouver d’autres clients, cela me semble incompatible avec la licence GPL, cela n’a de sens que dans le cas de logiciel non libre, non ?

              « donc de revendre ton logiciel et de gagner du fric en facturant la même chose aux suivants »
              Ou de prospecter d’autres clients en leur proposant un logiciel gratuit et en ne facturant que les demandes d’adaptation/modification. ET, d’en faire profiter le client initial en tant que mise à jour et optons gratuites ?


            • titi 14 février 20:49

              @pemile

              Et si entre les deux clients, vous êtes resté 6 mois sans travail, sans recette, mais avec vos appels RSI à payer ?

              Que faites vous ?


            • baron 9 février 21:55

              @Pemille et doumé
              Je vous fais confiance j’ignore tout des affaires et tout ce qui concerne l’argent fini par me répugner, je ne l’utilise que parce qu’on est obligé je suis plus tourné vers l’entraide désintéressé. Je me contente du minimun de biens matériels, mais là aussi il y a une pression sociale ...


              • Jean Keim Jean Keim 10 février 09:08

                En fait cet article intéressant déborde largement sur ce que pourrait être une nouvelle société. Personnellement j’ai écrit sous Quick Basilic (la préhistoire !) des petits applicatifs permettant de calculer une installation électrique conformément à la norme d’installation mais adapté au métier de « vérificateur de sécurité » et quand je me suis aperçu que mon travail intéressait mes collègues, je leur ai donné tout simplement, quoi de plus naturel, et un jour j’ai reçu un appel téléphonique de l’autre bout de la France d’un concurrent qui m’appelait pour me suggérer une astuce, ce jour là j’ai été heureux de mon travail.

                Le profit et surtout son attente sont comme un cancer, son développement est monstrueux.
                Nous oublions sans cesse que sans le travail et la participation de tous, le monde ne serait pas viable, alors la solidarité par la collaboration, l’entraide et le partage sont la seule façon humaine et raisonnable de vivre.

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