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Louis-Marie Houdebine et la controverse d’Alba : une transgénèse aux aspects douteux

Ou qui veut la peau du GFP Bunny ? Si les activités d’Eduardo Kac, professeur à la School of the Art Institute of Chicago, et présentées en décembre 2000 dans le cadre d’un colloque sur l’art post-biologique à Paris, sont inscrites dans l’optique de proposer un débat sur la transgénèse, elles n’en demeurent pas moins éthiquement contestables, et traduisent une certaine dérive actuelle de l’idéologie biotechnologique, décidée par quelques initiés en ce qui concerne la manipulation des organismes vivants. Aussi, il apparaît que l’Institut national de recherche agronomique (Inra) a utilisé de l’argent public, par le biais d’un de ses chercheurs, pour participer à la réalisation d’un animal transgénique du projet de Kac, pour finalement se rétracter et mettre fin à la collaboration, dans des conditions pour le moins ambiguës.

1) Une utilisation de la transgénèse éthiquement contestable

Vous connaissez peut-être les poissons génétiquement modifiés domestiques aux couleurs fluorescentes, comme ceux de la start-up Yorktown Technologies aux Etats-Unis : les Glofish qui se déclinent en trois couleurs ; M. Kac va encore plus loin en proposant une nouvelle forme d’art, l’"art transgénique", ou bio-art, défini comme suit :

L’art transgénique est une nouvelle forme d’art qui repose sur l’utilisation des techniques de génie génétique pour incorporer des gènes synthétiques dans un organisme ou pour incorporer du matériel génétique naturel d’une espèce dans une autre, afin de créer des êtres vivants uniques. Cette présentation sera centrée sur des œuvres transgéniques récentes, dont "Genesis" (1999) et "GFP Bunny" (2000). (1)

Cet art transgénique aboutit, selon la vision de l’artiste, à l’idée de créer de nouveaux genres d’animaux domestiques, comme le montre ouvertement la phase finale du projet "GFP Bunny", consistant en la domestication d’une lapine transgénique ayant reçu un gène de méduse permettant la production d’une protéine fluorescente verte visible sous une lumière ultraviolette. Eduardo Kac n’est cependant pas le seul représentant de ce courant de "pensée artistique" ; d’autres animaux génétiquement modifiés ont été associés à des projets équivalents, comme celui du généticien Reinhard Nestelbacher, "Green", avec une souris, également fluorescente. Le renommé Massachusets Institute of Technology (MIT) a apporté sa caution à ces travaux, et a publié en décembre 2006 un livre dirigé par Kac sur cette nouvelle discipline - Signs of life, Bio-Art and Beyond -, et avec la participation de plusieurs artistes et chercheurs généticiens, pratiquant notamment la transgénèse végétale.

Cependant, la modification génétique des animaux par transgénèse à fins d’agréments, de loisirs artistiques ou par complaisance, est fortement discutable éthiquement, et l’est d’autant plus dans les pays réservés ou déjà hostiles à la dissémination des OGM dans l’environnement, mais aussi à leur présence dans l’alimentation, comme de nombreux pays européens, mais aussi du reste du monde. Pourtant, nombre de généticiens et "initiés" du domaine, voient déjà dans la transgénèse l’outil d’un design industriel des organismes vivants à la convenance des entreprises, non sans vaguement rappeler l’idée ascientifique de "dessein intelligent" et son idéologie sous-jacente, fort répandue et populaire aux Etats-Unis, y compris chez les décideurs politiques, et contraire aux fondements de la théorie de l’évolution et de la biologie moderne. Pourtant, le débat sur ces questions qui débouchent déjà sur des applications industrielles dans quelques pays, semble volontairement laissé de côté, et ces applications s’avèrent être, dans un pays comme la France, non questionnées dans les prises de position publique ou dans les médias.


2) Une controverse impliquant un laboratoire français passée sous silence dans la presse hexagonale

En 2000, les activités de Kac ont suscité une controverse toujours ouverte portant sur les modifications génétiques d’une lapine à des fins artistiques, au cœur de laquelle se trouve un chercheur français de l’Inra spécialiste de la transgénèse animale et grand promoteur des OGM : Louis-Marie Houdebine. Le généticien, proche de l’AFIS et membre du comité scientifique de la revue francophone de promotion des biotechnologies Biofutur, porte la double casquette de chercheur à l’Inra, et de cofondateur d’une start-up privée, Bioprotein Technologies Inc., produisant des protéines recombinantes dans le lait de lapin transgénique. Son objectivité scientifique est donc loin d’être désintéressée, d’autant plus que ses activités de promotion des OGM par des publications destinées au grand public sont assez nombreuses. La participation de Houdebine au projet de Kac n’est donc pas complètement fortuite, mais s’inscrit dans une conception très artificialisée de la vie, et dans une logique de promotion des produits OGM sans beaucoup de discernement. Cette affaire n’a curieusement eu pour l’instant aucun retentissement dans la presse francophone, bien qu’ayant suscité l’intérêt assez bref de la presse américaine, notamment avec la publication d’un article dans le Boston Globe en septembre 2000 (2), puis en alimentant un débat privé grâce à internet, dans la communauté scientifique internationale, jusqu’à nécessiter la prise de position publique du chercheur sur ces questions dans une conférence spécifiquement dédiée et tenue devant les spécialistes de l’Association européenne de biologie moléculaire (EMBO) en août 2007 (3). L’information de l’annulation de la présentation de la lapine transgénique fluorescente dénommée "Alba" au Festival Avignon numérique, en juin 2000 (phase 2 du projet "GFP Bunny"), semble seule avoir retenu l’attention des journaux locaux Midi-Libre, Vaucluse Matin et La Provence (4), suite à une controverse née au sein même du laboratoire de l’Inra. En effet, la direction du laboratoire de Jouy-en-Josas décida qu’Alba ne quitterait pas les locaux de l’Inra, ce qui poussa Kac à lancer une campagne médiatique contre ce qu’il appela : une censure artistique. Le seul quotidien national à avoir alors parlé d’Alba est le journal Le Monde (5), informant d’un blâme du généticien par sa direction, mais en passant sous silence la controverse née entre Kac, Houdebine et sa hiérarchie, au cœur de la question sensible concernant l’usage des technologies de l’ADN recombinant. Très peu abordée dans le débat public, car fallacieusement reléguée aux "spécialistes", la technique de l’ADN recombinant a pourtant largement, mais très partiellement, occupé le débat médiatique, à travers ses répercussions commerciales concernant principalement l’imposition de la dissémination des OGM agricoles malgré le large refus des consommateurs de ces produits alimentaires dont les effets sur la santé et l’environnement à long terme sont inconnus.

La controverse d’Alba n’est pourtant pas à ce jour résolue, et elle fut entérinée par la publication d’une photo controversée de l’animal dans l’article du Boston Globe ayant suscité un arrêt brutal de la collaboration entre le chercheur de l’Inra et l’artiste américain, deux mois après l’annulation de la présentation d’Alba à Avignon. La couleur très verte de la lapine sur la photographie aurait été arrangée, selon Houdebine, et ne correspondrait pas aux conséquences de la modification génétique réelle. Cet arrangement a été démenti par Kac, qui prétend avoir utilisé un filtre de révélation de la fluorescence déjà utilisé par le biologiste Nestelbacher dans son projet équivalent "Green" (6). La présentation photographique faussée est ce qui aurait officiellement poussé le chercheur à rompre sa collaboration avec l’artiste, mais les circonstances réelles de cette prise de distance soudaine sont loin d’être aussi claires et évidentes, comme le montrent les divergences dans les versions des faits des deux principaux protagonistes (voir en fin d’article).

La prise de liberté du généticien Louis-Marie Houdebine concernant ses activités d’expérimentation sur des animaux a très vite suscité l’embarras de sa direction, et participé aux critiques de cette nouvelle forme d’exploitation des animaux par des journalistes s’étant intéressés à cette histoire, même si cette problématique n’a que très peu filtré en France. Aussi, un seul article recensé, daté de janvier 2004, du journaliste Franck Mazoyer, dans Le Monde diplomatique, fait un état des lieux de la mise en commercialisation de poissons zèbres génétiquement modifiés à fins domestiques, créés à Taiwan et Singapour (7), mais aucun n’a fait état du détail de la controverse de la lapine transgénique Alba, censée devenir domestique, et au cœur d’un conflit technico-scientifique et d’un débat d’importance concernant l’usage des acquis de la génétique.


3) L’engagement de l’argent et d’un chercheur du service public français dans un projet douteux

Dans les faits, la nature de la controverse d’Alba prend clairement pour point de départ le détournement de la recherche scientifique publique à finalité médicale, portant sur la production de protéines médicamenteuses par des lapins, à la faveur d’une idéologie biotechnologique d’exploitation du vivant à fins anthropocentriques, incarnée par le projet de Kac. Cette idéologie biotechnologique est soutenue par les grands centres de recherche aux Etats-Unis, largement financés par le secteur privé et les grandes compagnies semencières, ou les start-up du domaine, et ce, sans aucune consultation du public, pour des questions pourtant de grande importance, car concernant l’essence même des organismes vivants présents dans l’environnement, au niveau le plus fondamental qu’il est scientifiquement possible aujourd’hui de déterminer. La manipulation du vivant à des fins artistiques ou domestiques est ainsi soutenue par plusieurs centres de recherches aux Etats-Unis, ayant donné caution au projet "GFP Bunny", y compris après l’apparition de la controverse, comme en témoigne la publication d’un livre de Kac sur l’art transgénique par le MIT en 2006.

Mais, en France, il en a été tout autrement. Soutenue par l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, organisant un colloque sur l’art post-biologique en décembre 2000, l’utilisation par Kac d’un animal destiné à la recherche médicale financée par l’argent public, semble, de manière fort compréhensible, ne pas avoir été appréciée par la direction du laboratoire de Houdebine à l’Inra. Premièrement, après que Houdebine eut été contacté par Kac et eut accepté sa participation au projet "GFP Bunny", la direction de l’Inra a très vite manifesté son souhait, en 2000, que le chercheur ne participe pas au débat sur l’art trangénique du Festival d’Avignon (3). Puis, le directeur du laboratoire et supérieur hiérarchique se désolidarisera de Houdebine, en déclarant, selon les propos du chercheur lui-même, qu’il "n’aurait pas dû donner le lapin à quelqu’un d’extérieur au laboratoire" (6). Le projet de Kac comportait effectivement trois phases : 1) la création du lapin transgénique ; 2) une présentation et une discussion avec le public ; et 3) l’adoption du lapin par Kac en tant qu’animal domestique. Aussi, Kac affirme que, dès la phase de création d’Alba, le projet était connu, d’autant plus que l’artiste avait déjà publié sur un projet similaire avec un chien, dès 1998. Les recherches sur la transgénèse animale de Louis-Marie Houdebine portent sur des modifications à destinée médicale, notamment l’élaboration de molécules médicamenteuses, et non pas sur des fantaisies éthiquement contestables, ou pour l’exploitation de l’animal à des fins d’agrément. Comment une collaboration de ce type a-t-elle pu naître entre un laboratoire de recherche public et de telles activités ? Les modifications génétiques, dans le cadre médical, occasionnent notamment des souffrances chez les animaux, les protéines produites altérant à des degrés divers leur santé, selon le rapport écrit d’une conférence du même chercheur sur la production de médicaments via des animaux transgéniques. Est-il donc bien raisonnable de considérer ces techniques pour l’activité, l’amusement ou la provocation artistique ?

Mais ce qui a fait émerger le scandale n’est pas tant ces questions éthiques, très peu abordées de manière générale, que la remise en cause par d’autres artistes des droits de crédit de Kac pour son projet suite à la controverse au sein du laboratoire de l’Inra (6). En effet, si Louis-Marie Houdebine n’a pas modifié génétiquement la lapine à des fins artistiques, et a seulement laissé Kac choisir un lapin parmi ceux présents dans le laboratoire comme il l’affirme, Kac peut-il prétendre exercer une réelle activité artistique ? C’est là que se situe le nœud de l’affaire : Kac affirme qu’Alba a été conçue spécifiquement par le généticien en janvier 2000 pour le projet "GFP Bunny". Mais Houdebine affirme quant à lui qu’Alba était un animal ancien, conçu quatre ans plutôt dans le cadre des recherches de l’Inra, et qu’il n’a donc pas été spécifiquement modifié pour le projet de Kac. Les deux hommes offrent ainsi aux journalistes deux versions complètement différentes des événements, qui engagent à de nombreuses questions.

Le lapin fluorescent génétiquement modifié du projet "GFP Bunny", qui n’a jamais quitté les laboratoires de Jouy-en-Josas, a été déclaré mort en 2002, et pour des raisons encore peu claires. Houdebine dit ne pas croire que le gène de méduse transféré sur le lapin a causé sa mort, qui est décrite pourtant selon ses mots comme "sans raison apparente" (6). Les lapins peuvent vivre jusqu’à 12 ans en captivité, la durée de vie moyenne se situant entre 7 et 12 ans. Suivant la version de Houdebine, Alba est morte à 4 ans. Suivant la version de Kac, Alba serait morte à 2 ans. Nous sommes donc très loin, dans les deux versions, des 12 ans de vie potentiels pour cet animal, et largement en dessous de la durée de vie moyenne d’un lapin en captivité, qui en tant qu’"objet de recherches", devait plutôt être correctement traité. De plus, Alba présentait de "bonnes dispositions" apparentes, qui faisaient également d’elle la "vedette" du projet artistique et médiatique de Kac. Comment donc expliquer sa mort prématurée ? La durée de vie moyenne d’un lapin transgénique comme les lapins GFP est-elle inférieure à la durée de vie moyenne des lapins non transgéniques ? La lapine a-t-elle ainsi succombé aux conséquences des expérimentations biotechnologiques qu’elle a subies (ce que semble contester le chercheur) ? Ou Alba était-elle devenue tellement dérangeante pour le généticien et le laboratoire de l’Inra qu’une personne a décidé de la faire passer pour morte ou, pire, d’écourter artificiellement son existence ?



(1) Présentation de l’art transgénique, colloque L’art à l’ère post-biologique, Paris, 12 & 13 décembre 2000.
(2) "Cross hare : hop and glow", Boston Globe, 17 septembre 2000
(3) "Dealing with difficult topics in public : A communication workshop focused on controversial issues in science", L-M Houdebine, Embo.org, 28 octobre 2007.
(4) Voir le recensement complet de la couverture médiatique du projet GFP Bunny sur le site d’Eduardo Kac.
(5) "Quoi de neuf, Docteur ? Un lapin transgénique interdit d’exposition à Avignon". Sylvie Chayette, Le Monde interactif, mis à jour le vendredi 30 juin 2000.
(6) "RIP : Alba, the Glowing Bunny", Kristen Philipkoski, Wired.com, 08.12.02
(7) "Le sacre des mutants", Franck Mazoyer, Le Monde diplomatique, janvier 2004. Credit image : CNN, "Bugs Bunny", from Warner Bros

Documents joints à cet article

Louis-Marie Houdebine et la controverse d'Alba : une transgénèse aux aspects douteux Louis-Marie Houdebine et la controverse d'Alba : une transgénèse aux aspects douteux

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4 réactions à cet article    


  • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 12 août 2008 13:40

    Addendum  : Il est à noter que la définition de Kac concernant la transgénèse appliquée à son activité est déjà pour le moins erronnée.

    En effet, lorsqu’il parle d’incorporer des “gènes synthétiques” dans un organisme, il fait référence à des séquences génétiques complètement artificielles, en transcrivant par exemple du texte en codage assimilé, ce qui est en gros faire absolument n’importe quoi d’un point de vue biologique. L’artiste a ainsi pris un extrait de la bible, transformé en codage génétique pour l’incorporer dans une bactérie dans son projet appelé “Genesis”. Une sorte de délire religieux.

    Secondo, lorsqu’il parle d’incorporer du “matériel génétique naturel d’une espèce à l’autre”, il ne s’agit pas de matériel génétique naturel, mais bien déjà de gènes synthétiques, littéralement, puisque les transgènes sont des constructions, donc biosynthétiques, assemblées en laboratoire. D’autre part, l’injection directe de matériel génétique dans une cellule hôte correspond déjà à l’isolement artificiel de séquences génétiques en provenance d’un autre organisme, et il s’agit également alors d’un processus construit.

    PS : il va de soi que cet article est écrit à destination des personnes intéressées par la problématique sérieuse de l’utilisation de la technique de l’ADN recombinant, et pas aux lecteurs idéologues, militants intéressés, ou zappeurs moyens et abêtis présents sur ce type de médias.


    • W. Nepigo W. Nepigo 13 août 2008 13:00

      Très bon article, merci.


      • Louis-Marie Houdebine 13 août 2008 15:33

        Bonjour
        Voici quelques informations concernant les lapins GFP (fluo)/
        1) il n’y a jamais eu de projet Alba visant à faire un lapin fluo pour E Kac ou qui que ce soit. Ces animaux comme la dizaine d’autres espèces d’animaux fluo on été obtenus par mles chercheurs pour faire de la recherche. ll y a donc bien eu de l’argent punlic impliqué mais qui ne sert qu’à fournir des enimaux a
        expérimentaux à ceux qui en ont besoin. Nos lapins sont envoyés à divers laboratoiresdans le londe pour faire de la recherche et rien d’autres. E Kac a souhaité utiliser ces lapins pour un projet de bioart auquel nous ne comprenons pas grand chose. Nous avons obtenuse 3 lignées de lapins indépendantes et nous en avons gardé une qui se reproduit sans problème depyuis 10 ans. Le lapin nommé Alba par E Kac lorsqu’il ;est passé voir les animaux était lapin parmi une quizaine d’autres. Il est en effet mort sans raison apparente ce qui est banal dans les élevages de lapin. La protéine ne semble pas toxique pour ces animaux et les autres espèces.
        Je n’ai pas reçu de blame à cette occasion, je viens au contraire d’être nommé Directeur de recherche exceptionnel.
        2) Le débat sur les animaux de compagnie transgéniques a bien eu lieu. La lettre jointe que j’ai envoyé partout dans le monde depuis des années en témoigne. La confrontation éthique entre les animaux obtenus par sélections classique ou la transgenèse n’a par contre pas eu lieu ce que je déplore car je ne soutiens pas du toit l’idée de mettre en oeuvre la transgenèse pour créer des animaux de compagnie et je l’ai dit entre autre dans deux congrès debioart ausquel j’étais invité (Pragues il y a deux ans et Porto cette année). Ce sujet a été traité au cours de l’enseignement de bioéthique européen auquel je participe depuis
        6 ans ( BioTethics et BIOTETHED).
        3) Je participe depuis peu naux activité de l’AFIS car cette association cultive l’approche rationnelle des problèmes ce dont nos sociétés ont un besoin croissant. J’e suis en effet cofondateur d’une entreprise qui prépaer des médicaments pour les patients (www.bioprotein.com). Vous pouvez trouver intéressant de payer ds impôts pour des chercheurs qui ne valorisent pas leurs découvertes qui sont exploitées apr lmes étrangers. Moi non et j’ai donc fait ce qu’il fallait pour que soient fabriqués des médicaments et que soient créés des emplois. je n’ai aucun intérêt dans cette affaire.
        4) Je peux envoyer des documents scientifiques à ceux qui le souhaitent.
        Cordialement
        Louis-Marie Houdebine





        GFP Bunny. Trying to get the story straight

        Thank you for your interest to green rabbits which are at the centre of an unexpected story. I received an important mail from people who wanted to include this event in their thesis or in book chapters. The fluo-rabbits have become a complex symbol of poetic animals, of bad use of science, of funny pet etc. We really did not imagine that when we generated our three founder green rabbits in 1998.

        We heard about E Kac in 2000 and he came a few months later to see the green rabbits. He brought special spectacles making it possible to see the colour of the animals. We saw them green for the first time.It was rather disappointing as only the eyes appeared really green. I confirm that when E Kac came, we examined the available green rabbits. They were essentially the offspring of the founders. We did not reproduce any rabbit for E Kac before or after his coming. Since the founders were born, we reproduce them systematically in such away as to keep the lines but also to provide researchers with the experimental animals they need.

        The so-called Alba (I never gave any name to my experimental animals) died in july 2002 for no particular reason. GFP is known to be toxic at high concentration. It is probably not the case for the green rabbits since we have a normal rate of death.

        In conclusion, it is clear that E Kac did not ask us to generate any rabbit. He just wanted to use one of them he named Alba. He showed on his site rabbits much greener than they really are. I think this attitude was rather bad for science and art. Similar discussion occurred when the GloFish were born. For me, these animals are at best a gadget but not a matter for art. You will find enclosed a document that I have written on Glofish. It happens that I participate to a European bioethic course (BioTethics projects). We have written a book summarizing the course and it includes case studies. GloFish is one of them.

        The GFP rabbits were prepared, as we always said, years ago, before E Kac came to visit us. My colleague JP Renard asked me to generate these rabbits because he needed cells with markers to clone rabbits. We chose to construct a gene capable of expressing the GFP gene in all cell types. This was expected to create a very versatile tool (Boulanger et al Transgenic Research 2002, 11, page 88).

        Essentially all the cells of the rabbits are green under UV light. The newborn rabbits appear uniformly green as long as they have no hairs. In adults, only the part of the body devoid of hairs look green and of course, eyes are green instead of red (under UV light).

        We generated 3 transgenic lines independently and we kept one which expressed GFP at the highest level. We developed this line and we have permanently about ten of them ready for some experiments and for reproduction. The so-called Alba was just one of our animals. It was about two years old when it died (for unknown reason as rabbits often do). It was thus probably one of the rabbits of the third generation. This could be checked but is not important.

        We did not try to see if the rabbits were green before E Kac came. Indeed, we need for that special glasses with the production of UV light and filters. We did not want to buy this material. In fact, we were happy to see that the rabbit cells were green under the microscope. This was sufficient for us. Seeing green rabbits was of very low interest. We did not need to see them green and we did not consider that would be funny and by no means surprising as soon as the rabbit cells were green under the microscope. All the animal species which can be transgenic have green lines because they are very useful markers.

        JP Renard used green cells to clone rabbits for the first time (Chesne et al 2002 Nature Biotechnol 20:366-369) The fact that the newborn rabbits were green was an elegant demonstration that were clones.

        The GFP rabbits are extensively used by different groups in our institute for scientific purposes. These animals contributed to create a new apparatus (CellViZio) to observe cells in animals (Al Gubory and Houdebine Eur J Cell Biol 2006, 85 : 837-845). The individual cells appear clear on a TV screen. This technical study is in press. Green cells transplanted into early embryos can be followed throughout development. We started to observe the cells of green embryos developing in non-green rabbit females. This makes it possible to see fate of placenta cells in uterus particularly at the time of implantation. We sent 15 green rabbits to an academic laboratory in Sweden. This group uses the rabbit as a model for retina grafting. They are very happy to use the green rabbits since they can follow the fate of the grafted material without using any invasive technique. We are in discussion with other groups which would like to use the green rabbits to study grafting of different tissues.

        The animals are thus quite useful, as we expected. They are a classical tool for biologists and they were generated just for this purpose. I can imagine that such animals are intriguing or funny but I can hardly conceive that art has anything to see with them.

        Best regards.

        LM Houdebine



        • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 13 août 2008 22:40

           Merci Monsieur Houdebine pour cette précision concernant votre position sur la question, et sur la confirmation de votre version des faits.

          Une mise à jour sera faite sur notre site relatant votre courrier explicatif concernant ces événéments.

          Cordialement

          Aurélien
          co-webmaster Anti-OGM.info


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