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Accueil du site > Actualités > Technologies > Lutte contre le piratage : mais que fait la Hadopi ?

Lutte contre le piratage : mais que fait la Hadopi ?

Dans les méandres d'une actualité "nouvelle technologie" largement dominée par le récent piratage du groupe Sony, on en aurait presque oublié d'évoquer la décision judiciaire la plus importante jamais prise en France dans le cadre de la lutte contre le piratage. La SCPP (Société civile des producteurs phonographiques) a en effet obtenu du Tribunal de grande instance de Paris, l'interdiction d'accès au site de téléchargement illégal The Pirate Bay et à l'ensemble des plateformes qui y sont associées. Chose qu'aurait dû exiger depuis bien longtemps la Hadopi, qui voit ici une nouvelle fois son utilité et sa pertinence remises en question.

A l'heure où la Hadopi envoie encore des courriers d'avertissements aux internautes récalcitrants les menaçant de couper leur connexion, les ayants droits voient rouge devant l'inefficacité de l'institution censée défendre leurs intérêts face aux ravages du téléchargement illégal sur l'industrie des biens culturels.

Selon une lettre publiée par Libération au mois d'octobre dernier et rédigée conjointement par les associations d’ayants droits et de producteurs de cinéma (ARP, UPF, Blic , Bloc), la Hadopi irait aujourd'hui "à l'encontre de la mission pour laquelle elle a été crée" en concentrant son action sur l'offre légale de vidéos et non plus sur la répression contre les pirates du web. Et il vrai que la Hadopi a quelque peu priorisé ses travaux de recherche et la mise en place d'une offre légale satisfaisante au détriment des problèmes du téléchargement illicite.

Les signataires reprochent notamment à Erick Walter, président de la Haute autorité, la mise en œuvre d'une politique de communication qui en oublierait presque de diaboliser le piratage et qui défend "à toute occasion, exclusivement les idées les plus contraires à la défense de la propriété intellectuelle et artistique". Cette communication "biaisée et incessante" propagerait l'idée selon laquelle le piratage n'est plus un problème en soi mais une réalité à laquelle les ayants devraient s'adapter, et rendrait finalement ces même ayants-droits responsables d'une "prétendue insuffisance de l'offre légale". 

Le divorce entre la Hadopi et les ayants droits étant consommé, ces derniers entendent désormais se défendent par eux-mêmes et n'hésitent plus à l'image de la SCPP à attaquer en justice les plateformes de streaming ou de téléchargement direct illégales. Une stratégie qui paie et qui voit pour la première fois en France une décision de justice interdire l'accès à des sites pirates. Dans l'affaire en question ici, le Tribunal de grande instance de Paris a ordonné aux principaux fournisseurs d'accès à Internet de bloquer l'accès au site The Pirate Bay depuis la France. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont donc quinze jours pour s'exécuter et devront bloquer ces plateformes pour une durée minimale d'une année. 

La France rejoint ainsi le club des pays ayant bloqué le site The Pirate Bay, comme l'Italie, la Finlande, la Belgique, le Royaume-Uni, l'Irlande, ou le Danemark, un site qui est devenu au fil des ans le symbole de la piraterie en ligne et de l'échange de fichiers gratuits sur Internet. 

La Société civile des producteurs phonographiques et ses 2000 producteurs dont Warner, Universal et Sony se sont félicités de cette décision qui constitue selon eux "une nouvelle étape dans la lutte contre la piraterie musicale et (qui) vient renforcer les décisions similaires déjà existantes dans l'Union Européenne et à travers le monde". Une décision certes encourageante mais dont on peut douter des effets concrets pour l'industrie culturelle. 

En effet, comme l'ont d'ailleurs plaidé les fournisseurs d'accès à internet, il est aujourd'hui très difficile de bloquer une plateforme de manière hermétique et ces mesures pourront être aisément contournées. Il est possible notamment de s’appuyer sur un système de « proxy » pour brouiller les pistes et prétendre surfer depuis un autre pays pour accéder au site désiré (certaines extensions de navigateur en sont spécialistes) ou consulter un site « miroir », qui copie exactement le contenu de The Pirate Bay. Plus simplement, il suffit de s’abonner à un autre opérateur qu’Orange, Bouygues Télécom, Free et SFR, seuls concernés par l’injonction du tribunal. 

L'industrie culturelle devraient donc continuer à traîner la jambe, tirée vers le bas par un piratage croissant et l'absence de réglementation stricte et réellement efficace. Selon une étude récente du Forum d'Avignon, le piratage représentera d'ici 2015 et pour les cinq premières économies européennes, un manque à gagner pour l'industrie créative évalué entre 166 et 240 milliards d’euros et entre 600.000 et 1,2 million d'emploi sacrifiés. Des chiffres alarmants qui devraient peut-être inciter nos dirigeants à prendre des mesures à la hauteur du préjudice.


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34 réactions à cet article    


  • franck milo franck milo 10 décembre 2014 09:25

    Voila ce qui arrive quand on pille les pays grace a une une politique neo-libérale, leurs citoyens trouvent des astuces. on a plus de boulot donc pas de pognon mais on a un ordi.


    • le ghola 11 décembre 2014 07:38

      tout est dit

      n’était-ce pas l’ancien direucteur « d’univers sale » qui disait haut et fort :
      « si demain un Jacques Brel,Georges Brassens ou Léo ferré arrivaient a son bureau,il ne les accepterai pas dans son industrie » trop contraignant pas modelable .
      le terme artiste n’existe plus, ce son des produits
      les artiste existent toujours mais ne sont plus porter vers le haut,voir même laisser dans un couloir de fond de cale.
      l’auto production est en pleine essort depuis plus de dix ans
      les labels indépendant reprennent les reines

      nous vivons dans un système qui ne génère que des moutons par des moutons pour les moutons.

      l’art de la pensé se raréfie
      l’intellect se meurt
      les réflexions se perdent dans un dédale labyrintheux,afin que la masse ne voit que ce que l’on lui demande de voir.

      le téléchargement en soit n’est pas du vol,ni même un viol.
      l’industrie soit disant vidéoludique se perd elle même dans un fond et rendement gouverner par un seul et même controle diriger par des lobby de pouvoirs tel que le CSA,économie,politique et autres société du pouvoir que je ne citerais pas...si je vais plus loin se serait prit comme conspirationnisme^^
      -l’auto censure faite a certains groupe : exemple
      « Rockin ’squat pour ce millènaire et son ancien groupe Assassin pour les 90’s »
      tout en laissant des produits tel que booba ou la fouine et autres, diffuser leur régréssion mentale a travers des ondes FM qui jadis furent libre.
      ne fait que renforcer cette idée

      puis acheter un cd en téléchargement d’accord, mais de qualité s’il vous plait
      payer 10/15euros pour du format mp3 !!!
      non !!! du flac du wav ou aac s’il vous plait
      pis a 5euros pour du dématérialiser, ce n’est que du bonheur !!!

      ces manufactures misent sur la quantité et non sur la qualité

       le dormeur doit se réveiller


    • howahkan howahkan Hotah 10 décembre 2014 09:38

      il est dit : L’industrie culturelle devraient donc continuer à traîner la jambe, tirée vers le bas par un piratage croissant et l’absence de réglementation stricte et réellement efficace

      absolument pas, il n’y a plus que des médiocres au mieux dans le pseudo art en général...l’appât du gain a tout corrompu, les humains, le pseudo art, la société.....

      ces médiocres n’ayant pas une once de talent ont recours à la technique pur pour donner l’impression que quelque chose se passe dans les films en appliquant les mêmes techniques que pour les publicités..comme si cela ne suffisant pas ces médiocres sont des agents de propagande de l’empire usioniste pour essayer de donner l’impression que seul la violence et la guerre sont bonnes pour les humains.. et que ke monde a toujours été ainsi , ce qi ne se peut pas du tout,car sinon avec des zozos comme nous sommes devenus l’humain n’aurait jamais survécu........... !!! bon debarras ,si l’ensemble du cinéma meurt on apprendra a faire autre chose...

      que ceci se réalise !!!


      • bourrico6 10 décembre 2014 09:53

        Puis l’argument est bidon la plupart des gens n’achèteraient pas un 10ème de ce qu’ils « piratent ».
        Et je sais de quoi je parle, je télécharge à outrance, j’use et j’abuse du streaming, tout en continuant à acheter les CD que j’arrive à trouver, et les dvd des films qui me plaisent vraiment.


      • howahkan howahkan Hotah 10 décembre 2014 10:24

        salut bourrico...oui je suis d’accord..
        de plus il n’y a pas de piratage car si je vole la voiture du voisin il n’a plus de voiture , si je télécharge un film le gars il a toujours son film !!! CQFD.....

        si le cinéma disparaît c’est un pan entier de la propagande qui coule avec.....

        on a quand meme l’air mine de rien, oh pas de suite, mais de se diriger parce que plus le choix vers une société coopérative égalitaire de partage.....ce qui était une partie de notre destinée..des le début, enfin c’est ma vision...


      • bourrico6 10 décembre 2014 09:54

        Selon une étude récente du Forum d’Avignon, le piratage représentera d’ici 2015 et pour les cinq premières économies européennes, un manque à gagner pour l’industrie créative évalué entre 166 et 240 milliards d’euros et entre 600.000 et 1,2 million d’emploi sacrifiés. Des chiffres alarmants qui devraient peut-être inciter nos dirigeants à prendre des mesures à la hauteur du préjudice.

        Non mais vous comptez faire avaler ça à qui ?


        • Pascal L 10 décembre 2014 10:38

          Le manque à gagner ne peut pas être au niveau indiqué par l’industrie culturelle car les porte-monnaies ne sont pas extensibles à l’infini.

          Une autre statistique montre que ceux qui piratent le plus dépensent également le plus. 
          Il faut imaginer que comme pour les logiciels libres, une bonne partie de ce qui est « téléchargé gratuitement » sert en fait à connaître ou apprécier l’œuvre. Beaucoup n’auraient de toutes façon pas acheté l’œuvre, et quelques uns l’achèteront parce qu’il l’ont appréciée.

          Le principal problème auquel fait face l’industrie culturelle, c’est la profusion de l’offre. Les chaînes de télé et de radio, parfois hyper spécialisées nous inondent de films ou de musique gratuitement. Pourquoi en acheter en plus.

          Personnellement, je m’intéresse à la musique et si j’observe mon propre comportement, j’ai arrêté d’acheter des CD depuis pas mal d’années mais je ne pirate pas non plus. J’ai accès par Internet à des radios hyper-spécialisées, Youtube est une mine d’or et de toute façon, je préfère largement les concerts qui n’enrichissent pas l’industrie culturelle. 
           L’industrie musicale doit de se rendre compte qu’en dehors du marketing et de la vente de plastique, elle n’apporte pas grand chose à la culture. L’industrie du cinéma est un peu plus utile, car le live n’est pas possible.

          • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 10 décembre 2014 13:01

            Personne ne s’insurge contre le fait qu’une musique puisse être vendue plusieurs fois (parfois des millions de fois) alors que la musique a seulement été jouée le temps de l’enregistrement. Donc si la technique de reproduction permet de multiplier des sons ou des images à l’infini, pourquoi cette capacité de reproduction illimitée devrait-elle naturellement profiter seulement à ceux qui possèdent les droits du son ou de l’image d’origine ? Réfléchissez à cela et essayer de bien comprendre ce que je dis avant de répondre. 


            Imaginez que l’on invente une manière de reproduire à l’identique une baguette de pain. A qui appartiendraient les copies ? Pourquoi les millions de baguettes reproduites seraient-elles davantage au boulanger qui a fait la première baguette qu’à ceux qui la reproduisent pour la manger sans entamer la première baguette du boulanger ? De quel droit le boulanger pourrait-il vendre plusieurs fois la même baguette et pourquoi cela serait-il plus illégitime que de reproduire la baguette pour la manger et non la vendre ?

            • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 10 décembre 2014 13:22

              De quel droit le boulanger pourrait-il vendre plusieurs fois la même baguette et pourquoi cela serait-il plus légitime que de reproduire la baguette pour la manger et non la vendre ?


            • JL JL 10 décembre 2014 13:53

              Comparaison n’est pas raison, celle-là est particulièrement déraisonnable !


            • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 10 décembre 2014 14:03

              Pourquoi, JL ?


            • JL JL 10 décembre 2014 14:23

              Beaucoup de choses à dire.

              Mais voyons en une : imaginons que les imprimantes 3D soient capables de faire des baguettes de pain. Le boulanger pourra au mieux, vendre sa recette au créateur de logiciel qui dira à la machine comment faire le pain. C’est lui qui vous vendra peut-être son logiciel, si on n’en trouve pas de gratuits sur le réseau. Mais vous devrez payer les ingrédients. Les recettes de pain sont dans le domaine public, ou gardées secrètes.

              Vous dites : ’’Personne ne s’insurge contre le fait qu’une musique puisse être vendue plusieurs fois (parfois des millions de fois) alors que la musique a seulement été jouée le temps de l’enregistrement’’

              Vous mélangez copyright et droits d’auteur. Je vous invite à vous renseigner.


            • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 10 décembre 2014 14:31

              « Vous mélangez copyright et droits d’auteur. Je vous invite à vous renseigner. »


              Je suis parfaitement renseigné et la différence que vous indiquez ne change rien à mon raisonnement. Je ne l’ai pas mentionnée pour ne pas embrouiller les choses avec un détail superflu. Manifestement, vous n’avez pas compris ma remarque - qui surplombe totalement la différence entre droits d’exploitation et droits d’auteur.

            • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 10 décembre 2014 14:33

              « imaginons que les imprimantes 3D soient capables de faire des baguettes de pain. »


              Non, vous n’avez pas compris.  smiley

            • JL JL 10 décembre 2014 14:51

              vous n’avez pas compris.’’

              En effet, et notamment ça : ’’De quel droit le boulanger pourrait-il vendre plusieurs fois la même baguette et pourquoi cela serait-il plus légitime que de reproduire la baguette pour la manger et non la vendre ?’’

              Votre phrase est mal fagotée et votre question basée sur vos supposés (le boulanger qui vendrait plusieurs fois la même baguette ???) est insaisissable.

              Vous devriez refaire comparaison avec les romans. Et nous dire qui est le boulanger : l’auteur ou l’éditeur ?


            • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 10 décembre 2014 15:05

              On se fout complètement dans mon exemple de la différence entre l’auteur et l’éditeur. La question du « piratage » évoquée dans l’article ne concerne pas des procès entre auteur et éditeur !! C’est une question intéressante mais ce n’est pas le sujet ici. 


              La question est celle du « piratage », en réalité plus exactement de la grivèlerie (c’est le terme adéquat), donc de la relation entre d’un côté le consommateur qui ne veut pas payer (par exemple pour une chanson copiée sur son ordinateur) et de l’autre les ayants droits et producteurs (qu’il n’est pas utile ici de distinguer). 

            • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 10 décembre 2014 15:23

              « votre question basée sur vos supposés (le boulanger qui vendrait plusieurs fois la même baguette ???) est insaisissable. »


              Mon exemple se situe dans un monde où l’on pourrait reproduire les objets matériels aussi facilement que nous le faisons avec les objets numériques. C’est une hypothèse d’école, voyez-vous ? Imaginez simplement que tout le monde ait une fonction sur son mobile, lui permettant, juste en appuyant sur un bouton, de reproduire l’objet qui est dans le viseur du mobile : une chaise, une voiture, une baguette de pain. Le boulanger possède un tel appareil (ce n’est pas une imprimante boulangère 3D où il y a besoin de mettre de la farine, de l’eau et du sel, parce qu’alors ça existerait déjà et ça s’appelle une machine à pain tout simplement !). Mais dans mon hypothèse, tout le monde possède une telle fonction sur son mobile, pas seulement le boulanger. Alors, le « client » entre chez le boulanger et il actionne son « reproducteur » sur une baguette posée sur le comptoir et repart avec SA baguette reproduite avec SON reproducteur ;.. sans rien payer. Le boulanger n’est pas content. Mais pourtant, le boulanger qui n’est pas stupide, ne fabrique lui-même plus qu’une seule baguette de pain chaque jour et il la reproduit en de nombreux exemplaires avec son propre reproducteur mobile (le même modèle que celui du client). 

              Donc ma question dans l’hypothèse que je décris (et que je vous demande d’accepter comme hypothèse) est la suivante : le boulanger est-il plus dans son droit de vendre des copies de sa baguette... que le consommateur de se faire une baguette, avec son propre reproducteur, à partir de la baguette du boulanger ? 

              Certains diront oui, d’autres non. 

            • Trelawney Trelawney 10 décembre 2014 19:04

              JL je comprend très bien ce que veut dire le gaspard,

              Qu’importe la machine qu’il utilise, un boulanger fait des baguettes de pain et les vend.

              Un chanteur chante en public ou dans un studio. Il est payé pour cela et il est payé en fonction de son talent. Que quelqu’un fasse un enregistrement et le diffuse par le biais d’un CD ou d’un cassette, il le vendra le prix du CD plus un petit bénéfice. S’il s’octroie le monopole de la vente sous prétexte d’une propriété intellectuelle sur un CD copié des milliers de fois, c’est quand même limite.

              Quand un CD qui valait 3 mois avant 20 euro est soldé 4 euro c’est de l’escroquerie pure et simple.

              Sur ce, je vais aller me regarder un film en streaming


            • JL JL 10 décembre 2014 20:05

              OK, vous ne confondez pas Copyright et Droit d’auteur : vous amalgamez, en témoigne cette phrase : ’’On se fout complètement dans mon exemple de la différence entre l’auteur et l’éditeur.’’

              Pour ce qui concerne le boulanger, il n’y a rien de comparable entre une baguette de pain que l’on pourrait reproduire avec une baguette magique et une œuvre d’imagination : opéra, chansonnette, roman, etc. Les recettes de pain sont depuis des lustres dans le domaine public. Et si un boulanger en trouvait une que personne n’utilise, il ne la brevèterait pas mais la garderait secrète. C’est plus sûr en la matière. En conséquence, la question du droit d’auteur ne se pose pas pour lui.

              En revanche, une baguette faite par lui, dans sa boulangerie contient une somme de travail, de savoir faire et d’investissements matériel : on est dans l’ordre du droit d’éditeur. Rien à voir donc.

              Je persiste : vos analogie, comparaison et amalgame ne mènent qu’à des sophismes.

              Désolé.


            • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 11 décembre 2014 03:06

              Je persiste aussi à dire que vous n’avez pas compris où je voulais en venir. (Mais ce n’est pas grave, je ne vous en veux pas.) 


            • JL JL 11 décembre 2014 09:25

              Je ne vais pas demander s’il y a quelqu’un ici qui a compris : il y a toujours quelqu’un pour comprendre les sophismes.

              Ce n’est pas avec ça que vous déboulonnerez l’institution. Quoique ! En politique - et c’est de la politique - une absurdité n’est pas un obstacle.


            • Mmarvinbear Mmarvinbear 13 décembre 2014 19:03

              Donc si la technique de reproduction permet de multiplier des sons ou des images à l’infini, pourquoi cette capacité de reproduction illimitée devrait-elle naturellement profiter seulement à ceux qui possèdent les droits du son ou de l’image d’origine ?


              Vous avez répondu vous-même à la question. Parce que le producteur ou le créateur est seul à en posséder les droits d’exploitation.

              Et il en possède le droit car c’est lui qui est à l’origine de l’oeuvre. Pourquoi le premier quidam venu qui n’a participé en rien à cette création pourrait se prévaloir d’une telle prérogative ?

              Quand à la baguette, c’est un mauvaise exemple. Chaque baguette est un objet unique et sa fabrication ne dépens pas de la précédente. Le boulanger doit faire les efforts nécessaires pour produire 10 ou 200 baguettes. Demander à payer chaque exemplaire de la baguette est donc légitime.

            • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 14 décembre 2014 21:31

              « Pourquoi le premier quidam venu qui n’a participé en rien à cette création pourrait se prévaloir d’une telle prérogative ? »


              La question est : « Pourquoi celui qui chante une fois une chanson pourrait la vendre plusieurs fois et pendant 70 ans ? » 

              Cela vous semble évident parce que cela est habituel. Mais si l’on extrait sa conscience de cette habitude, cela n’a rien d’évident. 

              Et je ne suis pas en train de dire que le droit d’auteur ou les droits d’exploitation n’ont aucun sens. Je dis que le sens qu’on leur a donné jusqu’à présent est discutable et qu’il n’a rien d’évident. Ce n’est pas un axiome mathématique, c’est seulement une habitude et une convention. 

              A l’inverse, si vous avez une bonne mémoire et que vous chantez pour vous-même une chanson entendue à la radio, vous trouvez normal de ne rien payer. Vous trouvez aussi normal de prêter un livre à un ami sans repayer une nouvelle fois le livre. C’est aussi la force de l’habitude. 

            • Mmarvinbear Mmarvinbear 20 décembre 2014 14:37

              Il ne faut pas confondre copie d’une oeuvre immatérielle, comme une musique ou un texte et multiplicité d’exemplaire d’un même élément, comme une baguette de pain faite à la chaîne.


            • Pyrathome Pyrathome 10 décembre 2014 14:08

              un manque à gagner pour l’industrie créative évalué entre 166 et 240 milliards d’euros et entre 600.000 et 1,2 million d’emploi sacrifiés.
              .
              Et mon c.. sur la commode aussi ???
              Monsieur est de Marseille, je suppose ?
              J’aime bien le terme « industrie » créative....une industrie qui produit de la merde que plus personne n’a envie d’acheter et encore moins de pirater.....
              Monsieur Surgelé, la création artistique ne se fait pas dans des usines de production.....
              Allez pleurer ailleurs !!
              Vous êtes juste pathétique......


              • Nycolas 10 décembre 2014 14:34

                Quel torchon sordide... Merci de vous faire l’écho de la dictature consumériste de masse. La culture et l’art sont aujourd’hui ravalés au niveau d’industrie de la malbouffe de l’esprit. Qu’elle soit piratée n’est que juste retour des choses : elle s’adresse à des consommateurs, et qu’y a t-il de plus excellent qu’une consommation gratuite ? Ce n’est pas moi qui vais pleurer le « manque à gagner » des Sardou de la télé-réalité, esclaves sans talent d’une industrie dépravée.

                L’art n’a rien à craindre. Léo Ferré est mort, Brassens est mort, Brel est mort, Coluche est mort, l’art est mort. Ceux qui en faisaient ne manquent plus de rien. Ceux qui prétendent en faire maintenant mettent des plugs anals géants sur les places historiques. Quelle grandeur d’esprit, vraiment...


                • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 10 décembre 2014 15:30

                  On devrait réserver le mot « piratage » à l’acte consistant à faire commerce des copies et non à les consommer soi-même (pour autant que l’on « consomme » de la culture). Consommer sans payer porte un nom : la grivèlerie. De plus, consommer un produit immatériel est encore différent de consommer une boisson, car la boisson n’est plus présente une fois qu’elle est bue, alors que vous n’abîmez pas du tout l’original d’un film en regardant une de ses copies numériques, même plusieurs fois. 


                  • JYPdesign JYPdesign 10 décembre 2014 15:30
                    Le « manque à gagner » dont il est question ici, il est totalement virtuel : qui peut croire sérieusement que tous les « pirates » auraient acheté tout ce qu’ils ont téléchargé ? Une infime partie d’entre eux peut-être... Mais qu’en est-il alors des « pirates » qui ont acheté par la suite ce qu’ils avaient apprécié en téléchargement ? (Si, si, ça existe, c’est même très courant, il n’y a pas les méchants pirates d’un côté et les gentils consommateurs de l’autre, tout ceci est beaucoup plus nuancé).

                    Le fait est que la technique de dématérialisation et de partage est là, elle existe, elle permet à tous de jouir instantanément de produits culturels gratuitement et facilement (d’ailleurs souvent plus facilement par les voies illégales que légales...). Alors que faire ? Nier l’évidence et combattre ce partage culturel intuitif pour jouer le jeu des maisons de production ? Ou plutôt réfléchir à des alternatives profitables aux artistes comme au public ? Ces alternatives existent déjà (financement participatif, privilèges accordés aux donnateurs, sponsoring, etc.) mais elle ne plaisent forcément pas à tous ceux qui se sont goinfrés du star system depuis des décénies.

                    Une planète entière qui échange ses musiques, ses films, ses photos afin d’accroître la culture de chacun et sans rien attendre en retour... c’est juste génial ! L’auteur de cet article appelle ça piratage, moi j’appelle ça Partage. Et c’est quelqu’un qui vit de ses productions qui vous le dit.


                    • john val john 10 décembre 2014 22:11

                      thepiratebay est de retour : http://thepiratebay.cr/


                      • Ruut Ruut 11 décembre 2014 17:00

                        Le plus difficile est de trouver ce que je cherche en vente normal.
                        Les blu ray légaux des clips je les trouves où ?
                        Les Films de Space Opera Français je les trouves où ?


                        • Julien Julien 11 décembre 2014 21:33

                          L’analyse des majors est bien trop simple.

                          Par exemple pour ma part, je télécharge illégalement beaucoup de PDF et DJVU de livres (sciences physiques).
                          Pour autant, j’en ai acheté un paquet (souvent d’occasion), car le parcours du PDF m’avait donné envie d’acheter. En effet, le papier a des avantages sur le PDF (lecture page à page plus sympa, libère l’écran de l’ordinateur, et surtout... visible sur l’étagère. Un PDF téléchargé, on a tendance à l’oublier). Il est certain que le jour où le format papier n’aura plus d’avantage, je n’aurai plus de raison de l’acheter, et je n’aurai pas non plus de raison d’acheter le format numérique.

                          Je pense qu’à terme la science et la technologie sont amenées à détruire le travail et le capital. Et c’est le but !


                          • Julien Julien 12 décembre 2014 09:32

                            Je parlais bien sûr du travail rémunéré dans la dernière phrase. On se dirige donc vers une société du don et de la gratuité. Cela a déjà commencé avec le logiciel libre, mais pour que cela s’étende, il faudra une révolution *scientifique* et les conséquences technologiques correspondantes.


                          • Mark2k 12 décembre 2014 14:30

                            Est-il vrai que la baie de pirate dispose d’un serveur au Costa Rica ?


                            • JackV 20 décembre 2014 04:37

                              L’industrie du divertissement se porte très bien à mon avis, faut voir les artistes qui sortent des disques tous les ans, je crois pas un mot à la théorie selon laquelle le piratage serait entrain de la faire couler. La plupart des gens qui téléchargent illégalement, n’ont pas les moyens d’accéder aux œuvres légalement du fait de leur coût, mais cela ne les empêchera pas de consommer des produits dérivés ou d’aller à des concerts par exemple.



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