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Miroirs (III) La science du 21 ème siècle et le principe du miroir

Voici la suite de cette énigmatique aventure du miroir qui ne fait que commencer.

5 Avènement de ... éclipse du Miroir

(.... texte caché...)

6 Le principe du Miroir dans la science du 21ème siècle.

Le processus cognitif fondé sur le principe du miroir a fonctionné pendant des siècles, offrant un spectre de connaissances élargies mais la Modernité a supplanté ce mode de connaître par un dispositif plus efficace, où savoir et savoir-faire sont entrelacés. Après trois ou quatre siècles (c’est-à-dire pas grand-chose rapporté à l’histoire) de perfectionnement, la techno-science a offert cette somme gigantesque de traités, technologies, livres scientifiques, ayant prise sur la totalité des champs naturels et humains accessibles à l’expérience et la manipulation. Certains ont pointé la transformation de la science moderne en techno-science. Mais comme toute science livre une connaissance de son objet, le savoir des choses naturelles est devenu un savoir du mode opératoire, notamment dans les sciences du vivant, puis les neuroscience, les sciences cognitives et progressivement, les sciences humaines. Les manuels d’enseignements ne livrent pas « ce qui est » mais explique « comment faire ». Le rêve de connaître les choses s’est transformé en progrès indéfini d’opérer, d’avoir une emprise sur les choses. Mais le miroir se dessine à travers les savoirs modernes.


Ce Miroir, un principe, mais dans quels champs. Nous l’avons vu en œuvre dans l’Antiquité et au Moyen Age où il traverse deux champs, le gnoséologique et l’ontologique. Le miroir comme processus dans l’empathie cognitive et la connaissance par similitudes. Le miroir comme dispositif, dans l’ontologie de la Lumière chez les néoplatoniciens, dans l’anthropo-théologie chez les docteurs de l’Eglise. Et maintenant, le miroir se révèle dans la science contemporaine

6 ; a. Les neurones miroirs découverts par Rizzolati. Ils interviennent dans le mode opératoire cognitif expérimenté à travers les neurones. L’extrapolation au domaine ontologique n’est pas à l’ordre du jour. Voir le § 1 pour plus de détails.

6 ; b. La symétrie de type miroir en physique des particules. Les récentes découvertes découlant de la physique quantique et des chocs entre particules ont dévoilé d’étranges propriétés du monde microphysique. Le monde naturel est formé de matière et de rayonnement. Les atomes sont composés de trois types de particules. Deux, le proton et l’électron, sont chargés. Et lorsqu’on produit des chocs à hautes énergies, on observe des traces d’antimatière. Le monde sensible est fait uniquement de matière mais on sait maintenant que le vide n’est pas si vide que ça puisqu’il est une « substance » fluctuante où particules et anti-particules se créent puis s’annihilent et ainsi de suite. L’une des lois fondamentale régissant ces particules est la symétrie CPT. Un univers conçu comme une image miroir du notre, évoluerait de la même manière que le notre. Plus précisément, une anti-particule se présente comme l’image dans un miroir de sa particule. Elle est de charge opposée et dans un univers où il y aurait deux flèches du temps, elle se déplacerait dans un temps négatif.

Si on devait repenser la matière, on y verrait un ensemble dédoublé, avec la matière sensible, visible, accessible, et une substance sub-quantique, lieu invisible mais dynamique et pourvu d’une structure en miroir. En scrutant le formalisme quantique, on remarquera que dans l’espace de Hilbert servant à décrire le système quantique, il existe une symétrie mathématique entre un vecteur d’état complexe et son homologue conjugué. Un vecteur désigné comme a + ib, i étant le nombre imaginaire, à pour conjugué a – ib, qui dans un plan d’Argan, se situe comme une image miroir. Certes, ces vecteurs n’ont pas de signification physique mais peut-être, sont-ils la représentation indirecte d’une substance métaphysique. Le physicien Bohm a cherché une signification physique en élaborant la théorie à variables cachées. Cette option n’a pas un intérêt instrumental supérieur à la théorie standard mais il offre une explication dans certains phénomènes décrits mais non expliqués, comme les interférences entre photons ou électron dans l’expérience des fentes de Young. Sans entrer dans les détails, tout se passe comme si derrière la particule il y avait un double pilotage, avec une onde (locale) qui la guide et une onde inverse (translocale) qui explorerait l’ensemble du dispositif matériel. Conclusion ; il y a une réflexivité dans la matière.  

6 ; c. Les symétries brisées dans la Nature. La science contemporaine a mis en évidence des règles de symétrie, très contraignantes dans le monde physique, et largement présentes dans le monde vivant. Un univers fait de formes et basé sur des agencements moléculaires où le principe du miroir joue en certaines occasions. Notamment lorsqu’on observe certains dispositifs moléculaires tels les protéines. Celles-ci sont basées sur des acides aminés. Or, étant donné la présence d’un carbone asymétrique, il existe deux formes (énantiomères) pour chaque acide aminé, L et D, chacune étant l’image de l’autre réfléchie dans un miroir. La synthèse par voie chimique des acides aminés produit un mélange des deux énantiomère, notamment dans la fameuse expérience de Miller visant à recréer les conditions de la « soupe primitive » avant la vie. Or, il se trouve que dans les protéines naturelles, seuls, les acides aminés de la forme L(évrogyre) sont utilisés. Dans le cas des glucides, une synthèse amènerait aussi la production d’un mélange mais dans le vivant, c’est la forme D(extrogyre) des glucides qui est utilisée pour la synthèse des édifices macromoléculaires, par exemple, le glycogène. Alors que seule, la forme L de la vitamine C peut être assimilée par l’organisme.

Cette propension du vivant à briser la symétrie miroir livre-t-elle quelques secrets de la Nature, voire même de l’Univers ? N’oublions pas que l’existence du monde matériel et de la flèche temporelle est due à une brisure de symétrie du même genre. Pour que la matière existe, il faut qu’il y ait plus de particules que d’anti-particules, afin de produire les atomes et le mouvement du devenir. Quand au miroir dans l’existence humaine, nous ne pouvons rien supputer de tangible. Sauf nous interroger sur le dicton du miroir brisé qui n’amène pas forcément sept ans de malheur mais plutôt une série d’épreuve. Briser son miroir, c’est refuser d’en rester à une image de soi et tenter de devenir autre, avec l’âpreté du chemin.

6 ; d. Les miroirs acoustiques. Le physicien Matthias Fink a mis au point dans les années 1990 (décennie des neurones miroirs) un procédé d’investigation basé sur les ondes acoustiques. Ce dispositif est désigné comme miroir à retournement temporel. Il repose sur l’invariance de l’équation de propagation par retournement temporel. Ainsi, une onde peut rejouer par rétropropagation la scène jouée à l’aller. On est dans le cas d’une symétrie de type miroir. Mais gardons-nous de jouer sur la sémantique. Ce n’est pas parce que le mot miroir est utilisé que ce procédé s’inscrit dans le « paradigme du miroir » qui se dessine actuellement. Néanmoins, évoquer le miroir temporel n’a rien d’anecdotique. Une analyse du procédé devrait permettre de comprendre comment par l’effet miroir, il est possible d’accéder à un traitement particulier des signaux reçus par les récepteurs sonores. Et de ce fait, livrer une connaissance du milieu. Car ce procédé est efficace pour sonder par des méthodes non invasives certains milieux. Par exemple, en imagerie médicale, ou bien en science des matériaux. Auquel cas, on pourra parler de dispositif perceptif artificiel utilisant les ondes sonores. Comme il existe d’ailleurs un tel dispositif mais naturel, permettant à un être vivant suffisamment évolué de localiser dans l’espace la source d’un bruit. En fait, nous pouvons penser que dans la nature vivante, tout est perception et non pas une simple réception.

6 ; e. Ces illustrations ne sont pas exhaustives. Le principe du miroir dans la Nature et dans la science mérite un chapitre, voire un livre.



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