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Moitié oubliée du cerveau

Le magazine « Pour la Science » de septembre 2004 avait déjà abordé le sujet, « Science et vie » dans son numéro de novembre 2005 y revient :la découverte récente, le rôle des cellules gliales, longtemps relégué au rang de simple soutien de la conduction neuronale, se précise, confirmant encore, s’il en était besoin, la complexité de cette structure cérébrale qui enregistre, dirige et soutient notre évolution.

Les cellules gliales sont pour l’essentiel constituées au niveau cérébral par les astrocytes, qui sont présents entre chaque neurone ; les poursuivant dans leur course à travers l’organisme, sous le nom de cellules de Schwann, ils constituent la gaine de myéline, dont le rôle dans la conduction des influx nerveux est connu depuis longtemps.

Changement de paradigme donc, par l’observation in vivo, grâce aux moyens d’investigation informatiques (microscope biphoton), dans le crâne ouvert d’une malheureuse petite souris, du rôle de ces cellules, qui n’est plus simplement l’accompagnement et la facilitation de la conduction neurale, mais un véritable « doublage » de nos neurones. Cette observation révolutionne la connaissance de notre cerveau et de ses possibilités.

En effet, il semblerait que si nos neurones jouent bien un rôle indispensable dans la conduite des informations au sein de notre système somatique, les cellules gliales, par leur présence, jouent un rôle tout aussi indispensable, étant capables de conduire un influx d’une synapse à l’autre par des « voies détournées ».

Ce cerveau bis serait essentiel dans la plasticité neuronale, dont la neurophysiologie parle depuis quelques années, et qui a déjà modifié fondamentalement les modes de raisonnement quant aux possibilités de restructuration du cerveau en cas de traumatisme (infarctus, hématome...), mais aussi sur nos capacités d’apprentissage et d’adaptation.

Le rôle désormais dévolu aux cellules gliales vient encore confirmer ces formidables capacités. C’est une confirmation a posteriori des intuitions d’autres chercheurs, moins « scientifiques » aux yeux des premiers et qui, par leur connaissance de l’inconscient (Freud et toutes les écoles psychanalytiques), leurs constatations des capacités de ressourcement et de restructuration cognitives et gestuelles (psychologie cognitive, éducation somatique), avaient depuis fort longtemps établi leurs méthodes de travail et de recherche sur la base d’une plasticité que la science de l’époque considérait comme impossible.

Cette rencontre de la recherche en sciences humaines et de la recherche fondamentale en neurobiologie devrait être un encouragement à jeter les ponts, à construire les passerelles entre ces divers degrés de la connaissance, pour le plus grand profit de nos contemporains, qui peuvent désormais s’appuyer à la fois sur les connaissances intuitives accumulées par les uns, et les découvertes sans cesse plus poussées de la science.

 

Sources :

 

  • Douglas Fields," La moitié oubliée du cerveau", Pour la science, n° 323, septembre 2004
  • Jean-Antoine Girault, "Les noeuds de Ranvier, le secret d’une conduction rapide", Pour la science, n° 323, septembre 2004
  • Caroline Tourbe, "Nous avons un deuxième cerveau ! " Dossier Science &vie, n°1058, novembre 2005

 

 


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