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Accueil du site > Actualités > Technologies > Nano-bio-technologies, méga-business et macro-irresponsabilité

Nano-bio-technologies, méga-business et macro-irresponsabilité

Développé dans une absence totale de débat public, tant au niveau national que local, le complexe scientifique Minatech de Grenoble, premier centre européen dédié aux nanotechnologies, et troisième au monde, a inauguré en juin 2007, un pôle "biotechnologies", qui n’accueille à ce jour que des entreprises liées majoritairement au biomédical, avec un usage apparemment confiné des organismes génétiquement manipulés.

Présenté comme un pôle d’innovations et une pépinière d’entreprises, avec le soutien de la région Rhône-Alpes et des pouvoirs publics locaux, gérée par Floralis, filiale de droit privé de l’université Joseph Fournier en charge de sa valorisation industrielle, la description de Biopolis sur le site de Minatech, entretient cependant de la manière la plus flagrante qui soit la malhonnêteté qui a régi à la mise en place de la loi OGM française, il y a quelques semaines :

Pour comprendre et soigner les maladies génétiques et neurologiques, pour trouver une alternative aux carburants fossiles, pour améliorer à la fois les rendements agricoles et la qualité des aliments (...), il fallait inventer un lieu qui facilite l’émergence de solutions.

Les OGM y sont en effet promus sans distinction aucune comme innovations au niveau de la médecine, de l’environnement, de l’agriculture et de la nutrition. Alors que les autorités européennes se targuent d’avoir mis en place une législation la plus rigoureuse au monde sur les organismes génétiquement modifiés, basée sur le principe du "cas par cas", l’absence totale de discernement concernant l’utilisation des organismes issus de la transgénèse et de réflexions sur leur légitimité ou non en fonction de leurs secteurs d’application et de leur mode de production et de diffusion (ou non) dans l’environnement, est ce qui caractérise leur développement.

L’idéologie globaliste et scientiste, sous-jacente à cette présentation du pôle d’innovation et commune aux défenseurs des OGM, est la promotion et la diffusion de toutes les applications de transgénèse dans tous les secteurs d’applications potentielles, et l’acceptation et l’imposition du non-confinement de ces technologies comme norme première, au mépris de tout principe réel de précaution. Les personnes défendant globalement les OGM ne défendent pas en fait la recherche fondamentale, ne défendent pas la médecine, ne défendent pas l’environnement, ne défendent pas les consommateurs, mais défendent une technologie issue de la manipulation de l’ADN recombinant, et ses applications sans restriction aucune dans toutes les branches d’activités possibles, et qui impliquent l’imposition légaliste de leur non-confinement.

L’imposition légaliste du non-confinement des OGM permise par l’occultation du débat sur leurs applications et qui s’accompagne de mesures répressives et de contraintes complètement nouvelles pour l’ensemble de la population tant pour les consommateurs-citoyens que pour les professionnels, fait partie de la stratégie des lobbies industriels auprès des organismes décisionnels et des pouvoirs politiques, qui laissent ces questions fondamentales se régler en fonction de critères non pas scientifiques, mais principalement économiques, par le biais par exemple, en France, du Conseil économique et social ou de la Commission des Affaires économiques, de l’Environnement et des Territoires. Les questions scientifiques ou éthiques ne viennent qu’en aval, quand les décisions d’accréditation de ces technologies, quels qu’en soient les secteurs d’activités ont déjà été prises, et ne concernent plus que leur mode de normalisation en prévision d’une législation satisfaisant un maximum les industriels pour favoriser l’ouverture des marchés dans un contexte de concurrence et de compétition internationale, et un minimum les consommateurs, citoyens et associations citoyennes afin d’étouffer la contestation, et de réguler les risques éventuels en protégeant à la fois l’Etat et les entreprises se lançant dans leur commercialisation.

La dialectique du risque énoncée par les pouvoirs publics est en effet celle du "risque avéré", ou du risque "en l’état actuel de nos connaissances" et de l’"action raisonnée et responsable", qui cache en fait l’idéologie d’une hiérarchie des valeurs, avec l’économique au sommet. En d’autres termes, dans une logique toute aquinienne, l’on ne "croit qu’à ce que l’on voit", et tout phénomène non observé n’existe pas et n’est donc pas pris en compte dans l’analyse du risque. Les scientifiques doutent, mais ne s’abstiennent pas. Comme le délai entre la mise au point d’une innovation et sa commercialisation s’effectue sur des échelles de temps très rapides pour des questions de rentabilité économique, aucun moyen n’est réellement mis en œuvre pour satisfaire les exigences d’études scientifiques rigoureuses et recoupées de l’impact des nouvelles technologies du nano ou du bio, sur l’environnement ou la santé. Dans ces conditions, moins l’on recherche d’effets négatifs, moins on en trouve. Et les conséquences à plus ou moins long terme de cette politique de laisser-aller en matière de diffusion de ces innovations en tant qu’objets de consommation courante sont volontairement écartées du débat public et des décisions relatives à leur commercialisation, pour faire perdurer le mythe du modèle économique basé sur la rapidité et le prêt-à-consommer, qui a déjà montré de sévères faiblesses en termes de sécurité environnementale et sanitaire par le passé.

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62 réactions à cet article    


  • Perrine Storme 24 juin 2008 11:57

    Actuellement étudiante en master 2 information communication, je réalise un mémoire de recherche sur le thème du journalisme citoyen.

    En tant que rédacteur d’Agoravox, j’aurai besoin de votre contribution pour répondre à quelques questions.

    Si vous étes interessés, vous pouvez me joindre par mail : perrine.storme@wanadoo.fr, de façon à ce que je vous envoie le questionnaire.

    Merci d’avance


    • Deneb Deneb 24 juin 2008 12:07

      Les nanotechnologies ou plus généralement NBIC (nano-bio-info-cognitique) sont la dernière bouée de sauvetage pour l’humanité. On y entrevoit des solutions pour l’environnement, médicine, logement ... Il serait idiot de laisser tobmber cette chance. Il y a un siècle, avec la démocratisation de l’energie eléctrique l’humanité s’est montré courageuse. Nous savions que l’eléctricité pouvait tuer ou faire de gros dégats. Néanmoins, tout le monde profite aujourd’hui de cette technologie toutefois très dangereuse - les accidents sont encore nombreux. Pourtant presque personne n’a envie de revenir en arrière.

      Les NBIC c’est pareil. C’est une technologie qu’il faut, certes, manier avec précaution, mais les bénéfices valent largement les risques. Si l’on peut douter de l’efficacité des manipulations genétiques dans la nutrition, elles sont indispensables dans un spectre de plus en plus larges d’activités humaines. Connaitre et savoir interpreter un code genetique est un progrés indéniable.

      Le risque le plus grand dans le cas des NBIC est que cette technologie soit utilisée à des fins mercantiles et guerriers. Mais ce problème est bien plus vaste et doit faire parti d’une lutte quotidiènne où chacun de nous doit s’engager, et pas seulement en ce qui concerne les NBIC.

      Les opposants à ces tecnologies, souvent croyants, ont surtout peur que l’on ne demantèle l’idée d’un dieu. En effet, la science commence à penétrer dans les secrets de la création, elle commence à comprendre l’essence de la vie, qui fut jadis le monopole divin. L’opposition aux NBIC est souvent instiguée par une eglise ou secte quelconque, qui voient disparaître les secrets dont ils ont fait leur fond de commerce.


      • hurlevent 24 juin 2008 20:31

        Bien vu !

        Bravo pour ce commentaire intelligent

         


      • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 20:59

        « Les opposants à ces technologies souvent croyants »...

        Je n’ai personnellement rien à voir avec les croyances d’aucune sorte, n’appartient à aucune religion organisée que je pense être des fumisteries sociales de contrôle des esprits. Ce genre de biais dans le débat concernant les technologies ne réflètent que la grande misère intellectuelle des tenants de la science mais aussi de nos dirigeants politiques, dont beaucoup sont à la botte de tous les lobbies tout autant scientistes que religieux.

        Aurélien


      • hurlevent 24 juin 2008 21:19

        @l’Auteur

        Relisez vous. Vous accusez tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous d’être "scientiste", ou sous la coupe de "lobby", qui font de la "propagande".

        Respirez un bon coup et rendez vous compte de la réalité.

        Les nouvelles technologies sont utilisées depuis plusieurs dizaines d’années. Elle offrent de belles perspectives et permettent le progrès. Vous avez peur, ok, c’est naturel, mais n’accusez pas les autres de tous les maux simplement parce qu’ils ne partagent pas vos peurs.

         


      • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 21:27

        Hurlevent pour avoir déjà discuté avec vous dans un autre de mes articles, je peux constater que vous êtes plutôt du genre « borné ».


      • hurlevent 24 juin 2008 21:39

        @ L’auteur.

        Heureux de l’apprendre. Mais vous remarquerez que je ne parle pas de "lobby" et autres conspirations. Je ne fais que dénoncer vos peurs.


      • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 21:43

        Ne projetez pas des peurs qui n’existent que dans votre imagination. Je ne m’inscris pas personnellement dans un discours de la peur, de l’émotif, mais dans le factuel, le normatif, relisez l’article pour vous en convaincre.

        Aurélien


      • hurlevent 24 juin 2008 23:20

        "Ne projetez pas des peurs qui n’existent que dans votre imagination. Je ne m’inscris pas personnellement dans un discours de la peur, de l’émotif, mais dans le factuel, le normatif, relisez l’article pour vous en convaincre."

        J’ai bien lu l’article. Vous parlez d’idéologie globaliste et scientiste. De lobby. Dans vos commentaires on retrouve des allusions au créationisme américain (on se demande bien le rapport ?), et d’agro-business.

        On est en plein dans les croyances et l’irrationnel. Pas dans le factuel.


      • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 25 juin 2008 11:39

        Le problème avec les médias comme Agora Vox est que n’importe quel commentateur se prétend expert proclamé en ceci ou cela, ce qui est d’autant plus remarquable parfois pour des personnes n’ayant jamais publié d’articles sur ce quoi ils parlent.

        Oui, je parle de idéologie globale et scientiste, elle est très clairement décrite dans cet article

        D’autre part, ce n’est pas parce quelqu’un travaille dans la génétique, qu’il est expert en son domaine concernant ses implications ou son mode de fonctionnement dans le paysage scientifique. Beaucoup de scientifiques n’ont absolument aucun recul sur ce qu’ils font dans leur laboratoire et ne sont en fait que des techniciens, sans aucun appareillage théorique (ce qui est d’autant plus valable en biologie, science à dominante expérimentale).

        Que dire si vous ne comprenez pas le contexte de formation de la science aux Etats-Unis, renseignez-vous, lisez des livres. Il y a quantité de livres d’histoire des sciences sur le sujet et notamment sur la génétique. Le fait que le créationnisme soit enseigné à l’école montre bien le niveau extrêmement lache de rigueur scientifique qui existe au niveau de l’éducation, et qui se retrouve dans l’enseignement supérieur par des positions idéologiques marquées au niveau du développement de la recherche.

        Cela dit, discuter avec vous, me semble une vraie perte de temps, tant vous êtes obscur à toute remise en question de vos présupposés et acquis, et j’ia déjà passé toute une après-midi sur Agora Vox à le faire sur le précédent article mentionné dans le commentaire.

        Bonne journée.


      • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 25 juin 2008 12:10

        Erratum, j’ai confondu avec un autre "pseudo", cela dit, c’est assez révélateur du fait que les arguments des promoteurs (sans distinction) de ces technologies sont tous les mêmes et se répètent d’une personne à l’autre, à la manière d’une propagande.


      • elric 24 juin 2008 12:57

         la peur des nanotechnologies tient plus de la peur de la sciencefiction que de la peur de la science.Le terme est trés général et désigne des secteurs trés variées,de l’aveu d’un chercheur suffit de rajouter le préfixe nano pour avoir des crédits.La peur tient du fait que certains ont prophétisés l’invention de nanorobots qui pourraient travailler au niveau moléculaires,et qui pourraient échapper à notre controle.Dans la réalité on est trés loin d’y être,et on sait même pas si c’est réelement possible.


        • jcm jcm 24 juin 2008 13:29

          @ Deneb et Elric

          N’avez-vous pas lu l’article ?

          Il y est nettement question de "...la stratégie des lobbies industriels auprès des organismes décisionnels et des pouvoirs politiques, qui laissent ces questions fondamentales se régler en fonction de critères non pas scientifiques, mais principalement économiques...".

          2 commentaires (Deneb et Elric) et voici "la peur" qui apparaît dans chacun pour motiver l’opposition ou même le doute que l’on peut avoir sur certaines technologies.

          L’un renvoie à l’idée d’un dieu, l’autre à la SF : êtes-vous allés au bout de votre pauvre imagination ou bien nous en servirez-vous d’autres du même acabit ?

          Si, selon vous, la seule motivation à la critique d’une innovation, d’une science, d’une technique... ne peut être que la peur je dois vous conseiller

          - d’aller vous faire soigner,

          - de manger du poisson,

          - des omégas 3 ou que sais-je !!!

          Car il peut y avoir diverses motivations parfaitement sérieuses et même tout à fait scientifiques à critiquer, mais pouvez-vous l’imaginer ?

          J’ai abordé cette question ici : "OGM : JP Oury fait fi d’une science véritable..." si cela peut vous éclairer.

          Et sachez que de très récentes études permettent de penser que des nanotubes de carbone LONGS pourraient avoir des comportements similaires à ceux des fibres d’AMIANTE, ce qui ne serait pas le cas des nanotubes COURTS.

          Il n’est pas ici question de PEUR mais d’établir des connaissances dont nous avons besoin, et affirmer que les nanotubes de carbone version longue sont dangereux, si cela est prouvé, nous conduira à ne pas les utiliser, en tous cas pas dans n’importe quelles conditions, s’il devinet avéré que le bilan de cette utilisation est trop négatif.

          Voyez donc qu’il existe des NUANCES et des modes de réflexion qui vous ont visiblement échappés...

          Aujourd’hui, manifestement, il nous manque un certain nombre de connaissances qui auraient dû être disponibles AVANT que l’on commercialise certaines innovations.

           


          • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 21:09

            Complètement d’accord, la rhétorique de la peur commence sérieusement (ou continue) à polluer le débat.

            Un « souhait-conseil » : que chacun avant de s’engager dans un débat sur ces technologies règle d’abord son problème personnel avec la peur, car sinon on n’ira pas bien loin.


          • Mil 24 juin 2008 13:53

            @ l’auteur :

            Les MGM (microorganismes génétiquement modifiés) que vous dénoncez sont utilisés industriellement depuis au moins 20 ans... J’espère que vous n’êtes pas diabètique car l’insuline utilisée par ces patients provient de ce type d’organismes (l’insuline n’est qu’un exemple, de nombreuses autres molécules sont produites de la sorte : EPO, vitamines, hormones...)

             


            • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 18:32

              Que dire à des personnes qui ne lisent pas l’article. Les OGM confinés ne font pas l’objet des critiques. En ce qui concerne la démarche d’Anti-OGM.info, elle est clairement exprimée sur le site.

              Aurélien


            • karg se 25 juin 2008 11:03

              Confiné ? on est bien dans la peur irrationnelle ça fait longtemps que les levures MGM se barrent dans la nature, sans conséquence.


            • Deneb Deneb 24 juin 2008 14:09
              JCM :

              ... nanotubes de carbone LONGS pourraient avoir des comportements similaires à ceux des fibres d’AMIANTE, ce qui ne serait pas le cas des nanotubes COURTS.

              manque de pot, pour augmenter l’efficacité des cellules solaires, les nanotubes doivent être longs et avec les défauts

              les plus nocives, quoi. Mais je prefère cent fois utiliser un matériau nocif, en m’entourant de précautions (que personne n’a pris avec l’amiante pendant des decennies), que de construire une n-ième centrale nucléaire.


              • jcm jcm 24 juin 2008 14:49

                @ Deneb :

                Vous semblez être un indécrottable binaire, sauf votre respect !!!

                D’abord les partisans de certaines technologies opposés aux "peureux", deux blocs bien scellés et antagonistes, ensuite comme seule alternative les nanotubes longs contre une centrale nucléaire, comme si la palette de choix n’était pas plus vaste !

                Ouvrez la fenêtre, de grâce !!!


              • Deneb Deneb 24 juin 2008 15:18

                JCM : vous semblez avoir une certaine propension pour l’invective et orinthologie, ce qui vous enleve pas mal de crédibilité. Je vous signale tout de même que le vecteur de transmission de vos idées, l’Internet, fait aussi partie des NBIC et de ce fait inextricablemnt lié à toutes les nouvelles decouvertes et applications dans le progrés des convergences. La fabrication des puces de votre ordinateur a necessité des téchniques proches de nanotechnologie. Alors soyez logiques avec vous-même , jettez tout.


              • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 18:33

                Le choix n’est pas entre le nucléaire et le nano.


              • Deneb Deneb 24 juin 2008 19:20

                 Anti-OGM.info : Le choix n’est pas entre le nucléaire et le nano.

                et pourquoi pas ?


              • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 19:27

                C’est trop simpliste, et le choix n’est jamais duel. La réalité est bien plus complexe que cela. Ce n’est pas la technologie qui va régler les problèmes de l’humanité d’ailleurs. Elle ne l’a jamais fait et ne le fera jamais.


              • Deneb Deneb 24 juin 2008 19:34

                antiOGM : "Ce n’est pas la technologie qui va régler les problèmes de l’humanité"

                quels sont les problèmes que vous avez à l’esprit et que la technologie ne reglera pas ?


              • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 19:44

                Il ne s’agit pas de faire le procès de la technologie globalement. Vous évoquiez le nucléaire et le nano. Ces technologies limitées sont des innovations, comportant des risques et des impacts collatéraux à leur utilisation. Mais les innovations ne règlent pas les problèmes fondamentaux, comme la faim dans le monde, la partition des ressources énergétiques, la qualité environnementale...etc etc qui sont des problèmes complexes et transdiciplinaires, pas des problèmes techniques.

                Aurélien


              • Deneb Deneb 24 juin 2008 21:09

                OGM : "Mais les innovations ne règlent pas les problèmes fondamentaux, comme la faim dans le monde, la partition des ressources énergétiques, la qualité environnementale...etc etc qui sont des problèmes complexes et transdiciplinaires, pas des problèmes techniques."

                Ah, moi qui croyais que vous voulez parler des problèmes humains que l’on ne peut pas régler avec la technique : l’intolérance, le mercantilisme, le bellicisme, le fanatisme, la vanité .... Tous les problèmes que vous évoquez par contre peuvent facilement se resoudre avec l’utilisation intelligente de la téchnologie. La faim dans le monde, si vous excluez les problèmes que j’ai énumeré, c’est juste une question de logistique. Et le problème de repartition de ressources enérgetiques est un faux problème, puisque le soleil, le vent, les marées, la géothérmie et le champ magnétique existent de partout, il faut juste trouver une technologie pour les exploiter efficacement.


              • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 21:21

                Cela dépasse le cadre strict d’Anti-OGM.info, cela dit je peux répondre de manière personnelle :

                La logistique n’a rien à voir avec la technique. La logistique c’est de la politique, en pratique. Et nous parlons ici de technologies propriétaires, donc absolument pas de méthodes pour une équirépartition de ressources. C’est l’économie de marché, la concurrence et la compétition qui sont la règle. Dans un tel système, il y a ceux qui gagne des marchés, et ceux qui les perdent, ceux qui ont les moyens de développer des technologies, et ceux qui n’en ont pas. En d’autres termes, vous voyez bien que le communisme n’a pas réglé les problèmes dans le monde, mais vous voyez aussi évidemment (il n’y a qu’à ouvrir n’importe quel journal) que le libéralisme n’a pas réglé les problèmes dans le monde. Des technologies développés dans un tel modèle complètemetn fragmenté ne peuvent aucunement contribuer à résoudre des problèmes globaux.

                D’autre part, effectivement ni les connaissances en psychologie, ni la religion, ni les systèmes politiques n’ont rendu l’homme meilleur, globalement, donc a fortiori les techniques purement matérielles n’ont aucun moyen non plus d’y parvenir, et sur ce point je vous rejoins.

                aurélien


              • Deneb Deneb 25 juin 2008 07:36

                Aurélien : je suis d’accord avec vous en ce qui concerne les technologies propriétaires. Mais "rendre l’homme meilleur" est une notion on ne peut plus subjective, qui a servie dans l’histoire les causes souvent les plus abjectes. Il est par contre indéniable que la technique des réseaux eléctroniques nous offre une libérté d’expression sans precédent, ce qui nous pemet, à vous et à moi, d’affronter nos idées. et de faire peut-être avancer le schmilblick un tout petit peu.


              • Spyder974 Spyder974 24 juin 2008 14:46

                Pour avoir fait un article (fortement critiqué) sur la nanotechnologie, je me rend compte que de nos jours, le DIEU $€ (argent ) est present et l’emporte sur tout le reste.

                La santé ? pas important. Notre futur ? pas important. la destruction par des elements inconnu ? pas important. Tout ce qui importe est : "combien cela peut il rapporter ?"

                J’avais comparer les nanotech à l’amiante, érétique que j’ai été, moi qui ne suis rien, pourtant un article parru beaucoup plus tard par des chercheurs ( 1 2 3 ) parlait des mêmes choses.

                .... Je te souhaite donc bon courrage, pour faire passer tes idées, car la réaction des gens peuvent parfois faire peur.


                • Voltaire Voltaire 24 juin 2008 15:06

                  La façon dont notre société diabolise ou accepte les nouvelles technologies est un sujet passionant.

                  Il suffit par exemple de comparer la réaction face aux plantes OGM d’un côté, et au téléphone portable de l’autre.

                  D’un point de vue strictement scientifique, ces thématiques sont largement comparables : issues de technologies développées dans les années 70-80, il existe dans les deux cas quelques rares études mises en avant qui suggèrent la possibilité d’un risque, sans que celui-ci soit quantifiable. Dans les deux cas, il n’existe aucun cas prouvé de personnes affectées par les OGM ou les téléphones portables, aucune étude épidémiologique indiquant un risque accru par leur utilisation, et même aucun fondement scientifique réel pouvant suggérer l’existance d’un risque, même chronique. Pour autant, l’impossibilité de conclure à une totale absence de risque, et l’existence d’études suggérant que, peut-être, dans certaiens conditions, il puisse y avoir un faible risque, suffit pour certains opposants à demander l’application d’un principe de précaution et leur interdiction.

                  La réaction de la société vis à vis de cette demande est cependant diamétralement opposée : rejet pour les OGM, et acceptation pour le téléphone portable. Les raisons de cet impressionant décalage sont multiples :

                  - la familiarité du produit tout d’abord : Pour le citoyen, le téléphone portable n’est que le prolongement du téléphone à fil, même si technologiquement il existe des différences immenses. En revanche, à part pour l’agriculteur averti ou le scientifique concerné, l’OGM est une chose plus abstraite, puisqu’il n’en a jamais vu et qu’il a en général une vision très idéalisée de l’agriculture telle que pratiquée dans nos pays. 

                  - l’usage ensuite : le téléphone portable fait parti de la vie de tous les jours. S’en passer remettrait profondément en question le mode de vie de nombreux citoyens, même s’il ne s’agit pas là d’un objet essentiel. En revanche, l’OGM n’apporte au citoyen aucune valeur ajoutée évidente : les OGM existants sont conçus pour apporter une valeur ajoutée à l’agriculteur, pas au consommateur final.

                  - le nationalisme économique : tandis que de nombreux téléphones portables sont conçus par des sociétés européennes, voire françaises, et que les opérateurs téléphoniques sont aussi franco-européens, les OGM sont actuellement produits en dehors de l’Europe, suite aux campagnes d’activistes dans nos pays. Lutter contre les OGM peut donc légitimement être inclus dans une perpective plus "politique" d’anti-américanisme.

                  - le tabou du vivant : tandis que la technologie micro-électronique n’a jamais suscité au sein du grand public de réaction vives, tandis que toute technologie qui modifie en profondeur le vivant peut entrainer une réaction instinctive de méfiance. Il faut cependant moduler cette aspect : dès que l’objectif est de soigner l’être humain, le public est prêt à passer outre sa méfiance instinctive.

                  La situation peut-elle s’inverser ? Probablement, sous certaines conditions. En ce qui concerne le téléphone portable, il faudrait des éléments scientifiques et médicaux indiscutables (ce qui est improbable) pour avoir un impact réel, tellement cet objet à d’importance socio-économique. En ce qui concerne les OGM, ceux-ci ont pâti d’une erreur de stratégie manifeste : si les producteurs avaient ciblé le consommateur final plutôt que le producteur intermédiaire, il y a fort à parier que la situation serait différente. Dans l’avenir, il est possible que la mise sur le marché de nouveaux OGM à visée thérapeutique, ou permettant de limiter plus nettemment la pollution des sols, voir de présenter un bénéfice pour des populations deshéritées, pourra entrainer un revirement de l’opinion public.

                  Pour conclure, il faut bien souligner la difficulté pour l’immense majorité de la population d’apréhender la notion de risque : une probabilité d’un pour cent ou d’un pour cent mille n’est pas un concept naturellement clair. C’est la raison pour laquelle il est si difficile de transmettre une information objective sur le rapport coût/bénéfice. Mais de façon générale, le public est d’autant plus tolérant au risque que le bénéfice potentiel est important : il acceptera donc facilement la mise sur le marché d’un médicament tuant un patient sur dix si ce médicament permet de sauver un patient sur deux d’une maladie mortelle. Pour le moment, bien qu’aucun de ces deux produits, plantes OGM et téléphone portable, ne soient indispensables, le public perçoit un intérêt bien plus évident du côté du téléphone que de l’OGM. A risque (quasi nul) égal, il est donc prêt à conserver son portable et à refuser l’OGM...

                   


                  • Lapa Lapa 24 juin 2008 15:13

                    vous m’otez une nouvelle fois les mots de la bouche.

                     

                    merci Voltaire.

                     

                    (sur cette problématique (acceptation de la technologie et du progrès et des risques) il ya eu un livre assez bien écrit par un sociologue que jemettrai en lien une fois rentré chez moi) )


                  • jcm jcm 24 juin 2008 15:44

                    @ Voltaire :

                    Vous écrivez : "...toute technologie qui modifie en profondeur le vivant peut entrainer une réaction instinctive de méfiance. Il faut cependant moduler cette aspect : dès que l’objectif est de soigner l’être humain, le public est prêt à passer outre sa méfiance instinctive.".

                    Selon vous la "réaction instinctive de méfiance" s’appliquerait aux OGM en général (donc à ceux utilisés en agriculture) avec une meilleure acceptation des OGM produisant des molécules médicamenteuses, le critère de méfiance étant la modification "en profondeur" du vivant.

                    Ai-je bien compris ?

                    Alors je crains que vous fassiez erreur sur les critères et la nature de certaines oppositions, en oubliant ce qui différencie très nettement les OGM à destination pharmaceutiques des autres.

                    Les premiers sont utilisés en enceintes fermées très surveillées, sans qu’il y ait le moindre risque de dispersion de quoi que ce fût.

                    A moins bien sûr que l’on manipule un maïs pour produire des molécules visant la mucoviscidose, ce qui a eu lieu, mais alors il faut rappeler que TOUTES les molécules médicamenteuses peuvent être produites en réacteurs sans le passage par l’agriculture, dans d’excellentes conditions.

                    Vis à vis de ces productions pharmacologiques, n’entraînant aucun risque de dispersion incontrôlée et dont les fruits sont l’objet de vérifications très poussées de conformité par rapport aux spécifications, personne ne trouve rien à redire : elles reposent effectivement sur une modification profonde du vivant et cela ne fait pas problème.

                    Le "critère de méfiance" n’est donc pas la modification du vivant, il ne s’applique pas aux médicaments mais à toutes les variétés OGM susceptibles d’être dispersées dans la nature.

                    Et si vous vous tenez un peu au courant vous devez savoir qu’il n’y a pas UN seul et unique "critère de méfiance" mais qu’ils sont nombreux, souvent précisément décrits et basés sur des questionnements scientifiquement fondés.

                    Pour moi le "critère de méfiance" est basé sur le fait que nous manquons de véritable science pour nous faire une opinion digne de ce nom sur les OGM ou plus exactement les PGM (voir l’article sur une "véritable science" en lien dans mon premier commentaire), et ceci à divers points de vue.

                    Car "la science" ne peut se satisfaire d’approximations ou de processus incomplets, ce qui est le cas pour les PGM en général (voir par exemple : "Certains cygnes sont peut-être gris - Popper ou Bayes ?").

                     


                  • Voltaire Voltaire 24 juin 2008 16:15

                    @jcm

                    Mon propos concernait le grand public, et non les arguments des associations anti-OGM.

                    En ce qui concerne les OGM non-plantes (bactéries, levures etc...), je crains que vous ne fassiez erreur. Ormis quelques exceptions, principalement pour des raisons de propriétés industrielle et non de sécurité, les OGM "de laboratoire" sont manipulés de façon très peu stringente, surtout dans les laboratoires publics. Par exemple, les bactéries de type E. coli ou les levures dans lesquelles ont a cloné tous les gènes possibles et imaginables ont toujour été manipulé comme classe 1, et sont donc répandus partout dans la nature depuis 30 ans. Dans les années 70, il y eut une réunion en Californie où l’on se posa la question de la dangerosité des OGM de ce type. Les US adoptèrent pendant 2-3 ans un système de confinement stricte, par précaution, tandis qu’en Europe on considéra que les risques étaient négligeables. Après ces quelques années, les US voyant qu’aucun effet négatif ne se produisait en Europe, et étant donné le surcout très important pour les labos US, décida d’abandonner ces mesures de confinement.

                    Les seuls OGM vraiment confinés sont ceux dont l’hôte est potentiellement dangereux ; l’addition d’un transgène n’est pas considérée comme potentiellement dangereuse, sauf si ce transgène peut conférer à l’hôte des propriétés dangereuses (toxines, infectivité etc...).


                  • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 24 juin 2008 18:36

                    @ Voltaire, personnellement, je vis très bien sans téléphone portable (choix personnel) et suis heureux de pouvoir encore trouver à l’heure actuelle des produits sans OGM, ce qui ne sera peut-être plus bientôt le cas.

                    D’autre part, je ne vois pas ce que vient faire cette idée de diabolisation des technologies. Sans doute vous n’avez pas non plus lu l’article.

                    Aurélien


                  • Lisa SION 2 Lisa SION 24 juin 2008 19:50

                    Bonjour,

                    La nano-technologie dans les domaine industriels peuvent être bénéfiques sauf s’ils nuisent à la concurrence des méthodes. En effet, souvent on y arrive par des budgets coûteux, par de longues recherches à inventer un procédé qui existe déjà de façon naturelle. afin de justifier les finances en jeu, et devenir leaders du créneau, la campagne se rabat sur le principe naturel sous prétexte qu’il n’est pas homologué ou qu’il n’a fait l’objet d’un brevet spécifique. Ce fut le cas à propos du purin d’ortie, excellent engrais entièrement gratuit mais pourtant décrié voire presque interdit pour le seul profit des lobbys américains. Chacun doit pouvoir être libre de choisir par exemple entre un sysème compliqué lié à des abonnement pour chauffer son eau, et installer un simple tuyau noir sur sa toiture.

                    Dans le cas de la nano-technologie alimentaire, elle n’a pas sa place dans les cuisines des meilleurs chefs étoilés reconnus mondialement. Si l’on peut effectivement modifier une plante par des moyens ultra compliqués, incluant une technologie coûteuse et rentabilisée par un marché obligatoire indispensable, la demande ne crée pas l’offre. Il existe d’autres moyens naturels de modifier n’importe quelle plante, à la portée de n’importe quel profane, c’est de l’entourer d’ondes humaines quotidiennes, de favoriser son environnement vital et de la soigner comme une championne sans aucun dopage nanotechnologique. C’est un peu la méthode Coué. Dites à votre enfant qu’il a raison de s’activer et de chercher à atteindre un sommet, votre flux sera porteur et il l’atteindra...


                  • Deneb Deneb 25 juin 2008 07:47

                    Aurélien : personnellement, je vis très bien sans téléphone portable (choix personnel)

                    Internet, par contre, ça ne vous dérange pas ?


                  • Lapa Lapa 24 juin 2008 15:09

                    je crois que pour l’invention de la machine à vapeur ou du moteur à explosion y’a pas eu de débat public.

                     

                    maintenant je peux me tromper...

                     

                    A partir du moment où c’est techniquement faisable la question n’est pas de savoir si ça se fera mais quand. C’est comme ça et tous les articles sur AV n’y pourront rien.


                    • Spyder974 Spyder974 24 juin 2008 15:24

                      si lors de l’invention du moteur à explosion, on avait réfléchit sur le risque de polution que cela entrainerait, nous aurions peut etre moins de polution maintenant ....

                      le tout n’est pas de dire avant on le réalisait, il faut voir maintenant et ses conséquence sur le long terme.

                      Sauf pour ceux qui veulent tout et tout de suite.


                    • Lapa Lapa 24 juin 2008 16:11

                      si on devait réflechir aux conséquence à long terme de tous nos actes, alors nos ancètres ne se seraient jamais reproduit...

                       

                      qui plus est le débat plublique à l’époque du moteur à explosion n’aurait certainement pas parlé de la pollution mais sûrement de la problématique de la vitesse nocive pour le cerveau par exemple ou la dangerosité des bielles....etc...

                       

                      débat publique n’est pas synonyme ni de vérité ni de qualité.... surtout sur le long terme !


                    • Spyder974 Spyder974 24 juin 2008 16:27

                      Oui c’est vrai, mais de nos jours, il est tres difficile de dire que l’on ne peut pas faire de thorique, surtout que des moyens existent (informatique).

                      Mais bon que peut on faire d’autre que de laisser la majorié s’exprimer ...

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