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Accueil du site > Actualités > Technologies > Ni Bible, ni Darwin (III). Où il est question d’intelligence (...)

Ni Bible, ni Darwin (III). Où il est question d’intelligence humaine.

La controverse publique sur l’Intelligent design est présentée comme la conséquence d’une propagande menée contre la théorie néo-darwinienne par un groupe de propagandistes cherchant à imposer l’enseignement religieux au mépris des vérités issues de la raison, des Lumières et de la science contemporaine. C’est ce qu’écrivent vulgairement les journalistes, ou bien explicitent de manière plus détaillée et savante les professeurs d’université (voir le hors-série N° 61 du Nouvel observateur) Je souscris entièrement à cette présentation si on s’en tient au domaine public et donc politique et religieux (Les Etats-Unis sont un pays laïque au sens politique, ce qui n’empêche pas la religion de déborder largement de la sphère privée, sans entorse au premier amendement qui garantit la liberté d’expression mais protège les prérogatives d’un Etat laïque.) Propagande, ce mot est devenu courant pour nous, Modernes. Il renvoie au champ politique. La publicité ressemble à la propagande, sauf qu’elle vise le portefeuille des individus et rien d’autre. La polémique sur l’ID pourrait tout aussi bien décrite comme du prosélytisme, ce qui traduirait une nuance, pour autant que la frontière sémantique soit nette entre les deux notions. La propagande serait alors du prosélytisme appliqué dans le champ public. D’un côté, les activistes évangélistes, et de l’autre, les prosélytes du Discovery Institute. La distinction est de taille, ne serait-ce parce que la récente affaire de Dover n’a pas été appréciée par les scientifiques oeuvrant à la critique du darwinisme.

 

Ces digressions servent à introduire dans un premier temps une problématique clairement exposée par Stéphane Hergueta (N Obs) résumant ainsi son article : « La propagande anti-évolutionniste des créationnistes est d’autant plus aisée qu’elle vise une vulgate de la biologie évolutionniste et que c’est précisément cette vulgate qui est connue du grand public. »

 

Pas difficile de souscrire à ce propos, mais attention à l’effet boomerang : « La propagande anti-Id-iste des scientistes est d’autant plus aisée qu’elle vise une vulgate de l’Intelligent design et que c’est précisément cette vulgate qui est connue du grand public. »

 

Oui, je sais, le procédé est facile, mais l’honnêteté intellectuelle vise à rétablir la balance. S’il est vrai que le grand public n’a accès qu’à des vulgates, alors louons le souci d’Herguetta et de bien d’autres disposés à expliquer en détail les subtilités de l’évolutionnisme, mais regrettons que les ressorts cachés et non moins subtils de l’ID ne soient pas eux-aussi présentés avec le même souci de précision. Néanmoins, il paraît peu probable que le grand public puisse trancher une controverse avec les détails rendus accessibles à son entendement. Le débat concerne plus spécifiquement les scientifiques. Parfois ils sont saisis de vertige en regardant le parcours nécessaire pour se rendre maître des sciences biologiques et débattre des conceptions théoriques. Et donc, rendre compte de l’état exact de la question du vivant soulève quelques interrogations. Voici le constat tracé par Hergueta :

 

 

« La faiblesse essentielle du système scientifique face à ce genre d’attaques est le très grand niveau de spécialisation nécessaire pour la pleine et entière compréhension des arguments présentés par les chercheurs afin d’étayer la démonstration de leurs découvertes. Il est dès lors pratiquement impossible au non-spécialiste d’apprécier les détails sur lesquels s’opposent les défenseurs des différents points de vue dans le cadre d’une controverse scientifique. Pourtant, ces controverses constituent l’un des principaux moteurs des avancées scientifiques [...] Ce travail de remise en question, qui épluche chaque détail des méthodes expérimentales employées et du raisonnement scientifique qui les soutient, n’a de sens que pour les chercheurs [...] Outre les effets liés aux éventuels conflits entre les convictions individuelles et interprétations scientifiques de faits observés, s’ajoutent des confusions dues aux différences importantes entre les valeurs sémantiques scientifiques et usuelles des mots employés, la plupart largement polysémiques, dans la controverse sur l’évolution. »

 

 

J’approuve entièrement ces propos, sous réserve qu’ils soient équitables pour chacun. Autrement dit, que l’on reconnaisse les mêmes prérogatives à chacune des parties. Si on admet que les partisans de l’ID abusent de l’inculture du grand public, on doit juger pareillement les défenseurs du naturalisme mécaniste néo-darwinien. La controverse se joue entre scientifiques, ce qui n’empêche pas que les citoyens ne soient pas au fait de la partie qui se joue actuellement et dont les racines sont bien plus anciennes. Mais il est exact que le niveau requis pour se forger des convictions inébranlables est assez relevé. Cela n’empêche pas le citoyen de penser, et d’accorder une confiance aux discours. En dernier ressort, c’est l’honnêteté qui prime, et de ce point de vue, nul n’est exempt de sa condition humaine. Chacun cherche, en plus de la vérité, son profit matériel et sa stature dans le champ des pouvoirs dépendants des savoirs. Le temps dira qui a cherché la vérité et qui a suivi son dessein de domination. Les deux n’étant pas forcément opposés, si on reconnaît que la vérité doit triompher !

 

Cela dit, ces questions de culture et de compétences constituent un problème réel. Et sur ce point, le niveau des journalistes causant de cette affaire doit être aussi mis en cause. Si le grand public est inculte, la faute en incombe autant à des facteurs individuels qu’à la qualité des commentaires médiatiques, dont on se demandera s’ils cherchent à satisfaire le goût intellectuel moyen et assurer la domination d’une cléricature sur les masses ou bien à instruire les gens des choses savantes. Le prétexte des citoyens dénivelés est trop facile. La presse qui cherche uniquement à vendre ses produits a vendu son âme !

 

Qu’ajouter de plus ? Que Hergueta raconte, à juste titre, les avatars de la controverse entre micro- et macro-évolution autour de la figure scientifique de Gould. Il paraît que le grand public est passé à côté de l’enjeu scientifique, se contentant de vulgates propagées par les journalistes dans les années 1980. Si bien que le public, tout comme les élèves de l’enseignement secondaire, a dû se contenter d’une explication somme toute assez évidente des phénomènes d’évolution apparentes (micro) en n’ayant d’autre issue qu’un mystère évolutif pour ce qui concerne les grandes modifications des espèces. La découverte des homéogènes pourrait combler ce vide gnoséologique, et expliquer la macro-évolution moyennant l’éclairage d’une disposition épistémologique assez récente, la mise en cause du simplisme génétique, autrement dit, la formule : un gène égale une protéine.

 

La "boîte homéobox" pourrait combler ce vide, mais n’est-ce pas là une méthode visant à élaborer un bouche-trou ? Si je pose cette question, c’est parce que dans l’article précédent de Paul Clavier, il est justement question d’un bouche-trou dont les créationnistes se seraient servi pour combler les failles du néo-darwinisme. C’est Dieu. Avec le recours à l’analogie. Vieux procédé face à la continuité physique dont se réclament les scientifiques modernes. Mais comme l’a montré Descola, ce n’est que convention arbitraire, et pour prendre à revers les mécanistes, je dirais que la programmatique génique est aussi un bouche-trou équivalent à Dieu. C’est à dessein que je m’exprime ainsi, vu que le mythe de l’ADN a été décelé comme substitut mythologique à la création divine. Le jeu est facile, mais reste opaque au lecteur honnête en quête de connaissance. En cette matière, il n’y a pas de miracle. L’efficacité dans la volonté de conviction est optimale quand les deux parties font un effort pour se comprendre, le savant prêt à mettre à portée d’entendement son savoir et le citoyen disposé à faire un effort substantiel pour recevoir cette science. Sans ces deux ingrédients, la science restera une affaire de privilégiés, et les citoyens seront ravalés au rang de masses dociles, et réceptives à celui qui parle le plus fort, au sens démagogique (mais pas le plus vrai), et en matière de science, il en est de même qu’en politique.

 

Certains opposent la stricte rigueur de scientificité à la fluidité fantaisiste des faiseurs de sens, des poètes, des narrateurs. Fausse opposition, bien trompeuse du reste, puisque la science se réclame de l’apanage des philosophes, la vérité, ou du moins son substitut, l’exactitude, érigée en pierre précieuse alors qu’elle n’est que l’écrin ou germe de l’authentique vérité, celle de la démarche philosophique. La science qui présente l’écrin comme un diamant. Voilà un des ressorts de notre modernité, mais comme je m’égare, il faut en revenir au thème de cette note. Une question ? Comment faire voir au citoyen éclairé où est le diamant ? Nous voilà revenus à la case départ. Nous n’avons pas vraiment avancé. Et le constat tracé par Hergueta est vraiment pertinent, tant il pointe les difficultés techniques liées aux débats proprement scientifiques, imposant une maîtrise des savoirs biologiques, mais aussi et surtout les distorsions sémantiques liées à une absence de convention sur des notions générales. C’est sur ce terrain que le grand public pourrait être amené à forger ses convictions. Je crois à une intelligence de l’intuition, qui ne s’oppose pas aux dispositifs analytiques de la science sur laquelle elle prend appui pour des bases empiriques solides et certaines. La partie n’est pas facile, l’enjeu est en fin de compte assez dérisoire. Qu’il y ait une instance qui guide l’évolution ou ordonne la complexité moléculaire, quelle importance, en ce monde où l’existence est devenue réglée par le jeu technicien et matériel, dans un contexte démocratique et technocratique. Les gens se satisfont en partie de ce système, et leurs insatisfactions ne seront pas comblées par la philosophie de la Nature. Mais tel n’est pas le but de cette controverse, qui doit se placer sur le terrain de la connaissance désintéressée, juste pour l’éthique de l’existence, le désir de vérité. Cette digression n’est pas hors sujet. Elle illustre bien comment la plus haute science est incompatible avec des intérêts bassement prosaïques. Et qu’elle soit incompatible avec les enjeux politico-religieux, nous en sommes convaincus, en constatant le cours médiatique de cette polémique, sans le condamner car sans liberté d’expression, point de salut ni de progrès. Et sans instruction, pas de progrès non plus, car l’expression des savants ne serait que parole vide, s’il n’y avait pas une écoute éclairée.

 

 

Une question reste en suspens. Sommes-nous certains que la controverse puisse se dérouler, conformément aux exigences de progression vers la vérité, au sein même de l’institution scientifique ? Les non-scientifiques du grand public ont été récusés par les spécialistes (je refuse cette récusation), mais ont-ils le niveau suffisant pour accéder au niveau exigé par la controverse ? Là rien n’est moins sûr. Quelques originaux sans doute vont sortir des cartes maîtresses. Espérons que la communauté savante puisse entrer dans la partie. Cela a été le cas dans le passé, et sans ce dispositif, il n’est pas de science commune et cohérente pouvant être partagée. Voici quelques confessions extraites (p. 100-104) des mémoires de Charles Bonnet, savant du XVIIIe siècle, naturaliste et auteur d’écrits philosophiques.

 

 

« Dans l’hiver de 1748, il m’arriva une chose que j’ai toujours regardée comme une des principales époques de ma vie pensante : je lus pour la première fois La Théodicée [...] Cette lecture agrandit merveilleusement le champ de ma vision et me fournit une riche matière pour des spéculations d’un ordre plus élevé [...] La Théodicée fut pour moi une sorte de télescope, qui me découvrit un autre univers, dont la vue me parut une perspective enchantée [...] ; j’y recueillais avec avidité les oracles de la sagesse, et je m’efforçais d’en pénétrer le sens profond. Je ne me lassais pas d’admirer la subtilité et la fécondité des principes qu’ils enveloppaient. » (Bonnet)

 

 

Ces quelques lignes évoquent un temps révolu où, pour ainsi dire, tout était encore à découvrir, si bien que les esprits savants faisaient preuve de curiosité, de doute, puis d’étonnement et d’admiration, face aux découvertes de leurs contemporains. C’était un peu de l’esprit des Lumières, cet optimisme dans l’avenir indissociable d’un enthousiasme pour les réalisations humaines. Inventions techniques, mais aussi innovations intellectuelles, comme ce fut le cas des écrits de Leibniz et de Newton. Nos esprits éclairés évoluant dans une sorte d’enchantement dont la source n’était autre que l’esprit humain et sa disposition à raisonner. A lire ces lignes, on comprend alors le contraste avec l’époque désenchantée dépeinte par Max Weber, mais ne soyons pas étonnés. D’une part, les Lumières ont été mythifiées, voilant les zones d’ombre de cette période. D’autre part, la vie urbaine à l’âge positiviste suscite ce que Simmel a désigné comme un état blasé. Comme si le progrès matériel avait ensorcelé les esprits, en les rendant imperméables à l’étonnement philosophique, inaptes à l’entendement des constructions intellectuelles accordées au réel. Le constat vaut également pour ce XXIe siècle qui commence mal. De ce magnifique enjeu qu’est la compréhension des mystères naturels, on ne retient rien, en revanche, on voit les haines s’affronter et les partisans mener des guerres tactiques où il s’agit de tirer sur les failles de l’adversaire sans examiner les contours des théories qu’il bâtit. Cela vaut autant pour les naturalistes darwiniens que pour les ID-istes. C’est de bonne guerre, dira-t-on. Dialectique de l’esprit, dirait Hegel. C’est cela... oui... l’ère contemporaine, où rien n’a de sens en dehors du conflit. L’ère hyper-contemporaine, nous y sommes. Ce théâtre de la suffisance, œuvre sociale dévoyée des élans libertaires de l’ère Woodstock, le singe dominateur a pris le pas sur l’instructeur. No comment, hors sujet ! Nietzsche est passé par là, l’ivresse de la puissance comme substitut à l’émerveillement des miracles naturels et surnaturels. Rien ne vaut plus pour les modernes que cette illusion d’être au faîte du progrès, à la fois auteur et spectateur de ce monde artificiel et factice de la technique, comme si l’homme était devenu le centre du monde. L’anthropocentrisme est un humanisme dévoyé. Autant de la part des scientistes naturalistes, qui s’en défendent en se réclamant de la rationalité empirique, avec un homme sans image autre que le produit d’une sélection aveugle, que de celle des partisans du principe anthropique, ou pire, de la vulgate évangélique, qui conçoit l’homme à l’image de Dieu.

 

 

« Mais vous pensez bien, mon illustre ami, que je ne saisissais pas également toutes les parties de La Théodicée ; il y en avait où je ne comprenais à peu près rien, et d’autres où je n’entrevoyais que confusément la pensée de l’auteur. Je me perdais, par exemple, dans les fameuses monades, dans ces êtres absolument simples, qui, n’agissant qu’idéalement les uns sur les autres, produisaient pourtant les phénomènes de l’univers. Cette doctrine si neuve, et si inintelligible pour moi, me paraissait aussi étrange que la vision en Dieu de Malebranche. Mon esprit, accoutumé aux notions de la physique, n’avait aucune prise sur des êtres qui n’ont rien de commun avec la matière ; et il m’était impossible de concevoir comment de tels êtres pouvaient me donner les idées de la matière. Cette étonnante métaphysique me semblait anéantir toutes ces productions de la nature que j’avais eu plaisir à observer : le monde physique s’évanouissait devant moi, et je croyais être dans un vide immense, où mon esprit errait à l’aventure [...] J’oubliais alors ses incompréhensibles monades, parce qu’il me semblait qu’il les oubliait lui-même. Je ne savais pas que je dicterais un jour des cahiers de cette monadologie qui me paraissait si inintelligible. Au reste, quoique les parties les plus transcendantes de La Théodicée ne fussent pas encore à ma portée, elles ne laissèrent pas de me familiariser un peu plus avec les abstractions, et mon entendement en acquit une certaine force, qui ne tarda pas à se déployer dans d’autres méditations. » (Bonnet)

 

 

Ces propos émanent d’un naturaliste du XVIIIe siècle, époque où la rupture avec le Dieu providentiel se précise, mais aussi où se dessine une distanciation grandissante avec la métaphysique des essences, autrement dit celle de la scolastique médiévale que Leibniz a tenté de revisiter sans succès. Bonnet précise d’ailleurs que les digressions scolastiques l’ennuient, mais les monades ont pour lui un charme intellectuel indescriptible. Evoquant un anéantissement des images de la nature produites par l’observation, il trace les contours d’un schisme entre la métaphysique et la science. Le savant sera sommé de choisir entre le positivisme et l’ancienne philosophie de la Nature, dénoncée comme métaphysique. De cette fracture, la science est devenue mécaniste, et ne peut plus concevoir une autre vision. Les scientifiques ne comprennent pas plus l’ID que Bonnet ne saisissait la subtilité des monades, mais ce dernier leur reconnaissait quelques subtilités à décrire la magie du monde naturel. De cette incapacité cognitive autant qu’imaginative, la science a décrété que la seule issue était l’expérience, que la continuité mécanique entre le physique et le biologique valait pour continuité ontologique, que la métaphysique ne pouvait pas se perfectionner, étant entachée d’une tare congénitale rendant impossible son développement.

 

Les scientifiques ne comprennent rien au ressort de l’ID et s’en remettent à leurs chimères rationnelles pour expliquer le vivant, chimères du reste admirablement efficaces, au point de les faire passer à côté de l’essence du vivant et de se laisser piéger par la ruse de la technique. La frontière séparant le naturalisme des biologistes de l’ID n’est pas celle qu’on croit, sur la base des controverses médiatisées. Elle est aussi entre le formellement modélisable et l’intelligible spéculatif. Les scientifiques ne comprennent pas les alternatives, mais n’ont pas la sagesse d’un Charles Bonnet. Dans le pire des cas, ce qu’ils ne comprennent pas, ils le jettent, le travestissent (moment de vérité nietzschéenne, la crainte de la doctrine incomprise), et telle une assemblée de notables flaubertiens (Bouvard et Pécuchet) de troisième catégorie, ils ricanent ! Dans le meilleur des cas, quelques-uns tentent de trouver des arguments critiques contre l’ID et de dénoncer les dérives créationnistes. Ceux-là sont utiles à la science, car c’est en prenant conscience de ces failles que cette option non mécaniste pourra se développer.

 

 

Le vrai problème, c’est l’intelligence scientifique. Comment faire comprendre les alternatives au paradigme mécaniste ? L’ID est équivoque, car elle suppose non pas un mais deux combats, l’un contre l’obscurantisme des créationnistes, et l’autre contre l’ignorance des scientifiques. Etrange rappel des Lumières, où les Voltaire s’en prenaient aux superstitions, tandis que les jésuites furent exclus de l’enseignement, voire chassés parce que dépositaires d’un savoir dépassé. Ceux qui les ont remplacés étaient modernes, mais aussi, souvent, médiocres. La situation de l’ID semble bloquée pour l’instant, au vu de l’hégémonie des tenants de la science naturaliste. Que faire ? Comment développer des recherches alternatives et surtout, trouver des scientifiques réceptifs aux idées nouvelles ? Quand on connaît l’esprit du patron de recherche standard, condamnant les moindres velléités de quête théorique ou d’adhésion à des courants alternatifs de pensée, lorsqu’elles s’expriment chez les doctorants ou les jeunes chercheurs, on ne voit pas l’issue.

 


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135 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.225.239) 20 juillet 2006 12:12

    Bravo Bernard, encore une très bonne suite d’article sur ce sujet épineux.

    Juste une petite remarque : tu écris « Nietzsche est passé par-là, l’ivresse de la puissance comme substitut à l’émerveillement des miracles naturels et surnaturels ».

    Il faut rappeler que la « volonté de puissance » nietszchéenne était spirituelle (elle portait sur la domination de soi), et non matérielle (elle ne visait pas à la domination du monde concret).


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 20 juillet 2006 12:20

      Marsu,

      d’accord avec ta remarque, je reconnais une certaine ambiguité dans ma phrase écrite sans doute dans l’élan de la pensée, un peu trop vite. Mais tu auras compris que je dénonçait en fait l’individualisme et l’activisme techno-scientiste qui se contemple dans ses oeuvres et ses instruments


    • Marsupilami (---.---.225.239) 20 juillet 2006 14:18

      @ Bernard

      C’est bien ainsi que je l’avais compris, mais il fallait quand même rendre justice à ce pauvre Friedrich, dont la pensée se fait manger à toutes les sauces et surtout les plus dégueulasses.


    • gem (---.---.117.249) 20 juillet 2006 12:27

      pff, article que je trouve chiant, long et lourd. Je n’ai même pas compris le but de l’auteur. C’est de la gnose sur de la gnose pour les mordus de ce genre de réthorique, dont je ne suis pas.


      • jean (---.---.156.77) 20 juillet 2006 13:03

        Pas la peine d’être un « mordu de gnose »... (l’animal serait-il dangereux ?) pour comprendre que le doute scientifique doit revenir au centre du débat pour lui permettre d’avancer...

        Les certitudes édifiées en dogmes nous font retomber dans l’ère sombre des obscurantistes, dans une tyranie intellectuelle qui n’aurait pas permis l’édition de l’Encyclopédie, ni les folies d’un Copernic ou les digressions d’un Newton...

        CQFD


      • Marsupilami (---.---.225.239) 20 juillet 2006 14:04

        Tout à fait d’accord. Et comme l’écrit Erwin Chargaff dans Le Feu d’Héraclite, (éd. Viviane Hamy) :

        La science est devenue une « religion de remplacement » et « un des outils les plus importants de crétinisation des masses ». Elle prétend comprendre la vie en la disséquant en parties de plus en plus petites ; mais « qui pourrait comprendre la musique à partir de la composition des instruments de l’orchestre ? » Elle s’est mise au service de la Bourse : « Il me semble que la plupart des grands savants du passé n’auraient jamais existé, qu’en fait la plupart des sciences n’auraient pas été fondées si l’attitude actuelle résolument utilitariste avait alors régné (...) Si des oratorios pouvaient tuer, le Pentagone aurait depuis longtemps soutenu la recherche musicale ».

        Je précise que Erwin Chargaff n’était pas un petit rigolo anti-science, mais « celui qui a découvert qu’à l’intérieur de l’ADN, l’adénine et la thymine existent en quantités égales, et qu’il en est de même de la guanine et de la cytosine, d’où la célèbre équation A=T, G=T, les quatre bases de la vie formant deux couples plus indissolubles que ne le seront jamais les couples d’êtres vivants qui se constitueront pas la suite ».


      • ropib (---.---.27.229) 20 juillet 2006 14:17

        @Marsuplimai

        Pourquoi la science serait-elle devenue une religion de remplacement ? Pourquoi devrait-il y avoir remplacement ?

        L’absence de religion n’est pas un vide à combler. On pourrait même proposer : « La religion est une science de remplacement » ; c’est tout autant non avenu. Allez même pour le fun : « La chaussure est une roue de remplacement ».


      • Marsupilami (---.---.225.239) 20 juillet 2006 14:27

        Ce que Chargaff a voulu dire, c’est que dans l’Occident post-religieux, la plupart des gens (y compris de nombreux scientifiques) croient aveuglément en la science comme auparavant ils crouaient aveuglément en Dieu.

        « La religion est une science de remplacement » ? Pourquoi pas, pour ceux qui sont partisans d’un retour en arrière et les spiritualistes à la gomme, ce qui n’est pas mon cas. De plus, du point de vue de l’évolution (hé hé hé...) collective, l’ère du paradigme scientifique a succédé à l’ère du paradigme religieux. Et il ne fait aucun doute que quelque chose d’autre succédera au paradigme scientifique... à moins que la technoscience n’ait démoli la planète avant.


      • ropib (---.---.27.229) 20 juillet 2006 14:34

        @Marsupilami

        Si on parle statistique je pense qu’il y a aujourd’hui moins de gens qui croient (religion ou science) qu’avant. Maintenant notre société n’est plus orientée (l’était-elle vraiment ?) vers le questionnement et l’élévation de la conscience. Le combat est-il perdu ? Il y aura des gens qui croiront, d’autres qui ne croiront pas. Asséner le Darwinisme est aussi idiot que d’asséner Adam et Eve. Mais en revanche je n’ai besoin d’aucun paradigme pour me regarder dans une glace et y voir un singe.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 20 juillet 2006 18:26

        Marsu,

        Si la science est une religion, alors c’est une religion tout ce qu’il y a de plus basique, une religion de pacotille, sans théologie, bref une idolâtrie, un fétichisme. Dès qu’il y a idolâtrie, on trouve des financiers. Derrière la science ou bien Johnny Halliday.

        Si l’appât financier avait joué à l’époque, Bach ou Mozart n’auraient jamais pu vivre et composer


      • Marsupilami (---.---.184.123) 20 juillet 2006 19:47

        Ben oui. Les scientifiques sont persuadés que le réel se réduit au seul mesurable et commensurable, or il est des réalités non-mesurables et incommensurables. Chargaff en parle très bien en se référant à la musique. Mais les sacristains de la religion darwinienne ne veulent pas entendre parler de quelque partition que ce soit. L’hymne à la joie de la 9e symphonie de Beethoven est une suite de mutations aléatoires qui produit miraculeusement une splendeur musicale, c’est bien connu, et il faut vraiment avoir des ID tordues pour imaginer que Ludwig aurait pu écrire une partition. Bon, c’est de l’analogie, je sais, mais c’est pas plus con que les certitudes péremptoires des gardiens du temple d’une Science qui change de paradigmes comme de chemise, mais chuut, faut pas le dire, sans quoi on passe pour un anti technoprogrès et tout et tout : l’infâmie.

        Autre point de vue : si on va à la pêche avec un filet à large mailles parce qu’on cherche de gros poissons, on ne risque pas d’en attraper des petits. Un bedeau scientiste idolâtrant l’Objet Physique Mesurable (à quand les faucheurs d’OPM ?) de base en concluera que ceux-ci n’existent pas et excommuniera ceux qui s’intéressent aux ablettes. Ainsi va la grandeur de la science mesurante et de ses filets.

        Je n’ai rien contre la science. C’est un savoir comme un autre. Mais quand un savoir devient hégémonique et prétend à lui seul détenir les clés du Vrai et du Réel (c’était auparavant le cas des religions - du moins en Occident), il y a déséquilibre. L’homme et le réel (l’homme dans le réel, le réel dans l’homme) ne sont pas que rationnels et mesurables. Ils sont aussi irrationnels et incommensurables. Fou et borgne est celui qui prétendrait le contraire.


      • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 13:14

        Il me semble que ce type de questionnement provient de la découverte, suivie d’une lente prise de conscience du fait suivant : la notion « d’espace / temps » n’est pas absolu - Ainsi, en physique quantique, le temps n’existe pas, chaque particule est matérialisée par une longueur d’onde. Cette onde se diffuse sans connaître l’espace ni le temps.

        D’où, le questionnement suivant : Si dans l’absolu, l’espace et temps n’existent pas, la notion d’évolution (notion liée à l’espace et au temps) n’existe pas non plus ...

        Je vous laisse vous amuser smiley


        • jean (---.---.156.129) 20 juillet 2006 13:51

          Votre idée n’amusera pas tres longtemps.

          Nous savons déjà que l’espace et le temps sont des conventions liées à l’observation empirique d’objets en movement.

          Vous pouvez essayer de nier le mouvement, mais sachant que des sophistes s’y sont essayés sans succés...

          Un jour le créationnisme deviendra t-il une convention liée à l’observation irréfutable du phénomène d’émergence de la pensée consciente qui accredite l’existence d’une conscience créatrice universelle ?


        • ropib (---.---.27.229) 20 juillet 2006 14:07

          Que le temps n’existe pas... je ne vois en rien une preuve dans les dernières découvertes scientifiques. On sait parfaitement les croyances d’Einstein et on connait certaines tentatives d’uniformisation avec la théorie des cordes par exemple qui tendent dans cette direction. Mais est-ce pour cela la réalité ? On verra lorsque nous aurons une vision d’ensemble mais d’autres théories qui prennent en compte à la fois la relativité générale et la physique quantique ne nient pas le temps, bien au contraire. La thermodynamique peut être considérée aussi comme l’étude du temps qui passe avec l’oeil du philosophe.

          De plus si le temps n’existe pas vous n’êtes jamais né, il n’y a pas plus d’évolution que de naissance et d’existence d’une personne capable d’avoir un point de vue historique sur une théorie scientifique longuement élaborée et d’écrire sur un réseau organisé une proposition de négation et de tenter une évolution des esprits... Enfin peut-être.


        • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 14:29

          Mon propos n’est pas de nier quoi que ce soit, je dis qu’il semble que les recherches liées à la mécanique quantique et à la relativité acceptent un mouvement « relatif » mais refusent le mouvement dans l’absolu.

          Pour information, dans l’absolu, le temps et l’espace n’existe pas, seul le présent existe et chaque instant est formé d’un ensemble de probabilités (chaque probabilité étant matérilialisée par une fréquence)

          Donc, je n’essaye pas de nier mais d’apporter un explication à la réapparition du questionnement dualiste évolutionnisme vs / créationisme.


        • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 14:39

          Je cite + Un jour le créationnisme deviendra-t-il une convention liée à l’observation irréfutable du phénomène d’émergence de la pensée consciente qui accredite l’existence d’une conscience créatrice universelle ? +

          C’est exactement ce que je sous-entends


        • jean (---.---.156.129) 20 juillet 2006 15:01

          Hum... je crains que nous allions au-devant de gros ennuis...

          Il aurait été plus facile selon la regle du dialogue socratique que vous adoptiez la posture du positiviste nihiliste et que je tente de vous démontrer l’existence de la conscience et des valeurs morales civilisatrices telles que le Vrai et le Bien...

          Et de là imposer le silence aux scientistes qui s’aventurent hors de leur champ de compétence avec l’autorité - sans limite - de directeurs de thèses bornés...


        • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 15:54

          J’aurais ben voulu, mais il se trouve que j’ai un peu prospecté moi-même et ... bloqué, toujours et toujours la même question : petit lien sur le sujet smiley

          http://marc.viot.googlepages.com/home

          et un travail en ... suspens qui ne me satisfait pas vraiment http://marc.viot.googlepages.com/home2


        • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 17:05

          1. Le mérite de toute théorie (rien n’est jamais totalement infondé) est de se prêter à l’argumentation qui permet de faire avancer la théorie ou de la remplacer vers quelque chose de plus « cohérent »

          2. Il se trouve que je ne vois pas comment démonter cette « théorie infondée » tant qu’on aura pas vraiment expliquer ce qu’est le temps. Aussi, quelque part, le côté « repoussant » que certains peuvent trouver dans le « créationnisme » peut se transformer en motivation pour améliorer leur propre questionnement


        • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 18:09

          Je vous remercie d’exprimer votre ressenti sur cette « histoire ».

          + C’est une théorie pensant qu’une intelligence dont ne connaît pas la nature se cache derrière l’origine de la vie.+ ... Et même carrément de l’univers

          + C’est une théorie non scientifique + ... Jusqu’à ce qu’on imagine un expérience pour la récuser. Bon, je ne suis pas un scientifique professionel (mais je viens d’imaginer qlq chose, voici un extrait d’un post précédent

          >>Je cite + pour pouvoir être qualifiée de scientifique, une théorie doit être récusable, c’est à dire qu’on doit pouvoir imaginer (même pas la faire effectivement) une expérience permettant de prouver que la théorie est fausse si le résultat ne correspond pas aux prévisions +

          >Il me semble que certains travaillent sur le fait que l’univers soit le fruit d’un algorythme répétitif. Si j’imagine un expérience de création d’une conscience à partir d’un algorythme répétitif (sans mouvement), je prouve le créationisme. A l’inverse l’expérience qui consisterait à récuser le créationisme serait de donner à un corps inerte tout ce qui fait qu’une conscience existe et ... qu’elle n’existe pas. >

          Toutefois, je vous accorde que l’expérience n’est pas facile à mettre en oeuvre !

          + Les pro intelligent design pensent que la vie, et surtout l’homme, est tellement complexe et parfait que la théorie de l’évolution scientifique (néo-darwinienne) ne suffit pas à l’expliquer + Cette théorie est surtout utilisée pour justifier la supériorité de la race humaine et plus particulièrement celle des pro-intelligent design.+

          Ben, je suis pas dans ce SURTOUT, et j’aime bien imaginer toutes sortes d’expérience, alors je dois pas être un pro intelligent design au sens où vous l’entendez smiley


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 20 juillet 2006 18:33

          Une précision, en physique quantique comme en physique classique, le temps est un paramètre. La nouveauté fut que Schrödinger avait essayé d’introduire un opérateur temps, tentative avortée mais transposée il me semble par Prigogine avec un opérateur entropie microscopique


        • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 18:47

          La base de la physique quantique, c’est il me semble E=hV E = Energie, h = constante de Planck, V = fréquence.

          Il est où le paramêtre temps ?


        • jean (---.---.160.211) 22 juillet 2006 13:26

          la notion de fréquence n’induirait-elle pas la notion de mouvement et donc de temps ?


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 juillet 2006 15:37

          le temps est le nombre du mouvement (Aristote)


        • kirinyaga (---.---.242.1) 20 juillet 2006 13:35

          C’est très long pour finalement peu de choses.
          Le paradigme de l’Intelligent Design est qu’une volonté, une intelligence, a conçu la nature et ses lois. Or, pour pouvoir être qualifiée de scientifique, une théorie doit être récusable, c’est à dire qu’on doit pouvoir imaginer (même pas la faire effectivement) une expérience permettant de prouver que la théorie est fausse si le résultat ne correspond pas aux prévisions.

          Voilà pourquoi l’ID n’a rien à voir avec la science. En effet quelque soit le résultat de l’expérience, la réponse sera toujours « ça a été voulu ainsi ». C’est parfaitement irréfutable. On y croit où on y croit pas, ça n’a pas d’importance, mais c’est de la croyance, pas du raisonnement. Ce n’est pas de la science.

          On peut être scientifique et religieux, scientifique et agnostique, scientifique et athé. Des tas d’esprits brillants l’ont été et ont même probablement changé d’avis en cours de route. Mais qu’est-ce-que ça vient faire dans le discours et surtout les théories scientifiques ? Que votre croyance serve votre inspiration pour bâtir une théorie, soit, d’ailleurs tout le monde s’en moque. Elle n’a pas à apparaître dans la théorie ni dans ses motifs de validité.


          • cupiflo 20 juillet 2006 17:08

            Excellent, je vous rejoins totalement, d’ailleurs personne n’a voulu/pu vous contredire. L’ID n’est pas une théorie scientifique.


          • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 17:22

            Je cite + pour pouvoir être qualifiée de scientifique, une théorie doit être récusable, c’est à dire qu’on doit pouvoir imaginer (même pas la faire effectivement) une expérience permettant de prouver que la théorie est fausse si le résultat ne correspond pas aux prévisions +

            Il me semble que certains travaillent sur le fait que l’univers soit le fruit d’un algorythme répétitif. Si j’imagine un expérience de création d’une conscience à partir d’un algorythme répétitif (sans mouvement), je prouve le créationisme. A l’inerse l’expérience qui consisterait à récuser le créationisme serait de donner à un corps inerte tout ce qui fait qu’une conscience existe et ... qu’elle n’existe pas.


          • Le furtif (---.---.150.29) 20 juillet 2006 13:48

            Le doute n’est pas vendeur...

            Il ne fait pas le poids (sur le marché) face aux allures triomphantes des dogmes.Même délirante un certitude assénée pendant des années a toutes les chances de l’emporter.Comme les idées font désormais partie des marchandises échangées...Les « on pourrait dire que » , « rien ne prouve que », « dans l’état de nos connaissances on peut dire que...mais cela peut changer demain... » , toutes les expresions de la plus rigoureuse honnêteté scientifique n’ont aucune chance face au « Ecce homo ou au Fiat Lux... »

            Nous savons que le « vrai » est bâti d’incertitudes qui se renversent au cours des siècles....Aucune chance contre la foi et l’espérance.

            Le vie des scientifiques est aussi une guerre morale...

            Le furtif


            • Marsupilami (---.---.225.239) 20 juillet 2006 14:13

              Exactement. Et pour énerver les techno-scientistes, matérialistes dogmatiques et autres sacristains positivistes, quelques citations extraites de Le Réel de Daniel Parocchia :

              « Qu’est-ce qui échappe au réel, en effet ? Ne doit-on pas reconnaître à l’irréel (possible, illusoire, fictif), non seulement quelque degré de réalité mais peut-être, comme le veulent certains philosophes, une qualité d’existence tout aussi »réelle« que le réel, se fondant notamment sur l’idée que le désordre, par exemple, est une autre forme d’ordre ou que le néant est une autre forme d’être ? ».

              « Comme le savoir, avec des découpages, ses configurations, ses frontières, va se déplaçant, ce genre de terme (le réel) n’indique-t-il pas alors le mouvement même d’une différence - celle qui sépare toujours la connaissance de l’inconnu... »

              « D’une façon générale, beaucoup d’expériences de psychologie expérimentale démontrent le caractère extrêmement labile de ce que nous appelons la »réalité« , et la toute-puissance de certaines représentations illusoires qui pèsent sur la manière dont nous ordonnons notre expérience. Toutes prouvent que notre conception de la réalité est largement fondée sur la confirmation ou non-confirmation qu’apportent à notre perception le témoignage d’autrui, l’autorité du savoir ou de ses représentants, et enfin notre propre implication personnelle dans la recherche ».

              « ... il faut beaucoup de fraîcheur et d’innocence (ou de courage et de confiance en soi) pour continuer de croire qu’on a raison de penser ce qu’on pense ou de voir ce qu’on voit quand un aréopage de personnalités, et non des moindres, s’ingénient à vous prouver le contraire. Le sujet soumis à une telle désinformation préfère en général confirmer l’opinion des autres, même si elle lui parait fausse, plutôt que de risquer de passer pour un fou : comme quoi la réalité dépend largement de l’existence d’un »consensus« entre les gens qui la perçoivent. Que le »consensus« ne soit, en général, pas arbitraire, mais au contraire fondé sur des arguments sérieux (quoique non nécessairement valides, ce qui peut être le cas dans les sciences), renforce encore la difficulté du changement. Celui-ci viendra d’ailleurs rarement de »l’establishment«  : c’est le jeune, le marginal, le rebelle qui, moins soumis qu’un autre aux anciens cadres, les ébranle, à condition, bien entendu, qu’il échappe lui-même aux conformismes dont il peut être, lui aussi, victime ».


            • ropib (---.---.27.229) 20 juillet 2006 14:28

              @Marsupilami Le jeune, le marginal et le rebelle sont des figures de la culture de masse. Il faudrait prendre le cinéma pour ce qu’il est, ma foi c’est déjà bien le cinéma.

              Je ne vois pas en quoi votre citation pourrait être gênante. Si vous êtes intéressé par l’apparition de « l’imaginaire » dans le réel je pense que la pensée aborigène foule de son orteil l’ID avec des principes bien plus novateurs, riches et finalement intellectuels. Cependant le « Dream » aborigène a pour lui d’être pensé par des gens cultivés.


            • Marsupilami (---.---.225.239) 20 juillet 2006 15:38

              Faudrait peut-être voir à ne pas réagir qu’à la dernière phrase de ces citations, qui n’est qu’une conclusion. Le problème est : « qu’est-ce que le réel ? ».


            • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 15:46

              « qu’est-ce que le réel ? »

              A l’heure actuelle, la réponse qui me semble la plus proche possible d’une quelconque vérité :

              Le réel ou plutôt le présent est une ... probabilité !


            • cupiflo 20 juillet 2006 16:34

              Réel ou pas réel ne vient pas remettre en cause la question de l’évolution, il n’y a aucun rapport. Forcément si on pense que l’univers n’existe pas, alors il n’y a plus de problème, rien n’existe, pourtant quand je me lève le matin il y a quelque chose plutôt que rien.


            • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 17:13

              Quand je dis, que le réel est une probabilité, cela ne veut pas dire que le réel n’existe pas, cela veut dire qu’il existe et qu’il fonctionne à la manière d’un réseau de probabilité ...


            • Marsupilami (---.---.184.123) 20 juillet 2006 17:48

              Ouaf ! Tu as trop lu les pages 68 à 83 du n° d’octobre 2005 de Science et vie, le Pif-Gadget des technoscientiste qui se posait une grave question existentielle « Le monde existe-t-il vraiment ? ». Hilarant. La réflexion sur le réel physique n’a pas avancé d’un micropoil depuis Physique atomique et connaissance humaine de Niels Bohr (éd. Folio-Essais, passionnant) paru en 1958. Je dirais même que ça a régressé, vu le niveau philosophique de la plupart des physiciens actuels. Et ça c’est pas une probabilité, c’est une certitude.


            • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 18:25

              Au regret de te détromper : http://marc.viot.googlepages.com/frontiersofphysic-0

              PS : j’ai pas tout traduit, mais, ça devrait compléter tes connaissances sur la physique et ... le questionnement


            • Marsupilami (---.---.184.123) 20 juillet 2006 20:04

              Tu ne me détrompes de rien vu que je n’ai aucune certitude dans ce domaine comme dans bien d’autres, et que je connaissais déjà ce genre de trucs.

              Les physiciens modernes, coinçés dans le cul-de-sac de la physique quantique, sont devenus de grands imaginatifs., des fabulateurs, des inventeurs d’univers et de mythologies. Le chat de Schrödinger fait un coup miaou, un coup pas miaou. Quand il ne fait pas miaou dans cet univers-ci, fait-il miaou dans un autre univers parallèle ? Ou bien fait-il ouah ouah ? Reste-t-il un chat ou devient-il un chien aboyant en tirant sur sa supercorde au passage d’Alice égarée au pays des merveilles d’un univers énantiopomorphe où les poules ont des dents et où l’ambroisie (hips !) coule à flots en remontant le cours du temps qui n’existe pas ?


            • idoine (---.---.189.236) 20 juillet 2006 20:46

              Evidemment, je m’en doutais un peu, mais je voulais surtout attirer ton attention sur cette revue très complète sur l’état des connaissances scientifiques actuelles et dont je n’ai traduit que le 20ème.

              Pourtant, je voudrais savoir pourquoi autant de « morgue » sur des scientifiques qui se mettent en quatre pour essayer de comprendre ?

              PS : pour moi « le chat de Schroedinguer » a fait beaucoup de mal à la compréhension du monde quantique. C’est le genre de chose que l’on devait bannir de toute pédagogie tellement cette tentative d’explication introduit de confusion.


            • Marsupilami (---.---.184.123) 20 juillet 2006 21:46

              Tu n’as pas compris mon point de vue. Je ne critique pas la science en tant que telle. C’est un formidable outil pour sonder le réel et essayer de modéliser certains de ses mystères. Ce qe je critique, c’est sa prétention hégémonique (autrefois, c’était la religion) à vouloir tout expliquer par le seul critère du rationnel, mesurable, du quantitatif, et à écarter dédaigneusement tout ce qui est irrationnel, incommensurable ou qualitatif. Or la science est le produit des cogitations de l’homme par l’intermédiaire de son cerveau. Et cet homme dans le réel, ce réel dans l’homme, est à la fois rationnel et irrationnel, commensurable et incommensurable, quantitatif et qualitatif.

              Sans même parler des dérives de la technoscience, ce qui est un autre problème (quoique... en s’en tenant au seul mesurable et quantifiable - ce qui est après tout sa fonction première - la science ne peut déboucher que sur des applications techniques), si la science s’en tenait à son domaine, son référentiel propre, il n’y aurait rien à dire.

              Oui mais voilà : actuellement, la science mécaniste prétend à une hégémonie totale sur tous les autres savoirs et prétend réduire le réel au seul commensurable. Sur ce point de vue elle prête le flanc à la critique. Alors je critique. D’un point de vue épistémologique.

              En passant : qu’est-ce qu’il est bien ce fin de discussion pas pollué par tous les trolls habituels...


            • ropib (---.---.27.229) 20 juillet 2006 13:53

              L’élitisme comme facteur de décridibilisation de la démarche scientifique ? Je reste pantois... les citations de motions de principes inévitables de grands auteurs n’y changent rien. Surtout citer Nietzsche est une grande erreur : vu la forme de cet article citer sa soeur aurait peut-être été préférable.

              Pour autant il y a bien un problème dans notre société face à la science, et l’ID y participe à sa façon. C’est justement la technicité portée comme modèle, et qui frappe toute pensée d’alignement voire d’équivalence, qui conforte le scientifique dans un monde spécialisé. En l’absence de véritable politique hygiéniste et de volonté progressiste ambitieuse je crois que nous nous devons à nous même de manière individuelle d’atteindre l’élite et non l’inverse.

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