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Accueil du site > Actualités > Technologies > Non Google ne va pas censurer Wikipedia

Non Google ne va pas censurer Wikipedia

Il aura fallu des années pour obtenir le droit à l'oubli sur le réseau Internet. En effet, avec le développement de ce réseau dans nos vies s'est développé le besoin de protéger sa vie privée. On entend souvent dire qu'Internet n'oulie rien. Dans ce cas, comment ne pas subir dans 10 ans les conséquences de ce que l'on fait aujourd'hui sur ce réseau ?

C'est pour cela que le droit à l'oubli a été pensé et est devenu effectif depuis quelques semaines. Mais alors qu'on devrait se réjouir de ce droit gagné par les internautes, peut-être même est-ce là l'un des premiers droits conquis, certains redoutent que ce droit à l'oubli n'ouvre la porte de la censure... C'est le cas de Wikipedia comme on peut le lire ici et .

Il faut raison garder. En l'espèce, de l'information a été retirée des résultats de recherche de Google, elle n'a pas été supprimée de Wikipedia. Google déférence des articles, il ne les supprime pas. Parler alors de censure est un non-sens. Certains voient de la censure un peu partout et souvent cela va de paire avec une vision très libérale de la liberté d'expression et du droit à l'information par ces personnes.

Car crier à la censure face à l'application du droit à l'oubli c'est presque militer contre ce droit à l'oubli. Certains voudraient que tout puissent être dit (liberté d'expression à l'américaine), que tout puisse être consultable (transparence totale sur tout). Mais il ne faut pas oublier le sujet de ce droit nouveau : l'homme.

Et un homme ça évolue. A 20 ans on dit des choses qu'on ne dira plus à 30, et à 50 ans on dit des choses dont on ignorait l'existence à 25. Le droit à l'oubli est un droit fondamental de l'internaute d'aujourd'hui.

Vous êtes parents et vous avez une adolescente qui diffuse d'elle des photos un peu... osées ? Lorsqu'elle aura fini ses études et qu'elle devra trouver du travail elle sera bien contente que ce droit existe. En quoi cela constituera-t-il une censure ?

Quant à la presse, doit-elle craindre que des informations sensibles disparaissent ? Là, c'est probablement un autre débat, celui qui oppose deux droits : droit à l'information d'un côté et droit à la vie privée de l'autre ; vie privée qui englobe dorénavant le doit à l'oubli.

Nous n'avons pas fini d'entendre les détracteurs de ce nouveau droit crier à la censure dans l'espoir d'en diminuer la portée et l'efficacité.


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9 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 8 août 2014 10:12

    Le droit à l’oubli, oui pour des FAITS dont il est prouvé qu’ils sont faux.

    En revanche pour des opinions émises ou affichées, pas de droit à l’oubli.
    .
    Par exemple pourquoi oublier qu’un jour Sarkozy a déclaré : « EDF-GDF ne sera pas privatisée, ni aujourd’hui, ni demain.... »
    Ou : « Casse-toi pauvre con »,
    Ou : « Je ne vous mentirais pas ».
    Etc.
    .
    De la même façon, pourquoi oublier Hollande et son « mon ennemi, c’est la finance ».
    .
    Sans compter Le Pen, partisan de l’Algérie française. En admettant qu’on l’ait suivi à l’époque, il y aurait plus de 40 % de musulmans en France.
    .
    .
    Je sais, les gens changent, mais il est toujours intéressant de voir le parcours de vie de quelqu’un qui prétend, par le biais électif, diriger les autres.


    • jako jako 8 août 2014 10:26

      Merci Amia, exactement le commentaire que je voulais faire ( en moins bien bien sûr).


    • regis 10 août 2014 10:55

      Vous écrivez : « Le droit à l’oubli, oui pour des FAITS dont il est prouvé qu’ils sont faux. »

      Vous parlez d’un droit à désindexer du contenu diffamatoire.

      Ce n’est pas du tout ce que la jurisprudence du « droit à l’oubli » accorde : « L’exploitant d’un moteur de recherche sur Internet est responsable du traitement qu’il effectue des données à caractère personnel qui apparaissent sur des pages web publiées par des tiers »

      Autrement : le moteur de recherche doit se soumettre aux demandes de censure des personnes.

      Ceci dit, la loi est d’accord avec vous : les personnalités publiques ne peuvent prétendre au droit à l’oubli.

      Le problème porte clairement sur des personnes qui ne sont pas des personnalités (des bandits, par exemple), et des anonymes qui font désindexer les commentaires qu’ils ont écrits (pour peu qu’ils reprennent des mots de l’article qu’ils commentaient, c’est l’article entier qui disparaît du moteur de recherche)

    • Pepe de Bienvenida (alternatif) 8 août 2014 10:29

      Le droit à l’oubli est essentiel pour que le Ministère de la Vérité (Minver) puisse faire son travail.
      Quant à l’ado qui diffuse des photos un peu... osées, qu’elle assume. A force de protéger ses enfants à coups de contrôles parentaux et tout le toutim, on en fait des adultes incapables de se gérer.


      • regis 10 août 2014 10:58

        Je suis d’accord, mais je suis aussi favorable à un droit à l’oubli, où j’aurais le droit de supprimer tout contenu que j’ai posté. 

        En revanche, le fait que ce droit s’applique aussi aux moteurs de recherche est complètement absurde : il suffit de supprimer le contenu source pour que la prochaine indexation soit à jour.

      • Pepe de Bienvenida (alternatif) 8 août 2014 10:35

        Le droit à l’oubli, c’est aussi indirectement admettre que la société établit une norme, et que plutôt que d’assumer une déviation parfois salutaire, il faut se conformer sans discuter à cette norme.

        « Les eaux captives, que ce soient celles de l’habitude ou du despotisme, ne tolèrent pas la vie. La vie dépend de l’agitation de quelques individus excentriques. En hommage à cette vie, à cette vitalité, la communauté doit accepter des risques et une certaine part d’hérésie. L’Homme, s’il veut vraiment vivre, doit vivre dangereusement.  » Herbert Read


        • Shanan Khairi Khairi Shanan 8 août 2014 16:25

          Peu importe Wikipedia. La question du « droit à l’oubli » concerne tout le web... 

          Sur le web, ce qui existe, c’est avant tout ce qui est référencé. Vous pouvez publiez n’importe quoi, si ce n’est pas référencé il y a peu de chance que quelqu’un tombe dessus par hasard. Ce « droit à l’oubli » constitue donc une véritable censure de fait.

          Est-elle justifiable ? Non. Ce « droit a l’oubli » a surtout été pensé et accordé en fonction des intérêts de certaines personnalités désirant éteindre toute critique argumentée, certains documents les mettant à mal ou un passé dont ils ont honte (désolé, mais les « conneries de jeunesse » - ex : un politicien qui a tenu des propos racistes ou été condamné pour abus de biens sociaux« - doivent être assumées). Le web contient certaines choses innommables qui devraient disparaître (diffamation, violation de la vie privée,...)... mais c’était déjà possible via des procédures judiciaires, que ce soit à l’initiative des personnes lésées ou des parquets.

          Ce »droit à l’oubli" constitue bien une censure, une manipulation dont les conséquences sont encore imprévisibles. Il est légitime pour tout internaute de résister à cette disposition.


          • regis 10 août 2014 11:07

            L’auteur de l’article n’a visiblement pas compris l’enjeu de désindexer du contenu, alors que l’accès au contenu se fait la plupart du temps via un moteur de recherche.


            Et il est en contradiction avec lui-même : « Vous êtes parents et vous avez une adolescente qui diffuse d’elle des photos un peu... osées ? Lorsqu’elle aura fini ses études et qu’elle devra trouver du travail elle sera bien contente que ce droit existe. » In fine, si on va sur l’Instagram/facebook/profile Google+ où la photo a été publiée, elle sera toujours là. En quoi la désindexation du contenu protège l’homme dans ce cas ?

            La décision de la cour de justice est une mauvaise solution à un vrai problème.

            • Tanéléo Tanéléo 10 août 2014 11:25

              Merci de démontrer comme moi que le droit à l’oubli n’est pas une censure, puisque comme vous le dites également, le contenu est toujours accessible.

              Il est simplement moins visible, ce qui permet de se faire un peu oublier.

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