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Nouvelle hypothèse sur les origines de la vie. La piste algorithmique de Walker et Davies

Les plus savants parmi les biologistes peuvent affirmer sans se renier que la quête des origines de la vie reste l’une des quelques questions majeures sans réponse scientifique. Le récit le plus courant consiste à imaginer le passage d’un milieu prébiotique, avec des molécules organiques sans organisation, à un milieu dans lequel des assemblages moléculaires sont organisés de telle manière qu’ils réalisent des opérations permettant de les qualifier de vivant. Pour l’opinion scientifique ordinaire, les origines de la vie conduisent à une conjecture de la poule et de l’œuf, étant entendu que les protéines du vivant ont besoin des acides nucléiques pour être assemblées et que ces acides nucléiques ont besoin des protéines pour être répliqués puis transcrits et traduits. L’apparition de la vie échappe donc à l’entendement scientifique. Parfois, quelques pistes fantaisistes sont suggérées, comme la panspermie, hypothèse énonçant que la vie aurait pu venir d’une autre planète. C’est possible mais alors, comment la vie est-elle apparue sur cette planète ? Même sur Mars, la conjecture de la poule et de l’œuf se pose. Rares sont les scientifiques capables de proposer des hypothèses radicales et tranchant avec les banalités écrites dans les manuels de biologie. Récemment, Sara Walker et Paul Davies ont proposé une piste très intéressante car elle axe le questionnement sur des questions de gestion de l’information par les systèmes moléculaires (S.I. Walker, P.C.W. Davies, J. Roy. Soc. Interface, vol. 10, 2013). Tous deux sont membres du centre de recherche sur les concepts fondamentaux. Paul Davies, physicien théoricien et cosmologiste réputé, est connu pour ses ouvrages scientifiques roboratifs et savants destinés à un public instruit. Sara Walker est membre du département d’astrobiologie à la NASA et se passionne pour les questions sur l’origine de la vie, s’efforçant de réfléchir en combinant la physique théorique, la chimie et les sciences de l’information.

L’étude proposée par Walker et Davies commence par situer la question dans le contexte le plus général, avec un clin d’œil à Darwin qui en son temps, évacua la question de l’origine de la vie qui revenait en fait à se demander d’où vient la matière. On l’aura compris, cette question n’était pas d’actualité en 1859 mais elle l’est devenue dans le courant du 20ème siècle avec trois interrogations sur le où, le quand et le comment. La biologie aurait produit des tonnes de réflexion sur les deux premières interrogations mais serait restée en « rade » pour ce qui est du comment. Personnellement, j’ajoute une quatrième interrogation sur le pourquoi de la vie, car du point de vue philosophique, il n’y a aucune raison d’exclure les causes finales dans un questionnement sur la nature des choses, leur origine et leur devenir. Et si l’on pose bien l’ordre des choses, on ne peut situer la vie comme une origine mais un résultat, celui qui a fait passer le monde des molécules inertes au stade de molécules organisées en un système vivant. Le fait de questionner le pourquoi pourrait permettre d’élucider le comment, et réciproquement. L’angle d’attaque classique consiste à reconnaître que le plus « élémentaire » des organismes vivants déploie une machinerie moléculaire dont la complexité dépasse de très loin le réseau de réactions chimiques le plus complexe que l’homme peut construire avec ses technologies en mélangeant un ensemble de diverses molécules. Et donc la question que pose Davies : la vie est-elle un ensemble de réactions chimiques doué d’une organisation qui dépasse l’entendement ou bien est-ce autre chose que cette concaténation de réactions moléculaires ? Ce qui revient à rassembler deux questions fondamentales, qu’est-ce que la vie et comment est-elle apparue ? Dans mon essai sur le vivant, j’ai opté pour une vie ayant émergé grâce à une transgression des lois chimiques. Ce qui laisse supposer d’autres lois régissant le vivant. Aussi curieux que cela puisse paraître, le coup de génie de Darwin a amené également un piège épistémologique car la puissance du doublet variation sélection a ensorcelé les esprits, si bien que l’interrogation sur l’essence du vivant est pour ainsi dire passée à la trappe. C’est ce que sous-entend Davies lorsqu’il évoque Darwin et c’est ce que je ne cesse de répéter en affirmant que l’erreur contemporaine majeure est de vouloir comprendre la vie à partir de son évolution alors qu’il faudrait une approche inverse (Dugué, Le sacre du vivant, livre à éditer).

Si la compréhension complète de la vie échappe pour l’instant à la science, quelques traits fondamentaux permettent de la caractériser. L’approche utilisée par Davies est assez classique, car elle prend sa source dans le principe de l’information. Si la vie se distingue d’un ensemble de réaction chimiques, c’est par son mode de gestion des flux d’information. C’est donc cette piste qui devrait permettre d’avancer dans la question des origines. La vie serait apparue alors lors d’une de transition par laquelle un mode opérationnel de manipulation des informations serait advenu. D’après Walker et Davies, le background épistémologique n’est pas la théorie de Shannon. L’information biologique aurait plutôt des parentés avec l’information sémantique. Autrement dit, ce n’est pas tant le flux d’information qui est déterminant mais l’interprétation, la gestion, les calculs effectués sur cette information. Si bien que la transition entre le monde inorganique et la vie se produirait lorsque l’information algorithmique devient efficiente vis-à-vis de la « matière prébiotique ». Pour bien saisir cette idée, il faut comprendre que son principe ne repose pas sur une transition de complexité, autrement dit l’apparition d’un degré suffisant d’interconnectivité faisant basculer les réactions moléculaires dans l’« état vivant » mais une autre complexité et pour le dire avec des termes plus radicaux, une transition qualitative, ontologique, un changement d’essence.

Quelques précisions sont apportées dans la seconde partie de l’étude. Contrairement aux systèmes matériels newtoniens régis par des lois globales et définitives, les systèmes biologiques sont fondamentalement instables, susceptibles de se réorganiser et de modifier les lois internes régissant l’organisation moléculaire. Plus précisément, cette réorganisation concerne le traitement de l’information. Mieux encore, cette information traitée incorpore la mémoire de l’histoire du système alors qu’elle est aussi anticipative en déterminant l’évolution du système non pas comme dans un contexte matériel mécaniste mais dans un contexte adaptatif où l’évolution du système se fait en fonction de l’évolution du milieu. Le propre d’un système vivant est en effet de rencontrer son milieu. Pour préciser cette description, on rappelle que dans la mécanique rationnelle, une masse évolue avec le principe de moindre action formalisée par le lagrangien où en quelque sorte, la détermination par le milieu correspond au terme énergie potentielle du champ, notion jouant un rôle parallèle au milieu biologique. Dans un système vivant, le milieu change. C’est comme si le lagrangien se modifiait. Par conséquent, le système vivant ne suit pas le PMA, mais par son dispositif de gestion de l’information, il réagit au milieu en « sachant » aussi comment agir en déterminant ses fins. Le vivant : invention dans l’action et réaction dans l’adaptation ; j’ai extrapolé à partir de l’étude de Walker et Davies dont je souligne la conclusion de la seconde partie : l’information n’est pas un épiphénomène du vivant mais représente l’essence même de la vie. Ce serait une cause à la fois efficiente et formelle au sens d’Aristote, une cause capable d’imprimer ses « formes » ou ses « directives » aux substrats matériels que sont les molécules organiques.

Les considérations les plus percutantes sont consignées dans la sixième partie et la conclusion. On voit se dessiner une orientation théorique exposée dans les règles de l’art spéculatif scientifique qui sait produire des hypothèses prometteuses de découvertes. Walker et Davies proposent la thèse de l’origine algorithmique de la vie dont le principe est assez simple à exposer. Le vivant diffère du monde inorganique sur un point essentiel, celui des flux d’information et des opérations effectuées sur ces informations. Ce qui signifie que le monde vivant n’est pas issu du monde chimique parvenu à un certain degré de complexité. Il y a donc dans le vivant quelque chose de qualitativement différent faisant que la vie apparaît en utilisant les molécules. Pour le dire autrement, le principe qui permet de passer du chimique au vivant n’est pas inhérent à l’univers moléculaire inorganique, il n’est pas contenu dans cet univers. Le mode opératoire de l’information dans le vivant est irréductible aux lois du monde inorganique. Plus précisément, si l’on suit le propos des auteurs, la « matière moléculaire » parvient à engendrer un noyau autoconstitué capable d’opérer sur les flux d’informations de cette matière. Ce noyau est algorithmique, il est efficient sur les molécules dont les flux informationnels sont alors structurés pour ainsi dire par ce « calculateur moléculaire » qui lorsqu’il se constitue, permet l’émergence de la vie. Qui apparaît alors comme un événement transgressif et non pas progressif.

La notion importante qui se dessine, c’est celle du mode opérationnel de gestion de l’information qui émerge sous une modalité top-down, ce qui signifie la mise en œuvre d’une efficience par laquelle une hiérarchisation se met en place pour réguler (calculer, structurer) le système des éléments moléculaires. Ce qui sous-entend une asymétrie opératoire et la présence d’un noyau informationnel où la densité des informations est plus élevée. Autrement dit, une sorte de centre organisateur qu’on peut associer à un réseau interactif d’éléments connectés et « gérant » avec efficacité l’ensemble moléculaire. Cette vision s’écarte ainsi du paradigme biochimique avec l’idée des systèmes auto-catalytiques et auto-réplicateurs émergeant à la faveur de quelque heureux hasard au sein d’une soupe prébiotique. Le vivant se définit non plus comme un ensemble de réactions mais un saut ontologique par lequel la vie émerge en conjonction avec une manière de gérer les informations avec efficience. Selon les auteurs, cette conception pourrait aussi être appliquée aux transformations du vivant et notamment à la compréhension de la transition vers les systèmes pluricellulaires.

Cette piste algorithmique est prometteuse. Elle s’inscrit dans le nouveau paradigme qui se dessine peu à peu et marquera une rupture avec la biologie du 21ème siècle. Il y a 20 ans, j’avais déjà formulé l’hypothèse de systèmes biologiques fonctionnant sur trois niveaux d’information, celle classique de Shannon, celle algorithmique et enfin un niveau d’informations « essencielles » (Dugué, 1993), équivalent à une Forme de la substance qui sera explicitée dans ma thèse de métaphysique. La piste parcourue par Walker et Davies entre dans le cadre d’une conceptualisation de la vie à partir de deux « substances » articulées, le technique et le cognitif. Cette hypothèse devrait permettre de pousser les spéculations plus loin que la piste algorithmique.

 

Quelques références ayant des liens avec la piste algorithmique

B. Dugué : "Utilisation de la logique dynamique du contradictoire pour formaliser les systèmes : vers un paradigme ondulatoire en biologie ?", Revue Internationale de Systémique, 5, 435-469 (1991).

B. Dugué : "Un modèle ondulatoire en biologie", Acta Biotheoretica, 40, 237-244 (1992).

B. Dugué : “Fondements métaphysiques des systèmes naturels”, Actes du Deuxième Congrès Européen de Systémique, 721-730, AFCET, Paris (1993).

B. Dugué : “Procès et Miroir, éléments de métaphysique” Thèse de Doctorat de Philosophie, Poitiers (1996).

B. Dugué : « le sacre du vivant », soumis pour édition


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78 réactions à cet article    


  • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 09:43

    A partir du moment où vous mettez en avant (à juste titre) le cognitif, le réduire à de l’algorithmique me semble assez peu conclusif au premier abord. 

    Car qui dit algorithme dit probabilité, dit mécanisme non réfléchi en soi, non ?
    Quel est alors le changement fondamental par rapport à l’information par la biais du paradigme biochimique ?
    En bref se dégage surtout ici une impression de surplace par rapport à l’enjeu général que pour le compte vous situez pourtant correctement.


    • La mouche du coche La mouche du coche 9 janvier 2013 09:57

      Et tout cela arrive par HASARD. Quelle vaste rigolade. Bonjour monsieur Hasard. Vous faites bien les choses dites-donc ? Vous ne voudriez pas faire apparaitre une cafetière dans mon jardin ? J’en ai besoin d’une. smiley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 janvier 2013 10:32

      Algorithme signifie gestion de l’information et génération d’ordre

      prenez la suite répétitive 2, 4, 8, 2, 4, 8.......... de longueur respectable

      La formule de Shannon donnera une quantité d’information très élevé La quantité d’information algorithmique correspond en gros à celle du programme capable de la générer. Elle est dans ce cas faible. Dans le cas d’une suite parfaitement aléatoire, les deux informations sont équivalente

      cet explication ne fait pas forcément avancer la question. En fait, le point de vue de Davies consiste à traiter le vivant sous l’angle d’une gestion d’information et non pas d’une concaténation de réactions chimiques. C’est à mon sens une avancée


    • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 10:44

      En effet on avance pas des masses, d’autant que je viens de lire entre temps qu’une théorie algorithmique de l’information est apparue dès les années 60, et donc il y a un demi siècle. smiley


      J’aimerais beaucoup que vous vouliez bien aller lire cette page : http://www.doublecause.net/index.php?page=univers_paralleles.htm

      Et ce pour me, nous dire comment vous vous positionnez par rapport aux travaux de ce physicien du CNRS ?

    • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 10:46

      @Bernard

      Pourquoi, à un moment donné, aviez-vous désolidarisé les réactions chimiques d’un traitement de l’information ?


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 janvier 2013 10:57

      En fait, dans le monde des réactions, il y a horizontalité mais dans le monde de l’info algorithmique, il y a hiérarchie. J’ai parlé de la direction top down des flux, un aspect essentiel de la thèse de WD qu’on trouve exposé dans un second papier

      J’ai exposé aussi la différence entre le monde physique qui obéit au PMA alors que la vie est génération d’action et de réaction (elle est la cause du non équilibre therm. et non pas la conséquence).


    • TicTac TicTac 9 janvier 2013 11:04

      Si je comprends bien, la différence est un « traitement » algorithmique d’un flux d’informations brut ?

      En gros, l’intelligence du vivant serait à la fois de concevoir l’algorithme pour en extraire des pistes prometteuses à l’apparition « d’autre chose » ?

      L’algorithme ne signifie pas probabilité, il signifie au contraire une intelligence de conception d’un programme, la particularité de la thèse étant que « le concepteur » ne se serait pas contenté de créer ce programme mais d’en extraire des données pour permettre la réplication des résultats probants. J’ai bon ?

      En tout cas, chapeau pour l’article.

    • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 11:06

      @Bernard

      Alors pas de hierarchie entre les galaxies, les étoiles, les pierres et les grains de sable ?


    • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 11:14

      @Showford

      J’ai lu votre lien.

      En résumé il réduit le nombre d’univers parallèles par la force de l’esprit smiley C’est un peu ça non ?
      "un Multivers de libre arbitre dans lequel un seul univers est vécu par la conscience"

      Il explique que les astro physiciens se trompent, mais il fait à mon sens la même erreur : celle de vouloir intégrer à tout prix le libre arbitre.

      Personnellement je reste déterministe, si vous avez des liens pour me faire réfléchir (c’est à dire pas des liens qui postulent) à ce sujet je suis preneur.
       


    • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 11:22

      Si vous le voulez bien Nicolas, le mieux est d’aller lire la communication de Philippe Guillemand devant l’Institut de France sous le patronage du Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences :


      Aussi déstabilisant que cela puisse paraître, il part bel et bien de ses travaux en physique fondamentale.
      Vous y verrez justement sous quel angle est ici abordé le libre arbitre.
      Sachez d’ailleurs que je m’y suis repris à plusieurs fois avant de penser que l’on se trouvait bel et bien dans le domaine de la science et non pas dans l’exotisme spiritualiste.
      Guillemand sait lui même au surplus le fossé qui le sépare encore d’un rattachement en bonne et due forme à la physique « orthodoxe ».
      A votre dispo pour en discuter plus avant ensuite.

    • La mouche du coche La mouche du coche 9 janvier 2013 11:34

      Un jour on ne trouvera pas différent cette conversation sur ces lois mathématiques soi-disant à l’origine la vie, que celle sur les différentes classes d’anges du ciel chrétien. et aussi pertinente. smiley


    • La mouche du coche La mouche du coche 9 janvier 2013 11:37

      Je viens de trouver l’algorithme à l’origine de la vie, Monsieur Dugué, pourriez vous en faire un article ?


      Les neuf chœurs des anges

    • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 11:40

      J’en suis tout à fait convaincu La Mouche, ne serait ce que parce qu’il ne peut pas y avoir mille façons différentes d’expliquer l’origine de la vie.


      Au « je sais que je crois » et au « je crois que je sais » finira bien par succéder le « je sais que je sais »

      Même les athées ont une intelligence commune au reste de l’entendement smiley 



    • La mouche du coche La mouche du coche 9 janvier 2013 12:02

      Mais oui. Ces réflexions sur les mutations darwiniennes qui permettent d’obtenir 4 ailes au lieu de 2 sur des mouches (grands Dieux !) sont elles très différentes des pères chrétiens qui voyaient des anges à 2 , 4, 6 ailes suivant leurs fonctions ? La réponse est dans la question. smiley


    • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 12:36

      Et oui, mais ça moinsse là, faut pas s’attaquer à la religion de la science, comme disait avec justesse plus bas Nicolas.


      Sachant qu’il n’est pas question pour ma part de discuter du sexe de vos anges, La Mouche, je suis anti-religion en tant que chapelle, et contre ce qui enferme l’esprit dans une forme de communautarisme.

      Mais dès lors même que la majeure partie des chercheurs des 17 premiers siècles de notre Ère se devaient de chercher et de penser sous tutelle séculaire, il est évident que tout ce qui fait la pensée en Occident aujourd’hui ne peut faire fi complètement de tout cet héritage.

      Reste juste à voir les points de convergence objectifs où qu’ils se trouvent. 


    • La mouche du coche La mouche du coche 9 janvier 2013 14:12

      Je préfère discuter du sexe des anges que des ailes de vos mouches. Suivez mon regard. smiley


    • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 16:10

      @Shawford

      L’article de Guillemand est très intéressant.
      Il me faudra le relire encore.

      Cependant, à première vue, si des questions se posent, je n’ai toujours pas ma réponse.


    • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 16:30

      En résumé il réduit le nombre d’univers parallèles par la force de l’esprit  C’est un peu ça non ?


      C’était cela votre question n’est ce pas ?

      En fait ses conclusions sont qu’un seul univers serait vécu par la conscience, et il n’y a donc de façon on peut plus logique qu’un seul Univers réel (ce que je trouve plus qu’évident pour tout être rationnel normalement constitué, sauf donc pour des cohortes de physiciens qui suivraient il paraît les traces d’Hawkings, ce qui est finalement le plus effarant).

      Mais en fait Guillemand (pour sans doute rester dans l’orthodoxie physicienne du moment, ce qui est finalement abracadabranstesque) ne conclut pas puisqu’il termine en parlant de la possibilité d’existences de doubles dans d’autres multivers, et je sais pas encore où il veut en venir.

      A tout le moins je trouve que ses travaux ont du sens. Pour le reste, il gagnerait énormément à se tourner vers des spécialistes de disciplines plus cognitives.

      Des discussions trans-disciplinaires sur notamment les hypothèses suivantes de mondes possibles en philosophie et de mondes parallèles en physique se devraient d’avoir lieu aujourd’hui. Chacun y gagnerait sans aucun doute en clarté et en direction de recherche dans sa propre discipline.


    • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 19:05

      Ma question c’était sur le détermisisme ou pas.
      J’ai l’impression qu’il appelle les « conditions cachées » de certains par la « conscience »
      Ce qui ne résout pas le problème que même si la conscience détermine « quelque chose », est-t-elle elle même déterminée par « autre chose » ?


    • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 20:54

      Il est clair qu’en dehors des hypothèses Dieu ou ET sous toutes leurs formes, on trouve pas grand chose dans ce domaine du déterminisme.


      Je vous invite cependant et si vous le voulez bien à aller lire les échanges que l’on a pu avoir avec easy sur ce sujet, et ce à partir de digressions sur l’intelligence artificielle :

      Je serais ravi de prolonger avec vous ce débat.

    • nicolas_d nicolas_d 11 janvier 2013 10:19

      @Bernard

      « Cette expérience ne parle pas de l’origine de la vie mais de la possible constitution d’un monde chimique prébiotique »
      Vous n’exagérez pas un peu ? Ca veut dire quoi le pré de prébiotique ? Ca veut dire quoi le bio dans biotique ? Y’a pas un lien entre pré-bio et origine-vie ?

      @shawford
      Sans doute comme l’idée d’anticon, que l’intelligence est dans toute les cellules, effectivement l’idée d’une « intelligence » partout et à toutes les échelles est séduisante. Différents niveaux de « conscience » comme dirait l’autre. Une organisation semblable mais spécifique à chaque niveau etc.

      Je mets « intelligence » entre guillemets, car une « intelligence » suppose un indéterminisme, ce dont je doute toujours.
      Au bout du compte j’en suis là : le déterminisme suppose une « loi » générale. Donc ce qui pourrait se rapprocher d’un Dieu. L’indéterminisme suppose que c’est chacun de nous qui faisons cette loi, donc que chacun de nous est un Dieu (bien sûr il faudrait mettre Dieu entre guillemets, ou au mois sans majuscule, pour ne pas qu’on croit que je parle de celui qui est venu (il parait) nous voir sur Terre)

      Les deux cas me posent problème, mais je m’imagine une certaine continuité dans l’harmonie du monde, et je m’imagine mal qu’une multitude d’intélligence non conditionnée puisse mener à cette harmonie.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 janvier 2013 10:34

      Votre lien expose l’expérience de Miller, un classique qu’on trouve dans tous les manuels.

      Cette expérience ne parle pas de l’origine de la vie mais de la possible constitution d’un monde chimique prébiotique (acides aminés...) créé avec des réactions chimiques en présence de composés azotés et carbonés élémentaires et de rayonnement EM a haute énergie censés être présents il y a 4 milliards d’années


    • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 10:41

      « Il y a donc dans le vivant quelque chose de qualitativement différent faisant que la vie apparaît en utilisant les molécules. »

      Et bien non, pas convaincu.
      Les molécules « apparaissent » en utilisant d’autre chose. Les molécules sont soumises et réagissent à l’information (chaleur, rayonnement, etc). Les étoiles, les galaxies sont soumises et réagissent à l’information (gravité et autres). Les galaxies utilisent des étoiles pour se former (cf votre article d’il y a quelques jours)

      Le traitement de l’information n’est pas le propre de la vie.
      Je ne vois donc pas de « différence qualitative » entre la vie et le reste


      • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 10:45

        On pourrait aussi et/ou plutôt dire que la Vie se doit d’englober le tout, non ?


      • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 10:52

        Vous pouvez l’espérer si ça vous fait plaisir, le dire est délicat smiley

        Pourquoi vouloir qu’une partie devienne/englobe le tout ? Ca serait trop restrictif pour le tout, et donc probablement sa mort.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 janvier 2013 11:00

        Dernier détail, le tout est en effet un élément émergent du système mais chaque partie contient plus que la partie. Il y a le principe holographique mais cela nous amènerait trop loin. Si vous avez accès à mes trois articles de 91 92 93, jetez un oeil


      • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 11:00

        C’est pas de l’espoir du tout, c’est seulement une définition logique du tout en terme de dialectique : l’Univers = la vie = le tout.


        Ce qui est frappant aujourd’hui est, qu’alors même que la physique moderne s’avance toujours plus avant sur le terrain de l’information, du cognitif, de quoi que ce soit qui n’est pas contenu dans la matière tel qu’on la connaissait jusqu’ici, et bien le plus illogique est que ces mêmes physiciens ignorent encore le langage de l’esprit, de la philosophie, de la logique tout simplement.

        J’ai donné un lien très illustratif plus haut. 
        Quoi que l’on pense sur le fond des extrapolations sur le domaine de la conscience du physicien qui s’y exprime, la façon dont il met en boite les physiciens « mainstream » est remarquable.

      • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 11:18

        « Univers = la vie = le tout »
        Comme ça, ça me plaît oui.

        La vie n’est pas une « verrue » sur le dos de l’univers.


      • Shawford Shawford42 9 janvier 2013 11:33

        J’aime bien le mot verrue smiley 

        Ça ferait « cheap » sinon en effet. smiley

        Au surplus, au moins quand on utilise la dialectique dans la bonnes configuration et sur de bonnes bases, on circonvient de tellement meilleure façon les notions de limites, d’infinité, d’éternité, etc, que les physiciens, mathématiciens, biologistes et autres scientifiques soi disant « durs » s’escriment et s’essoufflent à vouloir circonvenir sans jamais y parvenir de façon satisfaisante (et même de moins en moins satisfaisante si l’on prend les champs d’étude des cordes ou du multivers par exemple).

      • nicolas_d nicolas_d 9 janvier 2013 11:53

        @Showford

        Tout à fait d’accord.

        N’oublions pas que la science est une religion. Et que comme toute les religions elle a des choses à cacher, ou à rendre incompréhensibles, notamment sur la véracité de ses conclusions.


      • Dwaabala Dwaabala 9 janvier 2013 23:49

        Il y a déjà une différence qualitative entre l’état des corps inertes chimiquement et l’état de ces corps entrant en combinaison chimique.
        Oxygène plus hydrogène : deux gaz dans une éprouvette.
        Etincelle.
        De l’eau sur les parois du récipient.
        Il y a bien eu changement qualitatif, sinon les mots ne veulent plus rien dire.


      • emmanuel muller emmanuel muller 18 janvier 2013 20:13

        Tiens pourquoi la vie serait tout ?
        Vous avez besoin de vivre pour le voire, mais l’univers il a pas besoin d’être vue pour exister, ou alors cette remarque ne traite que de vous ... voyez ce que je veux dire ?

        Si on parle en termes physique la vie est une émergence de l’entropie, une bulle d’organisation dans la complexification qui a des propriété nouvelle, mais pas un truc qu’on peut attribuer a l’univers avant cette émergence, il a existé sans vie.

        Si on parle en terme religieux, n’importe quel religion, on parle de l’organisation logique de tout ça, et ça s’appelle toujours dieux, et la encore la vie en est une création.

        Pour vous la vie n’est pas une verrue de sa matrice, elle est la matrice ... mais la matrice de quoi alors ?
        Il traite de quoi l’article ?
        Rien existe à ce petit jeux là, on touche les sommets du nihilisme si on vas par là non ?


      • Cocasse Cocasse 9 janvier 2013 11:33

        Si j’ai bien compris votre article, vous dites que la vie apparait dans l’univers matériel, à cause d’une influence non matérielle, disons « informationnelle », un principe organisateur, qui émerge de soi, à partir de conditions favorables dans l’univers matérielle.

        Pourquoi pas ?
        Après tout, la conscience participe également à ce genre de mystère.

        Et même la physique dans sa globalité.

        Par exemple : on explique très bien la loi de gravitation, la relativité (limite de la vitesse de la lumière), mais au fond, on ignore tout du mystère du principe décidant que la force de gravitation doivent s’appliquer. Les lois de l’univers peuvent être décrites mais pas leur cause.
        Et en y réfléchissant, les physiciens disent que la vitesse de la lumière est une limite. Pourtant, la gravitation est une loi qui s’applique de façon similaire dans les différents points de l’univers. Donc, un loi cosmique transcende les limitations. On en connaitra jamais la source. Mais c’est informationnel, mathématique. Les choses doivent s’organiser de cette façon, parce qu’un principe immuable tout autant qu’insondable « a dit que » !


        • robin 9 janvier 2013 17:04

          Le tout est de ne pas franchir la ligen jaune d’appeler « Dieu »’ ce principe organisateur..... smiley


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 janvier 2013 12:17

          Tout à fait,

          Je me souviens en effet d’avoir pensé 20 ème siècle mais un lapsus m’a sans doute fait écrire 21 ème à moins que mon doigt ait ripé sur le clavier car le 0 est près du 1.

          En fait, la vie suit une voie par des chemins hasardeux quant à l’homme, il peut choisir sa voie. Bref, rien de neuf depuis les stoïciens, sauf le destin qui se pense différemment à notre époque


        • La mouche du coche La mouche du coche 9 janvier 2013 13:11

          « la vie suit une voie par des chemins hasardeux quant à l’homme, il peut choisir sa voie. »


          Ah un embryon de « dessein intelligent » chez l’auteur. La religion revient tout doucement dans les esprits, et donc la connerie s’éloigne forcément un peu. C’est bien. smiley

        • morice morice 9 janvier 2013 13:34

          merde, Dieu jouait au Casino : Dugué ne va pas s’en remettre !


          • TicTac TicTac 9 janvier 2013 14:16

            Huuuu...Pas d’article de Morice où il peut troller alors il erre d’article en article.

            Je me demande comment il réagirait si l’auteur demandait son EXCLUSION, parce que Y’EN A MARRE DE CES TROLLS, QUE FAIT LA MODERATION ????

          • TicTac TicTac 9 janvier 2013 15:09

            Le Morice du jour est sorti.

            Repos, vous pouvez fumer.

          • robin 9 janvier 2013 17:03

            Morice vous qui savez tout sur tout et aimez le faire savoir expliquez moi donc comment un tas de molécules d’acides aminés arrivent par hasard à former une cellule ce qui revient à ce qu’une tornade transforme une décharge de ferraille en un avion de ligne ?  smiley

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