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Nouvelles armes pour lutter contre le Système

Les mouvements d'Indignés, prenant la forme d' « occupations » de divers lieux publics, se développent dans le monde occidental, notamment en Amérique, coeur du capitalisme financier mondial. Le thème de ralliement adopté par ces mouvements est : « nous sommes 99%, vous êtes 1% ». Ceci veut dire que les manifestants et les populations de salariés pauvres et de chômeurs qui se reconnaissent en eux dénoncent la nouvelle inégalité qui s'est instaurée depuis quelques années entre les peuples du monde et les entreprises transnationales (dites TNC, transnational corporations).

Image NewScientist 22 octobre 2011, p. 8. Voir aussi l'article dont nous nous sommes inspirés pour la troisième partie du présent texte. Les sociétés superconnectées sont en rouge, les sociétés très connectées sont en jaune. La taille des cercles est proportionnelle aux chiffres d'affaires. Le couer du système de pouvoir est dans le cadran sud-ouest.

L'inégalité n'est pas nouvelle. Toutes les sociétés se sont construites autour d'une étroite minorité de détenteurs du pouvoir, religieux, économique, politique, s'imposant à des masses dominées. Corrélativement, les luttes sociales résultant des conflits entre les possédants du pouvoir et ceux qui en étaient exclus ont progressivement permis aux classes exploitées, selon les termes toujours opportuns de Marx, de mieux faire reconnaître leurs droits à l'égalité. Cependant, aujourd'hui, les détenteurs du pouvoir ne sont plus aussi facilement identifiables qu'ils l'étaient auparavant.

On peut certes reconnaître quelques uns de ceux désormais qualifiés de super-riches à leur train de vie. Mais pour l'essentiel, le pouvoir se dissimule dans les transactions numériques mondialisées, dans les délibérations de conseils d'administrations opaques ou au sein des paradis fiscaux. De plus, le poids du pouvoir économique est passé de l'entreprise produisant des biens et services concrets (l'économie dite réelle) à des institutions financières, principalement des banques, gérant des valeurs plusieurs centaines de fois supérieures, sous forme d'écritures virtuelles donnant non seulement des droits de propriété sur l'économie réelle mais la possibilité indéfinie de s'approprier les plus values du travail présent et futur.

Il s'agit d'un pouvoir anonyme, s'exerçant dans la totalité du monde globalisé, donc impossible à identifier et à combattre. Seul peut être perçu le poids de son influence. Les « pauvres » qui se désignent comme les 99% la ressentent quotidiennement, non seulement par les bas salaires, les expropriations et le chômage, mais par les désordres majeurs que provoquent désormais la spéculation irresponsable des TNC. On pense d'abord à l'enchainement de crises provoquées depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008, mais aussi aux guerres locales pour l'accès aux ressources. La destruction de l'environnement en est une conséquence directe.

Mais à qui s'en prendre ? Les gouvernements et les élus qui pourraient réguler la finance ne le font pas, car globalement, ils tiennent leur pouvoir des dollars distribués par cette même finance. Quant aux présidents, membres des conseils d'administrations, actionnaires principaux, cadres supérieurs, ils sont intouchables et, dans l'ensemble, en droit strict, parfaitement irréprochables. Les Indignés ne peuvent faire qu'une chose, se montrer, soit sur Internet soit physiquement dans des lieux symboliques : places de la Bourse, édifices publics. Comme ils sont trop divers et dispersés, ils ne veulent pas ou ne peuvent pas formuler de revendications précises. Que faire contre une hydre à mille têtes ? Par ailleurs, instruits par l'exemple de précédentes révoltes étouffées dans la violence, ils ont jusqu'ici refusé les provocations visant à transformer des manifestants pacifiques en casseurs.

Selon Pierre Rosanvalon (La société des égaux 2011), nous vivons aujourd'hui une véritable contre-révolution. Depuis plusieurs décennies, les plus riches n'ont en effet cessé d'accroître leur part des revenus et des patrimoines, inversant la précédente tendance séculaire à la réduction des écarts de richesse. Les citoyens victimes de l'inégalité en prendraient leur parti. Ils ne croiraient plus en actions de redistribution telles que l'impôt et les prestations sociales. La dénonciation d'inégalités ressenties comme inacceptables voisine chez avec une forme de résignation et un sentiment d'impuissance. Il convient donc de refonder l'idée d'égalité pour sortir des impasses actuelles.

La science des systèmes

Mais les analyses et solutions que propose Rosanvallon, quoique bien intentionnées, sont quelque peu naïves, car elles ignorent le processus global générant ces inégalités et ces révoltes. Pour y voir plus clair, il pourrait être utile de recourir à la science des Systèmes. Le terme de science, en ce domaine, est encore un peu présomptueux, mais les analyses permises par un telle science sont plus éclairantes que celles se limitant aux approches sociologiques et juridiques traditionnelles.

Que pourrait conseiller la science des systèmes dans le cas qui nous occupe ici ? Nous pensons que dans un premier temps s'impose une véritable rupture méthodologique. C'est cette rupture que réalisent, volontairement ou inconsciemment, les divers mouvements de type « Occupy », se regroupant autour d'un mot d'ordre de plus en plus utilisé, « Sortir du Système ».

Il a été remarqué que les manifestants emploient le terme de Système pour désigner la nébuleuse des pouvoirs contre lesquels ils se battent. Ils refusent de s'épuiser à en identifier les composantes. Ce mot souvent critiqué comme trop vague constitue au contraire le premier indice du saut méthodologique qu'ils ont conscience de devoir faire. De même la volonté affichée de sortir du Système, sans préciser comment le faire et sans rechercher que mettre en lieu et place de l'actuel Système, constitue un second indice de la rupture qu'ils proposent.

Dans notre propre conception des systèmes sociaux, nous considérons que ceux-ci correspondent à ce que nous avons nommé des complexes anthropotechniques, émergeant sur le mode darwinien d'une compétition pour les pouvoirs et les ressources. Ils associent des humains, individus et groupes, et les diverses technologies aujourd'hui proliférantes. Les humains qui en constituent la composante anthropique, bien que dotés de cerveaux et capables de cognition, ne peuvent s'en donner une connaissance complète. Ils y sont immergés. Pour pleinement comprendre et prédire les déterminismes complexes qui les entraînent, ils devraient en être extérieurs, ce qui leur est impossible.

Dans cette optique, nous pouvons considérer l'ensemble des pouvoirs mondialisés où chacun d'entre nous, à titre très partiel, est à la fois passif et actif, comme un système global. Mais il sera difficile d'en dire beaucoup plus dans l'immédiat. Nous parlerons donc de Système avec un S majuscule. Si nous considérons que ce Système nous opprime et si nous voulons le combattre, la première chose à faire sera de le refuser dans sa totalité. Jusqu'où le refuser ? Les défenseurs du Système objecteront que le même Système contre lequel manifestent ces Indignés leur permet de vivre et survivre, ne fut-ce que frugalement. Aucun ne s'en irait mener dans la nature (ou dans ce qu'il en reste) une existence de chasseur cueilleur. Et que mettre à la place du Système ? Les Indignés, dans l'ensemble, se refusent à répondre à ces questions. Ce qui les fait traiter d'irresponsables.

Pourtant, en termes de sciences des systèmes, leur attitude est parfaitement scientifique. Un système complexe évolue de façon dite chaotique, c'est-à-dire imprévisible et par définition, non gouvernable. Il est loisible de postuler que si pour une raison ou une autre, il s'enferre dans une voie sans issue, il se transformera et pourra donner naissance à un autre système. Il existe un certain nombre de probabilités pour que ce nouveau système, s'il réussit à s'imposer, soit tout à fait différent. En tous cas, par définition, il sera mieux adapté aux circonstances ayant provoqué le blocage du système précédent ?

Ce sont de tels processus que met en évidence l'histoire de la vie. Depuis 4 milliards d'années, les formes de vie ont, sous la double pression du hasard et de la nécessité, survécu aux extinctions massives. Les sociétés anthropotechniques, dont nous sommes des composantes, avec leurs qualités et leurs défauts, résultent de ces survies. Dans cette perspective, il serait illusoire de penser que les humains enfermés dans des systèmes anthropotechniques complexes dont ils n'ont qu'une vague représentation puissent se représenter les évolutions, bonnes ou mauvaises, qui pourraient résulter d'un blocage total ou partiel du Système des systèmes les englobant.

Si les petits mammifères (image : le juramaia, découvert récemment) vivant à l'époque des derniers dinosaures, à la fin du crétacé, avaient eu à se plaindre de ces derniers, ils auraient été cependant incapables de prévoir comment et par qui ce « système des dinosaures » aurait pu être remplacé. Les idées qu'ils auraient pu avoir à ce sujet auraient été sans aucun doute impuissantes à leur offrir une solution aussi ouverte que celle ayant résulté de l'évolution aveugle des déterminismes géologiques et biologiques. Il est donc logique que, pour les humains d'aujourd'hui, la première chose à faire pour s'opposer au Système dont ils perçoivent le poids oppressif soit de le bloquer, dans les faits ou même symboliquement. Ils peuvent espérer, d'une façon apparemment naïve mais finalement assez fondée scientifiquement, qu'à la suite de ce blocage les composantes du Système s'auto-réorganiseront, leur offrant des niches vitales plus riches de perspectives.

Une première simulation du Système

En fait, les manifestants anti-Système d'aujourd'hui sont cependant un peu mieux armés que les premiers mammifères pour se représenter le Système des dinosaures de la finance dont ils perçoivent le poids oppressif. Certaines études s'appuyant sur les sciences de la complexité en donnent désormais des images intéressantes. On peut citer à cet égard celle conduite par une équipe de l'Institut fédéral de technologie de Zurich conduite par James Glattfelder, docteur en sciences de la complexité et des réseaux.

Ce travail qui en cours de publication sur le site PloS One, représente les relations de propriétés s'établissant entre les principales corporations mondiales transnationales (TNC). Il utilise les mathématiques utilisées pour la modélisation des systèmes naturels et les données recueillies par la base Orbis 2007 qui recense des millions de société dans le monde. L'équipe en a tiré un échantillon de 43.000 TNC sélectionnées à partir de leurs résultats et leurs liens financiers. A partir de cela, les chercheurs ont mis en évidence un coeur de 1318 sociétés reliées par des participations croisées. Bien que ne représentant que 20% des chiffres d'affaires mondiaux, elles possèdent la majorité des entreprises industrielles, celles de l'économie réelle. A l'intérieur de ce groupe, ils ont fait apparaître un super-coeur de 147 entreprises plus étroitement reliées les unes aux autres que les autres. Elles contrôlent 40% du réseau. Parmi elles, les plus importantes sont des institutions financières, dont les banques Barclays, JPMorgan Chase & Co et le The Goldman Sachs Group.

Pour la première fois, il est ainsi possible de visualiser un élément essentiel du Système qui contrôle le monde. D'autres éléments manquent, par exemple les liens incestueux qui relient ces organismes avec les gouvernements, partis politiques, églises avec lesquels ils échangent des relations de pouvoir. On devra aussi inscrire les liens, également incestueux, qui lient les TNC, les gouvernements et les grands médias. Ces liens seront plus difficiles à faire apparaître, mais avec un peu de persévérance, il serait possible d'obtenir quelques résultats significatifs. Ainsi commencerait à se dessiner concrètement le Système à trois pôles dénoncé comme le réseau des oligarchies mondiales : les finances, les pouvoirs et les médias, journaux et télévision notamment.

Les simulations faites par l'équipe de Zurich sur la réactivité de leur modèle à des perturbations extérieures montrent qu'il se comporte en super-organisme ayant son « intelligence » propre. Il n'est pas, sauf exception, contrôlé par la volonté de quelques dirigeants particuliers qui se seraient organisés pour se partager la maîtrise du monde. Dans une certaine mesure, cette globalité le rend encore plus dangereux. Le superorganisme se montre incapable de prévoir les crises que suscitent son manque de stabilité. Quand ces crises surviennent, il est généralement aussi incapable d'y porter remède. Il s'agit ainsi, pour reprendre le mot de Hobbes, d'un nouveau Léviathan contre les dérives duquel, apparemment, personne ne peut rien.

Il ne faut pas demander au travail de l'Institut de Zurich plus qu'il ne peut donner en son état actuel. Même s'il était complété dans le sens indiqué ci-dessus, afin de mettre en évidence des liens de partage d'influence qui n'apparaissent pas tojours dans les documents comptables, il ne serait pas à lui seul l'outil permettant de comprendre et de contrôler le Système. Mais il fournit une piste à explorer. D'autres pourraient suivre. Plus généralement, l'expérience montre qu'il n'existe aucun pouvoir au monde capable de dénouer les liens reliant les entités représentées par le modèle, si ces liens s'avéraient dangereux pour l'économie ou pour la démocratie. Ils sont trop nombreux et trop puissants

Dans un premier temps, on peut en conclure que les Indignés de Wall Street et d'ailleurs devraient se trouver confortés dans leur démarche politique, visant à refuser d'analyser le Système en détail, visant à refuser de s'opposer à lui de façon spécifique à tel pays, tel secteur économique, telle circonstance. A la vue de l'opacité du modèle, traduisant l'opacité des pouvoirs dominants le monde, ils seront confortés dans leur intuition que trop faibles, ils ne peuvent rien faire pour infléchir la marche du Système, sauf à choisir la solution du tout ou rien. Ils ne peuvent que refuser globalement le Système, en se bornant à tenter de bloquer ses mille têtes, là où elles se montrent.

Certes, du fait de l'imprévisibilité inhérente au Système, nul ne peut dire ce qui en résulterait. Sans doute dans un premier temps des répressions accrues, comme ce jour 29 octobre où nous écrivons, à Denver (USA), mais peut-être aussi autre chose. Rien n'interdit de faire l'hypothèse qu'alors le Système s'effondrerait de l'intérieur puis s'auto-réorganiserait sur des bases différentes.

Ce serait alors pour les Indignés l'occasion d'intervenir concrètement afin d'influencer cette réorganisation d'une façon favorable aux forces créatrices encore en sommeil qu'ils incarnent.


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22 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 31 octobre 2011 10:41

    La meilleure manière de « sortir du système » restera toujours d’en définir un autre et ... de travailler à le construire. Sinon, ce sont des gesticulations sans force et ... sans avenir.

    La base de départ pourrait déjà être les changements que nous sommes nombreux à préconiser sur AgoraVox (et ailleurs) :

    - Retour à une vraie démocratie, avec consultations populaires, droit de révocation des élus.
    - Mise en place d’une fiscalité redistributive
    - Interdiction de la spéculation .
    - Limitation des revenus
    - Retour aux fonctions régaliennes des Etats, dont la création de monnaie.
    - ... pas le temps de me rappeler les autres...

    Ces premiers changements contribuent déjà à mettre en place une société différente, plus juste et solidaire, et surtout sans révolution violente.

    Je répète : C’est seulement avec des objectifs concrets qu’on peut rassembler et avancer.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er novembre 2011 12:22

      Tout à fait d’accord avec Alpo47.

      Il n’est pas besoin d’avoir une compréhension de la dynamique systèmique du Système.

      Il suffit d’en connaître les points clés.
      Ulysse a visé l’oeil du cyclope en se foutant du reste de l’organisme
      Il a eu raison

      Contre le Système de l’argent, il suffirait que les peuples s’accordent pour le priver du droit de création monétaire.
      Il s’effondrerait de lui-même et la place serait nette pour inventer un autre monde.


    • ralph 6 novembre 2011 09:22

      Bonjour,
       
      Etant donné que le problème c’est l’existence de « l’argent » dans sa forme actuelle,
      la meilleure manière pour sortir du système serait « sortir de ce système d’argent »

      Si on regarde la Nature les produits qu’elle nous donne pour nous nourrir, ne sont
      pas cumulables à l’infini : l’agriculteur fait sa cueillette de fruits et il faut qu’il les
      écoule dans un temps limité pour le biens du plus grand nombre, autrement il va
      les perdre, car ils vont pourrir.

      Le travail que fait l’agriculteur dans son potager est valable pour une saison,
      la saison d’après...il faut récommencer à labourer, sémer, arroser, cueillir...

      Or, avec l’ « ARGENT », on a crée quelque chose de virtuel qui remplace toute sorte de biens (nourriture, travail etc) et cette chose virtuelle est, « ELLE », cumulable
      à l’infini.

      Dépuis des millenaires nous sommes habitués à l’éxistence de l’argent et le monde serait pour nous inconcevable sans...l’argent !!! Vraiment ???

      Et si, pour sortir du système, nous essayons de nous en passer ??
      D’organiser nos échanges sans cette chose virtuelle ???

      L’avidité ne serait plus possible, car il n’y aurait plus rien de cumulable à l’infini...

      Enfait l’argent a une valeur parce que « nous » lui prêtons cette valeur

      Et imaginons une société sans argent..
      il n’y aurait plus de voleurs, pour commencer !

      Il n’y aurait plus de guerres...car c’est l’argent qui les provoque...

      Etc. etc. etc.


    • zelectron zelectron 6 novembre 2011 10:36

      @Alpo
      Article 1er
       trop de revendications tuent les revendications
      Art 2
      Le système actuel des représentations des citoyens est parfait, hors de question d’y toucher, pour l’instant ...
      Art 3
      5, 10, 50 100 retraités (non rémunérés seulement défrayés ?) désignés au sort pour 1 an, accompagnant chaque élu pour l’aider mais aussi le faire mettre jusqu’à une éventuelle garde à vue et placer sous séquestre ses biens y compris ceux de ses collatéraux étendus.
      commentaire : je vous fiche mon billet qu’il va y avoir beaucoup moins de prétendants bidons aux élections.


    • Gagarstl 31 octobre 2011 11:34

      Les objectifs concrets sont identifiés : arrêt des pollutions (eaux, sols, air), arrêt des pratiques agricoles qui détruisent le tissu social et provoque la désertification, arrêt de la densification des villes, aménagement du territoire compte tenu de la contrainte énergétique. Ca signifie une large destruction des emplois occupationnels (dont le mien) en faveur d’une encore plus large création d’emploi de production (notamment dans l’agriculture vivrière et les services crêches, vieillesse etc... Il est vrai que ça ne rapporte pas un rond à Dassault, Bouygues, Vinci, Areva et co.


      • Automates Intelligents (JP Baquiast) 31 octobre 2011 11:35

        Comme vous l’avez compris, je me place ici à un niveau théorique global, qui n’interdit pas du tout, au contraire, des actions de contestation ou de combat précises.
        Etre en face d’un système horriblement complexe ne signifie pas désarmer devant lui. Mais ne pas désarmer peut signifier aussi essayer de mieux comprendre son comportement global.
        Sur ce point, je devrais ajouter à l’article ci-dessus, suite à une discussion de ce jour avec Alain Cardon, la mention des éclairages que donnerait, dans le système d’agents qu’il a développé, la simulation du comportements des TNC et autres centres de pouvoir identifiés par le modèle de Zurich.
        On est assez proche de la simulation des comportements des neurones corticaux qu’il réalise dans son modèle de conscience artificielle. Alain Cardon n’a pas planté de tente sur la place de la Bourse, mais il peut aider ces mouvements de façon tout aussi efficace.


        • Alpo47 Alpo47 31 octobre 2011 12:04

          Et oui ... Comme toujours et tout au long de l’histoire, les intellectuels essaient « d’élever le débat », pendant que les autres vont se colleter les armées du système en place ( aujourd’hui CRS et autres)...
          Et, à l’arrivée, lorsque le mouvement réussit, ce sont les premiers qui récupèrent le mouvement pour installer une nouvelle « nomenclatura ».

          Et l’histoire recommence ... Sauf si ...


          • Montagnais Montagnais 31 octobre 2011 12:29

            « Pour la première fois, il est ainsi possible de visualiser un élément essentiel du Système qui contrôle le monde. »


            Vous êtes un perdreau de l’année ?

            Vous avez jamais rien lu ? Marx ? Reclus ? Stengers ? Michéa ? Mille autres ?

            Tout à l’avenant.

            Consternant de naïveté.

             « De même, la cause des sans-papiers ne serait qu’une  »invention«  des médias associés au show-business. »

            Vous saviez ?

            Vous dites aussi : Ceci veut dire que les manifestants et les populations de salariés pauvres et de chômeurs qui se reconnaissent en eux dénoncent la nouvelle inégalité qui s’est instaurée depuis quelques années entre les peuples du monde et les entreprises transnationales (dites TNC, transnational corporations).

            Fort heureusement, il n’y a pas que la question des inégalités.. Ce serait trop dommage.

            D’autres éthiques, d’autres esthétiques, d’autres nécessités, d’autres critiques.. Mais vous pouvez pas comprendre, étant « scientifique »

            • herbe herbe 31 octobre 2011 14:10

              Toujours en gestation « le pas de coté »...
              Nous sommes le système, donc ok pour le réorganiser et ça commence de l’intérieur :

              http://youtu.be/qcFXtrp43ew

              Au fait auteur, j’ai bien apprécié cette lecture venant de vous :

              http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2011/juin/beginninginfinity. html

              En route vers l’infini ?

              Au fait à propos de darwinisme lecture enrichissante :
              http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67938.htm


              • miha 31 octobre 2011 14:20

                Le système est défini : il s’agit d’une oligarchie.

                La revendication pour en sortir est définie : exiger, contruire une réelle démocratie.

                La façon d’y arriver est définie : ce sont les citoyens qui devront choisir les règles du pouvoir, donc écrire la constitution en se dotant de la possibilité d’exercer un contre-pouvoir à la classe politique et à la finance..

                Les écueils à éviter sont définis : éviter d’être récupérés par un « homme providentiel » qui s’empressera de prendre le pouvoir et d’imposer SES règles du pouvoir ou par un parti « ami » qui fera la même chose que l’homme providentiel.

                Maintenant, il faut attendre soit que tout « le système » s’écroule de lui-même, soit l’insurrection... ou les deux.


                • herbe herbe 31 octobre 2011 15:21

                  Si tout est défini, alors pourquoi ?

                  Une des pistes d’explication bien connue (et oui ça bégaie depuis des centaines d’années...)
                  « discours dela servitude volontaire » :

                  extrait :
                  "
                  C’est là le secret et le ressort de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie : rendre ces gens « complices » des « cruautés » du tyran, les asservir en leur donnant l’occasion de dominer d’autres à leur tour. Ce sont donc les courtisans qui se font les complices de la tyrannie, perdant du même coup leur propre liberté. Certains hommes flattent leur maître espérant ses faveurs, sans voir que la disgrâce les guette nécessairement, devenus complices du pouvoir. Ainsi se forme la pyramide sociale qui permet au tyran d’« asservir les sujets les uns par le moyen des autres ». La résistance et l’usage de la raison sont donc les moyens de reconquérir la liberté (La Boétie ne fait aucune théorie de la révolte populaire) car les tyrans « ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».
                  "
                  Le système ne s’écroulera de lui même que si chacun des acteurs de ce système le veut réellement et ensuite décide d’arrêter sa contribution à ses propres chaines et là pas besoin d’insurrection. en principe c’est en cours mais bon peut-être pas encore assez ...


                • herbe herbe 31 octobre 2011 16:05

                  Vous avez dit effondrement ?  smiley


                • bigglop bigglop 6 novembre 2011 02:24

                  Bonsoir Herbe,
                  Il y a plus de soixante dix ans, Hitler et le nazisme.
                  Aujourd’hui, l’impérialisme des USA soutenu par le « patriotisme » neuneu


                • herbe herbe 6 novembre 2011 16:30

                  bonjour bigglop,

                  en effet et le flair des résistants d’hier est fiable à mon avis :
                  http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/appel-a-la-resistance-8811

                  A bientôt sur un autre fil...


                • bigglop bigglop 7 novembre 2011 01:45

                  Merci, Herbe, pour ce lien
                  Et bonne continuation


                • lambda 31 octobre 2011 15:51

                  Attention !! en ce qui concerne le mouvement d’occupation de Wall street, nous sommes alertés depuis un moment sur la manipulation de ce mouvement que l’on suppose être orchestrée par Georges Soros et ses affidés et il est important de lire ceci :

                  http://www.alterinfo.net/Le-Lucis-Trust-derriere-Occupy-Wall-Street_a65838.html

                  et voir cette vidéo

                  http://www.alterinfo.net/Le-Lucis-Trust-derriere-Occupy-Wall-Street_a65838.html

                  Il est prudent de regarder derrière le miroir et ne pas se fier aux apparences


                    • morice morice 31 octobre 2011 17:27

                      c’est simplement la fin programmée (marxiste) d’un système capitaliste : on ne peut plus trouver de pays où produire moins cher en gardant de hauts bénéfices. 


                      le reste n’est que littérature inutile. 

                      • Automates Intelligents (JP Baquiast) 31 octobre 2011 18:48

                        Je communique ici ce qu’Alain Cardon vient de m’écrire. N’ayant pas eu (encore) la bonne idée d’être agoravoxien, il passe par mon intermédiaire :

                        Cet article est très intéressant et voila ce que je peux en dire tout de suite.

                        L’étude de l’Institut fédéral de technologie de Zurich est excellente,
                        car elle s’appuie sur des données réelles et permet de révéler un
                        processus de communication entre entreprises qui assure le contrôle de
                        l’ensemble. Cela à un peu à voir avec mes travaux actuels sur les
                        systèmes autonomes.

                        Un système autonome est un système composé de systèmes, appelé un
                        Système de Systèmes (usuellement SoS), et qui satisfait à des
                        tendances fondamentales propres. Ces systèmes sont tous essentiellement fonctionnels. Ils opèrent dans des domaines fonctionnels bien précis, bien définis. Mais ils sont tous en relations multiples continuelles et ce sont ces relations elles-mêmes qui vont permettre leur fonctionnement, leur permanence et leur évolution.

                        Les relations sont des flux informationnels complexes, qui vont opérer comme un contrôle méta de manière multi-échelles, au niveau de la fonctionnalité des systèmes de base et au niveau méta de l’ensemble en organisation continue, passant par tous les niveaux organisationnels des groupes.

                        Mes travauxportent sur la définition précise des caractères de ces échanges
                        informationnels. Ils permettent à la fois de communiquer des informations
                        de base (ce qui est trivial) mais surtout des informations
                        qualitatives multi-échelles (ce qui est plus compliqué), satisfaisant à des
                        tendances générales, comme la croissance continue de certains
                        indicateurs (par exemple la recherche du gain hors de toute autre considération) ou la permanence (par exemple continuer ce qu’on fait usuellement en
                        évitant toute rupture et toute remise en cause).

                        De tels systèmes de systèmes complexes ont à voir avec le
                        fonctionnement du cerveau qui génère de la pensée, car ce sont bien
                        des agrégats de communications entre les neurones qui forment, en
                        distinguant par émergence des conformations d’activités cohérentes,
                        les éléments constitutifs de chaque pensée exprimée. Une pensée est
                        selon moi un phénomène strictement relationnel et multi-niveaux dans
                        un ensemble dynamique complexe (le réseau neuronal structuré), où
                        opèrent des contrôles multiples (comme les pulsions et les tendances
                        culturelles avec les mots des langues).

                        Dans le cas étudié par l’équipe de Zurich, portant sur des systèmes de systèmes à base très technologique, ce sont les échanges informationnels, les analyses simultanées, les intentions cohérentes ou opposées, qui assurent le contrôle
                        de l’ensemble et expriment des tendances. Ceci parce qu’elles se déroulent continuellement et très vite à une échelle temporelle bien plus rapide que celle de la production ou du transport des biens économiques,.

                        La compréhension de tout cela me semble être dans la prise en compte du caractère prégnant de certains flux informationnels sur le reste des flux informationnels entre éléments du système, qui vont assurer l’expression de tendances majeures en donnant le sens de l’ensemble. C’est aujourd’hui l’existence de ce réseau de communications multimodales qui permet le
                        type de société que l’on a. Si l’on coupe tous les réseaux informatiques pendant un mois en revenant à la lettre écrite pour échanger des informations, le monde actuel s’effondre, et définitivement.

                        C’est bien pour cela qu’il y a une tendance conservative fondamentale et un projet de surveillance globale et de maintien du réseau des communications, qui sera un certain Big Brother et pas autre chose, parce que la société n’est pas égalitaire (voir mon dernier livre « Vers un contrôle total », http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2011/121/controletotal.pdf ).


                        • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 1er novembre 2011 01:14

                          Le bilan étant fait, l’important me semble être de porter notre attention non sur la description d’un monde meilleur ou moins fou, mais sur le moyen de s’améliorer et de sortir de cette folie. C’est-à-dire de décrire le chemin qui part d’ici et maintenant et conduit à une meilleure organisation. Concrètement, que faire ? 

                          On ne peut pas éparpiller nos forces, il faut les concentrer sur UNE action décisive, un peu comme si l’on n’avait qu’une charge de dynamite à placer pour faire sauter un barrage.



                          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er novembre 2011 12:31

                            C’est cette réflexion sur THE action décisive que (de manière bien insuffisante, je le reconnais) j’ai proposée dans mon article de l’édition du jour :

                            Les indignés peuvent-ils réussir sans nous, les 99% ?

                            http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/les-indignes-peuvent-ils-reussir-103323


                          • lauraneb 1er décembre 2011 13:17

                            il n’est pas necessaire de trouver la cause mais l’outil qui lui permet d’exercer son pouvoir... Or celui-ci est parfaitement identifier : l’argent

                            en systemique, identifier les organes dysfonctionnant et tenter de les réparer engendre autant de troubles que ceux qu’on cherche à enrayer.... l’important n’est pas l’organe mais les relations entre les organes... Or ce qui les relit tous est le moyen de faire de l’echange : la politique qui institue les droits d’echange (relations entre les organes) et la monnaie (ce qui circule dans les relations) ....

                            donc en recreant une valeur d’echange qui soit indivisible de l’humain, sur lequel il n’est pas possible de speculer car la valeur est la meme pour tous et connu de tous et que quiconque ne puisse se l’approprier, vous permettez l’effondrement du systeme actuel par « un virus » tout en permettant à tout ceux qui l’utilse d’échanger....

                            L’autre point de vue est que si la monnaie ne circulent plus, le systeme s’arrete de fonctionner (si le sang ne circule plus, le coeur s’arrete) or l’echange de monnaie est basé sur la notion de je donne mon temps contre une valeur monnetaire. Donc, plus il y a de personnes qui refusent de donner du temps au systeme, plus le systeme se bloque, moins les rentiers obtiennent de rentes, plus leurs poids diminuent, plus ils sont enclin a renégocier . C’est pourquoi Les politiques veulent retablir le travail obligatoire (rsa ou emploi jeunes, tucs,...), afin de preserver les rentes de ceux qu’ils servent...

                             Mais cette methode restent dans le servage aux rentiers et impliquent une lutte constante (c’est le systeme syndicaliste et grevistes qui n’a pas interet à voir le probleme se resoudre puisqu’il n’existe que parce que le probleme existe)...

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