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Accueil du site > Actualités > Technologies > On ne construit pas de savoir dans l’émotion

On ne construit pas de savoir dans l’émotion

Il y a quelques jours, le débat sur la lecture de lettre de Guy Môcquet battait son plein et je ne me suis pas positionné sur les questions soulevées par les interférences du politique sur l’histoire et son enseignement. Je n’ai pas vraiment suivi les débats à vrai dire, mais pour le peu que j’ai entendu, je n’ai pas l’impression qu’on ait touché les questions de fond. J’ai été frappé par exemple par certaines prises de position d’enseignants qui tendaient à raisonner comme si leur tâche était noblement séparée du "politique". Je ne suis pas un expert de ces questions mais l’enseignement national, il me semble, dépend bien d’un ministère et ces programmes font l’objet de parution au bulletin officiel (qu’on me corrige si je me trompe). La pratique de l’enseignement dépend bien dans ce sens de divers pouvoirs, législatifs et administratifs, qui lui donnent ses orientations et contrôlent leur application. Je comprends tout à fait cependant l’argument des profs qui ne souhaitent pas se soumettre à une directive ponctuelle dans laquelle ils ne se reconnaissent pas ou qui leur donne le sentiment d’être instrumentalisés par un gouvernement qu’ils désapprouvent.

Par contre, ce qui a retenu mon attention, c’est cet argument avancé par beaucoup d’enseignants interrogés : "On ne construit pas de savoir dans l’émotion". Je trouve cette proposition intéressante. Elle est, je pense, assez significative d’un imaginaire qui règne sur notre institution scolaire. Il y a donc le noble savoir, qui se construit dans l’héroïque conquête sur les viles émotions. C’est l’ancien dualisme platonicien qui oppose le corps et l’esprit. Il faut sortir des ombres de l’obscurité de la caverne pour commencer à percevoir la vérité dans la claire lumière. Il ne s’agit pas de remettre en cause cet imaginaire, qui au fond est le moteur de la recherche scientifique qui s’efforce de dégager quelques archipels de vérités par le travail rigoureux de la théorisation et de l’expérimentation. Ce que je vous propose ici, c’est d’examiner la question des émotions qui feraient obstacle à la construction du savoir. On voit que l’argument nous est servi un peu comme un slogan. Si un slogan marche, c’est qu’il active des représentations fortes dans une culture donnée.

Bien sûr nous sommes d’accord avec l’idée que la réflexion nécessite un certain calme et une prise de distance sur l’action mais est-il juste cependant d’affirmer que l’émotion s’oppose à la construction du savoir ? Pour le sens commun, l’émotion c’est ce qu’on doit cacher, maîtriser, tenir à distance. Toutes les émotions d’ailleurs ne sont pas jugées à la même aune. Certaines comme la joie et l’amour seront valorisées alors que la peur, la haine et la colère seront tenues comme indésirables. Nous tendons à considérer les émotions avec le filtre de nos valeurs morales. Mais que disent les scientifiques de ce phénomène "émotion" ? Pour essayer de dégager un peu de savoir sur cette question, il est vrai qu’il faut s’extraire un peu de "l’affect moraliste" qui se contente de classer du côté du bien ou du mal et se demander : "au fond, les émotions, comment ça marche et à quoi ça sert ?" Nous pourrons essayer par la suite de nous demander si elles peuvent ou non être utiles dans la construction du savoir.

Les émotions, qu’est-ce que c’est ?

Le premier scientifique à s’être penché sur la question des émotions c’est Charles Darwin, par la suite, de nombreux travaux ont été conduits et se situent en général dans le champ de l’éthologie, l’étude des comportements animaux et humains dans leur milieu naturel. Mais on peut dire que les émotions peuvent être également abordées du point de vue du biologiste qui observe leurs manifestations sur un organisme donné et également du point de vue du psychanalyste qui s’intéressera par exemple à la façon dont on les refoule ou dont on s’en défend avec les conséquences que cela pourra engendrer sur le psychisme.
Les travaux de Konrad Lorenz sur les comportements d’agression se situent dans le champ de l’étude de la famille d’émotions de la colère, qui vient nécessairement en étroite interaction avec la peur qu’elle suscite dans les échanges sociaux et avec les comportements de fuite, d’apaisement, de soumission ou d’affrontement qu’elle induit. Les travaux des scientifiques ont donc consisté à essayer de catégoriser les grandes familles de ce qu’ils ont appelé "les émotions de base" un peu comme on parle des "couleurs primaires".

l'axe d'organisation des émotions adapté par Jacques Cosnier d'après Schlosberg

Sur ce schéma qu’il adapte des travaux de Schlosberg, Jacques Cosnier propose ce qu’il nomme les axes d’organisation des émotions selon quatre pôles : agréable/désagréable et rejet/attention. Au pôle émotion agréable, on trouve : l’amour, la gaieté, la joie, la surprise, à l’opposé, ces auteurs ont placé la colère et la peur. Au pôle rejet, ils ont placé le mépris et le dégoût, au pôle attention ils situent la surprise et la souffrance.

structure hiérarchique des domaines émotionnels, d'après Schwartz et Shaver par Jacques Cosnier

En cliquant sur cette image, vous aurez une vue de ce que Jacques Cosnier, en adaptant les travaux de Schwartz et Shaver, a nommé la structure hiérarchique des domaines émotionnels. On y retrouve les grandes familles que sont l’amour, la joie, la surprise, la colère, la tristesse et la peur, qui se déclinent sous différentes expressions avec divers degrés d’intensité.

Les émotions, à quoi ça sert ?

L’étymologie du mot nous donne comme d’habitude quelques indications. Le mot vient de movere en latin qui signifie mouvement. L’émotion nous prépare à l’action, qu’il s’agisse de s’y engager, comme dans la colère, ou de fuir la scène comme dans la peur, ou bien de se replier sur soi, comme avec la tristesse. Darwin établira donc que les émotions sont indispensables à l’adaptation d’un organisme dans les différentes situations vitales. Mais les affects (autre nom des émotions) ne se contentent pas de préparer à l’action, ils servent également à communiquer avec autrui par la gamme des expressions qu’ils produisent. Freud et la psychanalyse mettront au jour également l’importance de l’affect comme instrument de communication avec soi-même. La peur que j’éprouve, par exemple, face à telle ou telle situation, constitue un signal qui m’informe sur ma capacité à y faire face.

Les émotions peuvent-elles être mobilisées dans la construction des savoirs ?


L’affirmation des enseignants qui postulent "qu’on ne construit pas de savoir dans l’émotion" est sans doute fondée sur une ignorance de ce qu’est la vie émotionnelle. En effet, quand on se penche sur la question, on voit qu’on ne peut s’abstraire des émotions. Si un enseignant est "intéressant" pour une classe, c’est qu’il a su mobiliser chez ses élèves un registre émotionnel qui se situe sur les pôles des émotions agréables et de l’attention. A côté de l’imaginaire platonicien de ces enseignants partisans de la coupure avec le corps et les émotions, on trouvera les adeptes des pédagogies dites "actives" où se seront l’engagement dans des activités comme la rédaction d’un journal, le jeu d’une pièce de théâtre, ou l’implication dans un débat privilégiant l’expression de points de vue personnels qui fonderont l’apprentissage et la construction du savoir. Pour ces approches pédagogiques, le savoir se construit avec les émotions. Laquelle des deux approches selon vous favorise le plus l’équilibre et l’épanouissement personnel ?



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40 réactions à cet article    


  • philmouss philmouss 15 novembre 2007 12:54

    j’ai écrit cette conclusion entre temps :

    Il n’est pas impossible que cette croyance selon laquelle on pourrait laisser les émotions à la porte de la classe soit à l’origine de nombreuses souffrances autant chez les élèves que chez les enseignants. Si elle nie et réprime les émotions, l’école devient le lieu de fermentation de la violence sociale. Le passage à l’acte violent est le plus souvent le résultat d’une émotion qui n’est pas symbolisée dans le langage. Un lieu qui ne laisse pas la place à l’expression de la vie émotionnelle ne peut pas favoriser l’apprentissage le plus important qui soit : celui des relations humaines. Le savoir dont il est question lorsque la répression des émotions est en jeu est un savoir froid et déshumanisé qui peut avoir son intérêt dans le champ des mathématiques, encore que celles-ci puissent s’apprendre dans une forme de jeu intellectuel où la joie de comprendre et de manipuler les concepts n’est pas absente pour peu qu’on sache la reconnaître. Si on comprend le mécanisme des émotions, on peut également comprendre que leur répression est inutile, c’est en les reconnaissant et en les apprivoisant qu’on peut les dépasser. Cela passe par leur mise en mots mais d’abord par la reconnaissance de leur utilité. Plutôt que de dire qu’on ne construit pas de savoir dans l’émotion, il y a urgence de dire qu’on doit construire du savoir sur l’émotion.


    • La mouche du coche La mouche du coche 15 novembre 2007 14:07

      On n’apprend QU’avec l’émotion. S’il n’y a pas d’enjeu, il n’y a pas d’émotion, il n’y a pas d’apprentissage. Les bons enseignants le savent très bien. smiley


    • ZEN ZEN 15 novembre 2007 15:07

      @ L’auteur

      « ..reconnaissance de leur utilité ». Oui, c’est presque du Spinoza , prenant ses distances par rapport au dualisme cartéssien

      « L’affirmation des enseignants qui postulent »qu’on ne construit pas de savoir dans l’émotion« est sans doute »fondée sur une ignorance de ce qu’est la vie émotionnelle."

      Il faut remettre ce jugement dans son contexte (l’exploitation politique de l’affaire Môquet) : là, il se justifie...car l’émotion peut être détournée, exploitée...

      Il va maintenant de soi que les émotions positives sont un moteur pour la connaissance. Même Platon s’appuyait sur des « mythes » (imagination/émotion) pour faire saisir des idées abstraites...


    • Cassandre 15 novembre 2007 13:45

      Bravo, je trouve cet article très intéressant (émotion positive qui m’a permis de le lire attentivement !).

      Ceci dit, il se construit tellement de choses sur la base, ou avec l’aide, des émotions, que certains blocages peuvent se produire qui ne facilitent pas, ensuite, l’appréhension de concepts qui semblent s’opposer aux acquis antérieurs. Une sorte d’« émotionnellement correct » va servir de filtre et interdire toute remise en cause de ce que la personne a défini comme bases indispensables à la poursuite même de son existence.

      L’émotionnel est un Janus : on ne peut s’en passer, mais souvent il nous emprisonne.


      • philmouss philmouss 15 novembre 2007 16:56

        c’est clair que c’est plutôt des émotions positives qui vont faciliter l’apprentissage. Maintenant je me demande si une certaine rationalité froide ne peut pas parfois dissimuler un affect agressif. Le savoir utilisé comme art de la dominattion, cela provoque sans doute beaucoup de blocages comme vous dites. En fait la démarche rationnelle est complétement prise dans les émotions. L’humain c’est surtout de l’affectif. Il n’en demeure pas moins que se former intellectuellement c’est voir en quoi mes affects interférent avec ma capacité d’analyse. Encore une fois, pour ça, il faut les reconnaître et parfois savoir en jouer peut-être. smiley au fait, les émoticons, c’est pas de l’émotion en clavier ?


      • Vilain petit canard Vilain petit canard 15 novembre 2007 15:17

        Le mantra « on ne construit pas de savoir dans l’émotion » a surtout été utilisé comme contrefeu à la délirante campagne de larmoiements sarkoziens, pleine de victimes, de larmes à l’oeil, de « petits papas » et de « petites mamans », de tabous à renverser, et de fracassantes sorties sur l’esprit de mai 68.

        Nous aurions eu à la place une accumulation agitée de mesures, de contre-mesures, et de réformes clastiques de l’enseignement, les enseignants auraient répété sur tous les tons « on ne construit pas de savoir dans la précipitation ».

        Ceci dit, merci de réhabiliter l’émotion. En effet, sans émotion, pas d’apprentissage, pas d’intérêt, pas de vie.


        • Marsupilami Marsupilami 15 novembre 2007 15:35

          @ Vilain Petit Canard

          Je dis pas mieux que toi.

          @ L’auteur

          Bon et utile article. Mais comme l’ont souligné d’autres intervenants, c’était avant tout la manipulation émotionnelle dont la lettre de Guy Môquet était l’objet qui a suscité ces réactions. Voir mon article sur ce sujet.


        • GRL GRL 15 novembre 2007 18:06

          L’émotion est inséparable de l’échange humain , est ce que votre question supposerait que nous ayons le choix ou non d’en mettre ou pas dans les propos ?... De l’empathie , peut etre , de l’émotion dirigée , oui , mais l’échange entre deux humains passe par tout un tas de codes de langages et de postures faciales , de gestes des mains qui renseignent les interlocuteurs sur l’état émotionnel de ... chacun , et non pas sur la teneur emotionnelle du discours en lui même , de son contenu couché sur le papier n’en contenant pas à proprement parler.

          Et c’est là où je pense qu’on peut faire ... confusion .

          Car je peux lire la lettre de G.M platement , sur un ton monocorde et communiquer en même temps à mon interlocuteur la nature de ma simulation , mon jeu ... il rigole du décalage entre l’écrit et le récit .

          Maintenant , je la lis avec trop d’empathie et d’effets de manches et c’est le même phénomene , dans l’autre sens . Je surjoue , il y a décalage et donc comique . La classe se poile.

          ...

          C’est pour celà que demander à un prof d’etre comédien n’a à peu pres aucune chance d’aboutir à l’effet escompté. Du reste , si la lettre de Guy Mocquet m’émeut personnellement , si le fait de me trouver en position de la lire à ma classe m’émeut également , je la lirai donc en communicant à mes interlocuteurs , une émotion bien à moi , naturelle et no provoquée , ou comprendre encore , j’investirai tout naturellement les canaux de communications émotionnels que je vous décrivais plus haut , ceux inhérents à toute conversation in visu . Et l’effet à toute les chances d’aboutir . Parceque ce n’est pas un effet fabriqué , tout simplement.

          Maintenant , apprendre se fait toujours avec la voie lexicale , syntaxique et grammaticale du langage ecrit et parlé , mais la mémoire , elle imprime mieux si elle peut retenir l’émotion que faisait passer le « conteur » au moment du premier récit. C’est sur , mais çà dépend de chaque enseignant . On peut supposer que l’enseignement exige tout de meme un minimum de cette fibre là , non ?

          Et pour cause , même des profs de maths arrivent à canaliser l’attention par la bonne adéquation du canal emotionnel entre la classe et l’enseignant , alors que la matiere s’avere tres théorique , voire rébarbative.

          Mais voilà , maintenant , je pousse un peu plus loin , en parlant de l’orientation qu’a pris la télévision ( communication unilatérale ) , au travers du JT et de la pub , ... c’est devenu une douche émotionnelle tour à tour tensiogene et politique ( JT ), puis apaisante et ... mercantile ( pub ) . Et elle est abrutissante , car completement axée sur l’impact émotionnel . Et de fait elle inscrit dans la mémoire à l’insu du télespectateyr , et ne lui permet plus de faire les projections temporelles nécessaires à toute réflexion , à tout discernement , à toute analyse d’une situation.

          Car l’émotion impose son rythme , elle tient « l’ému » rivé dans le présent , mais la réflexion , la compréhension , l’analyse , elle , exige d’indispensables projections temporelles. Et c’est là , à mon sens , la clé de votre question.

          Ex : Si j’ouvre un robinet qui balance 10 l / mn , pendant 3 mn , que va t il se passer au bout de 2 mn si j’ouvre le bouchon de la baignoire qui évacue 15 l mn ?

          Balancez l’énoncé avec emphathie et charge émotionnelle , tout le monde écoute les yeux equarquillés , mais personne n’a rien compris de l’énoncé ... je ne continue pas vous avez compris.

          L’apprentissage , par les attitudes psychiques de réception qu’il induit popur les éleves , est une alchimie entre des phase de recentrage de la classe , pour préparer tout le monde à ... recevoir , et à ce moment là précisément , celà marche bien en utilisant la canal émotionnel.

          Mais lors de la phase de compréhension du sujet , la concentration est nécessaire , et la donnée , la nouveauté, se passe du déroulé de l’histoire émotionnelle de l’enseignant. Et même la donnée historique , nécessite de s’imaginer le contexte de la lettre dans un temps ancien , et surtout pas comme une actualité de 2007 , et là j’espere qu’on est bien d’accord. Le devoir de mémoire passe par une bonne situation temporelle des faits et pas pas une angoisse ,( émotion ) ou d’une peur d’un récit ancien que l’on imaginerait actuel , alors que l’on veut juste que le moment sinistre de l’histoire qui lui est associé soit connu de la jeunesse .

          La synthese et la mémorisation , elle , peut à mon avis , s’accompagner de la donnée émotionnelle car celle ci sera mémorisée en même temps que la doinnée informelle et pourra servir de « poignée sensible » au moment d’extirper de sa mémoire telle ou telle donnée parmi toutes celles de la semaine de cours. Mais gare à conserver le bon ancrage temporel des faits que l’on souhaite voir retenus.

          Fini pour le sens propre , au sens commun maintenant , et ce sera rapide , c’est à dire au sens de la portée sociale , politique , à savoir , lire la lettre en exagerant l’emphase pour marquer l’auditoire , ben , on connait , c’est de la propagande et du conditionnement , c’est de la télé , de la pub , quoi ... donc , non pour moi car l’éleve doit faire le chemin lui meme pour integrer un savoir ( sinon çà ne sert plus à rien , il n’y a plus de gout , il y a gavage ) et pour prendre une fois adulte, sa position au milieu d’une societé , enfin , c’est ce que je souhaite à tout jeune.

          GRL


          • philmouss philmouss 15 novembre 2007 18:33

            merci pour cette réflexion GRL, qui témoigne de votre expérience. Je crois comme vous que l’authenticité est la meilleure façon d’enseigner. Le jeu auquel je faisais référence est plus dans une forme de vision des rôles sociaux qui peuvent se mettre en scène comme vous le décrivez par le langage corporel. Erving Goffman, un sociologue américain que j’aime bien parle de « la mise en scène de la vie quotidienne » pour décrire ces scénarios appris de longues date. L’élève joue son rôle d’élève et là il a à sa disposition une palette de personnage à faire vivre. Le prof joue son rôle de prof selon les codes intériorisés par son histoire. Bien sûr, le plus souvent ce jeu est « joué » inconsciemment. De le voir et de le donner à voir comme un jeu permet de créer un espace de distanciation. Je ne suis pas ce « cancre » etc., je peux jouer un autre scénario. Bien sur que ces questions percutent la personnalité du joueur, son histoire et ses affects enfouis qui le font « répéter » ce personnage, mais je crois que plus un enseignant interagit avec une lecture « interactioniste » précisément et plus il peut amener le jeune à « éventuellement » joueur autre chose. Mais ce n’est pas si simple que ça en l’air dans ces quelques phrases.


          • Wywy Wywy 15 novembre 2007 19:53

            Pour ma part je me souviens avoir lu un article d’une équipe scientifique qui étudiait le processus de construction mémorielle du cerveau humain. C’était une étude strictement axée sur la biologie cellulaire du cerveau. Je n’ai pas de lien a proposer, mais la conclusion était que mémorisation a long terme avait un lien direct avec l’activité émotionelle du sujet. Cela signifiat que plus l’émotion était forte, plus on retenait les détails de cet évenement. Cela expliquait un nombre considérable de chose, comme la depression post traumatique, ou les patients qui avait subis une forte décharge émotionnelle n’était plus capable de retenir autre chose que cet évènement. Et pensons y les souvenirs les plus vifs que nous avons ne sont ils pas ceux qui nous ont le plus marquer émotionnelement, qu’ils soient négatifs ou positif.


            • philmouss philmouss 15 novembre 2007 20:07

              il y a un auteur qui développe bein ce thème que vous évoquez c’est Antonio Damasio. Il expose ses thèses dans un ouvrage très facile à lire : L’erreur de Descartes.

              http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Damasio


            • philmouss philmouss 15 novembre 2007 23:39

              J’ai trouvé une vidéo bien faite sur les travaux de Damasio sur Radio Canada, à voir : http://www.radio-canada.ca/actualite/decouverte/reportages/2004/01-2004/25emotions.html


            • adeline 15 novembre 2007 20:46

              Merci à Philmouss pour cet article , je l’avais un peu vu sur votre blogue non ??? smiley


              • philmouss philmouss 15 novembre 2007 22:59

                oui Adeline, je l’avais publié sur mon blog mais j’avis un commentaire. ici j’ai plus de réactions.


              • valer 15 novembre 2007 21:00

                Il me semble que Sarkozy fait plus dans la dramatisation et dans l’émotivité que dans l’émotion. Comme dit mon boucher : faut pas confondre la tendresse et la tendreté ! smiley


                • philmouss philmouss 15 novembre 2007 23:01

                  qui a parlé de la tendritude alors ? smiley


                • la slavia la slavia 16 novembre 2007 09:35

                  Cette année, un de mes fils a une enseignante pas du tout dans la ligne et très décriée par certaines personnes : Elle est passionnée, excessive, elle explose, elle rit, elle pleure. Elle veut très fort leur faire partager un peu de son savoir et de sa culture et utilise pour cela très souvent le registre des émotions. Son enseignement a un côté comedia dell’arte et, d’ailleurs, elle leur fait faire du théâtre.

                  De temps en temps, ils ressortent un peu secoués, pas un instant ils ne s’ennuient et, surtout, ils sont intéressés, ils apprennnent et ils s’ouvrent l’esprit.


                  • philmouss philmouss 16 novembre 2007 09:47

                    Mon meilleur souvenir d’école c’est l’année de quatrième. Notre professeur de français, mademoiselle Diard, une vieille dame sévère et exigeante nous avait donné comme programme de l’année à mettre en scène « les femmes savantes » de Molière. Les cours se passèrent sur la scène pendant toute l’année et chacun de nous apprenait fiévreusement son texte. 20 ans après, les petits acteurs qui avaient joué la pièce devant toute l’école se sont retrouvés pour se raconter où ils en étaient dans leur vie. Grande expérience qui a soudé quelque chose entre nous et enraciné quelque chose du côté de l’amour du langage et de la culture. l’émotion me vient et je ressens de la gratitude pour cette prof. Merci mademoiselle Diard !


                  • la slavia la slavia 16 novembre 2007 09:47

                    J’ai aussi un petit écolier qui a été tout cassé dans une école pourtant fameuse, et qui est en cours de réparation depuis plusieurs années. Et il est la preuve à contrario du rôle des émotions dans l’apprentissage. Certaines émotions négatives peuvent paralyser le cerveau.

                    Bobo school


                  • JL JL 16 novembre 2007 15:27

                    Chère Slavia, personne ne nie le rôle des émotions dans l’apprentissage des savoirs. Reste à savoir dans quel sens il agit. Certes les émotions négatives peuvent nuire à l’apprentissage, mais de là à en déduire que les émotions positives agissent en sens inverse, c’est aller franchir un fossé protecteur.

                    Je suppose que les enseignants qui aiment beaucoup les enfants franchissent ce fossé allègrement.


                  • ZEN ZEN 16 novembre 2007 11:13

                    Philmouss

                    Dites-moi, quelle bière buvez-vous là (avec ou sans « mouss ») : Leffe ? Chimay ? Rochefort ? Carolus ?...

                    Epicurien, va !...

                    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28926


                    • philmouss philmouss 16 novembre 2007 12:09

                      je bois très médérément hic ! zé ba vré zeu zui pas un alkol hic !


                    • La Taverne des Poètes 16 novembre 2007 11:21

                      On ne construit pas de savoir dans l’émotion veut dire, pour moi, que l’on ne définit pas un programme scolaire avec des procédés qui manipulent l’émotion des élèves. Sinon, la dérive est dangereuse.

                      Mais il est évident que l’enfant ne va pas à l’école pour se voir dispenser froidement un savoir. Il y va aussi pour la charge d’émotions qu’il y trouve, notamment par la reconnaissance, la réassurance, la découverte..


                      • philmouss philmouss 16 novembre 2007 12:11

                        la dérive est dangereuse mais le safran est génant... hic... !!!


                      • 5A3N5D 16 novembre 2007 13:18

                        «  »« L’affirmation des enseignants qui postulent »qu’on ne construit pas de savoir dans l’émotion« est sans doute fondée sur une ignorance de ce qu’est la vie émotionnelle. »«  »

                        Merci pour eux. Malheureusement (ou heureusement) les meilleurs enseignants sont ceux qui possèdent un talent caché de comédien. Pour marquer les imaginations enfantines, rien de mieux que l’émotion n’a encore été inventé, et la mémorisation d’un savoir sera d’autant plus solide que la méthode aura été « percutante ». S’il est dans notre vie quotidienne tant d’événements qui ont un retentissement négatif sur notre vie psychique (on parle alors de « traumatisme »), c’est qu’ils ont marqué notre monde émotionnel de leur empreinte.

                        Pourquoi l’enseignant devrait-il s’abstenir d’employer des méthodes qui, également, marqueront (positivement) notre émotionnel et resteront ainsi gravé à jamais dans notre mémoire ? Pourquoi ne pas employer un « traumatisme positif » chaque fois que possible, et que de temps gagné pour l’apprentissage de nos têtes blondes.

                        Le titre de votre article ne semble vouloir montrer que le côté négatif de l’intrusion dans la sphère émotionnelle. Affirmer « qu’on ne construit pas de savoir dans l’émotion » est à remettre dans son contexte : on n’apprend effectivement rien si l’émotion n’est qu’un simple contenant totalement vide de savoir. C’était sans doute la critique que de nombreux enseignants ont adressé à la lettre de Guy Mocquet : l’émotionnel était omnipotent, mais pour faire passer quel message ? A mon avis, aucun. Ce n’était qu’une récupération politique, ou plus exaxtement une volonté de voir s’opposer deux camps : les adeptes de l’émotionnel pur face aux tenants de l’émotionnel utile.


                        • JL JL 16 novembre 2007 15:13

                          Comparer les propositions : «  » On ne construit pas de savoir dans l’émotion«  », avec : «  »On n’apprend qu’avec l’émotion«  » c’est faire un détournement de sens de la première.

                          Ecrire : «  » L’affirmation des enseignants qui postulent « qu’on ne construit pas de savoir dans l’émotion » est sans doute fondée sur une ignorance de ce qu’est la vie émotionnelle«  »

                          Relève d’une ignorance comparable à celle que tente de dénoncer l’auteur. Encore un sophisme, un ! L’auteur aura le droit à la considération du maître es qualité.


                          • philmouss philmouss 16 novembre 2007 19:57

                            Je ne crois pas avoir écrit «  »On n’apprend qu’avec l’émotion«  » ma proposition est de construire du savoir sur l’émotion, de reconnaître l’importance de la vie affective dans le contexte de l’apprentissage et de prendre en compte les apports des pédagogies actives qui s’inscrivent dans cette démarche.


                          • JL JL 17 novembre 2007 09:45

                            Alors évitez les sujets qui fâchent : lettre de Guy Mocquet, enseignants ignorants, etc. smiley


                          • philmouss philmouss 17 novembre 2007 10:53

                            oui, la colère vous empêche de lire correctement. je ne dis pas : tous les enseignants sont ignorants, je dis que certains d’entre eux : ceux qui affirment : « on ne construit pas de savoir dans l’émotion », sont sans doute ignorants des travaux scientifiques sur les mécanismes émotionnels en lien avec les facultés rationnelles comme par exemple les travaux d’Antonio Damasio : l’Erreur de Descartes. http://www.radio-canada.ca/actualite/decouverte/reportages/2004/01-2004/25emotions.html

                            Pensez vous que le statut d’enseignant donne accès la maîtrise de tous les sujets ?


                          • philmouss philmouss 17 novembre 2007 11:24

                            Si j’avais vraiment voulu fâcher le corps enseignant, j’aurai pu citer Patrice Ranjart : « les profs suicident la France ». http://pagesperso-orange.fr/jacques.nimier/livre_prof_suicide.htm


                          • JL JL 17 novembre 2007 13:47

                            Je n’ai aucune colère, le smiley manifestait plutôt de la lassitude.

                            Mais bon. Je ne saurais mieux répondre à votre dernière remarque autrement qu’en redisant ici :

                            , personne ne nie le rôle des émotions dans l’apprentissage des savoirs. Reste à savoir dans quel sens il agit. Certes les émotions négatives nuisent à l’acquisition de connaiisances, mais de là à en déduire que les émotions positives agissent en sens inverse, c’est franchir un fossé qui protège les enfants comme les enseignants.

                            Je suppose que les enseignants qui aiment beaucoup les enfants franchissent ce fossé sans remords.


                          • philmouss philmouss 17 novembre 2007 14:28

                            Bon , je ne tiens pas à avoir le dernier mot, mais je le sentiment que vous prétez à mes propos des intentions qui n’y figurent pas... Votre raccourci en forme de sous-entendu... je suppose que vous parlez des cas de pédophilie me paraît déplacé. A-t-on établi que les enseignants coupables d’actes de pédophilie étaient adeptes des pédagogies actives ? D’autre part je ne dis pas « les émotions c’est bien ou c’est mal », je propose de se pencher sur les recherches sur la question.


                          • JL JL 17 novembre 2007 15:14

                            Bon, moi non plus, je ne veux pas avoir le dernier mot.

                            Mais pour le lien entre émotios et apprentissage, je préfère lire Pavlov.

                            Quant à mélanger savoir et émotion, je persiste et signe : c’est mélanger les genres, surtout à l’école. Ne confondez pas svp, émotion et enthousiasme. Enthousiasme et motivation.

                            LAvez-vous suivi des cours de pédagogie ?


                          • philmouss philmouss 17 novembre 2007 16:40

                            En effet j’ai une maîtrise en sciences de l’éducation et j’ai exercé 7 ans comme formateur. J’intervenais encore l’année dernière avec des enseignants et je dirigeais un module sur l’ingénierie pédagogique à l’université d’Angers. Je vous invite à suivre le lien sur Damasio pour approfondir ces questions. Mes références ne sont pas pavlovienne mais socio-constructiviste. Les auteurs dans le champ de la pédagogie sont nombreux à considérer que la prise en compte du vécu émotionnel est importante à commencer par Carl Rogers et Porter. Il ne s’agit pas de manipuler les émotions, il s’agit de les reconnaître. Par exemple en disant simplement : « je sens que tu es en colère lorsque tu dis ça est-ce que je me trompe ? ». Le travail d’analyse nécessite bien sur de se décentrer de ses propres affects, comme vous parlez de pédophilie, il se trouve que j’ai travaillé sur ces questions avec mes stagiaires et une des références que je proposait était un ouvrage intitulé : « la tyrannie des émotions, les dérives de la protection de l’enfance ». Je ne suis pas en train de dire qu’il faut ériger la vie émotionnelle contre la rationalité je dis qu’on ne peux pas se situer dans une rationalité pure, il y a toujours de l’affect. Je suis formé également dans le champ de la psychanalyse et pour ce champ de connaissance, la prise en compte de la vie émotionnelle, de son refoulement et des mécanismes de défenses qui en découle est d’une importance cruciale. Je ne parlais donc pas sans quelques références solides.


                          • JL JL 17 novembre 2007 17:55

                            Phil mouss, je vous sais gré de cette explication patiente.

                            A maladroit, maladroit et demi : je n’ai vu dans votre texte qu’une forme d’hommage au chef de l’Etat : le moins que l’on en puisse dire, c’est qu’il se trouve dans sa pégagogie envers le peuple, constamment dans le registre l’émotion.

                            Quant à l’utilisation de la lettre de Guy Mocquet, ce n’est pas le sujet de votre article mais convenez que c’est un sujet qui fâche, à plusieurs points de vue.

                            cdt.


                          • philmouss philmouss 17 novembre 2007 18:00

                            oui j’en conviens et je pense que les enseignants on bien fait de ne pas se soumettre.


                          • caraïbe 17 novembre 2007 19:07

                            On ne construit pas de savoir sans l’émotion.

                            L’émotion peut bloquer l’acquisition du savoir si elle n’est pas établie comme élément d’apprentissage.

                            L’enfant ne reconnaît pas les valeurs négatives de certaines émotions : toutes sont expression de son moi, donc estimables.

                            Heureusement, car ces émotions sont autant de richesses pédagogiques pour l’enseignant : à lui de trouver les passerelles à établir avec le savoir, de donner à l’enfant les moyens de les exprimer en progressant dans ses apprentissages.

                            A lui de faire naître des émotions, de les recueillir, de les laisser s’exprimer et de les investir dans le savoir.


                          • Céphale Céphale 18 novembre 2007 04:03

                            @l’auteur

                            Je ne savais pas que de nombreux enseignants interrogés répondent « on ne construit pas de savoir dans l’émotion ». Je trouve cette proposition étonnante.

                            Une certaine émotion est toujours présente chez le professeur comme chez les élèves. La joie du professeur quand il voit un élève s’intéresser à une matière et faire des progrès, c’est une émotion. La joie de l’élève quand il a compris un chapitre et réussi un exercice difficile, c’est une émotion.

                            Vous dites que certains professeurs « platoniciens » font des efforts pour éliminer les émotions de leur enseignement, tandis que d’autres, adeptes des pédagogies « actives », essayent de faire usage des émotions dans une démarche rationnelle. D’après mon expérience, il m’a semblé que les deux approches pouvaient donner d’aussi bons résultats, pourvu que le professeur soit animé du désir de faire naître en ses élèves le plaisir d’apprendre. Dans un cas comme dans l’autre, il n’en est pas toujours ainsi. Personnellement, je préfère la première approche, mais sans excès. Laisser faire les émotions avec une certaine réserve.


                            • caraïbe 18 novembre 2007 11:52

                              L’article ne tient pas compte d’un élément important : le rapport aux émotions évolue dans le temps, la sociabilisation atténuant ou normalisant l’expression des émotions.

                              le petit enfant n’accèdera au savoir qu’à travers ce champ émotionnel, puis en se décentrant progressivement par rapport à l’émotion il accèdera à une autre approche du savoir.


                            • ddacoudre ddacoudre 20 novembre 2007 15:51

                              bonjour philsmouss

                              je te suis mais ce qu’ils voulaient dire c’est surtout que l’éducation n’a pas à suivre les humeurs émotionnels d’un manipulateur d’émotions.

                              je te copie un article que j’avais préparé sue les mécanismes de l’émotion et qu’Ago n’a pas retenu.

                              La communication qui est le moyen du vivent et du cosmique pour entrer en relation et échanger des données ou des « énergies » et une spécialité des humains (peut-être parce que nous ne déchiffrons pas les autres), qui repose sur la connaissance des mécanismes cérébraux qui fixent les souvenirs et crée les associations en partant d’une perception sensorielle. Lors de la perception d’un événement angoissant ou violent ou heureux, au cœur du lobe temporal une petite zone s’active, c’est l’amygdale entre les deux hémisphères cérébraux (gauche et droit) pièce centrale de notre cerveau émotionnel. Il relies de très nombreuses autres zones cérébrales participant aux traitements des informations et provoquent les effets physiologiques.

                              Déjà nous comprenons que dans ce processus, très court qui se mesure en millisecondes, la raison en est absente, et donc cette amygdale guide nos décisions davantage que notre conscience, nos émotions. Les mécanismes de la conscience aussi sont l’objet de recherche et interviennent en rétroaction sur les effets physiologiques, mais cette supposition manque de preuves tangibles.

                              Sauf nous tous qui l’admettons de manière empirique en la séparant en notion de bien ou mal, considérant qu’une personne de disposant pas de ce discernement ne possède pas de conscience.

                              Naturellement il ne s’agit que d’une appréciation culturelle de nos mécanismes humains, puisque tout sujet soumis a une émotion à des zones cérébrales qui s’activent parfois avec divergences, mais ce n’est pas de cela que je veux traiter.

                              Lorsque dans la vie, à la télé, au cinéma nous voyons ou regardons un événement qui exprime la peur ou la joie, l’image parvient à la rétine de l’œil de l’observateur.

                              Ensuite par le nerf optique l’information circule jusqu’au corps grenouillé latéral du thalamus situé au centre du cerveau sous les hémisphères cérébraux.

                              Le thalamus traite l’image de l’événement puis communique certaines informations au cortex visuel, qui redistribue de l’information à différentes zones corticales, dont surtout l’amygdale.

                              Celle-ci a également reçu par d’autres voix des informations auditives de l’événement.

                              Or l’amygdale est sensible à la cohérence des signaux s’ils sont congruents, ce qui active plus fortement l’amygdale qu s’ils sont incongrus.

                              Exemple un crie de peur ou un rire fou accompagné d’une musique approprié inquiétante ou joyeuse activera plus l’amygdale.

                              L’amygdale effectue alors le traitement émotionnel sur la base des informations sensorielles,

                              Elle active un certains nombres de réseaux neuronaux dans l’hypothalamus, le tronc cérébral et d’autres régions corticales, déclanchant une réponse du système nerveux périphériques.

                              Ce système comprend le système nerveux somatique (ou sensori-moteur) et le système nerveux végétatif des grandes fonctions comme la respiration, la circulation sanguine, la salivation....

                              Ainsi donc par le biais de la noradrénaline, le système orthosympathique de l’observateur de l’événement émotionnel accélère son rythme cardiaque, contracte le muscle de l’iris, ceux du visage pour qu’il indique la nature de l’émotion ressentie.

                              L’émotion a été immédiate, en fait l’émotion est née avant même que l’observateur ne prenne conscience de son origine.

                              L’exigence pour notre survie d’être extrêmement réactif face à une situation dangereuse impose une « voie rapide » sélectionné par l’évolution.

                              Cette voie rapide appelé aussi « vision aveugle » en souvenir de sa découverte durant la guerre 14/18 grâce aux soldats qui blessés à l’arrière du crâne et ne possédant plus de cortex visuel continuaient de se baisser pour éviter les balles. Les études menées indiquent que cette voie ne passe pas par le cortex mais semble relier le pulvinar, un noyau du thalamus à l’amygdale quand la rétine est fonctionnelle.

                              C’est pour cela que nous ne prenons conscience de nos états émotionnels que par les réactions physiologiques qu’ils engendrent en réponse aux informations sensorielles extérieures et en rétroaction intérieures.

                              Quid du libre arbitre qui suppose que l’on maîtrise les événements extérieurs et nos comportements, au mieux nous les cacherons aux autres mais ils nous aurons affecté.

                              Mais ce n’est pas mon sujet.

                              Fort de ce savoir qui se précise grâce aux appareils d’imagerie médicale car il est connu empiriquement depuis des lustres au travers des notions de dieux qui commandent toutes choses.

                              Connaissant cela peut-on conditionner une personne, la réponse est connu scientifiquement depuis Pavlov, c’est oui !

                              Les scientifiques disposent d’une banque de donné de 900 images choisies (mais d’autres font d’autres choix) pour déclancher des émotions chez les personnes qui leur servent de (cobaye).Ils peuvent ainsi à loisir étudier les zones ou s’active la perception d’une image induisant la peur, la joie etc.

                              Alors nous devant notre télé, notre magasine illustré, nos films pourquoi y échapperions nous.

                              Mais le conditionnement se manifeste dans un rapport de l’événement angoissant ou heureux associé à un objet neutre, un mot, un lieu, une chose, de telle manière que lorsque l’objet neutre se manifeste ressurgie aussitôt le souvenir angoissant ou heureux.

                              Mais bien sur de nos jours cela se fait aussi avec des mots, comme le dernier en date avec la faillite associé à l’endettement pour le budget de l’état.

                              Le mécanisme est simple chaque fois que sera évoqué l’endettement de l’état, chez le citoyen lambda ressurgira la notion de faillite, et avec elle la gravité et les efforts ou risques que ce mot recouvre.

                              C’est de l’habile manipulation langagière qui est faite pour franchir une étape supérieure dans la gestion de l’état semblable à celle d’une entreprise.

                              C’est faire accepter par là le gouvernement de l’état, non plus par des politiques (représentant la souveraineté du peuple) mais des gestionnaires financiers comme en économie marchande.

                              Pour faire une analogie biblique, le temple de la république n’est plus dirigé par ses hommes politiques mais par les prêtres du marchandisage et de la marchandisation du monde.

                              Les expériences de conditionnement sur des rats ont montré que la mémoire émotionnelle est labile et fragile tout au long de notre vie.

                              Six chocs électriques associés à une odeur de banane suffisent pour que le rat s’en souvienne pendant deux mois.

                              Et nous qui somme soumis depuis 2000 à la récurrence d’une information sécuritaire journalière illustré aux travers de faits divers plus ou moins sordides, plus ou moins people toujours les mêmes, non pas répété six fois mais trois fois par chaîne télévisuelles, presque toutes les heures sur certaines radios, et autant de fois qu’il y a de journaux.

                              Ces images vues et théâtralisé pour donner de la congruence, ces commentaires entendus et compatissants pour toujours donner de la congruence, ces ligne écrites avec des mots chocs pour donner de la congruence, sont généralement associés à une action en réparation de ces faits divers auquel concours les gouvernant.

                              Tant et si bien que si le chocs sont les faits divers, la banane sont les gouvernants.

                              En estimant, comme nos quatre pattes, si proche de nous par les expériences qui nous aident et nous sauvent parfois, que nous n’y somme soumis que six fois par jour sur 7 ans cela fait 2555 jours. Comme cela laisse le souvenir en mémoire 2 mois la gauche ne peut pas revenir au pouvoir d’ici 425 ans.

                              Je charrie un peu, tous n’est pas aussi linéaire car l’empathie n’est pas le vécu d’un traumatisme. Il décide émotionnellement de nos comportements avec moins de force que celui qui vie l’événement, mais vous l’avez compris il peut en rétroaction vous faire ressurgir d’autres émotions.

                              Pas linéaire parce que le souvenir de l’événement vécu ou de ce qui s’est passé, c’est-à-dire le conditionnement s’affaiblit ou se renforce en fonction du contexte dans lequel on vit.

                              Ainsi donc les faits divers et leur association seront perçus de manière divergeant par chaque personne en fonction de son histoire.

                              Peut-on se déconditionner ?

                              Houf ! Oui !

                              Mais avec une certaine limite parce que il semble impossible de balayer définitivement les souvenirs émotionnels.

                              Pour se déconditionner il faut présenter à la personne l’objet neutre qui est associé à l’émotion, seul.

                              De la sorte si vous ne voulaient pas voter pour le gouvernement, vous écoutez les faits divers et quand vous savez que le faiseur d’opinion va dire que le gouvernement se réuni pour traiter l’évènement vous zapper. Si vous tomber sur la même information c’est loupé, vous retentez le lendemain.

                              L’autre voie est médicamenteuse, ces médicaments sont utilisés pour des personnes atteintes de phobies graves ou de syndromes post-traumatiques. Les infos ne nous conduisent pas jusque là sauf dans quelques cas par la pub

                              Vous, moi sommes tous les jours soumis à des informations dirigés, ils ne constituent pas une libre décision pour autant de leur promoteur car ils ont été induit par une perception sensorielle en cohérence avec d’autres congruences dont celles en rétroaction induite par des « objets ».

                              Est-ce que le savoir peut être utile ?

                              Mais au moins vous pourrez estimer quand l’on vous force la main, et peut-être distinguer l’information de la manipulation.

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