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Accueil du site > Actualités > Technologies > Piratage : OVH fermera les serveurs sans vérifier les accusations

Piratage : OVH fermera les serveurs sans vérifier les accusations

C’est tout sauf une attitude professionnelle et courageuse digne du plus grand hébergeur français et de l’un des tous premiers européens. OVH (qui est notamment l’hébergeur de Numerama) annonce aujourd’hui à ses clients qu’il fermera sans préavis et sans remboursement tous les serveurs pour lesquels il reçoit une notification de violation de droit d’auteur.

Son fondateur Octave Klaba explique que ses services reçoivent "tous les jours des alertes de la part copyright-compliance.com concernant la présence de fichiers protégés par le copyright sur certains serveurs dédiés chez Ovh et accessible via le P2P".

"Maintenant on ferme le serveur immédiatement et on casse le contrat dans la foulée. Les sommes payées ne sont pas remboursées. Il n’y a pas de discussion possible. En cas de problème, le service juridique est à disposition du client", poursuit-il.

Or une simple notification comme celle reçue par OVH ne vaut rien ! Elle ne vaut rien au niveau juridique, puisque la loi pour la confiance dans l’économie numérique impose un formalisme qui n’est pas respecté ici. Et surtout, elle ne vaut rien en elle-même. Où sont les preuves de la fiabilité des dénonciations contenues dans ces e-mails ? Comme l’ont montré des chercheurs américains récemment, il est extrêmement facile de générer de fausses accusations de piratage. En tant qu’hébergeur, c’est le devoir d’OVH de protéger son client et d’exiger non seulement que la loi soit respectée, mais que les preuves à l’appui des accusations soient solides. Il doit, surtout, donner à son client la possibilité de se défendre et de nier les accusations avant de voir son serveur fermé sans autre forme de procès !

Sur quelle base travaille BayTSP, le propriétaire de l’adresse Copyright-Compliance.com, pour générer ses relevés d’infractions présumées ? Personne n’en sait strictement rien. Pas plus nous qu’OVH.

Il est normal qu’en tant qu’hébergeur, OVH respecte la loi et supprime l’accès aux serveurs pirates lorsqu’il a connaissance de ces activités. Mais il est inacceptable qu’un hébergeur (qui plus est de cette renommée) réponde du doigt et à l’oeil à une société étrangère obscure, aux méthodes obscures, sur la base d’accusations extrêmement fragiles qui peuvent être travesties par n’importe quel idiot de passage.

"Notre réseau n’a pas vocation à devenir une poubelle d’internet où on peut trouver n’importe lequel divx, exe ou mp3 en quelques minutes", prévient Octave Klaba. Mais a-t-il vocation à devenir une poubelle remplie d’accusations diffamatoires ?

Ca n’est malheureusement pas la première fois qu’OVH réagit de façon paranoïaque et irraisonnée face aux problématiques de droit d’auteur. Déjà en 2006, suite au vote de la loi DADVSI, OVH avait soudainement décidé de retirer eMule et tous les logiciels de P2P de ses miroirs Sourceforge.


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12 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 2 août 2008 13:04

    si numerama comprend djamendo qui fournit des mp3 sous creative commons............. ca ressemble violement a une attaque contre le libre de la part des merdes genre RIAA


    • Francis Francis 2 août 2008 13:55

      Et bien, il reste à boycotter ce type d’hébergeur et voilà .. c’est la loi de l’offre et la demande, si après les gens sont assez c ... pour rester chez OVH en sachant cela, tant pis pour eux !


      • seginus 2 août 2008 16:22

        Je suis bien d’accord, je compte même rechercher les sources officieles cités pour les joindres à une lettre leur expliquant pourquoi je ne renouvelle pas chez eux (il n’y a pas a proprement parlé de résiliation pour leurs serveurs vu que c’est des contrats de courte durée payées à l’avance).

        Parce’ que une chose est certaine, avec leur Hadopi, les maisons de disques vont sans doutes ratisser large et faire des procès à tout vas,

        Les risques de se faire fermer un serveur qui aurait un usage « normal » n’est pas négligeable, et de plus, ce n’est pas leur role et cette attitude est innaceptable.

        La tournure des évenements que prend cette industrie musicale est de plus en plus intolérable et je pousserait même plus loin dans le boycott.

        En effet, je boycott tout simplement tout ces artistes commerciaux. Non seulement je n’achètes plus leur disque, mais je ne les écoutes plus du tout. Car c’est comme ça qu’on peut faire changer les choses, en boycottant tout le secteur de la musique commercial.
        Quand les artistes verront qu’ils ne trouveront plus d’auditeurs, ils lacheront leur maison de disque et chercheront de nouveaux moyens de diffusions. Et ces moyens  de protections des majors disparaîtrons.



        i


      • HELIOS HELIOS 2 août 2008 14:50

        il existe un autre (grand) hébergeur pas trop cher, c’est 1and1...

        Dommage que la qualité de leurs techniciens soit LA-MEN-TA-BLE, que la hotline, aimable et non délocalisée vous oublie des que vous avez raccroché, mais à part ça leur offre est interressante.


        Le pire d’internet maintenant, comme dans la presse avant (et toujours) c’est l’autocensure... nous allons etre encore confronté a d’autres actions de ce type, hélas.


        • HELIOS HELIOS 2 août 2008 22:32

          effectivement, Online ne semble pas tres cher, il manque juste une indication importante dans leur descriptif, c’est la bande passante allouées.

          Mais dans mon cas, j’ai de gros fichiers images et j’ai besoin d’un hebergement windows/asp. Le moins cher que j’ai trouvé, dans cette contrainte, c’est 1and1 : pack confort 7,16€/mois pour 2 domaines, 6Go disques, 750 Go de traffic/mois (la vraie bande passante) etc... ça me fait mal de leur faire de la pub vu leur niveau de service.... tant que tout marche bien, c’est super parfait. il ne faut surtout pas avoir besoin de quoi que ce soit. Leur offre est pourtant tres seduisante.

          Allez trouver un hebergement mutualisé windows, avec 6Go de disque disque.... a ce prix.


        • wesson wesson 3 août 2008 23:09

          Oups online.fr, il vaut mieux oublier.  C’est un cache nez de Free, et ils pratiquent l’illimité ... limité.

          Si vous utilisez un peu trop de bande passante (combien, je ne sais pas l’info est secrète), vous vous retrouvez aussi sec sur un serveur ou armoire poubelle ou 2 connections sur 3 échouent.

          Cette plaisanterie d’abord confirmée par une personne de Online pour être ensuite démentie, associé à l’impossibilité de revenir sur un serveur correct (même contre paiement d’un abonnement + important), ont forcé mon entreprise à migrer justement sur OVH. Ok, sur le papier c’est plus cher, mais il n’y a pas de coup tordu de cet ordre, en tout cas pas pour l’instant.

          Pour ce qui est de couper un serveur comme ça sans prévenir sur autre chose qu’une commission rogatoire en bonne et due forme, je doute FORTEMENT que il y ait des personnes suffisament stupides à OVH pour faire ça. Et si ils le font, leur service juridique va être très très occupé bientôt...



        • jeanclaude 2 août 2008 15:36

          Comme tous les secteurs économiques nouveaux, nous entrons dans l’âge de la stabilisation, après l’effervescence initiale. Personnelement je m’en fiche. Mais, sauf erreur de ma part, un hébergeur c’est une affaire purement commerciale. Je ne vois pas pourquoi il faudrait trop de morale là-dedans, sauf s’il ne respecte pas la loi. Sur ce point, je vous suis.


          • K K 2 août 2008 15:50

            Tant qu’il y aura des téléchargements illégaux, de personnes s’en serviront pour restreindre peu à peu les libertés des autres. Le P2P a permi aux organismes de réclamer une taxe sur tous les supports numériques, de réclamer une redevance sur la connection à internet etc... bref cela leur permet de toucher des sommes d’argent sur lesquelles elles n’avaient aucun droit normalement...

            Je me suis décidé à boycotter les artistes qui travaillent avec ces requins et à ne charger que ce qui est libre de droits.


            • Bof 2 août 2008 18:44

              @ k : LIBERTE ! sous pretexte de vouloir confisquer de l’argent...on a droit à tout ce bordel.

              Mais, cela fait plusieurs années que je n’ai plus de télé...et où est mon malheur ? HEUREUX !
              A part, les chtis ...plus jamais de cinéma.....où suis-je malheureux ?
              il manque la qualité...on arrete ! La musique...et bien, elle n’est pas indispensable !

              Qui font les téléchargements ? voila la " VRAIE QUESTION " , ? ...la réponse...je n’ose...ils sont tellemnt S.


            • Traroth Traroth 3 août 2008 15:41

              OVh va se retrouver avec un batterie de procès. Il est illégal de casser un contrat unilatéralement, sans la moindre preuve. Et si le client en question est une entreprise qui souffrira de ce fait un déficit d’exploitation, les dommages et intérêts risquent d’être conséquents.
              Evidemment, connaissant OVH, ils comptent sur le fait que la plupart de leurs clients sont des PME ayant peu de moyens pour se défendre...


              • Yannick Harrel Yannick Harrel 4 août 2008 05:09

                Bonjour,

                J’ai peine à croire ce que je viens de lire... Une rupture unilatérale du contrat, sans compensation et sur la base d’une avertissement sans fondement légal : voilà qui me ramène au royaume d’Ubu. J’espère qu’OVH dispose de juristes en TIC chevronnés car là pour des abonnés un tant soit peu teigneux et procéduriers sur les bords ça ne risque pas trop de passer comme un simple courriel.

                Qu’OVH veuille se prémunir contre des procès provenant d’ayants droit c’est tout à fait compréhensible, néanmoins, et comme le rappelle à juste titre l’auteur de l’article, nous ne sommes pas dans une zone de non-droit dans ce domaine puisqu’il existe un texte en la matière pour les hébergeurs de contenus illicites (la LCEN).

                D’un autre côté, ça me rappelle les fermetures de sites préventives par des hébergeurs il y a quelques années, histoire d’éviter les procès en cascade. Du reste, cette manière de procéder remonte à un petit moment déjà, un exemple parmi tant d’autres et datant de 2002 où l’on constate que les solutions depuis le temps écoulé n’ont toujours pas changé : espionner, censurer, fermer. Et dire que pendant ce temps l’on vitupère contre la Chine...

                Cordialement


                • Alex 5 août 2008 10:25

                  Dans la même logique d’arbitraire et de censure OVH a fermé ,en appliquant la même politique de résiliation des contrats, la semaine dernière les 10 plus gros serveurs du réseau Tor https://www.torproject.org hébergés sur son réseau. Ce réseau permet de passer la censure grand firewall de l’Internet chinois.
                  Il est basé sur des volontaires qui relaient le traffic des opposants politiques qui en Chine, en Iran et dans de nombreuses dictatures sont bloqués pour accéder à Internet.
                  Une telle fermeture réduit la capacité du réseau de manière notable.
                  Au moment ou de nombreuses personnes essayent à l’occasion des JO de communiquer anonymement sur les problèmes en Chine ce n’est ni opportun ni pratique pour les journalistes travaillant là bas.

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