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Accueil du site > Actualités > Technologies > Point sur le cyber-activisme

Point sur le cyber-activisme

Vue d’ensemble sur le mouvement et ses participants

Les médias, par leur définition, sont des moyens de communication dont notre société s’est dotée pour pouvoir diffuser de l’information et des idées à grande échelle. Depuis leur création, ces moyens de communication étaient à sens unique : ceux qui en créaient pouvaient diffuser leurs idées et les autres ne pouvaient qu’écouter. Mais depuis une décennie environ, un nouveau média s’est répandu dans les foyers des nord-américains et à travers le monde : l’internet. Cette nouvelle invention, plus interactive que tous les moyens de communication précédents, allait vite être assaillie par une nouvelle race de personnes impliquées socialement et politiquement : les cyber-citoyens. Au cours des paragraphes suivants, je ferai le point sur le cyber-activisme et la cyber-citoyenneté en les divisant en trois aspects : sensibilisation, organisation/mobilisation et action/réaction.

Dans un premier temps, il faut savoir que le cyber-activisme, tout comme l’activisme traditionnel, comporte de nombreuses facettes. L’une d’entre elles est la sensibilisation. Avant l’avènement de l’internet, la sensibilisation passait surtout par la télévision, le porte-à-porte et l’envoi massif de lettres postales. Ces moyens étaient cependant couteux et n’étaient pas disponibles à tous. De plus, certains pays comme la Chine sont très stricts sur la teneur des messages qui peuvent ou non être diffusés au grand public. Ceux qui prônaient des idées trop différentes n’étaient donc pas en mesure de faire circuler leur message. L’internet en tant qu’outil de sensibilisation a donc été d’un grand secours à plusieurs personnes comme le souligne le récipiendaire d’un doctorat sur le sujet, monsieur Sandor Vegh : « L’Internet s’est avéré être un remarquable outil de protestation non-violente pour les militants sur une échelle dont ils ne pouvaient que rêver avant »[1]. En effet, les chaînes de courriels, les sites web et les différents blogs et forums de discussion sont des moyens peu coûteux pour se faire connaître, nous ou notre cause, à travers le monde. Les cyber-citoyens les plus convaincus peuvent donc faire avancer leur cause à peu de frais sur toute la planète. Nous en avons la preuve rien qu’en regardant les milliers de blogs chinois qui tentent par tous les moyens d’informer leurs pairs. Il y a aussi toutes ces pages sur les réseaux sociaux, tel Facebook, qui dénoncent et sensibilisent les usagers sur différentes causes. Ce sont là tous des moyens qu’ont trouvés les cyber-citoyens pour tenter d’influencer et d’informer leur entourage sur des sujets qui les touchent de près ou de loin.

Ensuite, il y a le deuxième aspect du cyber-activisme, tout aussi important : l’organisation et la mobilisation. Cet aspect se divise en fait en trois sous-catégories distinctes. La première d’entre-elles regroupe les activités qui se déroulent uniquement sur le cyberespace. On peut y placer toutes les pétitions en ligne, telles que celle faite par Greenpeace pour que la France se montre à la hauteur de ses engagements climatiques (http://www.copenhague-2009.com). Ce site web, largement diffusé à travers de nombreuses chaînes de lettres et blogs de toutes sortes, a réussi à recueillir près de 316 000 signatures au moment où j’écris ces lignes. La deuxième sous-catégorie, quant à elle, se constitue des activités qui se tiennent dans la rue mais qui sont organisées en ligne. On a pu constater maintes fois par le passé l’efficacité de cette technique de mobilisation, notamment lors de la journée mondiale d’action contre la guerre d’occupation en Irak le 18 mars 2006. Des manifestants étaient sortis dans les rues de centaines de villes à travers le monde, dont plusieurs canadiennes, pour protester contre cette guerre. Évidemment, une telle coordination n’aurait pas pu exister sans l’internet. La dernière sous-catégorie est constituée des activités qui se passent à la fois en ligne et dans la vie. Plusieurs groupes suscitent en effet de vives réactions sur le cyberespace avec leurs actions entreprises dans le vrai monde. Nous n’avons qu’à nous rappeler du 15 septembre dernier où des activistes de Greenpeace ont perturbé la production de sables bitumineux en Alberta, provoquant un torrent de réactions sur le web.

Finalement, nous arrivons à la troisième facette du cyber-activisme : l’action/réaction. En effet, la chaire de gestion politique de l’université George Washington nous révèle dans son rapport que « les cyber-citoyens politiques sont de grands consommateurs de nouvelles »[2]. Dès lors, dès qu’une nouvelle choquante arrive à leurs oreilles, ces derniers se précipitent sur le web pour la faire circuler ou en faire une mauvaise presse. C’est de cette façon que l’internet devient un lieu extrêmement effervescent dès que les droits humains sont bafoués sur la planète, par exemple. Cependant, certains de ces citoyens engagés socialement et politiquement disposent d’une plus ample connaissance des rouages du web et n’hésitent pas à devenir l’instrument de leur cause, pour le meilleur et pour le pire. En effet, les extrémistes religieux, les férus de politique et autres qui ont de bonnes bases en programmation web ont déjà à maintes reprises utilisé leurs compétences à des fins purement politiques : c’est ce qu’on appelle du hacktivisme (portemanteau de « Hack » et activisme). Heureusement, tous ne vont pas jusqu’à ces extrémités et certains se limitent aux bombardements google comme façon de protester. Cette technique, qui utilise un des défauts de l’algorithme de google qui classe les pages lors d’une recherche, a permis à de nombreux groupes de bloggeurs de faire ressortir des pages personnalisées pour certains mots clé. Ainsi, en 2003, des partisans de George Bush avaient réagi à la menace proférée par la France d’utiliser son droit de véto au conseil de sécurité des nations unies pour empêcher l’envoi de troupes en Irak. Des blogueurs de partout aux USA sont ainsi parvenus à faire en sorte que le premier site affiché par google lorsqu’on recherchait « french military victories » affichait une copie du moteur de recherche proposant de rechercher « french military defeats » à la place.

En terminant, sachez que les cyber-citoyens sont des individus qui ne passent pas plus de temps que la moyenne sur le web, mais qui l’utilisent pour s’informer et pour réagir aux diverses nouvelles. Ces individus influencent, en outre, sept fois plus de gens qu’une personne moyenne. Le cyber-activisme, quant à lui, est un mouvement qui permet à une grande quantité de personnes de faire valoir leurs idées et de défendre des causes partout sur la planète. Donc, qu’il s’agisse de sensibilisation, de mobilisation ou de réaction, le web est leur outil par excellence. Nous n’avons plus qu’à souhaiter que plus de personnes soient touchées par ce mouvement car ainsi, les idées de partout sur la planète pourront se confronter et qui sait, peut-être que quelque chose de plus grand en ressortira.

 

Références

“Cyberactivism”

De Wikipedia

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Cyberactivism

“The media’s portrayal of hacking, hackers and hacktivism before and after September 11”

De Sandor Vegh

Source : http://firstmonday.org/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/viewArticle/1206/1126

“Political influencials online in the 2004 presidential campaing”

De la chaire de gestion politique de l’université George Washington, Washington DC

Source : http://www.ipdi.org/UploadedFiles/political%20influentials.pdf

“Google bomb”

De Wikipedia

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Google_bombing

"Anti–globalist protesters make point as hackers ; Internet a tool for non–violent activists"

San Jose Mercury News (11 February 2001)


[1] "The Internet has turned out to be a remarkable tool for non–violent protest on a scale activists could only dream of before"

San Jose Mercury News, Février 2001

[2] “Online Political Citizens are heavy media consumers.”

- Institute for Politics, Democracy & the Internet

The Graduate School of Political Management, Washington University


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3 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 17 novembre 2009 14:46

    Bon article.

    Et vous venez de démontrer que gogole est du « net-fashisme ».


    • Nico Nico 18 novembre 2009 00:37

      Bon article, clair et bien organisé sous une bonne synthèse... Je me permets cette questiom @l’auteur ...bien me renseigné que moi :

      En conclusion vous espérez que le cyber-activisme grandisse pour que de grandes choses naissent ... Je partage complétement votre point de vue.... Mais je me permets de douter de ceci ...peut-être pourrez vous me répondre ... En effet nombreux sont nos semblables qui utilisent internet que pour le futile, l’attrayant, bien avant du devoir ou de l’interet de l’activisme ... Ceux la sont bien plus nombreux... Ainsi ca limite malheuresement le partage des idées ?
      Par ailleurs les medias traditionnels et firmes arriveront bien à canaliser l’attention du plus grand nombre vers leurs profits...avant de vouloir le laisser flirter avec la reflexion et le cyber-activisme....


      • Keider Keider 18 novembre 2009 01:02

        Malheureusement vous avez raison, la plupart des personnes utilisent le temps qu’ils/elles passent sur le web pour consulter du contenu peu/pas utile. C’est malheureux en un sens, car le simple fait de donner son opinion où que ce soit contribue à façonner notre société en créant des débats qui font réfléchir.

        Les statistiques sur lesquelles j’ai mis la main laissent croire que seulement un petit pourcentage de gens (7% pour être exact) se qualifient comme « cyber-citoyen ». Ces gens ne sont pas des monstres ne faisant que réagir à des nouvelles sur le web : ils passent simplement moins de temps sur les sites de réseau sociaux pour voir les changements de status de leurs amis et plus A`créer des pages telles que « Reboiseur du monde » (http://www.facebook.com/group.php?gid=53202095582)

        C’est en effet dommage que les techniques de marketing modernes soient si efficaces... mais peut-être est-ce là la méthode que les sites d’opinions ont besoin ?

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