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Accueil du site > Actualités > Technologies > Question : communautés ou réseaux ?

Question : communautés ou réseaux ?

Assez parlé de “communautés” ! Le mot est utilisé à tort et à travers et j’ai bien l’impression qu’il s’agit, dans la plupart des cas, d’un abus. D’où la question : quand faut-il parler de “communauté”, de réseau ou de quelque chose d’autres que nous devons apprendre à nommer ?

Je poursuis ainsi, avec les groupes auxquels nous participons, ma brève série de questions commencée hier avec celle qui concerne l’opposition (erronée me semble-t-il) entre “monde virtuel” et “monde” physique.

Partons d’un constant simple et relativement évident : tout le monde a tendance à parler de communauté quand il ne s’agit pas de les promettre comme s’il s’agissait d’une sorte de paradis terrestre. Les entreprises le font sans vergogne pour parler de leurs clients et les partis politiques suivent le pas pour parler des gens qui ont voté pour eux.

Soyons sérieux. Les gens qui achètent des chaussures d’une même marque n’ont rien d’autre en commun entre eux que d’avoir acheté des souliers qui ont la même étiquette sous la semelle ou sur le contrepied. Ça n’est pas pour autant qu’ils forment une communauté.

Les communautés, traditionnellement, sont représentées par un contenant dans lequel on se trouve : enveloppe, boîte, pays, association, etc.

Les réseaux, par contre, sont souvent représentés par des connexions entre des nodes. Ils ne sont pas fermés et la nature de chaque relation pourrait (en principe) être représentée par le lien en question.

Dans un cas on “appartient à”, dans l’autre on est “connecté à”, en relation avec”. Dans les réseaux, les liens sont plus lâches que dans les communautés, et plus limités en portée et en durée.

Les situations ambigües abondent. Sur Facebook et autres sites semblables, par exemple. Nous pouvons être connectés à des centaines de gens mais n’entretenir de vrais échanges qu’avec une poignée. L’intéressant est alors que c’est la nature des échanges qui va dessiner l’émergence éventuelle d’une communauté et pas la notion d’appartenance appliquée de loin ou de haut.

Mais pourquoi serait-il important de marquer la différence ? Parce que le niveau d’engagement n’est pas le même. Ceux qui abusent du mot communauté veulent nous tromper sur la nature de la relation que nous maintenons avec nos pairs et, surtout, avec eux. C’est à nous de dire.

Qu’en pensez-vous ?

Peut-être nous faut-il un autre terme, intermédiaire, pour parler de ces groupes avec lesquels nous aimons faire un nombre limité de choses de façon temporaire. Il en existe plein. Mais lequel choisir ?

Des idées ?

[Photo Flickr de Tony the Misfit ]


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5 réactions à cet article    


  • ernst 17 juin 2009 02:15

    une idée extrêmement claire, qui reunit la droite, la gauche, le centre et les verts : franc maçonnerie.


    Majoritairement G.L.N.F, puisque le Chef émarge dans cette catégorie, dans la Loge dénommée Silence et qui ne comporte, comme son nom l’indique aucune indication, y compris au Boulevard Bineau.

    Quand vous aurez éventuellement intégré cette donnée, le monde politique vous paraitra plus clair.

    Ou bien penserez-vous que je fais partie de ces complotistes acharnés, bornés. Je sais ce que je dis, malheureusement. Et cette secte dangereuse n’a rien à voir avec facebook.

    • JL JL 17 juin 2009 08:21

      Bra

      Bravo pour cette précision. On a dit de Nicolas Sarkozy qu’il était un communautariste. En fait, son charisme et sa versatilité font de lui un redoutable homme de réseaux : toute l’histoire de sa vie politique a tourné autour de cette activité.

      En fait, les réseaux sont dans l’ombre et les communautés sous les sunlights. Ou dit autrement, les communautés sont pour la masse, les réseaux pour les activistes. Et c’est pourquoi Nicolas Sarkozy se présente ouvertement comme un communautariste : les communautés sont l’alibi des réseaux.

      C’est un sujet grave, et qui mérite qu’on y revienne.

      vo pour cette précision.


      • JL JL 17 juin 2009 08:26

        Nicolas Sarkozy en se présentant ouvertement comme un communautariste, outre qu’il favorise l’éclatement de la communauté nationale, « fait » peuple : cela s’appelle le populisme.


      • JL JL 17 juin 2009 08:35

        En se présentant ouvertement comme un communautariste, Nicolas Sarkozy « fait » peuple en même temps qu’il contribue à défaire le lien social : du populisme qui divise. Bravo l’artiste. Nicolas Sarkozy est un grand chef de gouvernement : "dont la principale mission (d’un gouvernement) est de protéger la minorité riche contre la majorité (principe énoncé par James Madison).


        • JL JL 18 juin 2009 07:06

          Je viens de terminer de relire un ouvrage de John Brunner qui me semble-t-il, illustre par une métaphore romanesque énigmatique ces réseaux : « Le jeu de la possession ».

          L’histoire est contée par l’un des membres prénommé Godwin ! Cette histoire confirmerait l’hypothèse qu’il n’y a pas de pilote connu dans l’avion. En revanche, il y a bien des copilotes et des stewards connus.

          Cet article prend tout son sens quand on le lit en parallèle avec celui-ci :

          La faillite des comptes de la France à échéance de fin 2010 se précise

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