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Qui alloue les crédits nécessaires aux recherches scientifiques du futur ?

Dan Hind, dans son livre The Return of the Public (Verso 2010) voir NewScientist, 11 décembre 2010, p. 26) plaide pour un minimum de contrôle démocratique dans l’allocation des crédits de recherche. Il rappelle ce que l’on a trop souvent tendance à oublier : les fonds, notamment ceux destinés à la science fondamentale, sont pour l’essentiel alloués aux laboratoires sous contrat des Etats et des grandes entreprises. Les premiers les affectent aux recherches militaires, les secondes à des objectifs destinés à rendre encore plus attractifs les biens de consommation existant, quels que soient leurs impacts économiques ou environnementaux. Jamais le public n’est consulté relativement à ce qu’il désirerait vraiment pour rendre la société plus vivable. On objecte que le public n’existe pas et que de telles consultations n’aboutiraient pas. Dan Hind propose cependant divers mécanismes permettant de démentir ce jugement. Si déjà 10 à 20% des crédits de recherche globaux étaient alloués selon ces méthodes, de grands progrès selon lui pourraient en découler.

Il reste que si les grands Etats continuaient à affecter à la recherche militaire les sommes considérables qu'ils y consacrent aujourd'hui, même diminuées de 10%, il ne faudrait pas s'étonner de voir les conséquences en résultant sur les orientations de recherche. L'exemple le plus frappant est celui des Etats-Unis. Ceux-ci, comme il vient d'être rappelé récemment dans la discussion du budget 2011/2012 américain, disposent d'un budget militaire supérieur à celui de tous les autres Etats du monde. Une partie de ce budget est consacré à des dépenses de fonctionnementt, entretien de plusieurs centaines de bases dans le monde, financement des guerres extérieures), mais une part importante s'investit soit dans des systèmes d'armes développés par des industriels sous contrat du DoD, soit dans des crédits de recherche alloués à la Darpa, l'Agence de recherche avancée du Pentagone. Celle-ci publie tous les ans une liste d'appels d'offres montrant la grande variété des domaines ciblés : pratiquement toutes les sciences fondamentales, celles qui nous intéressent ici, sont concernés.

Recherches militaires et post-humanisme

Quel mal à cela, dira-t-on ? La science dans son ensemble finira par en bénéficier ? C'est là précisément que l'on se trompe. D'une part les projets de recherche visent essentiellement la guerre, c'est-à-dire la destruction de l'adversaire. D'autre part, les chercheurs et les laboratoires qui s'y consacrent sont tenus par des accords de confidentialité stricts. Ils ne peuvent pas publier et faire discuter librement leurs résultats. Si nous pouvons en parler cependant, c'est en conséquence d'une politique de communication bien contrôlée. Il s'agit généralement de décourager des recherches analogues pouvant être financées par les laboratoires civils. Si la Darpa le fait, à quoi bon faire la même chose en moins bien ? Il s'agit aussi de recruter des chercheurs à l'extérieur, attirés par les opportunités de carrière pouvant en découler pour eux, dès qu'ils auront accepté de perdre leur indépendance.

Un point encore plus important à souligner concerne les domaines objets des recherches de la Darpa. Un certain nombre d'entre elles concernent la réalisation de véhicules terrestres ou aériens, drones, robots divers, capables de réaliser de façon autonome des missions difficiles. Il n'y a là rien de particulièrement inquiétant, d'autant plus que les augmentations de capacités (enhancement) se retrouveront un jour dans le domaine civil. Beaucoup plus sujettes à caution sont les recherches visant à transformer l'individu humain, pour le rendre plus apte au combat, s'il s'agit d'un combattant ami, ou pour l'annihiler s'il s'agit d'un présumé ennemi.

On retrouve là un domaine faisant l'objet de multiples discussions aujourd'hui, celui de l'homme augmenté, post-humain ou transhumain. Les forums philosophiques qui discutent de ces perspectives recensent régulièrement les différentes méthodes permettant d'obtenir de tels hommes augmentés ou modifiés. Les unes consistent à réaliser des prothèses de plus en plus performantes multipliant les potentialités sensorielles ou musculo-squelettales du corps humain. D'autres interviennent sur les nombreux médiateurs chimiques responsables de l'attention, de la veille, de la résistance aux stress, de la douleur, de l'imagination, de l'agressivité.

D'autres enfin vont plus loin. A partir d'analyses du comportement des cortex sensoriels, moteurs et associatifs du cerveau humain, réalisées en particulier grâce aux outils de plus plus sophistiqués de l'imagerie cérébrale fonctionnelle, elles proposent soit de connecter directement sur le cerveau telle ou telle des prothèses évoquées ci-dessus, soit de modifier passagèrement ou même durablement le fonctionnement des aires cérébrales ainsi identifiées. Dans ce cas, il s'agit d'obtenir du cerveau – et donc de l'individu - un comportement global conforme aux objectifs recherchés.

Les neurosciences participant à ces recherches n'en sont pas encore à envisager en pratique la réalisation de modules externes (électroniques, éventuellement télécommandés) greffables durablement dans les cerveaux, mais elles s'en rapprochent à grand pas. Le fantasme du cerveau artificiel cher à des futurologues tel que Ray Kurzweil, qui remplacerait le cerveau humain ou que l'on implanterait dans un robot autonome afin d'y télécharger l'essentiel des bases neurales et donc des mémoires d'un humain, n'est pas loin. On voit qu'ainsi vont converger les recherches visant à réaliser des humains de plus en plus « augmentés » et des robots de plus en plus aptes à interagir avec des humains, du fait qu'outre leurs capacités propres, ils auraient acquis celles d'entrer en symbiose physique avec les corps et les cerveaux de ces humains.

Ces perspectives sont loin d'effrayer les avocats du post-humanisme. Au contraire, elles les emplissent d'enthousiasme. On peut les comprendre. Elles ne font que prolonger des lignes évolutives s'étant imposées depuis que de lointains primates ont commencé il y a 3 millions d'années à utiliser systématiquement des outils. On sait que le biologiste Jean-Jacques Kupiec défend la théorie de l'ontophylogenèse. Celle-ci montre que les lignées d'êtres vivants (pour ne pas employer le terme réducteur d'espèces) évoluent en permanence, sous l'effet d'une compétition darwinienne se produisant à tous les niveaux du vivant, du génotype au phénotype (l'individu) et au sein de celui-ci, au niveau des divers organes, cellules et vecteurs biochimiques.

Nous avons nous-mêmes (cf. Baquiast, Le paradoxe du sapiens, JP. Bayol, 2010) proposé l'hypothèse qu'à cette évolution darwinienne incessante des composants biologiques de l'être humain s'ajoutaient les mutations de plus en plus rapides des technologies avec lesquelles les humains sont dorénavant profondément intriqués, au sein de ce que nous avons nommé des systèmes anthropotechniques. Si dans ce cas on peut considérer que les humains actuels sont des post-simiens, il n'y a pas de raison d'exclure le fait que des post-humains soient apparus dès le 19e siècle avec l'évolution des technologies modernes. Cette évolution se poursuivrait évidemment en s'accélérant aujourd'hui. Il ne s'agirait pas d'un phénomène bon ou mauvais en soi. Tout dépendrait des points de vue adoptés. De plus, comme en tout ce qui concerne l'évolution sur le mode darwinien, elle se produit sur le mode de l'aléatoire contraint, et on ne peut constater ses effets qu'a posteriori.

Mais de quels post-humains s'agira-t-il ?

Or précisément, c'est a posteriori que nous pouvons constater aujourd'hui, comme indiqué au début de cet article, le poids prédominant des crédits et des maitres d'ouvrage militaires dans les recherches et développements contribuant à l'apparition des hommes augmentés, autrement dit des post-humains et transhumains éventuels. Ils se déploieront pour l'essentiel dans le domaine du champ de bataille, entendu au sens large, ce qui inclura de plus en plus le combat urbain et la sécurisation des lieux et résidences que l'on estimera devoir protéger.

Ceci aura plusieurs conséquences. La première est que ne bénéficieront de ces « augmentations d'humains » que les Etats ayant les moyens de financer les recherches correspondantes. Il ne s'agira en fait dans les prochaines décennies que des Etats-Unis, suivis sans doute d'assez loin par la Chine. Au sein de ces Etats, ce ne seront pas tous les citoyens ou résidents qui tireront profit des protections correspondantes. Il ne s'agira que des minorités politiques et économiques constituant ce qu'il faut bien désormais nommer les riches et les puissants. Si le monde devient de plus en plus dangereux, ces riches et ces puissants se « bunkériseront » dans les espaces jugés les plus « habitables ». Il s'agira d'espaces terrestres, conservés ou acquis de haute lutte. Par contre, le rêve d'une migration desdites élites sur d'autres planètes, évoqué par certains visionnaires du post-humanisme, risque de demeurer longtemps sinon à jamais inaccessible.

Nous voyons bien ainsi se dessiner le processus conduisant à séparer, et de ce fait à opposer, quelques millions ou dizaines de millions de port-humains disposant de toutes les capacités résultant de l'accaparement des ressources de la nature, de la science et de l'argent. En face d'eux demeureront les milliards d'humains actuels, réduits pour certains d'entre eux au statut de pré-humains. Le problème, pour les post-humains, sera que malgré toutes leurs capacités ils ne seront peut-être pas capables de s'imposer aux marées montantes d'humains ou préhumains, pas du tout décidés à se laisser éliminer. De guerres de plus en plus meurtrières pourront en résulter. Il s'agira alors d'une nouvelle grande extinction dont seront victimes ces primates particuliers apparus à l'aube du quaternaire, post-simiens, humains et post-humains. La planète sera débarrassée de ces mutants envahissants, pour le plus grand profit des autres espèces que leurs compétitions auront manqué faire disparaître.

 

L'encadré suivant se propose d'illustrer les propos précédents, en prenant un exemple récent, celui du programme SCENICC développé par la Darpa

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SCENICC, la vision augmentée du futur combattant américain

Le Pentagone a compris, après plusieurs années de guerres unilatérales, dites du faible au fort (ou guerres de 4e génération) que les puissants moyens représentés par des programmes lourds tel que celui de l'avion de combat dit du 21e siècle, le F35 de Lockeed Martin, ne suffisait pas à protéger les militaires engagés sur le terrain. Face à des ennemis connaissant bien ce terrain et disposant de l'appui de la population, il faut des armes capables d'augmenter de façon écrasante les capacités sensorielles physiques et cognitives du simple combattant. Il en sera de même dans les futurs combats de rue qui opposeront sur le sol national les forces de l'ordre à des foules révoltées. Nous avons sur ce site évoqué précédemment certaines de ces armes. Le système SCENICC en constitue une nouvelle version. On sera loin du litre de vin rouge distribué aux fantassins de la guerre de 14-18 avant l'assaut.

Il s'agit avec SCENICC de doter le combattant d'une vision à 360°, disposant d'une portée d'au moins 1 km et suffisamment discriminante pour faire la différence entre la canne d'un simple berger et l'AK 47 d'un « insurgé » - étant admis qu'il n'était plus diplomatiquement défendable de permettre à chaque fantassin ami d'éliminer a priori tous les civils pouvant être des combattants dissimulés dans un rayon de 1 km.

C'est dans ce but hautement humanitaire que la Darpa vient de lancer un appel d'offres pour la réalisation d'un système baptisé Soldier Centric Imaging via Computational Cameras effort, ou SCENICC. Le système disposera d'un ensemble de caméras ultra-légères, montées sur le casque mais néanmoins capables de donner une vision tous azimut et en 3D. Le « boy » pourra littéralement voir derrière lui, zoomer sur les points suspects, disposer d'une vision binoculaire stéréoscopique – le tout en gardant les mains libres et la possibilité de communication verbale.

Pour commander l'ensemble, le système disposera d'une unité centrale intelligence, capable de mémoriser des instructions, le souvenir de scènes antérieures et tout ce dont peut avoir besoin le militaire pris dans le feu du combat. Bien entendu, cette unité centrale sera connecté à une arme portative puissante, du style Terminator ++, capable d' « acquérir » les objectifs, suivre les trajectoires des projectiles et évaluer leurs impacts. Il s'agira donc de mettre en place une aire de compétences, véritablement post-humaines, dite “Full Sphere Awareness” . Le tout ne devra pas peser plus de 700 g, et disposer d'une batterie de grande capacité, éventuellement rechargeable par le moyen d'un capteur solaire.

On sait que c'est la mise en réseau qui fait la force des combattants modernes. Inutile donc de préciser que chaque soldat équipédu système SCENICC se comportera comme un noeud (node) au sein d'un réseau reliant chacun d'eux à tous les autres et à divers dispositifs de cartographie et de modélisation du champ de bataille alimentés par des capteurs terrestres ou aériens de type drone. Ce sera un véritable espace virtuel de combat commun au sein duquel chaque combattant sera un élément non pas passif (comme dans l'ancienne armée du Roi de Prusse) mais proactif. L'ensemble aura nom NETT WARRIOR.

Ce programme devrait associer des industriels tels que Raytheon, Rockwell Collins et General Dynamics. Il ne sera pas pleinement opérationnel avant 3 ou 4 ans, mais des éléments utilisables devraient être livrés dans les prochains mois. Nous n'avons pas d'informations précises sur son coût.

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25 réactions à cet article    


  • jako jako 29 décembre 2010 09:47

    Bonjour, passionnant et.... térifiant.
    J’ai la très nette impression que l’homme ( pas tous juste quelques dizaines) a détourné l’Evolution.
    Une fois ces castes bunkerizées que feront-ils ensuite ?


    • jako jako 29 décembre 2010 09:48

      terrifiant, milles excuses tapé trop vite


    • geo63 29 décembre 2010 10:44

      Cet article, parfaitement rédigé, est vraiment très intéressant. Superbe !

      Cependant, si l’on observe ce qui se passe actuellement dans le domaine de la finance où précisément des tentatives de « modélisation » à outrance ont été menées, on peut dire que le fiasco est retentissant car le facteur humain est très très difficile à modéliser, même en l’occurence s’il s’agit déjà d’« humains augmentés », je veux parler des traders bien sûr...(il ne s’agit pas de leur salaire...ouaf, ouaf, mais de leur conditionnement).

      Bon, avec les militaires on peut arriver à des bêtises encore plus énormes car le domaine est propice aux errements les plus invraisemblables (des vieux souvenirs du service militaire, à tomber sur le c.. ).

      Il faut rester EXTREMEMENT VIGILANT, parole d’ancien scientifique à la retraite.


      • Geneste 29 décembre 2010 11:19

        Désolé d’ajouter une touche négative dans les commentaires, mais je ne partage ni votre point de vue ni votre pessimisme. Commençons par votre point de vue sur le caractère militaire des recherches actuelles.
        J’ai démontré dans 3 de mes ouvrages que la recherche civile amène à une performance moyenne et que seule la recherche militaire peut permettre l’excellence. Je vous réfère plus précisément à 2 de mes ouvrages parmi les 3, ces ouvrages étant concentrés, en partie, sur la démonstration de ce que j’affirme ici.
        http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/geneste-jean-francois/logique-de-defense-30-idees,13333302.aspx
        et
        http://www.amazon.fr/Ainsi-marchait-lhumanit%C3%A9-Jean-Fran%C3%A7ois-Geneste/dp/2756311030/ref=sr_1_fkmr0_1?ie=UTF8&qid=1293617218&sr=8-1-fkmr0

        En ce qui concerne maintenant l’homme augmenté, j’en fais la promotion dans mon dernier ouvrage intitulé « politique industrielle : des idées neuves pour demain » à paraître en tant qu’étude de l’IRES et d’ores et déjà disponible auprès de la CFTC (www.cftc.fr). Clairement, à ce propos, un vieillard augmenté, c’est un vieillard qui est autonome, ce que ne peut pas être, hélas, un vieillard « normal » non augmenté à partir d’un certain âge. Or, même s’il est imparfait, le système économique actuel a cela de bien c’est qu’il oblige les acteurs industriels à trouver des débouchés à leurs produits pour augmenter leurs profits. En conséquence, ce qui est dans le militaire aujourd’hui ira fatalement dans le civil plus tard et dans le grand public au final, pour le plus grand bien de ce dernier (on vit aujourd’hui bien plus vieux qu’au dix-neuvième siècle auquel vous faites référence et c’est heureux, n’en déplaise à certains).

        Votre diatribe sur une caste de riches isolée du reste du monde me fait sourire ! On aurait pu dire la même chose de l’aviation à ses débuts qui était réservée à une caste de personnes riches et on aurait pu leur faire le procès d’intentions qu’elles iraient coloniser une terre lointaine isolée de la « populace ». A posteriori il n’en a rien été. Il en sera de même de l’homme augmenté ou autre crainte non fondée...


        • jako jako 29 décembre 2010 11:37

          Bonjour Geneste.
          Pour les retombées dans le civil des recherches militaires avez vous des exemples ? (mais pas du genre tente, filtrage de l’eau et lunette de chasse nocturne)
          Vous affirmez que l’on vit plus vieux qu’au 19ème siècle certe mais pas tout le monde.
          La caste des riches est déja isolée de fait, ils ne peuvent vivre que retranchés déja aujourd’hui , retranchés et cachés même souvent sous anonymat.


        • Geneste 29 décembre 2010 12:23

          Bonjour Jako,

          De toutes les inventions suivantes du vingtième siècle, aucune n’est d’origine civile :

          Le radar, l’ordinateur, le laser, Internet, la cryptographie (moderne), les télécoms modernes (développées par Shannon pendant la deuxième guerre mondiale), l’électronique, etc. Pour votre information, même les antibiotiques, redécouverts par Flemming avaient été déjà découverts par un médecin militaire français du dix-neuvième siècle.

          En ce qui concerne votre affirmation que tout le monde aujourd’hui ne vit pas mieux qu’au dix-neuvième siècle, je resterais beaucoup plus prudent. Je pense sincèrement que tout le monde aujourd’hui, dans le monde entier, vit mieux aujourd’hui qu’au dix-neuvième siècle parce que nous vivons dans un monde « machinisé » et que même les plus pauvres ont accès (pas tous les jours mais quand même assez souvent) au travil des machines (qui représentent actuellement selon certains auteurs, jusqu’à 200 esclaves en moyenne au service de chacune des personnes de la terre.

          Quant aux riches, ils cachent, certes, certaines choses, mais ils ne peuvent se cacher du reste du monde. Même Sarko s’est fait « flasher » par les paparazzi sur le yacht de Bolloré.


        • jako jako 29 décembre 2010 12:33

          Merci de votre réponse


        • pada pada 29 décembre 2010 17:24

          De toutes les inventions suivantes du vingtième siècle, aucune n’est d’origine civile :

          Le radar, l’ordinateur, le laser, Internet, la cryptographie (moderne), les télécoms modernes (développées par Shannon pendant la deuxième guerre mondiale), l’électronique, etc. Pour votre information, même les antibiotiques, redécouverts par Flemming avaient été déjà découverts par un médecin militaire français du dix-neuvième siècle.

          En êtes vous si sûr, pour l’ordinateur, le laser et le radar j’ai un grand doute, un simple coup d’oeil de vérification à Wikipedia montre que ces inventions remontent bien avant les gros budgets de recherche militaire américains ; pour internet oui pour le protocole IP, non pour tout le reste (navigation par URL par exemple).

          Votre exemple du militaire français est peu convainquant, il n’était probablement pas financé sur un fond de recherche militaire, mais il faisait simplement son travail en n’ayant pas éteint sa curiosité comme Flemming d’ailleurs.


        • Duke77 Duke77 29 décembre 2010 21:29

          Geneste vous dites n’importe quoi. Je passe sur vos exemples d’inventions dites « d’origine militaire » qui sont souvent plutôt volés à des chercheurs indépendants ou sur le problème du financement des labos de recherches civiles au bénéfice du militaire.


          Il est évident que les militaires (et le complexe industriel qui y est lié) ne partagent pas leurs découvertes. En diffusant au public leurs innovations, elles donneraient à leurs ennemis le bénéfice de leurs recherches. CQFD.

          La question est : combien d’années d’avance ont les projets secrets militaires sur les technologies disponibles au public. Considérant qu’aux USA, le budget est 40x supérieur à celui de la France depuis 60 ans par exemple, pourtant nos rafales ont botté le train de leur F16 lors d’un récent exercice... Leur énorme budget ne leur permet pas de découvrir plus de technologie... Etrange, non ?

        • geo63 29 décembre 2010 14:01

          @ Geneste : attribuer le radar, l’ordinateur, le laser, internet, la cryptographie, les telecoms modernes à la recherche militaire c’est un peu fort de café ! Rien que ça.
          Que faites-vous des travaux théoriques (mathématiques et physiques) qui ont permis d’arriver à la mise au point des applications et encore là, il faudrait creuser considérablement la question. Exemple : internet, il me semble que la contribution des chercheurs civils du CERN n’est pas à négliger, etc...même si ce sont des militaires qui ont tiré les premières lignes. Je trouve énorme ces approximations orientées.

          Quant à la pénicilline, dont je connais bien l’historique. Présenter Duchesne comme le père de cette découverte au cours de sa thèse de médecine (non publiée) est devenu un poncif franchouillard. En fait, on pourrait remonter à des tas d’autres travaux dans de nombreux pays (voir ce que dit Flemming dans son discours Nobel et par exemple Escande actuellement qui lui parle de Dubos -français travaillant aux E.-U.-). La contribution de Flemming n’a pas été négligeable et lui a publié très précisément ses travaux (1929). La contribution la plus méconnue et sans doute déterminante est due à une équipe pluridisciplinaire d’Oxford (Florey (patron), Chain, Heatley, Abraham...) qui a véritablement isolé la molécule (très impure) et a effectué les premiers essais sur souris et sur des malades (Radcliffe Infirmary) (mais oui)...tous leurs travaux ont été publiés (1940...) mais...les brevets ont été pris aux Etats-Unis. C’est une autre histoire, mais la contribution des militaires là-dedans...de la fumée.


          • pada pada 29 décembre 2010 17:32

            Oups, geo63 vous avez été plus rapide que moi et bien plus précis, je partage totalement votre point de vue, et je continue à penser que les montants alloués à la recherche militaire sont un véritable gâchis même s’ils ont des résultats dans divers domaines par rapport au même investissement dans la recherche civile. Nos universités ne seraient pas dans la misère et obligées de se vendre en morceaux au privé.


          • L'enfoiré L’enfoiré 29 décembre 2010 14:21

            La recherche scientifique a une opportunité si elle parvient à intéresser l’armée.
            Souvent, d’ailleurs, elle peut trouver un débouché.
            La robotique, l’informatique, les sciences humaines peuvent être détournée avec des budgets militaires. On a délégué au Japon, dans un premier temps, à la Chine, dans un second...
            L’Europe, j’en parlais récemment, avait besoin de fonds pour beaucoup de beaux projets d’avenir. Projet Galilo, ITER. Personne au niveau militaire comme ce fut le cas pour le GPS.
            Elle s’est tournée vers le privé. Le privé est ce qu’il est. Les retards font que ce n’est plus la tarte la crème aujourd’hui.
            Pour quelques milliards de plus. Yes... smiley


            • cmoy patou 29 décembre 2010 14:53
              La fin de la Seconde Guerre mondiale a conduit à une prise de conscience mondiale : seul un droit international organisant les relations entre les États et, en même temps, fixant les obligations des États à l’égard des individus pouvait éviter à l’humanité de connaître une barbarie comme celle qu’elle venait de subir avec les régimes totalitaires d’Allemagne, d’Italie et du Japon.
              l’Homme est… une idée que l’on substitue (abusivement) à l’humanité (La minuscule de « humanité » est importante car avec la majuscule l’Humanité est le synonyme de… l’Homme.)
              . Une idée, autrement dit un concept, une catégorie, une essence, un objet ou une forme de pensée( Cf. XVIIème siècle : Descartes, l’idée innée ; Locke, l’idée représentative.), une représentation, une élaboration mentale… et, in fine, une… conviction ou une non-conviction, une théorie ou une idéologie, un principe (cause) ou une conséquence, une vérité ou un mensonge, une valeur ou une non-valeur, un en-soi ou un pour-soi, un objet ou un sujet, une affirmation ou une négation, un absolu ou un relatif, une immanence ou une transcendance…

              Ce qui est certitude c’est que l’humanité sera ce que les hommes en feront, moutons prêts à tondre à êtres dépecés ou moutons à têtes pensentes prêts a se battre pour une idée de l’humain conforme à l’idée que je me fais de l’homme.

              La majorité des êtres humains resteront-ils sous la dominance de ceux qui veulent les asservir ?

              • herbe herbe 29 décembre 2010 16:40

                Ce type de scénario me fait penser à ce film qu’on peut classer dans le genre science-fiction post-apocalyptique. :

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Territoire_des_morts

                extraits :

                "

                Le film se déroule dans l’une de ces villes, Pittsburgh Les humains y sont répartis en trois classes :

                -les riches qui peuvent se payer un appartement dans une zone sous haute protection et bénéficiant de tout le confort et le luxe de la vie moderne gratte-ciel(Fiddler’s Green),

                -les employés, pour la sécurité et la logistique (production d’électricité, défense et maintien de l’ordre, approvisionnement en nourriture),

                -le reste : ils se débrouillent pour survivre dans un ghetto, ils manquent de nourriture et de soins. (mais au moins les gardes protègent la zone des zombies) "


                • bourrak 30 décembre 2010 10:35

                  Et la classe des zombies, ne pouvant vivre sans se nourrir des trois autres et pouvant s’y matérialiser par hasard.
                  Je suis sûr qu’on aurait des voitures volantes aujourd’hui si les génies comme Tesla avaient eu un budget suffisant.


                • herbe herbe 30 décembre 2010 18:49

                  Merci pour le complément !


                • Marc Viot Marc Viot 29 décembre 2010 17:18

                  « Nous voyons bien ainsi se dessiner le processus conduisant à séparer, et de ce fait à opposer, quelques millions ou dizaines de millions de port-humains disposant de toutes les capacités résultant de l’accaparement des ressources de la nature, de la science et de l’argent. En face d’eux demeureront les milliards d’humains actuels, réduits pour certains d’entre eux au statut de pré-humains. Le problème, pour les post-humains, sera que malgré toutes leurs capacités ils ne seront peut-être pas capables de s’imposer aux marées montantes d’humains ou préhumains, pas du tout décidés à se laisser éliminer. De guerres de plus en plus meurtrières pourront en résulter. Il s’agira alors d’une nouvelle grande extinction dont seront victimes ces primates particuliers apparus à l’aube du quaternaire, post-simiens, humains et post-humains. La planète sera débarrassée de ces mutants envahissants, pour le plus grand profit des autres espèces que leurs compétitions auront manqué faire disparaître. »

                  Cette année :
                  - 66000 postes en moins dans l’éducation,
                  - des mesures visant à restreindre la possibilité d’autonomie en matière de logement (Loopsi 2)
                  - l’interdiction de commercialiser des plantes médicinales dont l’effet est pourtant connu depuis des millénaires
                  - interdiction en cours des potagers particuliers aux USA 

                  Pourquoi investir dans l’autonomie, l’éducation, la nourriture, les soins d’humains qui vont se révéler des armes ?

                  • ffi ffi 29 décembre 2010 18:05

                    Je passe sur les affirmations qui confinent au scientisme de l’article, pour me concentrer sur la question initiale :
                    - qui décide comment sont vérifiées les hypothèses en science ?
                    - La démocratie aurait-elle une place dans ce choix ?

                    1°) La démocratie consiste à opter pour l’opinion majoritaire.
                    La vérité n’y a pas vraiment sa place. Si la majorité se trompe, le processus aboutit à opter pour l’erreur commune.
                    - Si les expérimentations de Lavoisier avaient été soumises à vote démocratique, nul doute que la pensée majoritaire d’alors, intimement persuadée de la validité de l’alchimie, n’y aurait pas souscrit, et que nous aurions encore l’idée des 4 éléments.
                    - Si l’idée d’héliocentrisme avait été soumise au vote, nul doute que nous y serions encore.

                    Tant Lavoisier, que Kepler, que Descartes, que Newton, ...etc ont d’abord été des hommes seuls face à leur hypothèse.

                    La science consiste à trancher entre le vrai et le faux. Elle est une question de vérité, non une question d’opinion. Elle n’a donc cure des « opinions à priori » d’une majorité.

                    2°) Les révolutions viennent des marges.
                    Autant en science, qu’en politique, ce sont d’abord des petits groupes précurseurs qui développent les alternatives. Si ces novations paraissent plus efficaces que les traditions, alors la majorité s’en empare. Les plus farouches résistants à la novation en deviennent les plus grand zélateurs.

                    3°) La science est déjà démocratique.
                    Les choix de diffusion et d’expérimentation découlent déjà de l’opinion démocratique des spécialistes, c’est-à-dire du consensus scientifique (opinion dominante, paradigme), qui orientent tant les publications (par les comités de lecture) que les politiques (par les conseils aux décideurs).

                    4°) La science est influencée par la conception commune du politique.
                    La forme communément admise du politique est intégrée subjectivement par les chercheurs, lesquels tendent à y conformer leur pratique scientifique vis-à-vis de la contradiction. L’idée d’une politique « démocratique », visant la moyennisation des opinions, incline à priori les scientifiques à « moyenniser » leurs hypothèses dans la masse du scientifiquement correct.

                    Puisque la démocratie en politique aboutit au politiquement correct (par rapport à l’opinion majoritaire), la démocratie, en science, aboutit au scientifiquement correct (par rapport à l’opinion majoritaire).

                    Il n’y a donc aucune révolution scientifique à attendre de ce coté-là.

                    5°) La science est asservie
                    Le travail scientifique est payé.
                    - Par les états (fins civiles ou militaires).
                    - Par les industries pour faire des profits
                    - Par les banques pour faire des profits.

                    La science sert d’instrument à certaines institutions pour des fins particulières et ciblées. De ce fait, les scientifiques ne sont pas libres, mais asservis à des fins préétablies. Par conséquent, si la perspective d’une découverte dessert des institutions, elle sera combattue.

                    Or, la seule fin valide de la science est de comprendre. C’est pour cette raison que la science est une question de vérité absolue, non pas d’opinion élue.

                    C’est la forme politique démocratique qui vient justement corrompre l’idée de science, puisque toute hypothèse testée est une hypothèse « élue » par les institutions scientifiques/économiques/étatiques du fait de son potentiel intérêt. Cet intérêt étant justement asservi aux fins particulières des dîtes institutions.

                    Dans un tel fonctionnement, la science sert ainsi à rétablir sans cesse des positions dominantes.

                    6°) Comment avoir une science indépendante ?

                    La dépendance des chercheurs à leur institution et à leur financement les gênent car d’autres considération que la recherche de la vérité entrent en ligne de compte.

                    Il faut d’abord des chercheurs intègres (dans leur conception), curieux par-dessus tout de la vérité, traquant les contradictions internes des paradigmes établis. A partir d’un moment où un chercheur a les qualifications nécessaires, il n’y a aucune raison à priori de lui refuser la possibilité de tester ses hypothèses. Le chercheur doit avoir une autorité absolue sur les fins de sa recherche, moyennant respect des lois morales.

                    Le chercheur est avant tout une sorte d’intégriste qui tient plus que tout à l’intégrité de ces vues. Il n’y a qui si la vérité lui fait apparaitre clairement son erreur qu’il admet de changer d’opinion : le chercheur est un être têtu et totalement imbuvable, insupportable. Il est le contraire même du politicien policé et séducteur qui se voue à incarner en lui-même le patchwork des opinions contradictoires de ses électeurs.

                    Le chercheur ne veut présenter que son idée propre sur un fait précis, pas la pluralité des opinions d’une société sur des concepts abstraits.

                    Tout chercheur devrait ainsi avoir le droit de voir ses hypothèses prises en compte de manière impartiale, et donc ses propositions d’expérience devraient être inscrites automatiquement (sans discrimination) à un registre de validation/réfutations des hypothèses planifiant les expérimentations à réaliser.

                    La discrimination des expérimentations n’a pas lieu d’être, puisque le système a déjà discriminé ceux qui peuvent pratiquer la recherche par la délivrance d’un diplôme attestant de cette capacité.

                    Tout chercheur devrait donc être assisté par le système dans la vérification/réfutation de ses hypothèses, sinon, cela revient, pour le système, à remettre lui-même en cause la pertinence de sa manière de « sélectionner » les personnes aptes à pratiquer ce métier, et donc discrédite le métier même de chercheur.

                    En effet, si le système est orienté vers quelque direction privilégiée au niveau de la sélection des hypothèses testables, alors cela implique qu’il soit tout autant orienté au niveau de la sélection des gens à diplômer.

                    Plus globalement, plutôt que de parler de « démocratisation » de la recherche, qui n’aboutit qu’à la moyennisation des opinions, il faudrait envisager une conception plus populaire de celle-ci.

                    Plutôt qu’un système « ésotérique », basé sur l’autorisation de faire donné à des initiés, il faudrait passer à un système exotérique, plus ouvert à tous, ce qui implique de dé-sophistiquer la science contemporaine afin qu’elle soit mise à disposition de tous.


                      • jako jako 30 décembre 2010 07:54

                        Un grand merci à Herbe pour cet article.
                        J’ignorais que cela arrivait en France
                        La seule issue sera celle décrite à la fin de l’article , comme au moyen age
                        mais beaucoup plus violent probablement car il y aura aussi chez les gueux des
                        fractures communautaires que l’on est en train de bien aggraver. smiley


                      • herbe herbe 30 décembre 2010 18:53

                        Oui merci jako, le hasard (flux RSS) a fait que je découvre aussi cette (triste) réalité tout a fait connexe à ce présent article lucide et pertinent (bon j’arrête parce qu’on va dire que je suis partial smiley ...


                      • Tuscany 29 décembre 2010 21:45

                        Très intéressant ! J’ai toujours aimé la science et j’ai toujours été passionnée avenir en termes de technologie et l’innovation.
                        By Tuscany .


                        • Merci à tous pour ces commentaires, critiques et compléments. Poue ne pas tous les citer, je retiens en particulier ffi et herbe.
                          J’en profite pour dire que j’apprécie beaucoup la réactivité de Agoravox. Dans le cas de cet article, je pourrai le réécrire en tenant compte de ce qui a été dit, avant de la publier définitivement sur le site Automates- Intelligents.


                          • Halman Halman 1er janvier 2011 22:58

                            "On objecte que le public n’existe pas et que de telles consultations n’aboutiraient pas. Dan Hind propose cependant divers mécanismes permettant de démentir ce jugement. Si déjà 10 à 20% des crédits de recherche globaux étaient alloués selon ces méthodes, de grands progrès selon lui pourraient en découler."

                            Moi je veux bien, mais quand on lit les commentaires des internautes sur la science, donnant un avis général totalement anti science avec des clichés du genre la science ça ne sert à rien, et autres sortes de clichés du quidam moyen sur la science, cela ouvre la porte à des possibilités d’arrêter d’Iter pour des raisons autant bizarres qu’incompétentes lues quelques par sur le net, ou de la recherche spatiale en passant par une introduction à la scientologie et à l’intelligent design.

                            Les gens le prouvant, allant jusqu’à nier Neil Armtsrong sur la Lune, ayant totalement perdu le sens de ce fait historique, réduisant à cet évènement planétairement historique à une croyance et non un fait existant et réel.

                            La science peut elle réellement avancer avec l’introduction de ce genre d’électeurs dans le choix scientifique national ?


                            • Lulu de Pantin 2 janvier 2011 09:06


                              ne serait-il pas intéressant de séparer le problème de la finalité de la recherche (rendre l’homme encore plus prédateur dans l’article) du problème de l’allocation des moyens de la recherche (fonds d’état ou fonds privés) ?

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