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Accueil du site > Actualités > Technologies > Qui veut la peau du CNRS ?

Qui veut la peau du CNRS ?

Premier organisme de recherche français par le nombre de chercheurs et d’ingénieurs et techniciens, le CNRS est de nouveau aujourd’hui la cible de très nombreuses attaques. Celles-ci ne visent plus seulement à le déstabiliser, mais tout simplement à le faire disparaître du paysage de la recherche. Analyse des causes, conséquences et dissensions qui risquent de conduire à l’affaiblissement durable du système de recherche scientifique en France.

Le président de la République l’avait annoncé : la remise en cause du dispositif de recherche français est en route [1]. Elle avancerait même à grande vitesse, dans l’ambiance feutrée de bureaux ministériels. Au centre du projet, la remise en valeur des universités, et leur promotion ultra rapide au niveau du nec plus ultra de la recherche en France. Si l’on peut qu’apprécier de voir les universités jouer un plus grand rôle dans le dispositif de recherche, la disparition du CNRS et de l’Inserm pourrait conduire à l’effet inverse des buts affichés, à savoir l’affaiblissement de la recherche en France.

Le CNRS, opérateur de recherche majeur

Avant d’analyser les causes qui ont conduit à cette situation, rappelons simplement que la recherche en France était portée jusqu’à présent par les universités et par les organismes de recherche, tel l’Inserm, l’Inra ou le CNRS, chaque institut ayant des missions différentes [2]. Le CNRS, avec plus de 25 000 membres, dont plus de 11 000 chercheurs, reste le premier organisme français de recherche, et l’un des tout premiers organismes européens. Ce rang ne reflète pas seulement le nombre de ses membres, mais également la qualité du travail qui y est fait.

Une des premières missions du CNRS est de produire des connaissances et de les diffuser. Il le fait au travers d’articles dans des revues scientifiques, appelés publications. Une étude bibliographique assez récente montrait que le CNRS publiait à lui seul presque 70 % des articles français dans les domaines fondamentaux que sont la physique, la chimie, la biologie, les sciences pour l’ingénieur, les sciences de l’univers. Le CNRS publie en physique autant que l’ensemble des chercheurs britanniques réunis, et 15 % de l’ensemble des publications européennes en chimie sont le fait de laboratoires CNRS, proportions qui s’établit juste au-dessus de 10 %, toutes disciplines confondue [3]. L’impact moyen des publications, un facteur lié à la qualité de la revue que l’on estime refléter l’intérêt scientifique de la publication du CNRS (en d’autres termes un article dans Le Figaro vaut plus qu’un article dans un magazine « people ») est supérieur à l’impact moyen européen dans les domaines de la biologie, fondamentale et appliquée, et de l’écologie. Il est comparable à celui de nos compétiteurs britanniques et allemands dans le domaine des sciences pour l’ingénieur, ou de la chimie [3].

Que reproche-t-on au CNRS

Les reproches objectifs que l’on peut faire au CNRS sont multiples. L’organisme souffre sans aucun doute du poids de son administration, sorte de « lobby d’intouchables », constitué le plus souvent de non-scientifiques qui pensent pour une part non négligeable que tout irait mieux dans cet organisme sans les chercheurs ! Il souffre aussi de son organisation des thématiques, groupées pour l’examen de l’activité des laboratoires et chercheurs au sein de sections. Cette organisation, extrêmement rigide, conduit à favoriser le développement d’axes de recherches bien identifiés, au détriment de recherches interdisciplinaires prometteuses, mais aux contours plus flous. On peut aussi reprocher une certaine passivité du CNRS vis-à-vis des profiteurs du système, les chercheurs qui ne publient pas ou qui bénéficient de placards dorés. Ceux qui connaissent bien cet organisme savent que la proportion de ces individus est très faible (autour de 0,5 % des chercheurs environ) surtout dans un environnement où il n’existe aucune « carotte ». Enfin dernier reproche, la taille de l’organisme le rend ingouvernable. Cet argument, qui ressemble à un propos d’après boire (Renault, Peugeot, tous les grands groupes industriels seraient alors aussi ingouvernables !) n’est pas récent. Georges Pompidou l’avait déjà évoqué dans les années 70 : «  [le CNRS] est un énorme organisme ingouvernable, une juxtaposition de coteries  ».

Alors quels sont les « véritables » reproches faits à cet organisme, ceux qui pèseront lors de la décision. Ceux-ci sont multiples et s’inscrivent dans le courant de pensée dit libéral. Certains d’entre eux sont aussi très anciens. Citons le même Georges Pompidou, qui disait du CNRS qu’il est « ... un rassemblement de chercheurs fonctionnarisés installés dans leur fromage jusqu’à la retraite, sans autre souci que de s’adonner à leurs marottes, qu’elles débouchent ou non sur des découvertes... Ces gens-là dépensent de l’argent public sans aucun scrupule ». Les connaisseurs du système admettront que ce n’est pas la façon dont le CNRS fonctionne ni celle dont ses personnels sont évalués à tous les niveaux, et dans presque toutes les phases de leurs activités [2]. Ils sauront aussi que ces attaques ciblent parfois toute la recherche française, et qu’elles sont incessantes, relayées régulièrement dans des journaux comme La Recherche [4], Le Monde [5], Capital [6], ou Les Echos [7] avec des chiffres souvent erronés et des présentations trompeuses.

Derrière la charge, on distingue cependant un deuxième argument : une bonne partie des recherches faites par le CNRS n’est pas finalisée, entendez par là qu’elles ne rapportent rien en termes financier. Parmi ces recherches souvent qualifiées d’« improductives », on trouvera une part non négligeable des travaux des sciences humaines et sociales, ou de certains branches des sciences biologiques ou physiques, telles la sociologie, la paléontologie, l’anthropologie, l’ethnologie, l’exobiologie, etc. C’est oublier que le nombre totaux des brevets CNRS a été multiplié par 3 en 10 ans (période 1992/2002) et que l’Inpi (Institut national de la protection industrielle) a classé en 2004 le CNRS en 6e position des « entreprises » déposant les plus de brevets [8], devant le CEA et l’IFP, alors même que le dépôt de brevet n’est pas une mission première du CNRS !

Semble aussi remis en cause le fonctionnement collégial et partiellement « autogéré » du CNRS, avec des systèmes d’évaluation internes (les premiers à avoir fonctionné dans des organismes de recherches), à la fois paritaire et ouvert sur le monde extérieur, incluant des représentant du personnel, des universitaires, des membres d’autres instituts de recherches, bref nombre de personnalités extérieures au CNRS.

Enfin dernier point, incontournable, le bilan financier. Comme tout organisme de recherche, le CNRS est un centre de dépense. On constate que des doublons existent avec d’autres organismes (Inserm, universités, IRA, IRD) et qu’il est donc simple de faire des économies d’échelle en supprimant tous ces doublons. On peut donc en toute légitimité (financière) fusionner les sciences du vivant du CNRS avec l’Inserm et l’Inra, les sciences physiques avec le CEA, etc. Il suffit d’oublier que les logiques et les rôles des organismes divergent.

Qui sont les acteurs, qui sont les commanditaires ?

Depuis des années, des politiques conservateurs appellent à la disparition du CNRS que certains considèrent toujours comme un repère de dangereux gauchistes. Parmi ces personnalités, on trouve au premier rang Nicolas Sarkozy. Un fin connaisseur de la situation, le biologiste A. Trautmann, fondateur de « sauvons la recherche » expliquait voilà peu : «  [Nicolas Sarkozy] ne supporte pas que les chercheurs aient une trop grande indépendance de pensée et d’organisation. Une structure comme le CNRS y était favorable, il a donc décidé de la casser. La suppression du CNRS est dans les cartons de Nicolas Sarkozy. Il l’a annoncé ».

On trouve derrière le président ses collaborateurs, F. Fillion et V. Pecresse chargés d’organiser l’opération. Comment s’y prennent-ils ? En ôtant au CNRS ses moyens de fonctionner. Ainsi, l’évaluation des chercheurs et unités du CNRS a-t-elle été retirée au CNRS et transférés à une « agence », l’AERES, dans une opacité certaine. La composition de l’agence regroupe uniquement des « nommés ». Les chercheurs du CNRS s’en sont émus, et on relevé dans un communiqué «  qu’au mépris des principes [de transparence et de représentativité], la loi de programme [met] en place une agence d’évaluation dirigiste, entièrement constituée de nommés. Ses avis et notations concernant les unités de recherche seront d’autant moins légitimes que le dispositif ne tient aucun compte de la diversité de la communauté scientifique  ». En vain ! Deuxième façon de déposséder le CNRS de ses moyens, lui ôter des crédits. Elle interdit au CNRS d’agir de façon incitative en accord avec sa prospective scientifique, incapacité qui justifie que le ministère de la Recherche se substitue à l’organisme. Cette stratégie est une stratégie de longue haleine. Dès 2004, Pierre Tambourin (directeur de Genopole, membre du conseil supérieur de la recherche et de la technologie) avait publié une tribune intitulé "La mort lente et programmée du CNRS" dans laquelle il affirmait [9] «  Depuis près de quinze ans, maintenant, constatant que le CNRS et l’Inserm n’étaient plus en mesure de lancer de nouvelles politiques ambitieuses (et pour cause ! ) Le ministère de la Recherche s’est progressivement transformé en véritable agence de programmes. C’est ainsi que sont nés et se sont développés, au nom de l’intérêt général et au cours du temps [des systèmes de financement de la recherche] qui finissent par arriver, bien entendu, dans les laboratoires ou les entreprises, mais très tardivement et sur des actions parfois discutables sur le fond comme dans la forme. »

Face à ces efforts, et à cette disparition programmée, on ne peut que s’étonner de l’assourdissant silence de la direction actuelle du CNRS. La présidente, Catherine Bréchignac et le directeur général Arnold Migus, n’ont jamais répondu aux attaques dont le CNRS a été victime, laissant ce soin à quelques directeurs scientifiques courageux [7]. Ils ont également accepté la création de l’AERES. Pire, ils ont parfois alimenté la polémique. Ainsi Catherine Bréchignac déclarait elle en 2006 «  Dans les sciences de la vie, je suis bien décidée à faire des choix. (...) Si on continue à faire croître le budget des sciences de la vie (...) tout le budget du CNRS ira à cette discipline (...) et ce serait une grave erreur. Avec tout l’argent que nous avons injecté dans les sciences de la vie, je trouve que le rapport qualité/prix n’est pas terrible  ». Tout faux au vu des résultats des biologistes du CNRS, en rien honteux (voir plus haut). Réaction rapide de SLR : «  La dénonciation publique d’une discipline scientifique - la biologie - par un responsable d’organisme qui a pour charge de la développer, est peu acceptable. Elle l’est d’autant moins qu’elle se fonderait sur une évaluation des valeurs relatives des différents champs disciplinaires, qui ne répond pas aux critères normaux d’une évaluation (transparente, collégiale, contradictoire) ». Mais le mal était fait.

Et aujourd’hui ?

Le CNRS subit donc les pires attaques de son existence, en dépit de ses résultats plus qu’honorables. Ainsi, la dernière réunion du conseil scientifique du CNRS, marquée par l’annonce du prix Nobel de physique à l’un de ses membres, le physicien Albert Fert, a vu le représentant du ministère de la Recherche demander au CNRS de différer la remise de son projet stratégique, un document que le ministère réclame aux organismes de recherche d’ailleurs ! Jacques Fossey, membre du conseil d’administration du CNRS et membre du syndicat SNCS affirme : « Par une lettre de la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI) au directeur général du CNRS, le ministère de la Recherche vient de faire savoir que le schéma stratégique du CNRS n’est plus d’actualité, [...] La mise à sac du CNRS continue. Après lui avoir enlevé ses moyens propres d’intervention en créant l’ANR (Agence nationale de la recherche), l’évaluation des laboratoires par la création de l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) et la gestion des UMR, le gouvernement veut l’empêcher maintenant de définir sa propre politique scientifique et placer son personnel sous l’autorité administrative des présidents d’université » [10]. Du jamais vu jusqu’a présent !

Autre groupe de pression pas fâché de l’affaiblissement du CNRS : certains présidents d’universités qui ont appelé pendant des années au rattachement du CNRS à leurs organismes avec l’idée qu’on pourrait habiller Paul en déshabillant Pierre. Tous ces présidents ne sont pas sur la même longueur d’onde heureusement. Les plus intelligents ont compris qu’un tel afflux de chercheurs serait pour le moment catastrophique pour l’université. Un d’entre eux avoue en privé qu’il ne « souhaite pas le rattachement des personnels CNRS à l’université » car dit il «  cela poserait des problèmes de gestion » qu’il ne pourrait résoudre. Il ajoute « l’université n’a pas la culture CNRS ... l’évaluation y est moins transparente ». Il conclut que sa crainte principale est que « la disparition programmée du CNRS et de l’Inserm ne conduisent à l’effet inverse de buts affichés, à savoir l’affaiblissement de la recherche en France ». Néanmoins, cette disparition obéissant en grande partie à des motifs idéologiques, il y a fort à craindre que cette considération en pèsera pas bien lourd au moments des choix décisifs.

Références

[1] P. Le Hir. Nicolas Sarkozy veut de « profondes réformes  » du système de recherche. Le Monde - 7 Juin 2007. Extraits : « Je mènerai à bien les profondes réformes que nous avons trop tardé à engager, comme l’autonomie de nos universités ou la rénovation des modes de financement de notre effort de recherche »

[2] http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=23790

[3] http://www.sg.cnrs.fr/ipam/publications/bibliometrie/bib2004.pdf

[4] http://recherche-en-danger.apinc.org/spip.php?article5&var_recherche=audier

[5] http://recherche-en-danger.apinc.org/spip.php?article1536

[6] http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25508

[7] http://www.lesechos.fr/info/analyses/4617678.htm

[8] http://www.dr3.cnrs.fr/lettre/2005/lettre-43/brevets.htm

[9] http://recherche-en-danger.apinc.org/spip.php?article267

[10] http://www.sncs.fr/article.php3?id_article=1022


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31 réactions à cet article    


  • Linda 12 octobre 2007 12:42

    Article intéressant mais il me semble que la recherche « universitaire » présente les mêmes tares.

    Des chercheurs qui ne publient jamais et qu’on ne voit jamais ni dans leur bureau ni dans les labos, j’en a connu pas mal et une fraction supérieure à 0,5%. Sans parler de ceux qui se contentent d’avoir quelques thésards qu’ils ne voient jamais et dont ils cossignent les articles. L’ensemble de ces gens qui n’ont rien à faire là devait bien dépasser les 50% dans le labo que j’ai fréquenté.

    La recherche en France est extrêment mal organisée. On y voit des labos traiter des sujets pour lesquels ils n’ont strictement aucune compétence. Ils usent le soleil à redécouvrir la roue dans le meilleurs des cas. Qui n’a jamais entendu parler d’une thèse qui était si mauvaise que le jury a dû la classer confidentielle pour se couvrir et couvrir le « madarin » qui a osé cautionner un si mauvais travail ?


    • Universitaire 1995 14 octobre 2007 07:57

      « il me semble que la recherche »universitaire« présente les mêmes tares »

      Non, c’est beaucoup pire, à cause du pouvoir de fait des professeurs sur les maîtres de conférences.

      Qu’on le veuille ou non, la recherche demande une certaine concurrence professionnelle pour que les meilleurs puissent émerger. La hiérarchisation croissante introduite depuis les années 1980, soutenue par le renforcement des administrations, a tué cette concurrence.

      A remarquer que les prix Nobel français ont été possibles dans des domaines, et à des endroits, où la recherche individuelle ou en « petit groupe » a été préservée. Dès qu’on impose les grandes collaborations, les programmes dits « fédérateurs », les « grands meneurs d’hommes », etc... la qualité scientifique s’écroule. Même Staline n’avait pas fait cette erreur colossale que le mitterrandisme et ses sucesseurs ont commise.

      Mais n’existerait-il pas d’autres raisons pour mater les meilleurs scientifiques ? Par exemple, protéger une gestion opaque.


    • Universitaire 1995 14 octobre 2007 08:01

      « Des chercheurs qui ne publient jamais et qu’on ne voit jamais ni dans leur bureau ni dans les labos... »

      Aucun rapport entre les deux questions. Il arrive que de très bons chercheurs ne fréquentent guère leurs labos, tout simplement parce qu’ils n’en ont rien à cirer du fait que les moyens de ces labos sont fagocités par les notables et les grandes gueules bien-pensantes. Ce n’est pas forcément au labo que l’on travaille, sauf lorsqu’on doit faire tourner une expérience.

      Sinon, les cafets des sites scientifiques se portent très bien, et on appelle ça « présence sur le terrain ».


    • Aujourd’hui 14 octobre 2007 10:17

      « Mais n’existerait-il pas d’autres raisons pour mater les meilleurs scientifiques ? Par exemple, protéger une gestion opaque. »

      Le CNRS représente un modèle d’établissement que le mandarinat international n’aime pas parce que les mandarins « n’y ont pas assez de pouvoir ». Même si, depuis les années 1980, la situation s’est beaucoup dégradée et à présent les mandarins sont devenus beaucoup plus forts. Ils « gagneront encore des points » avec les lois de 2006 et 2007, comme c’est le cas dans l’ensemble de la fonction publique avec l’entrée en application de la LOLF.

      Mais n’oublions pas que le « modèle » sur lequel on veut aligner de force nos scientifiques connaît à son tour une crise profonde, dont témoigne la vague de résultats falsifiés publiés par scientifiques influents et « bien cotés » dans les « meilleures » revues internationales dites « avec comité de lecture ». C’est une conséquence, précisément, de l’opacité d’activités où les « chefs » sont tout-puissants.

      Ces dérives peuvent même aller très loin. On lit dans New Scientist à propos de la « sommité » de Séoul Hwang Woo-Suk :

      http://www.newscientist.com/article/dn8682.html

      Cloning ’pioneer’ donated research funds to politicians

      (...)

      Disgraced cloning expert Woo-Suk Hwang has admitted making donations to politicians using funds donated for his research, said South Korean state auditors on Monday.

      (...)

      The Board of Audit and Inspection (BAI) said in a report that Hwang had failed to account for 6.2 billion won ($6.4 million) in donations for his research - one billion won in state funds and 5.2 billion won in private donations.

      « Hwang said he had donated part of the fund in cash to politicians but he said he could not remember exactly to whom and how much he gave, » senior BAI official Eui-Myong Park told a press conference.

      (...)


    • Aujourd’hui 14 octobre 2007 10:21

      A propos des résultats scientifiques falsifiés, je trouve excellent cet article d’Isabelle Debergue de mai 2006 :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9933

      Le scandale chronique des résultats scientifiques falsifiés : crise du lobbying et des pouvoirs discrétionnaires

      L’affaire des résultats falsifiés sur le clonage de cellules souches humaines à l’Université de Séoul nous est souvent présenté, en France, comme un cas isolé, un problème « coréen ». Mais les résultats falsifiés étaient parus dans la très prestigieuse revue américaine Science. A présent, on nous parle également d’une « douche froide pour les ambitions technologiques chinoises » (Nouvel Observateur, 16 mai) du fait qu’un jeune chercheur en informatique formé aux Etats-Unis, qui avait annoncé la mise au point d’un nouveau processeur digital, s’est avéré être un faussaire : il semblerait que « la pression (soit) trop forte sur les scientifiques chinois ». La réalité est que ces affaires sont loin d’être les seules qui secouent depuis longtemps les institutions scientifiques au niveau mondial, et pas spécifiquement en Chine ou en Corée. Un peu partout, de nombreux résultats falsifiés ont passé sans difficulté le barrage des « comités de lecture » dans les principales revues internationales. Les auteurs de ces faux sont invariablement des chercheurs connus et devenus influents, pas des « marginaux ». L’exemple coréen constitue, précisément, une poignante illustration de la crise profonde que traverse le monde scientifique dans l’ensemble des pays industrialisés. Mais pas seulement : il s’agit en réalité d’un problème plus global de notre société, celui des effets néfastes du lobbying, des pouvoirs discrétionnaires et de l’immunité institutionnelle.

      (...)

      Mais dans ce cas, quelles sont les causes profondes de cette prolifération des fraudes scientifiques ? Une question que Science, qui a diffusé un dossier complet sur l’affaire des résultats « coréens » falsifiés qu’elle avait publiés, est bien obligée de se poser également. S’agit-il d’une simple « course à la publication » ? Tel ne semble pas être le cas, d’autant plus que les responsables des falsifications ne sont pas des chercheurs « de base ». Les enjeux sont sans doute beaucoup plus importants.

      Pour les institutions scientifiques françaises, ces problèmes ne concerneraient pas la France. Mais un tel « raisonnement » est-il bien « raisonnable », si j’ose dire ? Dans un article mis en ligne il y a exactement un an (le 24 mai 2005) et intitulé : « Clonage thérapeutique : après le succès coréen, vers une levée de l’interdiction ? » , la Cité des sciences écrivait, dans un chapitre intitulé : « La Corée : pays roi du clonage humain » que : « Un an après l’annonce fracassante du premier clonage d’embryon humain, l’équipe de chercheurs sud-coréens dirigée par le professeur Woo Suk Hwang vient de réussir un nouvel exploit : cultiver onze lignées de cellules souches obtenues à partir d’embryons clonés ». Quelles vérifications les auteurs de l’article avaient-ils fait des résultats de l’équipe de Séoul pour avancer un tel verdict ? Il semble, tout simplement, qu’ils aient « cru » Science du fait que cette revue avait accepté les articles de l’équipe de Séoul.

      Dans le même article de la Cité des sciences, un directeur de laboratoire très connu déclare : « Les résultats de l’équipe coréenne démontrent que la technique de base est désormais accessible ». Autant dire que des intérêts industriels « ne pouvaient plus attendre ». Gèneéthique considère ce directeur de laboratoire comme un défenseur des exigences des fabricants de cosmétiques, voir par exemple cet article. Ledit directeur devait, d’après Le Monde (23 novembre 2005), tenir une conférence de presse à Paris conjointement avec l’alors Professeur Hwang, à l’occasion d’une cérémonie des Victoires de la médecine le 24 novembre, au Théâtre des Folies Bergères, au cours de laquelle il était prévu de décerner au chercheur coréen le prix de « l’homme de l’année 2005 ». Une cérémonie pour laquelle M. Hwang a dû annuler sa participation in extremis, à cause du « scandale éthique » qui commençait à prendre de l’importance en Corée. Le 21 novembre, Scientific American avait qualifié Hwang Woo-Suk de « dirigeant de la recherche de l’année ».

      (...)


    • Aujourd’hui 14 octobre 2007 10:41

      Et, de la même auteure (Isabelle Debergue), ces deux articles qui soulèvent entre autres le problème de la surprotection administrative et judiciaire des hiérarchies scientifiques et académiques françaises :

      http://www.geocities.com/petite_citoyenne/article140207.html

      Pour une commission d’enquête sur l’apparence d’impartialité de la Justice française

      (Isabelle Debergue, 14 février 2007)

      Quant à la juridiction administrative, la loi 86-14 du 6 janvier 1986 avait prévu des critères d’incompatibilité pour les membres des tribunaux, qui correspondent aux articles L231-5 et L231-6 de l’actuel Code de Justice Administrative, prescrivant que : « Nul ne peut être nommé membre d’un tribunal administratif ou d’une cour administrative d’appel s’il exerce ou a exercé depuis moins de trois ans dans le ressort de ce tribunal ou de cette cour : 1. Une fonction publique élective ; néanmoins un représentant français au Parlement européen peut être nommé membre d’un tribunal administratif ou d’une cour administrative d’appel à l’issue de son mandat ; 2. Une fonction de représentant de l’Etat dans une région, ou de représentant de l’Etat dans un département, ou de délégué de celui-ci dans un arrondissement, ou de directeur régional ou départemental d’une administration publique de l’Etat ; 3. Une fonction de direction dans l’administration d’une collectivité territoriale. » et que : « Nul ne peut être nommé membre d’un tribunal administratif ou d’une cour administrative d’appel s’il a exercé dans le ressort de ce tribunal ou de cette cour depuis moins de cinq ans la profession d’avocat » . Mais ces dispositions, qui datent d’il y a plus de vingt ans, paraissent à présent très insuffisantes et ne permettent pas d’empêcher une profonde osmose entre tribunaux et administrations. L’absence totale de séparation de carrières, au sein du Conseil d’Etat, entre les cabinets ministériels ou la direction de grandes administrations d’une part et la Section du Contentieux de l’autre, en fournit un exemple frappant qui est loin d’être le seul. De mon modeste point de vue, les risques actuels de confusion d’intérêts dépassent de loin les prévisions du législateur de l’époque, qu’il s’agisse du Conseil d’Etat, des tribunaux administratifs ou des cours administratives d’appel.

      Pour l’accès aux fonctions de juge administratif, le Code en vigueur, dans son article L233-4 basé sur la même loi de 1986, accorde une place particulière aux « professeurs et maîtres de conférences titulaires des universités ». De même, un nombre significatif de magistrats, surtout au sommet des juridictions, exerce en même temps des fonctions dans l’enseignement supérieur (notamment, de professeur associé aux universités). Pas seulement dans la juridiction administrative, d’ailleurs. Or, au cours des deux dernières décennies, les universités et les organismes de recherche se sont trouvés impliqués dans un nombre croissant de contentieux dont les OGM et l’amiante fournissent des illustrations particulièrement médiatisées, jusqu’à la mise en examen de trois prestigieuses institutions dans l’affaire de l’amiante de Jussieu. La situation très précaire de doctorants et jeunes chercheurs a également amené un certain nombre de litiges. On voit, malgré cela, des magistrats qui sont en même temps des professeurs associés rémunérés à ce titre par le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, intervenir dans le jugement de contentieux de ce Ministère et des établissements qui en dépendent. Cette situation paraît manifestement anachronique, et la relation pourrait être bien plus longue. Pas seulement pour la Justice proprement dite, mais aussi pour le contexte global dans lequel elle est gouvernée, gérée, évaluée... et dans lequel sont préparées les dispositions qui la régissent.

      C’est pourquoi il me semblerait pertinent qu’une commission d’enquête parlementaire soit mise en place, consacrée spécifiquement à la question de l’apparence d’impartialité de la Justice française et des institutions qui l’entourent, ainsi qu’aux garanties réelles de cette impartialité. Mais, pour ne pas en arriver à une impasse comme celle qui semble s’être produite après le rapport parlementaire sur Outreau, une participation citoyenne beaucoup plus conséquente, ouverte et permanente paraît indispensable.

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12986

      mercredi 13 septembre 2006

      Justice : et s’il fallait d’abord réformer la réforme ?

      (...)

      Une question paraît inévitable : peut-on vraiment espérer une réforme de la Justice avec l’actuel tissu institutionnel ? Ne risque-t-on pas de tourner en rond si on ne réforme pas au préalable les institutions devant émettre des avis, des propositions, des jugements... sur cette réforme ? Voici quelques pistes, de mon modeste point de vue, si on se place dans cette hypothèse :

      - Le Conseil d’Etat ne devrait pas être une juridiction administrative. Il paraît indispensable de séparer le rôle de conseiller du gouvernement de celui de juge du gouvernement et des administrations, par la création d’une Cour administrative suprême indépendante. Plus une « juridiction spéciale » chargée de la responsabilité disciplinaire, civile et pénale de juges, avocats et experts de justice.

      - Une stricte séparation des carrières devrait être imposée : i) entre la Cour administrative suprême, le Conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel et la « juridiction spéciale » précitée ii) entre ces quatre instances d’une part, et l’entourage du pouvoir exécutif ainsi que les directions d’entités publiques et privées, de l’autre. L’ensemble de la justice administrative et de l’ordre judiciaire, Cour de cassation comprise, devrait être soumis aux mêmes incompatibilités que la Cour administrative suprême.

      - Les magistrats ne devraient en aucun cas pouvoir devenir des professeurs associés à des universités, ni travailler pour une partie de leur temps à l’extérieur de leur entité d’appartenance. La participation de juges et conseillers d’Etat à des cercles d’influence privés serait interdite.

      - La composition et le fonctionnement du Conseil d’Etat en tant qu’instance consultative au plus haut niveau de l’Etat serait réformée dans le sens d’une ouverture directe aux citoyens.

      (...)


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 octobre 2007 13:21

      Article parodique

      J’aimerais donner quelques conseils aux responsables de la recherche scientifique pour couler un champ d’investigation prometteur. Quel intérêt me direz-vous ? Je n’en sais rien, mais la nature humaine étant ce qu’elle est, nous devons accepter que des gens aient comme objectif de saborder une recherche alors que d’autres se complaisent à faire leur propre malheur, comme l’exposa le célèbre sociologue de Palo Alto, Watzlawick, auteur d’un ouvrage au titre fort explicite, faite-vous-même votre malheur !

      Imaginez une recherche qui marche bien, sur les prions, sur les ulcères, sur la myopathie, sur la biologie intégrative, sur les maladies dégénératives, sur les mécanismes de réparation d’ADN mis au service de la redifférenciation des cellules tumorales, sur l’interaction biologie et ondes magnétiques, sur le langage des oiseaux, sur le SIDA. Prenons un exemple parmi ceux qui viennent d’être cités. Excluons d’emblée la recherche sur les oiseaux. Pour une raison simple, cela n’intéresse personne et quand on peut pourrir une recherche en tirant quelque satisfaction, autant le faire dans un domaine qui intéresse de près la population et qui de plus, brasse de l’argent, car vous devez être exigeant en terme de rémunération pour ce genre de mission. Excluons aussi les autres champs scientifiques, la France ne brille guère, sauf, à une époque, dans la compréhension du SIDA, avec et nul n’ignore ce nom, les travaux réalisés à l’Institut Pasteur par le Professeur Montagnier et toute une équipe fort compétente. On pourrait prendre d’autres exemples mais la plupart les ignorent. Ce qui n’a rien d’étonnant, puisque les saboteurs de la recherche ont été très efficaces, ayant su éteindre des innovations scientifiques avant qu’elles ne tombent dans la sphère publique et médiatique.

      Pour ne pas vexer les troupes, je préfère inventer un domaine scientifique, la recherche sur le DADA, maladie dont l’origine fut longtemps inconnue avant qu’une équipe du CNRS n’en découvre les mécanismes. Fort de cette avance, les laboratoires ont essaimé, les doctorants ont été formés et des équipes, à l’INSEM, dans les Facs et au CNRS, se sont constituées. C’est le moment de mettre en œuvre le sabotage. Première étape, indispensable, créez, à partir d’une cellule à Matignon, ou maintenant à l’Elysée, puisque tout se décide dans le Palais présidentiel ; décrétez une mission qui débouche, rapidement, sur la création d’une agence. Cela prend du temps me direz-vous ? Eh bien non, il ne s’agit pas de construire une école, un hôpital, une maison de retraite ou une crèche, mais simplement pourrir une recherche prometteuse en mettant les moyens suffisants à partir de structures dirigées par les plus hautes sphères. Donc, vous créez l’Agence Nationale de Recherche contre le DADA, l’ANRDADA, retenez bien le sigle, c’est essentiel.

      La marche à suivre est simple. Dotez l’ANRDADA de moyens importants. Au besoin, appliquez le principe de péréquation mais à l’envers. Pour compenser cette dépense, vous fermerez quelques maternités, dans le Gers ou en Corrèze par exemple. N’ayez aucune crainte, les Chirac n’y vont plus, leur destin est ailleurs. En plus, ça fera bisquer François Hollande. Et quand François s’énerve, ça amuse les Français et ça permet de fournir quelques images au zapping de Canal plus. Une fois les moyens attribués, sachez les utiliser avec le principe d’efficacité et de pragmatisme.

      Une agence comme l’ANRDADA doit en premier lieu se doter d’une équipe dirigeante, avec un Président, un Directeur, au moins trois Adjoints et quelques conseillers. C’est là que l’énarque inexpérimenté commettra l’erreur classique. Il donnera ces postes à quelques confrères mal à l’aise dans leur Ministère, ou alors un copain qui vient de se faire virer de chez Rachida, ou encore un démissionné d’une grande entreprise qu’il a contribué à couler. Non, ce n’est pas ainsi qu’on gère une mission de service public essentielle comme le sabotage d’un domaine de recherche. Il faut laisser les copains et savoir être éthique en la matière. La meilleure des stratégies consiste à débaucher deux, trois, quatre... sommités scientifiques reconnues dans le domaine. Avec les moyens dont vous disposez, vous n’avez plus qu’à les nommer, moyennant un bon salaire, membres de la direction de l’ANRDADA. Jouez sur l’ego, flattez-les, au besoin, invitez-les aux Seychelles pour une réunion de travail. Dès que la direction est en poste, vous avez l’assurance d’avoir éloigné une bonne partie des grosses pointures du domaine qui, de réception en réunion, de parties dans les couloirs ministériels aux invitations à Cannes, Rolland Garros et la tribune VIP du PSG, avec quelques hôtesses bienveillantes, auront vite fait de s’éloigner des préoccupations scientifiques. La partie est bien engagée, vous avez débauché quelques éléments de la colonne vertébrale de la recherche sur le DADA. Les voilà prêts pour leur nouveau job. Gérer des crédits et se présenter dans des manifestations dès qu’il y a lieu, y compris quand les médias sont présents. Car le cas échéant, vous pouvez augmenter les moyens en sollicitant les citoyens.

      Mais si vous ne le sentez pas, faites plutôt appel à des peoples. Prenez Monica Belluci et Patrick Bruel, ils sont faciles à convaincre, il n’y connaissent rien, surtout Bruel, qui récolta des fonds pour l’ARC pendant que Crozemarie faisait la bamboula. Direction JP Foucault, qui veut gagner le premier palier des 40 000 euros pour une association avec des questions qui sont adaptées. Après, faites confiance à cette belle équipe, le fils Leconte, le fils Jugnot, Steevy etc. pour une belle partie de Boyard et plein de pognon sous réserve que Steevy ne soit pas désigné pour les énigmes du père Fourasse. Les idées de manquent pas, y compris Danielle Gilbert à qui ont doit pouvoir confier une mission.

      Seconde étape, l’assèchement des moyens, ou plutôt, la stratégie de contournement des crédits. Si vous voulez saboter une recherche rapidement, il suffit de réduire ses moyens. C’est simple, il suffit de créer une structure de pilotage destinée à ventiler les crédits dans les différentes équipes de recherche sur le DADA. Là, ne vous trompez pas. Contrairement à l’étape précédente où il fallait débaucher les meilleurs vers la Direction, pour gérer administrativement les crédits et les distribuer, recrutez les plus médiocres, les tacherons qui, grâce à la stabilité de l’emploi scientifique voulue par le socialisme jacobin, figurent encore dans l’organigramme des équipes de recherche, font semblant de travailler, ont raté leur carrière. C’est du pain béni pour votre objectif. Il n’y a pratiquement aucun effort à faire. Proposez leur un poste de gestionnaire, pour évaluer les travaux des laboratoires, fignoler les détails dans la paperasse, multiplier les formulaires. Ils se feront un plaisir d’accomplir cette tâche. Payez-les correctement, un peu plus que leur salaire de fin de carrière. Ils sauront accomplir leur travail avec le plus de sérieux possible, mobilisant leur incompétence jusque dans les détails les moins importants. En plus, les plus aigris se feront un plaisir de saquer leur anciens collègues, jaloux de leur succès scientifiques, ils auront enfin leur revanche en saignant les fonds nécessaires pour réaliser les expériences indispensables pour que la recherche sur le DADA avance.

      Et voilà, maintenant, sans le crier sur les toits, vous pouvez enfin mourir tranquille, serein d’avoir réussi votre vie et d’avoir sabordé l’un des domaines de recherche où la France était en pointe. Vous n’avez pas de honte à avoir, ni de regret. La thérapie contre le DADA a été trouvée par une équipe américaine. La France a acheté les médicaments. Le trou de la Sécu augmente. Mais un jour, vous pourrez dîner avec celui qui avait en charge de plomber l’Assurance maladie et vous allez pouvoir rigoler un bon coup.


      • Serviteur Serviteur 12 octobre 2007 13:32

        En dépit de certains relents conspirationistes ce commentaire est vraiment excellent dans sa description de la sclerose qui s’installe inévitablement dans toute structure humaine meme si je n’ai pas vu trace du reflexe de protection qui consiste a engager non pas le candidat le plus apte mais celui qui ne vous fera pas concurrence au sein de l’organisation.

        bonne apres midi a tous. Serviteur.


      • orwell 17 octobre 2007 17:23

        Un peu trop farfelu à mon goût. La vérité est presqu’aussi extraordinaire :

        Au début des années 80, de jeunes médecins français (Rozenbaum, Leibowitch) décident de tester l’hypothèse que le SIDA serait du à un rétrovirus. Il vont voir un rétrovirologue français, Jean-Paul Levy, avec un prélèvement ganglionnaire de malade et lui demandent de travailler sur l’échantillon. Ce dernier les éconduit, et l’échantillon aboutit dans les mains de Luc Montagnier et de son équipe avec le succès que l’on sait. En 1989, le gouvernement (socialiste) décide de créer l’Agence Nationale de Recherche sur le SIDA, et met à sa tête..... Jean-Paul Lévy. Des crédits phénoménaux ont été déversés alors sur la recherche contre le SIDA, tandis que dans le même temps, en l’espace de quelques années, la France perdait complètement son rang de leader. La situation aurait pu rester en l’état longtemps si une revue scientifique de premier plan américaine n’avait établi le triste bilan de la recherche sur le SIDA en France en 1998.

        http://intl.sciencemag.org/cgi/content/summary/279/5349/312?ck=nck .

        Extrait :« the French system stifles creativity, rewards mediocrity, and places serious obstacles in the way of young scientists seeking an independent career. »

        A la suite de cette publication, y a eu un changement de tête à la direction de l’ANRS, mais sans bouleversement profond de la structure de pouvoir et de financement de la recherche sur le SIDA en France.


      • Voltaire Voltaire 12 octobre 2007 13:31

        L’article soulève des interrogations légitimes mais semble exagérer les intentions du gouvernement à l’égard du CNRS.

        En ce qui concerne les reproches faits au CNRS, je ne pense pas que celui lié à l’applicabilité de ses découvertes soit recevable. Au delà des universités, la France possède différents organismes de recherche à but différents. Le CNRS est prioritairement dédié à la recherche de base, et cela n’est pas remis en question par ce gouvernement.

        Fallait-il retirer au CNRS l’évaluation de ses propres travaux ? Le principe se discute. l’important est que le système fonctionne de façon indépendante. Laissons un peu de temps à l’AERES avant de critiquer.

        Le projet de fusioner des organismes en fonction des disciplines est un serpent de mer que personne n’envisage sérieusement à ma connaissance.

        La question qui se pose actuellement est la transformation du CNRS en une agence de moyen (genre NSF américaine).

        Cette question mérite d’être posée : ce type d’agence a prouvé son efficacité à l’étranger. Néanmoins, le CNRS a aussi démontré sa qualité dans sa configuration actuelle. Le débat sur la restructuration de la recherche française a fait l’objet de maintes concertations et rapports. La communauté scientifique (sauf quelques syndicats) est très favorable à une réforme qui lui apporterait plus de souplesse, tout comme l’université est demandeuse de plus d’autonomie. Il me parait difficile de jeter la pierre au ministère de la recherche pour sa demande de sursoir à l’application d’un programme de réforme interne au CNRS : dans la mesure où l’ensemble du système de recherche français demande à être modernisé, il faut le faire en cohérence et non pas chaque organisme séparément.

        Les personnes en charge de la réforme du système de recherche au ministère sont des personnes compétentes et qui défendent la recherche. Et je ne pense pas que ce sujet soit suffisament prioritaire et politique pour le président de la république pour qu’il soit trop parasité par de l’idéologie. Attendons de voir les propositions concrètes avant de juger. La ministre actuelle a le mérite de s’être attaquée à des réformes nécessaires pour l’université (gouvernance, premier cycle...). Même si l’on peut discuter de certaines des mesures prises (comme le système de nomination des présidents d’université), on va plutôt dans le bon sens. La ministre actuelle, faute d’être dans le cercle intime du président de la république, a une obligation de résultat. Si toute réforme fait forcément des mécontents, certaines critiques évoquées dans cet article me paraissent un peu hâtives.


        • tvargentine.com lerma 12 octobre 2007 13:36

          Il faut tourner la page de 68 et moderniser la recherche en France.

          Regardons ces 25 dernières années et constatons qu’aujourd’hui la recherche est devenu à l’image d’un travailleur pauvre à qui on oblige de travailler 35h et interdit de travailler plus pour gagner plus ,le laissant avec son salaire de pauvre et une inflation des prix et des loyers seul !

          C’est l’image du CNRS aujourd’hui qu’il faut moderniser dans les têtes et les esprits afin de permettre au plus grand nombre de s’enrichir en travaillant plus avec les entreprises ,un peu à l’image des américains.

          Qui a créé GOOGLE ??

          Ou sont les créateurs d’un GOOGLE en France ????

          L’entreprise et la science doivent marcher ensemble

          La culture des soixantes huitards du CNRS,n’aura que prolétarisé la science en France


          • Aujourd’hui 14 octobre 2007 09:43

            « il ne faut surtout pas imiter les systèmes Japonais ou Américains où les labos travaillent sans aucune concertation, et parfois dans un contexte concurrentiel... Les Américains peuvent se permettre de jeter de l’argent par la fenêtre... »

            Absurde. La force du système scientifique US, qui collectionne les prix Nobel si on le compare avec l’Europe occidentale, réside précisément dans la grande diversité de ses établissements scientifiques et de ses sources de financement. On peut faire de la recherche à beaucoup d’endroits, sans avoir toujours en face les mêmes hiérarchies et administrations. Et la concurrence n’est pas forcément une expression du capitalisme. Mao Zédong avait parlé des cent fleurs, des écoles qui rivalisent...

            Le CNRS a été une institution utile tant que ses dirigeants n’ont pas voulu jouer les « grands planificateurs » et qu’on n’a pas vu d’énarques débarquer dans son administration. Pareil pour bien d’autres domaines du secteur public.

            On nous dit que la meilleure discipline du CNRS est la Physique. J’ai un peut fait le tour des derniers prix Nobel français : dans un domaine superplanifié comme le nucléaire et les particules, le seul que je trouve est Charpak, mais apparemment il faisait dans son coin du développement de détecteurs et n’a jamais dirigé une de ces grosses expériences sur accélérateur dont on nous met plein la vue. Les trois autres (de Gennes, en réalité prix Nobel de Chimie, a eu le prix pour des IDEES ORIGINALES ; Cohen-Tannoudji, c’est une petite équipe ; Fert, c’est pareil) représentent la « petite recherche » plus ou moins individuelle. Ce que, justement, les politiques français s’emploient à tuer depuis les années 1980.


          • Aujourd’hui 14 octobre 2007 09:50

            « Regardons ces 25 dernières années et constatons qu’aujourd’hui la recherche est devenu à l’image d’un travailleur pauvre à qui on oblige de travailler 35h et interdit de travailler plus pour gagner plus... »

            Ce n’est pas cela. Je pense, plutôt, que lorsque la recherche française fonctionnait bien, c’est lorsque les chercheurs ne travaillaient pas pour de l’argent, ni pour du pouvoir et des promotions, mais PAR VOCATION. Pareil dans bien d’autres domaines du secteur public.

            Lorsque le fric, la course au pouvoir, les lobbies... s’en sont mêlés, la décadence a commencé. Dans les années 1970, des premiers de Normale Sup ou de l’X, ou de très bons étudiants de la Fac, acceptaient des salaires modestes pour faire de la recherche ou d’autres activités jugées « très nobles », au lieu d’aller s’en mettre plein les poches dans l’industrie. A présent, l’argent a tout gâché.


          • Svenn 14 octobre 2007 14:09

            « Ce n’est pas cela. Je pense, plutôt, que lorsque la recherche française fonctionnait bien, c’est lorsque les chercheurs ne travaillaient pas pour de l’argent, ni pour du pouvoir et des promotions, mais PAR VOCATION. Pareil dans bien d’autres domaines du secteur public. »

            Il ne faut pas pousser. Je ne vois pas au nom de quoi les chercheurs et eux seuls devraient se serrer la ceinture. Un jeune chercheur au CNRS ( soit 32 ans environ a l’heure actuelle) est payé environ 1,5 SMIC alors qu’il a bac + 8 et environ 7 ans d’expérience. Tu crois sérieusement qu’un ingénieur ou un médecin, qui n’ont pas fait plus d’études accepteraient de travailler pour 1,5 SMIC ? Aujourd’hui, tous les chercheurs font ce métier par vocation, ce n’est surement pas pour l’argent sinon ils feraient autre chose.

            A l’époque où la recherche francaise fonctionnait bien, les chercheurs étaient bien mieux payés aussi, on ne faisait pas un doctorat en étant payé au SMIC (dans ce cas, autant faire un CAP, c’est dix ans d’études de moins pendant lesquelles tu gagnes de l’argent, c’est un boulot beaucoup moins stressant que la recherche et quand tu as fini ta journée, tu peux rentrer chez toi et tu n’as pas a attendre jusqu’à 21 heures que l’expérience se termine)

            « Lorsque le fric, la course au pouvoir, les lobbies... s’en sont mêlés, la décadence a commencé. Dans les années 1970, des premiers de Normale Sup ou de l’X, ou de très bons étudiants de la Fac, acceptaient des salaires modestes pour faire de la recherche ou d’autres activités jugées »très nobles« , au lieu d’aller s’en mettre plein les poches dans l’industrie. A présent, l’argent a tout gâché. »

            Ben voyons. Je ne sais pas ce que tu fais comme métier, mais est-ce que tu accepterais de diviser ton salaire par 3 pour faire un métier « très noble » ? Parce que très concrètement, c’est ce qui se passe avec les X et les normaliens. Soit ils touchent 3 SMICS, puis rapidement 5 en allant travailler dans une banque. Soit ils font une thèse (à 1.05 SMIC), puis des post-doc, puis enfin, au bout de sept ou huit ans, ils décrochent un poste à 1.5 SMIC.


          • Aujourd’hui 14 octobre 2007 22:11

            Dans les années, disons, 1960-75, les jeunes français n’étaient pas au chômage. Le SMIC n’existait pas, les gens gagnaient suffisamment pour vivre, et ainsi de suite... A cette époque, le CNRS et les facs avaient un nombre suffisant d’emplois à proposer aux jeunes, et l’évolution des carrières était normale.

            Dans ces conditions, ceux qui choisissaient la recherche étaient souvent les meilleurs : par vocation, ils préféraient cette filière aux revenus malgré tout comparativement modestes, plutôt que des « voies royales » dans l’industrie.

            Dans les années 1950, la situation des scientifiques avait été encore meilleure : il y avait des créations de postes un peu partout, et les carrières étaient très rapides.

            C’est une évidence : avant 1975, on n’allait pas dans la recherche pour de l’argent, et c’est d’avant 1975 que datent toutes les embauches qui se sont soldées par des Prix Nobel dans les années 1990-2000.


          • Aujourd’hui 14 octobre 2007 22:23

            Mais, naturellement, les chercheurs qui avaient choisi ce métier par vocation n’étaient pas « manipulables ». Ils étaient vraiment indépendants, disaient ce qu’ils pensaient, publiaient tous leurs résultats et pouvaient dénoncer des recherches qui leur semblaient peu éthiques. La situation était analogue dans d’autres branches du domaine public, d’ailleurs.

            Giscard et Barre, mais aussi Mitterrand, Chirac et la suite, ont trouvé cette situation inacceptable. Depuis 1975 environ, et jusqu’à ce jour, ils se sont employés à tout faire pour transformer les chercheurs et d’autres professionnels en mercenaires, de surcroît de plus en plus précaires et à la botte.

            Rappelons que Raymond Barre fut l’un des premiers membres de la Commission Trilatérale. Déjà en 1973.


          • Svenn 15 octobre 2007 12:47

            Le salaire est loin d’etre la seule raison pour laquelle un X ou un normalien peut hesiter a faire de la recherche.

            La premiere chose a savoir, c’est que le fait de sortir d’une de ces ecoles ne garantit absolument pas de decrocher un poste dans la recherche j’ai vu personnellement un certain nombre d’echec. Hors de la recherche, l’echec est exceptionnel pour ces etudiants.

            Autre chose que vous oubliez, c’est les moyens materiels de faire de la recherche. J’ai travaille dans un centre de recherche francais classe parmi les meilleurs d’apres un recent classement de je-ne-sais-plus-quel-hebdomadaire, je travaille a present dans un centre equivalent en Allemagne : mon budget de recherche (donc l’equipement que j’achete et les services que j’utilise) ont ete multiplie par 3 ou 4. La ou une manipe me prenait une ou deux semaines, je la sous-traite au prive, ca me prend une heure pour preparer les echantillons et remplir le bon de commande et je peux me consacrer ensuite a une autre manipe. Sachant que les USA ont des moyens encore bien superieurs par chercheur a ceux d l’Allemagne, vous comprendrez aisement pourquoi les prix Nobel sont bien plus souvent americains que francais, meme en tenant compte de la difference de population.

            Pour finir, il est parfaitement logique qu’aucun chercheur recrute depuis 1975 n’ait eu le prix Nobel, ce n’est pas le genre de recompense qu’on obtient a 30 ans sauf tres rare exception. La majorite ont plutot 60 a 70 ans donc il n’y a rien de surprenant a ce que cette generation n’ait pas encore decroche ce prix.


          • Svenn 15 octobre 2007 12:56

            J’ai oublie quelque chose parce que ca m’enerve de le lire tous les 3 posts :

            Comme tous les chercheurs, je ne demande l’autorisation a personne de publier mes donnees et je ne m’auto-censure jamais. J’ai des resultats scientifiques, je redige un papier, et je soumets a un journal qui de toute facon n’est pas base en France. Tout est publiable a condition d’avoir les preuves scientifiques (et je peux t’assurer que j’ai deja vu des papiers assez « limite » sur le plan ethique mais parfaitement valable sur le plan scientifique)

            Science (base aux USA) ne se gene pas pour critiquer l’administration US sur sa politique de recherche quand cela est justifie et Nature fait de meme en Europe. Nature avait notamment consacre quelques pages aux projets pour la recherche des principaux candidats a l’election presidentielle en France et je peux t’assurer qu’ils n’avaient pas ete tendres avec Sarkozy.

            Les chercheurs sont rarement infeodes, bien au contraire. Je ne connais aucune autre profession (a part sans doute les footballeurs) dans laquelle on n’hesite aussi peu a changer de pays pour des raisons professionnelles. Et en l’occurence, la France exporte bien ses chercheurs a l’heure actuelle ...


          • Abstention 2007 12 octobre 2007 14:20

            On trouve sans doute quelques clés du problème dans ces deux articles :

            http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=196

            Valérie Pécresse devrait démissionner du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (2 juillet 2007)

            (...)

            Valérie Précresse a eu droit à ce commentaire de Nicolas Sarkozy : « On a rarement vu un ministre aussi heureux d’être nommé à l’Enseignement supérieur ». Mais c’est là, précisément, que réside le problème. Surtout, dans le contexte de la préparation d’une nouvelle loi d’autonomie des universités qui intéresse très directement le patronat. Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche couvre un domaine très proche des intérêts personnels et privés que peut incarner la nouvelle ministre. Mariée avec un directeur général adjoint du groupe industriel Imerys dont l’activité de recherche et développement est importante, Valérie Pécresse est également fille d’un professeur de l’université Paris Dauphine devenu en janvier 2007 président de Bolloré Télécom, un autre consommateur de haute technologie. La nouvelle ministre présente donc une proximité avec des intérêts privés et de groupe importants, qui paraît incompatible avec l’exercice au plus haut niveau de l’Etat de fonctions dans un domaine qui n’est pas étranger à ces intérêts. Demander pour cette raison la démission de Valérie Pécresse et la suspension des travaux sur son projet de loi d’autonomie des universités, dont la portée stratégique est reconnue, ne relève en rien de l’attaque personnelle. Même si, depuis un mois et demi, la « gauche » et les directions des principales centrales syndicales ont gardé le silence sur le contenu réel de la nomination de cette ministre.

            Comment nier l’existence d’un réel problème ? Mais, étrangement, la « gauche » a raté, un mois avant les élections législatives et alors que les vagues du voyage à Malte de Nicolas Sarkozy juste après les présidentielles étaient très récentes, l’occasion de dénoncer l’accès d’une personne proche du clan Bolloré à un ministère important censé conduite une « réforme » à brève échéance. Pourtant, Vincent Bolloré avait jugé nécessaire de s’expliquer publiquement devant les critiques qu’avaient suscité mes vacances très coûteuses gracieusement offertes par lui et par son groupe au nouveau président de la République Française. Il faut que la politique parlementaire soit une sinistre comédie, pour qu’une telle « omission » ait pu se produire et perdurer pendant un mois et demi.

            (...)

            http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=213

            Les doutes sur l’indépendance des chercheurs et la nouvelle loi sur les universités (5 août 2007)

            (...)

            La question de l’autonomie des universités fait partie de la trentaine de sujets exclus de la manifestation syndicale du 31 juillet. Fin juin, Jack Lang avait ouvertement soutenu le projet de loi de Valérie Pécresse qui rapproche les universités du secteur privé et ouvre la voie à l’embauche généralisée d’enseignants et chercheurs précaires. Pourtant, même aux Etats-Unis que le monde politique français nous présente comme un modèle, la privatisation et la contractualisation de la recherche suscitent dans l’opinion publique des doutes croissants sur l’indépendance des chercheurs et sur l’efficacité d’un tel système.

            Sur trente-cinq lois soumises au Parlement au cours de la session extraordinaire qui vient de se terminer, une seule a fait l’objet d’une manifestation syndicale, et encore très tardivement : celle sur le service minimum qui, de toute façon, a été adoptée comme les autres. C’est vrai que ce genre de manifs de circonstance ne trompent personne et encouragent le pire.

            Le rapporteur de la loi sur les universités, Benoist Apparu, déclarait dans Libération du 23 juillet : « Nous proposons de transférer aux présidents d’université un pouvoir aujourd’hui partagé entre le ministère d’une part et les facultés d’autre part. » C’est une manière de faire du président un patron et de faire fonctionner l’université « comme une entreprise ». Un langage que l’on entend de plus en plus, depuis deux décennies, de la part des responsables des organismes publics. D’après le même article, l’UNEF avait « choisi de ne pas s’associer aux syndicats qui réclament le retrait pur et simple du texte ». Ce qui ressort également de son absence des appels exprimant cette revendication, ainsi que de son appréciation, émise dès le 27 juin, estimant que la deuxième mouture de la loi Pécresse permettait de préserver les fondements du modèle universitaire français. Pourtant, cette « nouvelle université » n’est qu’un pas de plus vers un vieux « modèle » : celui des universités des Etats-Unis d’Amérique directement contrôlées par l’oligarchie financière. L’UNEF ne semble pas s’intéresser aux ressemblances entre les principales tendances de la loi Pécresse et un système comme celui depuis longtemps en place outre-Atlantique et qui a connu, entre autres, des affaires sordides de suicides d’étudiants de doctorat.

            (...)


            • Universitaire 1995 12 octobre 2007 20:22

              Du même auteur de ces deux articles cités dans le commentaire, cet autre article du 7 août dont les événements semblent avoir confirmé les idées de base :

              http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=215

              « Gauche » et directions syndicales ont aidé Nicolas Sarkozy à faire adopter ses « lois de juillet »

              Nicolas Sarkozy a réussi à faire passer, en très peu de temps depuis son élection à la présidence de la République Française, une incroyable avalanche de textes législatifs et réglementaires sans rencontrer de réelle opposition. Ce n’est pas une surprise. Les conséquences destructrices de l’ensemble des lois votées et des décrets publiés n’ont guère fait l’objet d’analyses circonstanciées. Pourtant, le programme du nouveau président était connu et annoncé depuis le mois de mai. Mais au sein de la « gauche » les préoccupations étaient autres. Les « ouvertures » gouvernementales, le « statut de l’opposition », les nouveaux « débouchés » offerts à des « personnalités de gauche »... accaparaient bien davantage l’attention. Vraiment, rien de surprenant, après trois décennies de politique unique et de rencontres « transversales ». Quant aux grandes centrales syndicales, elles n’ont organisé aucune mobilisation pendant les deux mois qui se sont écoulés entre l’élection de Sarkozy et le début de la session extraordinaire du Parlement qui a duré tout le mois de juillet et à laquelle elles n’ont pas, non plus, réagi. Manque de moyens ? Certainement pas.

              (...)

              Un décret du 2 août vient de clôturer la session extraordinaire du Parlement français commencée le 3 juillet. Trente-cinq lois intéressant tous les domaines (travail, éducation, santé, prisons...) étaient inscrites au programme, plus d’autres points importants. Y compris, un « débat sur les résultats du Conseil européen des 21 et 22 juin 2007 concernant la réforme des traités ». Le tout était officiellement connu depuis le 27 juillet et, de façon informelle mais claire et publique, depuis bien avant. En mai et juin, Sarkozy, Fillon, et les membres du gouvernement, avaient reçu des dirigeants de la « gauche » et des centrales syndicales pour leur exposer leurs projets. Au même moment, les gouvernements « Fillon 1 » et « Fillon 2 » incorporaient un nombre croissant de « personnalités de gauche », pendant que d’autres se voyaient proposer des « missions » ou des postes importants. Le 27 juin, lorsque Sarkozy convoquait sans susciter aucune vague la session extraordinaire du Parlement et le « socialiste » Jack Lang n’hésitait pas à soutenir publiquement le projet de loi de Valérie Pécresse sur les universités, plusieurs tractations politiciennes étaient en cours. La semaine suivante, les médias diffusaient l’annonce du soutien de Nicolas Sarkozy à la candidature de Dominique Strauss-Kahn la présidence du Fonds monétaire international. Quant à Jack Lang, il est devenu vice-président d’un « comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République ». Et la liste pourrait être beaucoup plus longue : Jacques Attali a accepté de présider une « commission sur les freins à la croissance » ; Hubert Védrine a été chargé d’un rapport « sur la mondialisation », etc...

              Précisons que la plupart de ces « personnalités de gauche » que Nicolas Sarkozy associé à ses activités sont des membres ou des invités habituels de l’association « Le Siècle », haut lieu de la « transversalité » que Sarkozy lui-même a fréquenté depuis le début des années 1990 et qui n’est pas le seul lieu de « rencontres transversales » qu’aient commun la politique et la « gestion des affaires » françaises au cours des décennies récentes. Sarkozy le Transversal n’a fait que rendre publique et plus officielle la « politique unique » qui sévit dans le pays depuis les années 1970. Lorsque Robert Badinter se plaint d’une « dérive » des institutions françaises vers une présidence « impériale », il « oublie » que la véritable politique ne se fait ni à l’Elysée, ni au gouvernement, ni au Parlement. Qu’elle est dictée par les lobbies financiers et les multinationales, dont les commis sont, notamment, très présents dans ces structures « transversales et informelles » que les médias ne mentionnent presque jamais.

              (...)

              A noter également le dernier édito de Confrontations Europe, un « think tank » créé en 1991 par Philippe Herzog, Jean-Pierre Brard, Jean-Christophe Le Duigou, Jean Peyrelevade et Michel Rocard, et qui compte à ce jour une importante participation « communiste » ou « assimilée communiste » et « cégétiste » dans ses instances à côté de représentants de la grande finance, des multinationales, de la « droite », du « centre », de la sociale-démocratie...

              Philippe Herzog écrit notamment : « Les rencontres économiques d’Aix-en-provence 2007 ont exploré la question : quels capitalismes pour le XXIème siècle ? Réunissant près d’un millier de participants, des personnalités venues du monde entier, cette remarquable réussite est le fruit de la créativité, de la convivialité, et de l’esprit d’initiative de Jean-Hervé Lorenzi et du « Cercle des Economistes ». Leurs réflexions et celles de Confrontations Europe convergent sur l’essentiel... » Au moins, c’est clair. De la « gauche de la gauche » à la droite, la question qui se pose n’est plus celle de savoir si le capitalisme est le système économique et social adapté à notre époque, mais « quel capitalisme » convient le mieux aux intérêts des classes dominantes.

              (...)


            • Universitaire 1995 12 octobre 2007 20:31

              En clair, dès lors que le capitalisme n’est plus en cause et que même la « gauche » et la « gauche de la gauche » sont ouvertement pour ce système économique et social, que peuvent devenir des organismes comme le CNRS, l’INSERM, les universités publiques... ? On les gardera tant que les multinationales trouveront rentable de s’en servir.

              Lorsque les multinationales estimeront ne plus en avoir besoin, tout sera privatisé, et il ne faut pas compter sur la « gauche » ou les syndicats majoritaires pour s’y opposer. Fort malheureusement.

              Les organisations syndicales n’ont rien fait pour s’opposer à la loi Pécresse, mais déjà il y a un an et demi la « gauche » et les principales centrales syndicales avaient adoptés des attitudes très ambiguës et démobilisatrices à propos de projets de loi tels que la loi dite « de programme pour la recherche ». Et ce n’est pas le seul exemple.

              Début 2006, Sarkozy avait déjà fait jouer la « transversalité » à fond pour générer un consensus de désaveu de De Villepin tout en faisant passer la même politique sous d’autres déguisements. A présent, il poursuit la même stratégie. Y compris sur l’Europe, qui aidera de manière décisive à donner le coup de grâce au secteur public français.


            • Mohammed MADJOUR Mohammed 12 octobre 2007 16:03

              Les travaux non récompensés auront la peau et les os du Cnrs !

              Le Cnrs comme le reste fait face au problème de la légitimité :

              Alourdi depuis longtemps par la Légion étrangère de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens vomis par leurs pays d’origines imbéciles et corrompus, l’administration de cette institution égoïste et égocentrique refuse le droit au mérite et impose l’anonymat aux plus ingénieux !

              La France a toujours combattu par les Légions de Soldats inconnus, chanté par la voix des Etrangers et progressé grâce aux muscles et surtout grâce aux cerveaux des Exilés...Tout un patrimoine illégitime !

              Le Cnrs est de toute façon dépassé, il pourra toujours constater l’inutilité des conduits souterrains à la lisière franco-suisse...Ces casse noisettes pour lesquels d’énormes budgets ont été dilapidés ! Mais il s’évade déjà vers l’utopie de l’ITER qui engloutit les milliards à huit clos !

              De quoi soulager une Sécu agonisante, mais l’Etat est plus malade de son image que ne le sont les citoyens de leurs tumeurs !

              A quoi sert ? LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET L’EPISTEMOLOGIE est une affaire classée, ELLE DECLASSE DEFINITIVEMENT LES AMBITIONS FRANCAISES !

              MOHAMMED.


              • moebius 12 octobre 2007 18:35

                ...la peau du CNRS...mais pourquoi l’état voudrait il sa peau ?...une revanche peut etre ? de qui que quoi ? contre qui que quoi ?...ensuite aprés ça chacun dépose sa petite crotte idéologique trés précieuse mais pas toujours trés convaincante


                • G de Souza 14 octobre 2007 17:56

                  Beaucoup a été dit sur les capacités et incapacités du CNRS... Et cela ne s’arrêtera pas tant qu’un peu de bon sens n’intègre pas la discussion. Ainsi, plutôt que de critiquer les chercheurs du CNRS, il me semble qu’il faudrait réfléchir aux objectifs premiers de cet organisme. Ces objectifs sont ’ils toujours conformes aux besoins actuels de la France, voire de l’Europe dans un environnement très concurrentiel ? Ou faut ’il développer des savoirs et savoirs faire à même de maintenir notre économie et notre niveau de vie face à cette concurrence internationale ? Qu’est ce qui est fondamental pour nous assurer un avenir serein ? Quels sont les sujets où les technologies actuelles qui seront nécessaires dans le futur et qui sont trop coûteuses, trop énergétivores ou trop consommatrices d’eau... pour qu’elles puissent être démocratisées ?

                  La réponse à ce type de questions aidera à définir ces objectifs qui doivent tout d’abord illustrer ces visions stratégiques sur lesquelles le pays souhaite s’engager. Une fois ces objectifs définis, il faut mettre en place une organisation la plus souple et légère possible, qui puisse supporter et aider dans l’autonomie, l’avancement de chaque équipe de chercheurs pour qu’ils puissent se consacrer à ce qui fait leur valeur ajoutée « leur savoir scientifique et leur créativité ». Ces équipes de recherche devront intégrer des profils de chercheurs variés, recrutés selon des modalités multiples. Ainsi, à la rigueur mathématique et technique du chercheur « à la Française », il faudra intégrer des ingénieurs et scientifiques créatifs qui ont déjà eu une première expérience industrielle et y ont acquis une bonne connaissance de l’état de l’art et des points forts/points à améliorer dans le domaine de recherche étudié. Une autre règle d’Or est relative à la part budgétaire qui doit être consacrée aux salaires : Elle ne doit pas dépasser les 50% ! C’est par la mise en œuvre d’expériences que les chercheurs trouvent, observent, se remettent en cause. Avec un budget salaire atteignant les 80%, les chercheurs du CNRS sont condamnés à laisser faire les autres et à théoriser sur papier ce qui sera découvert par les autres... Donc, loin des idéologies, c’est au bien être et à l’efficacité de nos chercheurs qu’il faut penser. C’est par leur réussite et leurs découvertes que l’on relancera l’attrait pour les sciences en France et que l’on améliorera de même les ressources de la recherche et les ressources du pays.


                  • jeanclaude 14 octobre 2007 18:49

                    Par le hasard de mes relations, j’ai connu deux personnes travaillant au CNRS ; dans deux villes, domaines et années de témoignage différents. Les deux m’ont assuré qu’une partie significative des personnels des unités où ils travaillaient n’avait plus le feu et travaillaient donc avec modération, loin de l’enthousiasme qu’un néophyte pourrait prêter à un chercheur. Autrement dit, dans une équipe, une minorité avait le feu et l’ambition de découvrir. Une majorité travaillait, parce que, c’est légitime, il faut bien travailler pour vivre. Ces témoignages étaient donnés sans acrynomie, mais avec amertume, car ceux qui se donnaient n’étaient ni mieux payés ni mieux récompensés que les autres.

                    Ce qui me choque, si ce mal est réel et partagé dans beaucoup d’équipes, c’est que cette institution n’a pas sû trouver elle-même les moyens de la surmonter. Je prends le cas de l’hôpital public, où l’introduction de l’évaluation et de l’accréditation, grâce à Alain Juppé, en 1995, a fait bouger les choses. Au CNRS on a l’impression que les bons couvrent les médiocres. La raison ? La peur de voir échapper les avantages d’un système où tout le monde, sans être vraiment heureux, y trouve finalement son compte ? Les plus malins, les plus branchés, ceux qui ont des réseaux, arrivent à leurs fins ; les autres survivent, mais sont payés à la fin du mois.

                    Voilà mon impression, brute. Si l’intérieur n’a pas bougé, l’extérieur l’a fait. Ce n’est pas qu’une affaire de libéralisme, le statu quo devenait ingérable. Ceux qui défendent l’institution n’ont pas été très autocritiques, peut-être ne pouvaient-ils le faire, vu que tout le monde se tient pas la barbichette. Voilà comment j’apprécie cette résistance passive des dernières années.

                    Si mon hypothèse est vraie, il n’y avait pas d’autre solution que la manière brutale pour faire bouger les choses. Mon appréciation est peut-être excessive, en partie injuste et inobjective. Je n’ai pas suivi les étapes de la réforme de prêt.

                    Mais je n’ai jamais entendu de collectif de sommités reconnues de cet organisme faire une proposition collective à partir des non qualités concrêtes qui rongent cette institution. L’idéologie, trop présente, en plus des intérêts individuels et des clans disciplinaires a probablement empêché le diagnostic.

                    J’ajoute qu’en 2007, un citoyen français honnête, quel que soit son métier, ne peut plus prétendre, au vu de l’ensemble de la problématique de la recherche d’un état industriel avancé, que le principe de l’évaluation extérieure indépendante n’est pas légitime.


                    • Michael Texier 14 octobre 2007 21:21

                      @ l’auteur, Vous faites une analyse intéressante de la situation actuelle du CNRS en essayant notamment de discuter des critiques formulées à son encontre de façon objective. En dépit de cette volonté d’objectivité dont votre texte témoigne, je porte un regard contradictoire sur quelques points que vous avez évoqués.

                      Ainsi, vous débutez votre article en attribuant à N. Sarkozy la volonté de remettre en cause du dispositif de recherche. A ma connaissance, ses annonces successives sur ce thème ont été formulées de manière différente : au cours de ses différentes allocutions, je l’ai entendu dire qu’il souhaitait moderniser le dispositif de recherche, CNRS compris. Vous avouerez que la nuance est lourde de signification.

                      Vous décrivez ensuite le CNRS comme le premier opérateur de recherche en France. Vous vous référez pour cela aux effectifs et au nombre de publications. Permettez-moi de préciser qu’en terme d’effectifs, l’Université est le premier employeur devant le CNRS puisqu’elle emploie plus de 63000 enseignants-chercheurs accompagnés de plus de 50000 IATOS et personnels d’encadrements. Toutes ces personnes participent aussi activement à la recherche française. Je ne fais pas non-plus le décompte des personnels des différents organismes de type EPST car la liste serait longue. Résumer la recherche à celle menée par le CNRS est à mon avis un raccourci plutôt rapide.

                      L’argument invoquant le nombre de publications pour juger de la qualité de la recherche effectuée n’est pas un critère fiable si l’on tient compte du rapport publications sur le nombre d’ETP (équivalent temps plein) sachant qu’un chercheur CNRS est employé pour effectuer un service consacré à 100% à son activité de recherche ce qui n’est pas le cas des enseignants-chercheurs qui sont à 50% (ils cumulent une activité de recherche avec celle d’enseignement). En tenant compte de cet écart, on observe que la production scientifique des chercheurs CNRS est du même ordre que celui des enseignants de l’Université. Je précise en outre qu’actuellement la très large majorité des chercheurs CNRS appartiennent à des unités mixtes de recherche (UMR), c’est à dire dans des laboratoires où CNRS et universitaires travaillent de concert. Ainsi lors de la publication d’un article, le CNRS apparaît toujours comme organisme associé quelle que soit l’université associée. Les statistiques donnent alors un éclairage erroné sur la contribution réelle des universités à la recherche française. En réalité, l’honnêteté devrait pousser à admettre que l’essentiel de la recherche est menée par les doctorants. Etudier la répartition des effectifs entre les différents organismes pourrait permettre d’estimer la contribution de chacun, même si elle ne présente pas un grand intérêt à mes yeux.

                      Vous faites aussi référence à Mr Trautman pour justifier d’éventuelles craintes concernant le CNRS. Bien qu’il soit un éminent scientifique, vous me permettrez de douter de son impartialité pour ce qui concerne l’analyse d’orientations stratégiques étroitement liées aux convictions politiques. J’avais déjà émis quelques réserves à ce sujet durant la campagne présidentielle (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=23798).

                      Vous soutenez également l’hypothèse que Mme Pécresse agirait au sein de son ministère dans un but intéressé ce qui à mon avis, ternit quelque peu le reste de l’article qui évitait jusque là les argumentations scabreuses.

                      Enfin, concernant l’évaluation du CNRS par l’AERES, je pense contrairement à vous que c’est précisément en évitant l’auto-évaluation que l’on peut démontrer l’efficacité d’un organisme tel que le CNRS. En effet, je suis tout comme vous convaincu que le CNRS est un acteur essentiel de la recherche (mais par nécessairement le principal), mais cela n’exclue pas la nécessité de le réformer. Vous évoquiez le problème de la passivité vis à vis des profiteurs, que vous estimez à 0,5% (je pense que vous êtes très optimiste) mais qui n’est finalement pas limitée aux personnels du CNRS. Il y a également les problèmes de la rémunération, des carrières, du recrutement. Beaucoup de points méritent d’être discutés afin de moderniser le CNRS et l’action gouvernementale me semble jusqu’à présent viser seulement cet objectif.


                      • orwell 17 octobre 2007 15:46

                        Article indigeste et mal documenté. Des affirmations trompeuses comme « Le 1er rang (du CNRS) ne reflète pas seulement le nombre de ses membres, mais également la qualité du travail qui y est fait ». De fait, le CNRS est en situation de quasi-monopole et les autres EPST (INSERM, INRA, etc) présentent les mêmes tares, qui sont une organisation hiérarchique colbertiste et un déficit d’évaluation lié au fait que, comme dans tout système hiérarchique, les personnes en situation de pouvoir sont juges et parties.

                        Dès qu’une réforme est envisagée, on entend des cris d’orfraie sur la liberté de la recherche alors que celle-ci n’existe plus depuis belle lurette, elle a été baillonnée par ceux-là même qui se présentent aujourd’hui comme ses défenseurs. La recherche en France n’a pu s’épanouïr que pendant les périodes de vaches grasses, quand les mandarins ayant prélevé leur tribut, il est resté quelque chose pour les autres. Mais ces années sont révolues.

                        Il n’y a pas de raison qu’un gouvernement élu accepte le poids d’une hiérarchie qui ne reconnait pas son autorité. Il faut comprendre le problème du chercheur lambda non syndiqué : on lui ordonne (il n’y a pas d’autre mot) de travailler sur des thématiques qui ont été définies par des apparatchiks, très politiques et syndiqués, mais ceux-là n’acceptent pas le controle du gouvernement élu et déclarent la recherche en danger chaque fois que l’on met en cause leurs prérogatives. Si ce n’est pas du totalitarisme, ça y ressemble.


                        • Mohammed MADJOUR Mohammed 20 octobre 2007 17:00

                          Il n’y a rien, aucune science à découvrir, aucune idée scientifique à faire valoir, aucune révolution scientifique à venir en dehors de la synthèse que j’avais adressée au Cnrs ainsi qu’à l’Académie des sciences et à plusieurs Universités en 2001, sous le Titre unificateur :

                          « RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET EPISTEMOLOGIE »

                          L’Univers en entier matière et énergie, l’infiniment petit, l’infiniment grand et tout ce qui est intermédiaire est dans cette synthèse ! Vous comprenez...Moi je comprends très bien !

                          MOHAMMED.


                          • ShereKhan 31 mars 2008 22:27

                            Vouloir réformer le CNRS ce n’est pas forcément être de droite. Les paroles de Pompidou, ce "visionnaire" qui déclarait "la ville doit s’adapter à l’automobile".. :), comportent du vrai, mais auraient d’abord être appliquées aux administrations centrales prétentieuses placées plus directement sous son autorité. Le CNRS aurait pu être une espace de liberté et d’innovation intellectuelles à condition d’avoir une politique vigoureuse de modernisation passant par des ponts jetés avec l’économie et la société, de hauts salaires et des budgets individuels, la promotion des résultats et de la visibilité des chercheurs, le retour aux textes fondateurs qui prévoyaient que les chercheurs, loin d’être de purs esprits, faisaient aussi de la dissémination, du transfert des connaissances, de la formation, etc. Au lieu de cela, on a versé dans l’académisme et la bureaucratie. Le CNRS a baissé sa culotte devant l’université, au lieu d’affirmer son identité propre. Au bout du chemin, il y a la mort de l’institution. C’est bien, mais il n’est pas sûr du tout que les universités, qui ne sont pas parfaites non plus, n’aient pas besoin de faire d’énormes progrès. Les conservateurs sont en retard d’une guerre, mais les réformateurs aussi. Là où on veut nous faire croire qu’il s’agit d’une querelle des Anciens et des Modernes, il n’y a en réalité qu’une querelle entre des Anciens.


                            • ShereKhan 31 mars 2008 22:28

                              Vouloir réformer le CNRS ce n’est pas forcément être de droite. Les paroles de Pompidou, ce "visionnaire" qui déclarait "la ville doit s’adapter à l’automobile".. :), comportent du vrai, mais auraient d’abord dû être appliquées aux administrations centrales prétentieuses placées plus directement sous son autorité. Le CNRS aurait pu être une espace de liberté et d’innovation intellectuelles à condition d’avoir une politique vigoureuse de modernisation passant par des ponts jetés avec l’économie et la société, de hauts salaires et des budgets individuels, la promotion des résultats et de la visibilité des chercheurs, le retour aux textes fondateurs qui prévoyaient que les chercheurs, loin d’être de purs esprits, faisaient aussi de la dissémination, du transfert des connaissances, de la formation, etc. Au lieu de cela, on a versé dans l’académisme et la bureaucratie. Le CNRS a baissé sa culotte devant l’université, au lieu d’affirmer son identité propre. Au bout du chemin, il y a la mort de l’institution. C’est bien, mais il n’est pas sûr du tout que les universités, qui ne sont pas parfaites non plus, n’aient pas besoin de faire d’énormes progrès. Les conservateurs sont en retard d’une guerre, mais les réformateurs aussi. Là où on veut nous faire croire qu’il s’agit d’une querelle des Anciens et des Modernes, il n’y a en réalité qu’une querelle entre des Anciens.


                            • ShereKhan 8 juillet 2008 13:39

                              Encore une précision : l’expression "le CNRS publie" ne veut pas dire grand-chose.

                              Car comment peut-on imputer au CNRS telle ou telle publication ? Les chercheurs du CNRS appartiennent à des unités mixtes avec les universités. Certains universitaires peuvent se réclamer du CNRS parce qu’il sont rattachés à l’une de ces unités mixtes. Des publications peuvent être effectuées en nom collectif. Ce n’est donc pas clair.

                              Les chercheurs du CNRS sont d’abord des individus, d’une qualité inégale. Quel est l’apport du CNRS à leur parcours ? Cela varie sans doute.

                              Quant aux prix Nobel, ils sont bien souvent passés au CNRS, mais n’en sont pas le produit , ou pas le produit exclusif.

                              En toute hypothèse, on ne peut conclure de la quantité (taille de l’organisme en fonction d’un budget attribué par un gouvernement et financé par des taxes que les gens sont forçés de payer...), à sa qualité ou valeur ajoutée. Il faut faire le rapport entre les moyens alloués et les résultats obtenus, après s’être entendus sur les objectifs recherchés.

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