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Accueil du site > Actualités > Technologies > Quoi de neuf en biologie ?

Quoi de neuf en biologie ?

Evolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie

- S’il y avait de la vie ailleurs, nous serions condamnés à mort !

Pour Nick Bostrom non seulement il est probable que nous soyons seuls sur la Terre comme je l’avais conclu moi-même (bien que je pense qu’il y a des formes primitives de la vie partout où c’est possible contrairement à lui), mais si on découvrait de la vie ailleurs, et encore plus de la vie évolué cela voudrait dire que non seulement les civilisations sont mortelles, mais aussi les espèces les plus intelligentes. En fait, la fréquence des catastrophes cosmiques serait une explication suffisante, mais l’effondrement des sociétés n’est pas une découverte (cela commence au moins avec la période intermédiaire égyptienne, mais pour les Hittites cela sera beaucoup plus rapide). Il y a surtout une erreur de raisonnement :

If it is true that almost all intelligent species go extinct before they master the technology for space colonization, then we must expect that our own species will, too, since we have no reason to think that we will be any luckier than other species.

Certes, on peut penser que si nous sommes les seuls ou les premiers, cela nous laisse plus de chance de survivre que si nous venons après d’autres intelligences extraterrestres qui auraient été complètement rayées de l’existence ensuite, mais, dans le cas contraire, on n’en est pas condamnés d’avance pour autant. C’est ne pas tenir compte du fait que la vie procédant par essais/erreurs, il faut un nombre astronomique d’échecs avant d’avoir une réussite qui ensuite se reproduit (ampliation). La vie, l’information, l’intelligence, c’est l’improbabilité. On ne peut se contenter des probabilités ici (on ne paie de mots), ni croire pouvoir énoncer des lois de l’évolution implacables même si l’exception confirme la règle. Il y a donc bien peu de chance qu’on s’en sorte, mais il faut compter sur l’improbable du facteur humain, il faut vivre et penser. Et, si nous échouons, sur une autre planète un jour, dans un autre univers peut-être, d’autres survivront pour conquérir l’espace...

- Trop peu de temps pour exister

Les planètes du type de la Terre ont une période propice au développement de la vie trop courte pour envisager l’apparition d’une vie intelligente, selon une nouvelle étude.

Le Pr Andrew Watson, de l’université d’East Anglia, ne croit pas aux extraterrestres ! Dans un article publié dans la revue Astrobiology, il estime que l’homme est probablement la seule espèce intelligente de l’univers. Il appuie son discours sur un modèle de probabilité mathématique prenant en compte quelques étapes-clés dans le développement de la vie. Selon lui, il y avait moins de 0,01 % de chances sur quatre milliards d’années que l’homme apparaisse.

L’une des constatations qui le poussent au pessimisme est le fait que l’apparition de l’homme soit extrêmement tardive dans l’histoire de la Terre. Alors que les premières traces de vie remontent à quatre milliards d‘années, Homo sapiens ne parcourt la planète que depuis moins de 100 000 ans. C’est-à-dire à la fin de la période habitable de la Terre. Celle-ci sera effectivement beaucoup moins accueillante dans un petit milliard d’années, quand le soleil sera beaucoup plus chaud.

- Les œuvres complètes de Darwin en ligne

43 000 pages et 150 000 dessins, y compris des documents manuscrits, sont désormais accessibles à tous, sous forme d’images ou de textes retranscrits.

- La fin des dinosaures

Une nouvelle étude, publiée en mai dans la revue Geology, fait état de la découverte de petites billes, appelées cenosphères, dans les sédiments CT sur huit des treize sites examinés. Ces sphères microscopiques se forment suite à la combustion de charbon et de pétrole brut. Les chercheurs pensent donc que l’astéroïde de Chicxulub a pu s’écraser dans un immense réservoir de pétrole et projeter dans l’atmosphère d’immenses quantités d’hydrocarbures enflammés. Cette boule de feu s’est propagée sur des centaines de kilomètres et a initié le processus d’extinction des grandes formes de vie en épargnant les plus petites comme les ancêtres des mammifères. Cette théorie permet d’expliquer la présence de suie dans les sédiments, elle n’apporte pas, en revanche, de précisions sur l’évolution de la Terre (réchauffement, nuage occultant, pluies acides…) immédiatement après l’impact.

- Des insectes de 100 millions d’années

Le rayonnement X puissant et pur de l’ESRF, associé à deux techniques de microscopie, a fourni de magnifiques images en trois dimensions de minuscules animaux inclus dans de l’ambre opaque depuis cent millions d’années.

- Des insectes se servent des plantes pour communiquer

Des insectes souterrains injectent des substances chimiques qui se retrouvent dans les feuilles des plantes qu’ils attaquent pour signaler aux autres insectes que la plante est déjà occupée !

- Les moustiques sont-ils en train de gagner la guerre ?

La plupart du temps, quand les insectes parviennent à résister aux insecticides, grâce à une mutation génétique, cela s’accompagne pour eux d’un "fardeau" génétique : ils résistent bien aux insecticides, mais sont plutôt "handicapés" pour le reste (survie, fécondité, échappement à la prédation...). Et quand ils se retrouvent dans un environnement sans insecticide, ils se reproduisent beaucoup moins bien que les insectes n’ayant pas muté, les insectes dits "sensibles".

Des moustiques "double mutants", porteurs de deux gènes de résistance aux deux classes d’insecticides les plus utilisées dans le monde, ont été étudiés par des chercheurs du CNRS et de l’IRD. Ils montrent dans un article publié en ligne dans BioMed Central que ces mutations interagissent et augmentent le taux de survie des moustiques en absence d’insecticide.

Contrairement à ce que l’on pouvait penser, les "doubles mutants" ne sont malheureusement pas doublement "handicapés". Au contraire : leur fardeau génétique diminue. Ils sont donc résistants en présence des deux classes d’insecticides et plus en forme en leur absence...

 

- Découverte d’une grenouille sans poumons

Dans la jungle de Bornéo vit une énigmatique grenouille : dépourvue de poumons, elle respire grâce à sa peau. C’est le premier spécimen de ce type jamais découvert.

Les grenouilles vivent près de rivières agitées par de violents rapides et pour les traverser elles ont besoin de passer en profondeur, sous l’eau, or des poumons pleins d’air c’est un peu comme une grosse bouée : impossible de plonger.

 

- L’extraordinaire mobilité des récepteurs neuronaux

Les récepteurs des neurotransmetteurs se déplacent très rapidement. Une mobilité qui joue un rôle primordial, et jusqu’à présent insoupçonné, dans le passage de l’influx nerveux d’un neurone à l’autre. Ce mouvement contrôle ainsi la fidélité de transfert de l’information.

Quand un terminal pré-synaptique (en bleu) est stimulé par une série de potentiels d’action, le neurotransmetteur glutamate est libéré dans la fente synaptique (points rouges). Il se lie à des récepteurs du glutamate sur le neurone post-synaptique (jaune) et cela déclenche des courants ioniques (traces rouges), qui excitent le neurone post-synaptique. Si les récepteurs du glutamate sont mobiles (côté gauche), l’échange rapide des récepteurs permet une transmission fidèle de l’information. Lorsque ces récepteurs sont immobiles (côté droit), la réponse post-synaptique devient déprimée.

S’intéressant à la dynamique de ces récepteurs, les chercheurs viennent de révéler qu’une simple modification de leur mobilité a un impact considérable sur la transmission synaptique à haute fréquence, c’est-à-dire à des fréquences entre 50 et 100 Hz (ce sont celles qui interviennent lors des processus de mémorisation, d’apprentissage ou de stimulation sensorielle). Plus précisément, ils établissent que cette mobilité permet le remplacement en quelques millisecondes des récepteurs désensibilisés par des récepteurs "naïfs" au niveau de la synapse. Ce phénomène réduit la dépression synaptique (4) et permet aux neurones de transmettre l’information à plus haute fréquence. A l’inverse, si les récepteurs sont immobilisés, cette dépression augmente notablement, ce qui empêche la transmission de l’influx nerveux dans les synapses au-delà d’une dizaine de Hertz.

Allant plus loin, les scientifiques ont démontré que des séries prolongées de stimulation haute fréquence, qui induisent une augmentation du taux de calcium dans les synapses, provoquent l’immobilisation des récepteurs. Ils ont aussi prouvé que ces séries de stimulation diminuent la capacité des neurones à transmettre une activité à haute fréquence. La mobilité des récepteurs est donc corrélée à la fréquence de transmission synaptique et, par conséquent, à la fidélité de cette transmission.

Dans des conditions normales de fonctionnement du cerveau, on peut supposer que l’immobilisation des récepteurs, suite à une série de stimulation haute fréquence, est un mécanisme de sécurité. Il permettrait d’éviter que la série suivante ne surexcite le neurone post-synaptique. Une transmission fidèle de l’information entre deux neurones est bien entendu cruciale pour le bon fonctionnement du cerveau. De prime importance, ces résultats suggèrent que certains dysfonctionnements de la transmission neuronale sont dus à un défaut de stabilisation des récepteurs. Or, la stimulation électrique à haute fréquence de certaines régions du cerveau est utilisée pour traiter la maladie de Parkinson ou des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Son mécanisme d’action, aujourd’hui mal connu, pourrait faire intervenir la mobilité des récepteurs. Ces travaux permettent donc d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et augurent d’éventuels médicaments pour traiter les troubles neurologiques et psychiatriques, résultant bien souvent d’une mauvaise communication entre neurones.



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6 réactions à cet article    


  • lavabo 8 mai 2008 09:59

    Toujours intéressant........ merci et bonne continuation


    • kitchoum kitchoum 9 mai 2008 00:59

      Que les extraterrestres n’existent pas ne peut être qu’un soulagement pour plusieurs bonnes raisons :

      Raciste et xénohobe comme il est, l’homme n’est même pas capable de vivre en bonne entente avec ses semblables. Il n’a pas hésité, au cours des siècles, à exterminer des espèces animales, et même des ethnies (on appelle ça génocide). Je le vois mal communiquer "amicalement" avec des extraterrestres, pour peu que ceux-ci soient fortement différents.

      Si les extraterrestres sont comme nous, oui en effet, ça risque de craindre méchamment pour notre espèce…

      Je pense que l’humanité n’a pas besoin d’une recontre du IIIe type pour s’auto-exterminer, et d’ailleurs ça a déjà commencé !


      • JL JL 9 mai 2008 08:32

         

        Bonjour Jean Zin, c’est toujours enrichissant de vous lire, et je vous en sais gré. Cependant j’aimerais réagir ici à certains de vos propos.

        Vous écrivez : "" Le Pr Andrew Watson, de l’université d’East Anglia, ne croit pas aux extraterrestres ! Selon lui, il y avait moins de 0,01 % de chances sur quatre milliards d’années que l’homme apparaisse. ""

        Si cette probabilité concerne l’apparition de la vie sur une planète telle que la terre, le fait est là : la vie est apparue. Le Pr Andew n’est-il pas un créationniste ?

        Je lis encore : "" S’il y avait de la vie ailleurs, nous serions condamnés à mort ! Pour Nick Bostrom non seulement il est probable que nous soyons seuls (), mais si on découvrait de la vie ailleurs, et encore plus de la vie évoluée cela voudrait dire que non seulement les civilisations sont mortelles, mais aussi les espèces les plus intelligentes ???

        Mais les civilisations sont mortelles, on le sait ! Je ne comprends pas ce que vous dites là. Et Nick Bostrom est un sophiste et aussi un créationniste.

        Plus loin : ""non seulement il est probable que nous soyons seuls (sur la Terre) bien que (vous pensez) qu’il y a des formes primitives de la vie partout où c’est possible" ""

        Mais s’il y a des formes primitives, pourquoi n’y aurait-il pas des formes évoluées ?

        Pour ma part, je crois qu’il y a, qu’il y a eu ou qu’il y aura ailleurs de la vie. Qu’il n’est pas inconcevable qu’il y ait des formes de vie évoluées. En revanche, il est vain d’espérer ou craindre une rencontre avec des extraterrestres étant donné les distances spatio-temporelles phénoménales qui nous séparent.


        • Jean Zin Jean Zin 9 mai 2008 09:15

          La réponse est dans l’article : ce qui rend très improbable l’apparition de l’homme c’est qu’il a fallu presque 4 milliards d’années pour qu’il apparaisse alors que le temps de vie d’une planète comme la nôtre est la plupart de temps très inférieur. Aucun créationnisme là dedans mais il faut une somme de conditions très exceptionnelles (vivre dans une banlieue très calme de la galaxie avec quand même quelques catastrophes comme la fin des dinosaures pour laisser la place à des espèces plus évoluées, mais pas trop de catastrophes quand ême, etc.). Il y a tellement de catastrophes cosmiques (rayons gamma, collisions, etc.) et il faut tellement de temps pour faire un homme (cela me rappelle une chanson d’Hugues Aufray : pour faire un homme, mon dieu que c’est long !).

          Je suis assez d’accord avec le Pr Andrew Watson mais pas du tout avec Nick Bostrom qui n’est sans doute pas un créationniste mais peut être accusé de sophisme car, effectivement, comme je le souligne, on sait trop bien que les civilisations sont mortelles. Le fait qu’il ne croit même pas qu’il y ait des formes de vie primitives partout me semble plus que contestable du fait que les briques de la vie viennent de l’espace et que la vie est apparue très vite sur Terre. On pourra le vérifier ailleurs bientôt sans doute. La différence entre les formes de vie primitives et les formes évoluées, c’est le facteur temps et c’est le plus improbable que la vie dispose de plusieurs milliards d’années pour se développer. On ne peut en déduire que nous sommes les seuls à être arrivé à ce point mais la probabilité est tellement exceptionnelle qu’il n’y a pratiquement aucune chance qu’un tel événement arrive dans la même plage de temps...


        • JL JL 9 mai 2008 18:55

           

          Merci à tous deux pour vos réponses mesurées. Jean Zin vous dites :"" la probabilité est tellement exceptionnelle qu’il n’y a pratiquement aucune chance qu’un tel événement arrive dans la même plage de temps... "". J’apprécie cette précision, mais je remarque que la notion de coïncidence temporelle ne me semble pas être pertinente s’il faut plus de temps pour parcourir la distance qui sépare deux civilisations que ne durent ces civilisations. Cordialement.


        • Bulgroz 9 mai 2008 19:04

          Les commentaires tels que celui de JL relèvent de la méthode Coué : en politique, autant dire du nihilisme. C’est le type même du commentaire non constructif puisque par volonté délibérée du posteur il est destructeur. De même qu’il existe un point godwin, je propose d’attribuer à JL un point coué.

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